Chapitre I – La Clé sans Porte
Une nuit, où les lunes jumelles d’Aunirys se dissimulaient derrière des nuages d’un violet sombre, Felio aperçut une silhouette étrange sur le chemin. Un enfant, sans ombre, se tenait au bord de la route. Il ne parlait pas, ne souriait pas, ne pleurait pas. Dans ses petites mains, une clé en os poli, finement sculptée de symboles anciens, brillait faiblement. Elle semblait vibrer dans l’air, une invitation silencieuse.
L’enfant tendit la clé à Felio, qui, sans comprendre pourquoi, la prit. À l’instant où ses griffes effleurèrent l’os, l’enfant disparut, englouti par les brumes. Étrangement, Felio ressentit un pressentiment profond. La clé n’était pas un objet ordinaire ; c’était un message. Un appel. Une promesse.
Porté par une force invisible, il suivit le chemin sinueux à travers les bois. Le vent murmurait à ses oreilles des paroles qu’il ne pouvait saisir, mais il savait que quelque chose l’attendait, au-delà de l’horizon brumeux.
Au bout du sentier, une maison. La veille-maison. Ses murs de pierre étaient couverts de lichen et de racines, et ses fenêtres étaient murées de planches poussiéreuses. Et pourtant, lorsqu’il se tenait devant elle, il savait. Il savait que c’était ici que la clé devait aller.