Ma féminté Circonstanciée

By Jean-Luc Ombaffa All Rights Reserved ©

Erotica

Chapitre 5

Le soleil éclairait les jolies façades autour du Jardin, réchauffait déjà mon corps, quand quelques joggeurs se retournèrent à notre passage. Pierre-Henri étonné, comprit qu’il s’agissait de ma robe légère laissant deviner mes courbes. Je me sentis désirable mais non accessible. C’était la première fois que je vivais une telle situation. Habituellement, je ne mettais pas en évidence mon corps et ma féminité, m’habillant plutôt de jeans, sweets et baskets.

Arrivés dans l’allée principale, des promeneurs étaient déjà bien nombreux, certains se calèrent dans des chaises à l’ombre, et d’autres, face au soleil.

Un peu de verdure, j’avais envie d’oublier la ville, d’avoir des discussions profondes avec mon homme. J’étais enivré, non pas par le vin, mais par ce moment que Pierre-Henri me consacrait.

Nous trouvâmes un coin isolé, exposé au soleil et deux chaises qui semblaient nous attendre. Je les mis face à face afin de pouvoir plonger mon regard dans les beaux yeux de Pierre-Henri. Je devinai son malaise, sa maladresse, ses interrogations. Pour le provoquer d’avantage, je remontai légèrement ma robe, puis entrouvris les cuisses en m’étant assuré qu’il n’y avait personne autour de nous.

Les joues empourprées, il me commanda d’arrêter ce jeu. Il ne savait pas comment aborder notre nuit. Il ne savait plus approcher la femme que j’étais devenu. Finalement, pour le soulager et l’aider à mieux comprendre ce qui c’était passé, je lui expliquai seulement que je souhaitais qu’il me fit l’amour autrement et ainsi, être le pilier de sa guérison. Il comprit à cet instant que je parlais de son problème d’éjaculation précoce.

Souriant, apaisé et libéré, il finit par faire l’éloge de l’expérience qui m’avait révélée à lui.

Pour aller plus loin, je mis les chaises côtes à côtes, posai ma tête sur son épaule. Dans nos conversations, tout fut prétexte à des mots ou des gestes coquins.

Toujours à l’abri des regards, nous nous embrassement à pleine bouche, puis ses lèvres descendirent sur mon cou, puis mes épaules. Transportée par ses tendres attentions, je frissonnai en poussant des petits gloussements, et tourbillonnant avec ivresse, je m’abandonnai quelques instants.

Mes seins pointèrent sous ma robe, ma chair palpitât. Tachant d’être discrets, je pris sa main afin de la glisser sous ma robe. Je l’invitais à fouiller tendrement mon intimité déjà ruisselante. Pierre-Henri mit du cœur à l’ouvrage en s’appliquant pour ne pas commettre les mêmes erreurs que par le passé. Notre nuit et notre petite conversation avaient porté leurs fruits.

Lui indiquant ce que je souhaitais, il sut être attentif à mes désirs. En fonction des mouvements de mes reins, il caressait tantôt mon clitoris, tantôt mon vagin.

Pendant que ses doigts me pénétraient autant que le soleil perçait ma peau, je cramponnais son poignet tant mon plaisir était intense. Mes cris étouffés, mon corps tremblant, excitaient Pierre-Henri qui avait le pantalon qui se déformait. Je ne le touchais pas, de peur qu’il n’éjaculât dans son pantalon.

Ma respiration s’accordant au vent léger qui passait entre les feuilles des arbres nous entourant, je ne retins pas ma jouissance. Je pris ensuite sa main afin de porter ses doigts trempés à sa bouche. Il hésita quelques secondes, puis fini par s’en délecter.

Remettant correctement ma culotte, j’invitais Pierre-Henri, qui avait su œuvrer, à regagner son domicile. Je constatais tout de même un peu de déception sur son visage. Il ne savait pas ce que je lui réservais.

Arrivés chez lui, je ne lui laissais pas le temps de faire quoi que ce soit. Me plaquant derrière lui, je déboutonnai sa chemise, la lui ôtai pour lui caresser la poitrine. Lui embrassant le cou et le dos, mes mains glissèrent lentement vers la ceinture de son pantalon pour libérer sa verge qui bandait fortement.

Je fis tomber ma robe, afin qu’il ressentit ma peau contre la sienne, mes seins contre son dos. Pendant qu’une main caressait sa poitrine, mon autre main frôlait son gland. Pierre-Henri frémit et son corps tressaillit avant que j’enveloppasse son vit pour le branler doucement. Sa respiration fut de plus en plus rapide et fini par répandre sa semence sur le sol. Ne lui laissant aucun répit, je le retournai vers moi, m’agenouillant et portant mes lèvres sur son gland décalotté pour l’embrasser, puis le lécher avec reconnaissance.

Pris au dépourvu, Pierre-Henri fut comblé par mon hardiesse. Il me releva, m’enlaça et se mit à sangloter me disant qu’il ne savait pas que l’acte voluptueux pouvait être aussi merveilleux. Je compris soudain le pouvoir qui m’habitait avec très peu d’expérience, sans me donner totalement, avec un trait de confiance en moi, m’approprier ma sexualité et dominer la matière.

Ayant repris nos esprits, le sol nettoyé et à nouveau douché, la fin de journée écourta notre nouvelle complicité. Pierre-Henri me ramena à Issy-les-Moulineaux, il était quasiment vingt heures quand nous arrivâmes devant l’immeuble. Plus amoureux que jamais, encore ému, les yeux faquins, Pierre-Henri me promit de vite consulter un spécialiste pour sa contrariété d’éjaculation rapide. J’en pris acte.

Nous finîmes par aborder nos emplois du temps de la semaine à venir et nous quittâmes après un baiser extrêmement épris.

Arrivée devant ma mère dans notre appartement, elle me fit un large sourire et me dit qu’elle constatait un changement immense dans mon comportement de femme. Elle avait généralement une empathie extraordinaire, mais je ne pouvais lui révéler le fruit de ma transformation.

Nous dinâmes en toute connivence en nous exposant notre week-end, puis nous vaquâmes à nos occupations personnelles.

Après avoir préparé ma sacoche d’étudiante, j’étais enfin prête pour une nuit calme et sereine.

Dans mon lit, seule dans le noir avec mes pensées, refaisant le film de mon week-end, je compris la souffrance de Pierre-Henri. J’étais décidé à l’aider, mais pour cela, je devais me connaitre d’avantage et aussi mieux découvrir et pénétrer la mécanique masculine.

Paradoxalement, étant très amoureuse de Pierre-Henri, c’était mon obsession pour Jean qui l’emportait. Mon désir évident de lui, l’envie de sentir sa peau contre moi, son corps dans le mien.

Etant persuadée que Jean possédait toutes les réponses à mes phantasmes, le temps m’était compté pour trouver un moyen de coucher avec lui.

Ne fut ce que d’y penser, mon corps flattait mon esprit, mon entre jambe était détrempé, mais je devais bien de me garder d’entreprendre quoi que ce soit, l’heure de la nuit étant bien trop avancé.


Un vendredi soir, deux semaines après avoir passé ce sublime week-end end avec Pierre-Henri, il était vingt heures et dans ma voiture, j’avançais fébrilement dans l’allée principale de la maison de Jean. Le chemin de pavés était éclairé par de magnifiques lampadaires sur une distance de six cent ou huit cent mètres et s’éteignaient mètre après mètre en réaction de mon passage, donnant l’impression d’accéder au paradis avec un billet sans retour.

Ayant mis une semaine pour ériger un plan d’approche, je me retrouvais dans une petite ville dans les Yvelines où vivait Jean.

J’avais imaginé une soirée organisée par des camarades étudiants, justement à Rambouillet. Mon programme au point, mon mensonge verrouillé, j’avais d’abord pris la peine de téléphoner à Jean pour valider sa disponibilité pour un week-end, justifiant une probable fatigue et une consommation d’alcool ne me permettant d’assurer mon retour sur une aussi longue distance. Jean comprit et accepta immédiatement en saluant l’aspect raisonnable de ma décision. Nous avions établi l’heure à laquelle j’étais censé arriver.

Mon mensonge prenant tout son sens, supposée arriver chez lui aux environs de minuit, il ne savait pas que ma présence serait effective à vingt heures. Je souhaitais l’avoir un long moment pour assouvir ce phantasme qui m’étreignait.

J’avais également prévenu ma mère et Pierre-Henri qui crurent à cette histoire dont, la seule part vrai étant ma présence chez Jean pour probablement tout ou une partie du week-end.

Cheminant imperturbablement vers mon objectif, je continuai l’élaboration de mon dessein érotique. Comment allait-il réagir ? Il fallait que mes stratagèmes fussent habiles telle une ruse de guerre.

Enfin devant sa maison, m’ayant entendu arriver, Jean étonné de me voir si tôt vint m’accueillir.

Me demandant ce que je faisais là de si bonne heure, je lui répondis que la soirée ayant débutée à dix-neuf heures, était ennuyeusement mortelle et qu’il y avait trop de consommateurs de marijuana.

Acquiesçant ma réponse, il me salua chaleureusement puis prit mon bagage pour m’entrainer à l’intérieur.

Sa demeure était vaste, magnifique et semblait être le symbole de sa réussite. D’une modernité extraordinaire, cette maison semblait revisiter le premier empire Napoléonien de par son côté raffiné, simple, guère intime et masculin. La lumière s’invitant sans condition, procurait un sentiment de bien-être, d’espace et de liberté total. Chaque objet, chaque meuble était bien ordonné et paraissait être parfaitement à sa place. Dotée de plusieurs chambres, possédant chacune leur salle d’eau, un grand et un petit salon, une salle à manger desservi par une grande cuisine américaine, et une grande bibliothèque qui lui servait de bureau, je compris d’où lui venait sa grande culture. Une piscine en sous-sol était visible à travers les parois vitrées des salons de la maison. Eclairée d’un bleu envoutant, il y avait comme un appel à la baignade.

Me faisant visiter l’ensemble de son univers et me guidant vers la chambre que j’allais occuper pour le week-end, Jean me demanda si j’avais déjà diné. Ma réponse fut sans équivoque, je mourrais de faim.

M’ordonnant de me mettre à l’aise, Jean me servit un verre de vin blanc en guise d’apéritif, mit un peu de musique et passa à la cuisine, séparée par un bar magnifique auquel je m’accoudai pour déguster ce sancerre, accompagné de quelques tranches de charcuterie provenant d’Espagne.

Etant tout à fait en confiance, ma matoiserie était en place. Je le regardai, le contemplai, à portée de main, de bouche, il était debout devant moi, enjoué, terriblement attirant, ses muscles turgescents étaient visibles sous sa chemise, près du corps, pas tout à fait collant. Ayant une puissance de séduction, le ton de sa voix me captivait et je ne savais pas encore comment le posséder. Je ne savais pas non plus quel serait l’issu de cette ignominieuse ruse innocente.

Devais-je commencer par le charmer, devais-je aller droit au but, je me sentais maladroite et ne savais point par quel bout l’aborder, et fini par lui demander pourquoi vivait il seul dans une aussi grande bâtisse.

Sans détour, il me répondit qu’il ne voulait pas s’enfermer dans la prison du mariage comme principe d’union universelle, ni comme principe de cohésion sociétale, et que selon sa vision, les hommes et les femmes qui se disent « oui », fuient la solitude, lui, ne l’appréhendant pas.

Il me tint une longue théorie du couple, de la femme et de l’amour inconditionnel, ne souhaitant pas d’attachement ni rendre de compte à qui que ce soit.

L’écoutant attentivement, ne remettant pas en cause son point de vue, ayant projeté d’épouser Pierre-Henri, je lui dis qu’il était dommage qu’une femme ne profitât pas d’un homme tel que lui.

Maitresse de mon jeu, avec aplomb, je lui demandai si entre ma mère et lui, il s’était passé quelque chose. Sa réponse fut claire ; Marianne (ma mère) était comme une sœur ! Je n’insistai pas.

Le repas que Jean préparait embaumait l’espace. Sa cuisine était simple, il nous avait accommodé une salade d’aubergines et une papillote de saumon aux petits légumes coupés finement en bâtonnets. Les couleurs étaient vives et appétissantes.

Nous dinâmes ensemble sur le bar où le vin blanc liait l’ensemble. Ces mets étaient exquis, mon corps et mon esprit détendus.

Nos conversations continuaient, devenant de plus en plus profonds et intimistes, et la pénombre de nos âmes se mettait en lumière, pleine de sensibilité et cordiale. S’intéressant à mes études, mon histoire de couple et de ma vie de jeune femme en somme, je ne pus faire autrement que de me raconter sans me dérober, sans fuir ses assauts et son extrême bienveillance. Pas un mot au-dessus de l’autre, son comportement était semblable à celui d’un père ou d’un ami.

Les plats terminés, Jean n’avait pas préparé de dessert et me proposa d’improviser un « colonel ». Je ne connaissais pas ce régal. N’ayant pas fini ma phrase, Il sortit deux coupes, y mit une rondelle de citron sur le rebord, deux boules de glace au citron et quelques centilitres de vodka. Je fus fascinée par ces coupes fraiches et acidulées, finissant par me désinhiber totalement. En appétit, j’étais prête pour la seconde étape, ne m’éloignant pas de l’objet de ma présence.

Ayant débarrassé le bar, rangé la vaisselle et la cuisine, nous nous installâmes dans le grand salon.

Remarquant le tréfonds de ma féminité, Jean me dit que j’avais bien changé depuis le diner que ma mère et moi avions organisé au mois de juin. Profitant de son observation, je lui dis que j’avais envie de danser sur des rythmes exotiques.

Ayant murit et m’étant exercé chaque jour à m’approprier mon corps, ma féminité et ma sexualité, je voulais absolument que Jean fut le premier à me prendre. Toutes ces semaines passées à me caresser, à jouir de moi-même, augmentant chaque jour mes orgasmes, usant mes doigts, profitant d’objets phalliques et même de végétaux comparables à la verge de Jean, me firent appréhender être une érotomane à son égard, mais il n’en était rien. Mon équilibre sentimental étant Pierre-Henri.

J’avais cultivé avec force et conviction ma capacité à séduire n’importe quel homme sans qu’il ne possédât mon corps. Telle une œuvre d’art, je souhaitais détourner les individus de leur chemin. J’atteignis l’équilibre magique entre ma volupté et mon esprit, entre mon intellect et mes compétences, entre ma féminité et ma fragilité par les atomes qui se dégageaient de mon être

De ce fait, ne sachant se détourner de moi, les hommes ne pouvaient qu’être attentifs en tout point.

Jean ayant fait le choix de notes cubaines, d’un érotisme à la fois sauvage et savant, je m’abandonnai à la langueur de la danse. Je ne savais pas danser particulièrement la salsa, mais mon corps tout entier fut pénétré par les percussions du morceau qui retentissait dans le salon.

Comme hypnotisé, Jean regardait mon corps endiablé se mouvoir et fini par me rejoindre. Prenant ma main, il me fit virevolter tel un papillon dans la nuit chaude. Adroit, tenant une allure mesurée et terriblement sensuel, il connaissait son sujet et me guidait dans ses pas.

Nos corps se mêlant en rythme, ses mains à la fois puissantes et douces sur ma taille me firent fantasmer le moment fatidique. De cet instant magique, qu’allais je en faire ?

Telle une jument, sans hennir, sans se cabrer, je le laissais prendre possession de moi à travers cette danse. J’en profitais en attendant l’intervalle fatal pour porter l’estocade.

Portée par une vive émotion, mon corps bouillonnait et tressaillait au bon souvenir du creux de mes reins, et tout à coup, je lâchai à Jean, telle une envoutée qu’il fallut exorciser: « Baises moi » !

Faisant mine de ne pas avoir entendu, Jean souriant, me demanda de répéter ce que je venais de lui dire. Audacieuse, je répétai les mots que je venais de prononcer. Me lâchant, il prit ses distances, coupa la musique et me demanda ce qui m’avait pris.

Sans perdre mon assurance, je lui expliquai que le repas, le vin, l’ambiance chaleureuse et sensuelle de la soirée me firent perdre la tête, puis, finis par lui avouer que j’avais construit un imaginaire autour de lui depuis que je le visse dans ma chambre. Au lieu de l’enfouir en moi, j’avais décidé d’exalter l’objet redouté pour transcender la sexualité que je ne connaissais pas.

Ainsi, pour aller au bout de la violence du plaisir, je souhaitais que nos chairs se rapprochassent, mettant en avant l’aspect d’apprentissage.

Pendant plusieurs minutes, racontant mon histoire en détail, Jean écoutait prudemment, puis me rétorqua qu’il ne pouvait coucher avec la fille de sa meilleure amie.

Dépitée, toute honte bue, un vertige m’envahit et je me rendis compte que finalement, il ne fallait peut être pas assouvir tous ces fantasmes. Avais-je été trop vorace ?

Attentif et devinant mon désarroi, contre toute attente, Jean me prit dans ses bras et me serra avec affection, me disant qu’il comprenait parfaitement ma démarche.

A son tour il prit la parole, m’expliquant que malgré ma suavité chaude, ma personnalité et ma beauté, il y avait toujours une ligne qu’il ne voulait pas franchir. Il ajouta qu’il était prêt à m’initier sans avoir de rapport avec moi, voulant ainsi m’aider à accéder à ma quête…

Puis, s’excusant, il quitta la pièce pour se rendre dans sa chambre, me disant qu’il allait téléphoner.

Seule dans le salon, mon regard fixait la piscine à travers la paroi de verre. Des questions dont je ne pouvais que supposer les réponses, me flanquaient de grandes gifles. Le cœur battant la chamade, le ventre noué, je voulais me cacher sous terre malgré les mots rassurants de Jean.

Plongée dans mes pensées, Jean fut de retour, un large sourire irradiant son visage. Me prenant la main, il s’assurait de mes réels désirs, me demandant ensuite de lui faire confiance, car il avait une surprise pour moi le samedi suivant à 18 heures.

Ne voulant pas coucher avec moi, je ne compris pas le sens de sa surprise, mais j’acceptai.

L’atmosphère à nouveau détendu, Jean remit un peu de musique et me dit de faire comme chez moi. Il m’abandonnait pour aller faire quelques longueurs à la piscine.

Il était environ vingt-trois heures trente, enfoncée dans l’un des fauteuils face au canapé, emportée par les morceaux de tango Argentin qui passaient sur la chaine hi-fi, mon obsession pour Jean, n’avait pas disparu. Bien au contraire.

Regardant par la fenêtre de ma vie ; réussite dans mes études, un avenir professionnel prometteur et apparemment tracé, une mère formidable, aimante et disponible, un futur époux solide, quoique sexuellement ne maitrisait pas le sujet, ma sexualité à ce jour énigmatique, l’obsession secrète de mon âme qui se rattachait à l’harmonie de mon ventre, et la volonté d’être une femme différente, différente de toutes les autres.

Je ne voulais pas être qu’une femme de tête, une intellectuelle, une scientifique, mais également une femme dont le corps, la sensualité et l’animalité s’exprimant sans être accessible.

Moralement, j’avais donné mon cœur à Pierre-Henri, mais pour m’accomplir pleinement, je devais passer par Jean.

Sortant de mes profondes réflexions, j’aperçus Jean dans le bleu de la piscine. Il avait déjà commencé ses efforts. Fluide, en ligne, son corps glissait dans l’eau tel un dauphin.

Bravant tous les mépris, mon audace me poussa à le rejoindre dépourvu de maillot de bain. Plongeant dans le grand bassin d’eau bleutée, la température agréable me ravit, et quelque peu sportive, j’entamai deux ou trois longueurs qui me détendirent plaisamment.

Ayant accompli calmement mes lents exercices, d’une âme badine, je m’approchai de Jean pour perturber le déroulement de son activité. Ne m’en tenant rigueur, il s’aperçut que j’étais nue, ce qui n’eut pas l’air de le déranger. Jouant infantilement en nous éclaboussant, nous pourchassant, riant et nous plongeant la tête sous l’eau, cela nous avait rapproché.

Me retrouvant enlacé dans ses bras herculéens, mon corps contre le sien, je lui volai un baiser qui sembla le conquérir. Reculant la tête un instant, il me regarda droit dans les yeux, la tentation l’emporta quand ses lèvres se rapprochèrent des miennes. Son baiser fougueux et passionné, m’enfiévrait.

Ma tête renversée, mes yeux clos et mes entrailles enchantées, je me donnai lorsque le désir obscur qui me gonflait éclata. Mon corps désirant Jean entièrement, mes mains ne surent s’empêcher de vouloir sentir sa virilité tant attendu. Il ne bandait pas, mais l’objet avait du volume. Glissant ma main dans son slip de bain, Jean, sans me brusquer, me repoussa.

Je ne comprenais plus rien. Nous voilà proche du nirvana, pensant qu’il avait enfin succombé, me rejetait à nouveau, puis sortit de l’eau sans un mot.

Sa démarche féline l’emmenait vers la salle de bain. Je le suivi afin de comprendre pourquoi il m’avait repoussé alors que nous mélangions nos liqueurs buccales. Il me répondit simplement que nous ne devions pas aller plus loin, avant de glisser sous la douche Italienne. Vexée et frustrée, ayant de la place sous cette belle douche, je me rinçai à ses côtés pensant que j’étais à deux doigts de toucher le graal, de gouter ce calice de chair, mon inassouvissement en fut plus grande encore.

Nus, côte à côte sous la douche, Jean était diablement attractif. Regardant sa belle verge foncée, de bonne taille, je ne m’étais pas trompé et mourais d’envie de la voir en érection. Je voulais qu’il me prit là, tout de suite ! Qu’il me retournât contre la paroi de verre et qu’il me baisât comme une vierge, comme une fille à vendre. Ne saisissant pas son stoïcisme, je lui demandai ce qui lui déplaisait chez moi. N’étais-je point désirable ?

Il me répondit qu’il fallait avoir perdu les cinq sens pour ne pas s’en rendre compte, mais qu’il ne voulait pas coucher avec la fille de sa meilleure amie.

Sans insister, je compris que Jean possédait une grande maitrise de toutes choses et qu’apparemment, c’était un homme droit dans ses bottes. Mon corps bouillonnant devait se calmer sous les commandes violentes de ma psyché.

Il était tard, nous étions prêt pour rejoindre nos chambres pour une longue nuit en ce qui me concernait. Jean m’embrassa et me surpris en me disant avant de rejoindre sa chambre, que je devais être patiente… Etait-il en train de se jouer de moi ?

Unie à la nuit tiède, tournant infatigablement dans le lit, je ne pouvais m’empêcher de repenser à toute cette soirée, aux mots de Jean, à son corps et à cette fameuse surprise.

La chambre dans laquelle je me trouvais était magnifique et le clair de lune passant à travers les volets clos, attisait mes doutes. Une demi-heure environ s’était écoulée, quand je décidai de faire une dernière tentative auprès de Jean. N’arrivant pas à dormir, mes chairs me mordant sous les désirs que seul lui pouvait étancher, je sortis de mon lit étant vêtue d’un simple tee-shirt.

Arrivée dans sa chambre, prétextant avoir froid, il ne dormait pas encore, étant en pleine lecture, il n’était dupe de rien. J’avais la sensation d’être une petite fille capricieuse. Il rabattit le pan de la couverture de son lit et m’invita à le rejoindre en m’ordonnant de dormir.

Bien à ma place, je ne bougeais pas. Sa lampe de chevet éclairait partiellement la chambre pendant qu’il continuait de parcourir son livre. J’étais heureuse d’être là, tout près encore une fois.

Après quelques instants, luttant vainement, je me rapprochai de lui pour coller pleinement mon corps à sa chaleur. Ne prononçant pas un mot, il posa son livre sur la table de chevet, éteignit la lampe, et stupéfaite, Jean me prit dans ses bras. J’avais posé ma tête sur son torse confortable, il sentait bon, son corps ardent me réchauffait et aiguisait l’intensité de ma volupté. Me donnait-il des signes approbateurs ? Voulant en avoir le cœur net, j’entrepris de caresser son ventre musclé et dur comme du béton, brandissant des abdominaux incroyablement excitants, quand peine perdu, il arrêta immédiatement ma main qui s’approchait dangereusement de son pubis.

Toutes mes tentatives ayant échouées, le fond de mon ventre cognait. Résignée, je n’insistai pas, trop heureuse tout de même d’être dans ses bras et dans l’attente de la surprise à venir, me ressouvenant qu’il m’avait demandé d’être patiente. Peu de temps après, mon esprit et mon corps apaisés, je finis par m’endormir.


Le lendemain, Jean m’ayant offert le petit déjeuner, j’avais repris la route pour regagner mon domicile. Arrivée dans notre appartement, ma mère était en plein travail, je lui fis une tendre embrassade, prenant de ses nouvelles pour une soirée sans elle.

Elle se portait à merveille, mais avait de mornes pensums à abattre. Ne la dérangeant pas plus longuement, je m’enfermai dans ma chambre pour téléphoner à Pierre-Henri.

Me faisant partager toute l’affection qu’il avait à mon égard, heureux de m’entendre, il souhaita que nous passassions le week-end suivant ensemble. Puis, me posant des questions assez baroques, tentant de me troubler, je lui racontai une soirée minable qui n’avait jamais existé, m’obligeant à me réfugier plus tôt chez Jean.

En dépit de l’aplomb que je possédai, Pierre-Henri m’avait désarçonné, le rendez-vous de Jean me revenant en plein visage. Comment allais-je m’en sortir ? Etais-je en train de rentrer dans une spirale de mensonges ? Je n’avais jamais encore abusé mes proches.

Ne me démobilisant pas pour si peu, je lui présentai mes excuses, prétextant mon indisponibilité pour le week-end entier, étant avec Jean qui était en mesure de me présenter deux éminents médecins des hôpitaux de Paris pour un stage au mois de septembre, bien qu’en réalité, j’avais déjà trouvé un stage à l’hôpital Henri Mondor de Créteil.

Prenant très au sérieux nos études et notre avenir professionnel, Pierre-Henri salua l’initiative de Jean, en qui, il ne voyait pas un rival.

M’’ayant déclamé tout son amour, je retournai à Pierre-Henri mes sentiments avant de nous quitter, et finir doucement le week-end, le nez dans quelques révisions de sciences fondamentales.

Le début de semaine démarra sur les chapeaux de roues avec quelques examens sans grandes difficultés pour moi, même si le niveau était très élevé.

Ayant essentiellement cours le matin, je me retrouvais seule chez moi le restant de la journée, et parfois, pour valider ma progression et mon perfectionnement, il m’arrivait de flâner dans les rues, d’arpenter les grands boulevards pour retenir le regard de la gente masculine, tout en contrariant leurs élans, entendant parfaitement leurs complaintes, bramant comme des cerfs, et heureuse de susciter leurs convoitises.

Les progrès étaient nets jour après jour telle une œuvre d’art éveillant les résonnances profondes de l’esprit, lui laissant un souvenir délicieux comme la sapidité d’un fruit en bouche.

Dans l’attente de la surprise de Jean, je me posais un millier de question. Allais-je enfin arriver au bout de ma quête ?

Impatiente, il ne me restait plus qu’à calmer les tumultes de mon corps, répondant à leur cri de soif comme une esclave l’eut fait. Si on décernait un diplôme de la masturbation, un doctorat m’eut été attribué. De plus, mon expérience s’amplifiant, je découvris que systématiquement, mes entrailles laissaient se soustraire de moi, une grande quantité d’eau vive telle une fontaine quand je caressais et stimulait mon bouton, pénétrais ma vulve ou ma rondelle. Au début, c’était pour le moins déroutant, mais très vite, je fis le lien avec les plaisirs qui me terrassaient.

Etant en communion d’impatience avec mon esprit et mon corps, je trouvais les journées longues, trop longues. La torture d’imaginer Jean me baiser, m’ôtait le sommeil. Quelle avidité de jouir sous ses mains !

Répondant à la constante invitation de ma matrice, je m’étais caressé pendant toute la semaine, profondément, entièrement, jusqu’à la lie.

Semblable à une symphonie, les saisons se succédaient et l’été avait fait son apparition depuis quelques temps déjà, et les premiers vacanciers de mois de Juillet quittaient Paris. Les jours s’allongeaient sans cesse, autant que la botanique du jardin que je voyais par la fenêtre de ma chambre. Dans un va-et-vient incessant, des abeilles butinaient le suc mielleux des fleurs en toute délicatesse, chaque oiseau chantait les louanges du parc, des arbres, et des premiers rayons du soleil. Une tasse de café à la main, je contemplais la féérie de cette luxuriante nature. Il était environ neuf heures, et dès les premières lueurs du soleil, étant sur pied, je pensais à la surprise de Jean.

La journée était interminable jusqu’à dix-sept heures. M’étant pomponné, fière de mon œuvre, j’étais enfin prête pour me rendre chez Jean. Une heure après environ, j’y étais !

Tourmentée, je descendis de ma voiture en me demandant ce que Jean me préparait. Il m’attendait devant le large perron du grand escalier de sa maison. Descendant pour venir à ma rencontre, Jean afficha un large sourire qui me détendit immédiatement.

Etant déjà habillé, arborant un magnifique costume noir qu’il portait élégamment, Jean saisi mon mince bagage et me guida dans ma chambre. Sur le lit, une robe longue y était déposée, et à côté, dans une boite, des souliers vernis à talon semblaient m’attendre. Surprise par cette attention, je demandai à mon hôte de quoi il s’agissait et quelle était cette fameuse surprise.

Evoquant une invitation à diner, il resta imprécis. Son attitude amphigourique m’amusa et n’insistant pas, je décidai de lui accorder toute ma confiance. Exigeant de moi que je fus prête pour dix-neuf heures, je me rafraîchis dans la salle de bain, puis me revêtis de la robe qu’il m’avait offerte. Stupéfaite, la tenue que j’avais passée était complètement ouverte dans le dos, possédant une fente frontale laissant apparaitre ma jambe droite jusqu’en haut de la cuisse.

N’ayant jamais porté ce type de toilette, je me trouvai ridicule avec mon soutien-gorge apparent. Supposant que je devais l’enlever, je fis une nouvelle tentative devant le miroir. Cette robe de cocktail en satin noire, juste avec des bretelles que j’attachai derrière la nuque, me flattait et dessinait admirablement ma croupe onduleuse, me rendant fière de ma féminité. J’étais certaine que dehors, des yeux luisants allaient se perdre sur mes courbes. Cependant, je me demandai ce qui pouvait justifier une telle tenue.

Apprêtée, j’apparus dans le petit salon où se trouvait Jean qui resta bouche bée. Ineffable, il prit ma main pour y apposer un baiser, puis me proposer une coupe de champagne, me précisant que nous devions partir dans quelques minutes.

Ayant à peine porté la coupe à mes lèvres, j’entendis une voiture s’approcher. Jean m’annonça que la limousine était avancée. Debout devant moi, les mains dans les poches, solide sur ses jambes, Jean sortit de sa veste un bandeau et m’indiqua que je dusse le porter à mi-chemin de notre trajet.

Me prenant par le bras, nous quittâmes sa maison, le chauffeur de la limousine nous accueillit casquette sous le bras. Une fois embarqués, Jean s’assura de ma condition, de mon état d’esprit. Me rassurant et me complimentant, il ouvrit une bouteille de champagne. Dehors, la température était chaude et sèche. Dans l’habitacle spacieux, séparée de la cabine de conduite par une vitre fumée, et sentant le cuir neuf, le climatiseur rafraichit l’air rendant ainsi le voyage agréable. Jean me servit une coupe de champagne chambrée que je dégustais à petite gorgée.

J’étais intimidé, nerveuse, mais en même temps, terriblement excitée par l’inconnu que Jean me proposait.

Jusque-là, Jean avait été mystérieux et relativement silencieux. Puis, au bout d’une dizaine de minute, s’intéressa à ma semaine, puis à ma sexualité en me posant des questions pour le moins surprenantes. Notre conversation légère et profondément intéressante me fit oublier que j’étais dans une limousine. Les quelques minutes passées pendant nos effusions et nos confidences étaient sans ennuis, sans langueurs, quand Jean sorti son fameux bandeau. M’inspirant une sécurité totale, toute ailée, je m’avançais confiante. Mes yeux privés de leur usage, je me fiai à la voix de Jean.

Afin de me mettre à l’aise, Il me servit une nouvelle coupe de champagne tout en flattant mon éclat, ma grâce et mon sex appeal.

Affichant un large sourire notifiant mes remerciements, Jean ajouta que nous allions diner dans un château, une demeure seigneuriale et que je fus la reine de la soirée.

Buvant en savourant pleinement ce délicieux champagne et les paroles de Jean, l’une de ses mains se posa mollement sur ma cuisse droite. Me proposant de trinquer à notre soirée, Je levai ma coupe pour la choquer avec la sienne. En possession de seulement cinq sens, j’étais à l’écoute de l’univers qui m’entourait, aux senteurs, aux bruits et à certains silences qui me remuaient. Attentive à la main de Jean sur ma cuisse, en conscience, j’en attendais plus. N’ayant pas fini d’avoir dans la cervelle des espoirs lubriques telle une charogne infâme, Jean posa sa main chaude sur mon ventre.

Faisant semblant de rien, tout en me tenant en haleine, ses mots percutaient mon intellect, et sa main, ma fantasmagorie. Puis d’un ton autoritaire, brusquement, me demanda d’ôter ma culotte.

Obéissante, je retirai délicatement mon string noir en le faisant glisser doucement sur mes chevilles. Tellement excitée, ma seule crainte fut de ne pas tâcher ma jolie robe avec mes dégoulinades. Le léger murmure du moteur de la voiture, le halo en sourdine de Jean et les quelques gouttes de champagne me tiraient vers un sentiment de chaleur intense.

Mon tendre despote, approchant sa bouche de mon oreille, me murmura des mots tendres, tel un amant prêt à mourir avant la guerre, et contre toute attente, glissa sa main entre mes cuisses. Sa tendresse tyrannique me fit tressaillir. Pendant de longues minutes, ses mains marquaient des cercles et des va-et-vient tout en évitant de toucher mon sexe. Au comble de la jouissance, pensant que ses doigts allaient enfin toucher et pénétrer ma vulve, la limousine ralentit, marqua un léger arrêt, quand j’entendis les pneus glisser lentement sur des gravillons et s’arrêter.

Jean posa légèrement ses lèvres sur les miennes et m’indiqua que nous étions arrivés à destination. M’arrangeant au mieux, et encore sous l’ivresse de ses caresses, je remis correctement ma robe quand la voiture s’arrêta complètement. J’entendis la portière s’ouvrir, et Jean me prit le bras pour m’aider à sortir.

Dehors, je sentis la chaleur lourde et étouffante de l’air tomber d’un seul coup sur mes épaules. Mes pieds dans mes talons vernis, foulèrent un sol meuble sur lequel je n’étais pas très à l’aise. Jean s’étant enquis de ma situation, me guida sur une distance très courte au bout de laquelle je pus sentir un sol plus stable. Tel un tuteur soutenant une jeune de plante, Jean me fit grimper de longues marches qui m’apparaissaient interminables. Semblant être arrivés, il actionna une cloche que j’entendis tinter comme les premiers coups des vêpres. La porte s’ouvrit, et un homme à la voix éraillé et grave nous accueillit chaleureusement et me souhaita la bienvenue en me prénommant.

La porte sembla lourde, et se referma dans un bruit assourdissant.

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