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Don't be blue

By Fabiola Mo

Video Games

Posté le : 10 Octobre 2012. New story on the air. Pour connaître l'avancée du projet et bien plus encore, vous pouvez toujours rejoindre le groupe facebook "The Baba O'Riley" (lien disponible depuis mon profil)

Disclaimer : Rien ne m'appartient si ce n'est cette intrigue. Les personnages sont issus de l'imagination foisonnante de notre vénérée J.K. Rowling. De plus, des clins d'œil seront fait par rapport au monde dans lequel nous vivons. Les chansons qui me servent de titres de chapitre appartiennent au répertoire dense de Lana del Rey.

DON'T BE BLUE

.

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7 Baboker – Yaël Naïm

Video Games – Lana del Rey

Wolf & I – Oh Land

CHAPITRE I : Video Games

« A l'aube de l'an deux mille pour les jeunes c'est plus le même deal, pour celui qui traîne comme celui qui file [tout droit, De toute façon y'a plus de boulot la boucle est bouclée le système a la tête sous l'eau » Laisse pas traîner ton fils, NTM

ϟ

Allô.

Salut.

Tu fais quoi ce soir ?

Rien de particulier, et toi ?

J'étais en train de travailler ma dissertation quand je me suis souvenu du début de notre histoire, de comment on s'est fait la misère, tous les deux. Ça me manque de ne plus être dans la même classe que toi. Au moins, on s'amusait au fond de la salle et personne ne venait nous faire chier. Maintenant, avec la fac et tout le reste, j'ai l'impression que... que plus rien ne sera comme avant.

C'est d'une tristesse. Tu vas presque me faire chialer, Théo.

Te fous pas de ma gueule, sale con. Je sais que je te manque aussi... Pas vrai que je te manque ?

ϟ

. . . . . Cinq années plus tôt.

La première fois que Blaise vit Théodore, il le trouva profondément ridicule et sans intérêt. Il ignorait si c'était sa taille minuscule qui lui donnait envie de rire ou ses vêtements chinés dans un magasin pour enfants alors qu'ils étaient en classe de Première. Sur son tee-shirt bleu se trouvait un imprimé de dragon, la gueule grande ouverte.

Pansy s'était tournée vers lui, la main sur la bouche afin de retenir son rire de hyène alors que le professeur principal présentait Théodore à sa nouvelle classe. Draco, lui, ne se priva pas de lancer bien haut une remarque sur ses baskets démodées. Dès lors, Théodore baissa les yeux et attendit patiemment qu'on lui indique où s'assoir. Pris de panique, Blaise se rendit compte que sa tranquillité serait sans doute mise à mal.

Il avait la seule table de libre, celle près du radiateur qu'il utilisait la plupart du temps (Blaise adorait alterner de place en fonction des cours pour que les profs ne le voient pas). Anticipant la décision de ce vieux con de Rogue, Blaise déposa son sac sur une des tables, souilla la seconde chaise de ses semelles, cracha dessus et attendit patiemment qu'on l'oublie. Il irait chercher une autre chaise pendant la pause.

Comme il l'avait prévu, Rogue demanda à cet empoté de Théodore Nott (d'après ce qu'il avait compris), de s'installer à côté de lui. En le voyant arriver, Blaise ne put s'empêcher de sourire. Draco – qui était au premier rang – s'était retourné, contemplant la scène avec délectation. Théodore boitillait et dépassait à peine certains élèves qui étaient pourtant assis sur leur chaise. Pas gâté par le bon Dieu. Comble, il avait un cartable. C'en était trop pour Pansy qui commença à glousser lorsque le gamin arriva à sa hauteur.

De près, Théodore ressemblait à ses petits garçons d'église trop innocents pour leur propre bien avec ses gros yeux bleu délavé qui mangeaient un tiers de son visage. Quel genre de parents saints d'esprits laisserait leur gosse débarquer dans un nouveau lycée de bobo-bourgeois avec des fringues de pauvres ?

Lorsque Théo tira sa chaise, il remarqua de suite les diverses salissures. Sans un mot, il s'éloigna vers le fond de la salle et se laissa tomber sur un des fauteuils boulonnés en face des ordinateurs. Il avait le dos tourné à la classe pourtant, ça n'avait pas l'air de déranger Rogue le moins du monde. La justice, il s'en branlait. Du moins qu'on foutait pas le bordel dans son cours, ce mec était quasiment imperturbable.

Théodore sortit de son cartable une trousse rouge pimpante ainsi qu'un cahier puis se jura mentalement de se faire le plus discret possible jusqu'à la sonnerie de cet après-midi. C'est ce que lui avait recommandé son père en le déposant ce matin devant le lycée, en plus de tout un fatras d'inutilités : « C'est une vraie chance que tu ais dégoté une bourse dans cet établissement. Crois-moi. Alors fais de ton mieux pour avoir des résultats exemplaires » Son père parlait comme si faire de longues études soignerait sa santé fragile. Théodore ne se voyait pas aller à l'université, dans une école prestigieuse, à attendre que le temps ou la prétention intellectuelle le dévore tout entier. Cet été, le médecin lui avait dit qu'il devait profiter de la vie à fond. Théodore savait ce que cela voulait dire et là, assis dans cette salle de classe, il n'avait pas l'impression que ça serait l'éclate totale. Au contraire.

Dans les yeux des autres, il avait vu sa différence se refléter. Il s'attendait déjà à toutes sortes de questions – auxquelles il avait eu le droit dans son ancienne école : « Pourquoi t'es si petit ? » « Tu vas grandir un jour ? » « Est-ce que tes parents sont minuscules eux aussi ? » « T'es malade, hein ? Quand je t'ai vu, j'ai su que tu étais malade. Ça s'appelle comment ce que t'as ? C'est contagieux ? » Et Théodore, assailli de toute part, avait préféré se réfugier dans le silence le plus insolent.

Vexés d'être ignorés, ses anciens camarades l'avaient laissé accomplir sa scolarité dans l'indifférence totale. Pour eux, Théodore était ce bébé à qui on aurait greffé des jambes de préadolescent, imberbe et muet, sourd aux critiques, mal fagoté, vivant dans un petit appartement étriqué de la rive droite de la Seine, au sixième étage d'une tour de Babel toisant de ses formes géométriques les lignes de trains.

Cet appartement nuisait gravement à sa santé, mais son père n'avait pas les moyens de les faire déménager. C'est tout juste s'ils parvenaient à payer les factures et puisque son fils ne grandissait plus depuis plusieurs années, Monsieur Nott faisait des économies en ne lui achetant pas de nouveaux vêtements. Théodore ne disait rien par pudeur, mais au fond de lui, il brûlait d'envie d'avoir des fringues comme les jeunes de son âge. En attendant, il faisait comme si ça ne le dérangeait pas d'avoir le sweat qu'il portait déjà au cours préparatoire...

Rogue commença à dicter d'une voix monocorde les propriétés exceptionnelles des atomes d'hydrogène et Théodore commença à noter sans même jeter le moindre coup d'oeil au tableau. Le cours dura deux longues heures puis ce fut le déjeuner. Personne d'indiqua à Théodore où se trouvait le self ou ne l'aida à porter son plateau malgré ses nombreux tremblements. Le concierge, qui surveillait la file de lycéens, ne faisait que murmurer dans sa barbe des jurons et tapait les têtes de quelques cancres.

Lorsque Théodore arriva à l'étale réservé aux desserts, il trouva une dernière compote à la framboise. Il tendit son bras pour l'attraper, mais un gros balourd le devança et s'en alla avec. Le restant des desserts étaient sur des étagères en plexis, hors de portée. Tant pis. Les gens de sa classe semblaient tous regroupés sur la plus grande table qui traversait une majeure partie de la salle. Le balourd de tout à l'heure s'assit en son extrêmité, en face d'un gars tout aussi semblable.

Le restant des tables étaient pour la plupart beaucoup plus petites et ne laissaient que six places, grand maximum. Hésitant, Théodore s'approcha de l'une d'elle où discutaient deux jeunes filles et posa son plateau. Elles le fixèrent intensément et cessèrent de parler. Elles finirent leur plat rapidement et s'en allèrent sans un mot. Ce premier jour annonçait une année fantastique.

En rentrant chez lui, Théodore se sentait complètement vidé. Son père ne rentrerait que très tard la nuit. Il déposa ses clefs dans le cendrier de l'entrée, ôta ses baskets et se dirigea avec empressement vers sa bobonne d'oxygène. Il ne prit pas la peine de mettre l'élastique derrière sa nuque tant cela lui avait manqué. Les transports en commun à cette heure-ci étaient toujours bondés et il était compressé par les grandes personnes.

La plupart du temps, on le regardait bizarrement : ils devaient sans doute croire qu'il était un écolier traversant tout Paris en solitaire. « Il n'a pas de parents, celui-là, doivent-ils penser. C'est vraiment honteux de laisser son gosse tout seul. » D'une main impatiente, il traîna le chariot de sa bonbonne dans sa chambre et de l'autre son cartable. Il se laissa tomber sur son lit, épuisé, se disant que ça aurait pu être pire.

Il dormit une partie de l'après-midi, se laissant bercer par le rap qu'écoutait le voisin d'à côté : « A l'aube de l'an deux milles pour les jeunes c'est plus le même deal, pour celui qui traîne comme celui qui file tout droit de toute façon y'a plus de boulot la boucle est bouclée le système à la tête sous l'eau » Théodore écouta ainsi tout l'album, à défaut d'avoir le moindre appareil chez lui. Son père détestait quand le voisin mettait la musique à fond, mais pour lui, c'était une aubaine à chaque fois. Théodore trouvait leur appartement triste à mourir : pas de stéréo, pas de télévision, pas d'ordinateur.

Seule distraction, ce qu'il se passait par la fenêtre ou les livres de la bibliothèque... Théodore, qui ne savait pas s'il allait survivre à sa maladie, se devait de la combattre seul et n'avait aucune distraction pour l'oublier. Impossible de faire une activité extrascolaire : son père trouvait tout une palette d'arguments pour l'en empêcher : « Tu es trop fragile. Tu vas te fatiguer plus qu'autre chose. Et puis, certains clubs coûtent vraiment cher. J'ai pas de quoi te payer l'équipement. Maintenant on en parle plus et finis ton assiette »

Toujours la même rengaine alors, pour penser à autre chose, Théodore l'écoutait sagement. Il ne se voyait pas contredire son père. Pas encore. Il était d'un naturel plutôt craintif et n'aimait pas l'affrontement. Théodore finit par placer l'élastique de son masque correctement et commença à faire ses devoirs. Demain, il essayerait d'approcher quelqu'un pour se faire des amis.

Blaise se laissa tomber sur le canapé et lança sa console de jeux vidéos après avoir fermé les volets de sa chambre juste pour s'y croire. Sa mère était dans le salon, à papoter avec une de ses amies au téléphone, un verre de kir à la main. Lorsqu'il était entré, elle lui avait envoyé un baiser du bout des doigts sans même lui accorder un regard.

Depuis longtemps déjà, Blaise était en échec scolaire. Pas qu'il soit stupide, mais il n'aimait pas faire ses devoirs. Il avait l'impression de perdre son temps, que c'était inutile et rasoir. Alors il payait un gars pour les faire, les lui envoyait par mail et le soir – très tard – il les recopiait de son écriture fine et irrégulière. Parfois, Blaise se surprenait à ne plus savoir orthographier certains mots pourtant simples. C'est le début de la fin, pensait-il dans ce genre de situation.

La télévision écran plat fixée à un des murs baigna sa piaule d'une couleur bleu néon agressive. Blaise plissa des yeux, comme tous les jours où il jouait, et chercha à tâton la manette 1. « Bienvenue dans le monde de Rhio » susurra une voix féminine. « Vous avez sept nouveaux messages de la part de vos alliers, neuf notifications de vos batailles dans le district 48, et vos médicaments sont arrivés dans votre coffre blindé. » Blaise attrapa son casque audio sans fil et un petit voyant se mit à clignoter.

Sur la page d'accueil, l'androïde fermait de temps à autre ses paupières, attendant patiemment ses consignes. Blaise attrapa sa tablette tactile reconnue grâce à sa manette et une carte du monde virtuelle apparue en grand. « Vous êtes près de la source Lohnil depuis neuf heures et cinquante-quatre minutes. Votre position est actuellement secrète. À quatorze heures deux, un adversaire de la tribu Gô est passé près de votre campement sans vous apercevoir. Vos défenses sont efficaces ». Blaise, s'en même s'en rendre compte, imitait la voix froide et impersonnelle de l'androïde connaissant son petit discours par cœur. Il était déjà au niveau 34 alors que le jeu avait été lancé il y a seulement trois semaines.

Il pouvait jouer jusqu'à s'écrouler de sommeil et son rythme décousu ne semblait pas déranger sa mère, au contraire. Elle en profitait pour dîner et passer du temps avec son nouvel amant, plus jeune qu'elle d'une quinzaine d'années.

Pour rester dans son monde, Blaise avait commandé un minifrigo sur Internet et l'avait installé dans sa chambre. Il était tout près de son lit et n'avait qu'à rouler sur le côté pour en fouiller le contenu. Cette nuit-là, il parcourut le monde virtuel jusqu'à quatre heures du matin, les yeux explosés et le casque vissé sur les oreilles. Il n'entendit pas les gémissements lubriques de sa mère qui, pourtant, se faisait prendre au milieu du salon.

Le second jour fut d'une platitude sans nom pour Théodore.

Ils avaient eu deux heures de Littérature le matin et, même si c'était sa matière préférée, elle était sabotée par cet enseignant barbant au possible qui ne levait jamais le nez de ses notes. Il avait simplement fait l'appel pour s'assurer que tout le monde était bien là. Ainsi, Théodore apprit que le garçon du fond, près de lui, s'appelait Blaise. Il n'avait pas une tête à s'appeler Blaise et cela le fit ricaner intérieurement. Blaise, avait des cernes effroyables. Il était assis le dos contre le radiateur qui chauffait à plein régime, les jambes étendues sur la seconde chaise, propre ce jour-ci.

Il ne faisait que pianoter sur son smartphone d'un air distrait en fredonnant un tube qui passait très régulièrement sur les ondes. Théodore essayait de suivre le cours alors que Pansy commérait avec une certaine Millicent assise au second rang, à sa gauche. De temps à autre, Blaise s'amusait à produire des rots sonores ou se parlait à lui-même, formulant son texto à voix haute avant de le rédiger.

Le téléphone portable de Draco – le blond insipide au premier rang – vibrait sur sa table et cela ne semblait pas déranger le prof le moins du monde. Voyant que, d'un accord tacite, l'ensemble de la classe s'était livré à ses propres activités, Théodore sortit un livre emprunté à la bibliothèque de l'école et commença à le lire, hermétique au monde extérieur.

Quelques minutes plus tard, un objet rectangulaire et léger percuta l'arrière de son crâne. Théodore poussa un cri de douleur, mais il fut aussitôt happé par le brouhaha incessant produit par ses camarades. Il se retourna et vit Blaise qui le regardait méchamment :

– Branche-le-moi.

Théodore attrapa l'objet et comprit qu'il s'agissait du chargeur de son portable. Il enleva la prise de l'unité centrale de l'ordinateur et plaça le chargeur à la place. Dès que la batterie commença à charger, Blaise semblait avoir retrouvé un état normal. Puis, tout à coup, Théodore le débrancha. Blaise leva dangereusement son regard vers lui.

– Tu joues à quoi là. Je t'ai dit de le brancher, crétin.

– Tu pourrais le dire poliment, non ? Je ne suis pas ton chien.

– Qu'est-ce que tu viens de dire ? gronda l'autre lycéen, détestant qu'on lui refuse quelque chose.

Une partie de la classe s'était brusquement tue, mais le professeur continuait son ennuyeux monologue. Théodore, révolté qu'on lui parle comme une merde, jeta le chargeur de Blaise à l'autre bout de la classe. Ce dernier bondit de sa chaise et attrapa Théodore par le col. Il renversa l'ordinateur dans un bruit tonitruant, ne mesurant pas sa force.

L'enseignant leva les yeux de son manuel et réclama le calme, puis, voyant ce qu'il se passait au fond de la classe, traversa la salle en de grandes enjambées. Théodore essayait d'étrangler Blaise et, même s'il était beaucoup plus petit et faible que lui, il faisait tout pour se défendre. Blaise, lui, n'avait pas l'air d'avoir des états d'âme à frapper un malade. Pansy Parkinson poussait des petits cris stridents alors que l'enseignant essayait tant bien que mal de les séparer.

Théodore suffoquait presque lorsque Blaise avait cessé de le frapper. Il tentait de reprendre sa respiration et toussait sans pouvoir s'arrêter. Blaise, surpris de cet excès de violence, sortit de la pièce en défonçant la porte d'un grand coup de pied. L'enseignant s'agenouilla vers Théodore, la joue gonflée et la lèvre en sang.

– Ce qu'il s'est produit en cours de Littérature est inadmissible ! s'emporta Rogue qui était assis au milieu de la salle de réunion. C'est un conseil de discipline exceptionnel. En quinze ans de carrière je n'avais jamais vu une scène pareille. C'est désolant.

– Comment pouvez-vous vous comporter comme une bandes de babouins braillards et empotés ! ajouta la sous-directrice, le menton tremblant.

– Excusez-moi, minauda Madame Zabini, venez-vous juste de traiter mon fils de singe ? Parce que si c'est le cas, je vous conseillerai de retirer immédiatement ce que vous venez de dire au risque qu'une demi-douzaine d'associations contre le racisme vous tombe sur le cul d'ici la fin de la journée.

Blaise fixait ses genoux, les sourcils froncés et en serrant les poings. Il avait l'air hors de lui et prêt à renverser la table. Depuis une demi-heure, sa mère répondait à toutes les accusations par des excuses toutes plus bidons les unes que les autres. Ce n'était jamais de la faute de son fils. Ce sale petit Nott l'avait cherché et amplement mérité.

– Mon fils est un enfant malade ! beugla Monsieur Nott. Et le vôtre est bel et bien un singe sans une once de retenue. Vous lui appreniez quoi durant toutes ces années, hein ?

Théodore voulait s'enterrer dans un trou à des mètres sous terre. Son père était profondément raciste et cette petite histoire serait un nouveau prétexte pour voter pour les extrêmes. Il avait désormais les Zabini dans le collimateur. Avant que la situation ne dégénère, le directeur – un vieux barbu se donnant des airs de sages – demanda à Blaise et à Théodore de sortir de la salle et d'attendre à côté.

À l'extérieur, la secrétaire ignorait la pile de travail à faire et surfait tranquillement sur un réseau social pour célibataires. Blaise se laissa tomber sur un des gros fauteuils moelleux et l'autre l'imita.

– Je vois pas pourquoi on en fait une telle histoire, maugréa-t-il. Mon chargeur est même pas cassé.

Théodore esquissa un sourire et dit :

– Je suis désolé pour ce qu'a dit mon père. Il est vraiment stupide et très fermé d'esprit. Je crois qu'il n'aime pas trop la différence. Ça lui fiche la trouille.

– Mmh, pas de problème. J'en ai rien à cirer.

Mais Théo savait que c'était faux. Blaise avait eu l'air clairement atteint dans sa dignité et son regard était dur. Théodore battit des pieds en cadence. Ils effleuraient à peine le sol.

– Tu crois qu'on va être exclu définitivement ?

– Non, au pire on devra rester chez nous trois-quatre jours. Ça sera cool, je pourrais jouer à mes jeux vidéo non-stop.

– Ca doit être fun de jouer à ça.

– Tu n'as jamais joué aux jeux vidéos ?

– Non, jamais. Je n'ai pas de télé chez moi.

Blaise tourna ses yeux vers lui, comme si Théodore venait de devenir vert et aux doigts palmés. Le fait que des gens n'aient pas la télévision chez eux – par choix ou non – était une excentricité insaisissable pour un esprit aussi étriqué que celui de Blaise.

Il regarda Théodore avec un semblant d'indulgence et contempla ses longs doigts, impatients de toucher à nouveau sa manette en rentrant. Il espérait juste que Rogue ne lui colle pas des heures de retenue. Il détestait ça et les évitait autant que possible.

Théodore, de son côté, souhaitait plus que tout au monde que cet incident ne figure pas dans son dossier. Si c'était le cas, son père serait hors de lui et lui confisquerait ses livres. Autant crever la gueule ouverte.

– Où est ton père ? demanda subitement Théodore.

– Et ta mère ? lança Blaise avec méchanceté.

– Elle est morte.

Blaise enfonça les mains dans ses poches et joua nerveusement avec ses clefs. La secrétaire le foudroya du regard puis reprit sa quête du cyber Prince charmant.

– Mon père, je le vois pas trop souvent. Il est occupé. J'ai pratiquement toujours vécu seul avec ma mère... enfin, seul tout court.

La porte s'ouvrit sur les enseignants et le directeur poussa les deux parents à se serrrer la main, ce qu'ils firent avec une certaine répugnance.

– Nous avons décidé, décréta leur professeur principal, que vous aurez un devoir de dix pages minimum à rendre sur la violence scolaire. Pas de plagiat, pas de recherche sur Internet ou de grosses inspirations chinées dans des livres, tout devra sortir de vos cervelles étriquées. Vous avez une semaine.

– M-M-Mais vous deviez nous expulser ! s'exclama Blaise, déçu de ne pas avoir des vacances forcées.

– Rentrons à la maison, prononça froidement sa mère en sortant de la salle d'attente.

Blaise s'enroula dans sa couverture. Il avait les yeux dans le vide, se projetant dans les jours prochains à devoir travailler avec Nott. Si ce gamin n'avait pas la télé, il avait certainement pas d'ordinateur et encore moins de portable !

Comment feraient-ils pour communiquer ? Hors de question de devoir lui adresser la parole devant toute la classe. Plutôt s'ouvrir les veines avec sa carte bleue. Ce soir-là, il ne joua pas à son jeu vidéo et s'endormit très tôt, l'estomac vide.

Après la réunion au lycée, le père de Théodore fut étrangement silencieux dans la voiture. Il conduisit jusqu'à l'hôpital sans prononcer le moindre mot. Théodore était déjà en retard pour ses examens mensuels.

Au final, lorsqu'on prit sa taille on remarqua qu'il avait pris un centimètre. C'était extraordinaire. Lorsque l'infirmière le lui avait annoncé, il faillit lui sauter dans les bras. Il avait presque oublié que dès demain, Blaise et lui devraient se mettre d'accord sur un lieu pour travailler.

Mot de l'auteur : Mon premier Blaisodore/Zabnott/Notbini/Théodaise et autres joyeusetés. Je l'avais en tête depuis des lustres et je me suis finalement lancée. Je me demande ce que vaut ce début. J'ai tout de même pris un immense plaisir à le rédiger, le réinventer sous ma plume (même si je suis sûre que l'histoire aurait pu être carrément bandante si je n'avais pas mon esprit complètement en vapeur dès que le mot "Blaise" est écrit (ce garçon a tendance à nuire à mon jugement, bientôt, je ne dirais plus "don't be mad" mais "don't be blaise")). Pour le titre, je trouvais que ça sonnait bien, y'a pas de symbole particulier ou autre... Je vais peut-être en trouver un en passant (parce que j'adore la couleur bleu). Je vais attendre sagement qu'on me le dise ou qu'on me tire les oreilles. C'est une mini-fic qui comportera entre 5 et 10 chapitres. J'en ai déjà trois d'écrit. Mmh, à part ça, rythme de postage et tout le tralala, je pense que ça sera un toutes les trois semaines/mois. Si vous avez des questions, recommandations en tout genre, je suis open. Vous pouvez toujours rejoindre ma page Facebook "The Baba O'Riley" ou vous abonner à mon Tumblr "ROCKRITIC" (les liens sont sur ma page de profil). Bwef, salut Brutus.

D. Would.

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