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Papiers Froissés : Trilogie

By Fabiola Mo

Chapitre 1, Partie 1

¤ Et si avant d'être une fanfiction, il s'agissait à prime abord d'un message de tolérance ? ¤

Papiers Froissés

" Le héros de roman est un être de papier, un vivant sans entrailles..." (Paul Valéry)

Sous-titre : Ou le goût du Monsieur.

Written by Dairy22

Résumé : UA – Harry est un garçon de dix-sept ans, aspirant à des rêves d'écrivain, qui vit encore sous la tutelle de son oncle et sa tante. Ceux-ci se font un malin plaisir à le persécuter. Son seul crime ? Être homosexuel. Tandis qu'une chaleur sans précédent s'abat sur Little Whinging, un nouvel arrivant saura apporter un semblant de fraîcheur. Mais qui est-il vraiment ?

Disclamer : Les noms, les lieux ainsi que le reste appartient à notre merveilleuse J.K. Rowling qui a su hisser Harry Potter au rang de chez d'œuvre littéraire – dit pour jeunesse – mais qui émerveille aussi les plus grands !

Couple : Harry Potter & Draco Malefoy. [HP & DM]. Il s'agit d'un Slash qui inclut relation intime entre personne du même sexe – en particulier des hommes – alors pour ceux qui ne sont toujours pas avertis, je leur conseillerai fortement de quitter cette page si les couples homosexuels les dérangent.

Genre : Une romance peut-être pas comme les autres agrémentée d'humour avec un soupçon de tristesse.

Rating : M – Scènes de charmes * Lemon * à prévoir.

Nombre de chapitres prévus : 15. Néanmoins, je préviens que cette fanfiction pourra être suivit d'une seconde partie de 15 chapitres également. Mais cela reste à voir... Si cela arrive, le tout sera posté à la suite sous le même titre !

Posté le : 12 Août 2009.

Bêta lectrice : Manelor & revus par Raphaël.

Note de l'auteur : Comment écrire quelque chose de juste ? Je l'ignore cordialement. Mais j'ai essayé, avec les armes que j'avais en main, de me rendre crédible aux yeux de la majorité des lecteurs. Pour cela, j'ai recadré les péripéties d'Harry Potter dans un milieu étranger au sien. Le monde Moldu sera le seul qu'il n'aura jamais connus et aucune magie n'y sera présente. Je tenais à souligner ce fait car certain seront peut-être déconcertés par ce changement brusque de milieu. Il s'agit d'un UA (Univers Alternatif) donc ne cherchez pas à améliorer la situation des personnages par un fameux coup de baguette magique ! Cependant, les noms de certains personnages crées par J.K. Rowling réapparaîtront et seront également inscrits dans le récit. Je tenterai malgré tout de respecter leur identité d'origine même si je leur ôte leur pouvoir de sorcier. Ici, vous serez les seuls magiciens car en déposant un commentaire vous ferez avancer les choses. Bonne lecture à vous, Dairy22.

Chapitre 1

Nondum amabam, et amare amabam. Je n'aimais pas encore, pourtant je brûlais d'envie d'aimer

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Mr et Mrs Dursley vivaient dans un quartier résidentiel assez tranquille de la banlieue de Londres. Leur maison, se situant au 4 Privet Drive, était tout à fait coquette et propre aux lois que s'imposaient les femmes au foyer des environs. Les Dursley aimaient plus que tout afficher une image de famille irréprochable qu'on voyait souvent sur les paquets de céréales du comté. Le père, Vernon Dursley avait sa propre entreprise de perceuses, nommée la Grunnings, pour les hommes adeptes du bricolage. Sa femme, Pétunia, n'avait pas vraiment de profession excepté celle de commère à plein temps qui, croyez-moi, demandait beaucoup d'énergie. Leur fils Dudley, présentait déjà un certain embonpoint qu'il cachait sous ses gants de boxes offert peu avant son seizième anniversaire. Voici le portrait lisse de la famille Dursley qui reposait religieusement sur le manteau de la cheminée du living-room.

Mais nous savons tous qu'il y a toujours des failles dans un système, quel qu'il soit. Ici, le problème n'était pas du tout lié à de l'endettement provoqué par des crédits à répétition, ni même à une lubie étrange tel du rock acrobatique ou encore un cadavre planqué sous l'escalier qui répandait une odeur pestilentielle. Non, rien de tout cela. Le secret qu'ils cachaient depuis des années maintenant se trouvait dans la plus petite chambre du 4 Privet Drive. Cette pièce était un peu comme leur boîte de Pandore. Personne ne devait l'ouvrir sous peine d'un terrible malheur, car à l'intérieur se trouvait le plus effroyable des pêchés et celui-ci pouvait se résumer en un mot, ou plutôt, un prénom : Harry.

Harry était leur neveu, hérité d'un terrible accident de voiture qui avait mené ses parents à la mort la plus sûre. C'était désormais un jeune de garçon de dix-sept ans qui passait le plus clair de son temps à lire des livres empruntés à la bibliothèque. Sa carte d'adhérent était son seul passeport vers le monde extérieur et il y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Souvent cloîtré dans sa minuscule chambre, il faisait parcourir ses iris couleur émeraude sur les feuilles des ouvrages qu'il lisait, tournant les pages au fil des minutes. C'était un adolescent assez studieux qui récoltait les mérites de la plupart de ses professeurs ainsi que la jalousie de certains de ses camarades. Cependant, ses atouts physiques laissaient croire qu'il avait un fort succès auprès des filles. Peut-être. Mais il n'en profitait pas.

En fait, il préférait de loin les hommes. Un jour, pour plaisanter, il avait dit qu'il avait le goût du Monsieur. Cette phrase était restée en lui comme gravée dans la pierre. Plus tard, il avait commencé à écrire un livre autobiographique dans lequel il se plongeait tous les soirs dès son retour du lycée. Il retranscrivait chacune de ses émotions avec une sollicitude scrupuleuse. Aucun événement de la journée ne lui échappait ; des crises de colère de Dudley aux marmonnements incessants de sa tante Pétunia. C'était ainsi. Quand Harry avait achevé d'écrire ses pensées, il prenait grand soin de cacher son livre – ou plutôt son cahier – sous une latte du parquet qui s'ouvrait avec une facilité déconcertante. Puis il dormait. Enfin, il était censé…

Un étage plus bas, après le dîner, Mr Dursley suivait toujours le journal télévisé en faisant des commentaires sur la politique que menait le pays. Dudley avait sa grosse tête enfoui dans le frigidaire et acquiesçait la bouche pleine. Pétunia se contentait de vérifier si tous les voisins avaient bien garé leur voiture afin de ne pas avoir de mauvaise surprise le lendemain matin. C'était toujours comme ça chez les Dursley. On se levait, partait, puis revenait. Ils faisaient de leur vie une véritable routine. Tout ça sans Harry bien sûr. Car Harry était un peu la plaie de leur souffrance, le bouc émissaire à qui l'on incombait toutes les fautes, le terrible secret qu'ils gardaient pour ne pas être sujet à la honte que cela engendrerait…

Le jour où les Dursley apprirent par hasard l'homosexualité d'Harry, ils en firent une affaire d'état. Dudley s'était mis à ricaner en caressant ses gros poings roses, se disant alors qu'Harry venait de lui fournir une autre raison de le persécuter. La tante Pétunia s'était littéralement étranglée avec le thé qu'elle buvait, secouant alors son long cou dans tous les sens. L'oncle Vernon était passé de toutes les couleurs possibles et inimaginables pour finir dans un violet soutenu. Ensuite, il avait hurlé des tas de choses. Des choses qui étrangement, firent mal au cœur à Harry et dont il se souvenait encore. Le jeune garçon savait pourtant que les Dursley étaient intolérants. Mais la réalité fut d'autant plus frappante et dure à accepter. Harry se réfugia sous un masque d'impassibilité tandis que son intérieur se craquelait sous ses paroles remplies de venin.

Puis, Vernon avait prit la décision de jeter Harry à la porte. Mais, au moment même où ils déposèrent sa valise sur le palier, un voisin arrosant sa pelouse dans la nuit les avaient surpris et avait posé une multitude de questions. Des questions qu'auraient préférés éviter les Dursley pour la réputation qu'ils s'efforçaient à entretenir tout comme la pelouse de leur jardin. Alors Harry était resté.Celui-ci se demandait ce qui était pire : Se retrouver à la rue parce que ses convictions n'étaient pas les même ? Ou vivre avec des gens qui faisaient semblant qu'il n'existait pas, par principe ? Depuis ce fameux jour, Harry demeurait discret, ne sortant de sa chambre que pour se ravitailler en nourriture, partir aux toilettes ou dans la salle de bain. La plupart du temps, il séjournait à la bibliothèque municipale, seul lieu qu'évitait soigneusement Dudley et sa bande horrifiés par toutes les ondes culturelles qui s'en dégageaient. En somme, son sanctuaire.

Une fois la nuit tombée, il restait allongé dans son lit étroit, les mains derrière la nuque à fixer le plafond criblé de trous divers dû à l'usure du temps à travers ses lunettes rondes. Il s'imaginait déjà vivre à des lieus de Privet Drive, sans les Dursley ; Publier son livre et se garantir ainsi un certain succès à la Oscar Wilde ; Récolter des sommes astronomiques et les donner à des organismes qui luttaient contre la faim dans le monde et la maltraitance des enfants. Puis il revenait sur terre en se disant que ceci n'était qu'un rêve. Il n'était qu'Harry, le petit garçon homosexuel rejeté de tous et martyrisé par certains. Oui s'était bien là, le résumé de sa triste vie. Et elle restera longtemps ainsi, ou du moins il le croyait…

Un bruit survînt soudainement dans l'obscurité. Privet Drive était toujours enveloppé d'un manteau noir d'encre parsemé de quelques nuages opaques, tels des volutes de fumées d'argent se mouvant dans le ciel. La Lune brillait au-dessus des toits propres des maisons environnantes, reflétant parfois son éclat sur les vitres des véhicules stationnés près de leur garage respectif. Les réverbères, par leur halot de lumière, laissaient deviner la silhouette élastique d'un chat faisant du vagabondage nocturne.

Harry se redressa immédiatement de son lit et ouvrit la fenêtre de sa chambre avec un sourire peint sur la figure. Il recula un peu pour laisser passer l'intrus qui avait escaladé le mur du jardin. Un autre garçon, les cheveux d'un châtain brillant au clair de Lune posa pied à terre. Il était grand et avait déjà une certaine carrure pour son jeune âge. Ses yeux possédaient une tendre couleur ambre et son visage était séparé par un nez droit. Il avait mit une tenue décontractée qui ne lui allait pas. Selon Harry, il était d'une nature trop élégante pour se vêtir si simplement. Mais Cédric s'en fichait.

Oui, son nom était Cédric. Il vivait quelques rues plus loin sur Magnolia Crescent, avec ses deux parents qui le portaient dans la plus haute estime. Sa maison faisait partie des plus spacieuses du quartier et grâce à ça, les Dursley faisaient semblant – ou non – de les respecter même s'ils ignoraient que Cédric passait la plupart de ses nuits dans le lit tiède de leur neveu…

Cédric s'approcha rapidement d'Harry en prenant soin de ne pas marcher sur les lames de parquet qui grinçaient, les connaissant déjà toutes par cœur à force d'avoir séjourné dans cette pièce. Il captura furtivement les lèvres de l'autre garçon avant de souffler d'une voix hachée :

- Tu m'as manqué Harry. J'en pouvais plus d'attendre comme ça…

- Je m'en rends bien compte. Mais ma tante a tenu à regarder sa stupide émission de télé-réalité qui s'achevait que tard dans la soirée alors…

- Oui je sais, je ne pouvais pas venir avant ça. Maugréa Cédric en mordillant le lobe de l'oreille de son amant. J'en ai marre de toujours devoir attendre ton coup de fil et de grimper dans ces fichues fleurs pour te voir. On n'est pas comme les autres mais nous avons aussi le droit d'aimer ! Je trouve ça stupide de devoir se cacher pour…

- Chut !

Des bruits de pas retentirent dans le couloir du premier étage de la maison. Harry et Cédric restèrent figés, l'un dans les bras de l'autre, leurs cœurs battant la chamade. Harry avait tendu l'oreille comme pour guetter le moindre bruit survenant à l'autre bout de la maison.

- Cela doit être Dudley qui va chercher sa collation de minuit. Murmura Harry au bout d'un moment. Il m'exaspère parfois.

- Je crois que tu n'es pas le seul. Rappelle moi pour quelle raison je ne peux pas lui casser la figure ? Demanda Cédric Digorry en s'allongeant sur le lit d'Harry.

- On en a déjà parlé. Répondit-il en le rejoignant. On doit profiter de chaque instant qui nous est offert Cédric car ils sont rares et le seront de plus en plus…

- Pourquoi ? Coupa subitement l'autre garçon avec un air paniqué.

- Dans quelques jours le correspondant français de Dudley viendra à la maison pour les vacances d'été. Je ne sais pas d'où il sort car mon oncle à soigneusement éviter de m'en parler. Je pense qu'il nous compliquera la tâche. Ce que je crains le plus, c'est qu'il doive dormir dans ma chambre. Mais à ce que j'ai compris, il s'installera dans la pièce réservé à la tante Marge lorsqu'elle vient en vacances ici. Et…

- Merde. Persifla Cédric en passant sa main dans ses cheveux souples. Je crois que je vais devenir fou de devoir attendre à tout bout de champ. Et puis, ça reste flou entre nous. Tu ne veux pas officialiser notre relation mais ça ne te dérange pas de finir tes nuits dans mes bras. Je ne te comprends pas Harry.

- Moi non plus. Alors embrasse-moi.

Cédric tordit ses lèvres comme s'il s'apprêtait à riposter mais il se jeta finalement sur la bouche d'Harry avec avidité. Harry eut un sourire victorieux lorsqu'il sentit la langue de Cédric lui quémander l'accès vers son antre buccal. C'était toujours comme ça avec Cédric. Il jouait au type mécontent les premières minutes et dès qu'ils entamaient les contacts charnel, il ne pouvait plus tenir ne serait-ce qu'un discours cohérent !

Harry passa la pulpe de se doigts dans les boucles brunes de l'autre garçon tandis que celui-ci mordillait la peau de son cou comme un vampire aurait très bien pu le faire. Rapidement, ils se retrouvèrent allongés sur le lit étroit d'Harry, prenant moult précautions pour ne pas faire trop de bruits. De plus, la couchette d'Harry grinçait lorsqu'on mettait tout son poids à droite – ou plutôt du côté du mur – alors ils faisaient en sorte de se serrer un maximum dans un des recoins pour faire l'amour même si cette position paraissait inconfortable. La plupart du temps, Harry et Cédric s'allongeait sur le côté, l'un derrière l'autre, afin de se donner des coups de reins sans entendre les grincements répétitifs du mobilier ayant franchit le cap de l'usité.

Le front d'Harry était perlé de sueur tandis que ses ongles agrippaient fermement l'oreiller et qu'il serrait les dents afin de ne pas crier. Cédric lui imposait un rythme effréné dont lui seul avait le secret. Le mouvement de leur deux corps nus provoquait des claquements de peau ou des bruits de succions qu'Harry craignait qu'on puisse entendre en plein milieu de la nuit.

- Plus vite. Arriva t-il à articuler.

Cédric obéit à sa requête sans discuter, tenant fermement ses hanches pour avoir plus d'emprise sur lui. Il trouvait que son intimité était faite pour accueillir un corps étranger – mais plus précisément un homme – et Cédric se félicitait d'être celui-là. Rapidement, un plaisir électrique secoua leur deux corps et ils interprétèrent ceci comme un orgasme. Puis une douce chaleur prit le relais, les berçant jusqu'au lendemain…

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Quelques heures plus tard, le Soleil s'infiltra à travers les rideaux vaporeux de la chambre d'Harry qui était toujours endormis sous les larges couvertures en patchwork, son corps collé à celui de Cédric. Le facteur passa dès l'aube comme à son habitude et déposa le courrier après avoir salué quelques voisins partant sur leur lieu de travail dans la capitale. A ce moment précis, le jet d'eau de la douche s'actionna et Harry ouvrit grand les yeux. Les Dursley étaient réveillés. Il se releva avec précipitation, puis mit un caleçon propre se trouvant dans son armoire.

Dans le lit, Cédric n'avait pas bougé et grommelait des choses insensées dont Harry ne prêta guère attention. Il rassembla les vêtements de son amant et les déposa de l'autre côté du lit sans souffler mot. Cédric, à peine réveillé, arqua un sourcil en guise d'étonnement et toisa Harry d'un petit air conspirateur. Ils savaient tous deux que le matin, ils ne pouvaient se permettre de prononcer ne serait-ce qu'une phrase, aussi banale soit-elle. Alors Cédric se leva après de nombreuses réticences et finit par enfiler son jean.

Plus tard, il embrassa une dernière fois Harry et sauta par la fenêtre de sa chambre qui n'était pas vraiment haute.Harry referma la fenêtre le plus doucement possible et pria pour que sa tante ne l'aperçoive pas dans le jardin, la mine éméchée. Le jeune homme fit son lit avec un soin tout particulier comme s'il effaçait les preuves d'un crime effroyable. Ensuite, il fila dans la salle de bain dès qu'il la sût vide. Il s'aspergea d'eau pendant une bonne dizaine de minutes avant que son oncle Vernon décide de lui couper l'eau chaude prétextant qu'il effectuait du gaspillage sur leurs dos. Harry se sécha rapidement et s'habilla dans le même calme apparent. Il savait qu'il était en retard.

Tous les matins il se devait de préparer le petit-déjeuner puis faire la vaisselle. Il descendit un étage plus bas et commença à mettre la poêle sur le feu pendant qu'il cherchait dans le frigidaire les différents ingrédients. Dudley l'épiait du regard, cherchant la moindre faute dont il pouvait se servir pour s'en prendre à lui. En se retournant pour déposer les couverts sur la table, Harry constata que les Dursley étaient endimanchés. Pourquoi étaient-ils si bien habillés ? Harry s'apprêtait à poser la question mais se ravisa à la dernière minute afin de maintenir la paix sociale dans ce foyer. Il contourna Dudley et sortit du living-room dès qu'il eu finit de préparer le repas. Au moment où il s'apprêtait à rejoindre sa chambre, son oncle l'interpella :

- Nous sortons pour aller chercher le correspondant français de Dudley à la gare. Il restera ici durant toutes les vacances d'été. Fais-toi le plus discret possible au point qu'il ne sache même pas que tu existe. Me suis-je montré suffisamment clair ? Gronda l'oncle Vernon. Et pas la peine de traîner ton petit regard vicieux sur lui. Les homosexuels, tous des tares de la société…

Harry sentit un flot de haine se déverser hors de lui. Il serrait fort ses poings à s'en faire blanchir les jointures. Il ne préféra rien répondre et monta s'isoler dans sa chambre alors qu'une colère folle irradiait de sa personne. Il claqua la porte de son sanctuaire et s'assit sur son lit, la tête entre les mains. Cédric avait raison : même s'ils étaient différents, ils avaient le droit d'aimer. Il s'accroupit à même le sol dans une position que certains religieux adoptaient et sortit son livre de la latte du parquet joint de son stylo fétiche. Il s'assit derrière son bureau et ouvrit le cahier en se rendant compte qu'il ne lui restait plus que quelques pages. Il prit alors la décision d'en entamer un autre, plus structuré encore que le précédent et qui sera regroupé par thème et non pas comme un vulgaire journal intime. Il prit dans son armoire un cahier neuf qu'il avait acheté avec ses propres économies. Il se réinstalla à sa place et commença à écrire :

« Je recommence mon livre comme on recommence une vie. Parce que lorsque je suis né, j'avais déjà dix-sept ans. J'ai sillonné quelques recoins du globe. J'ai parcouru la vaste étendue des sentiments. Aujourd'hui, on ne me considère plus comme un homme mais comme une chose. J'ai aimé, je suis mort ; j'ai vécu, je m'emporte. Malgré tout, j'écrirai au masculin pour affirmer ce que je suis et souligner mon identité parmi cette masse d'individus. Je me veux unique. Alors je retranscrirai ici des choses que peut-être personne n'a jamais pensées parce que tout sort de mon esprit – ou plutôt de mon cœur. Très tôt on m'a appris que chacun avait ses spécificités et que de par ce fait, nous ne voyions pas le monde de la même façon. C'est en quelque sorte, le principe de l'idiosyncrasie. Mes yeux ne voient qu'injustices, vices et corruptions. Les vôtres ne doivent voir que sublime, luxe et volupté.

Peut-être qu'un jour on se demandera qui je suis. En tout cas, je l'espère même si j'en doute fort. Alors vous pourrez dire à vos enfants que je n'ai pas de nom ; que je suis juste un anonyme sur cette planète qui chante une chanson à tût tête. Je n'ai pas d'identité parce qu'aux yeux du monde entier je ne suis rien ; pas même ma famille le nierait. Je suis un individu anonyme. Alors j'écris pour oublier et surtout me faire comprendre – de moi-même évidemment – car cet ouvrage ne sortira jamais de son sanctuaire. Parcourir ces quelques pages, reviendrai à relire le journal de mes émotions. Mon quotidien. Le périodique de mes sentiments. Je dis ça, cependant je crois – non j'en suis sûr – je n'ai encore jamais aimé. Je suis humain ce qui est synonyme d'être foncièrement contradictoire. Mon cœur chancelle, vibre mais ne bat pas dans les bras de l'homme que je côtoie en ce moment. Et ça lui fait mal.

J'en prends conscience mais je reste un éternel égoïste. Je ne veux pas me forcer à vivre une idylle avec quelqu'un si moi-même je ne me sens pas transporté sur une autre planète. J'ai envie de me sentir revivre à travers un autre. Peut-être que je n'ai pas envie de connaître l'amour. Car selon moi, il s'agit d'une notion néfaste faite pour les plus utopistes d'entre nous. Il y a quelques temps, j'avais écris un petit libelle là-dessus. Je vais le recopier pour ne pas le perdre et me dire qu'un jour – en relisant ce passage- j'avais une vision très pessimiste de la chose.

- L'amour est un sentiment volatile. Un parfum. Une odeur. Une émotion pleine de vigueur. Un nouveau souffle. Une vie. L'amour en lui-même est en quelques sortes un but. Un objectif. Un rêve. Une envie. L'amour nous construit. Mais mis à mal, nous détruit. Parce qu'il nous brûle à petit feu, qu'il nous consume comme des feuilles jetées dans un âtre ardent. Comme un gaz, il emplit nos poumons et nous fait mourir sans qu'on puisse le sentir. Comme le poison, il coule dans nos veines. Nous ne pouvons plus lutter. Nous sommes morts ; nous avons aimés. – Je sais qu'il s'agit d'une analyse bien triste. Mais mon cœur l'est.

L'amour est en lui-même une notion trop subtile pour quelqu'un comme moi. J'imagine toujours qu'il s'agit d'un somptueux parfum, crée de toute pièce par un alchimiste de renom, prenant alors une pincée de ci et de ça. L'amour est déjà compliqué alors, lorsqu'il s'agit de sentiment entre personne du même sexe, on est encore plus chamboulé. J'ai découvert mon homosexualité un peu trop tard pour pouvoir le cacher. Et j'en ai toujours souffert à cause du regard des autres. J'espère qu'un jour – oui un jour- je pourrais sortir dehors et ne plus avoir honte de ce que je suis et de mes goûts. Oui j'ai le goût du Monsieur et je le crierai sur les toits s'il le fallait. Néanmoins, je me tais pour l'instant. Par peur. Peur du rejet et de l'abandon. Selon moi, l'homosexualité n'est pas une réaction face à la vie, contrairement à ce que certains de mes contemporains s'imaginent. C'est juste une façon de vivre. Respectez-là tant que vous vous respectez vous-même. Quand l'amour frappe de plein fouet, il n'y a ni couleur de peau, ni religion, ni sexe. Juste deux âmes qui s'unissent à la perfection. Et un beau jour j'espère que je le connaîtrais ce fameux amour…»

Harry dû arrêter d'écrire car la portière de la voiture flambant neuve de Vernon Dursley retentit dans l'allée. Pétunia sortait avec empressement et faisait tournoyer sa robe aux motifs floraux. Elle ouvrit la portière arrière pour faire sortir Dudley- qui prit un certain temps pour s'extirper du véhicule de son père- suivit de peu par un jeune homme grand, mince et étonnement blond. Ce fut ces cheveux argentés qui interpella d'abord le regard d'Harry depuis la fenêtre de sa chambre. Il ne l'avait pas très bien vu mais savait qu'il n'avait pas apprécié le voyage qu'il venait d'accomplir. Peut-être était-ce la simple compagnie des Dursley qui le mettait dans un tel état. Harry se mit à rire en s'imaginant quels genres de conversation avaient dû avoir les Dursley et lui. L'oncle Vernon prit sa grosse valise et l'entraîna à l'intérieur. Ils disparurent tous les quatre au sein de la maison.

Des voix diverses retentirent alors. Toutes sauf une, celle du correspondant de Dudley qui demeurait silencieux. Harry en déduis qu'on lui avait présenté sa chambre ainsi que le reste de la maison puis qu'il était resté dans la pièce qui lui était réservée sans faire aucun commentaire. Harry avait collé son oreille contre la porte pour entendre les bribes de conversations de son oncle et sa tante à travers le mur de leur chambre.

- …Ne parle même pas anglais ! Maugréa Vernon Dursley à son épouse. Quand même, c'est le principe d'un voyage linguistique, non ? Ces satanés français et leur prétention à deux livres…

Harry étouffa un rire nerveux. Ainsi le nouveau venu ne parlait pas un traitre mot d'anglais ? Quelle aubaine ! Il se redressa et se demanda d'où pouvait bien sortir ce garçon. Il s'apprêtait à concocter un plan dans sa tête lorsqu'il se souvint avec amertume qu'il devait se montrer le moins possible aux yeux des étrangers. Harry regagna son lit et s'endormit rapidement après la nuit mouvementée qu'il venait de passer dans les bras de Cédric. En fait, les vacances scolaires allaient peut-être se révéler amusantes…

A suivre

Voilà un chapitre estival qui je l'espère est plein fraîcheur malgré la chaleur étouffante qui règne. En dépit de l'absentéisme qui sévit sur cette plate-forme je ne tenais plus : il fallait que je poste cette nouvelle fanfiction. Déposez une review me mettra le baume au coeur afin de continuer cette fabuleuse aventure ! J'ai pris un véritable plaisir à écrire cette histoire et je tenais à la partager avec vous. A bientôt, Dairy22.

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