Lolita

Don't Break My Heart Please

Comme ci est l'épilogue, exceptionnellement court, je suis désolée, les notes seront à la fin du chapitre. Vous comprendrez quand vous lirez !

Voici le moment de révéler la chanson que j'ai écoutée de façon constante pendant toute la fic et qui ne convient que pour ce chapitre : Heart-shaped glasses (when the heart guides the hand) de Marilyn Manson. Cette chanson va particulièrement bien vu que, dans l'adaptation de Lolita par Kubrick, Dolores (la Lolita de l'affaire) porte des lunettes en forme de coeur. Et puis, Manson, quoi.

Epilogue : Don't break my heart. Please.

L'hiver était décidément installé sur King's Landing tandis qu'il rangeait ses photocopies dans son dossier.

Toutes les fenêtres étaient fermées et le ciel était gris, lourd des promesses de neige. Le parking était déjà couvert d'une couche de neige tombée ce matin avec l'arrivée des étudiants et les couloirs étaient trempés et boueux des milliers de chaussures qui avaient apporté un petit bout d'hiver dans le lycée.

Sansa était désormais obligée de porter des gros collants en laine. Ils étaient très beaux, la jeune fille avait vraiment beaucoup de goût, mais Petyr détestait l'hiver et le fait qu'il ne pouvait plus espionner les jambes de son amante le rendait mille fois plus frustré qu'il n'osait l'imaginer.

Il se rappelait de son exposé sur Lolita comme d'hier. Elle avait prit de l'assurance. Pas encore comme Daenerys qui s'était révélée sur l'estrade, mais elle avait parlé d'une belle voix forte et n'avait pas lu ses notes. Il n'avait même pas été terriblement mécontent quand elle ne l'avait pas regardé plus de deux minutes d'affilée. Il savait qu'il ne devait pas la déconcentrer. Pas encore. L'exposé en lui-même avait été plutôt bon pour leur niveau, mais il s'attendait à voir mieux de la part de ses deux élèves les plus brillantes. Sansa avait déjà fait quelques progrès, malgré un devoir regrettable qu'elle avait du lui expliquer en privé. Il l'avait tout de même punie pour ne pas avoir regardé son professeur pendant qu'elle lui parlait, penchée sur son bureau privé à l'autre bout du couloir. Mais elle n'avait pas vraiment eu l'air d'avoir été mécontente de la punition.

Petyr y faisait très attention. Sansa devait trouver son plaisir à chaque fois qu'ils se voyaient. Il ne lui avait encore rien dit à propos de ses aventures avec sa mère ni du fait qu'elle était sa Perséphone, sa Lolita, sa rédemption... Il se contentait de lui dire qu'il l'aimait et c'était plus que ce qu'il n'avait jamais fait avec une autre femme que Catelyn. Il lui disait qu'il l'aimait avant de tirer sur ses collants irritants et de découvrir les sous-vêtements qu'elle avait choisis juste pour lui. Elle avait des sous-vêtements verts maintenant. C'était un ensemble qu'il n'avait jamais essayé de déchirer ou d'abîmer. Il lui disait qu'il l'aimait quand il se mettait à genoux devant elle ou quand elle faisait de même pour lui. Il lui disait qu'il l'aimait quand elle se laissait aller dans ses bras, se laissant consumer par l'extase. Il lui disait qu'il l'aimait quand elle le poussait sur le lit, se positionnant sur lui en le tenant pressé contre le lit tandis qu'elle prenait ce qu'elle voulait.

Ils se voyaient le plus souvent possible sans éveiller la curiosité. Brienne, Shae et Ros étaient au courant, mais pas la famille Stark. Robb, Jon et Arya avaient deviné qu'elle avait probablement un petit ami ou au moins, qu'elle était amoureuse de quelqu'un, mais ils ne savaient rien d'autre. Sansa lui avait dit qu'elle dirigeait leur suspicion sur Willas, le grand-frère de Margaery. Il était vrai qu'elle passait beaucoup de temps chez les jeunes Tyrells, principalement pour s'entraîner avec Margy et discuter de mode, d'ongles, de vêtements et de cheveux.

Ils étaient très prudents et, des fois, ils ne pouvaient pas se voir pendant une semaine. Il y avait des moments certes difficiles dans leur relation, mais tout était effacé avec une facilité déconcertante (même pour Petyr) une fois qu'ils étaient ensemble. Il l'avait même emmenée dans un restaurant pour ses dix-sept ans et lui avait offert un bracelet en argent avec un oiseau derrière lequel était gravé un magnifique «P» que personne ne pourrait comprendre. Ils avaient été spécialement sauvages cette nuit-là. Petyr se rappelait des marques qu'il avait portées sur ses épaules et l'écharpe autour du cou de Sansa.

Bref, Petyr était enfin heureux en amour.

C'était une sensation étrange. Il ne s'agissait pas juste de faire l'amour à une jeune fille ravissante pour qu'elle vous admire. Il vénérait Sansa autant qu'elle le vénérait. Il lui donnait autant qu'il recevait d'elle.

La cloche sonna enfin. Il eut à peine le temps de dire à sa classe qu'ils pouvaient y aller que déjà la porte s'ouvrait et les premiers élèves sortaient comme s'ils étaient poursuivis par mille démons. Petyr ne put s'empêcher de sourire à sa propre comparaison. Il fallait dire aussi que c'était leur dernier cours avant les deux semaines des vacances de Noël.

Normalement, les vacances étaient de bonnes nouvelles pour Petyr : Sansa allait pouvoir passer trois jours chez une amie, dont un avec lui. Ils allaient pouvoir dormir sous les couettes et s'apporter des tasses de thé brûlant et faire l'amour et se lire des passages de leurs oeuvres préférées. Mais les plans des Starks étaient très différents des siens, malheureusement. Sansa allait rentrer au manoir Stark à Winterfell, au Nord. Elle était contente de pouvoir rentrer chez elle, même si elle avait passé près d'une heure à lui promettre de l'appeler de temps en temps. Ils n'avaient jamais passé autant de temps sans se voir depuis ce samedi soir où ils s'étaient donnés l'un à l'autre.

Petyr avait accepté une invitation chez Lysa, la tante de sa douce Sansa, uniquement pour ne pas passer Noël tout seul chez lui à penser à sa Lolita.

Il releva la tête, s'attendant à voir la jeune fille de ses rêves en train de l'attendre pour une dernière session privée avant le sevrage, mais il la trouva en train de parler à Ros, se dirigeant vers la porte. Elle tourna la tête vers lui pour lui dire au revoir comme n'importe quel élève à peu près poli et commença à sortir.

Petyr fronça tout de suite les sourcils. S'attendait-elle à ce qu'il la suive ? Voulait-elle l'emmener quelque part ? Il regarda son téléphone pour vérifier qu'elle ne lui avait pas envoyé de message. Rien. Sentant son coeur se serrer avec une puissance qui l'étonna lui-même, il laissa toutes ses affaires à moitié rangées sur son bureau avant de sortir de la salle de classe.

Le couloir commençait à se vider, se déversant dans le parking où les moteurs vombrissaient déjà, allant de pair avec les cris d'étudiants heureux d'être enfin en vacances. Il n'eut pas de mal à retrouver Sansa des yeux : elle était en train de saluer Ros qui était en train de descendre les escaliers en lui prodiguant tous ses bons voeux tandis que Brienne s'impatientait au volant de sa Jeep bleue.

Il essaya de se diriger vers elle avec tout le calme qu'il pouvait réunir pour faire bonne figure devant les derniers lycéens qui s'attardaient dans les couloirs. Il sentait que quelque chose n'allait pas. Il essaya de se repasser les moindres détails des derniers jours dans son esprit mais il ne trouva rien qui pourrait justifier ce comportement étrange.

Il ne réussit à la rattraper qu'au bas des escaliers, une fois que Ros était partie dans la voiture de Brienne. Sa Perséphone était magnifique en hiver. Il semblait que cette saison (encore plus que l'automne qui allait pourtant si bien avec ses cheveux) était la saison dans laquelle cette rose magnifique allait s'épanouir.

Il n'oublierait jamais Sansa ce jour-là. Elle avait lâché ses longs cheveux qui cascadaient sur ses épaules et dans son dos (ces cheveux dans lesquels il avait enfoui son visage un nombre incalculable de fois) et retira son cache-oreille noir quand elle se tourna vers lui. Elle avait un pull en laine beige, probablement emprunté à Robb vu qu'il arrivait presque aussi bas que l'ourlet de sa jupe et ses mains étaient entièrement couvertes par ses manches (qu'elle avait retroussées en cours) Autour de son cou, une écharpe plus foncée était enroulée trois fois avant de retomber sur sa poitrine. Sansa avait toujours le chic pour avoir l'air adorable, même lorsqu'elle lui ordonnait de ne pas bouger du lit.

Instinctivement, il posa sa main sur son bras, il avait toujours besoin de la toucher. Elle regarda tout autour d'elle, comme effrayée qu'on les voie. C'était vrai. En public, ils devaient faire attention. Il retira sa main, mais ses yeux ne lâchèrent pas les siens :

- Sansa, tu es partie bien vite de la classe, fit-il remarquer, essayant de ne pas grimacer à son propre ton jaloux.

- Je suis désolée, Monsieur Baelish. Je n'avais pas réalisé que vous aviez quelque chose à me dire, répondit-elle de l'habituel ton calme et timide qu'elle utilisait en public.

- J'ai beaucoup de choses à te dire, dit Petyr avec un petit sourire machiavélique qui faillit atteindre ses yeux.

Sansa allait répondre quand ils entendirent une voiture s'arrêter sur la route devant les marches où les parents un peu trop protecteurs laissaient leurs lycées avant de repartir. C'était une BMW blanche, conduite par un jeune homme aux jolies boucles brunes et aux joues au moins aussi rouges que Sansa à cause du froid.

Le sourire qu'elle lui donna aurait pu réchauffer le coeur de Petyr s'il n'était pas dirigé vers un autre homme. A la place, il eut l'impression que son coeur venait d'être gelé. Il se tourna à nouveau vers Sansa, ne pouvant s'empêcher de s'approcher d'elle, posant à nouveau sa main sur son bras, comme pour les enfermer dans leur bulle habituelle :

- Sansa, il doit y avoir quelque chose qui ne va pas. Nous n'allons pas nous voir pendant deux semaines... Je pensais que nous pourrions au moins être seuls un peu avant que tu ne partes... Et Robb ne te ramène pas ?

La jeune fille baissa les yeux et passa sa langue sur ses lèvres. Il avait terriblement envie d'aller chercher ses lèvres avec les siennes dans un baiser qui rappellerait à sa petite rebelle pourquoi elle était avec lui et non pas avec tous ces gamins qui se battaient pour ses faveurs. Mais ils étaient observés. Le jeune homme venait de sortir de sa voiture et la contournait, une canne à la main.

- Non, je vais aller diner avec Margaery, ses frères et sa grand-mère. Willas m'a dit qu'elle voulait vraiment me rencontrer.

Sansa faisait dans le domestique maintenant ? Rencontrer la famille de son amie, emmenée par un jeune homme. Ça ne plaisait pas du tout à Petyr. Il ne pouvait laisser sa rédemption partir comme ça. Il s'approcha encore d'elle et leur proximité était désormais suspecte. Elle sembla paniquer un peu et fit un pas en arrière. Il la laissa faire uniquement pour qu'elle n'ait pas peur de lui :

- Sansa, quelque chose ne va vraiment pas et j'aimerai que tu me le dises, répéta Petyr, terriblement sérieux.

Sansa baissa les yeux quelques secondes, comme si elle essayait de chercher ses mots. Elle semblait torturée et il pouvait voir ses mains trembler un peu. Il avait envie de passer sa main dans ses cheveux, lui murmurer à l'oreille que tout irait bien une fois qu'il l'aurait fait venir et lui aurait préparé un bon chocolat chaud. Derrière elle, le jeune homme était en train de lui ouvrir la portière de sa voiture. Petyr adorerait voir sa tête quand Sansa partirait à son bras. Mais la fille qu'il aimait releva alors la tête, planta ses yeux dans les siens avec fermeté et murmura :

- Désolée, Petyr, mais je ne veux pas être qu'une Lolita.

Donc, c'est la fin. Le dernier chapitre. Par R'hllor, vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis triste. Ce sont dix chapitres en à peu près neuf mois. La transition avec la prépa. C'est toutes ces reviews atrocement adorables de votre part. Toutes ces personnes ont prit la peine de lire cette histoire.

Désolée, je suis un peu émotionnelle, mais c'est la première fois que je termine quelque chose d'aussi gros et donc, je suis plutôt contente de moi et de vous aussi. Dire qu'au début, ce devait être torché en cinq chapitres. Bref, je suis incontrôlable, on dirait. Au début, je voulais arrêter après le deuxième chapitre. Probablement parce que je ne pouvais pas supporter de voir Sansa avec quelqu'un d'autre que Sandor. Mais je voulais vraiment écrire cette idée puisque Lolita de Nabokov compte parmi mes romans favoris depuis la nuit des temps. Je ne shippais même pas vraiment Sansa et Petyr en commençant cette fic. Maintenant, même si je n'ai pas vraiment envie qu'ils soient endgame, je les vois très bien tous les deux comme un duo du Mal en mode sassy bitches, on sera toujours mieux que toi.

Je m'égare. J'imagine que vous devez être enfin contents que cette fic aux chapitres interminables soient terminée. Alors laissez-moi vous proposer une sorte de dernier cadeau avant qu'on se retrouve pour un nouveau projet (je l'ai déjà en tête mais je voulais vraiment terminer Lolita avant de commencer quoi que ce soit)

A partir d'aujourd'hui et pendant sept jours, je prendrais vos prompts, Lolita-verse bien sûr. Je sais qu'il y a beaucoup de personnages, de pairings et que je n'ai pas su tous les traiter aussi bien qu'ils méritaient, sans parler de ceux que je n'ai pas pu évoquer. Ceci est votre chance, mes chères ombres : envoyez-moi un MP (ou une review, mais je préférerais un MP comme ça, on peut en discuter si j'ai besoin d'éclaircissements) pour me dire ce que vous avez envie de lire. N'hésitez pas à être précis si vous avez envie de lire quelque chose de précis : pre-Lolita / post-Lolita / Lolita!au où... / smut / lime / fluff... Je vous écrirai un one-shot entre cinq et vingt-sept pages (selon mon inspiration et non, ne me regardez pas comme ça, vingt sept pages, c'est bien la taille des derniers chapitres de Lolita) sur le sujet envoyé.

Bien sûr, je donnerai priorité aux personnes qui m'ont reviewée et si un prompt ne me parle pas du tout (vous pouvez penser ce que vous voulez, mais je n'écrirai pas de Tywin x Arya...) je pourrais le refuser (même si je le ferais probablement les larmes aux yeux parce que je suis faible et que je vous adore tous) Mais ne vous inquiétez pas : je suis plutôt assez ouverte d'esprit sur les pairings et les situations. Vous n'êtes pas non plus obligés de m'envoyer des pairings : si vous voulez la famille Stark à Ikéa un dimanche vous pouvez aussi me demander ça...

Voilà, c'est tout pour le moment, mes ombres adorées !

Votre éternellement dévouée,

AO.

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