Lolita

Bonus : Origins

Bonjour, mes chères ombres !

Les prompts sont officiellement FERMES ! Merci à ceux qui ont participé, vos suggestions sont toutes bien enregistrées dans mes post-its. Comme vous avez été beaucoup à demander à peu près les mêmes choses (beaucoup d'Arya/Gendry et de Jaime/Brienne notamment), certains prompt seront surement réunis. Bref, je me suis donc déjà mise à les écrire, mais vous me connaissez, je peux mettre du temps et tout et tout… Ce que je peux vous promettre, c'est que vous les aurez tous avant Noël !

En attendant, comme je n'avais pas très envie de poster un nouveau chapitre pour ça, j'ai décidé de vous mettre un petit bonus, histoire de vous faire attendre et de vous remercier pour vos prompts et vos reviews. Ce qui suit est donc la première version de la fic qui allait devenir Lolita. Enfin, un bout. C'était une fic qui était destinée à être du SanSan et qui suivait fidèlement les épisodes de la série. Mais, au bout d'un moment, c'était devenu assez ennuyeux de tout bien suivre et, lors de la rentrée, Sansa a rencontré Petyr et du coup, Lolita, la fic que vous connaissez est née. Ceci dit, c'est un peu les 'Origins' alors peut-être que vous apprécierez de le lire. Ne vous attendez pas à grand chose, ceci dit, c'est en majorité la famille Stark qui est ensemble et heureuse…

Je n'ai pas vraiment de recommandation niveau musique puisque je ne sais pas du tout ce que j'écoutais à ce moment-là, mais vous pouvez toujours aller retrouver la fanmix que j'ai faite pour Lolita sur 8tracks edenimgrab /lolita (vous avez juste à retirer les espaces and hère you go !)

Sur ce, je vous remercie encore pour votre soutien et votre patience et vous souhaite bonne lecture !

Votre dévouée,

AO.

CHAPITRE UN : WINTER IS COMING

Ned Stark regarda ses enfants jouer près de la piscine. C'était le milieu de l'été et n'importe qui aurait trouvé l'eau trop froide, mais ses enfants venaient du Nord : de l'eau à 10°C ne leur faisait pas peur.

Il y avait Robb, ce grand capitaine de l'équipe de football de son lycée, torse nu, ses cheveux déjà trempés, en train d'apprendre à plonger à Bran qui n'était encore qu'un petit garçon, très maigre et très pâle. Il ne semblait pas très enclin à se risquer de se cogner la tête contre un des rebords de la piscine et regardait son grand frère lui expliquer comment faire... Mais il fallait aussi dire que ce n'était pas facile avec Rickon et Theon qui s'amusaient à sauter dans l'eau en même temps, éclaboussant la pauvre Sansa qui tentait tant bien que mal de bronzer avec un soleil aussi faible en lisant Le Chevalier à la Charrette, un de ses romans favoris. Celle-ci protestait d'ailleurs énergiquement, en protégeant son livre autant qu'elle le pouvait. Sa deuxième fille, l'énergique Arya, faisait partie de la leçon et démontrait les théories de Robb en plongeant plusieurs fois de suite. Enfin, Jon, quant à lui, était assis sur le rebord de la piscine, écoutant attentivement Robb comme s'il apprenait lui-même et ne manquait pas d'encourager son petit frère Bran et d'embêter Sansa en lui jetant de l'eau dessus.

C'était une belle famille. Ned l'aimait de tout son coeur. Il avait mit du temps à trouver une vie parfaite, idéale et posée. Il avait jadis aimé une femme... Une femme qui était morte dans un tragique accident de voiture, ne lui laissant que leur fils, Jon, comme souvenir de leur idylle de cing ans. Il n'avait jamais cru qu'un homme comme lui puisse retrouver une femme qui veuille de lui et d'un bambin trop calme. Mais il avait rencontré Cat... La jolie Catelyn Tully, professeur de théâtre dans son lycée. Elle aussi avait eu le coeur brisé. Elle aussi n'avait que son fils Theon pour la réconforter.

Ils avaient très rapidement eu Robb. Puis ils s'étaient mariés et le bonheur n'avait jamais cessé depuis. Sansa était venue au monde, donnant une autre lueur de roux dans la famille, puis Arya, la garçon manquée aussi remuante que ses frères, puis Bran, un petit garçon bien sage, né dans le bonheur avec une moue pensive et enfin, Rickon, la petite tête brûlée qui se mettait toujours dans des situations pas possibles.

Mais pour la première fois depuis près de vingt ans, au milieu de cet été, il savait que les problèmes allaient arriver. En effet, il ne l'avait pas encore dit à ses enfants, mais...

- Il va falloir le leur dire, Ned, intervint sa chère Cat, en maillot, une serviette à la main.

Il se tourna vers elle et sourit tristement :

- Je les contemple encore un peu, pendant qu'ils ne sont pas encore trop en colère contre moi, fit Ned en riant.

- Allez, big boy, en avant ! ordonna Cat en riant, n'oubliant pas de donner une légère claque sur le postérieur de son mari pour l'encourager.

Il la regarda, faisant semblant d'être outré :

- On n'aurait pas passé l'âge, Cat' ?

- Jamais, rétorqua-t-elle en continuant sa route vers la piscine.

Elle alla s'installer à côté de Sansa et essaya de l'encourager à se baigner, mais l'adolescente se contenta d'une moue et de tourner la page. Mais cela ne pouvait pas échapper à Theon. Avec son habituel sourire de sournois, il s'approcha de Sansa qui ne le vit pas, plongée dans sa lecture. Robb échangea un regard avec sa mère qui se garda bien de prévenir sa fille et fit semblant de retirer ses claquettes très consciencieusement.

Un cri perçant prévint Ned (qui s'était égaré dans la contemplation des longues jambes de Madame Stark) que Theon avait réussit à capturer sa petite soeur : il l'avait en effet prise dans ses bras, comme une princesse, et courut jusque dans la piscine, sautant à l'intérieur, faisant cependant attention à ce que la tête de sa petite soeur ne se cogne pas contre un des rebords.

Sansa ne tarda pas à ré-apparaître sur un des rebords de la piscine, trempée et encore choquée par la rapidité des évènements qui l'avaient amenée à être trempée. Arya ne put s'empêcher de rire devant la tête ahurie de sa soeur, mais Robb ne tarda pas à plonger pour 'venger la chevelure de Miss Stark qui était désormais chlorée' sous le regard indulgent de leur père.

Mais il fallait leur dire.

Il s'approcha donc, retira sa chemise et son pantalon pour rester en maillot et s'asseoir près de sa femme, les pieds dans la piscine, la prenant dans ses bras :

- Les enfants, les enfants, allez, venez, réunion de la meute Stark, appela-t-il.

Ils étaient tous dans l'eau, à présent, même Bran. Ils affluèrent en direction de leurs parents. Ned avait déjà choisi ses mots :

- Je dois vous prévenir... Je vous l'annonce un peu tard, mais c'est pour que personne n'échappe à ses devoirs de Stark avec des invitations surprises... Dans trois heures, je vais aller chercher la famille Baratheon, enfin une petite partie, ainsi que leur garde du corps à l'aéroport.

- Quoi ?! s'exclama Sansa alors qu'elle avait très bien entendu.

Les autres enfants restèrent silencieux, se concertant pour savoir si c'était une blague ou si l'un d'eux était au courant. Ils avaient tous l'air surpris.

- Je comprend mieux pourquoi Maman était en train de laver la maison de fond en comble, fut tout ce que Theon trouva à dire.

- Vous verrez, ils seront très gentils : ils ont un fils qui a à peu près ton âge, Sansa, Joffrey, une fille qui a environ l'âge de Bran, Myrcella et Tommen, qui a l'âge de Rickon, environ. Robert Baratheon est un ami d'enfance, il est très sympathique...

- Pourquoi viendraient-ils s'enterrer dans un trou pareil pendant les vacances ? demanda Sansa.

Sa question était très très bien placée, même si 'le trou' dont parlait Sansa était l'endroit où Ned n'avait jamais été aussi heureux de sa vie. Mais Sansa avait grandi ici, elle ne pouvait pas vraiment faire la comparaison. Cat le regarda, l'encourageant à y aller jusqu'au bout :

- Il est très probable qu'il nous demande de déménager jusqu'à la capitale. Il est désormais à la tête d'une cité scolaire et il voudrait que je l'aide à l'administrer.

- Quand ? demanda Robb, le plus pragmatique de tous.

- Avant la rentrée.

- Hein ?! Mais la rentrée est dans trois semaines, à peine !

C'était au tour d'Arya d'être scandalisée. Malgré toutes leurs disputes, les deux filles Stark avaient plus de points communs que ce qu'elles pensaient.

- Ne vous inquiétez pas, les calma Cat', vos papiers sont déjà remplis, tout est pris en charge.

- Mais... mais pourquoi ne nous avoir rien dit ? demanda Bran, avec ses questions toujours aussi pointues et dérangeantes.

- On ne voulait pas vous le dire avant que tout soit sûr, fit Cat', prenant le relai. Maintenant, j'aimerai que vous alliez tous vous préparer pour accueillir les Baratheon et je veux que vous soyez gentils avec eux pendant leur séjour : Robb vous emmènera peut-être même au bowling un soir.

Mais la promesse ne convainc pas Sansa qui se leva, sortit de l'eau et, prenant sa serviette, entra dans la maison. Ned n'osa pas lui dire de ne pas rentrer avec les pieds mouillés. Arya ne tarda pas à la suivre, se séchant avant d'entrer, cette fois-ci.

- Où vont-ils dormir ? demanda Jon.

- Eh bien... Il va falloir que l'un d'entre nous se dévoue pour annoncer à vos deux soeurs qu'elles vont devoir se serrer et partager la même chambre. Quant à vous, les garçons, Jon dormira avec Robb et Theon dormira avec Rickon et Bran. Tout le monde est d'accord ?

- J'imagine qu'on a pas vraiment le choix, de toutes manières, fit remarquer Bran.

- Vous allez voir, vous allez bien vous amuser ! tenta Ned.

Il ne rencontra que les regards dubitatifs de ses enfants. Même Cat ne put pas faire semblant d'être convaincue. Elle se leva et tapa dans ses mains d'un air faussement redoutable :

- Allez les enfants, on va se préparer : un shampooing pour tout le monde, il faut enlever tout ce chlore, Theon, n'oublie pas de te raser et surtout, ne laissez pas de poils partout dans la salle de bain parce que je n'aurais pas le temps de passer après vous. Et au galop, la meute !

- Oui, Herr General ! s'exclama Robb en riant, avant de sortir de la piscine, jeter des serviettes à ses frères et de se sécher pour entrer dans la maison.

Catelyn les regarda avec un air bienveillant et se retourna vers son mari qui faisait déjà quelques brasses dans l'eau, comme s'il l'attendait. Elle plongea également, consciente qu'elle allait devoir batailler avec Sansa pour avoir la salle de bain, après. Ned nagea vers elle :

- Dis-moi ce que te ronge, Cat'.

- C'est... C'est à dire que... Je... Je sais que tu dois tenir tes promesses envers Robert, mais... La capitale ? Nous avions tout ce que nous voulions ici...

- Robert nous a envoyé les photos de la maison : elle est très belle... Et elle a une piscine aussi. Les enfants se feront de nouveaux amis... Nous serons bien...

- Je n'aime pas trop ça.

- J'espère que la vie là-bas te convaincra. Les Poole prendront bien soin de la maison. Ce n'est que le temps de la crise. Nous pourrons toujours revenir après...

- Je peux être convaincue, mais n'oublie pas que tu es à la tête d'une meute de sept loups tout aussi têtus que moi.

- Ils finiront par aimer la capitale. Un peu de changement ne leur fera pas de mal. Ils se feront de nouveaux amis... Robb pourra intégrer la nouvelle équipe de football, qui sait, Arya pourra peut-être assister aux cours d'escrime ? Et Sansa fera sensation là-bas. C'est ton portrait craché.

- Tu essayes de te convaincre toi-même, constata Cat en allant se nicher dans les bras de son mari qui prit ses mains et les observa, songeur.

- Je dois tenir mes promesses.

- C'est ce que tu dis quand tu veux faire quelque chose que je t'interdis, rétorqua Cat. Bon, vieux loup de chlore, à la douche aussi !

- Humm, je me verrai bien prendre une douche avec la louve-alpha... ma salle de bain est peut-être libre, qui sait ?

- Après tout... Nous avons encore... Deux heures et demi...

/

Regarder la télé chez les Stark c'est un peu comme organiser une soirée DVDs. Il faut un canapé, des coussins, de quoi manger et surtout... une chaîne qui plaise à tout le monde...

La meute Stark était prête dès que Ned leur avait dit au revoir avant d'aller chercher les Baratheon à la gare (même Sansa avait fini de se maquiller !) et, pour tuer le temps sans devenir fou à cause de la tension, les enfants avaient décidé de regarder un programme débile, ce qui arrivait très très rarement.

Ils avaient donc échoué sur un documentaire à propos des Esquimaus, ce qui avait donné envie à toute la meute de manger ces fameuses glaces (non sans blagues salaces de la part de Theon qui choquèrent tellement que Robb et Sansa mirent leurs mains sur les oreilles des plus jeunes. Sansa, bien évidemment, avait refusé d'en manger un pour ne pas tâcher sa robe et se contentait de poser sa tête sur l'épaule de Jon en regardant d'un oeil vague, comme tous ses frères et soeurs, la télé. Arya, assise sur un des coussins, près de la table basse ne résista à la tentation de tâcher sa soeur avec sa glace que parce que Robb l'en dissuada avec un regard noir. Bran, quant à lui, était complètement absorbé par le documentaire et tout le monde était sûr que toutes les informations assimilées seraient ressorties un jour. Rickon, quant à lui, était plutôt agité et plus occupé à poser des questions auxquelles personnes n'avait envie de répondre comme : «Pourquoi les Esquimaus ne déménagent-ils pas ?» ; Theon avait arrêté de faire des blagues salaces uniquement parce qu'il envoyait des textos à toutes ses petites amies et Jon, trop choqué de voir sa soeur lui témoigner un peu d'affection, n'osait pas bouger. Robb, lui, était en train de regarder les images, sans vraiment entendre la voix off, plus intéressé par l'ambiance chaleureuse et familiale qu'il y avait entre eux et à l'apprécier.

Puis, les roues crissèrent sur le gravier et tout le monde sut que Ned était rentré et qu'il avait avec lui la petite famille Baratheon (eh oui, quand on a sept enfants, plus rien ne vous impressionne) Tout le monde se leva et Cat leur murmura sévèrement de rendre le salon présentable : les coussins furent secoués et remis à leurs places, sur les canapés, sous les housses. Les bouches entourées de chocolat furent lavées, les vêtements froissés lissés à nouveau et les coiffures rafraîchies.

Quand les Baratheon entrèrent sur le porche, tout était prêt comme si la maison avait toujours été aussi parfaite qu'une couverture de magazine.

Ned portait quelques valises, aidé par un gros homme jovial et dont la voix portait, probablement Robert Baratheon, ainsi qu'un autre homme, dépassant Ned d'une tête, ce qui n'était pas peu dire quant à sa taille !

Une femme blonde comme les prés, les yeux impeccablement maquillés, les ongles faits avec soin et juchée sur ses hauts talons poussait ses trois enfants, tout aussi blonds qu'elle, vers le porche où ils arrivèrent timidement, sauf l'aîné.

Sansa le remarqua tout de suite : un peu petit pour l'âge qu'il semblait avoir, il était pourtant très beau, vêtu avec soin, mais avec un petit air faussement négligé qui lui donnait l'air d'une wanna-be star de cinéma. Il ne sembla pas la remarquer particulièrement, mais Sansa, elle, ne manqua pour rien au monde ses yeux clairs. Robb aussi remarqua ses bras de femmelette et se promit se tout faire pour pour que Sansa n'approche pas de ce petit prétentieux des villes. Dire qu'elle repoussait les avances de Brynden, un de ses très bons amis, depuis des mois !

- Ravie de vous rencontrer, fit la femme en lui lançant un faux sourire comme si elle était à une réception mondaine particulièrement ennuyeuse. Je suis Cersei, la... femme de Robert.

Elle alla serrer la main de Cat et se contenta d'un autre sourire à l'adresse de tous les enfants.

- Et voici mon fils aîné, Joffrey, ma fille Myrcella et mon petit dernier, Tommen. Les enfants, dîtes bonjour.

Robb trouva les deux petits derniers bien plus sympathiques : il les emmènerait au bowling, ceux-là, même s'il semblait que le petit devait peser à peine plus que la boule.

A ce moment-là, Ned et Robert avaient fini par apporter toutes les valises sous le porche. Robert, bien plus jovial et accueillant que le reste de la famille, ouvrit grand les bras, comme pour tous les serrer à l'intérieur et s'exclama :

- Ah, chers Stark ! Quelle joie de vous voir enfin ! Il te ressemble comme deux gouttes d'eau, Ned, c'est impressionnant, le même regard, les mêmes yeux ! C'est Robb, n'est-ce pas ?

Robb hocha la tête avec un sourire avant de lui serrer la main.

- Et cette ravissante demoiselle ! Ned, tu as là ta digne héritière, un vrai petit bout de femme !

Sansa esquissa un sourire avant de voir Robert passer devant elle et se pencher sur sa soeur. Son sourire s'effaça immédiatement.

- Et Bran... J'ai vu ton dossier arriver à Port-Réal, je dois dire que je suis impressionné, il y en a là-dedans ! Quelle belle brochette d'enfants, tous prometteurs ! N'est-ce pas Cersei ?

- Bien sûr, Robert, répondit la jeune femme froidement.

Même si Sansa ne pouvait s'empêcher d'admirer la beauté et la tenue de Cersei, sa froideur avait quelque chose de répulsif. Elle se demandait comment Robert avait pu épouser une femme aussi froide.

- Sansa, soit un ange et montre sa chambre à Myrcella. Arya, aide ta soeur et monte sa valise. Quant vous, les garçons, même chose avec Joeffrey et Tommen. Ensuite, descendez, on prendra l'apéritif et le dîner.

La meute Stark se regarda mais personne n'osa appeler Catelyn 'Herr General' devant des invités et ils s'exécutèrent. Robert congédia le garde du corps qui alla s'exiler dans la voiture après avoir fait le tour du terrain. Quand Ned lui demanda si c'était vraiment nécessaire d'avoir emmené un garde du corps, armé qui plus est, chez lui. Robert lui assura qu'ils en parlerait plus tard, mais Ned était sûr que son ami ne savait pas que, dès que ses enfants sauraient qu'il y avait une arme à feu dans la maison, il allaient tous se battre pour la tenir.

Peu après, ils se retrouvèrent tous dans le salon qui avait du être étendu jusqu'à la salle à manger intérieure pour faire tenir tous les invités. Robert était en train de raconter des histoires de jeunesse, de toutes les bêtises qu'ils avaient fait dans le passé et il fallait avouer que ces histoires étaient particulièrement drôles et surtout que Ned s'était bien gardé de les raconter à ses enfants.

Enfants qui, pour l'occasion, avaient le droit à un verre d'alcool pour la soirée : Robb, Jon et Arya avaient opté pour une bière tandis que Sansa s'était laissée entraînée par Theon (surtout pour impressionner Joffrey) et avait prit un verre de Glenndfield. Joffrey avait prit du vin, comme sa mère et Cat. Rickon, Bran, Myrcella et Tommen, étaient au jus d'orange alors que leurs pères étaient en train de vider les quelques bières achetées pour l'occasion.

Pendant l'apéritif, Sansa croisa le regard de Joffrey mais n'osa pas le regarder trop longtemps et se précipita d'envoyer un texto en cachette à son amie Jeyne Poole qui devait désormais être au courant de toute sa vie depuis ces six dernières heures. Puis, Cat' libéra Sansa en lui demandant d'aller l'aider à faire réchauffer les plats et Cersei insista pour venir les aider. Arya réussit à se faire oublier.

Une fois qu'elles furent toutes dans la cuisine, Cersei se tourna vers Sansa qui ne put s'empêcher de rougir un peu sous le regard scrutateur de la femme :

- Tu es belle comme un coeur, tu auras beaucoup de succès dans la capitale...

Sansa fut surprise par ce compliment, si bien qu'elle ne sut pas quoi lui répondre d'abord, puis, elle essaya de la remercier sans bafouiller.

- Sansa, remue le premier bol de salade et porte-le sur la table, s'il te plaît, intervint sa mère.

Trop contente d'avoir un échappatoire, la jeune fille ne tarda pas à s'enfuir sur la terrasse à l'arrière de la maison où se trouvait la seule table qui pouvait leur permettre à tous de s'asseoir ensemble. Sansa frissonna légèrement quand le vent de cette douce soirée d'été l'assaillit et secoua sa queue de cheval. Elle posa la salade à une des extrémités de la table et, alors qu'elle allait rentrer, elle vit, au fond du jardin, un petit point rouge comme si quelque chose s'était allumé... Elle fronça les sourcils pour essayer de mieux voir, mais...

- Bouh !

La jeune fille ne put s'empêcher de lâcher un petit cri en sursautant, puis, elle se retourna :

- Très drôle, Theon, fit-elle en levant les yeux au ciel.

- Tu étais tellement sérieuse, je n'ai pas pu m'en empêcher... Tiens, l'autre salade.

- Dis, t'as pas l'impression qu'il y a quelque chose qui brûle là-bas, au fond du jardin ?

Theon regarda dans la direction qu'elle indiquait et finit par secouer la tête :

- C'est rien, arrête de stresser : ça doit être des jeunes en train de fumer dans le champ d'à côté.

Peu convaincue, Sansa rentra tout de même pour prendre les derniers plats.

Ils finirent tous par s'attabler, les adultes à un bout de table et les enfants par âge décroissant. Sansa se trouva donc à côté de Robb et en face de Joffrey qui était désormais tous sourires pour elle. Robb l'aimait de moins en moins. Il y avait quelque chose avec sa mèche lui donnait envie de le raser... D'ailleurs, lorsqu'il jeta un regard à Theon, il remarqua que ses sentiment étaient réciproques.

- Alors, fit Robert avec sa voix de stentor, encore plus forte pour que même Bran, qui avait l'air effrayé à côté de Myrcella qui mangeait déjà comme si elle était une princesse, puisse l'entendre. Dîtes-moi donc ce que vous faîtes.

Ned se tourna vers Robb qui, étant l'aîné, eut droit à la parole en premier :

- Je vais entrer au College cette année, expliqua-t-il, je voudrais obtenir un diplôme en droit et aussi garder ma place de capitaine d'équipe de football américain, expliqua-t-il calmement d'une voix à la fois posée et forte.

- Il veut travailler dans la police, ce petit, précisa Ned.

- Ohlala, la police ! Ehehe, j'espère que tu ne travailleras pas dans la capitale, sinon tu devras m'arrêter pour ivresse au volant ! commenta Robert (oui, vous savez ces petits traits d'humour qui ne servent à rien, du pur bavardage qui prouve qu'on a reçu le message)

- Tu ne conduis plus depuis longtemps, Robert, ajouta Cersei d'un ton froid mais avec un sourire, ce qui rendait difficile de distinguer l'insulte de la remarque aimante.

- Theon, à toi, fit Ned pour éviter que le silence gênant s'installe.

- Je devais entrer au College aussi, mais... je vais refaire une Senior Year, on dirait...

- Aha, on redouble tous ! Tu auras bien le temps de te rattraper. Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?

- Je ne sais pas encore vraiment...

- Ça viendra ! Je savais pas ce que je voulais faire avant d'avoir mon métier ! Et toi, jeune homme, tu es bien silencieux depuis tout à l'heure, quel est ton nom ? Je l'ai pas bien saisi tout à l'heure...

- Jon, répondit le concerné, laissant ses couverts sur le bord de son assiette. Je vais entrer au College avec Robb et je suis dans son équipe, mais le droit ne m'intéresse pas trop... Je préfère la littérature.

- J'espère que tu aimes le professorat, jeune homme !

Jon évita de faire toute remarque et se contenta d'un sourire avant de se remettre à manger.

- Et toi, euhmmm... Sansa, c'est ça ? Oui... Que veux-tu faire ? Une jolie fille comme toi, tu ne voudrais pas être actrice, partir à Holywood ?

- Mon Dieu, Robert, ne lui donnez pas de mauvaises idées, fit Cat en riant.

- Elle te ressemble comme deux gouttes d'eau, Cat'...

Pendant que Robert était en train de flatter Cat sous les yeux méfiants des deux autres conjoints, Robb en profita pour glisser à sa soeur :

- Et parle fort, cette fois-ci...

Cette référence à sa voix trop basse, souvenir d'une timidité qui ne l'avait vraiment abandonnée, depuis qu'elle était passée par la période ingrate de l'adolescence l'embarrassa plus qu'elle ne l'aida. Quand la conversation revint à elle, Sansa prit une profonde inspiration et se lança :

- Je suis en onzième année. Je sais pas encore si j'irai au College. Je voudrais aller dans une école de danse classique.

- Ça vient de là, donc, le fait que tu sois toute maigre !

- Sansa ne veut pas le dire, mais elle chante aussi ! s'écria Theon, histoire de bien l'enfoncer.

- En fait, reprit Robb, on joue tous d'un instrument et on joue souvent ensemble.

- L'orchestre Stark ! Mais Ned, où as-tu trouvé des enfants aussi parfaits ?

- On ne les a pas trouvés, répliqua Cat', on les a faits et ce ne fut vraiment pas une mince affaire.

- Et toi, alors, jeune fille, fit Robert, j'ai entendu dire que tu faisais de l'escrime. Tu dois être redoutable !

- Je voudrais combattre les garçons de l'équipe, mais ils ne veulent pas me laisser, au club ! confirma Arya. J'aime bien étudier, mais je préfère le sport !

- Elle est en dixième année, précisa Ned.

- Tu étais comme elle à l'époque. Elle est comme Robb, c'est toi en petite fille, Ned. On a un club d'escrime à Port-Réal, j'espère que tu trouveras des adversaires à ta taille là-bas !

Dès que Robert tourna la tête vers Rickon, celui-ci n'attendit pas d'être interrogé pour commencer :

- Je suis en sixième année et je voudrais vraiment vraiment être policier, comme Robb !

- C'est une famille qui vante la justice ici, ma foi, ma foi... Et toi, petit, Bran', c'est ça ? Tu es aussi silencieux que Jon, pourtant, tu en connais beaucoup. Nous avons tous été impressionnés par ton dossier...

- J'aime étudier, répondit simplement Bran avec son habituel air neutre, presque ennuyé.

- Quelle matière préfères-tu ?

- N'importe laquelle, celle où je peux apprendre de nouvelles choses chaque jour.

- Et quel est ton instrument ?

- Le violon.

- C'est pas un instrument facile, ça... Tu nous joueras un morceau ?

- Si les autres veulent bien, oui.

- Après le dessert, les enfants, précisa Cat'. Robert, vous reprendrez bien un peu de viande ?

- Volontiers, Cat' !

Tous retournèrent à leurs petites conversations entre groupes. Voyant que les adultes étaient occupés, Robb se tourna vers les plus jeunes, plus particulièrement vers Myrcella et Tommen avant de leur demander :

- Ça va, le repas est bon ?

Ils hochèrent silencieusement la tête.

- Vous voulez encore un peu de salade ? Ou de viande ?

Ils hochèrent négativement la tête, mais leurs petits visages commençaient à s'éclairer de jolis sourires sincères.

- Demain, on ne sera pas tout le temps obligés d'être avec les adultes. Vous voulez faire quelque chose de spécial ?

- Je ne sais pas, que peut-on faire par ici ? fit Joffrey avec un air hautain. il aurait pu dire : «Il n'y a rien à faire dans ce coin pommé» qu'il n'aurait pas prit un air différent.

- On peut faire une ballade dans la forêt, après les champs, proposa Sansa.

- Oh, non, pas encore la ballade dans la forêt, protesta Arya.

- Tu as mieux ? demanda Sansa.

- On pourrait aller au lac ! Il y a une jetée et des pédalos et si personne ne pêche, on pourra se baigner ! Si Papa est d'accord, Robb pourra conduire !

- Ou mon garde du corps, proposa Joffrey.

- C'est pas ton garde du corps, le corrigea Tommen avec sa petite voix innocente, c'est le garde du corps de la famille.

Robb évita directement les yeux de Theon : il savait qu'il ne pourrait pas résister à l'envie de rire s'il croisait le regard de Theon et ça ferait un très mauvais accueil pour les invités envers lesquels il était censé être un bon hôte. N'empêche, il venait de se faire démolir par son petit frère.

- Le lac, ça vous plairait ? demanda-t-il aux deux petits.

- Ouiii ! lancèrent-ils de joie.

- Je demanderai ça à l'autorité supérieure alors, promit Robb.

Sansa aida sa mère à débarrasser la table, aidée par Jon qui se dévoua pour qu'Arya n'ait pas à le faire. Le dessert se passa sans plus d'incidents et Sansa échangea même quelques mots avec Joffrey.

Une fois le dessert terminé, les enfants allèrent se préparer pour la nuit et Cersei et Cat' continuèrent leur discussion sur la nouvelle mode à Port-Réal (non pas que cela enchantait Cat', mais c'était le seul sujet de conversation à peu près neutre qu'elle avait trouvé pour faire parler la femme de Robert) dans la cuisine où elles rangèrent un peu et burent un petit verre d'absinthe.

De leur côté, Ned et Robert étaient en train de finir une autre bière, assis sur la terrasse... L'ombre d'une conversation importante planait :

- Ned, c'est une belle maison que tu as là, une charmante famille et... sincèrement, si je n'avais pas vraiment besoin de toi, je ne t'appellerai pas... Je ne veux pas vraiment en parler devant les autres, mais... Tu sais que le poste de Vice-Directeur était pris avant ?

- Oui, en effet... Il a démissionné ?

- John Arryn ? Démissionner ? Non... C'était un brave qui faisait toujours son devoir, il était devenu un ami de la famille, tu sais. Il fréquentait Cersei et il aimait particulièrement Joffrey...

- Que lui est-il arrivé ?

- Il est mort, Ned. Quelqu'un s'est introduit chez lui et l'a tué. Les journaux pensent que c'est juste un cambriolage qui a mal tourné, mais... Je préfère garder Sandor dans les environs.

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CHAPITRE DEUX : LA ROUTE ROYALE

Le lendemain, quand Sansa se réveilla, Arya avait disparu. Elle s'était couchée plus tôt, mais résultat, elle était aussi levée plus tôt. Sansa, elle, avait texté Jeyne pendant quelques moments encore, pour partager ses sentiments sur sa rencontre avec Joffrey.

Jeyne avait déjà eu un petit ami et en ce moment, elle essayait de sortir avec un autre camarade, mais Sansa n'avait jamais eu de petit ami : elle n'avait jamais tenu la main d'un homme autres que ses frères, elle n'avait jamais embrassé de garçons... Non pas qu'elle était laide ou qu'on ne l'aimait pas, le problème ne venait pas des autres, mais d'elle.

Sansa avait toujours cru qu'un jour, elle tomberait sur l'homme parfait, celui dont toutes les filles rêvent : beau, intelligent, drôle et sensible. Sauf que la plupart des filles de son âge finissent par perdre leurs illusions et par sortir avec un garçon médiocre (et par s'en plaindre auprès de leurs amies) Pas Sansa. Sansa, elle, croyait encore au prince charmant. D'ailleurs, elle avait eu raison : le voilà ! Il était là, chez elle !

Mais, maintenant, elle se réveillait et le soleil était déjà haut dans le ciel. Elle se leva rapidement, espérant que les autres l'aient attendue avant d'aller au lac. Sinon, elle leur en voudrait pour le restant de ses jours ! Sans même se changer ou aller se coiffer, la jeune fille descendit pour chercher une quelconque forme de vie qui n'était pas adulte. Elle arriva à la cuisine où...

Madame Stark avait été très gentille de lui proposer le petit-déjeuner dans la cuisine. Il avait passé la nuit hors de la maison, à faire des rondes, à fumer, à tenir pour ne pas s'endormir. Madame Stark était une brave femme, comme son mari. Rien à voir avec Cersei. Mais Les Lannister payent bien. Sans doute mieux que les Stark. Ils payaient mieux que tout le monde de toutes façons.

Ils étaient tous partis : les enfants au lac avec Robb et les adultes en promenade dans la forêt. Madame Baratheon (il avait du mal à l'appeler comme ça... Son nom de jeune fille lui collait vraiment à la peau) lui avait alors ordonné d'attendre Sansa, qu'ils n'avaient pas osé réveiller (contrairement à Robert et à Theon) et de prendre le pic-nique avec lui pour les rejoindre au bord du lac. Il ne savait pas vraiment qui était Sansa dans l'affaire : il n'avait pas bien regardé la tripotée Stark, mais vu qu'elle devait désormais être la seule âme vivante dans cette maison, il ne tarderait pas à la reconnaître.

Ainsi, dès qu'il entendit les marches qui menaient aux chambres craquer, il tourna la tête vers...

Il y avait un homme dans la cuisine. Un homme très très étrange au comptoir de la cuisine. Il était habillé entièrement en noir, dans un costume froissé avec une chemise un peu ouverte sur son torse, mais pas à la manière de Joffrey, l'homme avait ouvert sa chemise parce qu'il s'était senti à l'étroit à l'intérieur, fatigué. D'ailleurs, il n'avait rien de Joffrey : il était si immense qu'il ne tenait à peine sur le tabouret du comptoir et ses mains pouvaient enfermer le mug de café qu'il buvait. Ses cheveux étaient mi-longs, bruns, sales et gras sur son visage et ses épaules. Et son visage, justement... Il effraya Sansa. Un des côtés était déjà effrayant par nature, renfermé avec ses yeux noirs scrutateurs... Mais l'autre ! Sansa n'avait jamais vu une telle chose en vrai... On aurait dit que sa peau avait fondu et avait séché sans reprendre sa forme originelle, ce côté était juste de la chair difforme et, au milieu, un oeil, encore intact, fixé sur elle. La jeune fille eut un moment d'hésitation, sur la dernière marche des escaliers, les yeux sur l'homme qui se tenait dans sa cuisine.

Sandor ne pouvait pas se rappeler de femme plus belle. Cersei ressemblait à une pathétique putain des villes à côté de celle-là. La jeune fille sous ses yeux était encore en pyjama, du moins, en excuse de pyjama : sérieusement ? Des boxers et un débardeur aussi lâche ? Il pouvait voir sa poitrine s'élever et s'abaisser sous l'effet de sa respiration. Son corps entier était tendu, comme si c'était la réaction naturelle du corps observé par des yeux pervers, mais il sortait du sommeil et il avait encore un peu ce naturel fatigué et sensuel... Sans parler de ses cheveux. Il aurait du en parler avant car, si ses jambes étaient sublimes, c'étaient ses cheveux qui l'avaient hypnotisés. Jamais il ne verrait une femme dans un tel état : elle venait de se lever, de se réveiller et elle était naturelle, pas avec le maquillage de la veille étalé sur la moitié du visage, non... Ses cheveux étaient décoiffés. Elle devait être habituée à les porter attachés (du moins, ils étaient attachés hier) mais là, ils flottaient librement sur sa peau comme la caresse d'un amant. Ils étaient roux, d'un roux très cuivré, mais naturel : ses sourcils avaient la même couleur et est-ce qu'en bas... ? Non, ses cheveux, ses cheveux en longues vagues sur ses épaules, sa poitrine et jusqu'à sa taille. Mais ses cheveux n'étaient pas tout : ils allaient de pair avec les yeux. Normalement, il voyait des rousses aux yeux verts, un peu cliché, mais plus répandu... Il aurait du se méfier avec Madame Stark car sa fille était comme elle : rousse aux yeux bleus, avec la jeunesse en plus. De grands yeux bleus effrayés, attachés au côté de son visage qui était défiguré, comme tout le monde. Elle semblait hésiter, alors il tenta de l'aider :

- Il reste du café, fut tout ce qu'il trouva à dire.

- Qui êtes-vous ? trouva-t-elle le courage de demander.

- Je suis le garde du corps de la famille Baratheon. Ils sont partis au lac et ils m'ont demandé de rester jusqu'à ce que vous vous réveillez pour vous y accompagner, fit-il. Il n'avait jamais parlé aussi longtemps à une aussi ravissante jeune fille.

- Oh, euhm... D'accord, très bien... Je vais me préparer et j'arrive...

- Vous ne voulez pas manger quelque chose d'abord ? demanda-t-il interloqué.

- On va bientôt pic-niquer.

- Dans trois heures, environ.

- De toutes manières, je dois garder ma ligne.

- Vous êtes déjà presque maigre.

La fille semblait étonnée qu'il lui fasse la conversation sur des sujets aussi privés. Il venait de se dévoiler : il l'avait regardée. Il la vit rougir un peu et, d'un geste machinal, mettre ses cheveux devant son visage. Elle répondit tout de même :

- Danser avec des kilos en trop, ce serait disgracieux.

- Allez dire ça à Britney Spears, je suis sûr que ses photoshoppeurs seront très contents.

Alors, il se passa quelque chose qui le troubla profondément : elle rit. Ce n'était pas un rire à gorge déployé comme les femmes qu'il avait l'habitude de fréquenter, mais c'était déjà plus qu'un sourire. Sansa rit doucement avant de reprendre un peu de son sérieux, de se détourner et de remontrer les escaliers en courant pour ne pas être plus en retard. Sandor ne put s'empêcher de se pencher pour observer un peu plus ses longues jambes fines. Oui, c'était définitivement une danseuse. Il aimerait bien la voir danser pour lui...

Sansa s'enferma dans la salle de bain avec des vêtements et une serviette avant d'allumer son téléphone et de composer le numéro de portable de sa mère. Pour couvrir le bruit de la conversation, elle alluma l'eau de la douche et attendit nerveusement qu'elle décroche.

- Sansa, chérie, tout va bien ?

- Mam', où êtes-vous ? il y a un homme dans la maison ! Il dit qu'il est le garde du corps des Baratheon, est-ce que c'est vrai ?

- Ça dépend, est-ce qu'il est... spécial ?

- Genre défiguré ?

- Shhhhhht.

- Oui, il est défiguré.

- Bon, c'est lui, c'est bien le garde du corps des Baratheon alors prépare-toi vite, prend les deux paniers de pic-nique et demande-lui de t'accompagner, tu peux lui faire confiance.

- D'accord...

La jeune fille raccrocha et commença à se déshabiller.

/

Robb regardait d'un oeil attentif les plus jeunes qui se baignaient : Tommen, Myrcella et Rickon s'amusaient à s'éclabousser sous le soleil radieux mais froid de cette magnifique journée d'été. Un peu plus loin, Theon et Jon jouaient à se foncer dedans avec des pédalos. Jon avait proposé à Bran de venir les rejoindre, mais celui-ci était assis tranquillement dans l'ombre, à lire un livre sur les atomes qu'on lui avait offert pour on dernier anniversaire.

Un peu plus loin, Joffrey semblait ignorer le monde, son IPod sur les oreilles, chantonnant un air de pop connu - probablement Justin Bieber ou quelque chose du même genre - en essayant de faire bronzer ses petites jambes pâles. Près de lui, Arya s'entraînait à l'escrime avec un des jeunes membres du club d'escrime du village. Ils n'avaient que des bâtons, mais Robb leur avait demandé à plusieurs reprises d'arrêter pour qu'aucun d'eux ne se fasse mal.

Tout se passait bien et la journée s'annonçait assez prometteuse, quand la voiture noire des Baratheon se gara sur l'allier en graviers un peu plus loin et que les portières avant ne s'ouvrent. Sansa sortit du côté passager, vêtue d'un short en jean et d'un dos-nu vert qui laissait voir son maillot coloré. A la main, elle avait une simple serviette de bain. Puis, le conducteur sortit également : c'était le garde du corps des Baratheon. L'homme en qui Robb avait très peu confiance, surtout en ce qui concernait sa soeur. Seule avec un homme pareil ! Mais il n'avait rien osé dire devant les Baratheon : il avait promit de faire attention à eux.

Il ouvrit le coffre et sortit les deux paniers, visiblement très lourds : Sansa pouvait à peine en soulever un à elle seule. Voyant sa difficulté, Robb allait se lever pour l'aider, mais il fut devancé par le garde du corps qui saisit le panier sans même fléchir les genoux et les apporta sous l'arbre où Bran se trouvait. De la voiture sortirent également deux grands huskys qui ne tardèrent pas à se mettre dans les jambes de Sansa. Puis, l'un d'eux ne courut vers Arya qui lâcha directement son bâton pour accueillir Nymeria, son chien.

Nymeria et Lady. Les deux femelles de la portée : les deux intenables de la meute. Jetant un dernier regard aux baigneurs, il se dirigea vers sa soeur, saluant le garde du corps d'un geste de tête :

- Tout va bien, Sansa ?

Elle avait l'air un peu pâle et troublée.

- Oui, tout va bien... Mais vous auriez du me réveiller.

- On ne voulait pas. Mais la prochaine fois, si c'est ce que tu préfères... Allez, viens, les parents ne vont pas tarder à rentrer, mais ça ne veut pas dire qu'on a pas le temps de faire une partie de pédalo.

- Humpf, du pédalo ! fit Sansa en regardant Joffrey.

Décidément, il ne savait pas qui il préférait entre ce petit prince et le grand limier. Par tous les Dieux, Sansa, pourquoi pas Brynden ?!

Elle se laissa tout de même conduire et Robb appela Theon pour qu'il surveille les petits pendant qu'ils se livraient à une partie de pédalos. Theon finit par les rejoindre, soutenant Rickon contre les attaques féroces des deux petits Baratheon qui étaient visiblement des enfants bien normaux quand leur mère n'était pas dans les parages.

- Arya, lança Robb, vient faire équipe avec nous ! On a besoin d'un remplacement !

- J'arrive ! cria Arya, laissant Myka là avec Nymeria qui avait apprit à le connaître vu qu'il fréquentait souvent sa jeune maîtresse.

Jon et Sansa grimpèrent dans un des pédalos et Robb et Arya dans l'autre. La rivalité entre les deux soeurs aida beaucoup à mettre un peu de piment dans la bataille. A un moment, le pédalo de l'équipe JonSansa finit par être complètement renversé et ses deux occupants, à finir dans l'eau, tout habillés.

Arya se leva et cria à leur victoire, faisant un 'high five' à son partenaire. La chute semblant cependant moins amuser le garde du corps qui, adossé à la voiture, une cigarette à la bouche, releva vivement la tête, les sourcils froncés quand il entendit le cri perçant de Sansa alors qu'elle tombait. Personne n'osera faire de parallèle avec les deux chiens qui se dirigèrent tout de suite vers le lieu de l'accident parce que tout le monde ici n'a pas spécialement envie de se faire pendre avec ses propres boyaux, du moins je l'espère.

Mais peu de temps après, une chevelure rousse refit surface et tout le monde se mit à respirer normalement. Peu après, Jon sortit également, accroché au pédalo renversé, se secouant les cheveux comme un chiot mouillé.

Nymeria alla tout de même à la rencontre de sa jeune maîtresse pour s'assurer que tout allait bien. Elle passa devant Joffrey qui visiblement n'avait aucun talent avec les loups (d'abord Robb, ensuite Nymeria...) et il lui donna une claque sur le postérieur en disant :

- C'est bon, chien stupide, elle n'a rien..

- Hey, elle n'est pas stupide ! contredit Myka, en riant à moitié.

- Quelqu'un de stupide ne peut pas dire si quelqu'un d'autre l'est ou pas, répliqua Joffrey.

- Wow, okay, je rigolais, pas la peine de s'énerver.

- Je ne m'énerve pas, répondit Joffrey, visiblement en train de faire le contraire.

Pendant ce temps, Robb aidait Jon et Sansa à regagner la rive. Theon, quant à lui, avait nagé jusqu'au pédalo pour le mettre droit à nouveau. Arya, quant à elle, regardait la scène de l'autre côté du lac en fronçant les sourcils.

- Et qu'est-ce que tu vas faire ? Me frapper avec ton bâton ? demanda Joffrey un ton au-dessus.

Arya, saisissant ces mots, se précipita au secours de son ami, très vite suivie par Robb essaya tant bien que mal de la raisonner. Theon resta dans l'eau avec les trois petits et Jon resta là à se demander quoi faire. Sansa, toujours habillée et trempée frissonna, mais sans doute plus par peur pour ce qui allait se passer que par froid.

- Laisse Myka tranquille ! s'exclama Arya.

Nymeria alla à sa rencontre et se frotta contre ses jambes trempées pour s'assurer qu'elle allait bien.

- Toi aussi, tu comptes m'agresser avec ton bâton, pathétique...

Joeffrey n'eut pas le temps de finir sa phrase : Arya avait déjà récupéré le bâton qui était à ses pieds, là où elle l'avait laissé quand elle était partie et, visant les tibias de Joffrey, le renversa. Celui-ci tomba sur les fesses et Robb dut faire appel à tout son self-control pour ne pas éclater de rire.

- Sale petite...

L'insulte proférée par Joffrey ne sera répétée ici, mais sachez qu'elle mit Robb en colère et que même Nymeria comprit la situation. Ainsi, le chien se précipita tout naturellement sur Joffrey et attrapa son bras, celui sur lequel il se supportait pour essayer de se relever. Mais où était donc son chien, à lui ?

De l'autre côté du lac, Sansa regardait la scène horrifiée : il était vrai que Joffrey était véritablement arrogant et blessant, mais de l'autre côté... L'attaquer ? Ils étaient censés être de bons hôtes... De plus, sachant qu'elle était la soeur de la fille qui venait de l'attaquer, ses chances avec Joffrey étaient définitivement nulles... La jeune fille était tellement tendue qu'elle sursauta quand elle sentit une serviette tomber sur ses épaules. Elle se retourna pour voir Jon, mais elle vit le garde du corps à la place, la dominant entièrement, un air sérieux et... intense sur son visage qu'elle n'osait pas vraiment regarder. Elle baissa les yeux et serra la serviette contre elle, n'osant pas prononcer un mot.

Le cri de Joffrey la ramena à la réalité : elle dépassa le garde du corps pour aller à l'aide du jeune homme attaqué par le chien. Il saignait. En voyant Sansa arriver, Arya se tourna vers Myka et lui ordonna de s'enfuir ce que le jeune homme ne se fit pas répéter. Puis, la jeune fille se précipita vers son chien et, en lui tapotant la tête, elle lui murmura :

- Toi aussi Nymeria, va, tu as fais une bêtise et ils vont vouloir te punir, va !

Le chien, toujours aussi obéissant envers sa jeune maîtresse, s'en alla en trottinant, du côté où Myka s'était enfui. A ce moment-là, Sansa arriva et, ignorant sa soeur qui n'avait visiblement rien, elle s'agenouilla aux côtés de Joffrey :

- Mon Dieu, Joffrey, tout va bien ? demanda-t-elle sans oser toucher ses blessures.

- A ton avis ? répliqua-t-il. Quelqu'un appelle à l'aide, je me vide de mon sang !

Theon pencha la tête pour dissimuler un sourire et Robb décida qu'il ne pouvait plus tenir très longtemps et se tourna complètement, montrant son téléphone portable, pour avoir un prétexte valable.

/

Ce n'était pas possible. Ce n'était pas en train d'arriver. Ned était dans la salle d'attente des urgences, assis sur un siège en plastique, sa tête dans ses mains, les yeux fermés. D'un côté, il reconnaissait sa responsabilité : il avait toujours laissé beaucoup de liberté à ses enfants, ils étaient de vrais loups, toujours ensemble malgré les différences. De l'autre côté, Robert avait été inconsidéré d'amener un jeune cerf dans les griffes des loups. Il savait qu'ils ne pouvaient pas s'aimer. Un Stark et un Baratheon : soit ils devenaient les amis les plus loyaux du monde, soit ils se détestaient. Il semblait que le choix était fait pour cette génération Stark.

Maintenant, il entendait Cersei murmurer sévèrement à Robert qui semblait très embarrassé par ce qu'elle racontait, mais à peine avait-il le temps d'élever la voix qu'il était coupé par Cersei.

Les autres étaient restés dehors. Arya était en train de bouder, assise sur les marches qui menaient aux urgences. Aucun de ses frères n'avait osé aller la voir : seule sa mère s'était assise à ses côtés, sans un mot, lui communiquant son approbation en silence. Au début, Theon avait échangé quelques regards et sourires avec Robb mais il avait très vite arrêté quand il s'était senti observé par le garde du corps dont on ne savait toujours pas le nom. Celui-ci restait à une distance raisonnable de Sansa, près des deux petits Baratheon redevenus très silencieux et graves. Il n'osait plus vraiment la regarder non plus, même si ses yeux revenaient souvent sur sa nuque comme pour la marquer au fer rouge de ses yeux intenses.

En effet, lorsqu'ils étaient arrivés, Sansa avait éternué, trempée comme elle l'était, et sa mère lui avait tout de suite dit d'enlever ses vêtements mouillés et de rester en maillot sous sa serviette. La jeune fille, le plus naturellement possible (sans doute pensait-elle qu'elle n'était entourée que de sa famille et d'êtres innocents) avait enlevé ses vêtements sous sa serviette, avant de les rouler en boule dans un des sacs qui contenait toutes les autres serviettes.

Sandor avait vraiment, vraiment besoin de se reposer. Il commençait à devenir nerveux. Cette fille allait le rendre fou. Pourquoi, par tous les Dieux, avait-elle des mouvements si innocents quand elle se déshabillait littéralement, dos à lui. Avait-elle tout oublié de son existence ou était-elle aussi naïve ? Se changer devant lui...

Maintenant, elle serrait la serviette contre elle, adossée à la voiture entre Jon et Robb, regardant ses pieds. Les deux jeunes hommes avaient l'air de gardes du corps autour d'elle, droits, fiers et sérieux, même en s'ennuyant.

Quand les parents Baratheon sortirent, ils étaient accompagnés par leur fils, un bandage autour du bras et par Ned qui avait toujours l'air aussi accablé. Même Arya s'en voulut d'avoir fait autant de peine à son père, même si elle avait agi dans son bon droit. Personne n'insulte une Stark. Ce fut Robert qui parla en premier :

- Avoir un tel chien en liberté et sans laisse, c'était courir le risque que quelqu'un soit blessé un jour ou l'autre. Où est l'animal ?

- Nymeria est partie, elle s'est enfuie ! s'écria Arya.

- Ah... Bon, alors, on va juste demander à la fourrière de la retrouver et l'affaire sera close, voilà, répondit-il, soulagé.

- Il y avait un autre chien, répliqua Cersei, toujours aussi froide, même dans sa petite robe d'été. Il est tout aussi dangereux que l'autre.

Tout le monde se tourna vers Sansa qui pâlit d'un coup :

- Quoi ?! s'exclama-t-elle, mais Lady n'a rien fait ! Lady est gentille, elle n'a rien fait !

Robert sembla avoir pitié d'elle et se tourna vers sa femme, comme pour demander son autorisation à épargner la pauvre fille :

- Ton fils va avoir des cicatrices à vie, lui rappela Cersei.

- Bon, allez, trancha Robert, je vais emmener ce chien au refuge et on en entendra plus parler.

A ce moment-là, Sansa détesta tout de Robert et elle n'essaya même pas de le cacher. Elle se tourna vers son père dans le but d'avoir du secours, du soutien...Mais il ne fit rien en sa faveur : à la place, il se tourna vers Robert et demanda :

- C'est donc bien ça que tu veux ?

- Oui, un chien comme ça a mordu Joffrey, qui sait ce qui peut encore arriver ?

- Je l'emmènerai là-bas moi-même : elle a besoin de quelqu'un qu'elle connait. Sansa... Dis au revoir à Lady et ta mère te raccompagnera à la maison.

A cet instant, il fallait s'appeler Cersei pour ne pas avoir pitié de la pauvre jeune fille qui regardait son père avec des yeux suppliants comme pour lui demander si c'était une mauvaise blague. Mais Ned resta ferme, même si voir sa fille dans un pareil état à cause des caprices d'un jeune prétentieux le peinait fortement. Il ouvrit la portière de la voiture et ordonna à Lady de descendre de la banquette arrière où elle était allongée. Le jeune husky obéit, sentant cependant la détresse de sa jeune maîtresse quand celle-ci s'agenouilla devant son chien, prenant son museau entre ses mains et caressant ses oreilles avec une douceur douloureuse. Sandor baissa les yeux : il se sentait un voyeur comme ça, pire que lorsqu'il avait observé Sansa se changer.

Ned finit par prendre le collier de Lady et la sépara le plus doucement possible de sa fille. Sansa sentait les larmes couler sur ses joues et essaya pathétiquement de les essuyer avec ses mains. Puis, sentant que tout le monde l'observait, elle baissa la tête et entra dans la voiture, fermant la portière d'un coup sec derrière elle. Catelyn se leva et se tourna vers Theon :

- Je vais rentrer avec Jon, Robb, Bran, Rickon et Sansa. Monte dans la voiture de Robert avec ta soeur.

Theon se contenta d'hocher la tête, ses habituelles répliques cinglantes oubliées et il aida Arya à se lever et à reculer de la voiture tandis que Jon montait à l'arrière, osant à peine toucher Sansa, même pour la réconforter et Catelyn prit le volant, Robb montant sur le siège passager. Elle démarra et la voiture disparut, direction la maison Stark. Une fois que la voiture fut hors de vue, Cersei déclara :

- Nous partons demain.

Puis, elle monta sur la banquette arrière avec ses enfants, serrant Joffrey dans ses bras. Le garde du corps allait monter dans la voiture quand il se tourna vers les deux Stark :

- Je peux revenir vous prendre après, proposa-t-il.

- Non, c'est bon, fit sèchement Theon. On va marcher.

Le garde du corps n'objecta rien et démarra la voiture à son tour. Theon prit les épaules de sa petite soeur comme pour essayer de la réconforter. Il aurait voulu lui dire tellement de choses : que ce n'était pas de sa faute, que Sansa ne la détestait pas, qu'elle avait donné une bonne leçon à Joffrey et qu'il espérait qu'il s'en souviendrait longtemps, que Robert n'avait aucune volonté et que Nymeria serait saine et sauve, que personne ne pouvait l'attraper... Mais tout ce qu'il trouva à dire, ce fut :

- Quelle pute, cette Cersei.

Arya rit un peu et essuya les larmes qui rougissaient ses yeux.

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