Lolita

Yes, I am testing you

Yop les gens !

Voici un nouveau chapitre ! Le chapitre deux est en cours d'écriture et devrait mettre plus de temps à arriver, mais j'espère que celui-là vous aidera à attendre ! Il est à dominante SanSan (mon pêché mignon ^^) mais vous allez vite voir les dessous (de Sansa) des plans de M. Baelish. Si vous voulez écouter ce que j'écoutais en écrivant ce chapitre, je vous conseille vivement le groupe suédois Fever Ray (If I Had a Heart, When I Grow Up, Stranger Than Kindness et Keep The Streets Empty For Me)

Sur ce, je vous souhaite bonne lecture !

Votre dévouée,

AO

Chapitre Un : Yes, I am testing you :

Aujourd'hui, Sansa avait cours avec Joffrey. Elle était vraiment heureuse parce qu'elle avait rarement cours avec lui : il semblait qu'ils avaient très peu de points communs. Mais aujourd'hui, elle avait deux heures de mathématiques avec lui. Non pas que la perspective d'avoir un cours de mathématiques ne l'enchante, mais elle savait déjà qu'elle pourrait observer Joffrey pendant deux heures... peut-être l'observerait-il lui aussi ? Elle avait mis des collants très fins sous sa jupe aujourd'hui : elle n'avait pas pu oublier la manière dont M. Baelish l'avait regardée...

La jeune fille salua Robb qui la quitta pour aller devant sa salle de cours et traversa le couloir en direction de la sienne. Devant, elle trouva l'homme de ses pensées, visiblement en train de discuter passionnément avec Ros, surveillé par Sandor.

Tous les commentaires que lui avaient faits ses deux amies hier lui revinrent à l'esprit et, lorsqu'il releva les yeux vers elle, Sansa ne put s'empêcher de rougir et de détourner le regard, même si ce n'était pas très poli. Elle finit par arriver à leur hauteur, accueillie par Ross qui exigea de tout savoir sur la situation matrimoniale de Theon.

Sansa ne savait pas la moitié des réponses aux questions de son amie. Sincèrement, c'était son frère ! Comment pouvait-elle savoir quelle était sa position favorite ?! Elle-même ne connaissait rien du tout aux positions ! Le fait d'être regardée par Joffrey pendant qu'elle rougissait et rougissait n'arrangeait pas les choses. Elle se sentait stupide et ridicule. Puis, jugeant qu'il s'était assez amusé à ses dépends, Joffrey mit fin au calvaire de Sansa :

- Allez, Ros, tout le monde n'est pas comme toi. Sansa m'a l'air d'être une jeune fille très sage et très respectable... Tu viens au match de demain, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il en se tournant vers elle.

- Le match ? demanda Sansa en fronçant les sourcils. Elle n'avait jamais entendu parler de match ! Pourtant, Robb était dans l'équipe de football américain !

- Personne ne t'a dit ? Ah, décidément, Ros, tu manques à tous tes devoirs. Demain, il y a un match de football américain avec l'équipe du lycée, où joue le Limier. Et après, il y a une petite fête chez moi. Ça te dirai de venir ?

Mon Dieu ! Elle, invitée à une fête chez Joffrey ! Par Joeffrey lui-même ! Même sa mère ne pourrait jamais lui refuser ça ! Faisant semblant d'être détachée, Sansa hocha la tête :

- Oui, bien sûr...

- Parfait ! N'oubliez pas de porter du jaune et du noir pour soutenir le Limier !

- Porter des couleurs ne me fera pas gagner, répliqua Sandor, parlant pour la première fois depuis le début de la conversation.

- Ça montrera qu'on te supporte ! répondit Ros.

- Bon, je vais inviter deux, trois autres personnes. A tout à l'heure, fit Joffrey, suis-moi, ordonna-t-il à Sandor qui lui obéit bien sagement.

Sansa se retrouva seule avec Ross :

- Alors, tu as réfléchi à Sandor ? lui demanda-t-elle avec un sourire en coin.

- Non ! s'exclama Sansa, je ne veux pas y réfléchir. C'est... Elle regarda nerveusement autour d'elle, c'est Joffrey et c'est tout.

- C'est très dommage, commenta Ros, parce que je viens de lui arracher trois mois qu'il n'a jamais utilisés pour personne.

- Je n'ai pas envie de savoir...

- Il a dit, la coupa Ros, je cite «elle est jolie», si tu savais ce que ça signifie, venant de Sandor...

- Il dit ça pour te faire plaisir ?

- Me faire plaisir ? Tu le connais vraiment mal. Mais parle-lui : je suis sûre qu'il te plaira.

- Non... se plaignit Sansa.

- Bon, d'accord, mais promets-moi une chose, juste une chose, allez Sansa, juste une toute petite chose...

- Pfff... Bon, vas-y.

- Si on gagne, tu l'embrasses.

- Quoi ?! Mais il est hors de question ! Je ne vais pas embrasser quelqu'un, juste comme ça ! Sansa n'osa pas dire qu'elle n'avait jamais embrassé personne avant.

- Juste un bisou sur la joue, ça n'a jamais tué personne, la pria Ros.

- Je me demande pourquoi tu fais ça, mais.. d'accord !

- Merci, Sansa, il sera tellement heureux ! Oh, en fait, j'ai oublié de te dire... Depuis que Sandor est dans notre équipe, on a jamais perdu...

- Roseuh !

Sansa avait réussit à traîner la meute Stark au match. Elle avait surtout été aidée par le fait que son frère aîné, Robb, joue aussi et ce, dans la même équipe que Sandor dont il vantait aussi les qualités. Il jouait solo, mais il était redoutable, selon lui. Sansa ne raconta rien de son marché avec Ros, mais au fond, elle espérait qu'ils perdent. La perspective d'embrasser un homme qui lui faisait aussi peur ne l'enchantait pas du tout.

Elle suivit donc ses frères le long des gradins. Vu que c'était un jour exceptionnel, les élèves n'avaient pas à porter les uniformes, au grand bonheur d'Arya qui avait déclaré détester les uniformes, surtout les jupes. Sansa était d'accord, mais sans doute pas pour les mêmes motifs... La jeune fille portait donc un slim en jean sombre avec un débardeur jaune clair, aux couleurs de Sandor, comme Joffrey le lui avait demandé. D'ailleurs, ces couleurs semblaient être celles de l'équipe puisque tout ce côté du stade les portaient. Elle ré-arrangea sa queue de cheval haute qui balayait son dos au moindre de ses mouvements et ne tarda pas à tomber sur Ros qui lui faisait des grands signes avec Shae.

Sansa arriva à leur hauteur avec le reste de la meute Stark et, avant qu'elle ne puisse s'asseoir, Theon lui murmura à l'oreille :

- Je vais te chercher tous les hot dogs et les boissons que tu veux si me laisses m'asseoir à côté de la beauté, là, avec sa mini-jupe.

Sansa soupira, mais elle savait que ferait aussi plaisir à son amie, alors elle le laissa passer, rejoignant Shae, à l'autre bout de la rangée, après Bran, Rickon, Theon, Ross, Jon et Arya. Celle-ci regarda tout autour d'elle et, ayant trouvé ses amis (deux garçons, dont l'un était visiblement bien plus âgé qu'elle et qui n'aurait pas plu à Madame Stark), elle se leva précipitamment et alla se perdre avec eux dans le stade immense. Sansa la regarda avec un peu d'inquiétude mais Jon la rassura en montrant son portable. Dans le pire des cas, ils pourraient toujours s'appeler. Puis, Shae changea de place pour s'asseoir à côté de Jon et discuter avec lui, la draguant honteusement, le faisant presque autant rougir que Sansa quand elle vit Joeffrey lui faire un clin d'oeil, avant de s'asseoir à côté de son père, pour faire bonne figure. Sansa aurait tellement voulu qu'il s'asseye à côté d'elle : elle se sentait exclue et seule, au bord de la rangée, avec ce siège vide à côté d'elle.

Le match commença. Les pom-pom girls des deux équipes entrèrent en scène : elle était trop loin pour voir de qui était constituée l'équipe du lycée, mais elle savait qu'il y avait Margaery Tyrell, sans doute la fille la plus prisée du lycée et qui, selon Shae, visait Joffrey. Sansa se demanda comment une fille aussi stupide qu'elle pouvait avoir la moindre chance face à une des pom-pom girls du lycée. Elle se contenta de poser ses mains sur ses genoux pour éviter de les tordre et de regarder la pyramide finale avant l'entrée des joueurs.

L'entrée de Robb suscita une pluie de vivats à laquelle Sansa participa sans se faire prier. Elle était soudainement contente de porter les couleurs de l'équipe. Puis, Sandor entra. Elle pouvait le remarquer sans trop d'efforts : il était plus grand que tout le monde et ce, d'une bonne tête. Il avait une allure... sauvage. Indiscipliné. Il portait son casque, mais elle était sûre qu'il ne souriait pas le moins du monde, même lorsqu'il était acclamé avec tant de chaleur. Dire qu'il était évité la plupart du temps, hors des matches.

Sandor, décida Sansa, était une sacrée énigme.

- Admirez toute cette sauvagerie qui se dégage de ces joueurs alors qu'ils ne sont même pas encore dans le jeu, fit une voix bien connue.

Sansa sursauta et se tourna vers son professeur de littérature. Il était seul, vêtu avec sa classe habituelle, une chemise blanche, un peu ouverte sur son torse, un jean clair, décontracté (sans doute plus décontracté que pendant les cours), une veste en cuir sur ses épaules où était planté une broche représentant un oiseau que Sansa ne connaissait pas. Il lui sourit doucement et s'installa à ses côtés, sans même demander si elle attendait quelqu'un.

Shae s'était aussi tournée vers lui quand elle l'avait entendu mais elle était retournée à sa conversation avec Jon, comme si tout était normal. Sansa n'avait jamais eu de profs aussi proches. Elle savait qu'ils assistaient souvent aux matches, mais jamais avec les élèves... Cela la gêna énormément et elle ne savait pas vraiment quoi dire... Dieu, qu'elle se sentait stupide !

- Vous savez, dans l'Antiquité, reprit Baelish, ignorant son silence, les femmes n'étaient pas acceptées dans les gradins. Les jeux étaient d'une telle violence et provoquaient une telle excitation que c'était presque dangereux pour elles d'y assister. Sans compter que les athlètes étaient alors entièrement nus.

Sansa devait être entre le tomate et le pivoine à cet instant. Il parlait de nudité comme si c'était la chose la plus naturelle du monde ! Elle n'osait même plus le regarder ! Mais cela ne semblait pas vraiment être un problème pour lui : il s'approcha d'elle.

Sansa se demanda si elle avait déjà été aussi tendue de toute sa vie... Il était... si prêt. Trop prêt...

Au fond, elle avait déjà été plus proche d'autres personnes : ses frères, ses parents ou même ses amies. Mais rien n'avait la nature... dérangeante de cette proximité-là. Baelish respirait la tension sexuelle. Il était si proche d'elle qu'elle pouvait sentir son souffle chaud et humide contre son oreille. Il faisait voler des mèches de cheveux à chaque fois qu'il parlait, la chatouillant. Son épaule la frôlait à peine et sa cuisse ne touchait pas la sienne, mais... Il était si proche de son oreille, de son cou. La chaleur semblait atteindre des sommets. Sansa n'avait qu'une envie : le repousser. Il éveillait des choses trop étranges en elle. Des choses qu'elle n'avait pas envie de ressentir. Elle voulait chasser la chaleur qui s'installait peu à peu en elle, mais elle était coincée entre le corps de Shae et celui de Baelish. Il semblait incapable de s'arrêter de parler, ses lèvres presque contre son oreille, lui donnant de plus en plus de frissons. Pourquoi ne s'en allait-il pas ? Elle ne lui répondait pas depuis le début de la conversation...

- C'est toujours une merveille de voir entrer Clegane junior dans l'arène. Regardez toutes les filles du stade... Toutes hypnotisées par la bestialité. La même bestialité qui leur fait si peur en dehors des matches. Sansa ne put s'empêcher de regarder autour d'elle. Il eut un sourire et continua. Ce sont les instincts les plus primitifs qui se réveillent par l'exposition de la violence. Au fond, ils sont surtout en train de montrer qu'ils sont des bons partis pour un possible accouplement avec une des ces demoiselles...

Robb était dans ce stade aussi. Elle était sûre qu'il était bien plus regardé que Sandor. Il était tellement plus beau. Ces affirmations l'avaient choquée et la gênaient au plus profond de son être. M. Baelish était en train de lui montrer son point de vue sur le monde : une jungle géante pleine d'animaux en rut. Elle détestait cette version.

Elle ne comprit que c'était une mauvaise idée que lorsqu'elle se tourna vers lui. Sa bouche , qui était si proche de son oreille, se retrouva proche de la sienne. A vrai dire, elle était persuadée que quiconque les regardait de loin pensait qu'ils étaient en train de s'embrasser. Elle essaya de reculer dans la mesure du possible. Il recula également, la laissant respirer. Il sourit. Un sourire de circonstances qui laissa ses yeux brûlants et sérieux s'égarer sur ses bras nus. Elle aurait voulu être vêtue d'une combinaison à ce moment-là...

Mais tout aurait été tellement facile si elle avait juste voulu le repousser.

En vrai, elle ne savait pas tellement ce que son corps voulait. Sa tête repoussait son professeur, un homme qu'elle connaissait à peine et qui osait lui parler de choses si honteuses. Son corps, lui, semblait lui demander de toutes ses forces la chaleur de la proximité de M. Baelish. Elle se choquait elle-même. Elle se détestait de sentir ça...

Elle n'osa pas jeter d'autre regard sur M. Baelish et se tourna vers le match. Elle regardait son frère en essayant de faire attention au jeu. Pour une fois, Petyr se tut mais elle le sentait l'observer. Pourquoi ? Quel intérêt avait-il à fréquenter des étudiantes aussi jeunes et stupides qu'elle ? Il pourrait séduire n'importe quelle femme... Peut-être se trompait-elle sur ses intentions ? Peut-être...

Non... Avec cette main s'attardant sur sa cuisse, elle doutait que ses intentions soient remises en question. Mais la main ne resta pas. Sansa ne savait plus vraiment si elle avait voulu qu'elle reste là ou si elle était soulagée. Elle ne savait plus grand chose, à vrai dire. Elle releva la tête vers M. Baelish, craignant tout de même de l'avoir offensé par son silence. Mais il n'y avait nulle trace d'animosité dans son regard. Ses yeux (dont elle n'arrivait toujours pas à déterminer la couleur) la fixaient, la transperçaient et elle pouvait y voir une sorte d'intérêt profond. Il cherchait à regarder à travers elle et... Elle n'avait jamais été regardée de cette manière. Elle n'avait jamais intéressé un adulte qu'elle considérait comme intéressant.

Ce sentiment était grisant.

Il lui sourit et se pencha sur elle une dernière fois :

- Le devoir m'appelle ailleurs mais nous nous reverrons...

Puis, il remonta les gradins avant de disparaître. Sansa se retourna pour le regarder partir. Son regard s'attarda légèrement sur son jean, juste sous son blouson de cuir. Elle voulut se gifler dès qu'elle s'en rendit compte. Quand elle se retourna, les yeux sur le match, son regard fut tout de suite attiré par Sandor qui faisait une passe décisive. Elle serra les cuisses.

Ils avaient gagné. La joie embrasa le stade. Tout le monde se leva, cria et acclama les joueurs. Sur le stade, les joueurs se félicitaient et Robb alla même serrer la main du capitaine adverse.

Sansa ne put s'empêcher de penser à ce que M. Baelish lui avait dit sur la joie animale quand elle vit Ross se jeter dans les bras de Theon. Une des filles derrière elle jeta son t-shirt aux couleurs de l'équipe et tous les garçons se retournèrent pour faire des photos. Sandor retira son casque, libérant ses cheveux couverts de sueur et se débarrassa de son maillot. Sansa regarda tout de suite ailleurs... Mais il semblait qu'elle n'allait pas s'échapper si facilement...

- Sansa ! s'écria la voix hystérique et stridente de Ros. Sansa ! Oh, tu dois être tellement heureuse ! Tu vas pouvoir honorer ta promesse ! Quelqu'un a un appareil photo ?

- Ros... plaida Sansa...

- Non, non, il n'y aura pas d'échappatoire !

- Mais de quelle promesse vous parlez ? demanda Theon, avec un sourire à la fois pervers et amusé.

- Sansa doit embrasser son champion, déclara Ros.

- Qui ? Loras Tyrell ? Il a marqué le dernier but...

- Non, non... Vous verrez, fit Ros, donnant un clin d'oeil à son amie avant d'occuper la bouche de Theon.

Si la présence de Petyr à la fête post-match de Joeffrey pouvait sembler étrange, voire inappropriée, celle de Sansa dans ce lieu de débauche était complètement absurde.

Les joueurs s'étaient douchés et changés ainsi que les pom-poms girls et tous étaient enfin arrivés au manoir des Baratheon. Beaucoup étaient déjà venus et connaissaient cet endroit comme leur bar favori. Les parents étaient partis, laissant la jeunesse dans la liberté la plus totale et la plus dangereuse pour la soirée. La boisson coulait à flots. Deux chambres étaient déjà occupées, dont l'une par Ros et Theon.

Ce genre de soirée avait l'air anodine mais c'était le genre d'évènement à ne pas louper si on voulait s'intégrer avec succès dans le lycée.

Robb était très entouré, autant de filles que de garçons et il parlait du match, complimentant tout le monde, une bière à la main. Sansa ne pouvait s'empêcher de penser que son père avait du être comme ça dans sa jeunesse. Elle vit Jon essayer d'intégrer le groupe, mais avec peu de succès puisqu'il ne connaissait pas grand chose au football. Elle n'essaya donc pas de les rejoindre et continua sa découverte du manoir et de ses surprises.

Dans la cuisine, un petit cercle jouait à ses jeux d'alcool avec des enjeux si... sexuels que Sansa n'osa pas non plus s'y intégrer. Sa propre indifférence à la vue d'un Joffrey déjà complètement saoul, penché sur une des plus jolies pom-pom girls, tentant vainement de sa déshabiller la choqua. Mais d'un côté... ils étaient jeunes, ils faisaient la fête... Tout était dans un brouillard brouillon, rien n'importait. Tout serait oublié demain. Officiellement. Et puis, pour être franche avec elle-même, Sansa ne cherchait pas Joeffrey.

Elle cherchait Sandor Clegane.

Dire qu'il y avait à peine deux jours, il lui faisait tellement peur avec ses cicatrices qu'elle osait à peine lever les yeux sur lui... Mais entre temps, M. Baelish était arrivé... Sansa ne pouvait s'empêcher de lui donner raison plus la soirée se déroulait. Il semblait que le sport, la démonstration organisée de la force ait réveillé les appétits sexuels de tout le monde.

Même les siens. Il semblait que M. Baelish y ai veillé avec une attention toute particulière. Encore heureux, personne ne lui avait encore proposé d'alcool ou d'autres substances qui semblaient de mise ce soir.

Sansa alla faire un tour dehors, dans le cul de sac où les motards faisaient rugir leurs moteurs, buvaient, impressionnaient les filles avec leurs figures... Arya était parmi eux. Mais elle n'avait rien à voir avec toutes les autres filles : elle n'était pas là, à se pavaner avec les seins presque à l'air, le maquillage aussi grossier que les manières... Arya était en jean, converses et t-shirt, petite, fluette, mais elle avait une bière à la main aussi, ses cheveux courts dans les yeux, criant (de façon très peu féminine) à un certain Gendry qu'il pouvait quand même faire mieux qu'un certain 'Hotpie' (sérieusement, d'où venait ce surnom ?)

On la dévisagea dès qu'elle s'approcha du groupe. Visiblement, elle n'était pas la bienvenue avec ses airs de jeune vierge innocente (ce qu'elle était). Elle n'osa même pas aller déranger sa soeur et allait partir quand plusieurs cris la firent se retourner.

Apparemment, ces bruits de porc qu'on égorge étaient des cris de bienvenue. En effet, une autre moto venait de se garer sur le bas côté et le motard retira son casque. C'était Sandor en jean avec un blouson en cuir. Il salua les sauvages amis de sa soeur et leur lança :

- Je salue les lopettes à l'intérieur et j'arrive !

Sa voix, quand elle était forte et presque joyeuse avait cet accent brûlant qui se répercuta sur chaque centimètre de la peau de Sansa qui se sentit frissonner à peu près de la même manière que lorsque M. Baelish l'avait touchée mais cette fois-ci, ça lui semblait à peu près normal.

Il la remarqua. Ses yeux semblèrent s'assombrir. Elle baissa les yeux : était-il donc si contrarié de la voir ? Il était vrai qu'il ne ressemblait pas aux filles qui étaient bien plus dévêtues et plus courageuses qu'elle, mais... Elle se sentait triste tout de même. Elle serra ses bras autour d'elle pour se protéger du froid soudain et regarda les fenêtres allumées du manoir : elle ferait mieux de rentrer aussi...

Un blouson tomba sur ses épaules. Elle se tourna vers lui, mais elle savait déjà qui c'était. Sandor la regarda, en t-shirt, ses yeux fixés sur elle comme s'il pouvait la clouer littéralement au sol. Sansa était à peu près sûre qu'il pouvait.

- Il fait plus chaud à l'intérieur, marmonna-t-il pour l'inviter dans le manoir.

Elle se contenta d'hocher la tête, pas tout à fait sûre de ce qu'elle devrait dire. Il n'était pas le genre à apprécier les paroles en l'air. Ils marchèrent ensemble, en silence. Il ne la toucha pas, pas comme dans les films où le héros couvre l'élue de son coeur avant de passer son bras autour de sa taille pour la protéger... Mais Sandor n'avait pas grand chose d'un héros de films.

Ils rentrèrent dans l'atmosphère brûlante de la débauche.

Ros et Theon semblaient déjà avoir fini dans la chambre et ils étaient dans un canapé, chacun avec une bouteille de vodka, Ross confortablement installée sur les genoux de son nouvel amant.

L'entrée de Sandor fut acclamée mais cette fois-ci, le jeune homme sembla moins bien le prendre. Il semblait tendu, comme s'il était conscient de l'hypocrisie et du degré d'alcoolisation des adolescents qui criaient son nom. Quelques pom-pom girls s'accrochèrent à son cou pour poser des petits baisers de circonstance sur la joue qui n'était pas brûlée. Sansa s'écarta un peu, se sentant à la fois jalouse et déplacée. Elle considéra devenir une pom-pom girl un instant, avant de le voir repousser une jeune fille assez saoule pour s'accrocher à son cou plus de dix secondes.

- Sansa ! Alors, tu n'as pas honoré ta promesse en secret, j'espère ! s'écria Ros, plus fort que tout le monde.

Apparemment, tout le monde semblait au courant (en fait, ça n'avait rien de très étonnant : Ros avait publié sur l'évènement Facebook que Sansa allait embrasser Sandor à la fête s'ils gagnaient) et tout le monde acclama en sortant ses appareils photos, portables et autres moyens d'immortaliser le moment. Tout le monde. Même Theon. Sansa chercha ses autres frères du regard mais n'en trouva aucun.

Elle se sentait devenir de plus en plus rouge au fur et à mesure que les gens se tournaient vers eux.

Le seul qui ne semblait pas au courant était Sandor. Elle sentait son regard sur elle, mais elle n'avait pas vraiment envie de le regarder en ce moment. Elle trouvait ses chaussures nettement plus intéressantes, tout d'un coup.

Ros arriva avec deux verres de vin et les poussa dans les mains des deux concernés :

- C'est quoi cette affaire ? grommela Sandor, acceptant quand même le verre.

- Sansa a promis qu'elle t'embrasserait si on gagnait et on a gagné ! Allez, allez, pas de chichis !

Sansa but un peu de vin et s'apprêta à redonner le verre à Ros quand celle-ci repoussa le verre contre ses lèvres :

- Non, on boit tout, allez, vous faîtes pas prier, tout le monde attend !

Sandor la regarda et cette fois-ci, Sansa leva les yeux vers lui. Elle tenta un petit sourire désolé :

- Elle m'a forcé, tenta-t-elle de s'expliquer.

Elle avait horriblement peur qu'il la prenne pour une fille facile, le genre de fille à aller en soirée, à embrasser n'importe qui et à finir saoule jusqu'à en vomir. Il vida son verre d'un trait et le reposa sur le bar tellement fort que Sansa crut qu'il allait cassé. Elle se demandait s'il allait être aussi brutal avec elle... Elle finit son verre.

Sansa n'était pas habituée à l'alcool. Elle n'en prenait que pour les grandes occasions, un fond de champagne avec ses parents, dès fois un peu de vin. Mais autant de vin d'un coup, non... Elle sentait déjà les effets... Ros leur avait servi le verre : elle était persuadée qu'il n'y avait pas que de l'alcool dedans.

Sandor se tourna vers elle quand Ros les entraîna dans le salon où tout le monde les attendait. Robb avait une fille sur les genoux et ne sembla même pas surpris de la voir ici en compagnie de quelqu'un comme Sandor.

Ils se firent face. En vrai, elle n'était pas obligée de lui «rouler une pelle». Elle avait promis un baiser mais elle n'avait pas précisé quel genre de baiser. La jeune fille se mit sur la pointe des pieds et posa doucement ses lèvres contre la commissure des siennes, du côté non-brûlé de son visage. Ils étaient déjà très près et Sansa pouvait sentir la chaleur corporelle de Sandor contre sa peau : c'était à la fois réconfortant et consumant. Il y avait bien sûr des accents de ce qu'elle avait ressenti avec M. Baelish, mais... elle se sentait plus en sécurité avec Sandor. Il ne la dominait pas, il la protégeait.

Il n'y avait pas cet accent interdit qui était terriblement excitant avec son professeur. Il lui semblait qu'elle pouvait tout faire avec Sandor : il avait à peu près son âge et s'il était dangereux, il était tout à fait normal pour une fille de son âge de s'intéresser à un garçon comme lui. Alors qu'avec son professeur... Même parler en dehors des cours et surtout le moindre contact physique était si interdit et si mal moralement que ça suffisait pour avoir l'air érotique.

Quand Sansa s'écarta, tout le monde protesta :

- Nooon ! Sansa, on parle d'un baiser, d'un vrai ! Allez ! cria Ros, parmi la foule.

Sandor resta silencieux, comme si le baiser l'avait envoyé sur une autre planète.

- Sansa, embrasse-le pour de vrai ou je demande à toute la pièce de scander ton nom jusqu'à ce que tu craques, menaça Ros. Tu as promis.

Le calvaire n'était pas terminé. La jeune fille se sentait bloquée, incapable de faire le moindre mouvement devant cette foule de personnes dont la plupart étaient des inconnus.

Alors Sandor décida d'agir comme un véritable homme et prit les choses en main. Ce qu'il prit au sens premier du terme fut le visage brûlant de Sansa qu'il tourna doucement vers lui. Ses mains étaient calleuses et dures contrairement à celles de M. Baelish, mais le contact était moins menaçant...

- Ferme les yeux, murmura-t-il contre ses lèvres.

Elle ne sait pas pourquoi elle obéit. Dès qu'elle ferma les yeux, elle comprit : la foule qu'elle ne pouvait plus voir était tellement moins menaçante... Son visage aussi. Tout n'était plus que sensations.

Elle sentit ses lèvres contre les siennes. Elle se demanda s'il y avait un contact plus intime que celui-là. Leurs visages étaient si proches qu'elle pouvait sentir qu'il s'était mal rasé et qu'il avait l'habitude de se mordre les lèvres. Au début, leurs lèvres étaient juste pressées, puis, elle sentit quelque chose de mouillé contre ses lèvres. Oh.

Elle arrêta de réfléchir à ce moment précis. Elle ouvrit légèrement la bouche, il essaya de passer sa langue entre, mais se bloqua, elle ouvrit encore un peu plus et il était dans sa bouche. C'était une sensation si nouvelle qu'elle en était à la fois excitante et effrayante. Il entrait en elle, littéralement. Il allait plus loin en elle qu'elle n'avait jamais été elle-même. Il l'envahissait. Il envahissait un territoire conquis. Ses mains, tout aussi brûlantes que sa langue dans sa bouche et probablement aussi moites, allèrent se poser sur ses hanches. Pas sa taille, ses hanches. Elle se tendit un moment et se laissa aller. Elle retourna son baiser en touchant sa langue avec la sienne, un peu timidement et passa ses bras autour de son cou pour s'accrocher à lui, fatiguée de devoir tenir sur la pointe des pieds.

A ce moment-là, Sandor sembla perdre le peu de contrôle qu'il avait sur lui-même. Mais Sansa s'en fichait : elle avait les yeux fermés. Le monde pouvait s'effondrer autour d'elle, elle ne le verrait pas. Elle était comme aveugle : elle sentait. Elle était uniquement composé de nerfs. Il caressa sa langue avec la sienne, quelque chose qui aurait paru grotesque à Sansa il n'y avait pas deux minutes auparavant. La sensation se répercuta directement dans son bas-ventre, réveillant les sensations étranges qu'elle y sentait depuis que M. Baelish s'était assis à côté d'elle. D'ailleurs, il ne tarda pas à le sentir et elle ne tarda pas à sentir que ces sensations étaient réciproques.

Sandor avait du sentir qu'elle commençait à fatiguer car il raffermit sa prise sur elle et la souleva sans briser le baiser. Comme si c'était tout à fait naturel, elle enroula ses jambes autour de lui, pour se soutenir à lui avec autre chose que ses bras qui ne quittèrent cependant pas son cou.

Il la posa sur le dossier du canapé. Elle sentait. Elle pouvait sentir, même à travers leurs jeans. Il était sans doute aussi excité qu'elle. Elle pouvait le sentir, brûlant tout contre elle. Ce devait être l'extra de Ross dans le vin, mais elle ne pouvait pas réussir à trouver ça gênant.

Elle finit par briser le baiser, très naturellement. Elle manquait d'air, lui aussi. Leurs respirations étaient plus profondes, elle pouvait le sentir tout contre sa poitrine. Il eut visiblement du mal à la laisser partir, même s'il était à bout de souffle, car il mordit légèrement sa lèvre inférieure quand elle commença à se reculer un peu, juste assez pour ne pas tomber de l'autre côté du canapé. Puis, il enfouit son visage contre son cou, comme s'il était prit d'un soudain accès de timidité.

Sansa ouvrit les yeux et reprit contact avec le monde. Tout le monde criait des encouragements obscènes et sifflaient comme s'ils étaient des loups en rut. Joeffrey était le plus horrible d'entre tous avec ses cheveux décoiffés, ses joues rouges et sa bouteille de tequilla dans la main.

M. Baelish était là aussi. Il n'était pas loin de Joeffrey, un peu à l'écart, juste assez près pour voir la scène dans ses moindres détails. Il la regardait avec un intérêt si profond qu'il en était dérangeant. Il avait les sourcils légèrement froncés mais un petit sourire faisait briller ses yeux avec une lueur... Elle détourna les yeux...

- Je... Je ferais mieux de rentrer, murmura-t-elle à Sandor qui était toujours contre elle, désormais tendu.

Il ne dit rien mais l'aida à descendre du canapé avant de la lâcher comme si elle brûlait. Elle devait probablement brûler. De honte ou de désir, mais elle devait brûler.

- Si tu veux, je te raccompagne, lui proposa-t-il, grommelant toujours.

- J'ai l'impression que les autres n'ont toujours pas fini la soirée, en effet...

- Bien, préviens-les quand même. Je t'attends dehors.

Puis, il partit, bousculant un jeune homme sur son passage. Celui-ci n'osa pas protester. Avant de claquer la porte derrière lui, il rugit, visiblement très très en colère :

- Si la moindre preuve de tout ça se retrouve sur Facebook... Vous n'irez jamais au bal de promotion...

Il y eut un silence, puis quelqu'un eut l'idée géniale de remettre de la musique et ce, à fond. Tout le monde se mit alors à danser.

Sansa était très heureuse qu'on ne s'occupe plus d'elle, mais elle dut galérer pour retrouver ses frères sur la piste de danse. Elle trouva Jon qui cherchait Shae du regard, sans oser l'avouer verbalement. Elle lui dit où était Arya et qu'elle allait rentrer avec Sandor. A cette annonce, il fronça les sourcils :

- Tu vas... ?

- Non ! s'exclama Sansa avant même de réfléchir à ce qu'il pouvait vraiment sous-entendre. Il va juste me raccompagner. Ros a mis un truc dans mon verre... J'ai besoin de dormir...

- D'accord, fais juste gaffe à ce que Maman ne te vois pas avec lui...

- Promis. Passe une bonne soirée... Et Shae est dans les toilettes, elle a trop bu, je crois...

Jon hocha la tête, l'embrassa sur la joue et se précipita aux toilettes pour aider sa bien-aimée.

Sansa se dirigea vers la sortie sans voir Petyr l'observer en sirotant son verre de gin. Elle rejoint Sandor qui venait de s'allumer une cigarette, appuyé à sa moto.

- Ils vont nous suivre. Gendry va en profiter pour ramener ta soeur. Elle est bien trop jeune pour boire autant, fit-il en montrant le groupe de motards qui se préparait à partir.

Sansa se contenta d'hocher discrètement la tête. Elle le regarda tirer sur sa cigarette. Elle avait de l'embrasser à nouveau. Comme ça dans le noir. Pas parce que c'était une promesse, pas parce que tout le monde les regardait. Elle avait juste envie de sentir les mêmes sensations. Elle voulait plus. Tout ce qu'elle avait voulu avec M. Baelish devenait possible avec Sandor.

Il lui proposa sa cigarette. Elle la saisit sans un mot, mais au lieu de tirer dessus, elle l'écarta d'eux et l'embrassa à nouveau. Au début, elle se contenta de poser ses lèvres sur les siennes, sans chercher à approfondir le baiser. C'était plus confortable, maintenant qu'il était sur sa moto : elle n'avait pas à se mettre sur la pointe des pieds. Il resta un instant sans réagir et soudain, il prit son visage dans ses mains à nouveau, l'attirant contre lui, écartant les genoux pour qu'elle sente son membre dur contre elle. La cigarette tomba de ses mains et elle ne savait pas trop quoi faire de ses mains, alors elle entoura son cou à nouveau. Leurs torses se rencontrèrent à nouveau. Le contact était grisant. Les tissus se frottaient, ils partageaient leur chaleur corporelles et ils étaient prêts à brûler.

Les mains qui se trouvaient sur son visage se trouvèrent soudainement dans ses cheveux et, très vite, sa queue de cheval tomba, ses cheveux se répandant sur son visage et ses épaules. Il l'écarta de sa bouche un instant, pour l'admirer. Elle se sentait si belle en ce moment-même. Sa bouche était douloureuse d'avoir été autant embrassée, elle devait être rouge, comme ses joues et ses cheveux tombaient devant ses yeux qui devaient être dilatés et assombris par le désir... Un peu comme ceux de M. Baelish dès qu'il la regardait. Il se pencha à nouveau pour l'embrasser. Elle ne savait pas ce qu'elle voulait, mais elle voulait plus. Embrasser n'était plus suffisant. Sa peau, la moindre parcelle de son corps appelait un contact physique plus poussé. Elle se pressa un peu plus contre lui pour pouvoir le toucher plus, passant ses mains dans ses cheveux, sentant sa peau dessous... Il avait du mal à respirer et ses mains descendaient, un peu comme une longue caresse, le long de son cou, sur ses épaules, dans ses cheveux, sur sa taille, ses hanches et...

- Hey, vous venez où vous allez baiser sur cette moto ? appela l'un des motards.

- Tu fais bien de regarder, lança Sandor, puisque ça va pas t'arriver avant longtemps...

Tout le monde rit et Sansa s'assit derrière Sandor, ses bras s'enroulant tant bien que mal autour de sa taille. Il démarra et se lança à la poursuite de ses amis.

La vitesse était délicieuse, délirante. Sansa avait bu, elle avait prit une drogue qu'elle ne connaissait même pas, elle avait embrassé un homme qu'elle connaissait à peine, elle était sans casque, les cheveux détachés, à l'arrière de la moto de l'homme en question. Elle ne put s'empêcher de rire. Comme ça, sans raison précise. Parce qu'elle était heureuse. Elle serra Sandor un peu plus, ses doigts frôlant à peine la bosse dans son jean. Il serra l'accélérateur un peu plus. La moto arriva à la hauteur d'une autre où une barbie vulgaire avec son rouge à lèvre étalé sur la moitié de son visage était posée. Elle regarda Sansa en souriant et lui cria :

- Toi, t'es high ! fit-elle de sa voix éraillée par la cigarette.

- Ouais, je crois bien, lui répondit-elle. Je crois que je suis heureuse, ajouta-t-elle.

La barbie haussa les épaules en souriant.

Continue Reading Next Chapter

About Us:

Inkitt is the world’s first reader-powered book publisher, offering an online community for talented authors and book lovers. Write captivating stories, read enchanting novels, and we’ll publish the books you love the most based on crowd wisdom.