Lolita

Are you kidding me ?

Bonjour tout le monde !

Que dire d'autre sinon que je suis désolée du retard qu'a mit ce chapitre à arriver ? La première moitié était écrite depuis longtemps, mais j'ai eu quelques soucis pour le terminer. J'ai juste tellement de projets en cours avec de nouvelles idées etc. Bref, en tous cas si vous êtes là, merci de continuer à me lire.

J'ai lu vos reviews avec une grande attention et j'ai essayé de vous satisfaire un peu tous, même si dès fois, vous allez contre mes projets originaux. Je vous remercie à tous d'avoir reviewé, c'était adorable de votre part ! J'aimerai juste que vous me donniez une adresse mail, un site, quelque chose du genre si vous me reviewez en anonyme en me posant des questions, comme ça, je pourrais vous répondre. Merci aussi pour les 11 follows et les 4 favoris, ça fait toujours chaud au cœur d'un auteur (même si c'est un auteur qui ne les mérite pas, mais passons…)

Je voudrais juste qu'on prenne tous une minute de silence pour Ros. Ce chapitre lui est dédié.

Bonne lecture et au prochain chapitre ! (harcelez-moi pour avoir la suite =))

Votre dévouée,

AO.

Chapitre Deux : Are you kidding me ?

Sansa allait probablement mourir de honte. Elle se demanda comment elle allait faire pour rester crédible en jeune fille innocente dans son uniforme en traversant la cour du lycée qui était remplie de personnes qui l'avaient vu rouler la pelle de sa vie à Sandor Clegane.

Mais si ce souci était assez perturbant, ce n'était rien par rapport à ce qui l'attendrait quand elle retrouverait Sandor et M. Baelish. Comment allait-elle se comporter ? Devrait-elle faire comme si rien de tout ça ne s'était passé ? C'était une solution tentante, mais elle se doutait bien que Sandor n'accepte pas qu'elle l'embrasse (deux fois!) pour le repousser ensuite. Cela briserait le coeur à n'importe qui.

Et M. Baelish ? Que faire de lui ? Il l'avait touchée, lui aussi. Très peu et le tout était resté très allusif (rien à voir avec les baisers langoureux de Sandor) mais il lui avait tout de même parlé de choses très peu prudes et... il l'avait vue. Il l'avait vue embrasser Sandor, il était probablement au courant que...

Sa douleur à la tête ne s'était pas calmée. Il lui manquait des heures de sommeil et elle allait probablement tuer Ros pour lui avoir donné ça et l'avoir poussée à être aussi... dévergondée. Elle allait probablement mourir de honte...

- Allez, la meute, fit Robb, sans doute celui qui était dans le pire état, avec Theon qui dormait sur le siège passager. Je sais que c'est dur, mais quand il faut y aller...

Pour montrer l'exemple, il ouvrit la portière et descendit du van Stark. Sansa inspira profondément, vérifia l'état de ses collants et sortit aussi.

Elle traversa la cours avec ses frères et sa soeur, espérant que, pour une fois, ses cheveux d'un roux si étrange pour une Stark, passent inaperçus. Raté, à coups sûrs : elle pouvait sentir tous les regards tournés vers eux. Vers Robb, le capitaine de l'équipe qui avait gagnée hier, vers Theon qui avait finit par vomir sur Gregor Clegane (qui, heureusement pour lui, était déjà en train de dormir), vers Jon qui avait aidé Shae à vomir et n'avait pas osé lui en demander plus, vers Arya qui s'était intégrée dans un groupe de dernière année malgré son jeune âge, vers elle, Sansa qui avait embrassé Sandor devant tout le monde... Quel exploit...

Peu à peu, la meute se démantela, chacun allant devant sa salle de cours ou avec leurs groupes d'amis. Sansa quitta Robb et se dirigea devant sa salle de littérature. Elle avait trois heures de cours avec lui... Comme elle redoutait cet instant ! Joffrey était assis par terre, devant la porte, visiblement mal remis de ses jeux d'alcool de la nuit dernière. A ses côtés, se tenait Sandor, droit, presque frais mais avec un air très renfermé. Il ne l'avait pas encore vue : il était en train d'essayer de faire taire Ros en ne répondant à aucune de ses remarques visiblement sûrement sur la nuit dernière.

- Salut, fit-elle très doucement en arrivant.

- Sansaaaa ! cria Ros en la prenant dans ses bras, lui perçant le crâne avec son cri. Alors, je ne savais pas que tu renfermais ça... Une vraie mangeuse d'hommes !

- Ros, commença Sansa, qu'y avait-il dans mon verre ?

- Peu importe, je suis tellement contente pour vous deux ! On dirait que c'est le début d'une belle histoire...

Sansa rencontra les yeux de Sandor. Depuis qu'elle l'avait embrassé, elle avait un peu moins peur de ses cicatrices. En vrai, elles faisaient partie de son charme sauvage et violent. Du personnage qu'il s'était fait autour de lui-même... Elle lui sourit. Il fronça les sourcils, visiblement surpris et... gêné.

Pour lui aussi, ce devait être juste un baiser (enfin deux) d'un soir, à oublier le lendemain...

- Je ne sais pas, fit Sansa, tu sais...

- Oh nooon, Sansa, s'il te plait, plaida Ros, ne brise pas le coeur de Sandor, s'il te plait, tout le lycée rêêêve de le voir avec une petite amie...

Sansa dut faire tout ce qu'elle pouvait pour ne pas éclater de rire. Le regard des autres était le seul objectif de Ros. Malgré ses nombreuses expériences sexuelles, elle restait une personne très innocente.

- Mais vous avez sans doute besoin d'un peu de temps et de solitude pour en parler... commença Ros...

Shae arriva comme un deus ex machina. Elle portait un uniforme un peu plus couvrant et ne semblait pas très bien réveillée non plus, portant un café à la main :

- Sansa, je dois te remercier pour le frère formidable que tu as, fit-elle d'une voix à demi-endormie.

La jeune fille ne put s'empêcher de rire un peu.

- Oh, oui, et ton autre frère est très marrant... et un coup au lit... Oh Mon Dieu. Sans rire, Shae, je te le recommande, quand il n'est pas bourré, bien évidemment...

- Pourrait-on arrêter de parler de mes frères comme ça ? demanda Sansa, un peu choquée.

- Bien sûr, j'allais oublier de te féliciter sur ta performance d'hier soir...

Joffrey eut soudain envie de vomir (encore) à cause de l'odeur du café de Shae et Sandor se précipita sur l'occasion pour l'accompagner aux toilettes, les quittant. Shae le regarda partir du coin de l'oeil et, dès qu'il fut hors de vue, elle s'exclama à nouveau :

- Il est vraiment à fond sur toi ! Et puis, d'après ce que j'ai vu, tu l'aimes plutôt bien, non ?

- Les filles, j'avais bu et, merci Ros, j'avais pris un truc... Je n'étais pas vraiment moi-même...

- Sansa, peu importe l'état dans lequel tu étais... Se détendre un peu n'est pas interdit et apprécier quelqu'un non plus...

- Je ne sais pas, fit la jeune fille, je le connais à peine...

- Propose-lui un rendez-vous. Un cinéma, un fast-food quelque chose du genre... fit Ros.

Soudain, M. Baelish se tenait derrière elle et venait de se forcer une place dans le petit groupe. Il était vraiment très très étrange pour un professeur ne put s'empêcher de penser Sansa.

- Allons, allons, mesdemoiselles, arrêtez de pervertir Miss Stark. C'était une très mauvaise idée de lui faire boire les petites recettes de Ramsay, la pauvre, à peine arrivée, elle doit être tourmentée par les deux créatures les plus débauchées du lycée.

La cloche sonna et M. Baelish ordonna à tout le monde de rentrer. Sandor et Joffrey arrivèrent un peu en retard.

Aujourd'hui, la moitié de la classe était endormie, l'autre moitié luttait contre le sommeil et Petyr lui-même avait du doubler sa dose de café quotidienne. Faire cours, parler fort et s'agiter était difficile, mais au moins, il ne s'effondrait pas pathétiquement sur son bureau comme Joffrey.

Mais, quand on a étudié Lolita depuis près de vingt ans, on s'ennuie souvent en faisant son cours. Surtout que, vu que tout le monde était endormi, il ne pouvait pas observer les gens se passer des petits mots, rire, se gratter le nez et dessiner sur les photocopies... Alors Petyr se fixa un autre but pour les trois heures à suivre : déterminer de quelle couleur étaient les sous-vêtements de Sansa...

Il était vrai qu'elle l'avait surpris hier... Il s'était attendu à un baiser un peu maladroit, gêné et court. Peut-être les mains de Sandor se seraient égarées et elle l'aurait repoussé, mais... Il avait été surpris. Il adorait être surpris, ça ne lui était pas arrivé depuis longtemps.

Cette fille avait un potentiel de femme fatale absolument troublant. Pendant le match, elle était toute timide, toute gênée, accrochée à ses morales et ses manières (celles de sa mère, il les reconnaissait) mais à la soirée... Un verre et elle devenait la fille dont tous ceux qui sont rentrés seuls ont pensé cette nuit. Lui-même y compris. Elle avait juste besoin d'être un peu poussée, mais elle pouvait devenir le genre de femme qui peut tout obtenir sur un plateau d'argent en battant des cils. Ross obtenait ce qu'elle voulait en couchant. Sansa n'aurait même pas besoin de l'embrasser : il ferait tout si elle retirait ses collants. Petyr avait un faible pour la beauté : dès qu'il voyait une belle chose, il voulait la posséder. Elles étaient tellement rare dans ce monde de brutes et de magasines de mode aussi castrateurs que les doctrines de fanatiques.

De quelle couleur étaient ses sous-vêtements ? Etaient-ils encore roses (ou blancs) et innocents ? Même après ce qu'il s'était passé la nuit dernière ? Ma foi, Sandor l'avait presque déshabillée devant tout le monde (d'ailleurs, ça n'aurait gêné personne : il avait même vu une fille trépigner de plaisir devant lui et ce n'était certainement pas la rudesse de Sandor qui pouvait provoquer une telle réaction) et ils seraient allés plus loin s'ils avaient eu un peu de paix. Petyr aurait adoré regarder... Il avait bien fait de diriger son attention sur lui. Il savait que Sandor avait le potentiel pour plaire à Sansa, alors il l'avait pointé du doigt en réveillant peu à peu son désir et il s'était retiré, regardant l'alchimie.

Maintenant que Sansa avait réalisé qu'elle pouvait ressentir de telles choses, il pouvait très bien aller vers elle et lui montrer qu'il pouvait (et bien mieux que Sandor) satisfaire ces désirs. Ce matin, la jeune Sansa s'était-elle introduite par effraction dans la chambre de sa mère pour lui voler des sous-vêtements bien plus féminins, bien plus osés ? L'image mentale de Sansa dans les sous-vêtements de Catelyn le força à se tourner vers le tableau, à respirer profondément en écrivant un des noms qu'il citait avant de reprendre son cours.

Mais, aussi plaisante l'hypothèse soit-elle, elle était peu probable. Sinon, elle n'aurait pas mit ces collants. Ces collants étaient la chose la plus irritante qu'il avait jamais vue. Ils le frustraient. Il avait envie de plonger sa main sous sa jupe et les baisser d'un geste sec. Comment pouvait-elle se balader avec des jambes de déesse et n'en montrer que la forme ?

Il quitta ses jambes des yeux et remonta sur son visage. Elle avait le coude sur la table, la main dans le creux de sa paume ouverte, sa main droite prenant des notes avec sérieux malgré sa fatigue. Il remarqua alors... Un sourire. Un léger sourire. Un sourire presque... moqueur et rêveur. Mais elle n'était pas dans un autre monde où elle était en train de perdre sa virginité avec Sandor. Non, elle était bien dans ce monde-ci et elle avait les yeux fixés sur lui.

Etait-ce seulement pour écouter le cours ? Il se sourit intérieurement et repensa à tout ce qu'il disait sur la vie et l'oeuvre de Nabokov. Non, ce n'était probablement à cause du cours... Elle le matait...

Petite Lolita, va, l'appela-t-il affectueusement dans ses pensées. Au fond, tu sens déjà que Sandor ne va pas être assez...

Il se retourna et la laissa regarder...

Quand la cloche sonna, tous les élèves le prièrent pour avoir une pause. Il essaya d'avoir l'air réticent d'abord et finit par le leur accorder. La plupart se précipitèrent à la machine à café. Joffrey était toujours en train de dormir et Sandor alla fumer avec quelques autres et Petyr ne manqua pas le regard ardent qu'il lança à Sansa qui était en train de s'étirer comme s'il pouvait lui dire de sortir avec lui d'un seul regard... Ah, si seulement les choses étaient aussi faciles...

Très vite, il ne resta que Daenerys, Jorah qui essayait tant bien que mal de lui faire la conversation, deux élèves endormis et Sansa. Et lui... Il était temps de faire la connaissance de la Sansa post-découverte du monde débauché de l'envie sexuelle.

Il s'approcha d'elle et elle tourna tout de suite la tête vers lui, faisant voler la natte qui reposait tranquillement dans son dos. Elle ressemblait à un animal sauvage : à la fois intriguée et effrayée. Il avait envie de tendre la main en signe de paix avant de caresser ses cheveux pour la rassurer. Elle finirait peut-être même par lui manger dans la main. ll se sentait sourire à sa propre comparaison.

Il s'assit sur le rebord de son bureau, faisant attention à ne pas pousser sa trousse. Il y avait des petits mots dedans... Petyr avait terriblement envie d'aller les pêcher et les lire. Mais il se concentra sur Sansa. Il saurait, avant la fin du cours, de quelle couleur étaient ses sous-vêtements. Il sortit une petite boîte blanche de sa poche et lui sourit :

- On dirait que la nuit dernière fut mouvementée, commenta-t-il de sa voix la plus douce et la plus calme possible, vous avez l'air épuisée.

Sansa ne put s'empêcher de rire un peu, gênée et regarda autour d'elle. Non, c'était inutile, personne ne lui viendrait en aide. Petyr ouvrit la boîte :

- Ne soyez pas gênée, j'y étais aussi : je suis sans doute aussi épuisé que tout le monde ici.

Il saisit une pilule à l'allure d'un bonbon rose pâle et la glissa discrètement entre ses lèvres, suivant avec attention son regard essayer de rester à la hauteur de ses yeux sans arriver à résister à jeter un regard à sa bouche. Puis, après tout ce manège, il lui proposa avec un air tout à fait dégagé :

- Une vitamine ?

Visiblement, il n'y avait pas de fichier : «que répondre à un professeur qui vous propose une vitamine de manière suspecte en cours» dans son code de politesse car elle sembla hésiter et finit par essayer d'avoir l'air de prendre ça à la légère. Elle hocha la tête :

- Oui, merci...

Il en prit une autre et la tendit à Sansa qui tendit la main pour la saisir mais il secoua négativement la tête, incapable d'effacer son habituel air moqueur de son visage en voyant la confusion envahir ses traits :

- Ouvrez grand.

Elle n'ouvrit pas grand la bouche, mais juste assez pour qu'il glisse ses doigts là, sans oser s'y aventurer et déposer la pilule sur sa langue. Elle avait les lèvres légèrement entrouvertes et les joues un peu rouges de honte. Il était sûr qu'elle avait eu le même air après avoir embrassé Sandor comme si c'était le dernier jour de sa vie. Et il n'avait fait qu'effleurer ses lèvres avec ses doigts en passant. C'était vrai qu'il l'avait touchée un peu plus qu'il n'avait voulu pour son self-control. A qui la faute ?

Il continua à la regarder et porta les doigts qui avaient été en contact avec sa bouche à sa propre bouche, comme pour profiter des dernières miettes d'un gâteau particulièrement succulent. Elle rougit très très profondément.

Beaucoup d'hommes se seraient attardés sur ses joues, les trouvant adorables ou à ses yeux baissés et timides. Mais Petyr avait l'habitude des jeunes filles. Il baissa aussi les yeux sous le bureau. Elle étaient en train de se tordre les mains posées sur ses genoux, ses cuisses fermement pressées l'une contre l'autre.

Oh, elle en avait envie. Elle en avait terriblement envie...

- Sansa, puisque nous y sommes (Verriez-vous le moindre inconvénient à ce que je m'agenouille devant vous et vous fasse découvrir ce qu'est vraiment le plaisir, le plaisir le plus interdit, le plus inavouable, en bref, le plaisir que vous n'aurez jamais avec Sandor ?) où en êtes-vous dans la lecture de Lolita ?

- Je... Je ne l'ai pas encore terminé (Elle semblait s'en vouloir) Je suis désolée, je...

- Non, non, ce n'était pas un reproche, la rassura-t-il immédiatement, décidant qu'il n'était pas encore temps de poser sa main sur la sienne dans un geste rassurant qui pourrait déraper. Quand vous aurez terminé votre lecture, j'aimerai que vous prépariez un exposé. Oh, quelque chose de court, une vingtaine de minutes.

-Bien sûr, sur quel thème ?

Bien trop polie pour demander 'sur quoi' comme la plupart des élèves l'auraient fait. Petyr sourit. De quelle couleur étaient ses sous-vêtements ? Avait-elle choisi la même couleur ? Avait-elle mit quelque chose de particulier ? Avait-elle prévu d'attirer Sandor pour lui montrer... ?

- Nous en discuterons quand vous aurez terminé la lecture. J'attend de vous que vous me proposiez des thèmes : ce qui vous a marqué, ce sur quoi vous voudriez travailler...

La cloche sonna et les élèves commencèrent à rentrer dans la salle de classe. Petyr regarda Sansa une dernière fois, lui sourit et regagna sa place près du tableau. Elle ne lui avait pas répondu parce qu'elle avait encore sa vitamine dans sa bouche et on ne parle pas la bouche pleine. Quelle jeune fille bien élevée. Il eut un sourire en coin et continua son cours.

- Il y a un nouveau CPE, déclara Shae quand Ros guida Sansa en direction du self après le cours de littérature.

- Oh, on a entendu mes prières alors, je ne pouvais plus supporter l'ancien. Tellement strict, moraliste et tout. Un jour, il a entendu que je suçais Pycelle pour mes notes, alors il me convoque dans son bureau, tout sérieux et tout avec son costume et il me sort tout. le. speech. «Mademoiselle, vous devez vous respecter et respecter le corps enseignant. Mademoiselle, vous déshonorez cet établissement. Que diraient vos parents de vous ?»

- Nooon, fit Shae, il a pas osé ?

- Si ! Alors, j'étais su-per énervée. Pour qui il se prenait ? Alors, je restais là sur ma chaise à me tortiller en faisant comme si j'avais honte. Je le voyais devenir nerveux et suer juste devant moi. Puis, quand il est arrivé à l'accusation en question, je lui ai dis : «Mais il avait l'air d'apprécier, je ne vois pas ce qu'il y a de mal si c'est bon.»

- Ros, nooon...

- Si, je t'assure ! J'ai cru qu'il allait exploser de colère ! Bon, la suite, tu la connais, je passe sous le bureau quoi... Eh bah franchement, il avait pas vraiment de quoi se vanter...

- Mais c'est pour ça que tu n'as aucun problème avec tes retards ! Tu aurais du me le dire !

- Non, j'avais juste tellement honte : je peux choisir qui je veux dans le lycée et je le choisis lui ? Hum, non, ça va rester entre nous...

- Mais, attendez, les filles... arrêta Sansa, posant une main sur le bras de Ros, les regardant avec un mélange d'inquiétude et d'incompréhension sur le visage. Vous voulez dire que Ros a... l'ancien CPE ?

- Oui, j'ai... près de la moitié du lycée, alors... lui aussi...

Sansa préféra rester silencieuse tandis qu'elles s'engageaient dans le self, s'asseyant à une table en face de celle des pom-pom girls pour les critiquer avec leurs petites salades, se défiant : à celle qui mangerait le moins sans tomber pendant un entraînement. Puis, Shae reprit :

- Donc, ils ont un nouveau CPE, ils disent que c'est l'oncle de Joff...

- Oh... Il est... du même genre ? demanda Ros.

- Non, pas du tout, j'ai l'impression. Mais il m'a déjà convoquée à cause de l'absence du cours de maths d'hier.

- Déjà ? Wow, il est rapide... Bon, on fais comment alors ?

- Bah, je vais le voir et je te fais un rapport, ensuite on verra...

- Tu veux qu'on t'en laisse une part, Sansa ? la taquina Ros.

- De... Pardon ?

- Oh, la pauvre, fit Shae, arrête un peu Ros. Elle est probablement encore vierge !

- S'il vous plait, fit Sansa en essayant de se cacher derrière sa bouteille d'eau, essayez de ne pas le crier partout...

- Ros vient de te demander si tu veux qu'on t'inclue dans notre répartition des bons coups du lycée.

- Non ! s'exclama Sansa, visiblement terrifiée à l'idée.

Bronn, le surveillant qui passait par là ne put s'empêcher de rire en regardant les deux plus grandes débauchées du lycée lier d'amitié avec la jeune fille la plus virginale des dixièmes années. Il fit un clin d'oeil à Ross avant de continuer son chemin : il n'avait eu l'occasion que de «rencontrer» Shae, mais si elles étaient amies...

Vers la fin du repas, le groupe de Joffrey vint s'installer près du groupe de Margeary, poussant quelques pom-pom girls sur le chemin. Parmi eux, il y avait Sandor. Il jeta un regard à Sansa qui le regardait depuis qu'il était arrivé sous les regards amusés de Ros et de Shae. Dès que leurs regards se rencontrèrent cependant, elle ne put s'empêcher de rougir et détourna le regard pour qu'il ne voie pas ses joues s'enflammer.

Entre le goût de la vitamine de M. Baelish et celui des lèvres de Sandor, Sansa se sentait... perdue. Elle se lança alors :

- Comment est M. Baelish ? demanda-t-elle très sérieusement aux deux jeunes filles devant elle.

Elles éclatèrent de rire, tellement fort que même Ramsay, à la table derrière elles, se retourna pour les regarder.

- Oh, tu t'attaques tout de suite au sommet de la pyramide, n'est-ce pas ? fit Ros.

- Eh bien, je... J'ai l'impression que...

- Aurions-nous une nouvelle gagnante ? demanda Shae en riant.

- Je... je ne sais pas... mais...

- Il est parfait, fit Ros, l'interrompant et Sansa n'avait jamais vu sa nouvelle amie aussi sérieuse. Il peut tout faire. Il est plus qu'un bon coup... C'est un génie du sexe : il peut rendre des trucs horribles attirants et il peut te convaincre de tout faire. Avec lui, tu trouves ton plaisir à chaque fois et c'est une garantie.

- Mais il est exigeant, rajouta Shae.

- Très. Il n'en choisit qu'une. Une par année. Inutile de revenir après. Et, bon... Il vaut mieux que tu sois prête à... tout.

Sansa se demanda si elle pouvait être encore plus horrifiée. Mais quel genre d'homme M. Baelish était vraiment ? Certainement pas l'homme cultivé et policé qu'il voulait lui faire croire qu'il était.

Ros aperçut Theon qui sortait du self. Elle mit alors dans sa bouche la dernière bouchée de son plat, se dépêcha d'avaler et se leva à son tour, saluant d'un signe de tête ses amies avant de se diriger vers la sortie. Mais Shae ne la laissa pas partir comme ça :

- Encore, Ros ? cria-t-elle pour rattraper son amie, mais qu'est-ce qu'il a de si particulier, ton Theon ?

La moitié du self se tourna vers les deux jeunes filles, à la fois scandalisés et curieux. Même Bronn sembla s'arrêter pour écouter la réponse. Ross se retourna sur ses hauts talons et fit face à Shae, faisant un geste très vulgaire impliquant son index et son majeur en 'V' et sa langue. La jeune femme ne put s'empêcher d'éclater de rire tandis que Ros s'enfuyait à la poursuite de Theon.

Quand elle reprit ses esprits, Shae tomba sur le regard encore curieux de Sansa.

- Tu te demandes encore tout un tas de trucs sur Baelish, pas vrai ?

- Oui... Pourquoi Ros l'appelle «Monsieur» Baelish alors qu'elle donne des surnoms à tous les autres profs ?

- Je sais que c'est difficile à croire, Sansa, fit Shae en se penchant un peu pour garder la conversation la plus discrète possible, mais Ros était vierge quand elle a commencé les cours l'année dernière...

- Ah oui ?

- Hum, hum... Une vraie jeune fille. Tranquille, ennuyée par tous les garçons qui lui tournaient autour parce qu'elle était bien foutue. Elle aimait un peu lire. Elle est tombée sous le charme de Baelish. Raide dingue, je te dis. Elle le matait en cours comme si sa vie en dépendait...Elle a écrit son nom sur un de ses soutien-gorges... Bref, à fond sur lui. Puis, il est venu lui parler d'un truc à la fin d'un cours et ça a... enfin, tu vois. Depuis, à la fin de chaque cours de littérature et un peu tout le temps, en fait, ils s'engageaient dans diverses activités... Sansa, si tu savais tout ce qu'il lui a fait faire... Et le pire, c'était qu'elle était consentante... Honnêtement, il ne faut pas dire du mal devant Ros, mais je pense que c'est plus le... démon du sexe, dit-elle en riant à moitié, que le dieu du sexe. Elle est encore à fond sur lui, la pauvre... Mais elle sait que c'est inutile... Il ne reviendra pas pour elle. Quand il va choisir une autre, elle va être vraiment être dévastée... Soirée alcool et glace en perspective...

Sansa baissa les yeux et piocha dans sa nourriture, son estomac trop noué pour avaler quoique ce soit. Quand les deux filles sortirent, elle fit un grand sourire à Sandor qui la regardait comme un chien protégeant son jeun maître.

Elle savait, maintenant, qu'elle devait se méfier de Petyr. Elle ne ferait pas la même erreur que Ros : elle ne tomberait pas dans son piège, elle ne serait pas sa victime. Jamais.

/

- Miss Lorath, vous comprenez qu'une absence injustifiée aussi tôt dans l'année n'est pas acceptable. Vous n'êtes pas encore majeure, alors il est normal que je demande une signature de vos parents...

- Ils ne sont pas à King's Landing, répondit-elle le visage fermé, la tête haute.

- Bon, alors d'un responsable légal majeur, répondit Tyrion, le nouveau CPE.

- Franchement, c'est la seule raison pour laquelle vous m'avez convoquée dans votre bureau ?

- Oui, on m'a dit que l'année dernière, vous aviez de nombreuses absences non-justifiées et je préfère mettre les choses au point tout de suite : ces absences peuvent peser lourd dans la décision du conseil...

- Oh... On vous a parlé de moi et c'est tout ce qu'on vous a dit : que j'étais souvent pas là ?

- Oui, pourquoi ? Devrais-je en savoir plus ?

Shae haussa les épaules et eut un petit sourire en regardant le nouveau CPE qui ne tarda pas à froncer les sourcils sous son regard scrutateur.

/

- Sérieux, Jon, elle n'en vaut pas la peine, essaya de le réconforter Robb.

La journée était finie et ils étaient tous les deux adossés au van de la meute (représentée par des loups peints en différentes couleurs sur le van blanc) et Jon allait mal. Il venait d'entendre les rumeurs sur Shae et elles étaient mauvaises...

- On est nouveaux, c'est normal qu'on ne trouve pas encore les vraies perles, les filles qui en valent la peine, mais ça ne veut pas dire qu'on ne les trouvera jamais...

- Tu as trouvé, lui fit remarquer Jon.

En effet, Robb était depuis peu en couple avec Talisa, la jeune major du cours de science qui enchaînait les actions de charité hors des cours. D'ailleurs Robb avait désormais un week-end chargé à cause d'elle, malgré le désaccord visible de leur mère : elle avait tendance à être protective avec ses enfants, surtout avec son fils aîné.

- C'est vrai... Mais demain, tu vas bien au club de photo, non ? Tu va rencontrer des filles là-bas, il y en a toujours au club photo...Et vous aurez les mêmes centres d'intérêt...

- ... Et il sera fort probable qu'elles soient aussi laides que celles de Winterfell...

Les deux partirent dans fou rire incontrôlable, se souvenant de cette Amanda qui était devenue amie avec Sansa parce qu'elle était la soeur de Jon (sa demi-soeur, certes, mais ils étaient de la même famille) et qui s'était inscrite au club photo alors que ça ne l'intéressait pas du tout dans l'unique but de séduire Jon. Mais le jeune homme n'avait pas été seulement repoussé par sa laideur, mais aussi son insistance à essayer de gagner ses faveurs. Il préférait les femmes plus sûres d'elles, plus matures... plus femmes...

- Hey, Arya ! fit Robb en apercevant leur petite soeur sur le parking, à la recherche du van.

Elle les repéra, leur sourit et dit en revoir à ses amis. L'un d'eux, un grand jeune homme aux cheveux noirs et à la peau tannée par le soleil, des muscles facilement repérables sous son t-shirt Les Smiths, portant un jean qui traînait par terre, ouvert au genou. Celui-ci se pencha pour essayer de lui faire la bise, mais elle se contenta de le frapper à l'épaule (gentiment, mais fort tout de même) avant de leur faire un signe de la main et regagner le van :

- Qui est-ce ? demanda Jon en montrant le jeune homme regarder Arya s'en aller.

- Lui ? c'est Gendry... Il joue dans ce groupe, The Brotherhood Without Banners, je crois... Grunge ou rock ou je ne sais trop quoi...

- Hum, fit Jon en épiant le Gendry en question, méfiant.

Sansa ne tarda pas à arriver, quittant Ros avant de rejoindre le reste de la meute qui n'attendait que Theon. Elle fut alors soumise à un interrogatoire serré et précis des fréquentations de Shae qui s'avérèrent aussi catastrophiques que les rumeurs disaient.

Quand Theon arriva, il puait tellement l'herbe que ses frères et soeurs durent l'asperger de déodorant et le gaver de chewing-gum à la menthe.

- Franchement, Theon, fit Robb en riant, se glissant derrière le volant.

/

Au niveau des motos, Gendry regarda le van blanc décoré de loups disparaitre au coin de la rue. Il soupira :

- Ah, ces Starks...

- A qui le dis-tu ? fit une voix profonde et grave derrière lui.

Il se tourna pour voir le redoutable Limier en train de libérer sa moto, son casque à la main, mais son regard encore posé sur le coin de la rue où le van avait désormais disparu. Puis, il secoua la tête, enfila son casque, enfourcha sa moto et disparut lui aussi.

/

Ce soir-là, à la table des Starks, ce fut Bran qui remarqua d'abord l'air abattu de Sansa :

- Sansa, tu n'as pas touché à ton gâteau au citron, fit-il avec son habituelle voix calme et mélancolique. Arya est prête à se jeter dessus...

- C'est même pas vrai ! s'écria la jeune fille brune en lâchant immédiatement la cuiller qu'elle tendait discrètement vers le dessert de sa soeur.

Ned et Cat, s'en voulant immédiatement de ne pas avoir remarqué le silence si inhabituel de leur fille aînée, abandonnèrent tout de suite leur conversation sur l'addiction à l'alcool de Robert Baratheon et se tournèrent vers la jeune fille qui semblait en effet, avoir un pied sur terre et l'autre dans le monde terrifiant, obscur et mystérieux des adolescentes. Elle soupira quand les conversations se calmèrent pour attendre sa réponse. Evidemment, comment pouvait-elle compter échapper au regard scrutateur et quasi-omniscient de son petit frère ?

Elle haussa les épaules :

- J'ai un exposé à préparer en littérature et je ne sais pas encore quel sujet traiter...

- Ton prof t'a donné un exposé à faire sans te donner le sujet ? demanda Ned, intrigué.

- Bah, je dois choisir après avoir fini de lire l'oeuvre et il me dira si ça lui va...

- Quelle est l'oeuvre que tu dois lire ? demanda Ned, essayant de comprendre son adolescente.

- Lolita de Nabokov, répondit-elle.

Il y eut un silence autour de la table parce que personne ne l'avait lu. Mais Sansa n'imagina pas sa mère soupirer, lever les yeux au ciel avant de murmurer : «Ça, ça ne m'étonne pas de Petyr»

Ce soir-là, quand Sansa ferma les yeux dans son lit, vêtue de son pyjama de petite fille rose et blanc, elle pria de tout son être pour ne pas penser aux doigts de son professeur sur ses lèvres. Mais après tout ce qu'elle avait mangé dans la journée, le goût de la vitamine restait intact sur son palais.

Voilà ! J'espère que vous avez apprécié ! Si c'est le cas ou pas, n'hésitez pas à me le faire savoir ! Pour vous, une petite trailer du chapitre suivant :

On verra Ygritte arriver. On verra plus de Dany. On verra un peu Cat et Ned (sortez vos mouchoirs) et bien sûr, les choses vont avancer entre Sansa et Petyr qui ont visiblement beaucoup de choses à se dire.

A la prochaine ! =)

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