Lolita

So, you think you can seduce me ?

Bonjour à tous !

Eh non, vous ne rêvez pas, voici un autre chapitre de Lolita ! J'espère qu'il vous plaira, même si je n'ai pas pu mettre tout ce que j'avais voulu mettre dedans. C'est la dernière fois que je fais des promesses quant aux chapitres parce que j'ai toujours de nouvelles idées qui surgissent à l'improviste.

Ce chapitre aura quelques répliques un peu choquantes, mais rien de pire que ce que vous avez déjà lu avec moi ! Courage ! Il ne reste plus beaucoup d'épisodes pour la saison trois !

En écrivant ce chapitre, je me suis inspirée de la soundtrack de quelques films noirs et des playmix « film noir » sur 8tracks que je recommande. La Violetera écoutée par Sansa est la version proposée dans City Lights.

Sur, que puis-je faire d'autre sinon vous remercier de votre soutien et de vos reviews et vous souhaiter une bonne lecture.

Votre dévouée,

AO.

Chapitre Trois : So, you think you can seduce me ?

Sansa était assise à sa coiffeuse et écoutait La Violetera. Elle se préparait pour aller en cours.

Là où sa fratrie se levait vingt minutes avant de partir, histoire de se doucher, d'enfiler un t-shirt, des jeans et de prendre un semblant de petit-déjeuner, Sansa était une fille du matin. Elle aimait se lever tôt, regarder le soleil se lever, se faufiler dans la cuisine, se servir un verre de jus d'orange, manger des céréales et une pomme, assise dans le canapé ou au bar, profitant du calme matinal.

Dès fois, sa mère la joignait et elles parlaient de choses et d'autres. Cat était le seul modèle féminin de la maisonnée. Ce matin, en terminant son petit-déjeuner, la jeune fille avait eu envie de demander conseil à sa mère, comme elle le faisait avant. Mais avant, elle lui demandait si ces collants bleus qu'elle avait vu en vitrine iraient avec sa jupe. Elle ne pouvait pas vraiment demander à sa mère si elle devait sortir avec Sandor ou se jeter dans les bras d'un de ses anciens amis, alias son nouveau professeur de littérature.

Alors quand Cat était descendue à la cuisine, Sansa l'avait seulement saluée et était partie se doucher.

Désormais, elle procédait au rituel matinal de la touche légère de maquillage. Une première crème, la base de fond de teint, la poudre blanche, un peu de blush rose discret. Un trait léger de crayon sur la paupière supérieure, un peu de mascara et un gloss léger à la cerise et elle se tourna vers sa garde-robe.

Elle hésita un moment devant sa collection de sous-vêtements : ils étaient tous encore très enfantins et ceux du fond du tiroir ne lui allaient déjà plus mais jusque là, elle avait été trop timide, trop impressionnée par les changements de son corps pour oser demander à sa mère de renouveler cette partie de sa garde-robe. Elle choisit donc un ensemble blanc très passe-partout et se tourna vers ses collants. Elle avait bien remarqué la manière que M. Baelish avait de regarder ses jambes. Beaucoup de filles ne prenaient pas la peine d'en mettre à cette période de l'année, comme Ros ou Shae. M. Baelish devait être habitué à choisir des cibles de ce genre.

Malheureusement pour lui, il avait croisé son regard et avait montré une grande attention pour ses jambes. Sansa eut un léger sourire en coin en choisissant sa paire de collants. Il devait être habitué à jouer de son charme, de sa position pour attirer ses élèves dans ses bras. Elle étendit une jambe parfaitement rasée devant elle et commença à enfiler son collant en écoutant la meute Stark se réveiller. Malheureusement pour lui, elle avait décidé d'être plus qu'une jeune fille de plus dans son jeu. Elle n'avait pas l'intention d'avoir le coeur brisé comme Ros. En revanche, il était peut-être temps pour lui de rencontrer quelques difficultés.

Elle ajusta le collant autour de sa taille et admira ses jambes désormais ornées de dentelle noire formant çà et là de chastes fleurs à travers lesquelles on ne pouvait voir que de petites tâches blanches que formaient sa peau sous le tissu. Sansa sourit à nouveau et enfila sa jupe, chantonnant en même temps que la chanson à l'arrière plan. Une fois à nouveau assise à sa coiffeuse, elle détacha ses cheveux, les coiffa et s'efforça à faire un effet coiffé / décoiffé qu'elle avait apprit à faire grâce au dernier magazine de sa mère. Avec ses boucles discrètes, sa chaîne presque invisible et une unique montre-bracelet, elle avait certes l'air d'une écolière innocente, mais elle savait que M. Baelish ne pourrait pas passer à côté de ses nouveaux collants et de l'effet presque sauvage de sa nouvelle coiffure.

Le temps d'enfiler ses chaussures, de mettre une touche du «Flower» de Kenzo sur son cou et ses poignets, de vérifier qu'elle n'avait oublié aucun de ses manuels, on l'appela en bas : la meute Stark était prête à aller au lycée. Sansa se regarda une dernière fois dans son miroir.

Elle aurait aimé être moins grande et avoir plus de poitrine. Elle détestait son nez, comme tout le monde. Elle devait faire un effort continuel pour se tenir droite. Elle était loin d'être parfaitement belle comme Ros ou Shae. Dès fois, elle se demandait même pourquoi M. Baelish la regardait. Peut-être pensait-il qu'elle était timide donc impressionnable et qu'elle se jetterait au cou du premier homme qui prêterait attention à son corps qui sortait de l'adolescence. Elle n'était peut-être pas parfaitement belle, décida Sansa en jetant un dernier coup d'oeil à son reflet, mais elle avait encore du respect pour son éducation et pour elle-même.

Elle éteignit son lecteur CD et descendit.

- Bronn, fit Tyrion en récupérant son gobelet de café de la machine. Je crois que j'ai fais une connerie monumentale.

- Déjà ? fit le surveillant, attendant son tour, adossé à la machine en question.

Les premiers élèves commençaient à arriver au lycée et le nouveau CPE les observait avec attention, cherchant le moindre défaut dans leurs uniformes. Il n'en trouva aucun (pour le moment) et cela l'énerva encore plus.

- J'ai... euhm... laissé une élève me... dans mon bureau. Hier, se confia Tyrion, sentant avec désespoir le rouge lui monter aux joues.

- Laquelle ? demanda le surveillant, comme s'il lui demandait quelle femme il avait ramené du bar la veille.

- Mademoiselle Lorath. Shae Lorath. Si mon père l'apprend, je suis bon pour aller mendier dans les rues.

- Convoquer Shae dans son bureau, c'était un risque à prendre, constata Bronn en choisissant un café court sans sucre.

- J'ai encore du mal à croire que c'est arrivé, fit Tyrion en se frottant le front comme si ça allait l'aider à faire disparaitre les évènements de la veille.

- Si tu as passé un bon marché avec elle, elle ne te trahira pas, crois-moi. Cette fille a un certain sens de l'honneur...

- Elle a sa propre version de l'honneur et des lois, rétorqua Tyrion en grommelant.

- Tu devrais essayer Ros aussi, une fois. Elle est pas mal, commenta Bronn en laissant sa place à la machine à café au suivant.

Tyrion fronça les sourcils, regarda Bronn longuement avant de revenir à son gobelet de café en soupirant :

- C'est bien le lycée de Robert Baratheon. Si Stannis voyait ça.

Elle allait le rendre fou.

Petyr essayait du mieux qu'il pouvait de se concentrer sur son cours d'introduction sur Lolita, l'oeuvre de Nabokov, mais il se trouvait que sa propre nymphette était décidée à le distraire.

Elle prenait ses cours vraiment sérieusement, au troisième rang, entre Ros et Joffrey et, à quelques instants, elle semblait totalement oublier son apparence pour noter consciencieusement tout ce qu'il disait. Il se demandait combien de temps il lui faudrait pour arrêter d'écrire ce qu'il disait s'il commençait à raconter tout ce qu'il avait envie de lui faire avec la même voix et le même ton qu'il utilisait pour parler de la migration de Nabokov aux Etats-Unis.

Mais il ferait mieux de revenir à son cours. Il avait un rôle à tenir. Il se surprit même à se concentrer sur d'autres jeunes filles pour essayer d'oublier Sansa Stark.

Il vit Ros qui lui souriait et n'écoutait probablement pas un mot de ce qu'il disait, sa chemise à moitié ouverte et sa jupe remontant sur ses cuisses à cause de ses jambes croisées. Petyr se demandait s'il pouvait lui demander une session pendant la pause sans qu'elle ne décide qu'il voulait la reprendre pour l'année. Probablement pas.

Il y avait toujours miss Targaryen. Solitaire, rêveuse, apparemment passionnée par la littérature quand ses jolis yeux ne se perdaient pas dans quel monde lointain que personne d'autre ne semblait pouvoir atteindre, même pas Jorah Mormont malgré des efforts répétés et courageux. La jeune fille était une des rares qui se donnait la peine de mettre des collants pour cacher ses jambes, comme Sansa. Aujourd'hui, les collants de miss Targaryen étaient blancs, simples...

Pas comme ceux de Sansa.

Quoiqu'il fasse, même en écrivant des dates et des noms d'auteurs critiques (oui, il en était déjà arrivé à la réception de l'oeuvre), il ne pouvait pas oublier le miracle qu'était la fille de Catelyn.

Quand il avait connu Cat, il était un gamin énamouré. Cat était une jolie jeune fille qui savait s'habiller comme une lady mais qui était assez jeune pour avoir envie de découvrir ce qu'on lui cachait, c'est-à-dire son propre corps. Elle était maladroite et inexpérimentée, plus encore que lui (il avait eu du temps pour se parfaire avec sa petite soeur, Lysa) mais volontaire et quelques fois très autoritaire. Il avait assisté au bougonnement de sa sexualité, de son corps. Ned devrait le remercier tous les soirs même s'il doutait que Cat lui ai raconté d'où provenaient tous ses talents.

Mais Sansa, il en avait la désagréable sensation, était déjà au stade supérieur. La façon dont elle le regardait des fois, ce léger sourire réprimé derrière ses cheveux savamment coiffés, ses jambes... Par tous les Dieux, ses jambes... Elle avait changé de collants et plus elle montrait, plus il sentait le mystère profond qui se cachait derrière les couches de tissus qui couvraient le jeune corps de Sansa Stark.

Pour la première fois depuis des années (depuis Catelyn, en fait) il se sentait frustré, il sentait qu'il n'avait pas tout le pouvoir. Il ne savait pas comment il se sentait mais il savait qu'il ne pouvait pas laisser passer Sansa Stark alias son unique chance de rédemption.

La cloche sonna. Il devait faire quelque chose.

Les élèves laissèrent leurs affaires sur les tables et allèrent sortir fumer, prendre un café ou discuter en groupes hors de la pièce. Seuls restaient Daenerys, ignorant toujours Jorah à moitié dans un des coins de la salle et Ros qui attendait visiblement Sansa en train de se lever.

Mais elle n'allait pas lui échapper comme ça. Il était grand temps qu'elle soit aussi frustrée que lui. Il s'approcha d'elle, une main dans la poche de son costume impeccable. Ros lui sourit en le voyant s'approcher mais le sourire qu'il lui rendit n'était que formel et il le perdit en se tournant vers Sansa. Elle le regardait aussi mais n'osait pas encore vraiment planter ses yeux dans les siens. Elle commençait à devenir une séductrice mais elle ne l'était pas encore. Ça le rassura un peu : ce serait toujours un domaine dans lequel il pourrait l'aider.

- Miss Stark, avez-vous avancé dans la lecture de Lolita ? Ou votre amie Ros vous distrait trop ?

Il jeta un regard à son ancienne amante et celle-ci sembla saisir le message. Elle fit un petit salut à Sansa et la laissa seule avec lui. Sansa se raidit légèrement mais essaya d'avoir l'air dégagé :

- Je l'ai terminé, fit-elle.

- Vous êtes probablement la seule personne de la classe à l'avoir fait, répondit-il avec un sourire.

- Je ne pense pas...

- Je voulais parler de cet exposé... continua Petyr en s'asseyant sur sa table, évitant ses affaires. Des idées ?

Sansa ne le quitta pas des yeux :

- J'y ai réfléchi. Je pense que le thème de la... sexualité et de la moralité est un thème qui a déjà été abordé à de nombreuses reprises, vu son évidence... Travailler sur la vision de l'American Dream me semble être intéressant aussi...

Pendant un moment, elle avait lâché son rôle de jeune fille magnifique, de joli visage et jolies jambes et elle s'était animée. Ses mains semblaient appuyer tous ses mots et sa voix n'était plus aussi posée, calme et élégante. Elle hésitait. Elle était passionnée : il pouvait le sentir derrière chacun de ses gestes et pour la première fois, Petyr se dit qu'il pourrait peut-être s'intéresser à quelque chose de plus que son corps ou sa corruption.

Son silence dut l'inquiéter car, lorsqu'il revint sur terre, elle le regardait avec une petite moue et ses sourcils étaient froncés. Elle était inquiète : elle voulait faire plaisir au professeur de littérature avant l'homme. Il comprit. Tant qu'il se présenterait à elle en tant qu'homme ordinaire, elle le traiterait comme Sandor. Mais s'il lui montrait un homme qu'elle pouvait admirer et respecter... Il eut un petit sourire :

- C'est une bonne idée, mais vous ne vous embarquez pas dans un sujet facile. J'aimerai que vous le présentiez dans deux semaines, quand nous aurons fini l'étude des thèmes, avant de passer aux explications de texte. Je vous donnerai des références et des pistes la semaine prochaine, mais je voudrais que vous fassiez ce travail avec quelqu'un d'autre...

- Qui ? demanda-t-elle comme si la perspective de travailler avec quelqu'un d'autre ne la réjouissait pas du tout.

- Choisissez. Vous avez jusqu'à la semaine prochaine. Mais je vous conseillerai miss Tagaryen. Je pense qu'elle a bien avancé dans la lecture, si elle ne l'a pas terminé.

Il lui sourit, victorieux. Il avait trouvé son point faible et il comptait bien l'exploiter. Elle fronça les sourcils un moment mais finit par se reprendre et détourna les yeux pour faire semblant de ré-arranger ses notes et ses stylos. La pause prit fin et les élèves rentrèrent. La deuxième heure se déroula mieux.

Les jambes de Sansa Stark étaient un défi mais l'amour de la jeune fille pour la littérature allait l'aider à les surmonter.

A la pause déjeuner, Sansa se rendit au réfectoire au bras de Ros. Shae n'était pas encore arrivée mais elle avait raconté son aventure avec le nouveau CPE à Ros au téléphone et celle-ci était déjà en train de lui retranscrire la conversation, faisant profiter tous les pauvres élèves qui passaient à côté d'elles. Sansa ne savait pas si elle pouvait rougir encore plus. Elle ne pourrait probablement jamais s'habituer au langage et aux pratiques de ses nouvelles amies.

Sandor passa avec le groupe de Joffrey. Il la regarda comme un homme mourant de soif au bord d'une oasis. Comme un chien qui voit un cerf et n'ose pas se jeter sur lui parce que la proie appartient à son maître et il a été trop bien dressé pour lui désobéir. Son regard franc mais timide faisait réagir Sansa comme le baiser qu'ils avaient échangé. Elle savait qu'elle voulait l'embrasser encore mais elle n'était pas obsédée à son propos comme elle l'était avec M. Baelish, elle ne choisissait pas ses vêtements pour lui même si elle était contente que ses tenues lui plaisent aussi.

Sansa se sentait monstrueuse et n'osa pas regarder Sandor en face. Il continua son chemin sans un autre regard en arrière et Sansa sut que cette journée allait être éprouvante. Elle était déjà presque épuisée mentalement après le cours de littérature. Une fois Sandor passé, la jeune fille sentit tout de même un regard brûler sa nuque et elle se retourna le plus discrètement possible.

Accrochée au bras Joffrey, une autre jeune fille la regardait et ne détourna pas les yeux quand leurs yeux se rencontrèrent. Elle était mince, parfaite, un visage aux traits fins, harmonieux qui aurait pu être communs si elle ne portait pas ce petit sourire supérieur qui éveilla tout de suite la curiosité de Sansa. La jeune fille la regarda longuement, nullement gênée de s'être fait prendre à l'observer avant de retourner la tête, ses cheveux formant un arc châtain autour d'elle. Elle fit semblant de rire à une réplique de Joffrey et disparut dans le réfectoire.

Shae ne tarda pas à arriver et elle était visiblement très très énervée. Sans même leur dire bonjour, elle leur expliqua :

- Cersei a dit que j'étais une pute à l'inter-classe !

- Nooon, fit Ros, visiblement scandalisée, lâchant Sansa pour prendre la main de Shae.

- Comme si elle avait quelque chose à dire là-dessus ! Elle se croit mieux que tout le monde parce qu'elle est passée sous le bureau du proviseur, mais peu importe à qui elle appartient, une bite reste une bite.

Sansa ne savait pas vraiment si elle devait rire ou être choquée. Elle se surprit à sourire nerveusement, essayant de rester discrète parce que Shae avait vraiment l'air énervée.

- En plus, elle croit que ne pas manger va l'aider à attirer tous les garçons, en fait, elle va juste terminer en sac d'os et encore heureux parce que j'ai hâte de voir Margy la remplacer à la tête des pom-poms girls !

- Ou Asha, proposa Ros, entraînant ses amies à l'intérieur.

- Non, Asha est déjà dans l'équipe de natation synchro, elle n'ira jamais chez les pom-pom girls.

- Oh ? Pourquoi je l'ai vue dans les vestiaires l'autre jour après le match, alors ?

- Je ne sais pas... Elle venait mater ?

- Non, non, elle était dans les vestiaires des filles... Enfin, je ne sais pas... Maintenant, il faut que tu nous racontes tout, absolument tout sur notre nouveau CPE...

Elles allèrent s'asseoir à leur nouvelle table attitrée et les prouesses de Tyrion Lannister (que Sansa n'avait pas encore vu mais n'avait plus terriblement envie de voir tout à coup) furent étalées dans tous les détails les plus sordides. Sansa ne pouvait s'empêcher de regarder la table du groupe de Joffrey. Sandor évitait soigneusement son regard, penché sur son assiette, faisant celui qui était occupé à détester le monde entier. Joffrey était en train de postillonner sur Margy en lui racontant quelque chose d'apparemment hilarant puisqu'elle souriait et riait encore et encore quand elle ne mordait pas dans son sandwich.

Sansa n'avait jamais vu de jeune fille aussi magnifique. Ros et Shae étaient jolies, certes, mais la brune était magnifique, sexy dans sa chemise un peu trop ouverte et classe également : elle avait un pendentif en forme de rose que Sansa n'avait jamais vu dans aucune boutique et qui seyait sa peau légèrement bronzée comme un gant. Ses cheveux aussi étaient impeccablement attachés en queue de cheval haute, balayant sa nuque à chaque mouvement.

C'était plus le genre de fille à qui M. Baelish pourrait s'intéresser. Sansa sentait clairement qu'elle était un peu jalouse, mais elle ne savait pas vraiment de qui.

Sa concentration fut rompue par l'arrivée de l'équipe de water polo et de l'équipe de natation synchronisée.

- Oh non, pas eux, soupira Shae, on aura pas un repas tranquille maintenant...

- Ils sont si horribles ? demanda Sansa, Theon essaye d'intégrer l'équipe de water polo...

- Oh, le pauvre, fit Ros, il ferait mieux de passer son temps libre chez moi, il perdrait moins son temps. Ils sont horribles, expliqua la jeune fille quand elle rencontra le regard interloqué de Sansa. Ils vont l'emmener faire plein de conneries avec eux mais il est nouveau et il n'intégrera pas l'équipe, pas cette année en tout cas... Au mieux, il baisera Asha.

Sansa ne put s'empêcher de sourire quand elle vit que Ros avait une moue jalouse et ne quittait pas Asha des yeux.

Si la jeune fille brune du groupe de Joffrey était belle, Asha était... sublime. Ses cheveux étaient mi-longs, en désordre autour d'un visage durci par un sourire moqueur et des yeux gris incroyablement durs. Sansa n'avait vraiment pas envie d'être remarquée par une telle fille : elle était trop impressionnante. Sous sa jupe réglementaire ornée de ceintures à clous, elle portait un jean déchiré dessous et des Docs Marteens noires dans un état lamentable et autour de son cou, elle avait plusieurs colliers, dont un poulpe en argent et des plaques militaires. Elle n'était pas maquillée et semblait sortir tout droit d'un entraînement. C'était probablement le genre de fille qui ne se donnait même pas la peine d'aller en cours et n'était pas expulsée uniquement parce qu'elle était hyper-douée en sport.

Elle était suivie par une bande d'hommes tous plus grands les uns que les autres (mais aucun d'eux n'arriverait au menton de Sandor, se dit Sansa avec une sorte de fierté déplacée) et aussi mal habillés. Ils ricanaient à ses blagues cruelles sur les profs et l'un d'eux renversa même le plateau d'un pauvre jeune homme maigrelet qui n'osa pas protester. Sansa soupira et allait détourner les yeux quand le réfectoire entier fut témoin d'une scène plutôt particulière.

Asha était en train de parader en tête de sa procession à la recherche d'une table qui lui conviendrait quand elle passa devant la jeune fille brune à qui Joffrey était encore en train de parler. Elle s'arrêta net pour dévisager la jeune fille. La brune retourna son regard sans ciller, son sourire ne diminuant pas d'un pouce. Asha posa sa main sur la table, se poussant devant Joffrey comme pour le cacher et capter entièrement l'attention de sa nouvelle proie :

- Tu sais, fit-elle assez fort pour que la moitié du réfectoire l'entende, si tu veux un cunni, tu n'es pas obligée d'écouter sa diarrhée oratoire, j'en fais des meilleurs que lui.

Le tout accompagné d'un geste terriblement obscène qui fit même taire Joffrey. Il semblait un moment que la salle entière s'était tue, dans l'attente de la réponse de la jeune fille que l'enfant terrible du lycée avait décidé d'embêter. Même Sansa qui trouvait la scène vulgaire et, en somme, peu intéressante, ne put s'empêcher d'attendre la réponse de l'intéressée. Elle s'était attendue à beaucoup, mais pas à ce qu'elle se mette à rire.

La jeune fille avait un rire vrai, pas du tout nerveux et elle lâcha son sandwich pour poser sa main sur le bras d'Asha, aussi affectueusement qu'elle avait prit le bras du garçon le plus populaire du lycée. Elle répondit juste assez fort pour que la table de Sansa l'entende, mais plus discrètement que la nageuse :

- J'en suis persuadée, fit-elle et Sansa ne put s'empêcher de se demander si elle était vraiment sérieuse ou si elle disait ça uniquement pour qu'Asha s'en aille.

La nageuse sembla aussi surprise que tous les élèves du réfectoire. Beaucoup de gens l'insultaient ou la rembarraient en espérant la faire partir mais pas la jeune fille. Elle rit mais son rire à elle était soudainement plus nerveux et elle ne tarda pas à sauter de la table pour s'installer un peu plus loin, suivie de son gang que Theon suivait également. Les conversations reprirent peu à peu et quelques minutes plus tard, c'était comme si l'incident ne s'était jamais passé.

Ros et Shae ne purent s'empêcher de commenter l'incident :

- Est-ce que j'ai bien vu ce que je viens de voir ?

- Je pense, oui, Asha vient de se faire battre sur son propre terrain !

- Ça c'est notre Margy ! Oh, j'ai hâte qu'elle prenne la place de Cersei en tant que chef de l'équipe des pom-pom girls !

Sansa resta silencieuse mais ne put s'empêcher de regarder à nouveau Margy. Elle était en train de terminer son repas comme si de rien n'était, comme si elle n'était pas impressionnée par Asha. Puis, ses yeux clairs vinrent se fixer sur ceux de Sansa, comme si elle s'était sentie observée. Elle lui fit un clin d'oeil et un sourire complice avant de retourner à sa conversation avec Joffrey. La jeune Stark comprit alors qu'elle ferait mieux d'être impressionnée par les doux airs de Margy que par la brutalité d'Asha.

- Entre nous, fit Jon à Robb après le déjeuner, je le sens très mal.

- Mais non ! Allez, je suis sûr que ce club photo se passera très bien ! Et puis, tu pourras trouver des amis, des gens qui ont les mêmes passions que toi. Allez, ne te défile pas et vas-y ! On se retrouve sur le parking !

Avant que Jon ait le temps de répliquer, Robb Stark, le nouveau capitaine d'équipe, était déjà en train de trotter en direction du stade où il allait s'entraîner dans l'après-midi. Ils avaient mangé ensemble, abandonnés par Theon et Robb l'avait amené jusqu'à la porte de la salle où le club photo se réunissait toutes les semaines. Jon regrettait amèrement de s'être inscrit : il aurait pu juste aller courir au parc ou lire ou prendre des photos par lui-même...

D'un autre côté, Robb ne pourrait pas toujours être à ses côtés : il avait une petite amie, un cercle d'amis, des profs qui l'adoraient, ses entraînements... Et puis, il ne perdait rien à essayer... Jon prit alors la décision de ne pas fuir et attendit devant la salle que le prof responsable (Mance Rayder, s'il avait bien comprit) vienne ouvrir.

Les autres élèves arrivèrent en petits groupes et dévisagèrent Jon sans chercher à aller lui parler. Le jeune homme passa une main dans ses cheveux et ré-arrangea sa chemise. Il soupira et regarda ailleurs.

Puis, la porte de la salle s'ouvrit sur un grand homme aux cheveux noirs en bataille, tenant un appareil argentique à la main. Il eut un sourire pour les élèves et fit de sa voix tonitruante :

- Ah, quelle joie de vous retrouver, bande d'amateurs ! Allez, allez, rentrez, bande de fainéants, on a pas toute la nuit ! Ah, alors, Orell, encore là ? T'as redoublé pour rester au club ou quoi ? ... Oh, un petit nouveau, tiens ! fit Mance en regardant Jon. Personne ne l'a accueilli ? Bande de lâches. Dis-moi, fils, comment tu t'appelles ?

- Jon Stark [MOUHAHAHAHAHAHAHAH... Désolée], monsieur. Je vous avais envoyé ma lettre de motivation...

- Oh, ces trucs-là... Je les lis jamais. Mais, entre, entre. C'est ton jour de chance, aujourd'hui, on a Ygritte avec nous ! Aha, bonne façon de commencer le club photo !

Jon fronça les sourcils mais entra tout de même dans la salle où tous les autres posaient leurs sacs un peu partout et discutaient en reprenant leurs repères, se saisissant des appareils photos fournis par le lycée.

- Faîtes gaffe avec le matos, leur cria Mance, on aura bientôt des réductions budgétaires alors ne cassez rien parce que ça ne sera pas renouvelé !

Puis, Jon remarqua la jeune femme au centre de la pièce. Elle était en train de discuter avec le fameux Orell et un autre homme aussi roux qu'elle qui avait un rire franc et fort et ressemblait à un Viking. Elle était très mince mais il pouvait facilement voir les muscles fins sous sa peau pâle. Elle était enroulée dans un long drap blanc et ne semblait rien porter en dessous, ce qui ne l'empêchait pas de rire avec les autres membres du club photo de façon tout à fait naturelle. Il commençait à comprendre pourquoi il n'y avait que des hommes...

Il était vrai que la jeune femme était magnifique : une beauté simple et naturelle, pas une once de maquillage ou de sourire forcé. Elle frappa même Orell en se moquant de lui, retenant son drap avec un bras.

Jon crut qu'il allait mourir de honte quand Mance l'entraîna vers elle. Il pouvait déjà sentir ses joues rougir comme un petit garçon et il se maudit intérieurement, essayant de ne pas en rajouter en détournant les yeux :

- Ygritte, je te présente le petit nouveau, Jon. Sois gentille avec lui, tu veux ? C'est sa première fois.

La jeune femme le regarda longuement et Jon eut la sensation désagréable d'être reluqué comme Theon reluquait toutes les femmes qui passaient devant lui. Puis, elle lui adressa un petit sourire moqueur et lui dit :

- Oh... Donc tu ne sais rien, Jon.

Jon ne savait pas vraiment quoi répondre. Après un long silence, il essaya de bafouiller quelque chose mais les yeux clairs d'Ygritte s'étaient incrustés dans les siens, refusant de le laisser partir, de le laisser réfléchir. Il s'était rarement senti aussi dominé par une femme, mis à part Catelyn. Mais ce qu'il ressentait en regardant Ygritte était bien différent de ce qu'il ressentait envers sa belle-mère. Il était fasciné par ses yeux et par la manière dont ses cheveux détachés avaient de tomber sur ses épaules maigres.

Remarquant son embarras, elle sourit et finit par détourner les yeux. Jon eut le sentiment de l'avoir déçue et il se promit avec une force qui l'étonna lui-même de faire mieux la prochaine fois qu'il lui parlerait. S'il y avait une prochaine fois... Après tout, Ygritte avait chaque membre masculin du club à ses pieds, pourquoi s'attarderait-elle sur lui ?

- Okay, tout le monde, fit Mance en frappant des mains. Aujourd'hui, petit exercice de base : on travaille sur les plis en lumière naturelle : je veux entre deux et cinq photos avec une lumière différente à la fin de l'heure. Puis, vous en sélectionnerez une et la semaine prochaine, vous la présenterez à la classe en expliquant pourquoi vous avez choisi celle-là. N'oubliez pas que vous n'avez pas que des plis à photographier : n'hésitez pas à profiter des plis spéciaux qui sont formés par les différentes parties du corps d'Ygritte.

Tout le monde se mit alors en place, comme si chaque membre faisait partie d'une machine bien huilée : quelques uns étaient assis, d'autres debout, certains étaient montés sur des chaises. Certains commençaient à ouvrir et à fermer les rideaux selon la lumière qu'ils voulaient créer... Jon se sentit désemparé un moment et prit quelques minutes pour observer son appareil. C'était un appareil numérique, comme ceux de tous les autres. Il connaissait ce modèle et avait déjà travaillé avec. Le modèle qui l'inquiétait plus, c'était Ygritte qui se tenait droite, au centre de la pièce, visiblement peu impressionnée d'être photographiée de partout.

Jon se tint à l'écart un moment encore, réfléchit, se mordit la lèvre inférieure, prit une grande inspiration et s'approcha du groupe. Il trouva un endroit assez près de la jeune femme et lui demanda :

- Est-ce que... Euuuuhm... Je veux dire... Est-ce que... Est-ce que tu peux mettre le drap sur ton poignet et ta main, doigts écartés ? Ça devrait faire de très beaux plis...Enfin, si tu veux, seulement, je veux dire...

Elle le regarda un long moment sans rien dire. Jon n'arrivait pas à lire dans ses yeux et trouvait ça très dérangeant...Elle était probablement en train de se moquer intérieurement de lui en ce moment-même. Il se demanda pourquoi elle prenait la peine de cacher le fait qu'elle le trouvait pathétique. Puis, elle tourna subitement la tête vers les autres photographes et leur dit :

- Attention, je bouge !

Ils grommelèrent à propos de la lumière et de leurs plis, mais elle ne les écouta pas et arrangea le drap comme il le lui avait demandé, découvrant ses chevilles aussi fines que ses poignets.

- Ça va, comme ça ? demanda-t-elle comme si elle se préoccupait vraiment de son avis.

Alors pour la première fois, Jon se demanda si Ygritte n'était pas plus qu'une jeune femme venue exposer son corps pour se marrer aux dépends des garçons libidineux du club. Elle était probablement plus : elle avait un certain port qui montrait son habitude et surtout, elle semblait à l'écoute et se souciait de sa position, non pas pour avoir l'air plus belle, plus désirable, mais pour leur servir de support à leur exercice...

Il s'efforça d'être très doux et de la toucher le moins possible pour la ré-arranger comme il le souhaitait avant de sourire un peu :

- Parfait, merci.

Elle lui rendit son sourire et Jon se cacha derrière son appareil.

Sansa sortit du lycée et salua Ros et Shae qui allaient faire la fête pour célébrer la nouvelle conquête de Shae et la débarrasser des idées noires. Elle repéra sans mal le van blanc des Stark et se dirigea dans sa direction quand soudain, une petite main vint lui tapoter l'épaule. Elle sursauta et se tourna vers la jeune fille rêveuse qui était dans sa classe. Daenerys Targaryen avec ses cheveux platines et son uniforme impeccable, ses livres serrés contre elle :

- J'ai entendu que tu faisais un exposé sur Lolita, fit-elle et Sansa fut surprise par sa voix tellement plus assurée qu'elle n'aurait imaginé d'une fille aussi effacée.

- Oui, c'est vrai. Je comptais travailler sur la vision de l'American Dream. M. Baelish m'a dit qu'il me donnerait des références la prochaine fois.

- Est-ce que tu voudrais bien que je travaille avec toi dessus ? Ça m'a l'air d'être un sujet intéressant.

- Ou, oui, bien sûr. Viens avec moi à la pause du prochain cours de littérature comme ça, il pourra nous donner des conseils à toutes les deux et après, on pourra aller travailler à la bibliothèque.

Daenerys sembla hésiter un peu puis, elle hocha la tête :

- D'accord. A la prochaine fois, alors.

- Au revoir, répondit poliment Sansa.

Puis, elle suivit la jeune fille se diriger au parc où les motos étaient garées. A côté du groupe d'Arya, il y avait un autre groupe de personnes bien plus menaçantes, en blousons en cuir, cheveux longs et bottes élimées. Voir la petite Daenerys dans ce groupe était plutôt intriguant et la voir monter derrière le plus grand et le plus musclé d'entre eux, ses petits bras autour de son torse avait de quoi déstabiliser. Mais après tout, elle avait du avoir l'air aussi tout à fait incongrue quand elle était montée sur la moto de Sandor... L'inconnu en question la regarda quand Daenerys lui dit quelque chose et Sansa ne put s'empêcher de baisser les yeux : ce n'était pas vraiment le genre d'homme à qui elle avait envie d'avoir affaire. Pourquoi ignorait-elle Jorah ? Il avait pourtant l'air de quelqu'un de bien... Il fit vombrir sa moto et sortit du parking, suivi de sa troupe comme une procession païenne moderne.

Sansa suivit les cheveux clairs de Daenerys jusqu'à ce qu'elle disparaisse au coin de la rue. La jeune fille haussa les épaules mais se promit d'en apprendre plus sur la jeune fille en question. Elle hésita à envoyer un SMS à Ros qui saurait la renseigner si Daenerys avait eu le moindre regard intéressé envers une autre personne du lycée, puis, elle secoua la tête et rangea son téléphone, saluant son frère aînée et sa nouvelle petite amie.

Ce soir-là, à la table des Starks, Robb annonça officiellement à ses parents qu'il avait une petite amie.

Un jeune homme de son âge aurait attendu plusieurs mois, voire n'aurait rien dit du tout, mais la famille Stark était particulière. C'était une famille qui se soutenait et qui remarquait les changements dans la vie des autres. Robb n'aurait pas pu cacher son secret très longtemps :

- Papa, Maman... se lança Roob, j'ai... rencontré une fille. Elle s'appelle Talisa et elle est très jolie et très gentille. On sort ensemble depuis le match d'ouverture. C'est une affaire assez sérieuse.

Il y eut un moment de silence à la table. Jon et Arya se regardèrent, inquiets de la réaction de Catelyn. Celle-ci regarda Sansa comme si elle l'accusait de ne lui avoir rien dit ce matin mais Sansa était trop occupée par le duel de regards qu'elle échangeait avec Bran qui semblait décidé à sonder son âme. Rickon était le seul à continuer de manger sa viande, poussant ses légumes dans l'assiette de Bran qui ne protestait jamais.

- Bien... commença Ned, visiblement très gêné mais avide de réconforter son fils aîné. Si c'est une fille bien et que tu n'oublies pas que tu as une équipe et des cours à gérer en même temps...

- C'est une fille bien, assura Robb le plus sérieux du monde.

Catelyn ne semblait pas très convaincue. Robb essaya de la regarder dans les yeux : l'avis de sa mère était très important pour lui. Elle finit par soupirer et hausser les épaules :

- Je suppose qu'on ne pourra pas la rencontrer avant un certain moment...

- Je pense qu'on va éviter de la terrifier tout de suite, hein ? s'interposa Theon. Pour une fois que Robb a une copine, ça le ferait mal si on la faisait partir...

- J'aimerai bien la rencontrer, ceci dit, fit Ned. Peut-être pas tout de suite, mais si les choses sont sérieuses, on pourrait peut-être faire quelque chose avec elle un de ces jours...

- J'ai envie d'aller au parc ! fit soudainement Rickon qui avait terminé de manger et pouvait donc suivre la conversation.

- Pourquoi ne pas faire un pique-nique samedi ? proposa Jon. Ce sera moins austère qu'un repas familial ici...

- Oui, renchérit Theon, on pourrait prendre le van pour aller chercher Tal', vous prenez la voiture et on se rejoint au parc...

Tout le monde se regarda et hocha la tête, se mettant d'accord. Catelyn fut la dernière à hocher la tête :

- S'il fait beau et si vous avez fini vos devoirs, finit-elle par dire, acceptant la sortie de samedi.

- Merci Maman, lui fit Robb avec un sourire et Catelyn ne put s'empêcher de sourire également.

- Qu'est-ce que tu fous ici ? demanda Cersei en sortant du vestiaire où les dernières pom-poms girls finissaient de se changer après l'entraînement du soir.

Asha la regarda à travers ses mèches en bataille, son eye-liner prononcé et la fumée de la cigarette qu'elle n'avait en théorie pas le droit de fumer ici. Elle ne répondit rien et ses yeux ne quittèrent pas ceux de la chef des pom-pom girls. Elles restèrent un moment à se défier puis la jeune femme blonde finit par hausser un sourcil :

- Comme tu veux, pour une fois que tu la fermes, je ne vais pas me plaindre.

Puis, elle ré-arrangea son sac de sport sur son épaule et sortit, traînant à sa suite quelques jeunes filles empressées de plaire à leur chef. Asha prit un moment pour regarder leurs postérieurs mais n'ne trouva aucun assez à son goût pour que ses mains s'y attardent.

Elle trouva l'objet de son attention dans les vestiaires. Elle était en train de discuter joyeusement avec deux autres jeunes filles qui se rhabillaient après une douche brûlante. Elle même était en train de sécher ses cheveux bruns avec une serviette.

Asha la regarda un long moment en silence, le temps qu'on prenne la peine de la remarquer, ce qui ne prit pas plus de quelques secondes. Les deux jeunes filles perdirent tout de suite leur sourire, mais pas Margaery. Elle ne baissa même pas les yeux, les plantant directement dans ceux d'Asha. La jeune femme finit sa cigarette et la laissa tomber au sol, l'écrasant sous son talon, toujours sans un mot. Ce n'était pas nécessaire, d'ailleurs, vu que les deux dernières pom-pom girls prirent leurs sacs et saluèrent Margaery avant de sortir à petits pas pressés, regardant Asha comme si elle était un monstre.

La jeune femme ne put s'empêcher de rire un peu en entendant la porte claquer derrière elles. La pom-pom girl se tenait devant elle, son uniforme oublié, vêtue d'un chemisier vert à rayures et d'une jupe qui moulait ses hanches et ses cuisses avant de s'arrêter modestement à ses genoux. Elle était étonnamment bien habillée pour une jeune fille qui allait juste rentrer chez elle. Ses cheveux, en revanche, étaient toujours lâchés, répandus en boucles désordonnées sur ses épaules. Son sourire n'avait toujours pas quitté ses lèvres, mais il était plus joueur, une version plus douce que celui qui se trouvait sur les lèvres d'Asha.

- Les pauvres, fit la jeune pom-pom girl, je crois que tu les as traumatisées...

- Et toi ? demanda Asha en faisant quelques pas vers elle.

- Tssk, répondit Margaery en secouant la tête, envoyant ses boucles valser sur sa peau. Il va falloir un peu plus.

- Oh... Aurions-nous un loup en costume d'agneau, ici ? proposa Asha en tirant sur la jupe comme si c'était un vulgaire morceau de chiffon alors qu'elle était sûre qu'elle valait probablement plus que tout ce qu'elle avait sur le dos.

- Disons juste, commença Margaery en s'approchant assez d'Asha pour pouvoir passer ses bras autour de son cou, que la rose a des épines...

- Tant mieux, grommela Asha en posant ses mains sur les hanches de la jeune fille, parce que je n'avais pas l'intention de te traiter comme un agneau.

- Je serais terriblement déçue si tu le faisais, répondit Margaery en se pressant entièrement contre le corps musclé d'Asha.

Celle-ci ne put s'empêcher de rire et saisit les cheveux encore trempés de la jeune fille pour l'attirer à elle et plaquer sa bouche contre la sienne dans un baiser féroce et langoureux à la fois. La nageuse sentit le désir monter rapidement en elle quand, après quelques secondes de soumission, la pom-pom girl répliqua et attaqua ses lèvres avec autant de férocité. Elle essaya de la manoeuvrer pour qu'elle tombe sur le banc où elle séchait ses cheveux avant qu'elle n'entre, mais Margaery brisa leur baiser et, très naturellement, Asha lâcha ses cheveux.

Margaery en profita pour ramasser son sac et s'en aller avec un sourire et une main sur l'épaule musclée de la nageuse :

- A demain Asha, fit-elle avec un sourire qu'un innocent aurait pu qualifier d'adorable mais Asha était sûre qu'elle n'avait jamais vu quelque chose de plus érotique et moqueur de sa vie. Même Littlefinger ne souriait pas comme ça.

La jeune fille n'attendit pas sa réponse et ferma la porte derrière elle, la laissant seule.

Asha ne put s'empêcher de pousser un petit rire en sortant son paquet de cigarettes et son briquet. Elle secoua la tête, s'avouant défaite pour la soirée. Margy ne serait pas un coup facile se dit-elle en allumant sa cigarette :

- A demain, murmura-t-elle au vestiaire vide avant de sortir elle aussi.

- Nos enfants ont des relations amoureuses, annonça Catelyn à Ned en éteignant la lumière de leur salle de bain.

- Je sais, je sais... mais que veux-tu ? C'est l'âge... fit Ned en reposant son magazine sur la chasse sur la table de chevet.

- Ils sont encore si jeunes, se plaigna Catelyn en se glissant dans les draps à côté de son mari.

- Robb va bientôt avoir dix-huit ans... C'est normal à son âge...

- J'espère juste qu'il ne va pas finir avec le coeur brisé...

- Cat... Je sais que tu veux seulement le bien pour nos enfants, mais... on ne peut pas les protéger de tout. Ils doivent faire leurs propres expériences. Robb est fort, c'est un brave garçon, il surmontera un coeur brisé...

- Et j'imagine qu'on ne peut pas non plus protéger Theon de fumer autre chose que du tabac ?

- J'en parlerai avec lui, promit Ned, enlaçant sa femme qui vint se blottir contre lui. Ce n'est probablement qu'une phase : il a toujours eu du mal à s'intégrer en étant petit..

- Et j'ai l'impression que Sansa nous cache quelque chose, ajouta Catelyn.

- Peut-être, c'est une adolescente, elles ont toutes quelque chose à cacher à leurs parents à cet âge-là, n'est-ce pas ? se moqua Ned.

- J'espère juste que ça n'a pas de rapport avec le motard qui l'a ramenée la dernière fois. Sansa est jeune et jolie, elle pourrait faire tellement mieux.

- Si ça se trouve, c'était juste un ami d'Arya qui lui a proposé de la ramener en même temps, essaya de la rassurer Ned en déposant un léger baiser dans les cheveux roux de sa femme, la serrant encore plus contre lui.

- Ah, quel art compliqué que d'avoir des enfants, soupira Cat. Mais quelle joie également.

Ned sourit et caressa tendrement le bras nu de sa femme en souriant dans le noir :

- Et à quels délicieux souvenirs ils sont associés, fit-il en riant, avant de l'embrasser passionnément, leur rappelant en effet, à quels délicieux souvenirs ils étaient associés.

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