Lolita

Love comes first

Bonjour mes chères ombres !

J'espère que vous allez bien et que vous n'allez pas me tuer parce que j'ai autant tardé à publier ce chapitre ! L'invitation à me harceler tient toujours ! Disons que je suis futile et que j'ai été un peu déçue par les stats : j'ai eu deux reviews pour soixante visiteurs selon mes stats. Mais quelles reviews mes amis ! Quelles reviews ! Vous êtes toutes adorables, mes chères lectrices !

Je tiens particulièrement à remercier Jeff-La-Bleue pour son soutien continu ! Allez regarder son profil et sa page deviantart, elle a fait de très beaux dessins sur différents personnages de GoT en mode modern!au.

Bref, ce chapitre est un peu long, je suis vraiment désolée, mais j'espère qu'il vous captivera autant que les chapitres précédents. J'ai même du le couper sinon, il allait vraiment être indigeste ! Que je vous prévienne tout de suite : il y a du Asha x Margaery ! Je sais, ce n'est pas le pairing principal, mais je l'aime vraiment beaucoup. Normalement, c'est le dernier chapitre où on les voit autant. Je tiens à rappeler le rating : c'est un rating M et il y aura du female slash à la fin du chapitre. Si vous n'aimez pas ce genre de choses, vous pouvez skipper la fin. Soyez indulgents s'il vous plait parce que c'est le premier female slash que j'écris. Promis, le prochain chapitre est vraiment sur Sansa et sur Petyr (il est déjà en cours d'écriture =))

J'ai écris sur une très longues période, mais si j'avais un titre à vous conseiller pour la lecture de ce chapitre (et qui n'est pas du métal) ce serait Lemonade de Cocorosie.

Sur ce, je vais vous laisser commencer la lecture de ce chapitre (qui n'est pas relu, comme un peu tout ce que j'écris)

Bonne lecture !

Votre dévouée,

AO.

Chapitre Cinq : Love comes first and is discovered last.

Petyr claqua la portière de sa voiture derrière lui en sortant sur le parking du lycée. Aujourd'hui, le soleil était rayonnant et rappelait le week-end.

Les étudiants eux-mêmes ne semblaient pas encore prêts à oublier leur week-end : ils étaient tous sur le parking, avec des lunettes de soleil et des sodas frais. Les filles avaient raccourci leurs jupes et les garçons ouvraient leurs chemises le plus qu'il pouvaient. Leurs conversations formaient un brouhaha qui accompagnait plutôt bien le bruissement des feuilles des arbres.

Petyr traversa le parking en saluant certains élèves qui l'avaient reconnu. Il remarqua Ros, adossée à l'arrière de sa petite voiture d'occasion, en train d'arranger sa chemise pour montrer le plus de peau possible sans se faire prendre par le nouveau CPE en parlant à son amie Shae. Il lui sourit mais le coeur n'y était pas vraiment. Il continua sa route sans continuer.

Il avait juste hâte de revoir Sansa.

Le van des Starks se gara justement un peu derrière lui tandis qu'il montait les marches du bâtiment principal du lycée. Il jeta un dernier regard derrière lui pour voir la portière coulisser et un de ses frères descendre avant d'aider les autres à faire de même. Pauvres enfants du Nord, pensa-t-il, ils doivent fondre par une telle chaleur.

Même Sansa devait avoir renoncé à porter des collants... Il avait soudainement hâte d'être en cours.

Alors que Jon aidait Sansa à descendre sans se cogner la tête, une moto se gara sur la place de parking juste à côté de celle que les Starks occupaient. Le parking à motos se trouvant un peu plus loin, Robb fronça les sourcils et dévisagea l'inconnu casqué qui venait s'installer ici.

Le jeune homme en question portait un jean déchiré çà et là, un blouson en cuir clair élimé et des bottes de moto beiges. Il retira son casque, laissant voir un profil bien sculpté, digne d'un dieu celtique ancien, des cheveux noirs courts et des yeux très bleus qui devaient faire fondre bien des demoiselles. Que faisait-il ici ?

- Ary', fit-il, comme s'il était soudainement intimidé par les regards de la meute Stark.

La jeune fille soupira et regarda ailleurs comme si la présence du jeune homme ne l'arrangeait pas du tout.

- Qu'est-ce qu'il y a Gendry ? finit-elle par demander.

- Tu sais ce qu'il y a, répliqua-t-il. On se réunit à 17 heures aujourd'hui. Je voudrais vraiment que tu viennes. Tu es douée, tu peux le faire.

- Pas la peine, déclara Arya catégoriquement. Ça fait trop longtemps, je ne peux plus jouer.

Gendry allait répliquer quand Robb posa une main sur l'épaule d'Arya :

- Mec, je n'ai rien contre toi, fit fermement Robb, mais Arya t'a dit non. Ne l'embête pas.

Le jeune homme baissa les yeux et passa une main dans ses cheveux. Il finit par hocher la tête et fit rouler sa moto au pas jusqu'au parking approprié. Robb le regarda jusqu'à ce qu'il s'en aille et finit par regarder à nouveau sa soeur :

- C'était quoi, ça ? C'est qui, lui ?

- C'est le petit ami d'Arya, se moqua Theon en allumant une cigarette.

- Tssk, non, marmonna Arya. C'est un ami. Il joue dans un groupe et ils ont perdu leur batteur et ils veulent que je les rejoigne, mais... je n'ai pas envie.

- Pourquoi ? demanda Sansa. C'est dommage.

- Parce que ! s'écria Arya. C'est tout, j'ai pas envie d'y aller et puis voilà ! Toi, tu n'es dans aucun club ou dans aucune activité non plus et on t'embête pas !

Puis Arya s'en alla avec un long soupir, vite rejointe par un petit jeune homme, court sur pattes et obèse qui suait dans sa chemise d'uniforme.

Sansa claqua la portière de la voiture en essayant de ne pas lever les yeux au ciel. Elle préférait prétendre être énervée plutôt que d'avoir l'air blessée par ce commentaire. Jon posa une main sur son épaule comme pour la rassurer :

- Ce n'est rien. Ce Gendry a juste du l'énerver. Je vais lui parler et elle se calmera.

Sansa marmonna quelque chose et regarda Jon s'en aller après sa petite soeur. La jeune fille rousse regarda autour d'elle dans l'espoir de trouver une amie, une connaissance mais Talisa était déjà passée devant eux à vélo et Robb accourait auprès d'elle pour l'aider à attacher l'anti-vol. Quant à Theon, il était déjà en train de parler à Ros et à Shae, partageant des cigarettes. Sansa n'avait pas vraiment envie d'aller leur parler. Elle remit donc son sac sur son épaule et se dirigea en direction du bâtiment principal. Au moins, là-bas, elle aurait moins chaud. Même sa longue tresse dans son dos était étouffante.

Elle était en train de monter les marches qui menaient au lycée quand elle sentit un bras s'enrouler autour du sien et une odeur de rose et de fraîcheur envahir son espace vital. Elle sursauta et regarda la personne, surprise.

C'était la jeune femme brune qui traînait avec Joeffrey et avait répliqué si vivement à Asha. Elle était parfaite, comme si c'était son habitude de l'être, fraîche et souriante. Elle portait son uniforme comme si elle était un mannequin prêt pour un défilé de mode à Milan. Ses cheveux étaient retenus par une pince ambrée et autour de son cou, la même rose pendait.

- Bonjour Sansa, la salua la jeune femme avec un grand sourire.

- Euhm... Bonjour... bredouilla Sansa, éblouie par son charme et sa beauté. Je... Désolée, je...

- Pas de problèmes. Je suis Margaery. Appelle-moi Margy comme tout le monde. Je t'ai vue monter toute seule et je me suis demandée qu'est-ce qu'une aussi jolie fille faisait ici toute seule donc je suis venue monter avec toi.

- Oh... Merci...

- Dis-moi, ce soir, est-ce que tu fais quelque chose de particulier ?

- Euhm... Euhm, je veux dire, non. Pourquoi ?

- Il y a les inscriptions pour la chorale et on m'a dit que tu étais une très bonne chanteuse. Je pensais que tu voudrais t'y inscrire... Ça te dirait qu'on s'y inscrive ce soir toutes les deux ?

- Oh... Eh bien, je...

Sansa allait refuser poliment quand elle se rappela de ce que sa soeur lui avait dit, il n'y avait pas dix minutes : elle n'avait plus d'activités extra-scolaires et elle n'avait pas vraiment d'amies à voir en dehors des cours. La chorale pourrait être une bonne idée : chanter avait toujours été un moyen pour elle d'extérioriser, de se défouler.

- D'accord, finit-elle par dire. Mais... Désolée, mais... Les pom-pom girls vont te laisser entrer dans ce club ?

- Je ne sais pas, fit tout de suite Margy sans perdre son sourire, mais de toutes façons, je vais les quitter ce soir.

- Quoi ? Euhm, je veux dire, pardon, mais... Je ne comprend pas... Tu es très douée...

- Je suis douée parce que je fais de la danse classique. C'était une erreur de s'engager là-dedans. Je préfère faire de la danse classique. C'est plus gracieux et plus exigeant que d'agiter des pom-pom pour exciter des gens, tu ne trouves pas ?

- Si, si, bien sûr, ça l'est... J'aimerai bien savoir danser aussi...

- Je t'apprendrais quelques pas si tu veux... Maintenant, dis-moi : quel est ton registre de voix ? Moi, je suis plus soprano dramatique. Je peux chanter de la soul, du RnB et tout ça...

- Oh... Je suis plus contre-soprano... Côté pop et tout...

- Oh, mais c'est génial ça... j'ai vraiment hâte d'entendre ta voix. Mon frère Willas adore les contre-soprano... Oh, tiens, voilà ma salle, là-bas. Je vais te laisser là. Je te verrais à 16 heures pour les inscriptions. J'ai vu qu'on pouvait s'inscrire à deux : je serais vraiment très très ravie de faire un duo avec toi.

- Je... Je le serais aussi.

- On discutera de la chanson ce soir alors. Passe une bonne journée et à 16 heures alors.

- D'accord, fit Sansa, encore un peu troublée, à tout à l'heure.

Margy déposa un léger baiser sur la joue de sa nouvelle amie et s'en alla de son habituel pas léger et élégant.

La jeune fille dut cligner des yeux deux fois avant de revenir au monde réel, celui où tout ne sentait pas la rosée sur les pétales de rose et où tout n'était pas beau et souriant. Elle finit par secouer la tête et repartit mais cette fois-ci, elle avait un petit sourire sur les lèvres.

Derrière elle, Asha soupira, écrasa sa cigarette et décida de louper ses deux premières heures de cours pour aller nager. Il faisait trop chaud pour aller s'enfermer dans la même pièce que Cersei et Shae pour écouter les cours de bio inintéressants de M. Pycelle.

Petyr accueillit ses élèves comme d'habitude et ouvrit même les fenêtres pour eux. Ils étaient agités aujourd'hui et il dut réclamer le silence deux fois avant de l'avoir ce qui était très rare pour un de ses cours.

Baelish se tourna vers ses notes. Aujourd'hui, le cours allait être très théorique : ils n'étaient pas encore prêts pour les explications de texte. Vu leur état d'agitation, le cours allait être difficile. Il soupira, passa sa main dans ses cheveux et finit par se retourner vers sa classe.

- Bon, formez deux rangées de tables, l'une face à l'autre. J'espère que vous avez tous terminé la lecture de l'oeuvre complète parce qu'on va faire un débat. On coupe la classe au milieu. A gauche, vous défendez l'idée que Lolita est une oeuvre morale, à droite que c'est une oeuvre amorale. Chacun reste à sa place. Vous avez une heure pour préparer vos arguments. Je veux que chacun prenne la parole au moins une fois dans le débat.

Le brouhaha dura bien dix minutes.

Sansa aida Ros à déplacer les tables. Lorsque Joffrey effleura son bras comme si de rien n'était, elle ne ressentit rien. Pas de frissons ou de sensations étranges. Ros lui aurait fait plus d'effet. Immédiatement, elle tourna les yeux vers M. Baelish. Il la regardait aussi.

La jeune fille ne pourrait même pas commencer à décrire les sensations qu'elle éprouvait quand il la regardait ainsi. Elle était certes troublée : pourquoi lui, pourquoi elle ? Qu'est-ce qui pouvait bien faire que deux êtres se rencontrant et n'ayant quasiment rien en commun puissent s'attirer ainsi ? Pourquoi elle, elle Sansa Stark attirait-elle M. Baelish ? Qu'avait-elle ? Pourquoi l'avait-il regardée ainsi quand ils s'étaient rencontrés au parc samedi ? Qu'avait-il vu en elle qui lui avait autant plu ?

Et elle ? Pourquoi réagissait-elle à sa proximité ainsi ? Elle se sentait gênée, perdue, embarrassée. Elle aurait voulu qu'il ne la remarque jamais. Elle aurait pu alors le voir comme un prof comme les autres. Maintenant, elle se sentait étrangement... proche de lui. Comme s'ils partageaient quelque chose que personne d'autre ne pouvait comprendre. Pas sa mère, pas Ros, pas Margaery...

Comme s'il savait qu'elle le regardait, Petyr se tourna vers elle et leurs regards se croisèrent à nouveau. Ses yeux gris-verts l'électrifièrent. Ils semblaient moqueurs jusqu'à ce qu'ils se plongent dans les siens. Pendant un moment, une demi-seconde à peine, ils se regardèrent avant que Sansa ne détourne les yeux. Elle tenait désespérément au statut de professeur de M. Baelish pour ne pas se laisser à nouveau emporter par ses yeux. Pour ne pas se sentir comme si elle appartenait à quelqu'un, comme si elle venait de trouver sa place, sa véritable place, dans les yeux de M. Baelish. Elle poussa la dernière table qui formait la première ligne de son côté du débat : Lolita comme oeuvre amorale.

Ros se pencha vers elle et murmura à son oreille, poussant sa poitrine sur son bras :

- Oh, on dirait que M. Baelish a trouvé sa chouchoute de l'année.

- Ros, protesta Sansa en essayant de parler doucement. Ce n'est pas parce que je croise le regard du prof que tout de suite...

- Ce n'est pas n'importe quel prof, ajouta Ros avant de se détourner avec un sourire.

Sansa haussa les épaules mais la suivit tout de même vers le fond de la division 'Lolita amoral'. Sansa n'appréciait pas vraiment les débats. Elle essayait souvent de participer parce que c'était son rôle d'élève modèle mais soit les élèves en face d'elle n'en avaient rien à faire, soit ils restaient accrochés à leurs idéaux personnels pour défendre leur opinion et s'entêtaient à lui présenter les mêmes arguments même quand elle les réfutait. Sansa n'avait rien d'asocial, elle savait juste que les débats n'étaient pas quelque chose qu'elle appréciait en littérature. Elle avait souvent l'impression d'être la seule à comprendre quelque chose aux oeuvres étudiées et à ce que le prof disait (ce qui ne voulait pas dire qu'elle était toujours d'accord)

Tout le monde était installé et les groupes avaient fini par commencer à travailler. Petyr regardait tout ces jeunes gens faire semblant de s'intéresser à ce qu'ils faisaient. Le travail en groupe était probablement une mauvaise idée : d'un côté, ils avaient décidé de tous trouver les arguments ensemble et seulement un petit groupe de cinq personnes donnaient tous les arguments. Parmi eux, Petyr fut surpris de voir Daenerys. La jeune fille semblait si rêveuse, si lointaine : il avait toujours imaginé qu'elle n'était pas le genre de fille à participer aux débats. Pourtant, elle était là, stylo en main, à noter tous les arguments et à donner les siens. Il sourit quand il vit Jorah l'observer quand il croyait qu'elle ne le remarquait pas : il avait l'air d'un amoureux transi comme si le seul regard que lui lancerait Daenerys allait transpercer son coeur avec plus d'efficacité que les traits d'Eros.

Petyr sourit et porta son regard en direction de l'autre groupe : ils avaient préféré opérer différemment. Ils étaient par petits groupes et trouvaient les arguments chacun de leur côté. Une mauvaise chose à faire, selon lui, mais il savait bien que si Ramsay et Joffrey commençaient une conversation ensemble, ça se terminerait en bain de sang et même si voir Ramsay planter ses ciseaux dans la main de Joffrey comme il l'avait fait pour un des amis d'Asha qui avait osé l'approcher d'un peu trop près, il n'avait pas non plus envie d'avoir à subir les remontrances du père de Joffrey, son supérieur et le proviseur du lycée, Robert Baratheon.

Il se contentait donc de leur demander de baisser la voix toutes les cinq minutes. De l'autre côté, le fait qu'ils soient divisés en petits groupes l'arrangeait : il put ainsi descendre de sa scène (son estrade) et s'approcher de la jeune fille qui hantait ses pensées depuis leur rencontre silencieuse de samedi.

Auparavant, ses relations étaient choisies après un long moment de réflexion, d'analyse de la personne en question. La jeune fille devait être jeune, impressionnable, jolie et élégante. Il devait pouvoir la maîtriser totalement, complètement, prévoir ses moindres mouvements pour les anticiper et calmer ses méfiances.

Sansa était différente. Sansa avait l'air impressionnable : elle était timide, elle aimait rester dans son coin, sans trop parler et s'était laissée entraîner par Ros à embrasser quelqu'un qu'elle ne connaissait pas vraiment. Mais Sansa n'était pas si aisément manipulée : il avait pensé que ses regards sur ses jambes allaient la flatter et la pousser à retirer ses collants pour lui offrir encore plus de perfection mais au lieu d'accéder à ses désirs, elle avait préféré le torturer avec. Elle avait probablement autant de mordant que les loups peints sur le van d'où elle sortait tous les matins. Mais Sansa n'était pas une reine de glace hors de portée : elle avait une faiblesse, elle se sentait seule, différente. Elle voulait apprécier le bonheur qu'on lui proposait et ne semblait pas en être entièrement satisfaite. Elle aspirait à quelque chose de plus... grand.

Il était ce quelque chose de plus grand. Pour l'avoir, il ne devait pas la flatter, il devait lui tendre la main et la hisser sur son estrade, dans son ombre, sur son point d'observation et lui montrer le monde comme il le voyait. Elle avait été plutôt réceptive la première fois.

Le seul problème était que, s'il voulait la hisser à ses côtés, il allait devoir changer de mode opératoire. Auparavant, la relation qu'il avait avec ses étudiante était purement sexuelle : il apportait du plaisir aux deux partis, quelques conseils quelques fois, quelques moments où il caressait leurs cheveux et leur disait à quel point elles étaient jolies et elles devraient avoir confiance en elles et séduire d'autres hommes. Mais ce n'était pas suffisant pour Sansa. Sansa était sa chance de rédemption, Sansa était sa deuxième chance, le deus ex machina qu'il n'attendait plus. Il ne pouvait pas se permettre d'avoir des réserves et de ne pas lui apporter ce qu'elle voulait sur un plateau d'argent. Sansa était pas qu'une étudiante de plus.

Il se dirigea vers elle. Elle portait encore des collants, mais des collants très légers en dentelle aux motifs floraux où les petits ilots blancs de sa peau se voyaient quelque fois. Il rêvait de passer sa main dessus. Il se contenta de se poster à ses côtés, posant ses deux mains à plat sur la table où elle travaillait avec Ros. Enfin, où elle gribouillait quelques arguments tandis que Ros était en train de lui décrire des ébats quelconques. Malgré tout le temps qu'elle avait déjà passé avec Ros, les joues pâles de Sansa se coloraient encore d'un rouge délicat quand elle écoutait son amie débauchée lui montrer que tout n'étaient pas princes et princesses dans le monde réel, celui où il essayait de l'amener.

- Alors, les filles, fit-il, vous trouvez des arguments ?

Il se tourna un instant vers Ros qui tenait son stylo entre les dents et tordait les coins de sa feuille blanche. Il essaya de lui jeter un regard sévère mais elle ne perdit pas son sourire :

- Sansa a de bonnes idées, dit-elle pour justifier sa feuille blanche, mais on ne sait pas vraiment ce que les autres disent.

- Si vous travaillez vraiment en groupe, vous le sauriez, leur reprocha Petyr.

Il sembla avoir effrayé Sansa qui, tout à coup, était à nouveau très timide. Elle essayait de cacher ce qu'elle avait écrit en posant son bras au travers de sa feuille où quelques marques de son habituel stylo bleu montraient le fruit de son travail distrait :

- Voyons ce que vous avez trouvé, reprit-il avec un léger sourire qui se voulait un peu moins moqueur que d'habitude.

Il tendit la main vers la feuille de Sansa, préférant qu'elle la lui remette de plein grès. La jeune fille eut une petite moue en regardant sa feuille qui lui donna tout de suite envie d'embrasser ses jolies lèvres rosées. Il prit bien soin d'effleurer ses doigts quand il saisit la feuille avant de se lancer dans la lecture.

- Tu n'es pas censé être en cours, toi ? lui demanda Sandor Clegane.

Gendry releva la tête de sa guitare et regarda le Limier d'un air désintéressé :

- Et toi ?

Il haussa les épaules et s'assit sur la pelouse à côté du jeune homme qui jouait quelques accords.

- T'es pas pote avec la p'tite Stark ?

- Elle s'appelle Arya.

- Peu importe. Tu sais comment ils fonctionnent ?

- Comment ils fonctionnent ? Euhm, juste comme ça : ce ne sont pas des robots...

- Non, justement. Tu traînes souvent avec Arya, non ?

- Ouaip, un peu. Pourquoi ?

- Je voudrais en inviter une autre pour un cinéma, quelque chose comme ça. Je voudrais savoir comment on fait...

- Tu es en train de me demander des conseils pour sortir avec une fille ? demanda Gendry, tellement étonné qu'il en laissa tomber son mediator.

Sandor soupira et regarda ailleurs, visiblement très énervé (par lui-même ou par Gendry qui était désormais à la recherche de son mediator dans l'herbe)

- Laisse tomber, finit-il par dire en se relevant.

- Non, non, attend, le rappela Gendry qui venait de retrouver son mediator. Je sais ce que c'est. C'est terrible. Les Starks, tout ça...

- Ouais, grommela Sandor, les Starks...

- T'as essayé d'avoir son numéro, déjà ?

- Oui, j'ai demandé à Ros.

- Tu pouvais pas le lui demander à elle directement ?

Sandor haussa les épaules. Gendry ne put s'empêcher de sourire.

- Sansa est toute maigre, elle ne risque pas de te manger.

- Je n'ai pas peur de... Sandor soupira à nouveau et passa une main dans ses cheveux. En plus, elle n'est pas maigre. Elle est mince. Genre, mince parfaite.

Gendry ne pouvait plus se défaire de son sourire.

- Bon, tu as son numéro : tu lui as demandé au moins de sortir quelque part ?

- Oui, je lui ai demandé vendredi soir pour faire un truc samedi : elle ne m'a pas répondu.

- Alors déjà, je suis pas un expert, mais deux choses : si tu ne lui a pas donné ton numéro, elle ne savait pas que c'était toi, donc elle a du croire que c'était une erreur ou quelqu'un qui voulait lui poser un rendez-vous secret, quelque chose du genre. En plus, sauf si tu es sa meilleure amie ou si elle est habituée à sortir avec toi, moins d'une nuit à l'avance, c'est trop court.

- Il faut que je lui envoie un carton d'invitation signé en lettres d'or une semaine à l'avance ou quoi ?

- Non, sauf si c'est une demande en mariage, se moqua Gendry. Une semaine, ça fait vraiment désespéré. Si tu veux te la jouer cool, demande-lui trois jours à l'avance.

- Tsk, on voit que tu t'y connais. Tu sors avec la p'tite Stark ?

- Arya. Et non, on ne sort pas ensemble. C'est déjà galère de l'inviter à jouer dans notre groupe. J'espère que l'audition dans une semaine lui fera changer d'avis.

- L'audition ? Ton groupe fait une audition ? Vous êtes les Rolling Stones ou quoi ?

- Non, pas mon groupe, la chorale. Y'a des rumeurs partout que Sansa va y aller. J'espère que ça redonnera à Arya l'envie de se remettre à la musique. Elle dit qu'elle a autre chose à faire.

- Elle se tape un mec, en conclut automatiquement Sandor.

Cette fois-ci, ce fut au tour de Sandor de rire tandis que Gendry palissait.

Arya retira sa visière et essuya son visage trempé de sueur avec le revers de la manche de son uniforme :

- Non, non, fit son professeur avec son accent étranger prononcé. On reprend. Ton pied gauche, Arya, ton pied gauche est trop à gauche, ça change tout l'axe de ton torse. Allez, allez, encore une fois.

La jeune fille soupira et remit sa visière avant de se remettre en position.

Quelques mouvements plus tard, Syrio Forell, l'auto-proclamé meilleur maître d'escrime de King's Landing l'autorisa, avec son partenaire, à se reposer un peu, boire un peu d'eau avant de reprendre pour faire quelques enchaînements.

Arya soupira et, reposant son fleuron et sa visière, alla prendre sa bouteille d'eau sur les gradins pendant que deux autres élèves montaient en piste pour s'entraîner à leur tour. Son partenaire vint s'asseoir à côté d'elle avec son habituel sourire énigmatique.

- Tu es troublée aujourd'hui, fit-il de son habituelle voix douce et mystérieuse. D'habitude, ton torse est mieux axé. Il y a plus de rage dans tes mouvements.

Arya se demanda vraiment d'où il sortait toutes ces remarques. Il ne pouvait pas se concentrer et sur ses mouvements qui étaient toujours parfaits et sur l'humeur de son adversaire ! Mais Jaken H'ghar n'était pas vraiment un élève comme les autres. Tout le monde se demandait ce qu'il faisait là : il était imbattable et tous ses mouvements étaient parfaits. Personne ne savait ce qu'il faisait ni d'où il venait. Certains disaient qu'il était dans l'autre lycée mais qu'il venait ici juste parce que Syrio était un meilleur maître que celui que l'autre lycée avait. Il avait une aura mystérieuse derrière son sourire et ses cheveux teints en deux couleurs.

Syrio les mettait souvent ensemble pour les travaux d'équipe. Il savait qu'Arya répondait aux défis et Jaken lui-même était un défi.

- J'ai trop de choses en tête en ce moment répondit Arya évasivement.

- C'est le moment de te libérer, fit Jaken en s'accoudant à la rangée de gradins derrière lui, étendant ses jambes.

Arya ne savait pas si elle avait envie de dévoiler un bout de sa vie à quelqu'un qu'elle ne connaissait absolument pas mais elle se voyait mal se confier à quelqu'un d'autre :

- Un ami qui ne sait pas que je suis dans le club d'escrime m'a demandé de rejoindre son groupe. Je lui ai dit non, mais il continue à me demander et à me demander... Ce matin, il m'a encore demandé, mais devant tous mes frères et ma soeur. Quand ma soeur m'a demandé pourquoi j'ai refusé, je lui ai crié dessus et je suis partie...

- Pourquoi tu ne leur dit pas que tu es au club ?

- Parce que... Au début, je ne voulais pas que ma mère sache. Elle est très stricte, très sévère et tout... Donc, je ne pouvais pas le dire à mon père ni à personne d'autre de ma famille : les informations circulent plutôt bien, même si on essaye d'être discret, y'a toujours un moment où l'un d'entre nous fait une gaffe et voilà... Et pour que mes frères et ma soeur ne sachent pas, je ne l'ai pas dit à mes amis... Maintenant, me voici piégée dans mon propre mensonge...

- Il vaut mieux que tu leur dise maintenant.

- A qui ?

- Ton ami, d'abord. Si c'est ton ami, il devrait avoir ta confiance, pas tes mensonges. Puis, tu pourrais le dire à ta soeur : elle a le droit à une explication. J'imagine que tu serais furieuse si elle décidait de te crier dessus sans aucune raison aussi. Et puis à deux, vous protégeriez mieux ton secret que toi toute seule.

- Ouais... Ma soeur et moi... On a jamais été vraiment proches... Elle est... très différente.

Jaken eut un petit rire discret avant de reprendre :

- Sans doute pas assez différente pour ne jamais avoir de secrets à cacher elle-même.

- Tu as raison... Tout le monde a des secrets...

- Arya, Jaken ! Au lieu de vous faire les yeux doux, vous feriez mieux de revenir vous entraîner. Allez, en piste !

Arya lança un dernier sourire à Jaken avant qu'ils ne reprennent tous les deux leurs fleurons et ne se remettent en piste.

Pendant le débat, Sansa ne parla pas beaucoup. Pourtant, Petyr lui avait bien dit qu'elle avait trouvé de bons arguments. Enfin, bons... Ils étaient bien : ils prouvaient qu'elle avait lu le livre avec attention et qu'elle était intelligente. Il lui manquait bien sûr des lectures critiques, mais il ne pouvait lui en vouloir. Elle avait fait du bon travail pour quelqu'un qui avait Ros sur ses talons. Ce n'était pas le cas de tout le monde.

Quelques fois, Petyr se demandait ce qu'il avait contre l'humanité pour avoir toujours envie de s'en élever, être mieux... Il lui suffisait de regarder ce genre de débat où une moitié n'a pas lu l'oeuvre (ou un bout) et l'autre essaye d'en parler sans rien en savoir.

Il avait été très heureux de voir les deux heures se terminer. Au moins aussi heureux que les élèves. C'était la dernière fois qu'il organisait un débat comme celui-là. Mais maintenant, il allait pouvoir voir Sansa à peu près seul à seule. Il avait hâte.

Il faisait beau donc personne ne s'attarda dans la classe sauf Jorah quand il vit que Daenerys allait rester mais la jeune fille le renvoya dehors avec un mouvement de tête. Puis, les deux jeunes filles échangèrent un petit sourire avant de se diriger vers le bureau où Petyr était en train de ranger ses affaires et de sortir celles du prochain cours. Sansa prit la parole d'abord :

- Monsieur, Daenerys veut bien travailler sur l'exposé avec moi. Avez-vous des références qui pourraient nous aider ?

Une charmante manière de lui demander ce qu'il avait promis. Daenerys, elle, avait l'air de s'ennuyer. Il se demandait pourquoi elle faisait cet exposé : elle avait l'air d'une fille qui travaille seule et n'aime pas trop se faire remarquer...

Il sortit deux livres et une feuille de son sac :

- Bien sûr, merci de me l'avoir rappelé : voici deux oeuvres critiques sur Lolita. Les chapitres intéressants sont marqués d'un post-it. Sur la feuille, il y a quelques références d'ouvrages que vous trouverez au CDI. Ils sont moins importants que ces deux ouvrages mais ils pourront vous aider. Revenez me voir la semaine prochaine avec un plan détaillé. Je le validerai ou ferais quelques changements pour qu'il soit prêt dans deux semaines. Si vous avez le moindre problème, n'hésitez pas à m'envoyer un mail.

Petyr sortit un bloc de post-it pendant qu'il parlait. Il en tendit un à Daenerys avec son adresse mail et, pendant qu'elle le regardait et le pliait pour le mettre dans sa poche, il écrivit son numéro de téléphone au dos de celui de Sansa avant de le lui tendre. Sansa prit le post-it et le fourra dans son sac comme s'il brûlait. Petyr espérait qu'elle ne perde pas tout le courage qu'elle avait gagné en venant le torturer avec de nouveaux collants.

Il aurait vraiment voulu commencer à passer aux choses sérieuses avec Sansa à ce moment-là : le souvenir de ses jambes nues dans son esprit, ses mèches qui s'échappaient de sa tresse, ses joues un peu rouges à cause de la chaleur et de la gêne dont il était la fière cause et ses jolis yeux troublés. Si Daenerys n'avait pas été là, il se serait levé, aurait doucement saisit la jolie main blanche de Sansa avant de l'entraîner doucement dans un des coins de la pièce où il savait que les rapides regards des curieux ne pourraient pas les surprendre. Puis, profitant de son trouble, il aurait lâché sa main pour lui donner une chance de s'enfuir, de protester. Elles ne le font jamais, mais il préférait ne pas prendre ce genre de risques : Sansa était encore mineure après tout. Il aurait ensuite prit son visage doucement dans ses mains. Il n'aurait pas serré trop fort : Sansa était un oiseau délicat qu'il ne devait pas étouffer dans une poigne de fer. Non, le moment où elle n'aurait plus de souffle serait à la fin de son baiser passionné. Il savait qu'elle aimait la littérature : comme tous les amants de la littérature, elle devait aimer la passion. Il l'aurait attirée contre lui, plongé dans ses yeux aussi longtemps qu'il pouvait en sentant son souffle saccadé contre sa peau avant de se pencher et déposer un baiser sur ses douces lèvres.

Il aurait d'abord testé leur douceur en les caressant avec ses propres lèvres avant de se lancer dans le véritable baiser. Sansa avait déjà embrassé Sandor : les sensations ne lui seraient pas étrangères, elle saurait si elle aimait ce baiser ou ne faisait que le suivre. Si elle aimait ce baiser... Elle serait immobile un moment avant de se laisser aller. Il regarderait intensément ses jolis yeux en train de se fermer tandis qu'elle répondait du mieux qu'elle pouvait. Il devrait arrêter de l'embrasser avec autant de passion, lui laissant la possibilité de répondre, de sursauter quand elle sentirait sa langue sur ses lèvres... Puis... Puis, le paradis...

La cloche sonna, annonçant la fin de la pause. Petyr sortit de ses pensées avec un sursaut. Il soupira, passa une main sur son visage et se leva pour faire entrer les élèves suivants.

Sansa sortit de sa journée de cours complètement lessivée. Elle n'avait qu'une seule hâte : rentrer chez elle, enlever ses chaussures et s'affaler dans son lit en écoutant de la musique avec Lady avant de songer, peut-être, à faire ses devoirs. Elle avait un livre à lire pour dans deux jours. Dans deux jours, elle passait la soirée à la bibliothèque avec Daenerys pour mettre leurs notes en commun et élaborer un plan qui tiendrait la route. Sansa se sentait débordée de sensations. Elle n'avait aucune envie en plus d'aller s'inscrire à la chorale pour ensuite avoir à pratiquer son chant encore une fois. Depuis combien de temps n'avait-elle pas chanté ? Elle s'était réveillée avec la voix douloureuse après la fête et elle espérait sincèrement que ce n'était pas parce qu'elle avait chanté...

La jeune fille remit son sac sur l'épaule et dit au revoir à Ros et à Shae qui allaient se changer dans les toilettes avant de partir en pré-soirée et en soirée. Elles lui avaient demandé de les excuser pour demain : elles risquaient de ne pas venir, la soirée promettait d'être énorme. Sansa avait décliné l'invitation.

Elle se mit donc à marcher dans le couloir qui allait l'amener hors du lycée quand elle fut rattrapée par Margaery :

- Sansa ! Sansa ! Oh, te voilà ! Viens, les inscriptions sont par là !

- Tu sais, fit Sansa en hésitant sous le sourire radieux de la jeune femme brune, ça fait longtemps que je n'ai pas chanté et...

- Ne t'inquiète pas comme ça, ma douce ! Mon frère a une chambre insonorisée où on pourra s'entraîner comme on veut !

- Loras ?

- Non, non, Willas. Mon grand frère. Il est charmant, tu verras. Quand il te verra, aussi magnifique que tu es, il ne pourra rien nous refuser.

Sansa tordit le bout de sa tresse nerveusement. Margaery passa son bras autour de sa taille comme si elles se connaissaient depuis des mois alors qu'elles ne s'étaient rencontrées vraiment que le matin même. Il y avait quelque chose de rassurant à cette étreinte, une pure amitié féminine... Margaery aurait pu être la grande soeur dont Sansa avait toujours eu envie.

Elles marchèrent en direction du couloir des clubs. C'était la fin des cours pour beaucoup et la plupart des élèves s'y trouvaient. La file pour les inscriptions était terriblement longue et le couloir était bondé. Sansa était sûre qu'elles mettraient bien trente minutes avant d'arriver au bureau des inscriptions. Elle avait déjà prévenu Robb à la pause déjeuner qu'elle aurait un peu de retard, mais ils risquaient de l'attendre longtemps...

Mais Sansa était avec Margaery et Margaery avait toujours ce qu'elle voulait quand elle voulait. Elle héla une jeune femme aux cheveux aussi roux que Sansa, mais bien moins coiffée, moins bien habillée avec un appareil photo au cou et un bloc-notes dans les mains :

- Ygritte ! Ygritte ! appela Margaery.

- Margy ! la reconnut la jeune femme avec un grand sourire. J'attend toujours de pouvoir vous attraper, toi et Joffrey dans une position délicate qui suggérerait que vous êtes bien en couple !

- Dans deux semaines à la piscine, normalement. Mais là, j'ai besoin de toi.

- 'Sûr. Que puis-je faire pour toi ?

La jeune femme se dirigea vers Margaery et Sansa. Elle dévisagea cette dernière avant de demander :

- Tu es la soeur de Jon, non ?

- Demi-soeur, oui, précisa Sansa avec un petit sourire poli.

- Ygritte, paparazzi du lycée, salut. Alors, Margy, qu'est-ce que tu fous là, d'ailleurs ? Tu accompagnes ta nouvelle pote ? Tu sais, au début, tout le monde m'avait dit : «surveille bien ces deux-là, Sansa et Joffrey, il va se passer un truc entre eux deux avant la fin du mois.» Et là, qu'est-ce que je vois pas ? Un article tout prêt et emballé sur Sansa et le Limier !

- Ygritte, la coupa tout de suite Margy en voyant que Sansa allait mourir de honte. J'ai un nouveau scoop pour toi et il va faire du bruit, genre, vraiment du bruit. J'ai juste besoin que tu nous fasse passer toute la queue : Sansa a un exposé à préparer et ses frères l'attendent et je dois passer aux vestiaires voir Cersei.

- Oh, d'accord, pas de problèmes, par ici, les filles, fit la jeune femme en conduisant les deux amies devant toute la file.

Là, elle fit un petit signe de la main aux deux jeunes filles qui se chargeaient des inscriptions. L'une d'elle lui jeta un regard noir mais l'autre lui fit un grand sourire et l'invita à venir. Ainsi, Margy et Sansa passèrent toute la file. Elles se retrouvèrent devant la feuille des inscriptions où Margy se chargea d'écrire leurs deux noms au meilleur horaire possible la semaine prochaine : à 17 heures, elles devraient faire un duo. Sansa regrettait déjà cette décision...

Margy lui donna le plus grand et beau sourire quand elle reposa le stylo et entraîna les deux filles hors du petit bureau encombré :

- Hey, Margy, tu ne vas pas être sur-chargée avec les cours, les pom-pom girls et la chorale ? demanda Ygritte tandis qu'elles remontaient le couloir.

- Justement. Voilà mon scoop : je vais voir Cersei ce soir parce que je veux quitter les pom-pom girls, dit Margy posément.

- Quoi ?! s'exclama Ygritte. Mais tu étais destinée à devenir la Queen des Pom-Pom ! Tout le monde te voyait prendre la place de Cersei ! S'il te plait, Margy, ne fais pas ça, je ne peux plus supporter Cersei et son uniforme...

- T'inquiète pas, la rassura Margaery, je serais toujours à la chorale, prête à renverser des stars, mais -et tu peux le dire dans ton article- les pom-pom girls, c'était trop facile pour moi. Je suis une danseuse et je veux continuer à danser.

- Donc, tu seras aussi au club de danse ?

- Non, non, il n'y a pas de club de danse classique. Je m'inscrirai dans un club privé pour garder la forme et ma grâce.

- Okay... Bon, bah, dommage, j'aurais tellement voulu publier un article sur toi en mode «je détrône Cersei» mais bon...

- Off the record, sweetheart, je veux bien voir combien de filles vont encore admirer les pom-pom girls comme elles le faisaient maintenant que je suis partie. En un sens, je détrône Cersei sans vraiment la détrôner.

- P'tain, ça c'est toi. Ça, c'est Tyrell avec un bel autographe. Tu sais que je t'aime, toi ? Bon, j'ai un article à écrire pour demain alors. Merci du scoop ! Je le sais même avant Cersei, c'est du vrai scoop ! Merci beaucoup et à la prochaine ! Oh et toi, Sansa, fais-moi plaisir et trouve-toi un petit ami rapidement : tu ne sauras jamais le nombre de lettres anonymes que je reçois qui me demandent si tu es encore célibataire !

Sur cette longue tirade, Ygritte tira une véritable révérence et s'en alla dans ses converses complètement abîmées, bousculant quelques personnes au passage en écrivant furieusement sur son bloc-notes.

Sansa et Margaery restèrent silencieuses un moment, encore impressionnées par la présence de la jeune journaliste. Puis, Margy éclata de rire. Un rire sincère et amusé, quasiment incontrôlable. Sansa ne tarda pas à la rejoindre, sentant la fatigue et la frustration de la journée s'envoler de ses épaules comme par magie. Margy, toujours très tactile, tenait la taille de Sansa et celle-ci, d'abord timide, ne tarda pas à passer son bras autour des épaules de sa nouvelle amie. Sa solitude commençait peu à peu à disparaitre. Margaery, décida Sansa, est une fille merveilleuse.

Les deux filles se quittèrent au bout du couloir principal : Margaery devait passer par les vestiaires pour donner sa démission à Cersei et Sansa devait rejoindre ses frères et sa soeur pour rentrer chez elle.

Margaery entra dans les vestiaires pendant que les filles s'y changeaient. Elle était toujours accueillie avec enthousiasme et ça la peinait de penser qu'elle allait abandonner toutes ces braves filles aux mains de Cersei. Mais après tout, personne ne les avait obligées à s'embarquer dans une telle aventure. Elle salua tout le monde et arriva à son casier.

Elle soupira et l'ouvrit pour la dernière fois. Ce n'était pas qu'elle adorait être pom-pom girl mais il y avait une certaine ambiance, une camaraderie entre les filles. Ce n'était pas quelque chose d'élégant et de précieux, mais au moins, elles s'amusaient bien quand Cersei n'était pas dans les parages. Tant pis. Elle était une Tyrell, elle savait danser, elle savait chanter : elle avait autre chose à faire que de se dandiner pour encourager des hommes à taper dans un ballon et se faire draguer à toutes les soirées par des gens trop peu sûrs d'eux-même pour oser vraiment séduire une femme...

Elle retira son uniforme du casier, lavé et plié comme d'habitude. Elle quittait peu-être les pom-pom girls, mais elle avait acheté son uniforme et elle le garderait. Sauf si une jolie jeune fille venait le lui demander.

Elle n'eut pas à attendre pour se remettre en action :

- Ah, enfin, on se demandait quand tu allais te décider à nous gracier de ta présence, fit la voix dure de Cersei.

Cersei avait probablement été la plus belle fille du lycée quand elle y était entrée pour la première fois, un peu comme Sansa l'était aujourd'hui... Mais aujourd'hui, le poids des responsabilités, la compétition, l'auto-bronzant et mille et unes autres raisons avaient fait d'elle une jeune femme qui paraissait plus vieille qu'elle ne l'était vraiment. Elle avait certes l'air mature et imposante avec ses muscles fins et secs mais elle n'avait pas gardé sa beauté candide dont quelques traces restaient dans ses jolies pommettes et ses belles mains. Elle était en uniforme, comme toujours et était flanquée de deux jeunes pom-pom girls qui s'étaient donné pour mission de la suivre où qu'elle aille.

- Cersei, fit Margaery de son habituelle voix douce accompagnée d'un sourire. Justement, je te cherchais, j'ai quelque chose à te dire.

Quand Margaery sortit des vestiaires, elle était encore suivie par les cris hystériques de Cersei qui venait de perdre le haut de sa pyramide. Ce n'était qu'une colère passagère, pensa la jeune femme en ré-arrangeant ses cheveux, bientôt, elle sera très heureuse de mon départ. En attendant, il avait fallu trois filles pour retenir la chef des pom-pom girls de se jeter sur elle.

Margaery n'avait pas peur de se battre. Elle avait prit des cours de self-défense, elle était danseuse et elle n'avait pas peur de se défendre. Elle avait juste envie de garder sa réputation de douce jeune fille et sa coiffure. Elle remit donc son sac sur son épaule et s'apprêta à sortir dans la chaleur du stade désert.

Quand soudain, une main saisit son poignet. Des bagues rentrèrent dans sa peau. Margy se retourna vers Asha avec son habituel grand sourire. La nageuse, elle, avait l'air moins amusée. Elle avait encore sa cigarette à la bouche et, quand elle eut attiré Margy assez proche d'elle pour que leurs pieds se touchent, elle lui souffla sa fumée à la figure. Margaery cligna à peine les yeux et ne perdit pas son sourire même si elle sentait la colère et la frustration monter en elle.

- Tu crois que tu peux t'en tirer comme ça ? lui demanda Asha de sa voix profonde et dure.

- Me tirer de quoi ? répliqua Margy en dégageant son bras de l'étreinte.

- Tu sais de quoi. Tu penses que tu peux jouer sur plusieurs tableaux ? Pas avec moi, chérie.

Asha ne s'était pas attendue à être repoussée avec autant de force. Sa cigarette en tomba de ses lèvres. Mais après tout, Margy avait réussi à battre les Vipers...

- Je joue sur plusieurs tableaux si je veux ! s'écria Margaery. Si j'ai envie d'embrasser toutes les personnes de ce lycée, je le ferai ! Pour qui tu te prend ? Je t'embrasse deux fois et ça y est, je t'appartiens ? Tu te trompes grandement ! Je pourrais te faire l'amour tous les jours et je ne t'appartiendrais quand même pas ! Ce n'est absolument pas une façon de traiter une personne à laquelle tu tiens !

Margaery était en train de perdre son calme. Son sourire avait complètement disparu et ses cheveux étaient un peu décoiffés à cause de la brise qui avait rendu l'après-midi un peu plus supportable. Sa voix était plus profonde, plus forte. Oubliée la douce mélodie de la jolie jeune fille.

Elle sembla reprendre ses esprits en rencontrant les yeux étonnés d'Asha. Elle sembla même s'en vouloir et passa une main dans ses mèches rebelles, essayant de les remettre en ordre. Ses mains tremblaient un peu et sa moue était réelle cette fois-ci.

- Ecoute, finit-elle par dire après une minute de silence. Je...

Elle fut coupée par un autre baiser. Ce n'était pas un baiser tendre ou même passionné, c'était un baiser brutal quasiment animal. Margaery essaya d'imiter les mouvements d'Asha, mais celle-ci avait ses mains autour de sa tête, enfouies dans ses cheveux, rendant tout mouvement impossible. Pendant un moment, la jeune Tyrell crut que la nageuse allait l'étouffer dans son baiser mais elle finit par la relâcher.

Tout était tellement rapide que Margy eut à peine le temps de réfléchir quand Asha plongea à nouveau sur elle, mais pour poser ses lèvres sur son cou. Quelques secondes après, la danseuse sentit la nageuse marquer sa peau. Elle soupira mais elle ne put masquer un petit sourire. Quand Asha se redressa, elles étaient toutes les deux à bout de souffle :

- Maintenant, dis-moi. Dis-moi et dis-moi pour de vrai : est-ce que tu veux être avec moi ? Et si tu es avec moi, tu es avec moi. Juste avec moi. Pas de Sansa avec ses jolis cheveux et sa bouche en coeur, pas de Joffrey et sa stature misérable. Personne. Juste moi.

Margy passa sa langue sur ses lèvres douloureuses à cause de leur baiser. Son cerveau se remettait à réfléchir et le faisait à toute allure, mais elle avait l'impression de patauger. Asha était quand même encore très proche : elle pouvait sentir son souffle sur son front et elle n'avait qu'une envie : l'embrasser à nouveau, plonger dans son étreinte, respirer son parfum (Desire de Dolce et Gabbana) et retirer son sweat horrible à l'égérie d'un groupe de métal qu'elle ne connaissait pas. Possiblement pour le garder quand il ferrait froid ou quand elle aurait à se lever le lendemain pour chercher le petit-déjeuner.

Mais elle ne pouvait pas :

- On ne peut pas être officielles, déclara Margy.

- Je m'en fous d'être officielles ou pas ! Je ne demande pas ça à tout le monde et en général, je m'en fous, mais si tu veux être avec moi, tu seras avec moi et avec personne d'autre.

- Je dois encore faire semblant d'être avec Joffrey.

- Pourquoi ? C'est un connard : il parle de Sansa comme d'une pute et c'est une poule mouillée. Je pourrais le faire rentrer chez lui la queue entre les jambes sans même le frapper. Tu vaux mieux que ça.

Margy sentit qu'elle allait fondre. Asha ne se rendait même pas compte qu'elle était en train de lui faire une déclaration :

- Je dois garder mon image de fille populaire. Avoir des relations pour le monde du travail plus tard...

- C'est triste et chiant.

- Peut-être, mais je dois le faire. Alors... Margy fit une pause pour prendre la main d'Asha délicatement dans la sienne. Si on est ensemble, on respecte les choix des autres. Je ne coucherai pas avec lui et à la première occasion, je le quitte, c'est promis.

Les premières pom-pom girls étaient déjà en train de sortir sur le terrain, suivies par Ygritte, son appareil photo rivé sur elles. Margy les regarda un moment, eut une moue et ajusta son sac sur son épaule :

- Bon... Assez de scandales pour moi. Je vais rentrer. On se revoit demain...

Elle commençait à se détourner quand Asha la rattrapa :

- Hey ! Euhm, Margy... Elle semblait nerveuse et changeait sans cesse son poids de jambe, poussant des petits cailloux dans la poussière. Mon père sera pas là ce soir. Il est à un match avec des potes, un truc comme ça. Ça te dirait de venir à la maison ?

Le sourire de Margaery était tellement lumineux et sublime qu'Asha eut du mal à retrouver ses mots.

- Enfin, sauf si tu veux pas, bien sûr, c'est pas grave...

- A quelle heure je peux arriver ? la coupa-t-elle gentiment.

- Je rentre de l'entraînement vers 21 heures...

- D'accord... J'arriverai vers 21 heures 30 alors...

- Ça me va...

- A plus tard...

- Ouais, à plus...

C'était maladroit. Asha s'en voulait d'être aussi maladroite. Pourquoi donc était-elle aussi maladroite ? D'habitude, elle rencontrait une fille cool et jolie en soirée, elle lui offrait un verre et elle l'entraînait dans les toilettes ou dans un coin de la maison ou même, elle s'invitait chez elle, mais jamais elle n'invitait quelqu'un dans sa propre maison ! Surtout pas en ayant l'air d'une jeune fille rougissante qui invitait son premier petit ami à prendre un milk-shake au centre commercial. Elle regarda Margaery s'en aller, la jupe de son uniforme prise dans le vent de cette chaude journée d'été, ses jolies jambes élégantes, sa démarche légère, comme si le monde était à elle et qu'elle jonglait avec comme avec une balle qui ne pesait rien. Ses cheveux enfermés dans sa pince virevoltaient au rythme de ses pas et Asha les trouva tout à coup très captivants...

- Ash', Ash', qu'est-ce que tu fous là ? L'entraînement commence dans même pas dix minutes ! lui cria une des nageuses de son groupe.

- Oui, oui, j'arrive, c'est bon ! lui répondit Asha.

Elle s'arracha à la ravissante vue de la jeune Tyrell et passa une main dans ses cheveux courts en soupirant. Elle était vraiment dans la merde. Pourtant on lui avait bien dit que les Tyrells étaient dangereux...

Ce soir-là, à la table des Starks, Arya se leva et déclara qu'elle avait une annonce très importante à faire, interrompant ainsi Sansa qui était en train de raconter sa rencontre avec Ygritte à Jon. Surpris par la théâtralité de la jeune fille, tous se turent pour écouter attentivement :

- Je... J'aurais du vous le dire plus tôt, mais bon, voilà... Je savais que vous ne seriez pas d'accord...

- Qu'as-tu à nous dire ? fit calmement Ned.

- Vous savez ce cours d'économie que j'ai choisi en plus et que personne ne voulait me croire quand j'ai dis que je voulais le faire ? En fait, vous avez eu raison de ne pas me croire... Je ne vais pas en cours d'économie... Je fais de l'escrime à la place. c'est aux mêmes horaires...

Le silence devint gênant et Arya baissa la tête, coupable et gênée, jouant nerveusement avec sa serviette. Toute la meute Stark se tourna vers les parents. Cat avait la mâchoire serrée et finit par dire d'une voix froide et tranchante :

- Arya, va dans ta chambre.

La jeune fille releva les yeux et tout le monde put voir ses joues rougir légèrement. Même Sansa sentit son coeur se serrer devant le repentir de sa petite soeur. Arya hocha la tête sans un mot et s'en alla, laissant son assiette à moitié pleine. Ils n'entendirent pas la porte claquer.

Malgré le départ d'Arya, l'atmosphère restait tout de même tendue : Rickon avait arrêté de manger pour regarder ses parents et, si Robb essayait de se montrer compréhensif envers la décision de sa mère, Jon était ouvertement en désaccord. Theon, quant à lui, semblait regarder le spectacle avec son habituel air dégagé, comme s'il ne faisait pas partie de la scène mais n'était que le spectateur d'une comédie. Bran et Sansa se regardèrent en silence, tous les deux incertains de la conduite à suivre.

Finalement, Cat, sentant tous les regards sur elle, prit la parole :

- Mentir à ses parents est très mal. Si elle nous en avait parlé, nous aurions expliqué les raisons pour lesquelles nous ne voulions pas qu'elle fasse de l'escrime. C'est un sport dangereux.

- Et tout le monde ici sait que Theon fume et personne ne dit rien, se révolta Jon. Pourtant fumer est bien plus dangereux que de pratiquer un sport de combat. Ils ont un professeur, ils sont encadrés et ils ont des protections.

Tout le monde se tourna vers Jon. Normalement, Jon était un jeune homme discret qui évitait de se mêler aux rares disputes de famille. Le voir prendre ainsi parti contre Cat pour leur petite soeur les fit tous sourire. Ils étaient tous d'accord avec lui et étaient prêt à le soutenir, à soutenir Arya. Robb posa sa main sur son épaule. Theon se contenta d'hausser les épaules et de débarrasser son assiette. Cat le regarda partir sans un mot.

- Jon a raison, finit par intervenir Ned après un moment de réflexion. Mais Theon n'est pas un exemple à suivre. Ce n'est pas parce qu'il ment que tout le monde doit faire comme lui. Arya n'aurait pas du mentir, mais elle a finit par dire la vérité. Elle ne sera pas plus punie cette fois-ci, mais une punition s'imposait. Et Jon, ce n'est pas un ton à prendre avec Cat'.

- Désolé, répondit Jon en baissant les yeux. Bran vit bien qu'il n'était pas du tout désolé.

- Bon, maintenant, reprit Ned avec diplomatie, si quelqu'un souhaite nous révéler quelque chose sur lequel il nous a menti, c'est le moment.

Il y eut un silence et tout le monde sembla réfléchir intensément.

Sansa se demanda si elle devait avouer qu'elle était attirée par son professeur de littérature. Elle se mordit la langue. Evidemment que non. Ses parents n'avaient pas besoin de savoir sur qui son dévolu se jetait. Surtout pas quand il s'agissait de quelqu'un de leur âge. Elle releva les yeux alors et secoua la tête négativement, en même temps que ses frères. Ned leur sourit à tous et la tension sembla s'envoler :

- Bon, maintenant, terminez votre repas, je vais parler à votre soeur, fit-il en se levant.

Sansa baissa les yeux sur son assiette mais son estomac était entièrement serré, noué. Elle n'avait vraiment plus faim. Elle repoussa son assiette vers Rickon qui s'empressa de vider son contenu dans son assiette quasiment vide.

Elle trouverait un autre moment pour leur parler de la chorale.

Ned monta les escaliers et traversa le couloir vers la chambre d'Arya. Ned avait surmonté beaucoup d'épreuves dans sa vie mais aucune d'entre elles n'égalait celle que sa famille présentait. Pour la première fois de sa vie, depuis la mort tragique de son père et de son frère aîné, Ned avait retrouvé l'espoir d'avoir une famille à protéger et à tenir unie. Tout comme Catelyn, rien ne comptait plus que le bien être de la petite meute Stark. Il s'en était plutôt bien sorti jusque là : d'une famille éclatée, ils avaient fait une famille recomposée où tous les enfants s'entendaient assez bien pour aller en cours ensemble et prendre la défense l'un de l'autre, même si certaines tensions subsistaient encore. Il faisait cependant de son mieux pour assurer leur bonheur même si des fois, il avouait ne pas du tout savoir comment s'y prendre.

Dans ces situations-là, il optait toujours pour la franchise. Être franc, surtout avec ses enfants, est une chose difficile, très difficile, mais il les respectait trop pour leur mentir. Il savait qu'ils étaient une petite meute, des loups, des Starks. La dureté de la vérité ne leur faisait pas peur. Il était fier d'eux.

Il frappa à la porte d'Arya, déjà bardée d'affiches «Défense d'entrer» et «Stay the fuck out» et d'autres joyeusetés. Pas de réponses. Il frappa à nouveau. Il entendit Arya soupirer et crier :

- Allez-vous en !

- Arya, fit-il, ouvre-moi.

- Non, allez-vous en !

- Arya, je veux juste te parler, répéta son père.

La jeune fille soupira à nouveau mais il l'entendit se lever et marcher vers la porte qu'elle ouvrit.

Sa chambre, comme d'habitude, était en désordre. Les draps étaient ouverts et les oreillers étaient au pied du lit. Il y avait des CDs un peu partout et une guitare parmi les draps. Arya laissa son père entrer. Il s'assit sur le lit et tapota la place à ses côtés pour l'inviter à s'asseoir à ses côtés. Elle obéit sans un mot :

- Tu sais, Arya, ta mère est très inquiète pour toi...

- C'est pour ça que je ne voulais rien dire...

- Mais mentir, ce n'est pas se sauver. Nous sommes ta famille. Nous sommes la meute. La meute Stark. Nous avons droit à ta confiance.

- Oui, c'est vrai. C'est pour ça que je vous l'ai dit au final, je pense.

- Je vais parler avec ta mère pour que tu puisses continuer à faire de l'escrime si ça te plait vraiment, mais tu dois nous promettre de ne plus jamais nous mentir.

- Je promet. Merci papa.

- Si tu es bien la fille de ton père et que tu ne mens plus, c'est le moins que je puisse faire pour toi, ma chérie. Sois bien prudente avec les épées aussi.

- On a des protections, papa, lui rappela Arya en souriant.

- Sois quand même bien prudente.

- Promis.

- Bon, je suis content que tu ai fini par nous dire la vérité, mais la prochaine fois, parle-nous en avant, d'accord ?

- D'accord.

- Allez, maintenant, va te laver les dents et prépare-toi à aller dormir, ma chérie.

Quand elle entendit trois petits coups à la porte, Asha était en train d'enfiler un jean à peu près entier sur ses boxers noirs, ses cheveux trempés après son shampooing post-entraînement. Elle enfila le premier t-shirt qui lui tomba sous la main et, se séchant les cheveux avec sa serviette, alla vers la porte.

Elle savait qui c'était. Margaery Tyrell avec cing petites minutes de retard pour avoir l'air cool. Asha ouvrit la porte.

Margaery s'était changée. Elle portait désormais un short en jean clair et une large chemise d'un rose très clair qui laissait voir son soutien-gorge blanc en dessous. Le tissu n'était pas du coton. On aurait dit de la mousseline ou de la soie. Asha ne savait pas trop bien : elle n'était pas très douée avec les tissus et les vêtements. Les longs cheveux bruns de la jeune femme étaient lâchés et tombaient en longues boucles le long de ses épaules. Sa rose pendait toujours à son cou et son sourire était éclatant.

- Je peux entrer ? demanda-t-elle avec un sourire.

- Hm. Oui, bien sûr. Entre. C'est un peu le bordel...

- C'est pas grave. Tu devrais voir la chambre de mon frère Garlan...

- Tu es venue comment ?

- Willas m'a conduite.

- Dis-lui que c'est pas la peine de venir te chercher demain, je t'amènerai en moto. J'ai un deuxième casque.

- J'ai bien fait d'apporter mon uniforme alors.

Margaery entra dans le salon où les canettes vides, les cartons de pizza et les journaux s'entassaient dans un bazar immonde. Ses petites sandales ne s'en offusquèrent cependant pas et elle contourna les déchets jusqu'au centre de la pièce.

Asha remarqua son sac de sport :

- Je ne savais pas que tu venais t'installer pour la semaine, fit-elle en riant pour se donner l'air cool.

- Tu seras contente que j'ai pensé à apporter mon maquillage quand tu verras de quoi j'ai l'air sans, lui rétorqua Margy sans perdre son sourire.

- Si tu veux, on peut aller s'installer dans ma chambre, lui proposa Asha.

- C'est l'esprit, répondit Margy avec un sourire espiègle.

Asha se sentit fondre. Il y avait comme quelque chose à l'intérieur d'elle qui s'écroulait et devenait une espèce de marécage dans lequel son cerveau avait du mal à fonctionner correctement.

Mais d'où sortait cette fille ?

- Tu veux peut-être manger quelque chose ? Ou boire peut-être ? Je pensais à de la pizza, mais si tu veux autre chose...

- Non, de la pizza, ça me va très bien...

Asha était sûre que Margaery ne mangeait jamais de pizza chez elle, du moins pas de pizzas commandée à la boîte du coin et faîte par des inconnus qui n'avaient pas été formés à l'art antique de la pizza par un chef cuisinier italien parlant couramment le latin. Elle composa tout de même le numéro en regardant Margaery découvrir sa maison.

La maison Greyjoy n'était pas grand chose. Jadis, elle avait belle, blanche et brillante comme un show room Ikéa. Alannys, la mère d'Asha, était morte en couches. Depuis, la maison n'était une poubelle géante où les fuites d'eau étaient une habitude plus qu'autre chose. La télé et les deux ordinateurs de la maison étaient les seules choses qui marchaient correctement.

Sans la moindre gêne, Margaery monta l'escalier qui menait à l'étage où les deux chambres se trouvaient. Asha la regarda et se mordit inconsciemment les lèvres quand elle observa les hanches de la jeune Tyrell bouger au rythme de ses pas. Bon sang, mais que faisait ce livreur de pizzas ?

Margy sourit quand Asha finit par monter les escaliers qui menaient à sa chambre. Margy n'avait eu aucun mal à trouver la chambre de la jeune femme : elle était au bout du couloir et sa porte était couverte de posters de groupes de death rock, hard rock et de métal. Elle ne connaissait pas la moitié des groupes mais elle ne tarda pas à trouver leurs albums dans les étagères de la jeune Greyjoy.

Les draps bleus étaient défaits, les rideaux étaient tachés et son bureau était tellement en désordre que la moitié des papiers étaient sur le sol. Asha avait également une quantité de jeux vidéos plutôt impressionnante et quelques livres de science-fiction achetés d'occasions qui traînaient par là. Margy se pencha pour les ramasser et les rassembler en pile, admirant les titres. La jeune femme ne lisait pas de science-fiction, mais elle avait entendu parler d'Asimov, d'Herbert, de Dan Simons et de Dick. Il semblait qu'Asha s'était créé son propre univers au milieu d'une maison en perdition. Elle sourit à la comparaison et referma les draps avant de s'y asseoir, posant son sac dans un coin de la pièce avant de retirer ses sandales.

Asha arriva à ce moment, tenant un immense carton de pizza encore chaud et une bouteille de Coca fraîche.

- J'espère que tu aimes les reines. Je ne savais pas trop...

- C'est parfait, la rassura Margy.

Asha posa le carton gras sur une couverture qu'elle trouva dans un coin de la pièce et elles s'assirent toutes les deux face à face, en tailleur sur le lit.

Margy prit une première part dans ses doigts, de façon assez maladroite, ce qui fit sourire Asha. Visiblement, la jeune femme n'était pas très à l'aise avec les manières rudes du commun des mortels. Elle avait l'air terriblement adorable avec ses grands yeux verts, concentrés sur sa tâche. Asha baissa les yeux sur sa propre part et commença à la dévorer.

Pendant les quelques minutes de silence pendant lesquelles elles engloutirent la moitié de la pizza, Margy observa Asha. Pour une nageuse, elle ne se tenait pas très droite. Elle portait un jean trop grand pour elle et un t-shirt blanc, assez large également, de mauvaise qualité, sans aucun soutien-gorge. A ce moment-là, une pensée étrange vint à l'esprit de la jeune Tyrell. Se pourrait-il qu'Asha soit... mal à l'aise par rapport à sa féminité ? Pas en public, bien évidemment, Asha était très fière de son corps et n'avait aucun complexe par rapport à sa petite poitrine (d'ailleurs, pourquoi en aurait-elle ? Selon Margy, sa poitrine était parfaite) mais Margaery ne put s'empêcher de penser qu'Asha pourrait bien soudainement se sentir moins belle et moins féminine que Margaery.

La jeune Tyrell fronça les sourcils, très dérangée par cette idée : Asha n'avait absolument rien à lui envier. Margy n'avait qu'une seule envie : se blottir dans les bras puissants de la jeune nageuse et laisser ses mains partir à la découverte de ce corps souple et fantastique.

Il était temps qu'elle prenne les choses en main : après tout, c'était leur nuit ensemble, non ?

- J'ai besoin d'utiliser la salle de bain, déclara-t-elle. C'est la pièce juste à côté, c'est ça ?

Asha hocha la tête, la bouche encore pleine de fromage fondu. Margy lui sourit et sortit.

Asha en profita pour soupirer à nouveau et essuyer ses mains sur la couverture. Elle alla ensuite à son bureau pour chercher une cigarette. Inviter Margaery Tyrell dans son taudis était vraiment une mauvaise idée. Elle se demandait encore ce qui avait bien pu lui passer par la tête ! Elle avait voulu la choquer, comme tout le monde, c'était sûr, mais elle avait aussi eu ce petit espoir, dans un recoin de son esprit (celui qu'elle n'écoutait jamais) que Margaery n'allait pas s'en soucier et...

Bref, ce n'était pas très important. Asha alluma sa cigarette et lança le briquet qui atterrit sur son bureau. Elle tira dessus. Elle n'avait aucune idée sur ce qui allait se passer. Elle allait probablement lui proposer de regarder un film stupide, ceux de son père, pour se moquer des vieux effets spéciaux et des cascades à deux balles avant de lui laisser son lit et elle finirait la nuit sur le canapé, dans une vieille couverture grasse...

Mais Margaery n'était pas le genre de jeune femme à être prévisible. Ainsi, alors qu'Asha s'apprêtait à passer sa nuit sur le canapé et ne plus jamais embrasser la jeune Tyrell, la porte s'ouvrit sur la femme de ses pensées...

Margaery se tenait entièrement nue sur le pas de sa porte, ses vêtements impeccablement pliés à la main. Elle sourit, penchant la tête légèrement d'un côté, comme pour lui demander ce qu'elle allait faire. Pendant un moment, Asha dut avouer qu'elle ne savait pas trop.

Elle avait l'impression de se damner en faisant cela, mais la jeune nageuse n'avait jamais été préoccupée par l'au-delà. Elle se leva et embrassa Margaery, faisant tomber tous ses vêtements par terre.

Le baiser était extraordinaire. Il avait un goût de familiarité. Asha n'avait jamais embrassé la même personne deux jours de suite : elle était une fervente adepte de sa propre indépendance. Mais elle avait laissé traîner son affaire avec Margaery pendant plusieurs jours, c'était une sacrée liste de records. Mais après tout, Margaery n'avait rien d'une fille comme tout le monde.

A commencer par son corps de femme. Les mains d'Asha ne savaient plus trop ce qu'elles voulaient toucher en premier. Certes, les muscles fins de ses bras étaient attirants, mais elle avait louché sur sa poitrine depuis un petit moment déjà et elle était offerte, là, sans même compter son postérieur qui était la chose la plus divine qu'il serait donné à voir à un athée... Et puis, il y avait ses mains à elle, aussi. La mains froides de Margy qui tiraient sur son t-shirt avec impatience et qui s'attaquaient déjà à sa braguette... Asha dut arracher ses lèvres des siennes pour respirer et retirer son t-shirt qui atterrit sur le sol parmi sa pile d'albums post-punk qu'elle avait essayé de ranger en vain.

Margaery n'attendit pas qu'elle retrouve son souffle pour plonger sur son cou, ses mains s'attaquant à son pantalon et laisser sa marquer sur la peau de la jeune nageuse. Très vite, bien trop vite, Asha se retrouva nue face à Margaery et celle-ci tint à ne pas perdre une miette du spectacle.

- Tu es magnifique, murmura-t-elle à son oreille et pendant un moment, Asha voulut la croire.

Elle se contenta de déposer un rapide baiser sur ses lèvres avant de la pousser vers le lit jusqu'à ce qu'elle tombe à la renverse dessus :

- Attention à la pizza ! s'écria Margaery en essayant d'éviter la boîte au milieu du lit.

Asha se contenta de se moquer d'elle avant de prendre le carton pour le pousser par terre. Puis, elle alla retrouver sa nouvelle amante sur le lit.

L'exploration de leurs corps semblait infinie et pourtant, Margaery n'aurait accéléré les choses pour rien au monde. Elle adorait la souplesse d'Asha, la façon que ses muscles avaient de se tendre sous ses mains curieuses, elle avait envie d'embrasser chaque parcelle où la chair de poule qu'elle faisait naître apparaissait. Chaque bout de tissu était une insulte à la curiosité de la jeune Tyrell et était rapidement éliminée.

Asha, de son côté, poursuivait sa propre exploration. Elle rit quand elle vit le tatouage de Margaery : une rose avec des épines aussi grandes que les pétales sur sa hanche. Elle l'embrassa et le mordilla jusqu'à ce que Margaery la supplie de descendre encore. Asha la regarda droit dans les yeux. Elle se demandait ce qu'elle faisait avec elle, elle se demandait pourquoi quelqu'un comme Margaery pouvait bien avoir envie d'elle... Mais elle n'avait pas terriblement envie de connaitre la réponse.

Elle remonta le long du coup de la jeune Tyrell. Tout en elle respirait la danseuse. Ses muscles étaient cachés, comme si elle était une simple poupée de porcelaine, mais dès qu'elle passait sa main sur sa peau, elle pouvait sentir la délicate force de ses muscles fins. Margaery était une sorte de mystère qu'Asha ne pouvait pas attendre de découvrir. La nageuse découvrit très vite que son amante avait un point sensible dans le cou qu'elle explora encore et encore jusqu'à ce que les gémissements de Margy ainsi que les mouvements incontrôlables de ses hanches ne la décident à passer à l'action.

Après un baiser rapide sur les lèvres de Margy, la bouche d'Asha trouva une autre occupation. Sans vouloir se vanter, elle était plutôt douée dans l'art de faire plaisir aux filles, mais ça avait été une histoire d'entraînements aussi. Margy était déjà en train de gémir quand elle ne faisait que la toucher, mais elle était désormais presque en train de crier. Margaery Tyrell était vocale. Asha sourit : elle ne l'aurait jamais cru. Mais la jeune danseuse était toujours aussi gracieuse et même ses mains dans ses cheveux en bataille avaient une force élégante qui étonna la nageuse.

Quand Margaery retomba sur les oreillers, elle avait les cheveux décoiffés, quelques gouttes de sueur coulaient sur son front délicat et sa voix était rauque d'avoir crié le nom d'Asha encore et encore. Son corps était encore étalé sur le lit, comme une poupée qu'on avait oubliée sur un siège sale de bus. Sa poitrine divine se soulevait de plus en plus doucement et plus profondément alors qu'elle revenait à elle. Asha avait vraiment cru qu'elle n'aurait pas besoin de l'aide de Margaery pour finir dans le même état qu'elle.

Elle ne put s'empêcher de rire un peu en relevant la tête. Combien de personnes avaient vu Margaery Tyrell dans cet état ? Asha caressa son bras et ses cheveux en la regardant reprendre son souffle. Tout était parfait à propos d'elle, c'était plutôt impressionnant, plutôt embarrassant... La jeune nageuse était occupée à regarder son tatouage, passant le bout de ses doigts dessus, comme pour le confiner dans sa mémoire, en même temps que le goût de sa peau quand Margaery prit sa revanche.

La jeune femme aux cheveux bruns se releva tout à coup, comme si la passion l'emportait à nouveau et embrassa Asha de toutes ses forces. La jeune femme sursauta presque et la laissa la renverser sur le lit, à la place qu'elle avait occupée il n'y a pas quelques minutes avant. Les cheveux bruns de Margy les enfermèrent dans un rideau d'intimité et d'odeur de roses le temps du baiser. Puis, la danseuse lui fit un clin d'oeil enjoué avec son habituel sourire en coin qui aurait pu faire fondre la pire des pierres.

Elle lui donna autant qu'elle avait reçu. Voire plus. Asha n'avait jamais senti autant de plaisir et pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé. Disons que Margaery était souple et douée partout. Et Asha se doutait bien que ce n'était pas à ses cours de danse classique qu'elle avait apprit ça. Pendant un moment, elle sentit son coeur se serrer sous le coup de la jalousie, mais elle repoussa la sensation avec violence, préférant se mordre le dos de la main jusqu'au sang pour ne pas crier. Elle ne pourrait jamais se le pardonner si elle criait. Elle se trouverait trop pathétique.

La nuit était déjà installée quand Margaery vint se blottir aux côtés d'Asha, cherchant un peu de sa chaleur corporelle. La nageuse enroula son bras autour de ses épaules, sentant sa respiration redevenir normale. Ses longs cheveux bruns la chatouillèrent et elle souffla dessus pour les repousser. Margaery ne put s'empêcher de rire et lécha le sang de la main de son amante. Asha remonta le draps sur leurs corps épuisés et laissa Margy s'installer confortablement contre elle, capturant une de ses jambes entre les siennes et drapant un autre bras sur son torse aux seins minuscules. On aurait dit un koala, ne put s'empêcher de penser Asha avec une tendresse qu'elle ne se reconnaissait pas.

Margaery s'endormit très vite blottie comme elle l'était mais Asha garda ses yeux ouverts longtemps, le sommeil la fuyant.

Normalement, elle ne laissait pas ses conquêtes jouer à la maman koala avec elle, elle les quittait avec un léger baiser et une promesse vide. Mais elle n'était pas capable de faire ça à la danseuse. Margy n'était pas comme les autres filles : elle n'avait pas du mal à laisser Margy la toucher, même quand il n'était plus question de baiser. Elle n'avait jamais eu peur, à aucun moment, qu'elle se relève et la plante là, décidant qu'elle était une Tyrell et donc qu'elle méritait mieux. La main d'Asha alla caresser les longs cheveux de Margaery et, le regard plongé dans la mer capillaire de son amante, elle découvrit avec un froncement de sourcils que la jeune Tyrell avait réussi ce que personne, ni son père, ni ses amis, ni ses coups d'un soir, n'avaient réussi...

Margaery lui avait fait aimé son propre corps pour ce qu'il était, pas pour ce que les autres pensaient qu'il était.

C'était sans doute pour ce genre de prouesses qu'Asha l'aimait avec une intensité qui la troublait.

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