Lolita

Dead and Reborn against your lips

Bonjour à toutes, mes chères ombres !

Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! A l'origine, le chapitre 7 devait inclure un gros bout du chapitre 8, mais en fait, il faisait déjà douze mille mots, du coup j'ai décidé d'en faire deux chapitres. Ceci dit, ne découragez pas : le chapitre 8 est du coup déjà avancé et ne devrait pas tarder. Et je ne devrais pas faire des promesses comme ça.

Merci encore à toutes les personnes qui ont reviewé ! Je crois que, quand j'ai répondu aux deux premières personnes, j'avais un peu forcé sur le martini (frozen strawberry martini, bref...) donc j'espère que mes réponses étaient cohérentes. En tous cas, merci et j'espère que ce chapitre vous plaira autant.

J'ai trouvé LA chanson de Sansa et de Petyr. Selon moi, c'est la meilleure chanson qui puisse décrire leur relation. Donc, je la conseille pour ce chapitre, mais, à mon avis, vous pouvez l'écouter pour tous les autres chapitres. C'est Love Will Tear Us Apart de Joy Division. (Mais si vous n'êtes pas d'accord, je suis toujours ouverte aux suggestions)

Pour ce qui est des warnings : il n'y a pas de female slash, juste du vocabulaire un peu cru, mention de violence, ENCORE de nouveaux personnages et.. Je vous laisse découvrir la suite.

Bonne lecture !

Votre dévouée,

AO.

Chapitre Six : Let me be Dead and Reborn against your lips.

- Cocorosie ? demanda Sansa en fronçant les sourcils. Je.. Je n'ai jamais chanté ça...

- Mais tu as aimé la chanson ? demanda Margaery.

Elle avait l'air un peu anxieuse à l'autre bout du combiné. Derrière elle, il y avait les bruits d'une douche qui s'arrêtait et une voix féminine était en train de jurer parce qu'elle avait oublié sa serviette. Sansa essaya de ne pas écouter :

- Oui, elle était cool... Pas la chanson que tout le monde prendra.

- Je suis contente que tu l'ai aimée. J'ai du téléphoner à Willas pendant plus de vingt minutes pour qu'il me donne son avis ! Il a dit que la voix de Rosie t'irait certainement !

- Oh, fit Sansa, sentant ses joues s'embraser.

Elle était allongée sur son lit défait, habillée de sa nuisette d'un rose très pâle, ses cheveux lâchés sur l'oreiller. Parmi les draps, son ordinateur portable était allumé et elle venait juste de recevoir un nouveau mail. Elle souffla sur ses nouveaux ongles qui étaient en train de sécher avant de se lever pour consulter ses messages.

- Margaery... Comment ton frère a eut mon adresse mail ?

Elle connaissait déjà la réponse mais elle cliqua sur le mail d'un certain « ».

- Oh, je ne suis pas chez moi ce soir, fit Margaery en riant un peu, illuminant la soirée du tout King's Landing. Je lui ai donné ton adresse. Mais c'est bien, ça veut dire qu'il t'a bien envoyé la partition. Ne t'inquiète pas, c'est un garçon bien, mon frère Willas, il n'abusera pas du privilège d'avoir ton mail.

- D'accord, répondit Sansa en ouvrant la pièce jointe.

Le mail était simple mais pas sec ou ennuyé : Willas semblait vraiment faire attention aux affaires de sa soeur, quitte à envoyer des scans de partitions à une amie de sa soeur aux environs de minuit. Sansa parcourut les partitions : ça semblait faisable, sa partie en tous cas. Elle avait déjà écouté la chanson et elle avait fait quelques vocalises pour se remettre dans le bain. Elle devrait redoubler ses efforts pendant les «heures autorisées». En effet, tous les membres de sa famille pratiquaient un instrument avec plus ou moins d'assiduité et ils avaient du établir des heures d'entraînement pour que toute la maisonnée ne soit pas réveillée par les sons de la batterie de Robb à deux heures du matin.

- Bon, je dois te laisser, fit Margaery et sa voix était un peu distraite. Sansa entendit un soupir. On se voit demain. Je sais que tu as un.. oh... un exposé, mais... On pourrait se voir au moins une fois ce samedi pour répéter ensemble, voir où sont les problèmes... Oh... Bon, je dois raccrocher. A demain, chérie.

Et Sansa se retrouva seule. Elle eut une petite moue et essaya de retrouver une couleur normale. Margaery venait juste de l'appeler depuis la maison de son... amant. Elle ferma les yeux et secoua la tête pour ne pas penser à son amie avec Joffrey avant de se tourner vers le problème principal : elle ne savait pas comment répondre au mail de Willas. Elle ne connaissait rien de lui mais il avait l'air sympathique et c'était le frère aîné de son ami, donc... Elle soupira à nouveau et téléchargea la pièce jointe avant de taper sa réponse. Elle était aussi brève mais polie et reconnaissante. Sansa dut même retirer deux «merci» qui auraient fait «too much».

Puis, elle envoya le mail et se tourna vers le livre qui était posé sur son ventre. C'était l'oeuvre critique qu'elle lisait en prenant des notes, mais elle avait du mal à avancer... Elle ne pouvait s'empêcher de penser que M. Baelish... Petyr... avait touché ce livre. Il l'avait lu, dans le confort de sa maison. Il s'était peut-être assis dans son canapé en prenant toute la place avec ses jambes écartées, comme il l'avait fait au match. Sansa n'arrivait pas à l'imaginer avec autre chose qu'un costume trois pièces ou son habituelle chemise blanche, son jean et son blouson en cuir. Ou peut-être s'était-il allongé sur son lit, comme elle. Il avait peut-être caressé les pages du livre en admirant l'écriture, perdu dans ses pensées sur Lolita.

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.»

Aimait-il Lolita ? Aimait-il l'adolescente effrontée et éhontée ? Etait-ce ce pourquoi il prenait une nouvelle amante, une jeune amante, tous les ans et leur donnait l'oeuvre de Nabokov à lire ? Qu'attendait-il d'elle ? Elle regarda le post-it qui lui servait de marque-page. L'écriture élégante de M. Baelish la captivait. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle ressentirait quand elle verrait ses corrections sur ses premières copies.

Elle se sentait ridicule. Elle referma le livre et se frotta les yeux. Il était minuit passé. Elle ferait mieux de dormir : demain, elle avait une longue journée et elle devrait s'entraîner pour la chorale et avancer la lecture... Vivement le week-end.

Sansa éteignit son ordinateur, le rangea sur son bureau, regarda dans le couloir pour dire bonne nuit à ses frères encore debout et éteignit la lumière avant de se glisser dans ses draps, les rabattant sur ses hanches : même avec ses fenêtres ouvertes, l'air qui passait à travers ses volets n'était pas suffisant pour atténuer la chaleur de la soirée. La jeune fille se tourna sur le côté pour régler son réveil sur son téléphone sans trop gêner Lady qui dormait déjà à ses pieds.

Elle sentit alors quelque chose sous ses doigts.

Le post-it.

Elle se mordit la lèvre et le saisit.

Elle n'avait pas besoin de lumière pour savoir ce qu'il y avait écrit : «Appelle-moi».

Sansa se sentait timide, son coeur battait la chamade. Le stress panique l'empêchait de fermer les yeux, même après une soirée entière passée à lire. Elle fuyait, mais jusqu'à temps pourrait-elle ? Elle allait le retrouver en cours lundi après tout... Elle caressa les marques de stylo sur le post-it et, avec un soupir, saisit son téléphone.

Je suis une Stark, se dit-elle, je peux être courageuse...

Elle composa le numéro. Elle prit une autre grande inspiration et appuya sur le dernier bouton. Ce fut seulement quand elle entendit les premières sonneries qu'elle se rendit compte qu'elle ne savait pas vraiment quoi dire. Elle se sentit stupide. Elle était aussi raide qu'un cadavre de deux semaines. Elle sentit sa main droite, qui ne tenait pas le téléphone, tordre le drap qui la couvrait.

- Allô ? fit la voix bien connue à l'autre bout du fil.

C'était comme si, tout à coup, tout son corps lui disait «Non, tu ne feras pas ça». Sansa se rendit tout de suite compte que c'était une bêtise phénoménale. Appeler son professeur au beau milieu de la nuit... Mais quelle folie !

- Sansa ? demanda sa voix.

Elle raccrocha. Elle se sentait honteuse, comme si elle venait de faire la pire bêtise de sa vie (depuis qu'elle avait embrassé Jeyne à Winterfell) Elle se sentait stupide et nulle. Elle se sentait perdue. Sansa se réfugia sous ses draps, plongeant la tête sous la tente de coton. Le téléphone était toujours dans sa main à la paume moite. Elle avait du conseil de quelqu'un...

- A...Ah...Allô ? répondit la voix de Ros.

Elle était visiblement occupée. Mais pas tant que ça si elle avait prit le temps de répondre à son amie :

- Ros ? Désolée de te déranger...

- Non... Non, ce n'est pas grave... Oh... Que se passe-t-il, ma biche ? Ta mère cherche Theon ?

- Oh, euhm... Non, Theon est dans sa chambre...

- Ça c'est, ah, ce que tu crois...

- Oh, fit Sansa, troublée. Elle ne s'habituerait jamais à avoir son demi-frère sortir avec ses amies...

- Il y a quelque chose qui te trouble, non ? Tu peux tout me dire, tu sais, Sansa, reprit Ros.

Il y eut quelques gémissements et Sansa se sentit rougir à nouveau. Elle était juste en train d'assister aux ébats de Ros et de Theon avec une place au premier rang.

- C'est... euhm... juste... Quelqu'un m'a passé son numéro et... Et euuuhmm... J'ai essayé de l'appeler mais je ne sais pas trop quoi dire...

-Oh, ma pauvre petite Sansa... Oh... Surtout, quoiqu'il arrive... Ne fais pas de bêtises... Du style téléphone rose et tout... Tu ne sais pas s'il est en train d'enregistrer ou s'il est seul...

- Oh. D'accord. Le coeur de Sansa crut s'arrêter pendant une demi-seconde. Bien sûr ! Comment avait-elle pu ne pas penser à ça ? Et s'il était juste en train de se moquer d'elle ? C'était puéril tout de même...

- Attend... Non, non, pas toi, Theon, s'il te plait, n'arrête pas ! Sansa, qui le mystérieux inconnu ?

Sansa passa une main dans ses cheveux et soupira : ce n'était plus la peine de cacher quoique ce soit à Ros. Elle espérait juste ne pas se fâcher avec son amie à cause de son professeur :

- C'est M. Baelish.

- Oh. Si c'est lui, vas-y alors ! Tu ne le regretteras pas ! Tu me raconteras demain, hein ? Okay, là, je dois vraiment te laisser. A demain Sansa. Bye, bisoux...

Le téléphone raccrocha au moment où les gémissements de Ros devenaient un peu trop inconfortables. Sansa essaya de serrer ses jambes pour faire partir la tension mais il n'y avait rien à faire... Elle se retourna, sortit des draps et après plusieurs minutes de relaxation forcée, elle finit par s'endormir.

A une heure du matin, son téléphone sonna cinq fois. C'était M. Baelish. Elle ne répondit pas et il n'essaya pas de la rappeler.

- J'ai des nouvelles pour toi, Limier ! fit Gendry avec un sourire satisfait.

Sandor retira son casque, secouant ses cheveux mi-longs et attacha son anti-vol avant de dénier prendre note de la présence de Gendry.

- Quoi ?

- J'ai l'emploi du temps de ta Stark pour les cinq prochains jours et, crois-moi, elle sera plutôt occupée.

- Comment t'as fais pour savoir ça ? Tu as soutiré les infos à ta Stark ?

- Nope, j'ai une amie au journal, elle connait toutes les personnes les plus populaires du lycée.

- Cette garce d'Ygritte, j'imagine ?

- Bravo. Alors, sache qu'elle fricote avec Littlefinger : il lui a demandé un exposé pour dans deux semaines, quelque chose du genre... Connaissant Littlefinger, ça s'annonce mal pour toi.

- Sinon, des bonnes nouvelles ?

- Je sais pas. Tu choisis : elle fait cet exposé avec Daenerys Targaryen dont on ne sait pas grand chose sauf ce que Mirri a dit sur cette soirée où elle a embrassé une autre fille... ET elle a été vue en train de s'inscrire à l'audition de la chorale avec nulle autre que Margaery Tyrell.

- Génial, soit elle est la proie de Littlefinger soit elle est lesbienne.

- Bon, après, Margaery est censée sortir avec Joffrey...

- C'est une Tyrell : ils sont pas réputés pour être hétéros.

- Donc, cette semaine, mec, c'est mort, mais qui sait, le week-end prochain, tu pourrais faire ton premier pas. Genre : «Hey, ça te dit qu'on fasse un truc cool tous les deux.» Elle va probablement avoir envie de se décontracter et tout...

Sandor réfléchit un instant, mais il n'eut pas vraiment le temps d'exposer son plan à son nouvel allié dans le jeu compliqué des amoures de lycée : Arya Stark venait d'entrer dans le parking des motos et s'était plantée devant Gendry.

Le pauvre, pensa Sandor en riant. Elle est petite, c'est vrai, mais elle est vraiment badass. Il faudrait vraiment être con pour douter de sa force. Le pauvre, il est totalement amoureux d'une fille qui pourrait lui foutre la raclée de sa vie s'il ratait leur premier cunni.

- Je te laisse à ta Stark, Waters. Bonne chance, fit-il en riant avant de s'en aller, son casque sous son bras.

Une fois que le Limier fut parti, Arya fronça les sourcils :

- Comment ça «ta Stark» ? demanda-t-elle, méfiante.

Gendry sentit une goutte de sueur couler dans son dos et ça n'avait rien à voir avec le temps radieux de cette nouvelle matinée de King's Landing. Puis, il décida de prendre sa revanche :

- C'est parce que je te connais et qu'il connait Sansa.

- Il ne connait pas Sansa, répliqua Arya en fronçant les sourcils, comme si l'idée même la révoltait. Ce n'est pas parce que tu as roulé une pelle à quelqu'un en soirée à cause d'un gage que tu connais quelqu'un.

Pauvre Sandor, pensa Gendry, il aura la pire belle-soeur de Westeros. La plus belle aussi.

- C'est pas faute d'essayer de la connaitre...

- Il peut toujours rêver. Bref, on s'en fout, je dois te parler.

Gendry eut du mal à déglutir. Sa journée avait pourtant si bien commencé...

La première chose que Sansa entendit en descendant du van des Starks, fut les acclamations de Shae et de Ros.

Les deux filles avaient l'air fatiguées sous leurs couches de maquillage mais elles étaient encore souriantes et n'avaient visiblement pas totalement décuvé. Theon lui avait bien dit ce matin que la fête avait duré jusqu'au lever du jour et qu'il n'avait jamais vu autant d'alcool de sa vie, ce qui n'était pas peu dire pour Theon.

Tous les Starks les regardèrent étrangement et Ros évita même Theon pour aller se jeter dans les bras d'une Sansa complètement interloquée.

- Elle est des nôtres ! criait Shae en sautant sur place.

Sansa comprit.

Ses deux amies pensaient qu'elle avait eu une conversation avec M. Baelish la veille. Elle pria tous les dieux pour que la rumeur ne soit pas déjà partout dans le lycée.

- Sansa, il faut absolument que tu nous racontes ! Genre, là, tout de suite !

La jeune fille eut à peine le temps de dire au revoir à ses frères et à sa soeur qu'elle était déjà traînée à travers le parking. Ros avait son bras autour de ses épaules et Shae la tenait par la taille.

- Vraiment, les filles, il ne s'est rien passé...

- Tu as téléphoné à Littlefinger au beau milieu de la nuit et il ne s'est rien passé ? se moqua Ros.

- Je... J'ai appelé et il a décroché, mais je n'ai pas osé parler. J'ai raccroché. Je... je ne pouvais pas...

- Hey, interpella Shae, mais quand t'-a-t-il passé son numéro au fait ?

- Hier. A la fin de son cours, il m'a passé un livre pour l'exposé et il a noté son numéro au dos d'un post-it.

- Oh, il est devenu soft, commenta Ros. Il me l'avait marqué à l'intérieur de ma cuisse.

- C'est parce que tu as ouvert les jambes dès qu'il t'a regardée, répliqua Shae. Mais notre petite Sansa le fait bouillir, continua-t-elle avec un petit clin d'oeil complice, elle est en train de le rendre fou de passion retenue et frustrée, fit-elle comme dans un élan poétique.

- Pas bête comme tactique, mais elle ne paye pas toujours, fit Ros en levant les yeux au ciel. Ceci dit, c'est Littlefinger. Tu ne regretteras pas.

- Mouais, fit Shae, tu as pensé au Limier, alors ? Après votre baiser enflammé, j'ai cru que vous alliez, je sais pas... sortir ensemble...

Sansa était en train de se dire que ses joues ne pourraient jamais être plus rouges. Elle avait tort.

- Je... Non... J'avoue que j'ai pensé à pas mal de choses, mais Sandor m'a échappé... J'avoue que... Enfin, je... Je ne sais pas trop quoi faire avec lui...

- Si tu n'as pas aimé, ce n'est pas grave, il y a plein d'autres garçons qui seraient prêts à vendre leur âme au diable pour sortir avec toi... Il suffit de regarder, la rassura Shae en frottant son dos de façon réconfortante.

Soudain, Ros s'exclama et se figea sur place, les yeux grands ouverts comme si elle venait de découvrir une mine d'or :

- Ou, Shae, Shae, et si... Et si on se trompait depuis le début et que Sansa était lesbienne ?

Elle aurait pu le dire encore plus fort, pensa Sansa. Elle n'avait pas vraiment envie que sa vie sexuelle devienne une source de rumeurs dans tout le lycée, que ce soit des appels nocturnes à un professeur ou des préférences.

Shae éclata de rire :

- L'hypothèse se tient : je n'ai jamais vu une fille résister à Littlefinger aussi longtemps ! Et puis, tout le monde t'a vue avec Margaery et les Tyrells ne sont pas vraiment réputés pour leur hétérosexualité.

Ce fut au tour de Sansa de faire une petite pause :

- Tu veux dire que Loras Tyrell est gay ?

Elle devait avouer que, lorsque Shae lui avait conseillé de penser à d'autres garçons, les boucles de Loras étaient tout de suite apparues à son esprit distrait. Elle n'avait décidément pas de chances avec les hommes...

- Comme tu n'en verras jamais. Tout le monde le sait. Il court après Renly Baratheon avec tellement de passion que c'est étonnant qu'ils ne soient pas déjà ensemble, répondit Ros.

- Renly ? Il est pas sorti avec Margaery pendant l'été ? demanda Shae en fronçant les sourcils.

- Oui, fit Ros en riant, avec Margaery, bien sûr...

Les deux filles éclatèrent de rire et Sansa réussit même à sourire maintenant que la conversation ne tournait plus autour d'elle.

Elles arrivèrent très vite dans les couloirs où Shae dut les quitter pour aller devant sa salle de cours en insultant Cersei dans un murmure frustré parce qu'elle savait que, dans une bagarre avec la jeune Lannister, elle risquait fort de perdre.

Ros et Sansa continuèrent jusque devant leur salle. Le cours de ce matin s'annonçait très peu passionnant et Sansa avait hâte d'arriver en cours d'histoire où M. Varys (personne ne savait s'il avait un prénom) allait égayer un peu sa journée avec ses cours très pointilleux. Elles y trouvèrent Margaery en pleine discussion avec Joffrey (ou plutôt Joffrey en train de parler à Margaery qui hochait la tête et souriait) Sandor se tenait non loin d'eux mais ne semblait même pas écouter la conversation : il était en train d'envoyer des SMS et, à un moment, Sansa le surprit même à sourire. Elle se demandait bien qui pouvait le faire sourire ainsi : il avait certes l'air moqueur, mais au moins, il souriait.

Ros salua Margaery et commença à lancer une véritable conversation, au soulagement bien masqué de la jeune Tyrell. Joffrey, quant à lui, semblait bien moins heureux du tournure de la conversation qui ne le concernait quasiment plus. Heureusement, la cloche sonna et Margaery dut les quitter pour aller en cours. En partant, elle eut un très grand sourire radieux pour Sansa et posa sa main sur son épaule, caressant distraitement son bras en s'en allant. Sansa rougit, Ros ne put s'empêcher de rire et Joffrey trépignait sur place. Il décida de prendre sa revanche :

- Alors, Sansa, on admire ma petite amie ? fit-il avec un sourire vicieux.

Sansa se sentit raidir. Elle ne devait pas dire n'importe quoi sur ce coup-là : tout ce qu'elle dirait maintenant pourrait faire le tour du lycée, probablement déformé par Joffrey qui ne raterait pas une occasion de se venger de la personne qui recevait plus d'attention d'une fille que lui. Elle eut un petit sourire forcé avant de répondre :

- Margaery est une bonne amie.

- Ouais. De toutes façons, tu peux toujours rêver pour te la faire. Elle aime les hommes, pas les brouteuses.

Le terme écorcha les oreilles de Sansa. Elle dut prendre un moment avant de réaliser que la situation était réelle et que Joffrey venait de se révéler un être absolument insupportable et pas le jeune prince qu'elle avait imaginé. Ros elle-même n'osa rien faire face à Joffrey. Sansa ne le savait pas encore, mais la dernière fois qu'elle avait tenu tête à Joffrey, elle avait eu une visite surprise de Gregor Clegane et elle n'avait pas oublié sa semaine à l'hôpital (où Petyr était gracieusement venu à son chevet pour la rassurer et faire d'autres activités qu'on ne dévoilera pas ici) et la peur qu'elle avait eue de revenir en cours après. Mais bon, ce n'était pas vraiment sa faute si Joffrey n'était pas très bien doté. Il lui avait promis que, s'il avait encore à se plaindre d'elle, elle ne reviendrait plus jamais en cours.

Elle adorait Sansa mais l'insulte était encore à peu près facile à encaisser et elle n'avait vraiment pas envie de revoir Gregor tambouriner à sa porte dans la nuit. Elle se contenta donc de passer un bras autour des épaules de son amie pour la réconforter comme elle pouvait.

Mais Sandor n'avait pas les mêmes réservations que Ros et il n'allait pas laisser la jeune fille qu'il aimait se faire insulter comme ça :

- Joff', fit-il d'une voix bourrue pour contenir sa rage, ça suffit.

- Non, décida Joffrey, sans doute par pure esprit de contradiction. Non, ça ne suffit pas. Sansa, si je te vois t'approcher encore de Margaery, je demanderai au Limier de te faire passer l'envie des filles.

Sansa ne bougea pas. Sa mâchoire se serra. Elle tremblait un peu et Ros crut qu'elle était en train de paniquer mais Sandor, qui était en face d'elle, derrière Joffrey, voyait bien qu'elle était en train de bouillir de colère et que la seule chose qui l'empêchait de gifler Joffrey étaient ses bonnes manières.

- C'est bon, laisse-la tranquille. Elles sont juste inscrites ensemble pour la chorale. Tu sais, les filles, c'est comme ça avec leurs amies mais ça ne veut rien dire.

- Tu t'y connais en filles, toi, maintenant ? lança Joffrey en dépassant Sandor pour entrer dans la salle à toutes vitesse, ne voulant pas perdre la face.

Les élèves étaient déjà en train de rentrer mais Sandor prit le temps de se tourner vers Sansa. Il semblait gêné et il se justifia même :

- Je ne te ferai jamais de mal, Sansa, promit-il, mais je préfère ne pas le dire devant Joffrey sinon, il dépêchera mon frère à ma place. Et tu... Tu es libre d'avoir tes propres goûts.

Il semblait sur le point de dire autre chose mais il regarda tout autour de lui et se ravisa, entrant dans la salle de cours. Sansa entra en dernier avec Ros qui avait encore son bras autour d'elle, caressant son dos de manière réconfortante.

A la fin de l'heure, Sansa avait arrêté de trembler, mais elle redoutait plus que jamais son duo avec Margaery : elle avait peur que Joffrey s'y oppose. Elle aimait vraiment Margaery et elle ne voulait pas être en danger à chaque fois qu'elles se voyaient. Au moins, elle avait Sandor de son côté... Elle se surprit à sourire à cette pensée. Sandor était son premier véritable baiser. Elle savait qu'elle tenait à lui, mais elle savait aussi que si elle avait le choix entre Sandor et M. Baelish, elle choisirait le dernier. Elle avait vraiment honte de son choix, mais elle ne pouvait pas se mentir.

Malgré l'assurance de la protection de Sandor, Sansa était soulagée d'avoir à travailler avec Daenerys plutôt que d'aller répéter avec Margaery. Elles devaient se rendre à la bibliothèque du lycée pour mettre leurs notes en commun et ébaucher un plan ou, au moins, échanger des idées.

Sansa était en train de sortir de sa salle de cours quand elle tomba justement sur Jon. Elle les avait déjà prévenus qu'elle rentrerait plus tard (Ros lui avait promis de la reconduire) mais elle savait qu'elle devrait leur dire plusieurs fois aujourd'hui pour qu'ils ne l'attendent pas.

Le jeune homme sourit dès qu'il la vit. Sansa savait que Jon avait un lien spécial avec Robb et qu'il passait beaucoup de temps avec Arya, mais elle n'avait jamais été très proche de lui. Sans doute à cause de sa mère : Catelyn était tout ce que Sansa voulait devenir un jour et, lorsqu'elle avait traité Jon avec une certaine froideur, la jeune et influençable Sansa s'était sentie obligée de faire de même. Elle avait rarement parlé avec Jon en tête à tête et elle ne s'était jamais confiée à lui sur ce qu'elle ressentait à propos de telle ou telle chose. Il ne lui parlait pas beaucoup non plus, mais il fallait aussi dire que Jon n'était pas très bavard : il était plutôt du genre à écouter les autres et à les observer de loin. Ce n'était probablement pas faute de ne pas pouvoir : il fallait avouer qu'il avait un certain charme rêveur et ses boucles noires attiraient beaucoup de jeunes filles, mais il avait rarement été très intéressé par les filles. Sansa ne savait même pas s'il avait été amoureux un jour.

Elle se surprit à regretter ce manque d'intimité entre eux deux quand elle le vit sourire à sa vue. Après tout, il lui disait souvent qu'elle était jolie ou bien habillée quand ils sortaient quelque part... Sansa lui rendit son sourire et alla vers lui :

- Jon, je sais que je l'ai déjà dit, mais je pense que tout le monde l'aura oublié : Ros me ramène ce soir : j'ai un exposé à faire avec une amie.

- Je m'en rappelais mais je le dirais à Robb, promis. Tâche juste de ne pas rentrer trop tard : Maman a horreur de mettre les restes au micro-ondes.

- Promis, promis, de toutes façons, j'ai déjà pas mal avancé dans mon travail et je suis sûre que Daenerys aussi...

Pendant qu'ils marchaient le long du couloir presque bondé d'étudiants ayant hâte de sortir, Sansa fut bousculée. Le choc avait été tellement fort que la jeune fille faillit trébucher et seuls les bras de Jon autour de ses épaules l'empêchèrent de tomber. Offusquée, la jeune femme regarda autour d'elle pour trouver le fautif.

Elle vit Gregor Clegane et sa clique de colosses. Le frère du Limier lui jeta un regard noir par-dessus son épaule,la faisant frissonner. Puis, il se détourna avec un sourire mauvais et sortit du couloir.

- Sansa ? demanda Jon, inquiet, Sansa, tout va bien ?

- Oui... Oui, enfin...

Jon n'avait jamais vu sa soeur aussi pâle. Il fronça les sourcils : Sansa ne fréquentait pas Clegane aîné ou quiconque du même genre et la bousculade n'était certainement pas arrivée par hasard... Ça ne laissait qu'une option possible :

- Il s'est passé quelque chose avec Joffrey, Sansa ? demanda Jon très sérieusement et Sansa put entendre l'inquiétude dans sa voix.

- Je... Ce n'est rien de bien grave, essaya de dire la jeune fille, mais Jon ne la laissa pas finir.

- Sansa, tu sais bien que ça l'est. Tu sais quelle réputation Joffrey se traîne dans le lycée. Si jamais tu as un problème, tu sais qu'on peut s'en occuper.

- Je vois mal comment.

- Je connais quelqu'un qui pourrait nous aider... Je vais t'accompagner à la bibliothèque.

Sansa avait envie de le rassurer et de lui dire que ce n'était pas nécessaire, mais au fond, elle savait qu'il fallait mieux prendre les problèmes en main maintenant. Gregor n'allait pas s'arrêter avant que Joffrey ne décide qu'elle ne valait plus la peine qu'il s'intéresse à elle. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait sincèrement pensé qu'il serait mieux que Sandor au début de l'année.

Elle hocha la tête et laissa Jon la guider vers la bibliothèque en composant un numéro sur son téléphone.

- Tattle Crime de King's Landing High School, quel affront avez-vous à reporter ? fit une voix bien connue à l'autre bout du fil.

- Ygritte, c'est pas drôle, commenta le jeune homme en levant les yeux au ciel.

- Oh ? Bon, dommage. Je raye ça de ma liste des nouveaux répondeurs. J'essaye de faire quelque chose d'original, tu vois ? C'est pas très évident. Et puis, ce matin, Ramsay m'a dit que je ressemblais à la journaliste dans la série Hannibal, tu sais, Freddie Lounds. Ouais, c'est juste hyper cool, je suis trop fière. Et donc, Freddie écrit pour le Tattle Crime, tu vois ?

Il y eut un moment de silence des deux côtés du fil.

- Bref, en quoi puis-je t'aider, Boucles Brunes ?

- Sansa a un problème avec Gregor Clegane.

- Ow shit. Elle lui a mis un râteau ?

- Non, c'est quelque chose avec Joffrey et il a envoyé Gregor et sa troupe après elle. Pour l'instant, c'est quelque chose d'assez innocent, il l'a juste bousculée, mais je n'ai pas envie que ça aille plus loin. J'ai besoin de quelqu'un qui puisse faire face à Gregor Clegane pour protéger Sansa.

- Tu ne connais vraiment personne, Jon. Mais bon, pas de désespoir : je connais LA seule et l'unique personne qui puisse remplir ce job. Elle s'appelle Brienne Tarth et elle joue dans l'équipe féminine de hockey. Elle est vraiment cool et elle est très «protection des jeunes demoiselles sans défenses face à des gros monstres etc», bref plus chevalier dans son armure étincelante, tu ne trouveras pas. Elle me doit une faveur en plus.

- Une fille ? fit Jon en fronçant les sourcils. Je te parle de La Montagne, là. Je ne veux pas envoyer quelqu'un à un massacre en règle...

- Ne sous-estime pas Ser Brienne. On parle de la némésis de Gregor, là. Elle lui a cassé la gueule en règle l'année dernière. Elle a bien morflé aussi mais elle était capable de revenir en cours le lendemain, Gregor est juste revenu après trois jours et il avait une sale gueule. Je veux dire, plus que d'habitude. Et tout ça pour protéger un garçon qu'elle ne connaissait pas. Podrick Payne, si je me souviens bien.

- J'en ai jamais entendu parler.

- J'y viens : elle ne voulait absolument que j'en parle. Elle est un peu timide, tu vois. J'ai juste écrit un petit article en fin de page et elle me doit une faveur. Je te donne son numéro, donne-le à Sansa : elle peut l'appeler dès qu'elle a besoin d'elle. Je l'appelle pour la prévenir et considère Sansa intouchable. Elle n'a pas de petit ami, si ?

- Quoi ?! s'écria Jon.

- Bon, je vais prendre ça pour un non. Dommage. Je trouverai une première page. Bon, voici le numéro de Brienne. Tu peux lui faire confiance, vraiment.

Une fois arrivés à la bibliothèque, Sansa avait un nouveau numéro dans son répertoire. Jon était encore un peu inquiet mais semblait plus à même de la laisser.

La bibliothèque était quasiment vide : c'était la fin de la journée et les élèves préféraient partir étudier chez eux, pour ceux qui étudiaient. Dany l'attendait déjà, assise à une table vers le fond, derrière une étagère, près de la fenêtre. Elle était vraiment discrète avec ses collants, ses cheveux en tresse et ses yeux penseurs plongés dans le livre posé devant elle. Sansa ne pouvait pas s'empêcher de la trouver au moins aussi belle que Margaery. Mais le charme de Dany était plus... mystérieux et sauvage, comme si elle venait d'un pays lointain dont personne ne connaissait l'existence.

Quand elle entendit les deux Starks entrer, elle releva la tête et les gracia d'un petit sourire. Sansa alla s'asseoir en la saluant et Jon s'approcha aussi de la jeune fille aux cheveux platines. Il osa un petit sourire et Sansa se demanda sincèrement si Jon ne venait pas de tomber amoureux juste sous ses yeux. Dany lui sourit aussi et se présenta :

- Vous devez être le frère de Sansa. Je suis Daenerys Targaryen, dit-elle avec une certaine fierté.

- Jon Stark. Bon, je vais vous laisser. Ne rentre pas trop tard Sansa. A ce soir et... Il se tourna vers Dany avec un autre sourire, un peu plus hésitant. A un de ces jours.

Puis, il partit en essayant de faire le moins de bruit possible.

Quand il sortit, Sansa et Dany se regardèrent instinctivement et chacune sut alors ce que l'autre pensait. Elles pensaient à la même chose. Elles ne purent s'empêcher de sourire :

- Bon, finit par dire Dany, j'ai lu les chapitres du livre de M. Baelish et voici mes notes.

Elles échangèrent leurs notes et Sansa ne tarda pas à se plonger dans l'écriture de sa nouvelle partenaire. Dany avait peut-être l'air d'une jeune fille timide et renfermée, mais rien ne saurait être plus éloigné de la réalité. Elle appuyait chacune de ses lettres, son écriture était claire et lisible. Elle était très sûre d'elle-même et n'écrivait jamais rien au crayon, elle n'utilisait pas la marge ni les parenthèses. Plus elle la lisait, plus Sansa l'admirait.

Quand elles finirent de lire leurs notes, Daenerys lui tendit ses fiches en riant un peu :

- Tu devrais vraiment avoir confiance en ce que tu écris. Tu trouves des bons trucs et je suis sûre que, si tu osais, tu trouverais des pistes très intéressantes.

Sansa se sentit gênée et se contenta d'hausser les épaules. Elles allèrent ensuite pêcher des livres dans les étagères du CDI sous le regard exaspéré de la documentaliste qui essayait de ranger les étagères. Elles lurent ensemble pendant une bonne heure, notant les idées sur des feuilles de brouillon, débattant l'importance de telle ou telle citation. Sansa était plus à même d'accepter les idées de Dany que Dany les siennes, mais elles s'accordaient sur beaucoup de points. Ce que disait Dany était souvent ce que Sansa pensait sans vraiment oser l'affirmer tout haut.

Quand elles eurent assez d'informations pour faire un exposé d'une heure et que tous les livres de la petite liste de M. Baelish furent consultés et rangés, elles se retrouvèrent face à face avec un plan à faire.

- Franchement, Sansa, fit Dany en plantant ses yeux dans les yeux bleus de sa partenaire, dis-moi ce que tu penses pour le plan.

- Je... Je ne sais pas vraiment... En fait, je ne vois pas ce que M. Baelish peut attendre de nous...

Dany soupira et lui jeta un regard noir.

- Sansa... Je t'ai entendue pendant le débat, je viens de lire tes notes et on vient de passer une heure à lire des livres sur le sujet. Baelish ne nous a pas dit : «Faîtes ci» ou «Faîtes ça» alors s'il n'a pas ce qu'il veut, c'est de sa veut probablement qu'on donne une réponse sincère à la question, même si ce n'est pas celle qu'il attendait. Maintenant, dis-moi ce que tu en penses.

Sansa sourit encore, gênée et baissa les yeux pour réfléchir sincèrement. D'habitude, elle savait ce que les professeurs attendaient d'elle et elle le faisait parfaitement, mais et Dany et M. Baelish étaient différents.

Le téléphone de Dany vibra. Les deux jeunes filles se tournèrent immédiatement vers la documentaliste mais celle-ci était à l'autre bout de la bibliothèque et n'avait rien entendu. Elles échangèrent un petit sourire machiavélique et Daenerys répondit en murmurant :

- Allô ?

La suite, Sansa ne put la comprendre. Dany parlait une autre langue, une langue qu'elle n'avait jamais entendue, très accentuée et visiblement, pas sa langue maternelle puisque, même si certaines phrases semblaient parfaitement naturelles, la jeune fille devait souvent reprendre des mots pour mieux les prononcer.

Daenrys, décida Sansa, était un pur mystère. Elle était fascinante. Tout à propos d'elle était fin et presque délicat, et pourtant, elle était forte, elle avait sa propre vision des choses et elle savait le montrer. Dès qu'on pensait avoir tout vu, elle revenait avec une nouvelle surprise. La jeune fille finit par raccrocher et Sansa lui assura que personne ne l'avait vue.

- Désolée, c'était mon petit ami. Il m'attend sur le parking et il me demande quand j'aurais fini.

- Oh, je t'ai probablement retenue trop longtemps... Tu sais, on peut arranger la suite au téléphone ou par mail...

- Non, non, la rassurant Dany avec un sourire. Il faut qu'on ait une idée de plan aujourd'hui. Comme ça, on pourra se répartir les parties et tout... Bon, alors, il nous faut trois parties...

Elles se remirent au travail mais, à chaque fois, Sansa se prenait à essayer de regarder par la fenêtre. Elle essayait d'apercevoir le petit ami de Dany. Elle se demandait quel genre d'homme elle aimait. Quel genre d'homme pouvait faire fondre la jolie Daenerys Targaryen. Il devait être aussi exceptionnel qu'elle.

Au bout d'un moment, Dany finit par le remarquer, comme toujours...

- Il est au parking à motos, là, le montra-t-elle.

Quelques secondes plus tard, Sansa et Dany étaient à la fenêtre, en train de regarder un jeune homme, au moins aussi grand que Gregor Clegane, appuyé à une Harley, en train d'attendre patiemment. Il avait un débardeur noir à l'effigie de Motor Head, un blouson en cuir sombre, un jean et des bottes noires. Dans son dos, une longue dread noire pendait. Il avait véritablement l'air puissant et menaçant... Sansa se demandait vraiment comment la petite Dany et le motard avaient fait pour se rencontrer : elle savait qu'il n'était pas au lycée.

- Au début, raconta Dany, je ne le connaissais pas du tout. Il venait chez moi des fois et mon frère le fréquentait tout le temps. En général, j'étais en train de lire dans ma chambre. Puis, Viserys nous a présentés. Il voulait vraiment vraiment que je sorte avec lui. J'ai accepté. Au début, il ne m'attirait pas vraiment. Il me faisait peur, je crois... Les premiers rendez-vous étaient terribles ! fit Dany en riant. Il ne savait pas trop embrasser : il se contentait de fourrer sa langue dans ma bouche jusqu'à ce que je m'étouffe et on ne pouvait pas regarder un film en entier sans qu'il me tripote... Je voulais vraiment le quitter : j'étais mal à l'aise dès qu'on se voyait... Mais Viserys ne voulait pas. Il voulait que je fasse un effort. J'ai rencontré Jorah, tu sais, dans notre classe ? C'était vraiment mon ami : j'allais pas très bien à ce moment-là et il m'a beaucoup aidée. Ça a vraiment inquiété Drogo, mon petit ami. Alors, un soir, pendant qu'on était en camping au milieu de nulle part, il m'a amené dans sa tente et...

Dany rit un peu, essayant d'être le plus discrète possible :

- Bref, des fois, c'est pas encore trop ça et on doit encore s'apprendre, mais... je n'ai pas vraiment envie d'être avec quelqu'un d'autre. Drogo est vraiment parfait.

- Mais Jorah t'aime beaucoup, tu sais ? Pourquoi tu... commença Sansa, hésitante mais curieuse.

Dany haussa les épaules :

- Tu sais, il y a des filles qui sont faîtes pour des relations avec des hommes plus âgés qu'elles. J'apprécie Jorah, vraiment. Mais pas comme ça. Il ne pourra jamais me faire sentir aussi bien que Drogo. Je sais, je l'ai embrassé un soir. C'était une erreur. J'espère qu'il se trouvera une fille bien, mais je suis avec Drogo et personne d'autre.

Sansa jeta un autre regard à Drogo et elle se sentit rougir, en pensant à Petyr et à ce que Dany venait de lui dire.

- Tu sais, Sansa, il n'y a pas de honte à prendre ce que tu veux. Personne ne vit à ta place.

Sansa baissa à nouveau les yeux et Dany rit un peu avant de lui tapoter l'épaule :

- Allez, on va s'y remettre ou on ne terminera jamais.

/

Quand les deux filles eurent fini le plan détaillé, elles avaient passé trois heures à la bibliothèque en tout et la documentaliste les menaçait de les éjecter toutes les dix minutes. Sansa était juste un peu trop perfectionniste mais Daenerys ne s'en plaignait pas.

Les deux filles sortirent en même temps que les derniers membres des clubs sportifs qui s'entraînaient pour les prochains matches. Sansa vit Asha qui croisa son regard et se lécha les lèvres de façon tellement provocante que la jeune fille se retrouva à rougir contre son gré. Elles sortirent sur le parking et Sansa sortit son téléphone pour composer le numéro de Brienne.

- Allô ? répondit une voix à l'autre bout du fil.

- A... Allô, oui, je suis Sansa Stark... je... Euhm...

- Il y a un problème ? demanda directement la jeune femme. Gregor vous a encore importunée ?

- Oh euhm... Non, pas encore. Enfin, je veux dire, je ne le vois pas, là... C'est juste que Jon m'a dit que vous pourriez venir me chercher et me raccompagner...

- Bien sûr, où êtes-vous en ce moment ?

- Juste devant le lycée.

- D'accord, ne bougez pas, j'arrive tout de suite.

- Merci beaucoup.

Sansa raccrocha. Elle avait vraiment l'impression d'être dans un thriller. Normalement, elle aurait été heureuse, mais si elle avait pu faire sans avoir peur que Gregor n'arrive, elle n'aurait pas hésité à choisir une vie un peu plus tranquille.

Dany la présenta à Drogo. Sansa lui sourit et lui adressa un timide «Bonjour». Il la regarda longuement et, pendant un moment, la jeune fille se demanda s'il allait la tuer sur place ou lui répondre. Après avoir échangé un regard avec Daenerys, il finit par lui répondre un petit «Bonjour» d'une voix bourrue.

Dany regarda Sansa un long moment, eut un petit sourire et embrassa Drogo juste devant elle. Ce n'était pas un simple baiser rapide entre deux amoureux qui se retrouvent. C'était un long baiser langoureux entre deux âmes faîtes pour être ensemble. Sansa n'avait jamais vu Dany à la fois si fragile et si puissante : c'était au moins autant son baiser que celui de Drogo.

Sansa sourit et comprit.

/

Une vieille Jeep se gara devant les escaliers où Sansa était assise. Aussitôt, la jeune fille leva la tête, sentant son coeur se serrer. Elle se releva, priant pour que ce ne soit pas Gregor. Il fallait avouer qu'elle aurait tout donner pour que Dany reste avec elle jusqu'à ce que Brienne arrive, mais Drogo avait eu l'air plutôt pressé de s'en aller, alors Sansa leur avait dit au revoir et avait parcouru presque tout le parking désert avant d'aller s'asseoir.

La Jeep s'arrêta et une jeune femme en sortit.

Sansa n'en crut pas ses yeux. Elle devait bien faire un mètre 90, au moins. Elle était très très grande, musclée et habillée comme un homme. Elle avait un jean clair trop grand pour elle et un t-shirt bleu sans forme. Ses cheveux étaient d'un joli blond, très clair, mais ils étaient coupés courts, visiblement dans un miroir avec des ciseaux rouillés, vu leur état. En bref, Sansa ne put s'empêcher de la trouver laide et un peu effrayante.

- Sansa Stark ? Je suis Brienne Tarth, se présenta la jeune femme.

C'est alors que la jeune Stark se rendit compte... Brienne était... timide. En effet, elle hésitait à dire son propre nom et avait du mal à rencontrer ses yeux. Elle était entièrement repliée sur elle-même, comme si elle s'attendait à être blessée.

Sansa avait envie de se gifler elle-même : Brienne était probablement une jeune femme très admirable. Même si elle n'était pas très belle, elle devait avoir un coeur en or et, pour l'instant, c'était tout ce qui comptait. De plus, elle était bien contente que Brienne ait une carrure capable de concurrencer celle de Gregor. La jeune Stark alla lui faire la bise avec son plus grand sourire :

- Merci beaucoup d'être venue me chercher. J'espère que je ne t'ai pas trop dérangée.

- Non, pas du tout. En revanche, je n'ai pas votre adresse...

- Ton adresse, la corrigea gentiment Sansa. Je ne suis pas très vieille.

Brienne sourit et ses grands yeux bleus brillèrent de milles éclats. Oui, pensa Sansa, Brienne avait un coeur en or qui se reflétait dans ses magnifiques yeux bleus. Sansa monta dans la voiture à ses côtés et attacha sa ceinture.

Les premières minutes se firent en silence. Puis Sansa donna quelques directions à des tournants et enfin, elle céda à la tentation :

- Pourquoi est-ce que tu t'es battue avec Gregor pour quelqu'un que tu ne connaissais pas ? Tu n'avais pas peur de lui ?

Brienne répondit avec le plus grand sérieux du monde :

- Quelqu'un devait le faire. Podrick était sans défense. Il n'avait pas la moindre chance contre Gregor. C'est ce que Gregor aime. Les victoires faciles. L'humiliation. J'avais très peur, bien sûr, mais... J'aurais aimé que quelqu'un vienne m'aider quand j'ai eu ce genre de problèmes.

- J'ai du mal à croire qu'on a déjà essayé de t'embêter. Il faudrait être stupide pour ça.

Brienne rit. Elle n'avait pas le rire le plus doux ou le plus cristallin, mais c'était un rire vrai, qui venait du coeur. Brienne ne pouvait pas vraiment cacher ses émotions.

- Tu sais, quand j'étais petite, je ne croyais pas dans la force brutale et tout. Mon père me disais : tout se règle par la parole. Je crois bien qu'il n'a jamais fréquenté l'école publique. Bref, quand j'étais à l'école, j'étais déjà plus grande que tous les autres enfants. Être différent est gênant. C'est comme si tu étais la personne qui rappelait à tous les autres que la norme dans laquelle ils s'enferment n'est pas une obligation pour tout le monde. Je veux dire... Même si j'essayais, je n'y arriverai sans doute pas.

Brienne fit une pause pour prendre un virage. Sansa ne pouvait s'empêcher de la dévorer des yeux.

- Mais ce que je veux dire c'est que tout le monde n'est pas fait pour avoir la vie que les autres essayent d'avoir. Et ces personnes font peur aux autres parce qu'elles remettent leur monde en question. Bref. J'ai besoin d'aider ces personnes parce que sinon personne ne le fera.

La Jeep prit le dernier virage pour arriver devant le manoir Stark. Brienne coupa le contact et regarda Sansa. La jeune fille avait les larmes aux yeux et un grand sourire aux lèvres. Brienne sembla paniquer et tâta toutes ses poches pour trouver un mouchoir. Sansa posa une main sur les siennes pour qu'elle se calme :

- Brienne, fit-elle, tu es la plus belle personne que je n'ai jamais rencontrée.

Puis, elle posa un petit baiser sur sa joue et descendit de la voiture :

- Merci. A demain.

Sansa essuya ses larmes en marchant le long du chemin qui menait à la porte du manoir et elle comprit.

/

Ce soir-là, à la table des Starks, la conversation allait plutôt bien : Robb était en train de parler de son entraînement pour le prochain match et même Bran était plutôt enthousiaste à propos de son nouveau projet en science. Arya, quant à elle, pouvait enfin parler de ses cours d'escrime pour lesquels sa passion était infinie (comme pour son co-équipier, le fameux Jaken H'ghar...) et Catelyn devait leur donner des tours pour parler afin d'éviter le chaos total.

Jon, pour une fois, était assis en face de Sansa et pour une fois, celle-ci lui lui souriait. Ses sourires à lui étaient plus timides, mais ils étaient là. Il n'aurait pas pu exprimer le soulagement qu'il avait eu en trouvant sa soeur saine et sauve dans le canapé, regardant des dessins animés sans intérêt avec Lady. Il avait même appelé Ygritte pour la remercier.

Ygritte venait régulièrement au club photo. Pas toujours pour être un modèle, mais pour regarder, prendre quelques photos parfois et rire et discuter avec les autres membres. Depuis qu'elle lui avait parlé, les autres membres avaient commencé à l'accepter et il déjeunait tous les jeudis avec eux, juste avant le club. Ils n'étaient pas toujours très polis et Jon en détestait quelques uns, mais en règle général, il les trouvait cools. Une fois, Ygritte avait dévoilé à tout le monde que Sansa, LA Sansa Stark, la nouvelle jeune fille la plus belle de tout le lycée était la soeur de Jon et ils l'avaient tous suppliés de l'amener pour un photo shoot.

Ils pouvaient toujours rêver.

Mais Ygritte avait été cool. Elle lui avait promis qu'elle ne publierait rien sur Sansa sans la consulter avant. Sachant qu'Ygritte était réputée pour être la reporter la plus redoutable du lycée, c'était probablement un grand sacrifice pour elle. Jon se demandait encore si l'inviter un samedi après-midi au cinéma avec Robb et Talisa était une marque de reconnaissance suffisante et surtout, s'il allait oser le faire.

- Alors, demanda Ned en faisant un tour de table, des plans pour ce week-end ? Qu'on s'organise.

- Oui, fit Arya, je dois voir Jaken samedi. Syrio a dit qu'il pouvait nous ouvrir le gymnase pour qu'on s'entraîne un peu. Jaken a une compétition bientôt et il dit que je suis la seule avec qui il peut s'entraîner.

Sansa résista l'envie de fondre devant sa petite soeur. Elle n'apprécierait probablement pas.

- Et normalement, je vais au cinéma avec Talisa, ajouta Robb, et Jon, s'il arrive à convaincre son amie redoutable de venir avec nous.

Jon lança à Robb un regard si noir que ni Ned ni Cat n'osèrent poser plus de questions. Pour l'instant. Mais Robb venait de signer pour un interrogatoire complet après le repas.

- Je peux venir aussi ? demanda Theon qui était en train de piocher dans l'assiette de Rickon, risquant sérieusement sa main à chaque essai.

- Oui, bien sûr, fit Robb, tu emmènes quelqu'un ?

- Je sais pas. Sansa, ta pote Ros, elle est libre samedi ?

- Je ne suis pas au courant de tous ses déplacements, répondit Sansa. Demande-le-lui, je suis sûre que tu as son numéro.

Theon haussa les épaules mais Ned ne laissa pas passer l'affaire :

- Tu sors avec les amies de ta soeur ? Ça ne va pas poser de problèmes, quand...

- Je ne sors pas vraiment avec elle, commença Theon et Robb le fit taire avant qu'il ne prononce quelque chose d'obscène.

- Et toi, Sansa, demanda Catelyn. Ça fait longtemps qu'on ne t'a pas entendue : ton exposé avance ?

- Oui, assura Sansa. On a bien travaillé et il ne nous reste plus grand chose à faire pour cette semaine. Mais ce week-end, je crois qu'il va falloir que je travaille encore dessus. Cette semaine, je dois aussi préparer mon audition pour la chorale, vous savez...

- Une audition pour la chorale ? demanda Ned interloqué. Je...

Il se tourna le plus discrètement possible vers sa femme pour lui demander si elle était au courant. Elle secoua la tête en fronçant les sourcils. Elle allait dire quelque chose quand Robb sauva à nouveau les choses et la devança :

- C'est super ! Ça faisait longtemps que tu n'avais plus chanté. Je suis content de te voir reprendre. Tu sais quelle chanson tu vas faire ?

- Oui, je me suis inscrite avec Margaery. On va faire 'Lemonade' de Cocorosie. C'est elle qui a choisi, mais ce n'est pas trop mal. Normalement, je vais m'entraîner avec elle demain soir. Elle m'a dit que son frère pourrait me raccompagner à temps pour le dîner.

- Bien... Je suis contente que tu nous le dises maintenant, fit froidement Catelyn. Et quand est cette audition ?

- Vendredi. On passe à 17 heures.

- C'est ouvert au public ? demanda Ned, intéressé.

- Non, fit Sansa...

- Mais les autres élèves peuvent entrer, intervint Arya. Hot Pie veut y aller parce qu'il y aura des jolies filles avec des jolies voix, rajouta-t-elle en levant les yeux au ciel.

- Si Sansa est d'accord, proposa Robb, on pourrait tous venir pour la soutenir et pour filmer, comme ça, vous pourrez voir aussi.

Sansa crut qu'elle allait mourir de honte.

- Vous pouvez venir, mais à une seule condition, fit-elle catégoriquement avec le plus grand sérieux du monde. Non, en fait, deux. Un, vous ne vous faîtes pas remarquer, deux, le film reste uniquement entre nous. Pas de le mettre sur Internet ou de le montrer aux autres de l'école. D'accord ?

Ils jurèrent tous solennellement mais Sansa se sentait tout de même encore stressée. Se remettre à chanter était déjà assez stressant, mais si en plus, elle devait le faire devant tous les élèves de l'école...

Ce soir-là, elle répéta encore et encore et encore jusqu'à minuit. Puis, elle travailla sur son plan détaillé jusqu'à une heure du matin et pria pour que la semaine se termine bientôt.

/

Le lendemain matin, Sansa se leva au son insistant de son réveil. Le soleil était encore timide et l'automne approchait peu à peu. La jeune fille soupira, enfila une robe de chambre et descendit prendre son petit-déjeuner.

Dans la cuisine, sa mère l'attendait avec une tasse de thé et des toast à la confiture à la bergamote. Elle était aussi dans une robe de chambre verte et sourit quand elle vit sa fille entrer. Sansa ne savait pas trop si elle avait envie de parler à sa mère mais elle s'assit tout de même, après avoir sortit des couverts et une pomme. Catelyn regarda sa fille se verse du thé et croquer dans sa pomme.

- Ça faisait longtemps qu'on avait pas prit notre petit déjeuner toutes les deux, fit Catelyn en souriant.

- C'est vrai... Cette semaine, c'est un peu rude. Plein de trucs à faire...

- Je vois... Dis-moi... Ça fait longtemps qu'on a pas parlé et bon... au lycée, on commence un peu à... regarder les garçons...

- Maman ! s'exclama Sansa, choquée. Je n'ai pas de petit ami, si c'est ce que tu demandes.

- Non, non, bien sûr... Mais il est peut-être temps de prendre des précautions. On ne sait jamais ce qui peut arriver et...

- Maman ? la coupa Sansa.

- Oui, mon coeur ?

- Vous avez quelle différence d'âge, Papa et toi ?

- J'ai deux ans de plus que lui. Pourquoi, mon coeur ?

- Il y a quelqu'un que j'aime bien, mais... je ne sais pas trop si je peux...

Catelyn ne put s'empêcher de rire tendrement à l'air gêné de sa fille aînée. Elle passa sa main dans les longs cheveux auburn de Sansa et fit :

- Tu peux aimer qui tu veux aimer, ma chérie. Mais sache qu'avec tout amour, vient un coeur brisé, tôt ou tard...

Sansa sourit un peu :

- Est-ce que ça fait moins mal quand on l'attend ? Le coeur brisé, je veux dire ?

- Non, ma chérie. Ça fait tout aussi mal.

Sansa soupira et sembla réfléchir un long moment. Puis, elle comprit et sourit. Elle termina son petit-déjeuner en parlant de Margaery à sa mère, pour la rassurer.

/

Aujourd'hui était une journée importante pour Sansa Stark. Elle allait être en cours avec M. Baelish pour la première fois depuis qu'elle avait essayé de l'appeler et elle allait ensuite aller chez Margaery pour répéter dans la chambre de son frère Willas.

Elle avait passé une bonne demi-heure à arranger et à ré-arranger son apparence. Elle devait avoir l'air naturelle, comme si ce n'était qu'une journée de cours en plus, mais elle devait aussi être très soignée. Les Tyrells étaient les gens les plus classes du campus : il n'y avait aucun doute sur l'état du lieu où ils vivaient... C'est pourquoi Sansa se retrouva à l'arrière du van des Starks, ses mains en train de jouer avec sa jupe pour ne pas déchirer ses collants blancs aux motifs floraux (qui ne laissaient aucun centimètre de peau visible) et avec un pendentif en forme de libellule autour du cou. Theon s'était allègrement moqué de son «papillon mort en pendentif» mais Robb lui avait intimé de se taire et Sansa avait été laissée en paix.

Le van des Starks était arrivé et Robb ouvrit la porte pour la meute.

Brienne l'attendait dehors, adossée à sa Jeep. Sansa lui donna le sourire le plus éclatant qu'elle ait en réserve. Elle trotta jusqu'à sa nouvelle amie et la salua. Brienne allait donc l'escorter jusque devant sa salle de cours dans le but d'effrayer Joffrey et de lui montrer que, désormais, Sansa Stark faisait partie des personnes qui étaient hors de sa portée, mais elles furent interrompues.

En effet, un jeune homme d'à peu près l'âge de Brienne vint se mettre en travers de leur route. Il regarda à peine Sansa qui ne se mentit pas : elle était bien sûr blessée de ne pas être remarquée alors qu'elle avait passé plus de temps que d'habitude sur son apparence. Mais le regard qu'il jeta à Brienne et le soupir de cette dernière l'empêchèrent d'être tout de suite trop désespérée. Ce n'était pas forcément qu'elle était laide, juste qu'elle n'était pas l'objet de ses pensées...

- Alors, Bri', lança le jeune homme en souriant, tu fréquentes des jolies filles pour souligner ta laideur ?

Sansa fut choquée par la remarque et lança un regard noir au jeune homme, mais il ne la regardait même pas.

Soudain, elle réalisa qu'il s'agissait de Jaime Lannister. Elle avait entendu parler de lui (surtout de Ros qui n'arrêtait pas de se vanter parce qu'elle l'avait embrassé une fois et qu'elle était la seule personne connue à être allée aussi loin avec lui) et il y avait des photos de lui partout à côté des trophées de football américain dans le hall. Jaime Lannister, le frère de Cersei, l'ex-star du lycée. Il lui était arrivé quelque chose au genou apparemment, ce qui l'avait rendu incapable de jouer et depuis, tout le monde l'avait oublié. Difficile que le jeune homme aux cheveux mi-longs décoiffés et à la veste en cuir clair élimée était le même Jaime Lannister.

Ros lui avait dit un jour que Cersei était tellement belle que son frère était tombé amoureux d'elle et elle avait été très sérieuse. Même si Cersei était connue pour avoir accumulé les conquêtes (elle faisait une concurrence presque honorable à Shae et à Ros) Jaime, quant à lui, n'était jamais sorti avec une fille du lycée et n'avait jamais eu d'aventures aux fêtes. Mais ce n'était visiblement pas Cersei qui intéressait l'ex-star du lycée. C'était son exact opposé.

Sansa observa donc l'étrange duo, son bras autour de celui de Brienne, tandis que Jaime marchait à reculons pour regarder Brienne. Sansa ne put s'empêcher de se demander s'il n'était pas un des adoptés de la jeune femme. Elle sourit à l'idée.

- Joffrey a envoyé Gregor après elle, se contenta de dire Brienne en continuant sa route.

- Oh, tu connais Joffrey ? fit Jaime en se tournant vers Sansa. Je suis vraiment désolé.

Sansa allait répondre quand Brienne décida qu'il était grand temps de se séparer du jeune homme. Du bras qui n'était pas pris par Sansa, elle poussa Jaime sur le côté et continua son chemin. Il se contenta de rire et de lui crier «Moi aussi je t'aime, Bri' !» Sansa ne put s'empêcher de rire un peu aussi et d'embêter son garde du corps :

- Je pense qu'il t'aime bien...

- Il aime bien se moquer de moi, corrigea Brienne, comme tout le monde.

- Je n'ai pas envie de me moquer de toi. Je le pense. Je pense qu'il t'aime bien.

Les joues de Brienne rosirent un peu, elle baissa la tête, ses cheveux courts tombant devant ses yeux. Sansa n'avait jamais rien vu d'aussi adorable.

- Et tu l'aimes peut-être aussi un peu ? hésita Sansa.

Brienne était désormais aussi rouge que Sansa quand elle parlait avec Shae et Ros.

- Je... Je sais que ce n'est pas possible. Ça ne vaut pas la peine d'espérer.

Sansa se sentit soudainement terriblement triste pour son amie. Elle ne voulait vraiment pas la laisser croire qu'elle n'était pas assez bien pour quelqu'un : Brienne était la jeune femme la plus exceptionnelle qu'elle ait jamais rencontrée et elle avait envie de la voir heureuse :

- Je pense que tu as une chance. N'importe quel homme serait chanceux de t'avoir comme petite amie. Je pense que tu devrais au moins essayer de lui parler, fit Sansa très sincèrement.

Brienne sourit, encore un peu indécise, mais Sansa savait qu'elle y repenserait sérieusement. Elle sourit et elles entrèrent dans les couloirs.

Gregor l'attendait avec Joffrey. Sandor était nulle part et Ros était un peu plus loin, s'accrochant désespérément à Shae qui lançait des regards noirs vraiment terrifiants aux deux jeunes hommes qui pensaient faire la loi avec des muscles et des mauvaises intentions. Même Margaery semblait l'avoir désertée.

Sansa serra le bras de Brienne un peu plus, soudainement terrifiée, non seulement pour elle, mais aussi pour son amie. Brienne était forte, mais, même si elle gagnait, elle serait blessée et Sansa n'avait aucune envie de voir son amie souffrir. La jeune fille se tourna vers son garde du corps et la vit, tête haute, regard perçant et fier, air impassible, marcher vers le jeune homme le plus terrifiant de tout le lycée, avant même Sandor (qui monopolisait tout de même la deuxième place) Sansa sourit, serra son bras et garda la tête haute, sans pouvoir réprimer un sourire victorieux.

Gregor eut l'air surpris en voyant sa némésis arriver avec celle qui aurait du être sa victime. Il fit même un petit pas en arrière quand Brienne vint se poster juste devant la porte de la salle. Sansa essaya de ne pas les regarder et se contenta d'inviter ses deux amies à rejoindre la zone de protection qui s'étendait à près de cinq cent mètres autour de Brienne. Ros et Shae furent adorables avec Brienne, ce qui soulagea énormément Sansa.

Quand la cloche sonna, Gregor dut partir en premier pour rejoindre sa salle et Brienne attendit que le professeur ouvre la salle avant de laisser Sansa qui la remercia encore et encore avant d'entrer. Elle se doutait que Gregor essaye encore de venir l'importuner mais elle garderait Brienne près d'elle encore un peu, surtout pour voir comment sa relation avec Jaime allait se développer.

Les premières heures de cours furent longues et assez ennuyeuses. Sansa s'amusait à noter absolument tout ce que le prof racontait ou faisait, mais après les vingt premières minutes, le jeu perdit son charme et elle dut se résoudre à prendre des notes sérieusement, laissant son esprit divaguer et échangeant des regards ennuyés avec Ros ou même avec Dany.

Puis, l'heure du cours de littérature sonna.

A la pause, Sansa ne pouvait arrêter de vérifier ses cheveux, ses collants, tout. Elle était tellement nerveuse que Ros essaya de lui faire un massage. Elle n'y pouvait rien : comment regarder son professeur dans les yeux après avoir essayé de l'appeler à minuit ? Elle ne pourrait pas, elle en était sûre. La seule raison pour laquelle elle ne séchait pas le cours était parce qu'elle devait soumettre son plan avec Dany et elle ne pouvait pas l'abandonner de la sorte devant M. Baelish. De plus, elle se voyait mal expliquer cette absence à sa mère quand elle devrait la régulariser plus tard.

Elle prit donc une grande inspiration et entra dans la pièce.

Le cours fut atrocement long. Petyr avait encore des choses et des choses à dire sur Lolita. Il ne pourrait jamais se lasser de l'oeuvre et chaque année, il découvrait quelque chose de plus à dire dessus. Il connaissait plus de la moitié de l'oeuvre par coeur.

Le seul problème est de captiver un groupe d'adolescents qui commencent à être fatigués des cours et pour qui le charme de la nouveauté ne marche plus. Et il devait se considérer chanceux, vu qu'il était considéré comme une des énigmes les plus captivantes du lycée. Il savait que les élèves le trouvaient assez cool pour l'inviter à certaines soirées. Il n'y allait pas souvent et gardait toujours son flegme pour cultiver son aura de star mystérieuse et insaisissable. Mais il devait avouer que son aura de star insaisissable ne marchait plus quand il s'agissait d'expliquer le schéma narratif de l'oeuvre. Il ne comprenait pas comment l'histoire du tribunal ne pouvait pas les captiver : elle était pourtant si originale !

Sansa était captivée, mais malgré elle. Il voyait bien, à la façon qu'elle avait de regarder fréquemment autour d'elle, qu'elle essayait d'avoir l'air de s'ennuyer. Mais sa main droite, alerte avec son stylo bleu clair, démentait son ennui.

Pourquoi devait-elle être parfaite déjà ? Ah oui : parce qu'elle était son unique chance de rédemption. Elle s'était coiffée avec beaucoup de soin aujourd'hui, mais ses collants montraient bien qu'elle essayait de garder son air de jeune fille effarouchée.

Et pourtant... Pourtant, il avait déjà causé les premières craquelures dans sa coquille protectrice. Il se devait d'être là quand la coquille se briserait définitivement, pour la rattraper. Mais, si la coquille de Sansa commençait à se briser, Petyr avait son précieux masque en lambeaux dans ses mains.

Jamais une jeune fille lui avait résisté aussi longtemps. Même pas Cat. Ils jouaient collé serré mais Sansa avait la dureté de son père. Ça aurait du lui déplaire, mais il avait toujours aimé les difficultés. Sansa n'était pas une jeune étudiante comme les autres. Sansa était spéciale, avec ses grands yeux bleus et ses sourcils froncés sous le coup de la concentration.

Son coup de fil, en revanche, était intriguant. Sansa était en train de tomber dans ses bras, mais elle s'agrippait à tout ce qu'elle pouvait pour ralentir sa chute. Elle était plutôt habile, ce qui faisait qu'il adorait ses manques de contrôle encore plus. Il avait attendu à côté de son téléphone toute la soirée. Puis, il avait décidé de se doucher et d'aller se coucher presque entièrement nu, son téléphone dans ses draps à ses côtés. Il était en train de lire un article sur Lolita et le féminisme (plutôt pathétique, il devrait rajouter) sur sa tablette numérique quand le téléphone avait sonné. Il était peu après minuit et Petyr avait tout de suite deviné de qui il s'agissait.

Il ne pouvait même pas commencer à expliquer sa frustration quand Sansa avait raccroché sans dire un mot. Si elle était restée... Oh, si elle était restée... Mille questions s'étaient précipitées dans sa tête : comment était-elle à l'autre bout du fil ? Etait-elle en pyjama ? Comment était son pyjama ? Avait-elle les cheveux trempés après sa douche ? Etait-elle en train de trembler pour lui ? Toutes ces questions laissées sans réponse qui l'avaient tenu éveillé avant qu'il ne décide de prendre le problème en main vers trois heures du matin dans une douche brûlante. Le soulagement avait été de courte durée et il attendait son cours avec Sansa Stark depuis le moment où il s'était réveillé.

La torture prit cependant fin après quelques siècles et tous les élèves se dépêchèrent de sortir pour aller manger.

Mais Sansa serait obligée de rester. Elle avait quelque chose à lui montrer. Avec Daenerys Targaryen, bien sûr. Il avait hâte de savoir comment la collaboration s'était passée entre les deux jeunes filles.

Il laissa donc tous les élèves sortir avant de se retourner vers les deux demoiselles qui lui expliquèrent le plan sur lequel elles s'étaient mises d'accord. Il était encore imparfait, mais Petyr l'arrangea très vite avec deux ou trois suggestions. Sansa n'osait toujours pas croiser son regard. Il fallait donc croire que son baiser passionné avec le Limier n'avait pas totalement abaissé le masque de la lady que Sansa essayait de garder. Petyr les garda près de dix minutes avant d'accepter leur plan :

- Bien, donc, j'attend votre exposé la semaine prochaine. J'aimerai le faire assez tôt pour que nous puissions arriver aux explications de texte le plus rapidement possible. N'hésitez pas à me tenir informé du progrès de votre travail. Ce sera tout pour aujourd'hui, mesdemoiselles, sauf si vous avez encore des questions...

Les deux filles hochèrent la tête avec un sourire et commencèrent à partir quand, tout à coup, Petyr céda à la tentation :

- Sansa, j'aimerai avoir un mot, s'il te plaît. Ce sera rapide.

La jeune fille s'immobilisa complètement et tous ses muscles semblèrent se transformer en glace. Elle dit donc au revoir à Dany qui les quitta avec un petit sourire en coin, très différent de sa personnalité de jeune fille rêveuse (mais elle l'avait déjà impressionné par son assurance quand elle lui avait exposé leur plan)

Ils se retrouvèrent donc seuls, face à face dans la salle. Sansa avait les yeux obstinément baissés, trouvant ses chaussures plus intéressantes que lui. Il devait avouer qu'il était un peu vexé. Il afficha son meilleur sourire, un léger sourire en coin qui avait du mal à éclairer ses yeux et il descendit de son estrade.

Instinctivement, Sansa fit un pas en arrière quand il fit un pas en avant. Petyr sentit son instinct de prédateur le saisir avec une puissance qui l'étonna lui-même. Il essaya de se clamer un peu avant de commencer :

- Sansa, fit-il. Je voulais te parler d'hier soir...

Il avait l'impression qu'elle allait mourir de honte juste devant lui. Elle était tendue et essayait de cacher ses joues rouges derrière ses cheveux. Elle était adorable. Il fit un pas de plus vers elle :

- Je suis désolée, fit-elle tout de suite. Je... je ne m'étais pas rendue compte de l'heure. Je ne vous appellerai plus, promis...

Sa main sur son bras lui fit relever la tête vers lui. Elle avait l'air d'une biche aveuglée par les phares d'une voiture. Ah, elle était à l'aise quand il s'agissait de regards et de tentations, mais elle n'était pas encore à l'aise avec son propre corps et l'intensité avec laquelle le désir s'installait.

Ce n'était pas grave. C'était ce pourquoi il était là, après tout.

Quand il fit un autre pas vers elle, elle ne bougea pas et ses yeux réussirent à rencontrer les siens pendant quelques secondes. C'était un progrès... Petyr ne put s'empêcher d'inspirer profondément, pour capturer son doux parfum et le graver dans sa mémoire. Elle portait quelque chose de fleuri mais de puissant. Flower de Kenzo. Un classique, mais une preuve de bon goût ultime aussi.

- Sansa, je ne veux pas que tu arrêtes. Je veux que tu me parles la prochaine fois.

La jeune fille fronça les sourcils un moment avant de comprendre.

Alors, elle fit quelque chose d'inattendu : elle se détendit un peu et sourit.

Petyr crut qu'il allait devenir fou. Il avait envie d'elle depuis qu'il l'avait vue et la frustration de ces semaines pendant lesquelles ils s'étaient tournés autour le rattrapa. Sa main se resserra sur son bras et il l'attira à lui en faisant lui-même un pas vers elle. Elle brisa le contact visuel pendant une fraction de seconde, pour regarder leurs corps l'un contre l'autre. Puis, quand elle releva la tête, il eut à peine à se pencher pour poser ses lèvres sur les siennes.

Le premier contact fut une caresse, à peine, comme un test. Sansa aurait pu refuser le baiser à tout moment. Mais elle se contenta de fermer les yeux. Petyr sentit le désir en lui se déchaîner comme un lion qu'on vient juste de libérer. Il fit de son mieux pour rendre le baiser agréable à Sansa, mais il sentait aussi sa propre frustration prendre le dessus avant d'être à nouveau écartée.

Elle essaya de briser le baiser pour respirer, mais Petyr en profita seulement pour l'approfondir. Il y avait quelque chose de sucré et de frais sur ses lèvres et il ne pouvait pas en avoir assez. Le goût le rendait curieux et il se sentait perdre peu à peu la raison.

Elle finit par le repousser, poussant sur son torse avec ses deux mains. Il dut bien mettre quelques secondes à comprendre ce qu'elle voulait.

Il recula immédiatement, de peur de l'avoir effrayée.

Elle avait encore du mal à rencontrer son regard, mais elle n'avait pas l'air dégoûtée ou terrifiée. Juste terriblement gênée. Sansa Stark venait juste de faire quelque chose qui était non seulement très peu ladylike mais aussi interdit par la loi. Elle semblait troublée mais finit par relever la tête :

- Je... Elle dut faire une pause avant de retrouver sa voix. Je devrais y aller. On m'attend, précisa-t-elle.

Il sourit. Elle avait raison. Sa précieuse Sansa. Il avait pensé que l'embrasser allait au moins calmer un peu son désir pour elle, comme avec les autres filles. Satisfaire sa curiosité était la première étape vers l'ennui et l'abandon de la jeune fille, or Sansa lui avait donné un baiser qui n'avait pas répondu à ses questions, mais en avait posé plus. Il avait uniquement envie de l'embrasser à nouveau, encore et encore et encore jusqu'à ce qu'il déchiffre enfin le mystère Sansa Stark.

Elle avait cependant raison. Il sourit et hocha la tête et elle allait s'en aller quand il s'approcha encore d'elle, l'arrêtant sur ses pas. La proximité de leurs corps lui rappelait leur baiser et ses lèvres étaient encore si rouges, si prêtes à recevoir une nouvelle offrande de son amour...

- Ce soir, Sansa, fit-il, ce soir, je veux que tu me parles. D'accord ?

Elle était si parfaite et si proche et son odeur était si intoxicante. Elle hocha doucement la tête et il dut faire un effort sur-humain pour faire un pas en arrière, pour quitter leur sphère qui sentait Flower de Kenzo, pour laisser sa main ne rencontrer que le vide, là où il y avait eu sa peau, si brûlante et pourtant si douce.

La douleur était un peu adoucie par leur promesse et par le fait qu'elle dut elle aussi s'arracher à sa présence pour sortir de la salle.

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