Lolita

Stay a while, you are so beautiful

Bonjour les gens ! Merci encore pour vos reviews ! Je dois cependant avouer que je suis un peu déçue de n'avoir eu que trois reviews pour un chapitre (où il y avait du lime, dammit !) sur lequel j'avais autant travaillé. Mais bon, je comprend qu'il est assez long et qu'il a du vous décourager ! Ceci dit, j'ai eu trois adorables reviews et je vous remercie tous !

Ce chapitre est encore plus long. Désolée. MAIS, il y a du lime/lemon ! Et oui, c'est bien entre Sansa et Petyr ! Donc, si ça vous dérange, ne vous aventurez pas à la fin du chapitre... Il y aura plusieurs baisers dans ce chapitre, quasiment tous les couples que vous connaissez et quelques surprises ! (Faîtes gaffe, mention d'homosexualité)

Alors, pour ce qui est de la soundtrack de ce chapitre, je peux vous conseiller Closer de Nine Inch Nails. C'est vraiment une très belle chanson, qui va plutôt bien avec Sansa et Petyr !

Pour ce qui est du titre, il peut vous paraître un peu... décevant par rapport aux précédents, mais laissez-moi vous expliquer : c'est la traduction d'un vers de Goethe. Lorsque Faust passe son pacte avec Méphistophélès, il ne doit donner son âme au Diable que si, lorsqu'il est jeune et qu'il s'amuse, il prononce cette phrase. Je trouve que cette thématique va plutôt bien avec la relation entre Petyr et Sansa... Bref, j'espère que vous allez apprécier la lecture de ce chapitre et que vous n'allez pas hésiter à poster des reviews. PS : je poste ce chapitre à côté de RuchieMR ! Elle vous dit bonjour et vous encourage à lire sa fic !

Oh, et j'allais oublier : ceci est le dernier chapitre. Après, je vous offrirais un très court épilogue et... we will sadly have to part.

Sur ce, bonne lecture !

Votre dévouée,

AO.

Chapitre Huit : Stay a while, you are so beautiful.

- Ecoutez, les filles, je ne le sens pas très bien... commença Brienne au volant de sa voiture.

- Alleeeeeeez, la prièrent Shae et Ros.

La jeune femme se tourna vers ses deux compagnes et finit par soupirer :

- Bon d'accord... Mais je sens que je vais le regretter ! dit la jeune femme, vindicative.

- Pas quand tu rouleras la pelle de sa vie à ton amoureux, répliqua Ros avec un grand sourire avant de descendre de la Jeep bleue.

- J'ai à la fois aucun de mal à croire que Sansa vit là et en même temps, beaucoup de mal à l'imaginer, déclara Shae en regardant le manoir Stark.

En effet, Brienne, Ros et Shae allaient passer l'après-midi à se pomponner avec Sansa avant de passer la soirée au bar où «l'inconnu» avait donné rendez-vous à la plus mal à l'aise des jeunes femmes, j'ai nommé ici Brienne.

Elles avancèrent donc dans la grande allée de graviers bordée par deux longues rangées de sapins avant d'arriver au porche où Ros sonna à la sonnette d'entrée. Les trois jeunes femmes, malgré leurs airs dégagés, se regardèrent une dernière fois dans la vitre, se recoiffèrent et ajustèrent leurs jupes. Shae dut faire un effort monumental pour ne pas se moquer de la jupe de Ros (enfin, celle qu'elle enlèverait dès qu'elle serait en compagnie de Theon) qui arrivait à ses genoux. Mais il fallait avouer qu'elle avait elle aussi fait des efforts pour paraître comme une fille bien devant la famille Stark.

Quelques secondes après, la porte s'ouvrit sur une femme magnifique, l'image même de Sansa avec trente ans de plus. Grande, pâle, les cheveux auburns coiffés en tresse lâche, des yeux bleus glacials et des vêtements terriblement classes dans les mêmes tons pâles sans être pastels. Elle regarda les trois jeunes filles :

- Vous devez être les amies de Sansa.

Elles hochèrent la tête à l'unisson.

- Entrez. Elle est encore dans la cuisine. Je vais l'appeler.

Catelyn ouvrit la porte en grand pour les laisser entrer, regardant Shae et Ros d'un air sévère (tellement que Ros se demanda si, un elle pouvait voir sa vraie jupe sous sa jupe prude et deux, elle savait pour ses affaires avec Theon) mais fit un petit sourire à Brienne qui dut presque se baisser pour entrer. Cat allait se retourner pour prévenir sa fille de l'arrivée de ses amies quand elle s'arrêta soudain sur ses pas :

- Retirez vos chaussures avant de monter à l'étage. S'il vous plait.

Les trois filles s'immobilisèrent immédiatement avant de retirer leurs chaussures tout de suite.

- Sansa, tes amies sont là, le trio entendit au loin.

- Oh ? J'arrive, j'arrive...

- Tu sais où est ton père ?

- Il est dans le garage avec Robb, je crois. C'est un truc à voir avec la voiture, quelque chose comme ça...

- J'espère qu'il ne s'est pas encore mis de la graisse partout sur son nouveau costume...

Puis, Sansa ne tarda pas à émerger, l'image même de la lady qu'était sa mère, mais en mille fois plus souriante : elle alla embrasser chacune de ses amies, se mettant sur la pointe des pieds pour faire la bise à Brienne avant de se tourner vers sa mère :

- Mam', je te présente Shae, Ros et Brienne, dont je t'ai déjà parlé.

Shae se demanda si ce serait très déplacé de faire la révérence. Ros, quant à elle, priait tous les dieux qu'elle connaissait pour que Sansa n'ait pas vraiment parlé d'elle à sa mère. Brienne se contenta de regarder Catelyn avec admiration.

- Oui, je m'en rappelle, fit Catelyn avec un sourire à l'adresse de sa fille. Bien, les filles amusez-vous bien là haut. Sansa, chérie, on devrait être rentrés vers minuit, fais bien attention à toi, à ta soeur et ne fais pas de bêtises.

- Promis, Mam', répondit Sansa, faussement exaspérée par l'inquiétude de sa mère.

Quand celle-ci déposa un rapide baiser dans ses cheveux avant de sortir sous le porche en appelant un certain 'Ned' (son mari, visiblement) Sansa fit même semblant d'avoir honte, mais son sourire le niait totalement.

Brienne regarda alors Catelyn Stark avec ses talons aiguilles, sa robe d'un bleu clair, la perle unique qui pendait à son cou et le bracelet composé de sept poissons et elle sut quel genre de femme elle avait envie de devenir... Quand un homme bien plus grand qu'elle, musclé, aux cheveux blonds cendrés grisonnants et dans un costume décontracté vint la rejoindre pour la prendre par la taille et l'accompagner à la voiture garée dans la cour (lui ouvrant la portière bien sûr), elle ne put s'empêcher de rêver... Avant de rencontrer son propre reflet dans la vitre.

Elle baissa tout de suite les yeux et se concentra à nouveau sur ses amies à l'intérieur :

- J'ai bientôt fini les muffins, fit Sansa avec un grand sourire, venez, je vais vous montrer la cuisine. Vous voulez boire quelque chose ?

Les trois filles suivirent donc leur hôte à travers le couloir avant d'arriver dans une vaste cuisine entièrement blanche aux meubles impersonnels qui auraient été dignes d'un catalogue ikéa si elle n'avait pas déjà remplie de milliers de signes personnels. Sur le frigo, de nombreux dessins étaient affichés grâce à des magnets provenant du monde entier (enfin, de tous les endroits que les Starks avaient visité, ce qui était tout de même conséquent) : certains étaient faits par une main encore très jeune, représentant des loups et des licornes noires en train de dévorer les entrailles de personnes mortes, d'autres étaient d'une justesse éblouissante, représentants différents paysages calmes qu'on pouvait retrouver à travers la baie vitrée du salon, d'autres encore étaient des reproductions très fidèles de tableaux célèbres, faits au crayon, il y avait aussi des photos, des tirages en noir et blanc d'un vieil argentique, qui étaient des portraits de chaque membre de la meute Stark. Shae ne put s'empêcher d'admirer celui de Sansa : le photographe avait totalement su capturer l'essence de la jeune fille en la prenant en photo quand elle ne le savait, en train de lire dans un transat près d'une piscine. Ses yeux clairs étaient captivés et le sourire qu'elle n'avait pas conscience d'avoir montraient à la fois son innocence candide digne du pire des démons.

La jeune fille en question avait sorti quatre verres et était déjà en train de remplir le premier d'eau, à la demande de Brienne. Ros demanda du jus de pomme et Shae la suivit. Sansa se servit un verre de lait : sa voix lui faisait encore mal de l'entraînement intensif de cette semaine.

- Alors, Sansa, commença Ros en sirotant son jus de pomme avec un sourire machiavélique. Je pense que tu as des choses à nous raconter...

Sansa, qui était en train de porter son verre à ses lèvres, s'arrêta alors immédiatement, se tendant entièrement, comme si elle avait été prise la main dans le sac à voler un cookie. Une légère rougeur vint s'étaler sur ses joues et, après quelques secondes de silence, un sourire traversa ses lèvres :

- Oh, je le savais, je le savais, fit Shae. Qu'est-ce que je vous ai dit ? Voilà... Alors, Sansa ... ?

Mais la jeune femme eut à peine le temps de continuer que Sansa eut deux saveurs : d'abord le four qui sonna la fin de la cuisson et l'apparition d'une autre jeune fille comme par l'odeur alléchée.

Sansa en profita pour se saisir d'un gant de cuisine et sortir le plateau de muffins brûlants qui mirent tout de suite l'eau à la bouche de toutes les filles dans la cuisine :

- Sansa, je veux un muffin, déclara Arya.

Shae ne put s'empêcher de sourire : la soeur cadette de son amie lui était aussi opposée que la lune et le soleil. La jeune fille aux cheveux bruns vint se caler sur le bar où toutes les autres filles étaient réunies, attendant visiblement son muffin attitré.

- Oui, oui, il arrive, soupira Sansa, j'attend juste qu'ils refroidissent.

- Donc, vous sortez ce soir, fit Arya, regardant le trio.

- On va au bar, répondit Ros avec un petit sourire.

- J'y vais aussi, déclara Arya.

Sansa se retourna tout de suite, faisant voler ses cheveux autour d'elle et jeta un regard sévère à sa petite soeur. Brienne n'eut alors aucun doute qu'elle avait devant elle l'image même de sa mère à son âge :

- Arya, la rappela Sansa, tu n'es pas encore majeure. Tu n'as pas le droit d'aller dans un bar. En plus, tu as dis que tu allais à une compétition d'escrime.

- Oui, avoua Arya avec un haussement d'épaules, c'est ce que j'ai dis.

Ros et Shae s'échangèrent un regard : elles aimaient déjà beaucoup cette Stark-là :

- Et avec qui tu y vas, si je peux demander ? la taquina Ros.

Contre toute attente, Arya baissa les yeux en se mordant les lèvres, exactement comme sa soeur faisait. Elle changea son poids de jambe et finit par dire d'une toute petite voix :

- Jaqen H'ghar. Il est dans mon club d'escrime.

- Jaqen... Tu le connais, Ros ?

- Nope. Toi ?

- Non plus. Il ressemble à quoi ?

- Il est... euhm... Grand... Plutôt mystérieux... On ne peut pas trop le rater... Il a des cheveux teints en rouge avec une mèche blanche. Ils sont mi-longs... Et il a des yeux noisette...

- Oh, c'est pas ce mec, tu sais, Ros ? Celui dont tout le monde parle et qui ne vient pas vraiment du lycée mais qui est aux soirées dès fois ?

- Ouais, je crois voir qui c'est, fit Ros, songeuse. Mais dis-moi, il est pas majeur, lui ?

Arya, dont la tête faisait des allers-retours entre les deux filles comme un spectateur à un match de tennis, eut un petit sourire coupable, prouvant qu'elle le savait déjà :

- Arya, commença Sansa en sortant un muffin du moule.

- Ah non, Sansa, je suis désolée, la coupa Ros. Non, tu es la dernière personne qui puisse dire quoique ce soit à Arya sur ce genre de relations !

Sansa se tut, visiblement mécontente et posa l'assiette contenant le muffin devant une Arya confuse :

- Tu es avec le Limier, Sansa ? demanda-t-elle, méfiante. Il a tout juste vingt ans, c'est pas trop grave, comme différence d'âge.

Shae ne put s'empêcher de rire un peu et tapota l'épaule d'Arya :

- Ah, si tu savais, Arya, si tu savais...

- Savoir quoi ? se révolta la jeune fille. Sansa...

Mais décidément, la jeune fille était destinée à être sauvée par sa famille : soudain, Theon, Robb et Jon entrèrent dans la cuisine et colonisèrent le bar à leur tour. Theon fut le porteur de leur requête :

- Sansaaaaaaa, fit-il de sa voix cajoleuse. Sansaaaaaa, ma très très gentille petite soeur aux doigts de fée, voudrais-tu...

- Cette fournée est pour les invités, fit-elle sèchement avant de prendre un autre moule, rempli de pâte à muffin, ornée de pépites de chocolat au lait et de noisettes. Celle-là devrait être prête dans un quart d'heure.

Theon décida de ne pas presser plus les choses : il voyait bien que sa soeur était énervée et il préférait ne pas pousser les choses jusqu'au point où elle pourrait en venir à lui rappeler sèchement qu'il n'était que son demi-frère. Ses colères étaient toujours glaciales, comme l'hiver de Winterfell. Elle avait beau essayer de le cacher derrière ses sourires rayonnants, mais elle venait du Nord, du froid... Et Theon avait toujours détesté les neiges de Winterfell. Il préféra aller rejoindre Ros, entourant ses hanches de ses bras, déposant un léger baiser dans sa nuque :

- Tu viens au cinéma avec nous, alors ? demanda-t-il.

- Au cinéma ? le taquina Ros. Au bar plutôt. Tu sais, ta mère est partie, tu peux le dire tout haut.

- Oh non, fit Arya, horrifiée. Vous allez à quel bar ?

- Le Red Keep, comme tous les jeunes de King's Landing, répondit Jon en fronçant les sourcils.

- On dirait qu'on pourra tous y aller ensemble ! fit Shae en souriant.

- Arya ? fit Robb, en fronçant les sourcils. Tu vas au bar ?

A ce moment, Shae ne put s'empêcher de trouver que Robb faisait très paternel... En fait, il devait tenir autant de son père que Sansa de sa mère. Leurs parents étaient des modèles pour eux. Shae les enviait. Sansa en profita pour chercher l'approbation de son frère aîné pour sa colère. Approbation qu'il donna totalement quand il demanda :

- Je sais que ta soeur ne t'aurais jamais entraînée là-dedans. Avec qui tu vas ?

- Elle va avec nous, coupa Shae. C'est nous. Désolée, on comptait y aller et on se disait qu'elle pouvait venir...

Sansa, Arya et Brienne se tournèrent vers Shae, étonnées, mais ne dirent rien. Ros se contenta de sourire : elle connaissait son amie sur le bout des doigts et elle savait que sa passion était de pousser ses amies à faire ce qu'elles hésitaient à faire.

- Bon... fit Robb. Si tu restes avec quelqu'un de cette compagnie, tu peux venir. Mais pas un mot aux parents !

- Promis ! fit Arya en souriant.

- Oh, Arya, tu sais ce que tu vas mettre ? demanda Ros avec un clin d'oeil. Il faut que tu sois radieuse ce soir !

- Euhm... Non... je pensais à un t-shirt et...

- Allez, Arya, insista Ros. On sort ce soir, il faut s'éclater un peu... Si tu veux, on peut t'aider, Shae et moi ! Qu'est-ce que t'en dis ?

- Je ne pense pas que Robb laissera Arya sortir si elle est habillée sur tes conseils, commenta Theon en riant.

Ros se contenta de le repousser avec un faux regard vexé qui fut vite brisé par le baiser qu'il lui donna, forçant tout le monde à détourner les yeux un instant. Puis, Arya jeta un regard à Sansa et à Robb, comme si elle cherchait leur approbation, ce qui fit fondre Shae parce qu'Arya ne s'en rendait probablement même pas compte. Robb regarda Sansa et ils semblèrent se concerter en silence :

- D'accord, finit par dire Sansa. Mais Robb et moi nous donnons le droit de refuser une tenue si elle est trop découverte. Et, insista Sansa avec sévérité, je ne veux pas retrouver un de mes vêtements dérangé sans ma permission.

Elle regarda sa petite soeur et ses amies qui se contentèrent d'hocher la tête, solennelles. Sansa eut un petit sourire plus indulgent :

- Vous pouvez prendre les muffins là-haut, sans faire trop de miettes.

- Oui, Herr General ! se moqua Arya en s'enfuyant à l'étage avec son muffin, rapidement suivie par Ros et Shae munies elles aussi d'un muffin.

Theon soupira en voyant Ros partir, ce dont se moquèrent ses deux frères.

Le four sonna à nouveau, annonçant la nouvelle fournée de muffin. Sansa les sortit et les plaça dans une assiette dont les garçons s'emparèrent avant de retourner dans leur QG pour s'apprêter à sortir.

Brienne et Sansa se retrouvèrent face à face. Elles se sourirent et se firent un toast avec les deux seuls muffins qui restaient :

- Tu as apporté tes vêtements alors ? demanda Sansa.

- Oui, ça tenait dans un sac de sport. C'est très gentil, tu sais, mais je pense que tu t'attaques à un cas désespéré...

- J'étais aussi un cas désespéré quand il s'agissait de me protéger de Joffrey, tu sais ? Mais en fait, il fallait juste me trouver la bonne personne. Et je suis saine et sauve ! Viens, on va te faire toute belle, fit Sansa avec son grand sourire radieux qui semblait capable d'éclairer la plus noire des nuits.

/

- Donc, tu appliques le blush comme ça, du bas vers le haut, d'un mouvement souple du poignet, expliqua Sansa, en même temps qu'elle le montrait sur le visage de son amie.

Sansa avait beau être grande pour son âge, peu étaient aussi grandes que Brienne. Par conséquent, Sansa était montée sur un petit tabouret pour expliquer à Brienne comment se maquiller dans le grand miroir de sa chambre. L'album 'Electra Heart' de Marina and the Diamonds les mettait dans la bonne ambiance.

Brienne se demandait si elle n'était pas juste en train de se tourner en ridicule. Elle portait la seule robe qu'elle avait : une robe d'un bleu foncé qu'elle utilisait les rares fois où elle osait aller dans des plages fréquentées. Les bretelles étaient un peu fines à son goût pour sortir, mais Sansa lui avait prêté un de ses châles bleus pour couvrir ses épaules. Brienne ne savait pas comment la remercier.

- Je ne pense pas que du eye-liner fasse justice à tes yeux, commenta Sansa donc je vais juste te mettre du mascara. Alors, j'ai besoin que tu clignes les yeux le moins possible, d'accord ? Si tu... Si tu ouvres la bouche, tu clignes moins des yeux...

La jeune femme avait du mal à croire qu'il faille être aussi peu sexy pour se préparer à être sexy. Sansa connaissait des milliers et des milliers de techniques et pourtant, quand elle l'avait vue, la première fois, Brienne n'avait pu s'empêcher d'admirer son naturel. La beauté lui allait, tout simplement. Plus Brienne se préparait, plus elle se sentait laide et ce n'était pas peu dire...

- Je n'ai pas beaucoup de parfums, s'excusa Sansa en lui montrant une petite rangée de cinq flacons différents. Est-ce que tu as une préférence ?

- Je... hésita Brienne. Je ne sais pas. Lequel m'irait le mieux ?

Sansa sembla honnêtement réfléchir. Brienne devait avouer qu'elle avait du mal à penser depuis que Sansa avait retiré tous ses vêtements devant elle, sauf ses sous-vêtements blancs et modestes pour mettre une robe de chambre pour la préparer et décider des vêtements qu'elle mettrait elle-même plus tard.

- J'ai le Cashemere Mist de Donna Karan, proposa Sansa en prenant un des flacons avant d'en mettre un peu sur un coton.

Sansa avait des petits pieds. Ils étaient bien proportionnés mais pour Brienne, elle avait l'air d'avoir des petits pieds tout pâles avec ses veines bleues qui ressortaient. Brienne admirait avec une sorte de désespoir la beauté de porcelaine de son amie. Elle hocha la tête quand Sansa lui proposa le coton. Elle le sentit. Il était profond, il sentait comme un pays exotique, comme une forêt.

- Il sent très bon, mais je ne sais pas s'il m'ira...

- Je pense qu'il t'ira, fit Sansa. Si je t'avais écoutée dès le début, tu aurais fini en jean et en t-shirt trois fois trop grand pour toi. Tu vas sentir comme une déesse enivrante... Tamponne-le sur ta nuque... Tamponner ! Doucement avec toi-même... Regarde...

Sansa prit le coton et le tamponna doucement derrière les oreilles de Brienne et le long de sa nuque, suivant la marque bleue et chaude de la jugulaire. Puis, elle aspergea à nouveau le coton de parfum et le tendit à nouveau à Brienne :

- Maintenant, mets-le dans ton soutien-gorge pour garder le parfum toute la soirée.

Brienne rougit mais fit ce que Sansa lui demandait. Quand elle releva la tête, Sansa lui montra son reflet :

- Tadaaa ! fit-elle en souriant. Tu es parfaite, Brienne. Il va craquer, c'est sûr !

- Merci beaucoup, Sansa, dit Brienne en se regardant, perplexe.

- Bon, maintenant, je vais me préparer aussi. Tu peux me parler, si tu veux, déclara Sansa.

Sur ce, elle entreprit de retirer sa robe de chambre avant de la lancer sur le lit et de s'attaquer à ses sous-vêtements. Brienne s'empressa de se détourner en essayant de ne pas rougir pour ne pas massacrer son maquillage.

Mais elle ne put s'empêcher de jeter quelques regards par-dessus son épaule pour assister au processus de perfection de Sansa Stark. Elle fut étonnée de voir à quel point les sous-vêtements étaient importants. Brienne ne se souciait jamais de ses sous-vêtements. Mais Sansa prenait soin de bien choisir, les regardant, réfléchissant, les reposant... Elle finit par choisir un ensemble très simple en soie noire. Quand elle finit d'enfiler son soutien-gorge, l'ajustant sur sa poitrine, elle semblait déjà mille fois plus imposante et plus impressionnante.

Puis, elle ouvrit son placard à la recherche de vêtements. Après quelques hésitations, Sansa posa une robe sur son lit. C'était une robe qui devrait à peu près lui arriver aux genoux, d'un rose très pâle, presque pastel, avec une ceinture très fine entourée de métal doré. Le col rond était brodé de motifs où des oiseaux volaient autour de guirlandes de fleurs. Sansa alla ensuite chercher des spartiates en cuir clair et les posa au pied du lit.

- Qu'est-ce que tu en penses ? demanda-t-elle à Brienne.

Pendant un instant, Brienne crut rêver quand elle vit le manque d'assurance dans les grands yeux magnifiques de son amie. Puis, elle hocha la tête, terriblement sérieuse :

- Je pense que tu seras magnifique comme ça, Sansa.

- Merci ! Je pensais mettre aussi un châle, pour quand on sortira. J'en ai pas de roses, mais je pense qu'un blanc ira bien aussi. Et puis, on sera assorties comme ça !

Brienne hocha à nouveau la tête et lui sourit.

/

- On étés pas censés retrouver Talisa et Ygritte à 20h ? fit Theon en admirant ses lacets, avachi dans le canapé.

- Si, mais de toutes façons, elles ne sont pas encore parties, répondit Jon en textant sa nouvelle petite amie.

- Ça devrait justifier notre demi-heure de retard alors, se moqua Theon.

- Theon est en manque de Roooooooos, répliqua Robb en riant.

Et visiblement, il suffisait de prononcer son nom pour la faire apparaître avec ses deux compagnes. Elle avait en effet retiré sa première jupe et était donc en mini-jupe blanche avec une chemise en paisley bleu foncé qui était tellement ouverte qu'on pouvait deviner le rouge de ses sous-vêtements en dentelle. Ses cheveux étaient relevés dans un faux négligé qui devint rapidement un vrai négligé quand elle alla s'asseoir sur les genoux de Theon.

Shae vint peu après, portant une robe vert clair, assez simple mais plutôt osée : elle arrivait mi-cuisse et le décolleté était tellement plongeant qu'il n'y avait aucun moyen qu'elle porte de soutien-gorge dessous. Elle se présenta, faisant un clin d'oeil à Jon qui ne put s'empêcher de rougir un peu, avant de se tourner vers les escaliers et d'appeler Arya :

- Allez, viens, fit-elle avec son accent prononcé, tu es magnifique. Laisse tes frères voir : ils seront d'accord avec moi !

- Je ne suis pas très sûre...

- Arya, dit Jon en prenant le relai, montre-nous et on te dira ce qu'on pense, sincèrement.

- Vous allez vous moquer, se plaignit Arya.

- Personne ne se moquera, lui assura Robb.

Il jeta un regard noir à l'assemblée et ils jurèrent tous de ne pas se moquer. Robb dut cependant donner un coup discret derrière la tête de Theon pour qu'il jure aussi et efface son sourire de ses lèvres.

- Okay... Je descend alors...

Arya se dévoila donc à leurs yeux curieux...

On pouvait dire ce qu'on voulait de Shae et de Ros, mais il n'y avait pas à dire : elles savaient être créatives... Avec la garde-robe peu flatteuse de la jeune Stark, elles avaient fait quelque chose d'admirable : Arya portait un de ses t-shirts noirs à l'effigie d'AC/DC trop large pour elle rentré dans une de ses anciennes jupes blanche à fleurs remontée jusqu'à sa taille et qui s'arrêtait juste au-dessus de ses genoux et des bottines noires. Les deux jeunes filles l'applaudirent quand la jeune Stark se présenta devant eux, visiblement gênée.

- Tu es sublime, fit Jon avec un grand sourire.

- Magnifique, renchérit Robb avant de frapper Theon à nouveau pour qu'il complimente sa soeur.

- Très belle, oui, ajouta Theon en hochant la tête après avoir enfin relevé les yeux.

- Que font Sansa et Brienne ? demanda alors Shae en regardant sa montre.

- Elles ont probablement besoin de plus de temps, fit remarquer Ros, recevant seulement un regard noir de la part de son amie.

- Sansa ? appela Jon, pour tester les eaux.

- On arrive, on arrive ! répondit quasiment immédiatement la voix de leur soeur.

Il y eut un vacarme digne de l'apocalypse, quelques éclats de voix et les deux dernières retardataires arrivèrent enfin dans le salon.

Brienne vint la première : incroyablement gênée dans sa robe bleue avec son châle autour de ses épaules et ses cheveux bien coiffés. Elle tenta un petit sourire et Shae, Ros, Jon et Robb l'acclamèrent pour qu'elle se sente mieux, même si elle restait tout de même très impressionnante par sa taille. Et Jon savait bien que, derrière ses airs de jeunes filles intimidées, Brienne était la seule personne du lycée capable de tabasser Gregor Clegane.

Sansa vint après, poussant son amie devant elle avec un grand sourire, la présentant à ses amies, comme une artiste fière de son oeuvre. Même si Robb acclama Brienne, il ne put s'empêcher d'admirer sa soeur. Sansa avait une robe digne d'un tableau de Waterhouse, juste plus courte car on pouvait voir (à son grand déplaisir) ses jambes. Elle n'avait pas de boucles d'oreilles et portait un maquillage très léger mais sa coiffure était faussement négligée : un chignon lâche dans son cou, montrant la superbe courbe de sa nuque et un bandeau doré très fin, retenant les dernières mèches rebelles. La beauté de Sansa était élaborée, elle était basée sur la perfection, l'exigence de Sansa envers elle-même, contrairement au charme sauvage d'Arya. Robb ne pouvait s'empêcher de trouver un tout nouveau charme à sa petite soeur quand elle ne s'occupait pas de son apparence, se contentant de présenter Brienne, de sourire et de l'encourager.

Sansa était un idéal incarné dans un monde trivial.

/

Quand ils furent tous prêts, Robb les fit tous monter dans le van, même si Brienne leur assura qu'elle pouvait emmener quelques uns dans sa Jeep. Il lui assura qu'il ne comptait pas boire et que les ramener n'était pas du tout un problème. Brienne pourrait revenir récupérer sa Jeep quand Robb la ramènerait.

Ros lui fit la promesse de boire pour elle et Brienne dut lui faire promettre de ne pas se faire raccompagner par quelqu'un d'autre que par elle ou Robb.

Pour une fois Sansa avait eu le droit d'être sur le siège passager, même si elle était sur les genoux de Jon, uniquement parce qu'il n'y avait vraiment, vraiment plus de place derrière. Jon était d'ailleurs complètement contre cette idée et n'avait accepté que parce que Robb lui avait dit que c'était bon.

Ils arrivèrent cependant à bon port dans le parking du bar qui commençait à s'animer, Thrift Shop de Macklemore à fond grâce à la radio. Quand il coupa le contact et la musique s'arrêta enfin, Arya se dépêcha de sortir de «cet enfer» pour retrouver l'air frais de la soirée.

Theon la seconda, tendant la main à Ros pour l'aider à descendre du van (ce qui était très peu pratique avec des talons de douze centimètres de haut) mais il ne la laissa pas poser pied à terre et la jeta sur son épaule comme un sac de pommes de terre avant de la porter jusqu'à l'intérieur, sous les rires des autres membres de la compagnie.

Brienne et Shae descendirent par elles-mêmes avant que Robb ait eu le temps d'ouvrir sa propre portière pour venir les aider. Il n'arriva cependant pas trop tard pour ouvrir la porte à Sansa avant de la saisir par les hanches, la soulevant dans les airs, évitant la portière d'un cheveu pour la poser à terre à côté de Shae. Jon descendit en dernier, lissant une dernière fois son jean noir pendant que Robb verrouillait le van et mettait ses clefs dans sa poche, prenant le reste de la bande à témoin.

Puis, ils se dirigèrent tous vers le petit bar où la plupart des étudiants se retrouvaient pour fêter le week-end.

Ygritte et Talisa étaient en train de fumer à l'extérieur, en attendant Jon et Robb. Le capitaine lâcha la taille de sa petite soeur pour aller embrasser sa petite amie tandis que Jon se contentait de faire la bise à Ygritte qui rit avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres hésitantes :

- Maintenant, déclara-t-elle avec un sourire, on est ensemble. On peut s'embrasser comme tout le monde.

Les quatre filles restantes se contentèrent de les saluer avant d'entrer. A l'intérieur, les hits du moment commençaient à mettre une vraie ambiance de soirée. Arya remarqua Gendry avec Hot Pie, quelques membres de son groupe et le Limier. Elle se glissa habilement derrière Brienne, espérant passer inaperçue pour son rendez-vous avec Jaqen.

Mais quelque chose lui disait que Jaqen avait envie d'être vu. Il devait connaître des milliers de bars inconnus et il lui avait demandé de venir dans celui-là. Il devait forcément avoir une raison qu'elle ne comprenait pas encore. C'était pour ça qu'elle avait accepté ce rendez-vous : parce que Jaqen la fascinait comme elle n'avait jamais été fascinée par quelqu'un.

Arya tira un peu sur sa jupe et espéra qu'il ne fasse pas de commentaire sur sa nouvelle tenue...

- Arya, fit Shae en lui tapotant l'épaule, je crois que j'ai trouvé ton petit ami.

- Ce n'est pas mon petit ami, marmonna-t-elle avant de regarder dans le direction que Shae indiquait.

Jaqen était assis à une des tables pour deux, un peu en retrait, mais pas totalement à l'écart de tout le monde. C'était bien une des places que Jaqen choisirait. Devant lui, une pinte de bière était à moitié vide et un autre verre attendait la personne qui irait s'asseoir devant lui.

Arya essaya tout de suite d'aller se cacher, pour demander des derniers conseils à Shae qui l'avait tant aidée quand elle lui avait confié ses doutes mais elle eut à peine le temps de tourner la tête vers sa nouvelle amie que le regard de Jaqen la cloua sur place. Elle était repérée et désormais, elle n'avait plus le choix. Pour la première fois de sa vie, Arya avait peur de ce quelqu'un pensait d'elle et elle détestait cette sensation. Elle se tourna donc vers Shae, Sansa et Brienne, leur montra discrètement Jaqen avant de leur souhaiter une bonne soirée. Puis, elle les quitta et alla jusqu'à la chaise vide devant Jaqen qui ne semblait n'attendre qu'elle. Elle s'assit et regarda le verre en fronçant les sourcils :

- C'est un Desert Sun. Tequila, jus de cactus. Ils n'en servent pas partout à King's Landing, expliqua Jaqen de son habituelle voix calme et profonde, juste assez forte pour qu'Arya l'entende malgré la musique.

- Je suis mineure, précisa Arya. Et ce n'est pas parce que tu m'as payé un verre que je n'ai pas demandé que je te dois quelque chose.

- Je sais.

Elle saisit le verre et le porta à ses lèvres.

/

- Il n'est pas venu, déclara Brienne, défaitiste.

Les deux filles étaient assises à une table, un peu en retrait, près de la porte, pour surveiller les arrivées. Brienne avait une pinte de rousse et Sansa un malibu jus de pomme.

Shae avait eu le temps de décider que la proie de la soirée serait Osmund, un ex de Cersei, ce qui n'était probablement pas un hasard, et était en train de boire des shots, confortablement installée sur ses genoux. Theon, quant à lui, était en train de fumer dehors avec Ros et quelques membres de l'équipe de water polo. Talisa et Robb faisaient le tour des gens qu'ils connaissaient, discutant par-ci, par-là, enchaînant quelques verres. Ygritte avec ses deux attèles aux poignets, était en train de dévoiler les secrets de toutes les personnes présentes, à en juger par son sourire machiavélique et l'air surpris et choqué de Jon qui était en train de partager un Tequila Sunrise avec sa petite amie de la façon la plus romantique et innocente au monde. Arya était en pleine discussion avec son mystérieux ami qui lui souriait quelques fois. Sandor et Gendry étaient eux aussi en pleine discussion tandis que tout leur groupe était en train de vider littéralement le bar.

Donc les deux filles étaient assises côte à côte, en train d'observer tous les étudiants entrer et sortir. Sansa était triste que Jaime ne soit pas encore arrivé mais elle était aussi heureuse que Brienne soit à ses côtés : elle n'avait pas vraiment envie de rester toute seule ici...

/

- Je ne sais pas, fit Sandor en vidant une énième bière, je ne pense pas qu'elle soit intéressée...

- Pas intéressée ? demanda Gendry. Elle t'a envoyé au moins un texto par jour. Je pense qu'elle est plus qu'intéressée.

- Ouais... Sansa m'a embrassé et visiblement, elle n'est pas intéressée...

- Ça tu ne sais pas. De un, elle est plutôt timide comme fille. De deux, elle est entourée de Shae, Ros ET de Brienne qui doivent lui dire d'adopter des conduites complètement différentes par rapport aux garçons, ce qui doit la perturber. Et de trois, même si tout le monde sait que tu détestes Gregor, approcher le frère du mec qui a démoli la petite amie de son frère n'est peut-être pas la chose la plus évidente à faire en ce moment...

- T'es cool, toi, tu as oublié le fait qu'elle est peut-être lesbienne : regarde, là, elle est avec Brienne. On a jamais vu Brienne sortir avec un garçon, donc peut-être... Et elle est pote avec Margaery... Et en plus, tout le monde commence à l'appeler Lolita. Tu sais ce que ça veut dire.

- Si j'étais toi, je n'écouterais pas trop les rumeurs. Ils disent tous que tu es un monstre et en fait, t'es plutôt sympa...

Sandor tourna la tête vers Gendry en fronçant son unique sourcil, le regardant comme s'il venait de tomber du ciel :

- Mec, je crois que tu es déjà complètement bourré, déclara-t-il.

Le guitariste ne put s'empêcher de rire en vidant sa propre bière. Il n'en avait bu que quatre, Sandor était bien à sa dixième. il les vidait comme des canettes de Coca. Entre eux deux, Sandor était celui qui était déjà saoul.

- Mec, reprit Sandor. Je ne sais pas pourquoi t'es aussi cool avec moi, commença-t-il. Mais c'est cool... Comment vont les choses avec ta Stark ?

- Mal, répondit Gendry avant de lui montrer la table où Arya était dans une discussion visiblement passionnante avec un homme étrange. Je ne sais pas comment lui faire comprendre qu'elle m'intéresse sans avoir l'air un con. Elle est plutôt intimidante quand elle veut !

- Pareil, mec ! fit Sandor un peu trop fort pour avoir l'air totalement sobre. Ça c'est un truc de Stark ! Au début, tu penses que ça va être tranquille parce qu'elles ont l'air mignonnes mais en fait, vlan, tu les fréquentes trois secondes et tu te rends compte que ce sont les filles les plus terrifiantes que tu aies jamais vu !

Gendry ne put s'empêcher de rire un peu à l'idée d'un Sandor terrifié par Sansa Stark qui sirotait son malibu quelques tables plus loin.

- Franchement, mec, tu me comprends. On est dans cette même galère. La galère Stark. Moi je pense qu'il faut passer à autre chose. Ne pas passer sa vie avec des regrets de merde. Viens, on passe à autre chose.

- Je veux bien, mais... commença Gendry.

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase.

Sandor venait de l'embrasser.

Non. Sandor 'Le Limier' Clegane venait de l'embrasser.

Le jeune homme ne put s'empêcher de faire un bon en arrière et ouvrant grand les yeux. Sandor était visiblement plus saoul qu'il pensait. Gendry n'avait même pas eu le temps d'apprécier le baiser, il s'était tout de suite reculé comme s'il avait été brûlé. Qu'on ne saute pas sur les conclusions : Gendry n'avait rien contre les homosexuels, il n'avait juste pas envie d'embrasser quelqu'un d'autre qu'Arya Stark.

Autour d'eux, les membres du groupe de Gendry et Hot Pie étaient en train de rire et de leur lancer des commentaires plutôt répugnants sur l'hypothétique futur de leur 'couple'. Le reste du bar semblait ne rien avoir remarquer ou n'avoir rien à dire. Gendry souffla une seconde, sentant ses joues brûler à cause de la chaleur de la pièce et de l'embarras d'avoir embrassé Sandor.

Il essaya de faire taire ses amis en vain et jeta un coup d'oeil en direction d'Arya, priant par tous les dieux qu'elle soit trop enamourée pour remarquer ce qu'il venait de se passer...

Evidemment, aucun dieu ne répondit à ses prières et il trouva la fille de ses rêves le regarder avec des grands yeux. Il ne savait pas ce qui lui faisait plus mal : le fait qu'elle ait l'air blessée ou le fait qu'elle détourna les yeux, comme si elle s'interdisait d'être blessée. Gendry allait débarquer à sa table, frapper son petit ami (non, Jaqen, pas Sandor, voyons !) et proposer à Arya de sortir prendre des frittes au McDo un peu plus loin quand le Limier tomba littéralement sur lui :

- Mec, fit-il d'une voix rauque, je crois que je vais dégueuler...

- Okay, okay, alors attend, s'il te plait, attend... Je t'emmène aux chiottes.

Gendry soupira et traîna Sandor du mieux qu'il put aux toilettes. De toutes façons, ce n'était pas comme s'il avait l'aura mystérieuse et charismatique du jeune homme d'Arya. Il devrait suivre les conseils de Sandor et passer à autre chose...

Juste, pas Sandor.

/

- Hey, désolé, je suis en retard ! appela Jaime en entrant dans le bar comme s'il lui appartenait.

Jaime Lannister avait très exactement trente six minutes de retard, même si on lui accordait les cinq minutes habituelles pour avoir l'air cool. Brienne était en train de raconter sa vie à Sansa qui l'écoutait attentivement, tenant une main entre les siennes, la lâchant uniquement pour prendre une gorgée de son deuxième malibu.

Quand le «prince» des rêves de Brienne arriva, ses cheveux décoiffés, son habituelle veste en cuir sur les épaules et des bottes boueuses, Sansa lui lança un regard noir :

- Oh, fit-il en levant les mains comme pour prouver qu'il n'était pas armé. Je suis donc très très en retard...

Puis, Jaime regarda Brienne qui était déjà en train de le regarder, partagée entre la joie de le voir et la colère de le voir arriver avec un grand sourire et trente six minutes de retard. Son sourire tomba aussitôt :

- Peut-être trop tard, finit-il par dire avec une pointe d'incertitude dans la voix qui fit fondre intérieurement Brienne.

Elle échangea un regard avec Sansa. Celle-ci hocha la tête solennellement et se leva, prenant son sac et son châle avant de libérer la place à côté de Brienne, passant à côté de Jaime sans lui lancer un autre regard mais non sans sourire pour son amie.

Jaime ne put s'empêcher de rire avant de se vautrer dans la chaise à côté de son amie, commandant une bière à la jolie serveuse en mini-jupe. Puis, quand il fut sûrs qu'ils étaient seuls, il se tourna vers elle avec tout le sérieux du monde :

- Je suis désolé, dit-il, je suis venu un peu en avance, je ne t'ai pas vue et j'ai paniqué. Je suis allé marcher.

La jeune femme le regarda, comme si elle s'attendait qu'il lui avoue qu'il venait de mentir. Mais il ne dit rien. Brienne eut alors un petit sourire et sirota sa bière, le pardonnant sans prononcer un mot.

- Je vois que ton amitié avec Sansa a porté ses fruits, continua-t-il en regardant Brienne, visiblement confus.

- Ça ne te plait pas ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

- Et si ça ne me plaisait pas, fit-il, est-ce que ça changerait quelque chose ?

- L'issue de la soirée, peut-être ? répondit-elle.

Jaime ne put s'empêcher de rire et cacha son sourire un instant dans son verre :

- Damoiselle Brienne a-t-elle donc prévu de séduire un homme sans défense et le traîner dans son lit ce soir ?

- Tu n'es pas vraiment sans défense, remarqua-t-elle.

Jaime se contenta d'hausser les épaules, mais Brienne voyait bien qu'il était en train de la regarder encore une fois, comme s'il avait manqué quelque chose la première fois. Elle ne put s'empêcher de se sentir mal à l'aise, comme jugée. C'était la pire sensation du monde. Elle soupira alors et se laissa aller contre le dossier de sa chaise :

- Laisse tomber, marmonna-t-elle. Je ne serais jamais aussi belle que Sansa... Ou Shae... Ou Talisa..

- Surtout si tu te compares à elles, répondit Jaime catégoriquement.

Brienne lui jeta un regard interrogateur. Jaime prit une autre grande gorgée de sa bière avant de reposer son verre désormais vide aux trois quarts. Il regarda à nouveau Brienne avant de décider de terminer sa bière avant de se lancer :

- Prenons deux exemples complètement opposés : Sansa et Shae. Est-ce qu'elles ont un point commun ? Hum. Elles sont minces. C'est un début. Tu es mince. Musclée, mais mince. Elles ont à peu près la même taille aussi. Voilà. Voilà leurs points communs. Et pourtant, quand je les vois (je ne vais pas dire : quand tu les vois, parce que je sais que tu es obsédée par ta taille alors que tu ne devrais pas... Franchement, Brienne, Shae doit mourir de jalousie pour ta taille parce qu'elle est trop petite pour s'engager dans une agence de mannequinat) ce n'est pas à leur taille ou à leur poids que je pense. Je pense à la façon dont elles s'habillent, ce que ça veut dire d'elles. Tu vois, par exemple, Shae, elle s'habille comme ça parce qu'elle sait qu'elle n'a pas de poitrine, donc elle se dit que pour la mettre en valeur, il faut la montrer le plus possible. Tout ce que ça me dit, c'est qu'elle n'a juste pas confiance en elle. Elle nous trouve stupides. Tous. Elle aussi. On a besoin d'être guidés, de montrer les choses clairement. Je me dis qu'elle est pas mal, okay, ça tout le monde peut le voir. Moi, je me dis qu'elle est incapable d'aimer quelqu'un qui n'est pas extrêmement intelligent. Donc, pas pour moi. Voilà pourquoi la beauté de Shae n'est pas si importante.

- Tu oublies sa beauté parce qu'elle sort avec Tyrion et que tu la connais, lui rappela Brienne, pour essayer de cacher sa surprise.

- Ok. On peut passer à Sansa, si tu veux. J'ai oublié Sansa. Parlons de Sansa. Tu sais que je ne la connais pas. Tu pourras même me dire si j'ai visé juste.

Jaime avait l'air légèrement énervé, ce qui intrigua Brienne. Jaime n'était jamais énervé. Jamais en public. Juste cette soirée où il était sorti de ce bar complètement bourré et avait demandé à Brienne (une totale inconnue) de l'amener le plus loin possible.

Brienne ne savait pas pourquoi elle l'avait fait monter dans sa voiture. Il aurait pu essayer de l'attaquer. Elle était assez forte pour se défendre, mais elle avait la peur de sa vie à chaque fois qu'elle se sentait menacée, comme toute personne saine ici-bas. Elle avait fait monter Jaime dans sa voiture et avait conduit. Elle ne savait pas trop où aller donc elle était revenue chez elle.

Il n'était pas descendu quand elle avait arrêté la voiture. Il s'était contenté de dire des mots haineux incompréhensibles à travers ses larmes. Puis, il s'était excusé et était parti dans la nuit.

Le lendemain, il avait retrouvé Brienne au lycée et s'était comporté comme s'ils étaient amis depuis des siècles. Et maintenant, il se dévoilait encore un peu à elle :

- Jaime, fit-elle...

Mais il ne la laissa pas continuer :

- Tu sais, Brienne... Je sais pas ce que tu as envie que les autres pensent de toi, mais ce que moi je pense c'est que tu es la plus belle fille laide que j'ai jamais rencontré et si tu veux vraiment que je pense du bien de toi, sois juste confortable avec toi-même...

Il y eut un silence plutôt inconfortable puis, Jaime se leva pour chercher deux autres bières. Brienne ne s'était jamais sentie aussi pathétique de sa vie. Elle leva les yeux et vit Sansa, la jolie, la ravissante Sansa assise toute seule à une table, les yeux plongés dans son malibu. La jeune femme remit son châle bien sur ses épaules, passa une main dans ses cheveux et, quand Jaime fut de retour avec les bières, elle se leva, prit son visage dans ses mains et l'embrassa.

/

Arya se retourna vers Jaqen avec de grands yeux. Il lui sourit :

- Comment te sens-tu ? lui demanda-t-il de son habituelle voix calme et posée.

- Jalouse, répondit tout de suite Arya. C'était une de ses qualités. Elle savait tout de suite ce qu'elle voulait et comment elle se sentait. Mais je sais que je ne devrais pas parce que je suis en train de sortir avec toi.

- Rien est encore officiel. Je pourrais aussi être un ami.

- Peut-être qu'il ne m'aime pas vraiment. Si ça se trouve, il me veut juste dans son lit.

- Je ne pense pas, répondit Jaqen en secouant la tête négativement.

- Qu'est-ce que t'en sais ?

- Il n'a pas l'air. Il te court après depuis un bout de temps. Il te veut dans son groupe donc il sait que tu as du talent. En plus, il t'a regardée dès qu'il a put. Je pense qu'il va te garder aussi longtemps que tu voudras.

- Donc je devrais aller le voir ? demanda-t-elle.

- Qu'est-ce que tu veux faire ? répondit-il.

Arya hésita deux secondes. Jaqen crut vraiment qu'elle allait se lever immédiatement et partir. Arya le crut aussi. Puis, son regard tomba sur Sansa qui était assise seule à une table, jetant quelques regards perdus autour d'elle...

- Juste une dernière chose, monsieur qui devine tout chez les autres. Que penses-tu de la fille, là, rousse, assise toute seule ?

- Ta soeur, tu veux dire ?

- Personne ne devine jamais.

- Et pourtant vous vous ressemblez énormément.

- Je pense qu'elle est avec quelqu'un, mais elle ne veut rien dire.

Jaqen lui jeta un dernier regard avant de revenir sur Sansa qui ne les avait pas encore remarqués :

- Non, fit Jaqen. Elle est seule. Elle est censée être avec quelqu'un, mais il n'est pas avec elle. Ils ne s'appartiennent pas vraiment. Ils jouent ensemble mais ils ne peuvent pas être ensemble. Elle ne savait probablement pas dans quoi elle s'embarquait. Elle pensait qu'elle pouvait aimer n'importe qui et avoir une relation à peu près normale. Mais elle commence à savoir qu'elle ne va pas pouvoir s'en tirer comme ça. Elle commence à comprendre qu'elle est seule.

Arya fronça les sourcils. Elle voulait dire quelque chose, aller voir Sansa et lui dire qu'elle n'était pas seule... Mais Sansa était seule. Si Jaqen disait vrai et que quelqu'un avait volé le coeur de sa soeur avant de disparaitre, il n'y avait rien qu'Arya pouvait faire, sauf aller réclamer ce qui appartenait à Sansa pour le lui rendre. Ce qu'elle pouvait faire en revanche, c'était d'aller chercher son propre bonheur. Avec Gendry.

- Je suis désolée, Jaqen.

- Pas la peine, répondit-il.

Puis Arya se leva et alla jusqu'aux toilettes des hommes où elle avait vu Gendry traîner Sandor. Elle espérait juste ne pas tomber sur une scène trop traumatisante...

Lorsque la jeune fille se faufila dans les toilettes des hommes, personne ne prêta attention à elle. Il fallait dire qu'il n'y avait pas vraiment grand monde. Juste deux ou trois personnes défilant devant les urinoirs. La soirée battait son plein mais les gens n'étaient pas encore complètement bourrés. Sauf Sandor, mais ce n'était pas vraiment une surprise.

La porte des toilettes où il était en train de vider son estomac ne pouvait pas se fermer tellement Sandor était grand, Arya n'eut donc aucun mal à le retrouver, ainsi que Gendry. Si les autres hommes n'avaient fait aucun cas de sa présence ici, Gendry, quant à lui, la regarda comme si elle venait de tomber de la lune. Il essaya un petit sourire malgré son air surpris ce qui la fit fondre intérieurement et la mit en colère en même temps. Elle se posta donc devant Gendry, bloquée par le corps de Sandor et se lança :

- Gendry... Je n'aurais pas du te faire croire que je sortais avec Jaqen... Enfin, je pensais que je sortais avec lui... Mais... Ce n'est pas Jaqen qui m'intéresse. Jaqen est un mec cool. Bien plus cool que toi, d'ailleurs. Mais il est trop cool. Il est toujours en train de regarder les autres et j'ai l'impression qu'il est toujours dans son monde. Je n'ai pas envie de regarder les choses passer. J'ai envie de les faire...

C'était la plus longue tirade qu'Arya avait jamais faite sur ses sentiments. Elle regarda Gendry, attendant sa réponse qui ne vint qu'à travers un air encore plus ahuri et un long silence. La jeune Stark soupira, leva les yeux au ciel et conclut :

- Donc si tu es encore intéressé, je voudrais bien que tu relèves Sandor, le laisse se débrouiller avec son addiction pour l'alcool, ça lui apprendra et que tu viennes prendre un verre avec moi. Si tu arrives à effacer cet air stupide de ton visage, tu pourras même me dire si tu veux qu'on soit ensemble et on pourra peut-être terminer la soirée comme tout le monde, à s'embrasser...

Gendry lâcha immédiatement Sandor qui vomit une dernière fois dans la cuvette avant de lever un bras pour appuyer sur la chasse. Le jeune homme enjamba son compagnon maladroitement et se retrouva face à Arya sans aucun obstacle entre eux. Il eut un autre sourire un peu maladroit et gêné avant de demander :

- Mais... On peut faire ça dans le désordre, aussi...

- Non, c'est interdit, se moqua Arya en levant les yeux au ciel.

- Tant mieux. Parce que je crois que tu aimes bien quand on fait des trucs qui sont censés être interdits.

- Gendry, protesta Arya, on avait dit qu'on ne parlait plus de la cascade en moto lors de...

Gendry ne laissa pas Arya terminer sa phrase et l'embrassa. Il avait glissé ses mains autour de son visage le plus doucement possible et s'était penché juste assez pour qu'elle n'ait pas à se mettre sur la pointe des pieds et avait posé ses lèvres sur les siennes. C'était une simple baiser incroyablement chaste. C'était une promesse.

Arya ne se rendit compte qu'elle avait fermé les yeux que lorsqu'elle les ouvrit à nouveau. Et voilà, pensa-t-elle, en riant intérieurement. Voilà, son premier baiser : dans les toilettes de garçons d'un bar à côté de Sandor qui finissait de vomir. Mais c'était Gendry, donc elle ne regrettait rien.

/

Sansa sursauta quand quelqu'un vint s'asseoir à côté d'elle. Elle tourna la tête vers lui, prête à repousser le troisième homme de la soirée qui avait essayé de la séduire. Mais elle tomba sur le petit ami d'Arya à la place. Le jeune homme étrange avec ses mèches blanches qui la regardait désormais comme s'il lui demandait la permission de rester. Elle eut une légère moue, mais elle n'avait plus envie d'être seule... Arya avait sûrement du aller aux toilettes ou dire bonjour à un de ses amis. Elle demanda tout de même :

- Où est Arya ?

- Elle est allée suivre son coeur, répondit-il avec un petit sourire. Comme toujours. Et elle a bien raison.

- Oh, fit Sansa, troublée. Donc, elle est allée voir quelqu'un d'autre.

- Un jeune homme aux cheveux noirs, courts, yeux bleus. Gendry.

- Gendry ? répéta Sansa, amusée. C'est... bien, j'imagine. Il a l'air d'être quelqu'un de sympa... Pas que... Pas que vous n'avez pas... Oh mon dieu, jura-t-elle, faisant rire Jaqen.

- Non, je comprend. Au moins, tu connais Gendry. Je peux te tutoyer ? (Sansa hocha la tête) Je dois un peu apparaître comme le bad boy prêt à l'entraîner dans des affaires pas très nettes.

- Je ne connais pas vraiment Gendry, répondit Sansa. Et je ne te connais pas non plus.

Il sourit et lui tendit sa main. Sansa fronça les sourcils et finit par prendre sa main tendue, la serrant :

- Jaqen, se présenta-t-il.

- Sansa, répondit-elle, de plus en plus intriguée.

- Regarde, l'homme sur ta gauche, celui qui vient de sortir des toilettes des filles avec la braguette ouverte. Je te parie que dans cinq minutes, un autre mec va en sortir et qu'il sera dans le même état.

Sansa fronça légèrement les sourcils mais regarda l'homme (il devait avoir la trentaine) sortir des toilettes des filles. Il avait en effet la braguette ouverte, mais la jeune fille dut vraiment se concentrer pour le remarquer. Ce Jaqen avait des yeux d'aigle. Puis, même pas cinq minutes après, un jeune homme en sortit, les cheveux décoiffé, les joues légèrement rouges, l'air malicieux et satisfait de lui-même.

Sansa ne put s'empêcher de rire, surprise, choquée et amusée à la fois. Elle cacha son sourire derrière ses mains, essayant de ne pas se faire repérer par le couple. Même Jaqen ne put s'empêcher de sourire.

- Faisons un marché, proposa-t-il. Si je te paye un verre et que tu l'aimes bien, tu acceptes ma compagnie pour la soirée.

Sansa sembla réfléchir deux secondes avant de sourire et d'accepter :

- A deux conditions : je me sens ridicule de dire ça, mais tu gardes tes mains pour toi (Jaqen leva les deux mains avec un sourire mystérieux) et je te commande aussi un verre que tu risques d'apprécier.

Il la regarda avec un sourire curieux avant d'hocher la tête. Ils se regardèrent avec le même sourire machiavélique avant d'aller séparément choisir la boisson de leur nouveau compagnon au bar.

/

- Je crois, fit Ros en riant toute seule, qu'à ce moment-là, tu es censé m'expliquer un truc nul et ridicule à propos des étoiles qui te donne l'air cultivé.

Theon leva les yeux au ciel, un sourire aux lèvres, une cigarette à la main. Ils avaient tout les deux fumé un peu plus que du tabac et ils étaient aller marcher pour se changer les idées et être un peu seuls.

- Le ciel est trop pollué pour qu'on puisse voir les étoiles, répondit-il. Je ne sais pas comment tu fais pour vivre dans un endroit où on voit jamais les étoiles.

Ros se tourna vers lui et tomba littéralement dans ses bras, posant son menton sur l'épaule de son amant, se serrant contre lui avant de lever les yeux vers le ciel noir comme le néant. Elle rit à nouveau mais son rire était plus amer :

- Pourquoi est-ce que tu crois que je suis aussi brisée ?

Theon rit un peu et se mit à chanter 'Carry on my wayward son' comme pour se moquer d'elle. Mais il la berçait dans ses bras donc elle décida de ne pas trop lui en vouloir. Elle lui piqua tout de même sa cigarette pour tirer dessus. Il déposa un baiser incroyablement chaste dans ses cheveux, la berçant toujours dans ses bras :

- Si tu ne l'étais pas, je ne t'aimerai pas autant, répondit-il très sérieusement.

Ros sourit et pensa aux cicatrices sur les poignets de Theon. Elle le serra plus fort dans ses bras, jusqu'à ce qu'elle ait mal. Elle aimait sa relation avec Theon. Ils étaient deux âmes damnées, deux être perdus qui avaient décidé de faire un bout de chemin ensemble, avant d'atteindre le fond. Mais, la jeune femme pensa, il se pourrait bien qu'ils commencent à remonter vers la surface tous les deux. Elle alla chercher les lèvres de Theon et y déposa un léger baiser, fermant les yeux.

Depuis qu'Il l'avait quittée, Ros se sentait enfin prête à re-tomber amoureuse.

/

- Frozen Strawberry Martini, fit Sansa en reposant son verre. C'est... pas mal. Le rose m'a fait douter, mais ils sont sérieux sur l'alcool, pas comme avec les malibus jus de pomme. A toi.

- Long Island Ice Tea. Différents genres mélangés. Indescriptible. Jolie couleur ambrée. Je dois avouer que je suis impressionné, Sansa.

Ils levèrent tous les deux leur verre à leur nouvelle et étrange amitié avant de boire à nouveau.

Une heure du matin approchait. Arya était partie avec Gendry, sur sa moto. Ros et Theon étaient partis marcher sur le parking pour s'aérer. Shae avait giflé Osmund qui était trop saoul pour qu'elle puisse accepter ses avances et était désormais en train de séduire Tyrion, le nouveau CPE, qui était venu tenir compagnie à Jaime qui était lui-même confortablement assis avec Brienne, lui commandant bière après bière, lui promettant de la reconduire chez elle en toute sécurité. Jon et Ygritte étaient rentrés plus tôt parce qu'Ygritte avait du mal à tenir debout et Jon avait peur pour elle : il avait donc prit ses clés de voiture et était parti la raccompagner malgré les protestations de la jeune fille et les insinuations de Robb et de Sandor (protestations qu'il ne prit pas le temps de nier) Puis, Robb avait décidé de «prendre l'air» avec Talisa sur le parking.

Sansa était donc restée avec Jaqen, commentant tout ce qui se passait, imaginant des histoires sur les gens et ce qu'ils faisaient et pourquoi ils le faisaient. Jaqen était très mystérieux et elle ne savait pas grand chose de lui : ni son âge, ni où il vivait, ni ce qu'il faisait à part de l'escrime, mais il ne lui avait pas non plus demandé tout ça et le fait qu'elle puisse garder encore un peu de mystère la rassurait. Elle se sentait moins... jugée.

Mais l'heure de la fermeture arrivait et un groupe de motards arriva. Pendant un moment, Sansa crut reconnaître Dany, mais la jeune femme qui marchait en direction du bar, son casque sous le bras, ressemblait plus à Ygritte avec ses cheveux décoiffés mais superbes qui caressaient ses omoplates couvertes par une veste en cuir noir. Elle avait de grands yeux bleus et un sourire alla s'installer sur ses lèvres quand elle ouvrit la porte et marcha d'un pas décidé vers le bar :

- Hey, Sandor ! le salua-t-elle en s'installant sur le tabouret à côté de lui.

Peu après, un groupe d'hommes baraqués et en veste en cuir noir débarqua, suivant la jeune femme qui commandait un whisky à côté de Sandor :

- Val, fit-il, tout se passe comme tu veux ?

- Affirmatif, répondit-elle. Il débarque dans dix minutes, donc, si tu as des potes par-ici, dis leur de dégager, parce que ça va pas être joli.

- Okay, j'arrive.

Il se leva et alla réveiller Thoros et Béric en leur disant de dégager et de rentrer chez eux. Puis, il alla à la table où Sansa n'avait pas arrêté de rire avec l'ex de sa petite soeur, déchirant son coeur petit bout par petit bout :

- Sansa, 'va y'avoir du bordel dans pas longtemps. Si tu veux pas être impliquée dedans, il vaudrait mieux que tu y ailles, marmonna-t-il.

Il était incapable de rencontrer ses yeux. Pas quand Val, sa rédemption, était en train de l'observer, pas quand elle avait de grands yeux bleus étonnés et des gestes languissants à cause de l'alcool. Pas quand elle était avec un autre homme.

Sansa hocha la tête et prit son sac à main sans poser de questions. Elle lui faisait confiance. Evidemment, quelle magnifique stupide jeune femme. Elle lui faisait confiance.

- Tu devrais l'accompagner, continua Sandor, à l'intention du compagnon de Sansa. Elle habite pas trop loin, mais c'est dangereux à cette heure-là.

- Bien sûr, répondit Jaqen, comme s'il était insulté qu'on puise penser qu'il n'était pas l'homme le plus galant du monde. J'espère que tu n'as pas peur de monter sur une moto, Sansa. J'ai deux casques.

Elle lui sourit avant de se tourner vers Sandor, sa main se posant automatiquement sur son bras, le brûlant littéralement sous sa veste :

- Merci, Sandor, fit-elle avec un grand sourire. Fais attention à toi.

Il se contenta d'hausser les épaules et regarda Sansa partir avec Jaqen.

Avant qu'ils ne quittent le bar, cependant, il se tourna, fit trois pas vers Val, l'attrapa par la taille et l'embrassa avec tout ce qu'il avait.

Il espérait, du plus profond de son âme, que ça lui fasse au moins aussi mal que tout ce qu'elle lui avait infligé.

Puis, il se perdit dans la force du baiser que Val venait de lui rendre, entourant sa poitrine de ses petits bras musclés.

/

Sansa était en train de pleurer en silence, marchant aux côtés de Jaqen dans les rues sombres de la banlieue de King's Landing. Elle avait tenu assez longtemps pour dire à Theon et à Ros qu'elle rentrait avec Jaqen. Puis, elle avait craqué :

- Je me suis rarement sentie aussi misérable de ma vie, s'excusa Sansa en essayant d'essuyer ses larmes. Dire qu'hier à peine, j'étais l'espèce de star adulée de la chorale...

- Tu l'es encore, la rassura Jaqen, en posant sa veste sur les épaules presque nues de Sansa. Mais les affaires du coeur sont aléatoires... C'est ce qui fait qu'on les aime autant...

- Je ne devrais même pas être dans cet état-là, déclara Sansa en relevant la tête. Je l'ai embrassé une fois. Je ne pensais même plus à sortir avec lui... Je suis censée être avec quelqu'un.

Ah, voilà donc un élément de réponse au mystère Sansa Stark, pensa Jaqen :

- «Censée»... Ça sonne comme une histoire compliquée.

- Je ne sais pas... Il est adulte. Il doit avoir l'âge de ma mère environ. C'est bizarre. Je ne sais pas comment l'appeler.

- Tu l'aimes ? demanda Jaqen.

- Oui. C'est la seule raison pour laquelle je reste avec lui : pour qu'à la fin, il ait le coeur brisé autant que moi.

Il lui sourit et continua à marcher. Ils n'eurent pas à marcher très longtemps avant qu'une voiture déboule dans la rue avant de se mettre à rouler tranquillement à leur hauteur. Instinctivement, Sansa se rapprocha de Jaqen. Se faire harceler par des inconnus était bien la dernière chose dont elle avait besoin ce soir.

Mais il ne s'agissait pas exactement d'un inconnu :

- Sansa, par tous les Dieux, tu vas bien ?

- Tu le connais ? demanda Jaqen.

Sansa hocha la tête avant de se tourner vers Petyr :

- Tout va bien, M. Baelish. J'étais juste en train de rentrer chez moi.

- Il fait très froid. Est-ce que tu veux que je te raccompagne ?

Sansa savait très bien qu'elle ne devrait pas faire ça. Elle n'aurait même pas du tomber amoureuse de lui en premier lieu. Elle eut un petit sourire contrit et releva les yeux vers Jaqen. Il comprit, bien sûr.

- Je suis désolée de t'avoir fait marcher jusque là...

- Ce n'est pas grave, la rassura-t-il. En fait, je crois que je vais encore marcher un peu. La solitude est presque aussi belle que toi. Fais bien attention à toi.

Sansa hocha la tête, lui rendit sa veste malgré ses protestations et monta dans la voiture de Petyr qui venait de lui ouvrir la portière du siège passager. Puis, Petyr lui sourit et démarra la voiture, s'éloignant rapidement.

Il essayait de regarder Sansa, comme pour la déchiffrer, mais devait aussi regarder la route. L'atmosphère était étrange, presque tendue et Sansa regardait encore ses mains posées sur ses genoux :

- J'étais à la fête chez les Lannisters, expliqua-t-il pour combler le silence. Et j'ai entendu Gregor dire qu'il allait se venger de Brienne, d'Ygritte et de toi. Je suis tout de suite parti, j'avais terriblement peur...

- C'est bon, le rassura-t-elle, Sandor nous avait prévenu. Il est avec des amis. Je pense que Gregor ne va pas avoir sa revanche comme ça.

Elle avait l'air vide. Sa voix n'avait aucune émotion. Elle aurait pu parler du temps qu'il faisait. Petyr fronça les sourcils et arrêta la voiture à quelques pas du manoir Stark. Ça n'allait pas du tout le faire. Où était la fille qui rougissait quand il lui parlait au creux de l'oreille ? Est-ce que ça avait quelque chose à faire avec ce garçon qui la raccompagnait ? Ou avec Sandor ? Il l'avait poussée dans ses bras pour qu'elle commence à réaliser tout ce qu'on corps pouvait ressentir mais il avait espéré qu'il ne l'intéresse plus...

Une fois la voiture arrêtée, il se tourna vers Sansa qui le regardait déjà avec de grands yeux surpris et effrayés à la fois. Il faisait nuit et ils étaient au beau milieu de nulle part. Elle avait de quoi s'inquiéter. Petyr s'en voulut immédiatement et se demanda pourquoi il s'autorisait à montrer ses sentiments les plus sincères au lieu de garder son masque qui était, en somme, bien plus séduisant.

Il se contenta de lui prendre les mains pour éviter de répondre à sa propre question :

- Sansa... Tu sais que s'il y a quelque chose qui ne va pas, tu peux me le dire. Tu peux me faire confiance.

Sansa eut un léger sursaut, mais à la rougeur de ses joues et à la manière dont ses mains se relâchaient dans les siennes, Petyr sut qu'elle n'était pas tellement effrayée par son contact, juste surprise de la manière la plus ravissante du monde. C'était la première fois qu'ils se touchaient depuis leur conversation au téléphone. Elle avait été... surprise par ce contact réconfortant, la peau brûlante et légèrement rêche de ses mains. Elle se laissa aller doucement.

- C'est... fit-elle, regardant uniquement leurs mains. C'est que... ce soir... Je me sentais si seule. C'est stupide, je sais, mais... je n'imaginais pas que je me sentirai si seule... Ils sont tous en couple et je n'avais envie que d'être avec vous... toi.

- Sansa... Je comprend que ce ne sont pas mes affaires, mais est-ce que tu as fais quelque chose avec ce garçon ? demanda Petyr, caressant doucement ses mains dans les siennes.

Il n'arrivait pas à croire l'angoisse qui lui serrait le coeur tandis qu'il attendait la réponse. Honnêtement : Sansa était une jeune femme et elle était totalement libre de ses mouvements, mais il se sentait tout de même atrocement jaloux à l'idée qu'elle puisse trouver quelqu'un mieux que lui.

- Non ! s'exclama-t-elle, comme scandalisée par l'idée. Non, Jaqen, Sandor... Ils ne m'intéressent pas. Depuis que vous êtes là, je n'arrive plus à m'intéresser à eux. Je suis ridicule, mais je voudrais qu'on soit toujours ensemble. Je veux... Je ne veux pas rentrer chez moi ce soir et être encore seule dans mon lit. J'ai... J'ai un peu froid...

Sansa n'aurait jamais pu dire toutes ces choses-là si elle n'avait pas bu. Elle était encore sobre mais les mots qui tournaient et tournaient encore dans sa tête venaient plus facilement sur ses lèvres, se déversant sur Petyr. Elle espérait le noyer. Tous ses sentiments étaient amplifiés par l'euphorie de la soirée, par la menace de l'arrivée de Gregor, par le désespoir.

Petyr lui sourit et détacha la ceinture de sa Lolita, la sienne étant déjà détachée depuis qu'ils s'étaient arrêtés.

- Viens là, ma douce, murmura-t-il.

Il sourit quand il sentit son frisson sous ses doigts quand il l'aida à enjamber le levier de vitesse et le frein à main pour atterrir sur ses genoux. Elle gigota un peu, essayant de ne pas se cogner la tête sur le plafond, avant de se retrouver, une jambe de chaque côté de celles de Petyr, son postérieur sur ses genoux et ses bras autour de son cou. Il caressa doucement son dos d'un geste qui se voulait réconfortant mais qui les électrifiait à chaque fois que ses doigts rentraient en contact avec sa peau. Très vite, Sansa eut du mal à respirer et elle sentait le souffle de Petyr embraser chaque parcelle de la peau qu'il rencontrait, montant à sa tête comme un alcool fort à la menthe.

Si Petyr était un alcool, pensa la jeune fille en se penchant presque timidement sur ses lèvres, il serait de l'absinthe. Elle dut poser ses mains de chaque côté de son visage, laissant ses doigts caresser doucement le coin de ses lèvres avant de se pencher et de poser ses lèvres sur les siennes. Elle avait juste terriblement peur de rater ses lèvres au premier coup, se rendant complètement ridicule devant un homme qui avait visiblement beaucoup d'expérience en baisers. De l'absinthe, se répéta-t-elle, la fée verte qui hante votre âme, vole votre raison et inspire les poètes.

Les mains de Petyr se refermèrent sur elle, l'enfermant dans son étreinte passionnée tandis que ses lèvres rencontraient celles de Sansa avant de s'approprier le baiser, la guidant jusqu'à ce qu'ils n'aient plus de souffle.

Elle sentait son désir pressé contre elle. Elle était au moins aussi excitée que lui.

Il la regardait comme s'il ne pouvait pas croire qu'elle était là, sur ses genoux, dans sa voiture garée dans la nuit, comme deux adolescents se découvrant pour la première fois. La sensation de puissance la consumait entièrement. Elle aimait dominer cet homme parce qu'elle le haïssait avec une force qui la surprenait. Et elle le haïssait parce que son coeur, tout son être, semblait tendre vers lui, comme s'il était le but qu'elle devait atteindre, la perfection qu'elle cherchait dans tout ce qu'elle faisait.

Ses hanches bougèrent inconsciemment contre lui et ils gémirent tous les deux contre les lèvres de l'autre. Leurs mouvements devinrent alors plus urgents, leurs baisers plus courts et plus sauvages. Sansa prenait un certain plaisir à mordre ses lèvres pendant qu'il reprenait sa respiration et elle sentait ses ongles courts rentrer dans la peau de son dos tandis que ses mains descendaient jusqu'à ses hanches en une longue caresse brûlante.

- S'il te plait, murmurait-elle contre ses lèvres, sans vraiment se rendre compte des mots qu'elle prononçait, s'il te plait, ne me laisse pas. Plus jamais. J'ai envie de toi. Est-ce que tu me veux aussi ? J'ai passé cette soirée à penser à toi. J'avais envie que tu sois là, à mes côtés. Est-ce que je t'ai manqué aussi ?

- Comme Perséphone manque à Hadès, répondit-il, à bout de souffle. Je comprend Adam : il a mordu dans le pomme, parce qu'il savait qu'Eve était déjà maudite et il ne pouvait pas la laisser partir... En ce moment, Sansa, nous sommes les deux seuls êtres de ce monde. Tu es la seule. Sansa, bien sûr que j'ai envie de toi, tu le sais... Dis-moi ce que tu veux, ma douce.

Ses mains étaient déjà en train de glisser sous sa robe, caressant ses cuisses. La caresse était douce mais Sansa ne pouvait s'empêcher de se rappeler le jour où elle s'était griffée sous la douche pour éviter de penser à lui et cette caresse n'était pas très différente. Elle était incapable de contrôler ses hanches. La sensation était trop délicieuse et tous ses vêtements semblaient étouffants.

Sa bouche alla explorer le menton de Petyr qu'elle embrassa encore et encore, mordant quelques fois l peau qu'elle trouvait. La sensation ne devait pas être déplaisante car ses hanches venaient quelques fois rencontrer les siennes, accentuant le plaisir jusqu'à ce que Sansa ne réussisse plus à retrouver son souffler et se mette à haleter à l'oreille de Petyr :

- Je veux t'ouvrir la poitrine, en sortir ton coeur et le dévorer... Comme ça, il restera avec moi.

- Il l'est déjà. Il est déjà toi, Sansa.

Quand les mains de Petyr arrêtèrent ses hanches, Sansa regretta tout de suite ce qu'elle venait de dire. Par tous les Dieux, elle devait vraiment avoir l'air d'être folle et désespérée. Elle devait être folle et désespérée. Elle baissa les yeux en se mordant les lèvres, trouvant le goût de celles de Petyr, mélangé au goût familier de ses propres lèvres.

- Sansa, reprit Petyr. Je ne veux pas te forcer à faire quoique ce soit. Je veux que tu réfléchisses sincèrement et que tu me répondes tout aussi sincèrement : es-tu prête ? Es-tu vraiment prête à faire ça avec moi ?

Quelques mèches de cheveux étaient tombées sur son visage et la lumière des lampadaires faisait briller ses grands yeux bleus et ses lèvres rougies. Pendant un moment, Petyr se demanda sincèrement s'il pourrait arrêter si elle lui demandait. Puis, il secoua la tête et revint à la raison. Sansa était sa Lolita ultime, son unique chance de rédemption. Il ne pouvait pas leur faire ça. Et il ne trouvait aucun plaisir avec un partenaire qui n'était pas au moins aussi consentant que lui.

Sansa hocha la tête :

- Oui. Oui, j'en ai envie, Petyr. Je veux que ce soit avec toi...

- D'accord, ma douce. D'accord. Ce sera avec moi. Tout ce que tu veux... Mais je vais d'abord te demander de... te rasseoir dans ton siège un moment... Si ça ne te dérange pas, j'aimerai qu'on fasse plus que la banquette d'une voiture pour notre première fois.

Se séparer était atrocement dur, presque au-dessus de ses forces, surtout quand ses lèvres, attirées par le parfum que Sansa portait, étaient venues de leur propre volonté se nicher dans son cou. La jeune fille sourit et planta ses mains sur les épaules de Petyr pour le repousser légèrement avant de faire cet effort surhumain et s'installer à nouveau sur son siège, attachant sa ceinture.

La sensation de manque et de froid entre ses jambes était impressionnante par sa force et Sansa n'avait qu'une seule envie : retrouver Petyr. Mais son air presque perdu et ses cheveux décoiffés valaient le recul. Il passa une main dans ses cheveux et attacha sa ceinture également :

- Tes parents vont probablement remarquer ton absence.

- Je... Je vais appeler Brienne pour qu'elle me couvre.

- Elle est au courant ?

- Un peu...

Puis, Petyr démarra la voiture et fit un demi-tour sur la route tandis que Sansa sortait son téléphone et retrouvait son amie dans ses contacts. Le téléphone sonna cinq fois avant que quelqu'un réponde et Sansa crut vraiment qu'elle allait devoir appeler Ros pour s'assurer d'avoir une couverture :

- Allô ? répondit une voix masculine, vaguement familière.

- Euhm... Brienne est là ? demanda Sansa en fronçant les sourcils.

- Oui, oui, elle est là, c'est son téléphone après tout.

- C'est pourquoi c'est étrange que quelqu'un d'autre réponde.

- Est-ce que c'est vraiment urgent ? Elle est un peu occupée, là.

- Oh. Par tous les dieux, tu es Jaime ! Est-ce que tu peux me passer Brienne ?

Elle entendit Jaime soupirer et quelques secondes après, la voix mal assurée de Brienne répondit :

- Allô ? Sansa ? Tout va bien ? Tu as besoin que je vienne te chercher quelque part ? Je suis terriblement égoïste, j'aurais du te ramener d'abord...

- Brienne, Brienne, la rassura Sansa. Tout va bien. Je suis en sécurité. Je vais juste passer la nuit avec... tu sais qui... Et j'ai besoin que tu me couvres.

- Tu es sûre de ce que tu fais ?

- Totalement.

- Bon, si quelqu'un appelle, je dis que tu es en train de dormir chez moi. Essaye de rentrer avant midi, histoire qu'on en débarque pas chez moi et qu'on ne t'y trouve pas. Appelle-moi avant de partir, comme ça je peux dire si tu es en route ou pas.

Il y eut soudain un appel désespéré de Jaime, un long et plaintif : «Briiiiiiiiiii» à l'arrière plan, ce qui fit rire Sansa :

- Merci beaucoup. Tu me sauves encore la vie. Passe une bonne soirée avec Jaime. Je suis très heureuse pour vous deux.

- Merci de m'avoir préparée pour la soirée. A demain.

Brienne raccrocha ensuite un peu vite, ce qui fit sourire Sansa.

Peu de temps après, la voiture s'arrêta. La conversation qu'elle avait eu avec Brienne l'avait un peu calmée, mais son ardeur revint très vite, accompagnée d'une certaine nervosité : elle n'avait jamais fait l'amour avec quelqu'un et elle allait le faire dans le lit de son professeur, dans un appartement qu'elle ne connaissait pas.

Elle se tourna vers Petyr qui posa sa main sur son genou :

- On est pas obligés de le faire, lui assura-t-il. On peut juste monter et tu peux juste te doucher, je te prêterai des vêtements pour dormir et je prendrai le canapé...

- Non, le coupa Sansa. Je veux le faire. C'est juste que... C'est ma première fois...

- Je sais, Sansa, je sais. Je vais faire tout mon possible pour qu'elle soit agréable et mémorable. D'accord ?

Sansa hocha la tête et se détacha tandis que Petyr sortait pour lui ouvrir la portière. Une fois dehors, elle ne lâcha pas sa main et le laissa la guider à l'intérieur.

Ils recommencèrent à s'embrasser dans l'ascenseur, mais leur baiser était plus calme, long et tendre, leurs mains posées calmement sur l'autre. Sansa avait fermé les yeux mais était encore en train de se demander comment ils en étaient arrivés là. Comment elle avait pu intéresser un adulte, son professeur, un homme passionnant, mystérieux, comment elle avait pu tomber amoureuse de lui avec autant de passion, comment elle pouvait s'offrir à lui alors qu'elle n'avait jamais embrassé personne avant d'entrer au lycée ?

Mais l'ascenseur s'arrêta et Petyr lui prit à nouveau la main pour la guider jusqu'à son appartement. Il eut un peu du mal avec la clé, ce qui la fit sourire mais quand elle faillit trébucher sur le pas de la porte, elle se rendit compte qu'elle était dans le même état que lui.

Il n'alluma pas la lumière du salon, se contentant de la mener jusqu'à la chambre, Sansa ne put donc que découvrir cette pièce.

Petyr était un homme très méticuleux et tout semblait parfaitement à sa place. La chambre semblait pourtant un endroit très confortable. Les couleurs hésitaient entre différentes nuances de vert et du marron et d'autres couleurs très basiques mais profondes. Elle pourrait oublier le temps dans cette pièce. Surtout avec les rideaux tirés sur la seule grande fenêtre de la pièce.

Quand elle se retourna vers Petyr après avoir observé sa chambre, il était déjà en train de retirer ses chaussures et ses chaussettes. Elle retira donc ses spartiates et les poussa au pied du lit, n'osant pas déranger sa chambre visiblement si rangée. Mais elle semblait être la seule à s'en préoccuper car, lorsqu'il vint l'embrasser à nouveau avec une ardeur renouvelée, il retira le bandeau de ses cheveux et le jeta quelque part dans sa chambre. Sansa ne trouva pas la force de s'en soucier.

Dès qu'il vit qu'elle hésitait, il porta ses mains à sa poitrine, sur les boutons de sa chemise. Sansa eut droit à le dévêtir totalement. C'était enivrant. C'était comme ouvrir un livre qu'on était pas censé lire. Enivrée, Sansa put alors découvrir le torse de Petyr, du bout des doigts et avec quelques légers baisers. Il était mince mais finement musclé et une longue cicatrice barrait son torse. Elle la suivit du bout des lèvres tandis qu'il amenait ses mains sur son pantalon qu'elle défit également et laissa tomber à ses pieds.

Sansa ne put s'empêcher d'être légèrement nerveuse en découvrant pour la première fois l'intégralité de Petyr. Elle n'avait jamais vu un homme intégralement nu. Elle essaya de ne pas le fixer, mais ses yeux ne pouvaient s'empêcher de le détailler. Il se contenta de sourire et guida doucement ses mains sur lui. Il dut fermer les yeux et inspirer profondément quand elle commença à l'explorer. Elle était curieuse et passionnée et Petyr dut l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Sa moue était terriblement adorable quand elle fut déçue. Alors il se mit en quête de lui faire oublier ce léger contre-temps.

Il la déshabilla, faisant attention à sa robe (il ne voulait pas la déchirer) avant de la laisser tomber à terre. Il crut qu'il allait se mettre à ronronner comme un chat de salon satisfait quand il vit ses sous-vêtements : simples, noirs mais incroyablement doux au toucher. La Sansa qui portait des sous-vêtements roses était bien loin, même si elle avait encore des ongles d'un rose pastel. Il prit bien soin de faire glisser le tissu lentement sur sa peau pour la faire frissonner.

Sansa se tint alors debout, devant lui, entièrement nue, ses cheveux cascadant sur ses épaules et sur sa poitrine. Elle sembla gênée un moment, essayant de couvrir sa poitrine avant ses mains, mais Petyr ne la laissa pas.

- Sansa, tu es magnifique, tu n'as pas à te couvrir.

Elle sourit au compliment et alla chercher ses lèvres tandis que les mains de Petyr allaient à la découverte de son corps. Grâce à leur conversation téléphonique, il savait ce qu'elle aimait, ce qui la privait de son souffle et il découvrit de milliers d'autres. Il n'arrêta de l'embrasser que pour enfouir son visage dans sa chevelure :

- «Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !» cita-t-il, faisant rire Sansa.

Mais elle ne rit pas très longtemps : très vite, il la guida vers le lit où elle s'allongea sous son regard brûlant. Il ne tarda pas à la rejoindre, pressant son corps contre le sien, l'enveloppant dans un état second partagé entre la chaleur, le plaisir et le besoin d'en avoir toujours plus, d'aller au stade supérieur.

Tout ce qui lui avait manqué, et plus encore, était là avec la présence de Petyr à ses côtés.

- J'aurais aimé te découvrir plus en... profondeur, fit-il, souriant à sa propre blague, mais je pense que ça pourra attendre.

Il alla chercher un préservatif et, lorsqu'il revint sur le lit, plus rien ne pouvait les séparer. Il fut très doux avec Sansa et s'assura que chaque étape lui plaisait. La première douleur fut vite dissipée mais elle ne le lâcha pas, tenant son corps contre le sien comme si elle pouvait fondre leurs corps ensemble ainsi. Elle eut du mal à comprendre tout ce que Petyr murmurait à son oreille tandis qu'il la possédait, mais elle comprit qu'il parlait de damnation, de femme vêtue de soleil, de déesse, de rédemption.

Le plaisir augmentait encore et encore, amené par Petyr et ses délicieuses caresses. La sensation avait des accents de celle qu'elle avait ressenti quand ses propres mains étaient sur elle, mais était ce que le soleil était à une allumette. La sensation était presque trop forte. Sansa se sentait submergée. Sa respiration venait en gémissements de plus en plus bruyants. Elle essaya de faire ralentir Petyr, posant ses mains sur ses épaules et son torse mais ses propres hanches, son propre corps la trahissait et en demandait plus.

Intrigué, il la regarda et vit l'incompréhension dans ses yeux, profondément mêlée au plaisir qui s'y trouvait. Il sourit et prit son visage dans ses mains pour planter ses yeux dans les siens, sans pour autant s'arrêter :

- Laisse-toi aller, Sansa. Tu peux le faire. Laisse-toi tomber. Je suis là.

Alors Sansa ses yeux dans ceux de Petyr et se laissa aller.

L'extase s'empara alors d'elle, contrôlant son corps entier qui se tendit, cherchant celui de Petyr instinctivement. Celui-ci ne tarda pas à venir, peu après elle, gémissant son son encore et encore sur ses lèvres, n'ayant plus assez de souffle pour l'embrasser.

Quand elle revint peu à peu à ses esprits, Sansa était sur les draps comme une poupée désarticulée, ses cheveux étalés en auréole sur les oreillers, son coeur battant dans sa poitrine et sa gorge était douloureuse. Elle se tourna tout de suite vers Petyr qui revenait de la salle de bain. Il vint tout de suite se réfugier près d'elle, refermant les draps et les couvertures sur eux. Sansa vint se presser contre lui, appréciant le contact de sa peau brûlante et couverte d'une fine couche de sueur. Il la tint dans ses bras, la regardant un long moment en silence, caressant sa joue inconsciemment.

- Je savais que tu serais une amante bruyante, fit-il en souriant, déposant un léger baiser dans ses cheveux.

Sansa ne put s'empêcher de baisser les yeux en rougissant. Ce n'était pas très ladylike. Mais Petyr l'embrassa encore, sur les lèvres cette fois-ci et toute sa gêne fut oubliée. La langueur du sommeil ne tarda pas à l'envahir et, avant de se laisser aller, Sansa murmura avec un sourire :

- - Je suis heureuse de m'être damnée avec toi.

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