My Dear Sadistic Highness

Chapitre IX

Samsam : Merci pour ta review toute mimi !

Alciltfr : Et bien j'espère que la suite t'a plu ! Et d'ailleurs qu'elle continuera à te plaire par la suite. En tout cas, effectivement, ça ne va pas s'arranger.

Audrey : Ravie de voir que cette fanfiction te plait, merci pour tes beaux compliments !

Cind3rella : Contente que tu redécouvres cette fanfiction et qu'elle te plaise toujours autant ! Quant à Liam, nous verrons où tout cela nous mène, hahaha ! :D Merci pour tes deux belles reviews en tout cas !

Pepite : Héhé, ça m'a fait rigoler de l'écrire aussi ! Ravie que le sous-entendu te plaise : à vrai dire, il me plait bien aussi…

callipsae : Eh bien dis donc : je suis contente d'avoir fait autant d'impression. Et tu me voies plus que ravie d'apprendre que le caratère de Drago est tel que tu l'imaginais toi-même ! Ah, oui, il est méprisable et sadique et pourtant il reste assez hot. Qu'y peut-on ? Je ne saurais pas dire ! J'espère que la suite de cette intrigue continuera de te plaire et que tu ne trouveras pas que les choses de déroulent avec trop de rapidité.

Btania : Ohoho ! Je suis flattée d'être arrivée à mon but : parvenir à empêcher un lecteur de décrocher ! Merci pour ce commentaire !

molawi : Ah, plus de muscles ? Peut-être auras-tu été satisfaite par le dernier chapitre ? Je ne sais pas ! Fais-moi signe :D ! Merci pour ta review

Guest : Scandale ! Tu es une sacrée chipie :D ! Il faut laisser des commentaires ! Je rappelle qu'il s'agit là du seul salaire de l'auteur, et Merlin seul sait si l'auteur aime recevoir des reviews lorsqu'il s'est donné dans le travail ! C'est pourquoi je suis plus que ravie que tu aies pris le temps de le faire avec cette fanfiction ! Sinon, pour répondre à ta question, mon histoire est finie et se compose de 25 chapitres + 1 épilogue. Je publie tous les uns ou deux jours, comme je vais l'expliquer dans ma note suivante !

Ellie : Quelle jolie review ! Je te remercie beaucoup pour tous tes compliments !

mIA : Je ne suis pas sûre d'avoir bien saisi, mais merci en tout cas ! xD

MissLily : Olalalala, merci beaucoup ! Tu fais rosir mes joues, dis-moi ! J'espère que la suite continuera à te plaire ! A bientôt !

Merci encore à tous les revieweurs, anonymes ou non !

J'avais parlé d'un rythme de parution de quatre ou cinq jours, mais je pense que vous avez bien remarqué mes dernières entorses à cette règle ! Donc je publie soit quotidiennement, soit tous les deux jours (j'en profite tant que j'ai accès à l'ordi, en fait).

I try to get you up,But you go down.And you are not okay,You are not okay...

I wanna carry you,But you won't get up.It's really killing me,You know it's killing me...

Watch you sleeping – Blue Foundation

En un regard, elle a foutu le bordel.

Elle qui pourtant aime tant organiser, ranger, trier, ordonner… Elle a pris mes viscères, les a retournées. Elle a fouillé dans mon estomac, sans y prendre garde. Elle a plongé ses doigts dans ma tête, et y a tout mélangé. Et une fois qu'elle a trouvé les restes de mon cœur sur le champ de ruines, elle les a joints en un tableau moins maigre. Mon cœur ne faisait soudainement plus qu'un… alors elle l'a caressé, l'a attendri, puis elle l'a dévoré.

D.M

Chapitre IX

Peau diaphane. Les yeux couleur des glaces arctiques. Une caresse le long de son corps, qui s'attardait, qui s'éternisait, comme un souffle glacé et brûlant à la fois. L'infime parcelle d'une lame tranchante, se pressant contre la moindre de ses courbes. Quelque chose de dangereux, de possessif, d'entier, de puissant. Des rires très doux, parfois naïfs, parfois érotiques. Féminins. Elle ouvrit les paupières, battant ses cils lourds avec difficulté. Il y avait une crypte non loin, au bout d'un couloir profond et sombre. C'est de là que tout venait. Des rires, toujours plus de rires sensuels… Enfantins, mais sensuels…

Bientôt, elle ne sut plus quoi faire : il lui était impossible de se défaire de cette trajectoire. Inlassablement, ses pieds se mouvaient, glissaient sur le sol de pierre pour la conduire tout droit jusqu'au sous-sol. Ce n'était pas bien, c'était tout ce qu'elle pouvait se dire. Ce n'était pas bien, un mécanisme diabolique la conduisait là où elle ne devait pas aller, là où il lui était formellement interdit de se rendre.

Quelque chose la poussait inconsciemment à braver cette force oppressante, mais elle n'en avait pas le pouvoir. Ce n'était pas elle qui contrôlait le déroulement de ce rêve. C'était d'ailleurs ce qui commençait à clocher le plus dans tout ce décor. Comment se faisait-il qu'elle n'ait pas le contrôle sur son propre rêve ? Certes, il était dur d'arriver à parvenir à ses fins dans des rêves habituels, mais ici, la sensation était différente. Quelque chose tirait les ficelles, maniait les éléments.

Ce n'était pas sien : elle n'était pas chez elle, ni dans ses plus sombres secrets. L'idée qu'elle puisse atteindre une telle conclusion était à la fois très effrayante et salvatrice. Quelque chose faisait tilt dans sa tête, mais au moment de rattraper Lucidité, une nouvelle force vint violemment l'astreindre. La pression étrangère avait compris qu'elle commençait elle-même à comprendre. L'appréhension de la situation était comme la percée d'un secret, comme une avancée dans des nimbes de brume. Et plus elle insistait, plus la force se voyait en danger. Alors la force ne se laissait pas faire et luttait du moindre de ses atouts.

Peu à peu, la jeune fille se sentait oublier à nouveau toute raison dans ses pensées. Que faisait-elle ici ? Était-elle dans la réalité ? Était-ce bien un rêve ? Les rires reprirent à nouveau, l'obsédant, il fallait qu'elle sache à tout prix de quoi il en retournait. Cela devenait une urgence absolue, un besoin impératif. Alors, au lieu de glisser sur les dalles, elle se mit à courir vers le bout du couloir afin d'élucider, d'éclaircir ce mystère déboussolant. Lorsqu'elle osa enfin pousser la lourde porte en bois, décharnée par le temps… Son esprit et son cœur éclatèrent en milliers de pièces.

Cela volait, partout, dans une envolée de bouts de verre aiguisés. Les deux corps entremêlés qui lui faisaient face représentaient toute la trahison du monde. C'était un réel cauchemar.

Il était là, affalé sur un canapé de chintz couleur paon. Les yeux fermés, ses cheveux bruns reposés contre l'appui-tête, les bras posés sur les coussins… Ses lèvres laissaient échapper des râles qui ne trompaient pas. Qui ne pouvaient pas tromper. Parfois, la fine peau de ses paupières tremblait et il lâchait un gémissement plus rauque que les autres. Les yeux de la jeune fille faisaient de curieux et brusques focus sur son visage… Encore une domination agressive de la force étrangère...

Plus bas, entre ses deux jambes écartées, une silhouette féminine s'activait. Ces mêmes cheveux blonds volaient, d'avant en arrière, à peine emmêlés par l'effort. En fait, elle passait beaucoup de temps à les rabattre sur un côté de son visage, afin de permettre une meilleure vue aux spectateurs se trouvant là. Mais la seule spectatrice, c'était elle.

Entre les deux lèvres fines de la blonde passait l'instrument du mal. Et elle s'affolait dessus, comme devant la friandise la plus délectable. Sa langue en faisait le tour et sa bouche l'avalait comme ces spectacles de cirque avec les sabres. Des bruits de succion et de salive retentissaient parfois, faisant remonter la bile dans la gorge du témoin muet de l'acte d'infamie.

Il vint passer sa main sur le haut de la tête de la jeune fille, la pressant davantage dans sa tâche déjà passionnée. Elle libéra sa bouche de la chair tumescente pour laisser échapper un petit rire malicieux, avant de l'engloutir à nouveau, étouffant sa petite voix avec l'obstacle cherchant sa gorge.

« Tu es tellement douée, pour ça... »

Le commentaire scabreux acheva d'écœurer Hermione : il sonnait comme une activité récurrente entre les deux personnes. Ces mots vinrent sonner à la manière d'une cloche assourdissante, réveillant tous les dires mesquins et endormis du monde. Ce n'est qu'un homme comme les autres. Il ne résiste pas à la tentation lorsque celle-ci présente de si jolies lèvres.

Mais cela ne pouvait-être qu'un mensonge. Ses yeux furent soudainement recouverts par deux obstacles chauds et pressés. Hermione eut alors la révélation suivante : il s'agissait de mains, et ces mains appartenaient à la force étrangère... C'est là qu'elle reprit conscience de tout ce qu'elle avait oublié auparavant : c'était un rêve et tout cela n'était pas anodin. Il y eut comme un tremblement tout autour : la force faiblissait quelque peu face à ces nouvelles constatations.

Les mains glissèrent alors jusqu'à ses hanches, libérant sa vue.

- Le savoir ne va pas t'aider, ma pauvre. Tu ne peux rien faire. Tu es prisonnière de ta propre tête.

Cette voix, dangereusement familière, ne fit que la conforter dans la certitude que tout cette mise-en-scène n'était que du vent. Pourtant, ses yeux restaient fixés sur le spectacle devant elle : les deux jeunes gens n'avaient pas pris conscience de sa présence et continuaient leur affaire sans se soucier de quoi que ce soit.

- Regarde-la s'occuper de lui... Elle est vraiment bonne pour ce genre de choses. Le genre de choses où tu ne saurais pas t'y prendre...

La main passa sous sa chemise sans qu'elle ne put rien y faire : elle était aussi pétrifiée qu'une statue de marbre. Lentement, les doigts glissèrent, y laissant une trainée brûlante, comme empoisonnée. Et bientôt, ils émergèrent du tissu, venant remonter sa jupe en se plantant allègrement dans sa peau.

- Tu es à ma merci. Et je n'en aurais aucune.

L'autre main se fit sentir sur le haut de sa tête, à la manière de cette autre main qu'elle avait vu agir plus tôt... Une pression immense s'abattit sur ses épaules et elle sentit son corps céder presque aussitôt : ses genoux heurtèrent le sol avec une force folle et la douleur parcourut son corps dans une réalité en sourdine.

- Fais-moi la même chose et je te laisserais te réveiller. Ce n'est qu'un rêve après tout..., éluda-t-il, glacial.

- Je ne ferais rien, dit-elle simplement, la voix inébranlable.

Sa main caressa ses cheveux, vint y plonger ses doigts et s'y agrippant, força Hermione à tourner son visage. Face à elle, deux jambes dans leur pantalon noir.

- Tu n'as pas le pouvoir du choix, ici. Je ne fais que demander pour la forme... Obéis.

- Tu ne peux m'y contraindre.

Son nez s'écrasa contre la cuisse de Malefoy. Son emprise sur son crâne ne diminuait pas.

- Très bien. Puisque tu refuses... Je vais te donner envie d'y mettre du tien.

Quelques secondes plus tard, elle était au sol, retenue par une gravité sans nom. Sa joue reposait sur le cuir de la chaussure du Serpentard. Toutes les sensations semblaient si réelles... C'était au-delà de l'horreur.

- Lèche.

Sans qu'elle ne puisse contrôler le moindre de ses mouvements, sa bouche vint baiser le bout de la chaussure. Sa langue s'échappa d'entre ses lèvres et vint caresser doucement le cuir tiède. Des larmes roulèrent sur ses joues à mesure qu'elle lapait la chausse, sans pouvoir se soustraire d'aucune manière à ce qu'il lui faisait subir.

- Bonne fille.

Raillerie détestable.

Comme un pantin, il la fit se redresser d'un claquement de doigts. Dans son regard bouillonnait une démence inconnue : elle espérait la lui communiquer avec la plus grande justesse. Jamais elle ne l'avait tant haï. Plus rien ne comptait dans le monde sinon cette haine, cette détestation, cette colère bouillante qui traversait la moindre parcelle de son corps. Plus jamais elle ne le prendrait en pitié : c'était un monstre, un criminel. Un violeur.

Et cette faiblesse détestable qui enserrait chacun de ses membres l'aurait presque fait vomir. Elle se sentait plus que malade, au-delà du dégout d'elle-même. Elle se détestait presque autant que lui, à cet instant.

Il esquissa un sourire cruel et elle crut mourir.

- Tu es vraiment adorable quand tu te soumets.

- Je ne me suis pas soumise, cingla-t-elle, les doigts emplis de fourmis tant elle souhaitait le mettre en pièces.

- C'est vrai, sang-de-bourbe. C'est moi qui te soumets.

Il attrapa son menton et approcha ses lèvres des siennes, les effleurant.

- Si je le voulais, tu serais déjà nue, murmura-t-il sans son oreille. Tu m'aurais dans ta bouche... et tu en redemanderais...

Quelque chose se brisa bruyamment et Hermione put enfin bouger. Ses mains vinrent alors s'abattre sur le torse du Serpentard avec la force de sa haine. Elle le frappa, mais il disparut presque aussitôt et elle se réveilla, en sueur, les poings martelant le vide face à elle.

Les larmes s'échappèrent.

Sujétion.

Il y avait les gouttes contre sa peau, sa respiration se faisait irrégulière. Lentement, des trainées d'eau fraiche baignaient toute la longueur de ses cheveux avant de heurter sa peau en y répercutant des frissons désagréables.

Oppression.

Pour la première fois de sa vie, elle sentait de la saleté parcourir ses veines. Cela n'avait rien à voir avec toutes ces histoires de sang, c'était bien plus profond que cela. Comme si sa présence dans son esprit avait laissé un poison amer se déverser dans la moindre partie de son corps.

Il avait réussi à abuser d'elle dans le seul endroit où elle se croyait encore à peu près en sécurité.

Haine.

Peut-être n'avait-elle jamais mesuré à quel point tout son être était capable d'un tel sentiment. Criante de vérité, traversant chaque parcelle de sa chair, sa colère n'avait aucune limite. Elle aurait pu le tuer. Une tristesse sans fond creusait l'intérieur de ses entrailles jusqu'à l'empêcher de respirer convenablement. Son cœur, entre deux paires de tenailles, se retrouvait tordu, torturé, déchiré. Il se déformait, se rendait flasque et mort. Inerte.

Elle était dans les plus profonds abîmes de la douleur, entre l'incandescence de l'humiliation la plus vive, et l'engelure profonde de la détestation de soi et des autres… jusqu'à sa sève, la gélivure.

Peut-être cela allait-il la rendre folle.

Il avait ce talent, certain, de toujours parvenir à trouver pire. Il arrivait toujours mieux à la blesser. A verser l'acide de sa cruauté sur ses blessures à peine refermées. Et plus les coupures venaient cribler son corps et son âme, plus elle faiblissait : plus elle s'éteignait. Il avait cette force malheureuse, cette domination insidieuse et folle qui étreignait son être jusqu'à la torsion la plus morbide.

Elle releva les yeux vers le pommeau de douche pour laisser l'eau laver ses joues. Peut-être ferait-elle partir l'expression dure sur son visage. Tout redeviendrait comme avant. Alors, plus rien n'aurait d'importance à part les cours et la guerre, lointaine. Plus rien n'aurait d'importance sinon la lutte contre l'injustice, l'aide apportée à ses amis, l'amour porté à ses proches et à celui qui pourrait devenir plus qu'un camarade.

Hermione se leva et quitta le carrelage glacé de la douche. Elle s'enveloppa dans une serviette et entreprit de se sécher le plus rapidement possible. Cette fois, il allait prendre un coup mortel. De gestes lestes, elle s'habilla avant de quitter la chambre.

Le parc de Poudlard était baigné d'une lumière vive : le soleil paressait dans un ciel bleu immaculé, les dernières traces de neige s'effaçaient sous ses rayons et faisaient miroiter une herbe verte fournie. Plus loin, dans les clairières à l'orée de la forêt, s'improvisaient quelques ballets d'oiseaux insouciants dont les chants résonnaient jusque dans les couloirs extérieurs. La vie s'insinuait en danses de couleurs sur les vitraux et les fenêtres en croisillons. A quelques endroits, on pouvait même commencer à sentir le parfum des pins et la fatigue de l'hiver.

Drago Malefoy marchait lentement, un peu las.

Il s'était réveillé il y a une heure ou deux, la boule au ventre. Un dessein étranger s'était glissé dans son univers : celui d'une revanche lointaine et voyageuse. Ce n'était pas qu'il avait du mal à dormir la nuit, cela n'aurait pas pu lui arriver. C'était plutôt comme une sensation, une intuition dérangeante qui perçait dans ses pensées. Cette dernière tournait dans son crâne à l'en engourdir et découlait toujours sur la même finalité : allait-il trop loin ?

C'était une question qu'il ne s'était jamais posé, à vrai dire il n'en avait jamais ressenti le besoin, ni compris l'utilité. Il n'avait pas l'habitude de se remettre en question ou d'évaluer la portée des actes qu'il s'amusait à exécuter sans la moindre anticipation empathique. Il n'aimait pas s'interroger, tout simplement, ni se torturer comme le faisaient certains sur les choses de la vie et sur les conséquences dispensées au gré de ses gestes et de ses mots.

Futilités.

Il n'avait plus treize ans et n'en avait pas encore trente : bref, il était dans cet âge ou tout lui semblait permis, même son égoïsme dévorant. S'il ne profitait pas de ce temps imparti pour faire comme bon il lui semblait, ce n'était pas plus tard qu'il en aurait la chance : la vérité se trouvait juste là. Il n'avait pas beaucoup de temps, et finalement, peu importait de blesser les autres sur son chemin tant que celui-ci le conduisait à son bon vouloir.

Mais alors pourquoi ? Pourquoi cette petite tâche floue refusait de partir de son panorama de rêve ? Pourquoi s'imposait-elle à son tableau merveilleux ?

Voldemort rassemblait ses troupes, la fin de l'année était proche. Dans quelques mois, tout serait plié. Adieu Poudlard, adieu confort, bonjour la guerre. Il savait tout : son père lui avait expliqué les grandes lignes. Son premier rôle ne serait certainement pas transcendant mais il aurait son importance : peut-être monterait-il en grade s'il accumulait les réussites ?

Il ne restait plus qu'à boucler cette affaire de pari avec la petite Granger et tout serait parfait. Il ne pouvait pas perdre, il le savait. Elle fatiguait tant à se ressaisir, et il abattait son château de cartes à chacune de ses nouvelles rebellions.

Elle était complètement impuissante face à lui, tout simplement parce qu'il avait des moyens de pression qu'elle ne pouvait occulter. Ses amis, sa famille, ses études… S'en prendre à elle moralement, physiquement, magiquement, était juste trop facile. Si elle défendait un mur de sa forteresse, il en profitait alors pour en fragiliser un autre. Et alors qu'elle se détournait du premier, il le faisait s'écrouler. Simple comme bonjour.

Mais il y avait l'autre, c'est vrai. L'autre l'ennuyait passablement. Comme toujours en travers de son chemin, toujours en avance sur ses plans, pavant de sourires ses journées alors qu'il s'évertuait à tuer ses nuits. Et Drago avait beau manœuvrer toujours plus sournoisement pour les éloigner, cela ne s'avérait qu'à peine suffisant. Il revenait à la charge, parvenait à éclairer l'obscurité, à mettre le jour sur ses manipulations et à retourner la cervelle de la Gryffondor.

William Blake était une plaie.

Mais il avait ses faiblesses, ce n'était qu'un pauvre gars comme les autres, conduit par ses hormones, et il avait commis une énorme erreur. Se laisser aller dans les draps d'Oksana, certes aidé par l'alcool et par la conduite de cette dernière, était un boulet dont il ne pouvait se délester. Et il avait beau avoir menti proprement à sa dulcinée, le Serpentard avait mis à jour l'abominable trahison. Il fallait qu'elle comprenne. Elle se faisait avoir par un beau parleur qui n'avait rien à lui offrir… Enfin, ce n'était pas pour cela qu'il voulait qu'elle comprenne : il voulait juste la faire souffrir, non pas lui épargner la douleur vive de l'inconstance amoureuse.

Pourquoi ?

C'était un passe-temps des plus divertissants, il n'avait pas besoin d'en demander davantage. Avoir un petit être à torturer, là se trouvait son vice le plus malsain. Tout abondait dans ce sens et sa supériorité se faisait si évidente : c'était une fille, fragile, brillante mais compliquée, et souvent embourbée dans ses bons sentiments. Elle n'était pas belle, ni svelte ni grande, mais demeurait mignonne de par ses yeux malicieux et son sourire éclatant. On sentait le naturel, la spontanéité et la faiblesse dans chacun de ses gestes.

C'était tantôt un oiseau libre, tantôt un poisson curieux…

Elle était le jour, il était la nuit.

Manipulateur à l'intelligence noire, aristocrate jusqu'au bout des doigts et jusqu'au dernier mot de ses sarcasmes. Fier, grand, beau, noble. Intransigeant pour les autres et leste pour ses propres infamies… Il était fait pour le monde, prêt à tout. Là où elle subissait, il affrontait. C'était sa vision des choses.

Et il parvenait à l'influencer, preste qu'il était. Elle se pliait à ses ordres, à ses désirs : elle répondait sans pouvoir s'en empêcher à sa noirceur. Car elle ne pouvait pas laisser les choses en l'état : elle voulait l'aider, malgré tout le mal qu'il lui faisait, malgré les insultes qu'il lui assénait. Et, vicieux, il en abusait encore et encore car il n'y avait pas de fin à son optimisme. Quelque part, elle lui faisait un bien fou à se démener ainsi pour le ramener là où elle le voulait. Car elle le voulait quelque part : il ne l'indifférait pas, ni ne l'effrayait assez pour qu'elle abandonne ses projets. Et c'est en ça qu'elle le fascinait.

Oui, il finissait par l'admettre, elle le fascinait.

C'était sans doute pour cela et seulement pour cela, car il n'y avait rien d'autre qu'une fascination réciproque dans cette relation destructrice, qu'il se demandait à présent s'il n'était pas allé trop loin dans le cauchemar. Certes, elle était tolérante au-delà du ridicule, parfois inconsciemment consentante à sa propre dévastation… Mais chacun avait ses limites et peut-être s'était-il heurté à l'une d'entre elles. Lui montrer l'obscénité de « l'infidélité » de celui qu'elle aimait, tout en la contraignant à imiter celle qui, de ses lèvres pécheresses, avait alimenté la trahison… cela avait dû ébranler chacune de ses fondations. Il ne savait plus très bien pourquoi il avait cherché à la malmener jusqu'à cette extrémité. Et avait-elle compris qu'il cherchait profondément à l'éloigner de l'autre et non pas de lui ? Cela paraissait impossible car maintenant qu'il y pensait, elle ne pouvait pas voir les choses sous cet angle après ce qu'il lui avait fait subir. Elle ne savait rien de tout ce qu'il avait fait pour qu'elle échappe à d'autres serres que les siennes et il n'avait pas les moyens de lui expliquer. Il avait voulu lui montrer à quel point Blake s'était montré déloyal mais après toutes les actions dont il s'était rendu maître de manipulation, il était probablement la personne la moins indiquée pour le faire… Peut-être aurait-il dû s'y prendre autrement : ne pas s'infiltrer à ce point dans sa tête et juste lui faire expérimenter la traitrise du Serdaigle sans s'y mêler…

Mais comment aurait-il pu y parvenir ? Elle avait mérité sa punition, à lui parler comme à un chien, à se relever des blessures profondes qu'il avait passé tant de temps à lui infliger, à lui sourire comme si de rien n'était, comme si tout ce qu'il avait pu faire pour la maltraiter n'était qu'un passé auquel il appartiendrait pour toujours désormais. Il ne pouvait tout simplement pas la laisser s'échapper, ce n'était pas envisageable.

Qu'il brûle avec. Mais que jamais le lien entre eux, qu'il soit de haine ou d'autres sensations brûlantes, ne se déchire sous les mains souveraines du destin.

« Qui veut la guerre est en guerre avec soi. »

Ces mots résonnaient dans son crâne, fantomatiques. Elle avait entendu cette phrase il y a bien longtemps… Est-ce une sorte de rappel à l'ordre ? Une sorte de memento de son inconscient, l'appelant à mettre une bride sur cette haine qui tendait à la dévorer depuis quelques temps ? Elle savait pertinemment qu'elle ne devait pas se laisser envahir par un ennemi aussi sournois que la colère. Elle n'était pas de ces personnes à qui cette émotion apportait de la force : à chaque fois que cette dernière l'avait emportée, c'était en flammes destructrices et elle l'avait souvent regretté. Certes, beaucoup de colères demeuraient saines et nécessaires, mais elle sentait que celle-ci exsudait du mal qui l'avait fait naître.

Il y avait cette part d'elle qui refusait de se laisser entacher de cette manière : ce n'était pas à lui de l'influencer, mais bien l'inverse. Elle s'était juré d'y parvenir, que le bon en elle vaincrait. Mais il était tout simplement trop fort, elle le sentait. C'était source de faiblesse que de l'admettre, elle le concédait également. Mais qu'y pouvait-elle ? Il était aussi dur et froid qu'un iceberg. Peut-être la lutte était-elle impossible… vaine ?

Mais tout de même ? Laisser la sournoiserie transsuder par le biais de ses actes, c'était lui ressembler. Et si elle se détestait déjà beaucoup, elle n'avait pas envie de se haïr pour de bon. Elle devait rassembler ses forces et faire face, quelque part, c'était une évidence. Mais comment procéder ? Il commençait à gangrener la chair à vif de son être. Ses malices l'entrainaient au fond et bientôt, ce serait la fin.

Il fallait y mettre un terme, définitivement. Définitivement.

Et pour cela, il n'y avait qu'une seule solution. Se battre avec ses armes à lui, sans les laisser la salir du mal qui y siégeait.

Mais son idée peinait à s'affiner en projet : il lui fallait le livre. Mais ce n'était que le pauvre début. Après, il lui faudrait apprendre à s'en servir, à l'appréhender de la bonne manière. Et peut-être cela échouerait-il ? Peut-être que ce plan ne serait que la dernière signature de sa combativité.

Hermione secoua la tête. Il n'était plus l'heure de s'affliger mais bel et bien celle d'agir contre l'ennemi.

Pour arriver à ses fins, il lui fallait donc l'ouvrage : mais comment le récupérer ? Elle avait déjà fait le tour de sa chambre. Une première fois dans le plus sombre des secrets, et une autre fois où son intrusion avait été percée à jour de la plus périlleuse des manières. Dans tous les cas, si le grimoire se trouvait dans la chambre, elle n'avait pas les moyens de l'atteindre. Non, il fallait en vérité qu'il l'en sorte lui-même, par obligation. Mais elle ne voyait pas ce qui pourrait l'y contraindre… Il faisait toujours ce qu'il voulait et elle n'avait pas le moindre moyen de pression sur lui.

Certes, il y avait cette certitude : il voulait que ses manœuvres passent inaperçues. Il apprenait de la magie noire et personne ne devait pouvoir l'avérer. C'est certainement pour cela qu'il avait demandé à Rogue son approbation de professeur pour se procurer l'ouvrage. Jamais il n'aurait pu dérober le livre ou encore l'exiger à Madame Pince en en faisant un scandale. Mais le fait de passer par la procédure régulière afin d'obtenir le livre, bien que ce soit malin, pouvait très bien se retourner contre lui. Comme pour tous les livres qui composaient l'imposante bibliothèque de Poudlard, le grimoire avait une date limite d'emprunt. D'après ce qu'elle pouvait estimer, cela faisait une belle trotte qu'il possédait l'ouvrage, ce qui signifiait qu'il devrait bientôt le rendre… Mercredi, avait dit Madame Pince ? Même s'il pouvait le rendre et le réemprunter à nouveau, si et seulement si personne ne le réclamait… Il faudrait donc que quelqu'un en fasse la demande. Et il fallait à tout prix que cette personne ne soit pas Hermione…

Mais elle ne pouvait parler de tout cela à personne…

Elle était coincée : personne n'accepterait d'aller réclamer un livre de la réserve pour elle sans poser la moindre question. Surtout par les temps qui couraient. Au-delà de cela, elle n'avait pas le droit d'impliquer quelqu'un dans le pari et elle n'avait pas la moindre envie d'attirer des ennuis à d'autres personnes.

Malheureusement, elle ne pouvait pas s'y prendre seule.

Quelle personne, de confiance, pourrait accomplir tout cela sans s'interroger sur la nature de ses desseins… ? Hermione tourna dans le couloir, sans penser à la direction qu'elle empruntait, énumérant dans sa tête la moindre personne qu'elle pouvait considérer comme un ami loyal et discret.

Un rire cristallin l'interrompit dans ses songes pour les éclairer d'une lumière lucide.

Luna.

- Bonjour Hermione, la salua la Serdaigle, en levant le nez d'un petit livre parme.

Hermione resta muette pendant une bonne dizaine de secondes alors que toutes les pièces de son puzzle s'emboitaient dans son crâne. Luna était la seule à pouvoir l'aider. C'était probablement l'une des personnes à qui elle faisait le plus confiance, malgré l'insouciance régulière dont la blonde faisait preuve.

- Bonjour, Luna…, murmura Hermione, les yeux toujours emplis de pensées.

- Je ne voulais pas t'interrompre, dit simplement Luna.

- Non… Non, tu ne m'as pas interrompue, ne t'inquiète pas.

Luna pencha la tête sur le côté, un petit sourire candide au bout des lèvres.

- Je crois bien que si. J'ai aussi l'impression que tu as quelque chose à me demander… Je me trompe ?

Elle avait toujours été d'une grande perspicacité malgré ses croyances un peu particulières, parfois… Hermione savait pertinemment qu'il ne servait à rien de lui mentir ou d'essayer en tout cas de lui dissimuler une quelconque vérité.

- Non, c'est juste. Luna, pourrais-tu me rendre un service ?

- Bien-sûr, accepta aussitôt la Serdaigle en laissant ses lèvres se mouvoir dans un sourire encore plus grand.

- Je me demandais si tu pouvais emprunter un ouvrage pour moi à la bibliothèque ?

Luna pencha à nouveau la tête sur le côté, mais cette fois si, sur son épaule gauche… Comme turlupinée par un doute.

- C'est une curieuse demande…

Hermione se mordilla la lèvre.

- Je te l'accorde.

- J'accepte.

Aussi simplement ?

- J'ai bien l'impression que c'est important. Tu ne viendrais pas me demander sinon. Je sais que je ne suis pas la plus proche de tes amis donc tu dois avoir une très bonne raison pour me demander, à moi.

Hermione ne répondit toujours pas, toujours abasourdie devant l'acuité perçante de la blonde.

- Il faut par contre évidemment me donner le nom du livre… A moins que tu ne me demandes d'emprunter n'importe quel livre de la bibliothèque… Même si ce serait tout de même très bizarre…

La Gryffondor sourit machinalement, un peu plus détendue.

- En fait, il te faudra l'accord d'un professeur. Je pense que si tu demandes au professeur Flitwick, il n'y verra pas d'inconvénient. Ce n'est normalement pas un livre dangereux.

- Mais il se trouve dans la réserve ?

- Effectivement, c'est une forme de magie qui, sans être noire, peut être utilisée à de mauvaises fins. Une branche de la divination et des pouvoirs de visions.

- La légilimancie ?

- Oui. Je ne connais pas le nom exact du livre malheureusement. Il faudra demander à Mme Pince de te procurer un livre au sujet de l'intrusion dans les pensées et dans les rêves…

L'ennui, c'est que Madame Pince était une sacrée fouineuse et qu'elle pourrait sans doute se poser des questions au sujet de l'ouvrage. Après tout, pourquoi était-il soudainement si demandé ?

- Mais il faudra lui demander sans lui demander. Il faudra faire en sorte que ce soit elle qui t'indique de quel livre tu as besoin. Il ne faut pas qu'elle soupçonne que tu connais l'existence de l'ouvrage.

- Je comprends. Je demanderais l'autorisation pour aller dans la réserve et comme elle voudra savoir pourquoi, je dirais que c'est pour un devoir de divination… Ce n'est pas si incroyable, elle sait que je m'intéresse énormément à cette branche… Et ce sera toujours plus plausible que pour toi… Vu que tu as abandonné la divination.

Avoir une conversation aussi grave, aussi intense et aussi fine… Cela emplissait Hermione d'une excitation coupable.

- Je le ferais. Je te l'apporterais bientôt, assura la Serdaigle. Bon… Par contre je dois retourner dans la salle commune. Mark Joyces va finir par fondre de désespoir si je ne l'aide pas pour son devoir de métamorphose, indiqua-t-elle en montrant le heurtoir en forme d'aigle qui gardait la salle commune Serdaigle.

Hermione hocha la tête en signe d'approbation.

- Merci beaucoup, Luna… Je te revaudrais ça.

- Je sais que tu l'aurais fait à ma place…

La Gryffondor esquissa un petit sourire.

- Merci… Ah, et, Luna… ?

- Je ne dirais rien, à personne.

- Merci…

Elles échangèrent un dernier sourire, un signe de tête et leurs chemins se séparèrent.

A peine Hermione eut parcouru deux couloirs, qu'elle tomba sur Liam. Son corps se figea. Liam, lui continua d'avancer vers elle, son visage s'étant éclairé dès qu'il l'avait reconnue.

- Hermione ! Ça va ?

Elle plissa les yeux. Son cerveau n'arriva pas à formuler la moindre idée de réponse.

- … Hermione ?, l'appela-t-il, un peu dubitatif en passant la main devant son visage comme pour la faire réagir.

Son regard chocolat, commençant à refléter de la peine, restait irrémédiablement plongé dans le sien.

- M'as-tu menti ?, murmura-t-elle simplement.

Cette fois-ci, le visage de Liam se teinta d'une incrédulité presque touchante.

- De quoi tu parles ?

- D'Oksana.

Ses sourcils se haussèrent encore davantage, confirmant presque les doutes d'Hermione.

- Est-ce que… tu m'as menti ?

- Je ne sors pas avec elle.

- Ce n'est plus tout à fait ma question.

- Mais ce n'est pas un mensonge, avec la question d'origine.

- Ne joue pas sur les mots, s'il te plait, fatigua-t-elle.

Elle soupira, il détourna le regard pour quelques secondes avant de revenir à ses yeux.

- Toi et elle… Vous avez… ? Tu vois… ?

- Oui.

Malefoy avait raison.

C'est la première chose à laquelle elle songea avec horreur.

- Mais laisse-moi t'expliquer, s'il te pla-

- Ce n'est vraiment pas nécessaire. J'en sais déjà bien plus que je ne le souhaiterais.

- Je t'assure, je ne nie pas ma part de responsabilité. J'étais ivre… Mais il y a plus que ça… Je pense qu'elle m'a ensorcelée.

- Je n'en doute pas !, agréa-t-elle avec un grand sourire sarcastique.

- Hermione, je peux te jurer sur ma vie que je ne l'aime pas.

- Mais peux-tu me jurer qu'elle ne t'attire pas ? Que tu n'as pas passé un bon moment ? Après tout, elle est tellement belle !, asséna-t-elle froidement sans attendre la moindre réponse.

- Ça ne compte pas pour moi !

- Alors j'imagine qu'il n'y a plus le moindre problème, assura-t-elle en secouant la tête, exaspérée. Bonne journée.

Il resta muet et elle tourna les talons.

Une, deux. Une, deux. Une marche rapide, rythmée par le ressentiment et l'aigreur. Ses pieds frappaient plus le sol qu'ils ne le foulaient. Ses pas résonnaient sur la voute des hauts couloirs, se répercutant désagréablement comme un chant de colère dans le reste des salles adjacentes. Il ne savait pas exactement où il allait, il savait juste qui il cherchait. Et dès qu'il aurait trouvé cette personne, la situation déraperait. Il le savait déjà.

Il avait écumé les principaux lieux où il pensait le trouver : la salle commune des Serpentards, la Grande-Salle, la bibliothèque, les couloirs nord près du parc. Le Serpentard s'était rendu introuvable. La seule solution à ce problème aurait été qu'il ait implosé et qu'il se soit dispersé aux quatre vents… Cela dit cette hypothèse restait peu probable.

C'est au moment même où son esprit commençait à divaguer que la silhouette de sa cible attrapa ses prunelles.

Drago Malefoy.

- Malefoy !, cria-t-il sans plus de cérémonies. J'ai à te parler !

Drago se détourna de l'arche en pierre à laquelle il était adossé, peu intéressé par la personne qui s'avançait vers lui. Cela dit, on pouvait nettement percevoir une certaine curiosité quant à la colère flagrante de son congénère.

- Commence à utiliser plus de politesse et on verra.

- La ferme.

Les yeux du Serpentard brillèrent d'irritation.

- Je peux savoir quel venin tu es encore allé répandre auprès d'Hermione ?

Le visage de Drago s'éclaira et il esquissa un sourire sournois.

- Le venin de la vérité, Blake. Ne commence pas à blâmer les autres pour tes propres actes.

- Tu n'avais aucun droit de parler de ce secret. Il ne t'appartenait pas.

- Les secrets appartiennent à ceux qui les connaissent, mon vieux. Au lieu de couiner, tu ferais mieux de te comporter en homme et d'assumer.

- Cela ne te regarde PAS !, explosa Liam.

- Mais cela la regardait, elle.

- Ne fais pas comme si tu te souciais d'Hermione ! Sale enfoiré ! Tout ce que tu voulais, c'était la blesser, cria le Serdaigle, proche de la violence physique.

- Tu n'en as pas la moindre idée et ça n'est pas ton affaire.

- Ce n'était pas la tienne non plus pour commencer !

Liam bouillait de rage. Il aurait pu le frapper. Lui casser la figure. Lui faire avaler ses dents et son sourire sadique.

- Cela ne voulait rien dire à mes yeux ! Oksana n'est qu'une pauvre trainée : j'étais saoul et pas dans mon état normal… D'ailleurs je suis sûr qu'elle n'y est pas pour rien !

Drago s'esclaffa.

- Oui, je n'en doute pas, ironisa-t-il la voix triomphante. Elle t'a probablement violé, Blake. Cela ne m'étonnerait même pas : tu n'es qu'une pauvre lavette.

Liam sortit sa baguette et la pointa sur le torse de Drago.

- Je te conseille de cesser de mettre le nez dans mes affaires, Malefoy. Si tu te mêles une nouvelle fois de ma vie, je te jure que je te tuerais.

Le regard rieur de Drago bascula dans la froideur la plus incisive.

- Je n'aime pas bien qu'on me menace, Blake… Et cette affaire me concerne entièrement, figure-toi, puisque c'est moi qui t'ai envoyé Oksana. Tu ne croyais tout de même pas que tu plaisais naturellement à une fille pareille ? Et c'est toi qui es tombé dans le panneau, tout seul, comme un grand. Crois-moi, Oksana n'a besoin d'aucun subterfuge pour piéger les pauvres boulets comme toi qui n'attendent que de plonger leurs bouts dans des vagins serrés.

Liam, ulcéré, ne parvint même pas à articuler le moindre mot.

- Maintenant, si tu as fini ta liste de reproches infondés, j'aimerais que tu retournes jouer avec le pauvre engin que tu as entre les jambes. J'ai bien mieux à faire que d'écouter tes petits sanglots pathétiques.

Le Serdaigle planta sa baguette dans son torse, cette fois-ci sans la moindre maîtrise sur lui-même. D'un geste leste, Drago positionna la sienne sur sa gorge, l'y enfonçant allègrement.

- Je ne te conseille pas de continuer ton manège, Blake.

- Je me demande bien, Malefoy, pourquoi tu fais tout ça… Tu crois peut-être que me causer du tort te permettra de mettre Hermione dans ton lit… ?, siffla Liam, dément.

Drago faiblit l'infime instant d'une microseconde.

- Tu crois que je n'ai pas compris ? Que tu la veux au point de la séparer du moindre être humain qui l'approche ? Je le vois dans tes pauvres yeux de détraqué, murmura Blake, comme s'adressant à la personne la plus stupide de la planète.

Il se rapprocha encore davantage du Serpentard, leurs yeux se striant comme deux ennemis mortels.

- Qu'est-ce que tu aimerais… ? Hein, Drago… ? Qu'elle t'aime comme elle m'aime moi ? Qu'elle ait envie de toi comme elle a envie de moi… ? Qu'elle te veuille ? Qu'elle y pense la nuit… ?

- Tu me ferais presque de la peine, siffla le Serpentard d'une voix sarcastique, toute patience perdue.

- C'est toi qui me fais de la peine, Malefoy… La triste vérité, c'est que tu la veux et qu'elle te hait.

- La ferme, murmura-t-il presque, la voix dans les tréfonds de la froideur.

- Alors QUOI ? Les secrets appartiennent à ceux qui les connaissent, Malefoy !

Cela se passa en l'espace d'un clignement d'yeux. Le poing du Serpentard vint s'écraser contre le visage du Serdaigle qui manqua de s'effondrer. Même si ce dernier était assez sonné, il ne lui fallut que quelques dizaines de secondes pour se rassembler et infliger à Drago le même sort.

Ils étaient sur le point de recommencer quand Rogue arriva au pas de course dans le couloir.

- Séparez-vous ! Séparez-vous, vous dis-je !, hurla-t-il de sa voix glaciale. Mr Blake, retournez à vos dortoirs immédiatement, je vous ferais connaître mon opinion sur un tel comportement dans la soirée, croyez-moi ! Quant à vous, Mr Malefoy, suivez-moi immédiatement dans mon bureau, je vais me charger de faire rentrer du plomb dans votre cervelle !

Les deux jeunes hommes se séparèrent et rangèrent leurs baguettes, aussi verts de rage l'un que l'autre. Ils s'exécutèrent malgré tout, bien conscients qu'une bagarre comme celle-là pouvait les faire renvoyer une bonne semaine.

Drago suivit le professeur et Blake tourna les talons.

Ce n'était pas fini.

Toi entre toutes les personnes, j'aurais préféré que tu m'épargnes une telle humiliation.Pourtant, je ne peux pas vraiment te blâmer. C'est moi qui t'ai entrainé dans cette situation.Et j'ai fait pire avec le maître chanteur, je l'ai laissé me toucher, je l'ai embrassé…Peut-être est-ce ma punition pour oser te juger alors que je suis moi-même plus basse que terre.

Dans son lit, les yeux fixés sur les colonnes de son lit, Hermione se laissait abattre lentement mais sûrement. Elle savait que penser à d'aussi obscures idées n'était pas la plus brillante chose à faire. Mais il fallait faire le deuil de cette histoire avec Liam, désormais définitivement terminée.

Ce qui l'affligeait le plus, c'était de savoir que Liam lui avait menti alors que Malefoy lui avait dit la vérité –certes pour la blesser-.

Il aurait suffit qu'il la prenne à part, qu'ils en parlent, qu'il lui avoue tout de suite sans que toutes ces rumeurs s'en mêlent. Sans qu'elle ait à lui poser la question, sans qu'il lui mente, sans qu'elle découvre son mensonge…

Bref, tout aurait pu, tout aurait se passer différemment… C'était cette vérité qui martelait ses tempes.

La porte claqua, la faisant se redresser mollement. Avait-elle le courage d'aller l'affronter ? Rien n'était moins sûr. Malgré tout, ses pieds la conduisirent presque machinalement à la porte de sa chambre qu'elle ouvrit. Malefoy était dos à elle, au centre de la pièce.

- Tu es fier de toi, j'imagine ?

Il se retourna vers elle, c'est là qu'elle vit. Son visage d'une peau habituellement diaphane et immaculée portait un bleu lui dévorant la joue. La commissure de ses lèvres était légèrement ensanglantée. Cette vision la tétanisa. Alors il n'était pas invincible…

Cette idée emporta tout sur son passage, l'empêchant de formuler la moindre pensée.

Malefoy la fixa quelques instants sans rien dire avant de se rapprocher d'elle en contournant un fauteuil. Malgré son calme évident, il semblait encore porter les signes d'une immense colère sur son corps. Ses épaules étaient tendues, ses mains crispées, sa mâchoire contractée et les muscles de ses bras saillaient encore devant une menace vraisemblablement invisible.

- Sois satisfaite, dit-il simplement.

Il attrapa brusquement son poignet et colla sa main contre sa joue tuméfiée. Elle brûlait.

- C'est à cause de toi que j'ai reçu ce coup.

- Je suis assez certaine que tu t'es débrouillé seul pour le recevoir.

Il resserra l'emprise de ses doigts sur sa main. Elle s'en dégagea violemment, sans pitié pour sa joue qui dût souffrir de la brusquerie de son geste. A vrai dire, peu importait. Elle aurait aimé lui infliger cette blessure elle-même.

- Tu es allé trop loin, Malefoy.

Ses sourcils se froncèrent.

- J'ai joué dans les règles du pari, répondit-il sans émotion.

- Je n'ai plus envie de jouer.

- Tu veux déclarer forfait ?

Il ne parut même pas s'en réjouir.

- Je ne vois même plus ce que cela changerait que j'abdique. Tu vas finir par me tuer, que je gagne ou que je perde ce pari. T'en rends-tu au moins compte ?

Drago s'éloigna d'elle, sans un mot et se laissa tomber dans un fauteuil.

- Tu as détruit ma vie. Je ne sais plus ce qui pourra te satisfaire sinon cela, maintenant. Tu me voles tout. Tu brises tout sur ton passage. Je ne veux plus être associée à toi d'une quelconque manière.

Il y eut un long silence. Quelques craquètements du feu vinrent interrompre la tension palpable. Hermione ne put s'empêcher de sérieusement se demander ce qu'il lui arrivait. Il était complètement éteint, sans vie. Inerte. Ses yeux ne renvoyaient plus la moindre émotion. Il restait vide, muet, comme statufié. Que s'était-il passé ?

- Tu n'as pas le choix. Tu as fait un pacte. Tu dois le respecter, débita-t-il comme un robot.

- Je sais.

- Je n'arrêterai pas.

- Je sais.

- Non, tu ne sais rien, asséna-t-il soudain, la voix toujours très sereine. Tu crois tout savoir mais tu ne sais rien du tout. La vérité t'échappe.

Mais de quoi diable parlait-il ?

- Je ne sais vraiment pas à quoi tu fais allusion. Il n'y a aucun mensonge ici. Seulement une vérité que nous connaissons tous les deux fort bien. Tu me hais pour des raisons bornées et intolérantes et je te méprise pour ça. Comme tu ne supportes pas d'être méprisé, tu tentes ridiculement de te venger en me torturant de toutes les manières possibles. C'est le plan immature qu'a imaginé ton esprit tordu et déséquilibré.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles, persévéra-t-il sans rebondir sur le moindre des mots délibérément provocants qu'elle venait de prononcer.

- Alors explique-moi.

- Je n'en ai pas envie. Il faut juste que tu saches que je n'arrêterai pas. Pas maintenant. Tu vas perdre, Granger. Et je me fous des conséquences.

- C'est juste ça, ce que je suis censée ignorer ? A quel point tu as envie de gagner pour achever de m'humilier de la plus complète des manières ?

Il hocha la tête en signe de dénégation.

- Tu ne comprends rien.

Tu ne m'accepterais jamais comme je suis si je ne te brisais pas d'abord. Je suis obligé de faire ça. Je suis obligé de te montrer l'étendue du mal. Du mal que je fais.

- Tu expliques très mal, fit-elle la réflexion en se mettant face à lui.

Il gardait les yeux résolument fermés. Quelque chose ne tournait vraiment pas rond et elle se détesta de le remarquer : elle se détesta de ne pas en tirer parti. Non, au lieu de ça, elle se posait des questions sur son bourreau. Elle se souciait de son tortionnaire. Était-ce l'une de ses nouvelles manipulations pour la tourner encore en ridicule ? Se moquait-il d'elle ? Elle ne savait jamais à quoi s'attendre avec lui et il était vraiment capable de manœuvrer dans la faiblesse pour la frapper encore plus fort.

- Je ne me laisserais plus faire, Malefoy. Si tu me touches, je me battrais, je n'hésiterais plus à te tuer. Tout le reste m'indiffère, tu m'as déjà tout pris.

Il ouvrit les yeux avant de la regarder quelques instants. Lentement, il se redressa et la dépassa de sa tête et demi de haut, bien trop proche d'elle. Et tout en longueur, il approcha ses doigts de la bouche d'Hermione. Et l'effleura.

Pétrifiée, elle ne parvint pas à esquisser de retraite, laissant son corps démentir les mots qu'elle venait tout juste de prononcer. La pulpe de ses doigts caressait doucement celle de ses lèvres… prenant le temps d'en dessiner les contours, de s'arrêter sur leur forme si ourlée et agréable pour les yeux. Elles étaient douces, tièdes. Ses doigts étaient plus frais mais le contact les rendait brûlants.

Ils glissèrent ensuite sur son menton, sa gorge, jusqu'à son épaule dont il prit possession de sa paume. Son emprise était des plus sereines mais elle imposait une espèce de fermeté inconnue de son langage corporel. Une fermeté sans violence, sans brutalité.

Son autre main vint s'apposer sur l'autre épaule et les deux, dans une danse identique, la défirent de sa veste. Ses gestes semblaient aussi doux que si elle avait été en porcelaine. Le vêtement tomba au sol dans un bruit mat. Toujours lentement, ses doigts parvinrent au premier bouton de sa chemise… Et un par un, il les défit, la délestant de ce nouveau vêtement. Hermione n'avait jamais été aussi tétanisée de toute sa vie. Pourtant, il n'avait lancé aucun sortilège contre elle, ni de pétrification, ni d'entrave. Elle n'avait pas bu, rien mangé de particulier et quelques secondes plus tôt, elle était encore en train de l'avertir d'arrêter ses fourberies. Non, la vérité, c'était qu'elle aurait dû être en pleine possession de ses moyens mais qu'étrangement du ciment coulait dans ses veines. Du ciment chaud, d'ailleurs. Ou plutôt du métal. Oui, du métal chaud, fiévreux. Perlé de lave.

Il passa ses bras derrière son dos et ses doigts vinrent délier l'attache de son soutien-gorge, passant doucement les coudes d'Hermione par-dessous pour évincer complètement le dernier vêtement couvrant son buste. Elle n'arrivait pas à se rendre compte de ce qui était en train de se produire. Le sous-vêtement alla rejoindre la chemise et la veste, déjà au sol. Les yeux fixés sur ses épaules, elle crut y voir passer un imperceptible frisson.

Le froid vint aussitôt hâler sa poitrine et ses extrémités se dressèrent involontairement. Hermione croisa les bras sur son buste, les joues rouges et le cœur battant.

- Ferme les yeux.

Curieusement, elle ne discuta pas cet ordre. Probablement car il n'avait pas protesté lorsqu'elle avait protégé sa poitrine de son regard à l'aide de ses avant-bras. Et aussi, certainement parce qu'elle ne voulait pas voir un malheur de plus lui arriver.

Des mains se posèrent sur ses épaules et l'incitèrent à avancer. Elle s'exécuta, se retrouvant probablement à nouveau au centre de la pièce. Lentement, il tourna autour d'elle, pour se retrouver derrière… Et ses mains glissèrent de ses épaules jusqu'à ses avant-bras, semblant juste les frôler… Puis jusqu'à ses flancs, y dessinant des ombres sans contours. Alors qu'elle frissonnait, sans vraiment savoir s'il s'agissait de plaisir ou de dégout, ses doigts vinrent explorer son ventre. Des tressautements secouaient ses muscles, la pressant davantage contre lui.

Ses paumes finirent par remonter doucement le long de ses côtes, et vinrent calmement ôter ses bras de son buste. Il ne s'agissait que d'obstacles pour lui. Alors, avec la douceur du diable, ses mains vinrent soupeser ses seins. Le cœur d'Hermione sembla s'arrêter.

Lentement, il serra ses doigts, les empoignant, les caressant. Hermione était complètement glacée. Elle n'avait pas prévu ça. Ses deux pouces venaient insister sur ses pointes durcies, les titillant tout en langueur. Elle sentit son souffle chaud s'alourdir dans sa nuque, se rapprocher, et sa bouche et son nez se glisser dans le creux de son cou. Sa respiration se faisait profonde et rapide à la fois : elle en déduisit rapidement qu'il était excité par ce qu'il lui faisait.

Pire encore… une chaleur se réveillait dans son ventre, à elle-aussi…

Ses mains semblaient la posséder tout entière, la parcourir comme des vagues froides et chaudes à la fois. La pulpe de ses doigts la frôlait, s'enfonçait dans sa peau pour la quitter et y revenir à chaque fois. Leurs respirations s'accéléraient de plus en plus, emportées. Involontairement, elle pencha sa tête en arrière, venant la déposer sur son épaule. Leurs joues se touchaient, leurs bouches semblaient à présent si proches…

Elle avait le sentiment de participer à quelque chose d'infiniment mauvais, et de tellement juste à la fois. Tout se mélangeait. Il était bien plus doux et tendre qu'habituellement, et ses sensations la perdaient dans un abîme de doute. Il n'y avait aucune réelle signification à ce qui arrivait, mais elle ne parvenait pas à s'en soucier vraiment.

Il semblait avoir compris ce qu'elle avait dit auparavant : qu'il était allé trop loin et, somme toute, qu'en la brusquant il n'arriverait à rien… A présent, ses gestes n'étaient empreints que de calme et de maîtrise.

Elle laissa son nez caresser sa mâchoire, de haut en bas, soupirant de plus belle alors qu'il intensifiait son emprise sur son buste.

Et, c'est probablement là qu'ils perdirent véritablement tous les deux le contrôle de ce qui arrivait. Hermione ne tint plus et rouvrit les yeux, se libérant doucement de son étreinte pour se tourner vers lui. Leurs regards se croisèrent pour ne plus se lâcher. Ses yeux étaient indéchiffrables, profonds.

Brièvement, ils s'attardèrent sur sa bouche et elle sut aussitôt ce qu'il voulait. Il pencha son visage vers le sien et déposa ses lèvres sur les siennes. Elle se laissa faire, sentant son cœur s'immobiliser et enfler dans sa poitrine. Ses mains vinrent aussitôt s'enquérir de sa chevelure et la pressèrent davantage contre lui. Hermione, quant à elle, laissa les siennes agripper sa chemise et elle répondit à son baiser, avec le sentiment de ne pouvoir faire autrement.

Quelque chose les enchainait à cette position, à cette emprise de l'un sur l'autre. Leurs bouches se mouvaient doucement, comme guidées par un secret enfoui. Leurs lèvres s'entrouvrirent en même temps, laissant passer leurs langues qui vinrent toutes deux se trouver.

Il l'avait déjà embrassé mais elle n'avait jamais répondu comme ça, et quoi qu'il en fut, cela n'avait jamais rien eu à voir avec ce qui se passait à présent.

Leurs langues ne se battaient pas : elles ne s'escrimaient pas, ni ne se confrontaient. Elles se caressaient, simplement. Lorsque que leurs deux visages se quittèrent, leurs yeux se croisèrent à nouveau.

Il était impossible de comprendre ce qui arrivait et ils restèrent longuement à s'observer, chacun perdus dans l'instant qui les dévorait tout entier.

C'est lui qui bougea en premier, libérant l'une de ses mains et la plongeant dans sa poche. D'un geste calme, il en sortit une chainette. Il fallut un certain temps à Hermione pour comprendre de quoi il s'agissait. Lentement, il la passa autour de son cou et attacha les deux extrémités avec l'aide de son autre main. Le bout de métal froid vint tomber sur la naissance de sa poitrine et lui arracha un frisson.

Enfin, il recula tranquillement et se pencha, ramassant ses affaires. Lentement, il passa le sous-vêtement autour de son buste et vint l'accrocher dans son dos : elle nota alors, dans son esprit complètement anesthésié, qu'il était très précautionneux. Ses doigts vinrent remonter en une simple caresse chacune des bretelles sur ses épaules. Il attrapa ensuite un de ses bras, y passant une manche de la chemise : elle l'aida, sans s'en rendre compte, et enfila son autre main dans l'autre manche.

D'un geste leste, il finit par ramasser sa veste et la déposa précautionneusement sur le bras du fauteuil.

Son regard perforait le sien. Ils se jaugèrent ainsi longtemps avant qu'elle ne réalise que sa chemise demeurait encore ouverte… Elle porta alors ses doigts aux boutons et les attacha, un à un, sans prêter attention à ce qu'elle faisait, ses yeux toujours dans les siens.

- Tu as compris… ?

Elle n'arriva pas à agréer ou à contester. Que venait-il de se produire, au juste ?

- Non.

Ses yeux s'assombrirent légèrement.

- En tout cas, n'approche plus d'autres hommes. Parce que je te ferais encore du mal.

- Tu ne m'as pas fait de mal..., nia-t-elle stupidement, hagarde, en pensant à ce qu'il venait de se passer…

Peut-être ne savait-elle plus très bien le différencier du bien, cependant. Il ne répondit pas, le visage impassible. Elle finit par rejoindre sa chambre, sans un mot. Lorsqu'elle en referma la porte, un souvenir lointain l'envahit.

« Jouer avec un Serpentard est un passe-temps risqué, vous savez… ? On ne sait jamais à quoi s'attendre avec eux. Le pire, le meilleur... Tout se confond, et à la fin, on ne sait plus vraiment si on nous fait du mal… et si oui, si ce mal ne nous fait pas du bien… »

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