My Dear Sadistic Highness

Chapitre X

Cind3rella : je suis contente de voir que Liam suscite des interrogations ! et j'espère que tout va s'éclairer par la suite… ! merci pour ta review !

Audrey : et bien la-voilà, héhé ! elle est courte mais j'espère qu'elle te plaira !

callipsae : eh bah héhé, je suis ravie que ça t'aie autant plu ! j'ai beaucoup apprécié moi-même l'écriture de leur rixe ! J'espère que la suite te plaira tout autant !

btania : sa douceur détonne, hein… ? Je pense qu'il en est capable, quand il le veut lui-même… merci pour la review !

malawiwi : hahahaha ! qui sait si elle va être une vilaine, vilaine fille ! j'aime ton état d'esprit ! merci pour la review !

LittleRock14 : mais de rien ! j'essaie toujours de répondre aux reviews ! Après tout, si j'en « réclame », il vaut mieux que je réponde quand mes lecteurs me posent des questions ! Merci beaucoup pour ta review ! La suite maintenant !

Ellie : Ah, Drago sait faire preuve de maîtrise parfois, notamment lorsqu'il a tout à y gagner… Merci beaucoup pour celle belle review :) et la suite maintenant !

Minnie35 : ah et bien merci ! je suis ravie qu'elle t'aie plu ! la suite, tout de suite :)

Your subtleties, they strangle me,I can't explain myself at all.And all the wants, and all the needs,All I don't want to need at all.

The walls start breathing, my mind's unweaving,Maybe it's best you leave me alone.A weight is lifted, on this evening, I give the final blow.

[…]

A falling star, least I fall alone.I can't explain what you can't explain.You're finding things that you didn't knowI look at you with such disdain

[…]

Now I'm on my own side, it's better than being on your sideIt's my fault when you're blind, it's better that I see it through your eyesAll these thoughts locked inside now you're the first to know.

When darkness turns to lightIt ends tonight.Just a little insight won't make this rightIt's too late to fightIt ends tonight.

It Ends Tonight - The All-American Rejects

Prodrome sibyllin, sombre-rêve, songe-creux. Grelot de cauchemar. Eh, charmeuse, eh, virago. Viens à moi, tes complaintes emplies de narcose jusqu'au fond de la gorge. Viens cartomancienne, viens. Illusions, erreurs, augures. Habile griot bleu, diable de pythie. Pythonisse qui serpente. Viens croupie, viens apogée : grandes mégères, lointaines harpies. Du poison. Du venin de furie. Trahis le malin. Frelate. Défigure, corromps, déforme… Altérée que tu es. Immondes contes. Adversité, souche, inanité. Viens torpeur, viens. Servile !

Putride. Putride.

Rhiannon vient te dévorer !

Chapitre X

Elle s'adossa contre ses oreillers moelleux en soupirant une fois de plus. L'eau avait lavé son corps pendant des heures : elle s'était glissée entre ses lourdes couvertures et son pyjama propre frottait sa peau dans une caresse douce. Il n'y avait pas de meilleure façon pour s'installer dans le confort le plus céleste, c'était indéniable.

Son cœur battait à la manière d'un tambourin affolé. Elle sentait encore ses mains glisser le long de sa peau, la frôler, la heurter de blandices vénéneuses.

Le fait qu'il sache se montrer si calme suscitait une tension et surtout révélait une qualité qu'elle n'aurait jamais voulu lui connaître : la capacité de la traiter avec une sorte de respect. C'était vraiment étrange : les mots qui lui venaient à l'esprit n'étaient pas assez forts… Ils n'étaient pas assez bons : « incroyable », mais non, ce n'était pas « incroyable ». Ce n'était pas « inconcevable », ni « invraisemblable » ... Ce n'était pas « inimaginable » ou « impensable »… C'était au-delà de tout cela. La vérité ne s'atteignait qu'après avoir mis ces mots bout-à-bout pour former le sentier de l'absurde, conduisant inéluctablement à la porte de la folie.

Il n'y avait plus rien à faire : sa tête tournait en migraines lourdes, à lui en faire oublier jusqu'à son nom, pour ne plus qu'en garder un. Drago Malefoy.

Toujours plus terrible, s'acharnant avec la ruse d'un dément. Ce qu'il lui avait infligé ne s'apaiserait pas, elle le savait. Malgré tout ce qu'elle pouvait faire, dire, ou même s'évertuer à penser, rien ne pourrait changer quoi que ce soit. Il faudrait un temps fou avant qu'elle ne s'écume de cette sensation. Il l'avait retournée contre elle-même.

Et elle ne pensait plus qu'à ça, cela l'obsédait, la faisait tanguer au dessus du vide. Sa bouche. Sa langue. Sa bouche. Sa langue. Ses mains. Ses yeux. Torrentueux. Sa bouche. Tout, véhément, volcanique.

Mais tu n'as pas fini de me pourrir ? Tu n'as pas fini de me pourrir jusqu'à la moelle ? Laisse-moi mourir en paix.

Sa langue. Sa bouche.

Ses mains. Ses yeux.

Le front contre le chambranle, il écoutait le silence. La folie le guettait dangereusement. Son comportement n'avait pas la moindre explication. Il avait beau retourner la situation dans sa tête, encore et encore, il n'arrivait pas à se saisir lui-même.

Mais il n'y avait aucune rationalité à tout ça, il le savait. Toute logique avait quitté les bancs de son esprit depuis des années à présent. Pourtant… Peut-être existait-il une raison ? Une origine à tous ces comportements… ? De quoi était née cette tendresse inconnue ? Il ne s'était jamais connu de tels gestes.

Peut-être n'avait-il jamais eu aussi mal qu'en la voyant avec un autre que lui. Il n'était pas quelqu'un de jaloux, ni quelqu'un de réellement possessif… Quoique. Possessif, certainement. Il n'avait jamais aimé partager.

D'une certaine manière, et maintenant qu'il y songeait, il n'avait jamais pensé qu'elle puisse s'éloigner de lui : il n'avait jamais songé qu'on puisse la lui voler. Personne n'avait jamais voulu d'elle et elle s'était isolée du monde, ces derniers mois. Et curieusement, cela l'avait rendue peut-être plus intéressante aux yeux d'un autre qui ne l'avait jamais regardée auparavant. Auprès de cette saleté, de ce faux-jeton de Blake. L'idée était rageante. Il avait eu tant de temps pour se l'accaparer mais son orgueil l'en avait empêché. Quelque part, il savait qu'il ne l'aurait jamais pour lui.

Il devenait fou, avec elle. Tout ce qui n'avait été à l'origine qu'un jeu, dérapait à présent en une valse mortelle. Certes, il lui faisait un mal indéniable, mais elle ne se doutait probablement pas à quel point elle le torturait aussi. Elle désirait tant s'échapper…

Mais cette fois, cela avait été différent. Il avait été différent. Peut-être apeuré. Et même sans vouloir le montrer, sa frayeur s'était inscrite dans ses gestes, dans la moindre de ses caresses. Il ne pouvait plus la faire fuir davantage : elle se serait envolée comme un petit oiseau à l'approche du chat.

Alors, il avait été calme. Incroyablement maître de lui-même. Et elle ne l'avait pas repoussé : l'oiseau avait accepté de jouer avec le chat. Elle s'était laissée faire, laissée prendre des coups de pattes, une emprise implacable, contre la promesse d'une remise en liberté.

Jamais indemne, mais délicieusement atteinte.

Ses seins dans ses paumes, son corps frêle entre ses bras : sa bouche contre la sienne. Sans s'en rendre compte, elle avait accepté l'emprisonnement et il y avait pris affreusement gout.

Il était inenvisageable qu'elle s'enfuie. Il fallait qu'il trouve un moyen de l'enfermer, quelque part, dans une prison obscure où personne n'irait la chercher. Il n'y avait que ce moyen pour qu'elle reste à ses côtés, qu'elle renonce à ses principes pour s'abandonner.

Elle ne consentirait probablement jamais à s'offrir à lui, et auquel cas… N'est-ce pas… ? Pourtant, ce qui s'était passé pouvait prouver l'inverse, mais elle était trop flottante pour qu'il puisse se rassurer avec cette étreinte.

Les yeux en plein orage, il se décolla du bois et vint s'asseoir sur son lit, attrapant au passage son archet. D'un coup de baguette, il fit venir son violoncelle et l'installa entre ses jambes. Il posa l'instrument sur ses cordes et appuya fortement, pour oublier.

- Merci beaucoup, Luna. Vraiment, murmura Hermione, presque tremblante.

Entre ses mains reposait un lourd ouvrage brun. Le temps avait laissé son empreinte sur le grimoire, le tachetant de marques grisâtres et de parcelles usées.

- Tout le plaisir est pour moi, Hermione. Je suis contente d'avoir pu t'aider, répondit simplement Luna avec son habituel sourire.

Hermione retourna le livre pour en voir la couverture : dans le vieux cuir était gravé des inscriptions illisibles. D'après la forme des caractères et leurs traits à la fois ronds, pleins et anguleux, ce devait probablement être l'alphabet gotique (1) : elle se pencha davantage dessus, essayant de décrypter la signification du titre du livre. Cela devait forcément avoir son importance. Malheureusement, elle n'avait encore jamais vraiment pratiqué cet alphabet. Elle retrouva non sans peine la première syllabe, « hin », mais elle n'avait même pas la moindre idée de sa signification.

- Hindar.

Hermione laissa ses yeux venir plonger dans ceux de la Serdaigle avec la plus grande surprise.

- Hindar : derrière, au-delà, dedans. C'est du gotique.

- Tu sais le comprendre ?, s'étonna Hermione.

- Je sais juste lire certains glyphes. C'était un coup de chance.

La Gryffondor ne parvint pas à relâcher son regard, ses prunelles s'emparant d'un fond admiratif. Un peu inquiète toutefois, elle finit par laisser glisser ses yeux sur l'ouvrage et l'ouvrit au hasard.

- Ce n'est quand même pas écrit en gotique, à l'intérieur ?

- Non, c'est bien en anglais… Je pense juste la couverture est authentique, alors que les pages intérieures sont des traductions récentes.

- C'est curieux…

- Mme Pince m'a dit que beaucoup de livres de la bibliothèque de Poudlard étaient du même type… Surtout la section sud sur l'histoire magique égyptienne… Beaucoup de livres ont été retranscrits du copte (2).

- Oui, c'est vrai, j'aurais dû y penser… En tout cas, encore merci.

- De rien, répéta machinalement Luna. Je te laisse à ta lecture…

Hermione lui adressa un signe d'approbation et de remerciement avant de la regarder s'éloigner et tourner à l'autre bout du couloir. Entre ses doigts se tenait l'arme qui lui avait manqué pendant de longs mois, cette année.

Il y avait pourtant ce doute, immiscé en elle depuis qu'il s'était passé cette chose bizarre avec Malefoy. Cette saleté de scrupule familier qui revenait à la charge lui écrabouiller les entrailles. Elle ne pouvait pas se débarrasser de ses valeurs… Et elle ne le voulait pas non plus. Juste avec lui. Juste, pouvoir, quelques minutes seulement, en faire son exutoire à son tour.

Impossible.

Mais le temps pressait : elle ne devait pas rester dans ce couloir, aux yeux et aux oreilles de tous. Personne à part Luna ne devait la voir avec ce livre. Même si de toute manière, personne ne lui aurait posé de question. Voir Hermione Granger avec un livre à la main n'était pas un spectacle extraordinaire dans l'enceinte de Poudlard. Pour autant, une seule paire d'yeux l'inquiétait. Elle ne traina pas et sortit sa baguette. D'un seul coup de celle-ci, elle fit rétrécir l'ouvrage et le glissa dans son sac à bandoulière.

Il fallait qu'elle trouve un endroit sûr où lire… Dans sa chambre, c'était bien trop risqué. Dans la salle-commune des Gryffondor, elle n'aurait pas été tranquille non plus… En fait, le seul endroit ou personne n'aurait pu la trouver, c'était la salle-sur-demande.

Rapidement, elle parcourut les couloirs puis les escaliers afin de rejoindre le septième étage. Là, elle passa plusieurs fois de suite au bord du mur et attendit que le charme fasse son œuvre. Bientôt, une vieille porte lui apparut et elle pénétra à l'intérieur après avoir vérifié par maintes fois si les couloirs étaient bien déserts.

Elle avait demandé une salle où elle pouvait lire en paix sans ne jamais être dérangée. La salle-sur-demande s'était alors transformée en une pièce moyenne, munie d'une cheminée et d'énormes fauteuils à l'apparence fort-dodue.

Émerveillée par ce bijou de la magie, elle s'installa dans le siège le plus proche du feu et sortit l'ouvrage afin de commencer sa lecture.

La page de garde portait des arabesques noires, fines et élégantes : dans ces dernières se dessinaient des feuilles d'érable et d'acanthe. Au centre, il y avait un œil assez bien dessiné. Quand on y regardait de plus près, on pouvait s'apercevoir que les traits formant ses contours étaient des mots.

« Totas noctes somniamus. Noctivagus. Noctividus. Noctabundus. Noctulius. Nocturnus. Noctuvigilus. Nocumentum. Nocuus. »

« Nous avons des rêves des nuits entières. Qui erre pendant la nuit. Qui voit pendant la nuit. Qui voyage pendant la nuit. Qui veille pendant la nuit. Qui agit dans les ténèbres pendant la nuit. Qui veille la nuit. Ce qui nuit. Vil, qui fait du mal. »

La boucle se répétait. Toujours les mêmes mots, dans le désordre, mais les mêmes. Hermione tourna la page. En lettres rondes était écrit Ternon Owlen. Ce devait être l'auteur. En dessous, un petit paragraphe se présentait.

« Humble lecteur, cet ouvrage vous guidera dans l'art divinatoire d'outre-barrière. Les premiers chapitres s'offrant à vous traitent des études divinatoires de pénétration et de vision : l'occlumancie et la légilimancie. Les derniers chapitres seront quant à eux consacrés à l'oniromancie (l'étude des rêves) : l'ambomancie et la solumancie y seront traitées.

Je vous souhaite une agréable lecture et vous laisse entamer la préface de Celse Van Pyren. »

Mais Hermione passa les pages jusqu'au sommaire afin de chercher le chapitre qui lui avait tapé dans l'œil. C'est le cœur battant qu'elle se rendit page 82.

« Oniromanciens, ou s'essayant :

Du rêve jusqu'à la manipulation. »

L'ambomancie est une branche parallèle à la légilimancie. Interdite depuis 1950 (Décret XII des Turénéens), car déclarée comme forme de magie noire, elle est encore parfois utilisée par les aurors, ou en médicomagie pour soigner les comas magiques.

Le terme Ambomancie (du latin ambo, «autre») désigne l'infiltration d'un ou de plusieurs tiers (appelés les alter-rêveurs ou les éveillants) dans l'esprit d'une ou de plusieurs personnes endormies (appelés les dormeurs ou les rêveurs).

Il faut savoir que cette technique ancienne peut causer des dommages si elle est mal exécutée : les alter-rêveurs ou les dormeurs peuvent en subir tous deux les conséquences. Cette méthode n'est donc pas à prendre à la légère et, illégale à fortiori, nous tâcherons surtout ici d'en expliquer le fonctionnement théorique. En aucun cas nous n'encourageons nos lecteurs à pratiquer cet art.

Ce que les Ambomanciens débutants doivent d'abord connaitre :

Hermione interrompit sa lecture, manquant de s'exclamer. L'auteur stipulait la ligne précédente qu'il n'encourageait pas à la pratique de cette technique, puis se contredisait la ligne suivante… Ambomanciens débutants… Si ce n'était pas un cours pratique, qu'était-ce ?!

- Il doit exister un lien entre le dormeur et l'alter-rêveur (il faut au moins qu'il y ait eu contact visuel ou tactile). C'est essentiel pour créer la connexion nécessaire au nouveau rêve.

- Il est inutile de commencer par des situations trop compliquées : le tout est de rester maître des éléments introduits dans l'esprit du dormeur.

- Attention aux excès : éviter scènes d'horreur trop intenses (ne pas maximiser l'acuité des sens, à ces moments là), scènes de violences, scènes de torture mentale ou de mort.

Merlin ! C'était un mode d'emploi destiné à apprendre à des bourreaux comment torturer leurs victimes.

L'Ambomancie ne cause aucun dommage physique mais peut perpétrer certains traumatismes si l'alter-rêveur ne maîtrise pas son univers à la perfection. C'est donc un art à parfaire à tous les instants : un seul manque de vigilance peut conduire à de graves conséquences.

[…]

Comment créer son rêve ?

Il faut tout d'abord choisir un décor ou en créer un : partez d'une base de construction vide, sans couleur ni sensation et ajoutez-y les éléments souhaités. Des bases d'études divinatoires sont souvent utiles à ce procédé.

[…]

S'introduire dans l'esprit du dormeur.

Des bases de légilimancie sont indispensables à cette procédure.

Il faut tout d'abord créer un contact physique de quelques instants pour « s'harmoniser » avec le rythme de sommeil de l'endormi. Il faut prendre son temps, cette étape est essentielle. Il est important de garder les yeux fermés durant cet exercice. Une fois ceci fait, il faut relâcher contact et si possible, s'asseoir non-loin du dormeur. A présent, l'infiltration peut commencer.

A cette lecture, le coeur d'Hermione s'accéléra : un contact physique de quelques instants. L'idée qu'il ait pu la toucher tandis qu'elle dormait lui donnait des sueurs froides.

[…]

Défenses du dormeur. Notions de Solumancie.

La Solumancie (du latin solus, « seul ») est le seul moyen de défense pour un endormi. Des bases d'Occlumancie sont nécessaires à la pratique de cet exercice.

Les prochaines étapes doivent se réaliser éveillé :

Il faut tout d'abord se créer un Gardien. Un Gardien est une sorte de soldat de l'esprit auquel on peut faire appel afin qu'il défende notre « territoire ». Il s'agit en fait d'une image qu'on a fait sienne, se faisant, cela peut être un humain, un animal, une créature de votre invention… Le panel de choix n'est pas limité. La plupart du temps, pour une efficacité maximale, on recommande de choisir un Gardien humain pour commencer. Il faut donc imaginer la personne voulue (fictive ou réelle) de la manière la plus personnelle possible. Il faut y concentrer toutes ses pensées puis les rendre fortes. Ce procédé, très abstrait, est difficile à décrire. La méthode la plus probante pour parvenir à un résultat tangible est la suivante : créer un être dont on est persuadé de l'invincibilité. L'esprit fera le reste.

[Si l'Ambomancie est expérimentée sur vous contre votre gré et que vous connaissez l'identité de la personne concernée, assurez-vous de choisir votre Gardien en fonction de cette personne. Évidemment, vous pouvez changer de Gardien à chaque nouveau rêve, et nous vous encourageons à le faire : c'est le meilleur moyen de déstabiliser votre éveillant et de l'empêcher de parvenir à ses fins.]

Une fois le Gardien pensé, imaginé, et finalement créé, il faut dès à présent y songer le plus possible. Régulièrement dans la journée, il faut se rappeler de son existence, et la nourrir de nouvelles pensées : attribuer un nom par exemple est l'une des étapes les plus importantes si le Gardien est fictif. Puis, il faut l'envisager dans différents contextes, réfléchir aux gestes qu'il peut exécuter, aux armes (psychiques ou matérielles) qu'il peut porter et user. Toutes ces manœuvres font exister le Gardien dans votre esprit et plus il s'imprègnera dans les différentes parties de vos pensées, plus il gagnera en force. On peut finalement commencer à l'écouter, puis à dialoguer avec lui. Il ne faut pas perdre de vue toutefois que ce Gardien est fictif. Ce n'est qu'une représentation formulée par votre esprit de ce qui est le plus apte à le préserver. Ce n'est pas une création magique, et en aucun cas le Solumancien ne doit s'enfermer dans sa propre tête. Les dangers d'une telle technique ? Basculer dans la schizophrénie. Si le sujet de base est bien conscient que son Gardien n'est qu'une barrière personnelle qu'il a créé, il n'a aucun souci à se faire.

[…]

Dernière étape : à présent, l'heure est venue d'essayer le Gardien sur le potentiel Ambomancien. Dès lors que l'on ressent une intrusion dans son rêve –et elle existe toujours en cas d'Ambomancie exercée sur un esprit, même si elle peut demeurer des plus furtives...-, l'esprit invoque alors aussitôt son gardien. Ce dernier ne peut pas être présent dans tous les rêves, au risque de compromettre la santé mentale de son propre sujet. Ainsi, l'esprit repousse inconsciemment le Gardien tant que le dormeur ne perçoit pas « d'intrusion ».

Si le Gardien apparait, vous êtes effectivement sous l'emprise d'un Ambomancien. Ce dernier d'ailleurs ne tardera pas à se matérialiser lui-même (ou sous une autre apparence) dans votre rêve et lui-seul saura attaquer votre Gardien. Nous précisons toutefois que le Gardien ne protège l'esprit qu'envers des attaques d'un Ambomancien. Si ce dernier ne fait qu'escale dans votre esprit, sans y semer le trouble, il sera plus difficile pour votre gardien de l'en extraire : le Gardien puise sa force dans la violence de l'intrusion. Si l'intrusion est « douce », maitrisée et surtout, qu'elle ne suscite aucune angoisse, le Gardien voit sa force diminuer jusqu'à disparaitre. Évidemment, ce dernier réapparait aussitôt, dès que le rêve panique l'esprit du dormeur à nouveau.

La solumancie n'est pas un art véritablement dangereux, à l'inverse de l'ambomancie qui peut s'avérer parfois un peu risquée. Il faut quand même toujours se rappeler de manœuvrer les arts oniromancs avec la plus grande des précautions jusqu'à s'y être familiarisé.

Alors… Si Drago Malefoy était un Ambomancien, alors Hermione devait devenir une Solumancienne. Comment faire ? Elle n'en avait pas la moindre idée, car à vrai dire, elle n'avait jamais pris de cours d'occlumancie de toute sa vie. Peut-être suffisait-il de suivre les instructions cependant. Cela ne coutait rien d'essayer. La solumancie ne laissait pas de traces, ce n'était après tout qu'un moyen de défense.

Trouver un Gardien, une tâche ardue même si quelques idées venaient spontanément envahir son esprit. Elle avait tant de personnes aptes à pouvoir représenter un Gardien. Mais il fallait qu'elle choisisse une personne sûre : il y avait bien évidemment les choix les plus évidents : Harry, Ron, MacGonagall, Dumbledore. Puis, il y avait les choix vicieux : Voldemort, Lucius Malefoy… Liam.

[…] Si le solumancien prend le dessus sur l'ambomancien, ce dernier peut se trouver piégé dans le propre rêve de sa victime. Elle peut alors le manipuler à sa guise à son tour jusqu'à son propre réveil… […]

Le tenir en victime, dans son propre crâne. Impuissant. L'excitation lui tordait les boyaux. Il fallait qu'elle tente cela à la prochaine de ses invasions.

- …et d'un coup, le hibou arrive droit sur moi. J'ai tellement eu peur, j'ai lâché tout le courrier dans les fientes, ma mère va me tuer…

Les histoires inintéressantes de Pansy Parkinson résonnaient aux oreilles des dernières années de Serpentard. Drago Malefoy trouvait sa voix particulièrement dérangeante, mais ne disait rien, faisant semblant d'écouter en pensant à autre chose. Il n'avait ainsi pas à prendre part à la conversation que Pansy se chargeait très bien d'entretenir toute seule.

Oksana, quant à elle, se colla davantage à lui et fit claquer sa langue dans un son de mépris. La tablée se rendit tout à coup silencieuse et Pansy s'interrompit brusquement.

- Dis-moi, Pansy… Quand as-tu prévu de te taire ? Parce qu'il est déjà treize heures, tu sais…, demanda Oksana avec un sarcasme glacial.

Pansy blanchit, bégaya un peu avant de se reprendre et ouvrit la bouche pour articuler une réponse.

- Tu n'es pas obligée de m'écouter, murmura simplement la brune, rougissante d'humiliation à présent.

- Avec une voix pareille, tu ne laisses pourtant le choix à personne.

Pansy rougit encore davantage et se recroquevilla sur elle-même. Il y eut des ricanements autour d'elle. Drago soupira, attirant alors l'attention sur lui.

- Tu vois, même Drago est accablé, continua Oksana d'une voix perfide.

- Ne parle pas en mon nom, Oksana, souffla-t-il.

Il y eut une inspiration commune dans toute l'assemblée : il ne la contredisait jamais, d'habitude, renchérissant plutôt. Mais la vérité, c'était que Drago était perturbé en ce moment. Son esprit se révélait plus possessif que jamais et il se surprenait à vouloir dominer encore plus que d'habitude. Le fait qu'Oksana prenne l'initiative de rabrouer Pansy sans vergogne l'exaspérait : malgré le fait que Pansy soit généralement très collante et, il fallait l'admettre, assez soporifique comme la plupart des filles, c'était une camarade dont il appréciait parfois la compagnie. Il n'ignorait pas non plus qu'elle était folle de lui et curieusement, la faire courir comme il l'avait souvent fait ne semblait pas si amusant à cette minute.

C'est pour l'ensemble de ces raisons que spontanément, il était intervenu.

- Ce que je voulais dire, tenta de se rattraper Oksana pour préserver sa dignité, c'est que tous ses babillages avaient pu te lasser.

- C'est toi qui es lassante, Oksana. Si tu aimes autant le silence, tu ferais mieux de le garder toi-même, lâcha-t-il avec une insolente nonchalance.

Oksana se redressa sous le coup de la surprise, et surtout de la honte. Sa peau d'ordinaire si pâle était aussi rouge qu'une tomate. Quelques plaques venaient même se former sur son visage, le marquant de la mortification la plus vive.

- C-.. M..

Elle essaya, tant bien que mal, de débuter une phrase mais était bien trop confuse pour articuler le moindre mot.

- Chut, acheva Drago avant d'enfourner une patate dans sa bouche.

- Tu n'as pas à me parler ainsi !, fulmina-t-elle soudain.

Drago ne répondit pas, regardant devant lui tout en mâchant consciencieusement sa bouchée.

- J'étais dans mon bon droit.

Le blond avala, pris une gorgée d'eau hocha la tête en signe d'approbation.

- Il ne te manquait que la politesse, effectivement, persévéra Drago en commençant très sérieusement à s'ennuyer de cette maigre joute.

- Elle…-, commença Oksana, probablement pour se justifier.

- Je m'en tape, l'interrompit froidement Drago avant de se lever calmement de table.

Oksana poussa un cri rageur qui fit se retourner les élèves des autres tables.

- Mais pour qui tu te prends, Malefoy ?!, l'invectiva-t-elle à travers la Grande-Salle.

Il ne prit aucunement la peine de lui répondre et quitta la pièce sous les yeux ronds de tous les élèves.

Hermione resta abasourdie comme le reste de la salle pendant une bonne trentaine de secondes. Que venait-il de se produire au juste ? Malefoy et sa harpie s'étaient disputés ? A vrai dire, il était parti très serein, et elle, continuait toujours de fulminer à sa table, rouge comme la cape du petit chaperon.

Soudainement, la blonde se leva et jeta son verre de jus de citrouille à la figure de Pansy Parkinson. Ce moment fut anthologique.

Bien qu'Hermione ait été bien des fois insultée par Pansy Parkinson, elle ne put s'empêcher de se scandaliser du geste de la blonde. De quel droit se permettait-elle un tel acte ? Et Parkinson, elle, ne broncha même pas, tête baissée. C'est là qu'Hermione se réveilla de sa torpeur et se leva brusquement.

Les regards se tournèrent alors directement vers elle et elle contourna la table des Gryffondors pour rejoindre celle des Serpentards. Au moins quatre cent yeux la suivaient alors. Elle s'arrêta finalement devant Oksana, uniquement séparée d'elle par la table, et tendit une serviette à Pansy Parkinson.

Et, de sa voix la plus claire et la plus ferme, elle dit simplement :

- Dix points de moins pour Serpentard.

Le silence de la Grande-Salle était presque palpable : les professeurs présents, Sinistra, Hagrid et Flitwick, tous aussi tétanisés que les élèves, assistaient à la scène avec une mine ahurie.

- Un tel comportement ne saurait être toléré, Miss Nikolaïevna. Et puisque je suis préfète-en-chef, j'ai également l'autorité pour te demander de rejoindre immédiatement ton dortoir.

C'était comme si elle avait vu une verrue lui pousser sur le nez : Oksana, l'air horrifié et très franchement, assez stupide, ne parvint même pas à se mobiliser suffisamment pour esquisser le moindre mouvement.

- Maintenant, précisa Hermione comme si elle s'adressait à la personne la plus lente de la planète, refusant de laisser la moindre trace d'amusement percer sur son visage ferme.

La blonde sortit tant bien que mal de sa torpeur et enjamba le banc, plus pantoise que jamais. D'un pas maladroit, elle se dirigea vers la sortie… Et c'est probablement à cet instant que la chose la plus curieuse arriva : la salle se remplit d'une douce clameur qui vint bientôt se transformer en applaudissements…

C'est l'instant que choisirent les professeurs présents pour se mettre à ordonner le silence tandis qu'Hermione retournait s'asseoir, le cœur battant de la plus folle et enivrante des adrénalines.

- Eh ben, Mère Potiron, pas de pitié pour le vieux chaudron !, s'exclama Ron. (3)

Les Gryffondors se mirent alors tous à la féliciter alors que les professeurs essayaient tant bien que mal de calmer le nouveau tumulte de la Grande-Salle…

(1) Le gotique est une langue germanique aujourd'hui éteinte, celle des Goths et, plus particulièrement, des Wisigoths. Le gotique est donc une langue indo-européenne. (Wikipédia ©)

(2) Le copte est une langue afro-asiatique descendant de l'égyptien ancien. Elle est la langue liturgique des chrétiens d'Égypte : les coptes. (Wikipédia ©)

(3) Expression que j'ai inventé, nul besoin de vous dire qu'elle me fait encore rire. Non je n'étais pas sous acides quand je l'ai écrite. C'est juste la pression des examens.

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