My Dear Sadistic Highness

Chapitre XI

Laeti : eh bien merci beaucoup ! jolie review !

Malawiwi : il faut dire que vous ne sembliez attendre que ça ! ;) ! La suite maintenant !

I watched you change,Into a fly.I looked away,You were on fire.

I took you home,Set you on the glass,I pulled off your wings,Then I laughed…

[…]

I look at the crossThen I look away,Give you the gun……Blow me away

I watched a change in you,It's like you never had wings.Now you feel so alive.I've watched you change,It's like you never had wings.

Change– Deftones

Chapitre XI

La chainette glissa de sa main pour venir reposer dans l'écrin. Habilement, elle fit glisser le pendentif au centre de la boite en velours et entoura la chaine en spirale pour un effet esthétique plus soigné. La couleur prune de la pierre lisse se liait parfaitement avec l'organsin bleu nuit du coffret. Dans un bruit mat, elle vint disposer l'écrin sur un présentoir afin qu'il soit bien en vue. Toute l'étagère scintillait presque sous les reflets de toutes les pierreries. Le métal brillait comme s'il avait été poli pendant des heures : chacun des maillons des chaines possédait sa propre superbe. L'œil hagard, Hermione vint compter le nombre de coffrets disposés sur le côté gauche afin que tout soit symétrique avec le côté droit. Elle en compta quinze et quatorze. Pour harmoniser la présentation, elle alla chercher une nouvelle petite boite de bois verni dans le tiroir des arrivages et s'empara d'un nouveau coffret en velours bleu marine. C'est ainsi que recommença son manège de présentation sur un nouveau pendentif…

Cela faisait bien trois bons quarts d'heure qu'Hermione s'attelait à ranger les nouveaux arrivages de bijoux avec un soin proche de la maniaquerie. Mme Griffith, elle, torsadait des rubans pour créer la ganse d'une de ses créations.

- Faites bien attention à ne pas mettre de traces de doigts, Hermione, répéta la sorcière d'âge mature pour la quinzième fois d'affilée.

Cette dernière acquiesça, un peu lasse. Ce travail était assez rébarbatif, même si elle devait admettre qu'elle restait fascinée par les objets et les vêtements lui passant entre les mains. Chaque ouvrage rendait visible les heures de travail opérées pour les imaginer, les créer et les magnifier. Chaque étoffe, chaque ruban, chaque point de couture, semblait être à l'endroit précis où il devait se trouver. Quelques perles, des pierres parfois, venaient se piquer dans les cols, les décolletés et les boutons de buste. On sentait la richesse émaner des produits présents dans la boutique.

Elle avait découvert de tous nouveaux objets, tels que des ornements de baguettes : des manches incrustés de pierres précieuses, on pouvait aussi calligraphier son nom en or sur la garde. Mieux encore, on pouvait l'agrémenter de sinuosités taillées pour créer des canaux magiques au sein même du bois.

Fioritures, certes, mais jolies fioritures.

Cette fois-ci, le bijou était un collier en métal argenté, probablement encore un alliage onéreux. Les chaines portaient quelques perles de nacre grise et parme et le pendentif se composait d'un triquetra celtique, dont le centre portait une lourde améthyste taillée.

- En tout cas, ce sont de très beaux bijoux…

- Plectura, signa-t-elle avec évidence. Je crois que nous en avons déjà discuté. Le métal est ramassé et affiné par les Gobelins puis les Maîtres Gobelins se chargent du moulage et des pierres. C'est probablement les plus précieuses créations d'Angleterre.

Hermione haussa les épaules. Elle n'était pas très joaillerie… La simplicité du pendentif qu'elle portait autour du cou lui suffisait amplement. Elle porta ses doigts à sa gorge et vint attraper le fin disque ouvragé pour l'admirer. Elle se demandait régulièrement comment le métal faisait pour rester si rutilant…

- … Qui vous a offert ça, ma chère ?, s'enquit Mme Griffith. Parce que vous le portiez déjà la dernière fois j'avoue le trouver très original.

- Je ne sais pas du tout, à vrai dire. J'ai reçu ce pendentif à Noël, dans un paquet vierge.

- Oh… Un admirateur anonyme, peut-être ?, commenta-t-elle en retour avec un sourire allusif.

Hermione rosit un peu.

- Il n'y avait pas de mot, rien. J'aimerais vraiment savoir… Surtout que quand on y pense…

Elle frissonna. Il y avait quelque chose d'étonnant, tout de même, à recevoir un collier ainsi. Noël était une bonne excuse, mais qui aurait offert un présent pareil sans signer ? Certes, elle s'était souvent demandé qui avait fait un cadeau pareil mais s'il ne s'agissait pas vraiment d'un cadeau ? Qu'en serait-il, s'il s'agissait tout simplement d'un piège ? Tout de suite, l'attention prenait plus de sens. Pourquoi ? Parce que qui aurait mis autant d'argent dans un cadeau ? Quelqu'un qui tenait vraiment à elle : et elle connaissait toutes les personnes qui tenaient vraiment à elle et aucune d'entre elle ne pouvait se permettre un tel présent. Ou en tout cas, aucun d'entre eux ne l'aurait fait à moins qu'il ne s'agisse d'une situation exceptionnelle. Ou bien qu'ils se soient tous cotisés pour le faire –et là encore, quel aurait été l'intérêt de ne pas signer collectivement ?- Cela n'avait pas le moindre sens.

Pourquoi ne s'était-elle jamais arrêtée sur ce détail, sous cet angle là ? Peut-être le collier était-il ensorcelé ? Peut-être était-il dangereux ? Peut-être s'agissait-il d'un cadeau empoisonné par les mangemorts, dans l'unique perspective de lui faire du mal… Elle se souvenait avec précision des avertissements de Maugrey quant aux objets d'origine inconnue. Peut-être cela indiquerait-il sa position au cas où elle quitterait Poudlard… ? Et elle et son esprit romantique, convaincus du bien fondé d'un cadeau de Noël anonyme !

Elle avait préféré se persuader, orgueilleusement, qu'il s'agissait d'un cadeau amoureux… Celui de Ronald –bien qu'elle n'y ait cru qu'une microseconde, réalisant ensuite qu'il était financièrement incapable de lui acheter un bijou qui devait couter les yeux de la tête, et qu'en plus, cela n'aurait tout simplement pas été de son genre-… Ou encore Liam –et Merlin seul savait si elle avait espéré que le présent soit de Liam-. Mais elle devait se rendre à l'évidence : ils ne se connaissaient pas assez lorsqu'elle avait reçu le cadeau, pour se laisser imaginer qu'il pouvait en être l'instigateur. Et puis, il ne fallait pas exagérer… On ne pouvait offrir un bijou pareil qu'après des années de relation, au moins…

Merlin qu'elle pouvait se montrer sans esprit… Comment pouvait-elle être si stupide ? C'était forcément un piège… Non ? Pourquoi n'avait-elle jamais fait de vérification magique sur ce collier ? Elle savait pourtant qu'il fallait se montrer prudente. Plus que prudente, même. C'était la guerre après tout. Voilà près de deux mois qu'elle portait la chaine.

- Hermione ?

Mme Griffith posa son ouvrage et se redressa.

- Vous allez bien ?

Lentement, Hermione fit glisser la chaine le long de son cou et trouva l'attache. D'un petit geste leste, elle la défit et retira doucement le collier, le posant sur le guéridon à ses côtés. Ses doigts vinrent chercher sa baguette, à la boucle de sa ceinture et elle la pointa vers le bijou.

- Maleficium Revelio.(1)

Le pendentif resta inerte.

- Liberamentum.(2)

Il ne bougea pas plus. Hermione abaissa sa baguette et respira mieux.

- Par Merlin, que vous arrive-t-il ?

- J'ai cru l'espace d'un instant que… Qu'il était ensorcelé.

- N'avez-vous aucun moyen de découvrir qui est le destinateur de ce présent ?

- Non. Je ne sais même pas d'où le bijou vient.

Mme Griffith s'approcha et attrapa la chainette avec prudence avant de l'examiner avec attention.

- Ab Imo Pectore, commenta la patronne. L'ouvrage est fin. Je me demande si…

Elle tourna les talons vers le fond du magasin et entra dans la réserve. Hermione resta plantée là, les bras ballants, avant de se décider à la suivre pour voir ce que signifiait ce départ rapide. Des murmures émergeaient de derrière les rideaux, ainsi que des bruissements de papier. Mme Griffith était penchée sur un énorme livre.

- Le voilà, pointa-t-elle du doigt. Comme je suis l'une des sept vendeurs de bijoux Plectura sur l'Ile… J'ai le catalogue référencé automatique.

- Automatique ?

- … Comme vous devez sûrement le savoir, les Gobelins sont des créatures assez avares. Ils aiment concevoir des pièces magnifiques et ils aiment surtout les conserver. Il y a quelques siècles, ils en ont fait un commerce… Probablement agacés de se voir dérober continuellement leurs ouvrages. Aujourd'hui, ils conçoivent des pièces puis les vendent. C'est ainsi qu'ils s'enrichissent : mais ils notent très précisément quelles œuvres se placent sur le marché des sorciers. Une fois que son acheteur ou son possesseur décède, le bijou peut ainsi être retrouvé et récupéré. C'est un secret de commerçant, que je vous confie là. Tâchez de ne pas l'ébruiter.

- J'ai toujours du mal à saisir…

- Hermione, vous êtes dans la lune aujourd'hui. Je jurerais d'habitude que mes explications sont de trop et pourtant aujourd'hui, voilà qu'elles ne vous suffisent plus pour comprendre. Le catalogue grandit à chaque fois qu'une œuvre est créée. J'ai pu retrouver votre pendentif dans le référencement. Il a été vendu à Édimbourg, en juillet de l'année passée.

Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent. Édimbourg… Pourquoi cela lui parlait-il ?

- Vous savez à qui ?

- Non, seuls les Gobelins et les fournisseurs concernés savent…, avoua Mme Griffith. Mais ce n'est pas impossible de le découvrir : laissez-moi envoyer une lettre à Magda et elle nous le dira peut-être.

- Magda ?

- Magdalena Harper. La tenancière de Chiffes & Harper's à Edimbourg.

La jeune Gryffondor laissa ses yeux se poser sur le pendentif que Mme Griffith avait reposé sur la table. Quel mystère renfermait ce présent ? Elle aurait bien aimé le découvrir. Si le bijou avait été conçu par les Gobelins, alors la personne s'était ruinée en l'achetant.

- En tout cas, il est très dur d'implanter de la magie noire, ou en tout cas offensive, dans un ouvrage exécuté par des Gobelins. La raison est simple, il faudrait couler la magie au moment de la fonte et de l'alliage du métal… Les seuls objets magiques d'origine Gobeline à ce jour sont ..-

- Les trésors des fondateurs de Poudlard…, finit Hermione en citant l'Histoire de Poudlard sans pouvoir s'en empêcher.

- Exactement. Contente de voir que vous reprenez du service, ma chère.

- Combien coûte le collier ?, s'enquit Hermione spontanément.

- Deux cent cinquante gallions.

Hermione faillit s'étouffer.

- Pardon ?

- C'est un alliage d'argent de qualité supérieure, de platine, de nacre et d'or blanc. Pour assurer la solidité et la brillance éternelle, il faut faire chauffer le métal pendant deux bonnes semaines puis y ajouter quelques gouttes de sang de Dragon Blanc d'Islande et de l'écorce d'arganier géant, décrypta Mme Griffith en lisant la description de l'ouvrage.

Les yeux fixés sur le bijou, Hermione ne sut que répondre. Qui aurait pu lui faire un cadeau pareil ? Même si quelqu'un avait voulu lui tendre un piège, il aurait juste suffi un collier lambda… Cela paraissait irréel.

- En tout cas, c'est un cadeau princier. Je vais essayer de me renseigner. Je vous tiendrais au courant.

- Je vous en remercie par avance, dit Hermione.

Ses bottines frottaient la terre, un peu croustillante sous des pieds. Le mélange de petits graviers et de morceaux de boue gelés rythmait ses pas d'une musique naturelle et la perdait encore davantage dans ses pensées. Plus haut, des corbeaux tourbillonnaient, se poursuivaient, balayant le sentier de leurs croassements désagréables. Entourant le sentier, quelques hautes herbes, touffues mais malades, se dressaient pour niveler le bas-côté. Quelques flaques de boues reflétaient les nombreux nuages présents dans le ciel et quelques gouttes, parfois, venaient à perturber la surface miroitante en ondes tremblantes. Le soleil n'apparaissait pas : la lande au loin paraissait plus irréelle que jamais. Le poids du ciel sur le paysage se faisait lourd, gris foncé, bleuté, sombre comme la colère. A certains endroits, la voute se perçait et laissait passer des éclairs lointains… Quelques dizaines de secondes plus tard, on entendait leurs sourdes répercussions jusqu'ici.

Il pleuvrait, bientôt. Mais Hermione n'y songeait pas. Elle était complètement plongée dans ses propres idées.

Étrange.

Tout devenait curieux, prenait des dimensions mystérieuses. Cela ne lui plaisait pas. Sa vie n'avait jamais été aussi compliquée. Elle portait en elle tant de sensations nouvelles : cela l'immergeait complètement et la noyait presque. Elle avait beau se débattre, défaire les nœuds qui se tissaient dans sa tête… A chaque fois, cela allait de mal en pis.

Hermione secoua la tête de droite à gauche pour se débarrasser de son pessimisme. Il y avait toujours quelqu'un pour l'aider. Que ce soit ses amis qui étaient revenus un tant soit peu à la raison, Luna, Mme Griffith… Elle voulut penser à Liam de cette manière mais l'aigreur qui l'étreignait encore était bien trop forte pour qu'elle puisse lui accorder pardon.

Rapidement, elle contourna le lac tout en observant la lumière disparaitre de plus en plus, et grimpa jusqu'au cloitre. Là, elle passa l'arcade torsadée et s'arrêta brusquement. Devant elle se tenait Oksana Nikolaïevna et Drago Malefoy. Aucun d'eux ne l'avait vue. Il était adossé contre le mur et elle l'embrassait furieusement. Les mains du Serpentard vinrent se poser sur les hanches de la sorcière tandis qu'elle passait les siennes autour de son cou.

Hermione était tétanisée. Elle réussit toutefois à reculer d'un bas et en se retournant, elle se heurta brusquement à quelqu'un. Lorsqu'elle leva les yeux, elle faillit s'étouffer : Liam, complètement essoufflé, la retenait par les épaules.

- Enfin- ! Enfin, j'arrive… à… te ra… te rattraper, souffla-t-il, les joues rouges.

Hermione sentit du froid sur ses joues. La respiration de Liam se fit de plus en plus calme et son regard s'attrista. Ses yeux dévièrent un peu et passèrent au dessus de l'épaule de la jeune sorcière. Face à lui se trouvaient Malefoy et Oksana, les regardant tous les deux.

- Comme c'est curieux !, lança Drago. Vous voilà tous les deux… En plein rendez-vous ?

Sa voix était aussi tranchante qu'à l'accoutumée. Il n'y avait rien de différent : rien n'avait changé. Il était resté exactement le même, malgré ce qu'il s'était produit. Hermione ne pouvait penser qu'à ça. Cela tournait dans sa tête encore et encore. Bien sûr, elle n'aurait jamais imaginé qu'il devienne soudainement tout sucre tout miel avec elle. Mais de là à se conduire comme si elle était toujours un déchet, comme s'il n'avait pas posé les mains sur elle… Comme s'ils n'avaient rien partagé. Quelle était cette froideur ? Était-il jaloux ? Croyait-il qu'elle passait la journée avec Liam ? Et quand bien même ? Il était bel et bien en train d'embrasser sa harpie, lui. Il était incompréhensible. Tout était incompréhensible. Toujours dos aux Serpentards, les larmes aux yeux, elle ne parvint même pas à réfléchir à une réponse. Liam ne sut que répondre non plus. Qu'ils soient là ensemble, tous les quatre, ressemblait à une terrible ironie du sort.

- C'est bizarre, je pensais que le fait d'avoir baisé une autre fille avait changé la donne entre vous ?

Oksana accusa le coup sans rien dire, baissant les yeux. Liam, lui-aussi, resta profondément silencieux. Hermione, elle, se retourna et fit quelques pas lents. Sa main vint alors percuter la joue du Serpentard avec une force folle.

- Va crever, Malefoy, asséna-t-elle froidement, les yeux brillants.

Et elle disparut.

La pluie tombait à présent, en grosses gouttes puissantes. Ses pieds trainaient près du lac, se fichant de la boue qui venait entacher ses mollets, ses pieds. De toute façon, tout son corps était trempé. Quoi qu'il en était, peu importait. Ses yeux se portaient sur la surface du lac, brisée en milliards d'endroits par les assauts du ciel. Son regard se colora d'aversion avant de reprendre avec douceur sa teinte fascinée originelle. Le tonnerre grondait au dessus de sa tête et les trombes d'eau glissaient le long de ses cheveux pour se perdre dans son cou, sur son buste… Dans ses vêtements lourds.

Le long de son visage se prélassaient des gouttes, prenant leur temps pour dévaler ses joues, son nez, sa bouche. Le contact froid était rassurant, et quelque part agréable. Ses membres refroidissaient, certes, mais c'était une sensation d'abandon presque absolue : remplie d'une plénitude sûre. Il n'y avait rien d'autre à songer, en ce moment. Le bruit des gouttes sur le lac ; la pluie percutant la terre déjà bien humide, faisant ployer les roseaux et les herbes, emplissait sa tête jusqu'à l'assourdir. Et c'était parfait ainsi car tous les doutes, toutes les interrogations déplaisantes disparaissaient sous le poids de l'orage. Il ne restait plus rien de paroles ou de mots, et comment aurait-il pu demeurer la moindre autre présence ? Autre que celle, presque tangible, de cette nature furieuse, dans laquelle son esprit choisissait de déverser toute sa haine. C'était le moment parfait. Rien n'aurait pu le déranger. Rien n'aurait pu entraver ce moment magnifique.

Drago Malefoy laissa son torse s'abaisser, s'allongeant doucement dans l'herbe trempée et la boue à l'odeur si caractéristique. Ses cheveux flavescents vinrent absorber la gadoue qui les embourba jusqu'aux racines. Il y a quelques temps, il aurait hurlé au scandale. Jamais il ne se serait volontairement allongé sur une herbe détrempée et à fortiori, dans une terre boueuse. A présent, tout cela lui semblait bien futile. Il suffirait d'une douche pour remédier au problème. En un seul coup de baguette, ses vêtements seraient propres et secs. Où était le souci ? Pourquoi en cherchait-il un d'ailleurs ? Il venait juste de réaliser à quel point il avait changé et cette idée le laissait en plein malaise dans ses pensées. Pourquoi un tel changement ? Jusqu'où allait le changement ? Que devenait-il, franchement ? Tous les actes de ces derniers mois ne ressemblaient à rien de ce qu'il avait auparavant opéré. Tout échappait à son contrôle : la vérité résidait là, il n'était plus maître de rien.

En résumant, il rembarrait Oksana publiquement, défendait Pansy, détruisait la vie d'un mec dont il était censé se foutre complètement, et s'acharnait à tourmenter une sang-de-bourbe qui ne méritait même pas son attention pour commencer. Mais il y avait plus étrange : au lieu de continuer ses études dans la réserve, il se cantonnait aux sorts qu'il connaissait déjà et s'amusait à les exécuter sur sa pauvre victime de toujours. Il aurait dû s'arrêter, au moins changer de disque. Il maîtrisait l'ambomancie avec le talent d'un professionnel. Alors quoi ?

Plus étrange encore… L'embrasser, la toucher, la caresser… Se l'approprier…

Toutes cette attention qu'il lui portait, toutes ses attentions envers elle : que signifiaient-elles ? Ses regards, ses contacts, ses caresses, ses violences… Ses insultes. Ses punitions…

« Je me demande bien, Malefoy, pourquoi tu fais tout ça… »« Tu crois peut-être que me causer du tort te permettra de mettre Hermione dans ton lit… ? »

Les poings de Drago se crispèrent. Saleté de Blake. Ses paroles le hantaient. Et encore davantage depuis qu'ils s'étaient tous retrouvés sous l'arcade du cloitre, plus tôt dans la soirée. Quel était ce nœud dans son ventre ? Quelque chose le perturbait.

« Tu crois que je n'ai pas compris ? Que tu la veux au point de la séparer du moindre être humain qui l'approche ? Je le vois dans tes pauvres yeux de détraqué »« Qu'est-ce que tu aimerais… ? Hein, Drago… ? Qu'elle t'aime comme elle m'aime moi ? Qu'elle ait envie de toi comme elle a envie de moi… ? Qu'elle te veuille. Qu'elle y pense la nuit… ? »

Ce crétin ne savait rien. Personne ne savait rien. Il aurait dû se foutre des mots de Blake, s'en foutre même éperdument. Mais il n'y parvenait pas : la vérité, c'était qu'elle avait pris une importance non négligeable dans son quotidien et il ne savait plus quoi en penser.

Encore.

Des battements sourds résonnaient au loin. Il faisait sombre, tout était humide. Cette même lumière verte, familière, tremblotait sur les murs, essayant timidement de disperser l'obscurité. Ou de la nourrir.

Les torches ne faisaient qu'un avec les murs de pierre mouillés : cela sentait la pourriture, comme la dernière fois. Où était-elle ? C'était un mystère. Pourtant elle connaissait ce lieu, pour y être déjà venue. Mais elle ne se souvenait de rien : quand était-elle venue ? Comment était-elle venue ? Était-elle seule ? Cela n'avait pas le moindre sens. Que venait-elle faire ici, au juste ? Elle se redressa, assise sur le sol poisseux. Sa tête lui faisait un mal de chien et son cœur battait à tout rompre dans sa cage thoracique. Lentement, elle se leva, jusqu'à ce que son mouvement soit entravé par une emprise extérieure. A ses pieds, des chaines la retenaient au sol. Le long des maillons se dessinèrent des pointes, comme des épines de rose faites de métal tranchant. Les chaines montèrent le long de son corps, venant l'accrocher et déchirer le tissu de ses vêtements. Les pointes lacéraient sans pitié sur leur passage, des étoffes jusqu'à sa peau.

Ses yeux se posèrent aux alentours : cela viendrait. Cela finirait par venir. Sur les murs d'obsidienne, les lueurs vertes faiblissaient. Dans sa poitrine, son cœur tambourinait jusqu'à résonner à ses oreilles.

Cela arrivait.

Quelque chose siffla et aussitôt, Hermione sentit son cœur accélérer davantage. Elle essaya de bouger mais rien n'y fit, sa peau se coupait par endroits… Elle ne pouvait se résoudre à s'arracher de cet écrin sous peine de se scalper délibérément.

- Osilith, murmura-t-elle, soudainement traversée d'un éclair de lucidité.

Osilith. Encore.

Les pierres vertes, la course folle, effrénée de la dernière fois. La gorge obstruée par la panique, le cœur en cristal.

- Osilith, le Temple vert. Le Labyrinthe des damnés, siffla une voix venue d'outre-tombe.

Les chaines disparurent et Hermione s'enfuit aussitôt dans le couloir : derrière elle, des créatures dangereuses la suivaient, des formes noires qui sifflaient. C'était le moment. Ce à quoi elle n'avait pas cessé de penser devait arriver :

Viens ! Viens me défendre !

Et la silhouette apparut au milieu du couloir interminable. Lorsqu'elle fut assez proche et qu'elle l'eut reconnu -bien qu'elle n'ait eu pas besoin de le voir pour cela, elle l'avait senti-, elle se jeta sur lui et l'enserra. D'un geste leste, il la rassura et la plaça derrière lui.

- Je suis là, murmura-t-il.

Les créatures approchaient d'eux, elles seraient bientôt là. Mais une forme solitaire apparut soudain, accompagnée de claquements de pas sur les dalles creuses.

- Je rêve, plaisanta une voix caractéristique. Comment as-tu fait ça, idiote ?

- Ne lui réponds pas, ordonna le Gardien.

- La ferme, illusion faiblarde, asséna la voix.

Les deux ombres fantomatiques se faisaient face et elle pouvait sentir l'ire emplir jusqu'à l'air dans ses poumons.

- Tu n'es pas le bienvenu, va-t-en.

- Je suis dans mon domaine. Tu es le seul à être de trop, Blake.

Le Gardien fit un pas en avant et dégaina une baguette. Hermione souffla avec appréhension : c'était sa seule chance de s'en sortir, elle n'avait pas d'autre échappatoire. Malheureusement, ce n'était que sa première tentative et elle savait qu'elle ne s'en tirerait probablement pas.

La voix ricana et la deuxième silhouette inconnue sortit de l'ombre. Drago Malefoy, dans toute sa splendeur.

- Granger… Tu me surprendras toujours avec tes tours minables.

- Ne lui réponds pas, répéta le Gardien.

Malefoy lui jeta un regard polaire avant d'esquisser un sourire sournois.

- C'est donc ça que tu te dis, à chaque fois que je te provoque ? « Ne lui réponds pas », imita-t-il d'une voix aiguë. Pathétique.

Hermione refusa de le regarder et conserva ses yeux fixés sur son Gardien, essayant de lui transmettre toute sa force par la voie de ses globes oculaires.

- Sors d'ici, exigea le Gardien.

- Non.

Malefoy sortit sa baguette et l'éjecta violemment sur le côté. Hermione se précipita à sa rescousse, devant le regard amusé du blond.

- Ton choix de Gardien laisse profondément à désirer, Granger, ironisa-t-il en s'approchant des deux corps à terre.

- Ce n'est que mon premier essai, dirent Hermione et le Gardien d'une seule et même voix.

Drago leva la main et arqua sa paume comme s'il étranglait quelqu'un d'imaginaire. Brusquement, le faux Liam fut traversé de convulsions. Hermione se mit en travers du corps au sol, comme pour le protéger de l'attaque que lui faisait subir le Serpentard, mais cela n'eut aucun effet.

- Arrête !, hurla-t-elle.

- Qu'est-ce que tu croyais, pauvre idiote ?, la coupa-t-il. Tu aurais mieux fait de te renseigner davantage. Si ton Gardien meurt, tu es à ma merci jusqu'à la fin du rêve. Et je décide du réveil…

Il relâcha la pression strangulatoire sur la gorge du malheureux, juste pour se laisser le temps de savourer la panique de la Gryffondor. Elle ne se laissa toutefois pas faire et attrapa en coupe le visage de son Gardien. Le visage de William Blake semblait inerte.

- Réveille-toi, Liam… !, supplia-t-elle. Gardien ! Gardien !, l'appela-t-elle en vain.

Les yeux gris du blond se plissèrent d'aversion.

- Toujours aussi minable, commenta-t-il d'une voix glaciale.

Hermione tourna la tête vers lui, le méprisant du regard avec la haine brûlante qui palpitait jusque dans ses tempes. Et là, d'un seul mouvement, elle se pencha sur le Gardien et l'embrassa. Cela sembla donner un nouveau souffle de vie à ce dernier qui se réveilla aussitôt et l'agrippa pour approfondir le contact. Drago sentit sa mâchoire se contracter violemment, bouillonnant d'une haine nouvelle.

- Lâche-le, ordonna-t-il.

Elle ne le regarda même pas.

- Lâche-le !, cria-t-il presque en l'envoyant valser sur le côté.

Hermione heurta le mur de plein fouet.

D'un geste presque meurtrier, il envoya une décharge au corps du Gardien qui prit feu et disparut rapidement. Les yeux plein de colère et de dégout, il se retourna à nouveau vers elle et la fit remonter contre la surface rocheuse pour qu'elle soit face à lui.

- Tu oses me défier ici ? Pauvre crétine !

Elle plongea ses yeux flamboyants dans les siens, arctiques.

- Je te hais. Ne me touche pas. Ne me touche plus jamais, scanda-t-elle à la manière d'un poème récité par cœur.

Il planta ses doigts dans ses joues et approcha son visage du sien. Ses lèvres percutèrent les siennes violemment, laissant leurs mâchoires s'entrechoquer douloureusement. Elle bascula aussitôt la tête sur le côté pour éviter son baiser.

- Laisse-toi faire !, admonesta-t-il en rattrapant son visage fuyard d'une poigne ferme.

Elle lui cracha au visage.

Il y eut un instant infime de douleur insupportable et inextricable. Hermione se sentit mourir… Puis plus rien : le rêve disparut. Hermione se réveilla en sursaut et se débattit dans ses couvertures. Les jambes tremblantes, les pas peu assurés, elle sauta hors de son lit et se jeta sur le Serpentard, assis dans le fauteuil non loin d'elle. Ses mains trouvèrent presque immédiatement son torse et vinrent s'y abattre avec une violence démentielle. Il attrapa ses poignets, lui aussi abreuvé d'une force folle, et les sépara de son buste, essayant tant bien que mal de l'éloigner de lui. Malgré toute la haine qu'elle y mettait, il parvint à mettre de la distance entre ses poings rageurs et son torse.

- Je te HAIS ! Ne m'approche plus JAMAIS !

D'un seul mouvement, il se redressa et la jeta sur le lit avant de la surplomber de tout son poids. Les mains toujours serrées sur ses poignets pour l'empêcher de bouger, il bloqua ses jambes avec les siennes et colla son front au sien.

- Calme-toi. Calme-toi !, ordonna-t-il, polaire.

- Comment le pourrais-je ?! Espèce de détraqué !, s'époumona-elle, hystérique.

- Calme-toi, répéta-t-il, la voix glacée.

- Tu oses me toucher... ! J'ai cru que tu avais changé ! Mais tu n'es qu'une sale enflure ! Un déchet de l'humanité ! Tu me touches, puis tu la touches elle ! Puis tu m'insultes ! Tu n'es qu'une immonde pourriture !

Elle était en furie et il resta diaboliquement de marbre, recevant chacune de ses insultes sans articuler la moindre réponse. C'est quand toutes ses émotions la submergèrent enfin, qu'elle craqua et qu'elle se mit à pleurer, qu'il ferma enfin les yeux et se départit de sa mine écœurée, éloignant leurs deux fronts.

- Comment t'es-tu procuré le livre ?, siffla-t-il.

- Cela ne te regarde pas, sanglota-t-elle à moitié.

Il força sur ses poignets.

- Ne touche pas à ce genre de magie, Granger. Tu m'entends ?!

- J'ai le droit de me défendre !, se scandalisa-t-elle en essayant vainement de se débattre.

- J'arrêterai.

Ce fut plutôt au tour d'Hermione de s'arrêter : son corps se pétrifia.

- Tu arrêteras…, répéta-t-elle sans comprendre. Qu'est-ce que tu arrêteras ?

- Je ne viendrai plus.

- Je ne comprends pas…

- Oublie ton Gardien, tu n'en auras plus besoin à présent.

Même s'il disait ça…

- Qu'est-ce que tu fichais avec lui, tout à l'heure ?, persiffla-t-il soudain, la voix froide.

Les yeux de la Gryffondor s'écarquillèrent. Donc elle avait bien supposé, précédemment.

Il était jaloux.

Cette certitude vint emplir son crâne tout entier, jusqu'à descendre au fond de ses entrailles en une vérité assourdissante.

Ce fut au tour de Malefoy de sentir ses yeux s'écarquiller. Pourquoi ne répondait-elle pas et quel était ce regard qu'elle lui lançait ? Elle ne comprenait rien ! Son emprise sur les poignets de la sorcière se raffermit.

- Nous sommes sortis ensemble, mentit-elle.

Elle n'avait aucune envie de lui répondre et cela ne le concernait pas après tout, mais elle avait soudainement envie de connaitre ses réactions en fonction de ce qu'elle répondrait à cette question. La réponse vint plutôt vite : Malefoy étouffa un ricanement sans joie.

- J'hallucine. Il tringle une autre nana et toi, tu l'encenses encore plus.

- Il me l'a avoué, et je sais que cela ne voulait rien dire pour lui, donc je m'en fiche, persévéra-t-elle, essayant par le biais de sa manipulation de croire sincèrement à ses propres mots.

- C'est moi qui te l'ai dit !, claqua-t-il soudainement, la voix glaciale. C'est moi qui t'ai dit la vérité ! Il t'a menti depuis le début !

Hermione était littéralement interloquée. Drago Malefoy était jaloux.

- Tu me l'as dit car tu voulais que je souffre. Lui, me l'a caché pour m'épargner de la peine inutile…, murmura-t-elle simplement.

Mais elle n'y croyait pas. Ses propos n'avaient aucun sens, elle le savait. Elle n'était pas ce genre de fille.

- Toi qui parles toujours d'honnêteté, tu me balances du flan pareil, Granger, ironisa-t-il d'une voix rude.

- Je rêve où tu essaies de me faire la leçon, Malefoy ?, asséna-t-elle sèchement. Et qu'est-ce que tu veux me faire dire ? Que je te préfère à lui car tu m'as dit la vérité ?! C'est toi qui l'avais orchestrée, cette satanée vérité. Tu avais tout à gagner à me la révéler. Comme tu as généralement tout intérêt à mentir, ce qui est ton trait de caractère propre ! N'essaie pas de faire passer tes malversations pour de l'honnêteté : tu ne fais que suivre facilement le courant. Tu n'es qu'un profiteur, un manipulateur et un lâche !

Il donna un violent coup dans l'oreiller, à quelques centimètres à peine de son visage, libérant par là une de ses mains qu'elle vint aussitôt claquer sur sa joue. A cet instant, Hermione se sentit indestructible, impavide : la colère qui circulait dans ses veines lui procurait une sorte de courage illusoire… Il emprisonna son poignet à nouveau, la respiration courte.

- Retire ce que tu viens de dire.

- Arrête de rêver Malefoy ! Je te méprise ! Va plutôt fourrer ta langue vénéneuse dans la bouche de ta harpie et cesse de te mêler de ma vie !

- Laisse-moi la tienne et on n'en parle plus, répondit-il d'une voix insensible.

De quoi parlait-il, bon sang ?! De sa langue ? De sa bouche ? De sa vie ?

Ébahie, Hermione ne sut que répondre. Il profita de ce moment de stupéfaction pour rapprocher sa bouche de la sienne et en prendre possession avec sa langue. Son sang se glaça dans ses veines. Encore une fois, sa bouche répondit à l'appel de celle du Serpentard. Elle ne pouvait tout simplement pas s'en empêcher. Il était impossible de desceller ses lèvres des siennes. Sa langue forçait sur la sienne, imprimait une danse violente, usant son muscle jusqu'à l'en rendre douloureux. Elle se replia, fragile, se recroquevillant, abandonnant encore une fois le territoire à l'ennemi.

Là, il gagna subitement en langueur et vint la titiller, la caresser : comme l'adversaire relevant son vaincu tout en esquissant un sourire narquois, victorieux. Sa langue taquine continua de lui adresser des petits claquements fermes jusqu'à ce qu'elle le morde. Il fit claquer sa langue d'autant plus durement, la réduisant au silence. Interdite, elle essaya de se débattre mais il bloqua à nouveau son poignet sur le côté. En y mettant toute sa force, elle réussit à le faire basculer en dessous d'elle et s'éloigna quelque peu, essoufflée.

Il tenait toujours ses poignets en l'air. Leurs yeux se confrontaient avec défi. Leurs lèvres, éprouvées, attiraient mutuellement leurs regards.

- Dès que je dis quelque chose qui te déplait, tu deviens violent. Ça te plait de brutaliser une fille ?

Il lâcha ses poignets et enserra brusquement ses hanches pour la plaquer contre lui. Sa bouche glissa contre sa gorge et il commença à l'embrasser dans le cou avec ferveur. Le corps de la jeune sorcière fut aussitôt parcouru de frissons terribles. Une chaleur sourde s'éveillait dans son bas-ventre au rythme des caresses que prodiguait ses lèvres sur sa peau.

- J'aime quand tu te soumets, Granger. Tu serais presque aussi appétissante qu'Oksana, la provoqua-t-il délibérément.

Ses mots la réveillèrent brutalement : il agissait toujours ainsi, c'était sa manière de procéder. Et peut-être aurait-elle dû lui en être reconnaissante : s'il n'avait pas été toujours là à ruiner son impact physique par le biais de ses mots vipérins, elle ne savait pas ce qu'il adviendrait d'elle. Elle chercha, de plus belle, à s'échapper de son emprise mais il la maintint fermement contre lui et continua le manège de sa langue contre sa gorge.

- Si tu arrêtais de fuir…, murmura-t-il près de son oreille. On pourrait prendre du bon temps, tous les deux…

Allusif, suggestif. Son épine dorsale laissa passer une charge électrique affolante.

Sale pourriture.

- Tu es taré, asséna-t-elle, pourtant figée par ses propos.

- Je te promets… Tu m'en redemanderais. C'est un autre niveau que celui de Blake…

- Arrête ça, ordonna-t-elle.

- Tu te souviens… de ce que tu m'as dit la dernière fois… ? « Pense à moi quand tu la baiseras… », ou un truc du genre…

Hermione crut qu'elle allait défaillir. Voilà les seuls mots précités dont il pouvait se souvenir ? Ce n'était même pas la phrase exacte. Mais elle ne put plus songer à cela davantage : ses yeux opalescents la transperçaient et eurent bientôt raison d'elle.

- Eh bien, j'y ai pensé, Granger. J'y ai pensé. Et je me suis dit que ce n'était pas correct de ne pas vérifier toutes mes suppositions par moi-même.

Ses mains se firent plus baladeuses. Elle était en pyjama et le vêtement semblait l'amuser : ses doigts venaient courir sur ses reins, sur ses fesses. Lorsque l'une de ses mains passa sous son haut, elle crut sérieusement que son cœur ne pourrait pas s'en remettre. Une chaleur incendiaire se répandait à présent dans tous ses membres et elle éprouvait le besoin maladif de le laisser arriver là où il voulait en venir…

- La dernière fois, tu avais vraiment aimé ça, continua-t-il de murmurer, de plus en plus bas. J'aurais pu te faire n'importe quoi.

Il la plaqua à nouveau contre le matelas, la laissant sursauter et frémir de plus belle, et commença à défaire sans vergogne les boutons de son haut de pyjama, du bas vers le haut. Sa bouche descendit sur son ventre et sa langue vint taquiner son nombril.

- Arrête ça, répéta-t-elle.

- Tu n'y crois pas toi-même, affirma-t-il en venant embrasser chaque parcelle de peau qu'il découvrait. Au fond, tu aimes ce que je te fais, Granger.

Sa poitrine fut bientôt entièrement découverte et ses mains vinrent aussitôt caresser son ventre, laissant ses doigts serpenter autour des monticules en les évitant précautionneusement. C'est à ce moment là qu'il pâlit.

Pourquoi ne l'avait-elle plus… ?

Mais Hermione ne le laissa pas persévérer dans ses pensées : ne pouvant se retenir davantage, elle gémit et laissa sa tête basculer en arrière.

Malefoy vint aussitôt l'embrasser et la Gryffondor attrapa son visage en coupe, acceptant d'approfondir le baiser. Merlin. Elle était partie : il avait cet effet là sur elle. Cet effet effrayant, incontrôlable. Il continua à la caresser de plus belle, mais plus doucement… Son rythme ralentissait au fur et à mesure qu'elle acceptait son invasion.

Le temps de reprendre son souffle, elle sépara leurs deux bouches et colla leurs fronts.

- Ne t'éloigne pas, dit-il aussitôt, la voix basse.

Je suis déjà bien loin, pourtant...

Lentement, elle libéra la main de son emprise et vint doucement la poser sur sa joue : il ne se dégagea pas ni ne sursauta à ce contact. Non. Ses yeux s'écarquillèrent imperceptiblement. Sa main se crispa furtivement davantage sur celle d'Hermione, encore prisonnière sur le matelas. Il avait frissonné.

Elle laissa ses doigts caresser sa peau si douce : encore une nouvelle théorie à tester, à approfondir. Il ne protestait pas, voilà qui était surprenant.

- Lâche du leste..., murmura-t-elle.

La pulpe de ses doigts vint frôler sa gorge et glissa jusqu'à la frontière de son sternum. Il frémit de plus belle, raffermissant encore son emprise sur elle.

Les rêves ne sont que des illusions... Les contes ne sont que pour les enfants. Mais on peut en tirer des leçons et des astuces... Si tu es un joueur de flûte... tu pourras peut-être m'emmener avec toi et me noyer... Mais si tu n'es qu'un vil tueur d'épouses, mes deux frères te tueront.

Longuement, sa paume effleura son torse, jusqu'à son nombril. Puis, ce ne fut plus que l'index qui se balada, partout. Elle n'avait jamais eu autant de pouvoir sur lui. Il ne bougeait plus d'un centimètre, comme perdu dans ses pensées. Il frissonnait, se crispait, mais ne se plaignait jamais ni ne se libérait de ses caresses.

- Je joue pour ton salut, je te l'ai dit... Tu pourrais au moins épargner mon sommeil. Et si tu perds le tien et que l'ennui te pousse à la mesquinerie... Je t'en prie, préfère-moi le violoncelle.

- Je ne suis pas là pour t'épargner. C'est un pari, souffla-t-il enfin.

Comme un signal, elle cessa toute caresse lorsqu'il reprit la parole.

- Je sais. Il y a de grands enjeux. La guerre. Les camps.

- Ne touche plus à l'ambomancie, Granger. J'arrête les rêves.

- Tu as peur que j'en apprenne trop ?

- Obéis.

Il la lâcha là et quitta sa chambre avant d'en fermer calmement la porte, la laissant méditer sur ce nouveau pouvoir de dominance qu'elle venait de se découvrir.

Le Livre du Mécène Ensorcelé est un récit de Lothar le Grand, datant du XIIIème siècle. Il raconte l'histoire de l'épée Fendre-Dur : la plus grande épée magique des terres Germaniques. On s'intéressera tout d'abord au thème du dragonnage, encore peu abordé à l'époque de l'écriture de l'ouvrage, puis à l'insistance de l'auteur sur les herbes curatives. Enfin, nous pourrons nous pencher sur […]

Il avait beau s'y être mis depuis plus d'une heure, il n'avançait pas. C'était plus fort que lui : il pensait à Hermione. Il savait qu'il fallait tirer un trait sur leur histoire : d'abord parce qu'il avait bien compris que même si elle le pardonnait, il n'avait pas la moindre chance de la reconquérir à nouveau… Mais aussi à cause de Drago Malefoy. Ce maudit serpent serait invariablement là pour lui rappeler sa faute et il ne tenait plus à vivre dans le remord éternellement. Certes, il n'avait pas été correct, pas même le moins du monde. Si ses parents avaient eu vent de son comportement, il était même à peu près sûr qu'il aurait reçu une correction exemplaire, surtout de la part de sa mère… Mais tout de même. Il s'était excusé à Hermione, s'était expliqué auprès de Malefoy au point d'en venir aux mains.

La seule personne avec laquelle il n'avait pas encore eu la discussion gênante, était Oksana, et très franchement, il ne désirait plus jamais être seul dans une pièce avec elle.

Il fallait assumer. S'il y avait bien une chose que Malefoy avait dit et contre laquelle il n'avait pas d'argument, c'était bien celle-ci. Il fallait assumer ses actes, se montrer adulte. Grandir. Ne plus recommencer.

Il n'était pas fier de ce qu'il avait fait : en fait, sa seule réussite, c'était d'avoir blessé quelqu'un lui étant cher, en se servant d'une personne qu'il ne pouvait pas encadrer… Tout ça parce qu'il s'était laissé manipuler par les plans vicieux d'un mec qu'il aimerait voir dans une tombe.

- Tu veux de l'aide ?, s'enquit une petite voix à sa droite.

Luna Lovegood.

- Je te remercie, ce ne sera pas nécessaire, répondit-il poliment avant de commencer à ranger ses affaires, enfin conscient qu'il n'arriverait à rien aujourd'hui.

Elle s'était sentie obligée d'intervenir quand elle avait lu dans ses yeux que le dilemme dans sa tête allait lui faire s'arracher les cheveux. Il quitta la table et fonça droit dans une personne. Il allait s'excuser mais la personne le devança dans une magnifique tirade :

- Merlin ! Les gens ne font plus attention dans cette bibliothèque, pesta la voix.

Les yeux de Liam vinrent se poser sur la jeune-fille qui venait de parler avec autant de politesse et de charme : une Serpentarde, grosse surprise. Il ignorait son nom et s'en fichait bien, à vrai dire. Avoir de nouveau affaire avec des personnes de cette maison lui donnait juste envie de rendre son déjeuner. C'est quand il l'observa plus en détails qu'il la reconnut. C'était la fille de la Grande-Salle de la dernière fois : celle qu'Oksana avait pathétiquement humiliée. Il ressentit un peu de pitié pour elle, cette dernière s'évanouissant aussitôt dès qu'il réalisa la manière dont elle venait de lui adresser la parole.

- Tu dois probablement attirer les catastrophes. Une chute de livres, du jus de citrouille… Tout ça, c'est de la même veine.

Pansy Parkinson rougit furieusement.

- Crétin ! Dégage de mon chemin !

Ils se rentrèrent dedans à nouveau, mais cette fois-ci volontairement. Tous les livres tombèrent à la renverse et Madame Pince déboula dans l'allée avec la vitesse d'un faucon en pleine chasse.

- Veuillez ramasser vos affaires immédiatement et me suivre ! Vous êtes collés, tous les deux ! Faire un tintamarre pareil et n'avoir aucune précaution pour les ouvrages, cela a des conséquences, je vous le dis !

Les deux jeunes gens échangèrent un regard exaspéré avant de reprendre leurs mines pleines d'aversion.

Il ne manquait plus que ça.

- A Ventis Invidiae (3)

Ce nouveau mot de passe ne lui plaisait décidément pas. A chaque fois qu'il passait le seuil de ses lèvres, elle se faisait la même réflexion. Bien sûr, c'était de son initiative. Jamais elle ne se serait permise de changer le mot de passe pour une sentence aussi sinistre. Pourtant, curieusement, elle en arriva presque à s'estimer heureuse qu'il ne lui ait pas fait de mauvais plans, du genre oublier de lui dire le nouveau mot de passe. Certes, il ne pouvait pas vraiment prendre ses vicieuses libertés, étant donné que le professeur MacGonagall se chargeait des modifications, mais elle n'avait aucun mal à imaginer que son esprit restait très fertile lorsqu'il était question d'imaginer une nouvelle torture à lui infliger.

Elle pénétra lentement dans la pièce, le regard chercheur. Peut-être était-il là. Elle aurait aimé l'éviter autant que possible. Il rendait les choses particulièrement difficiles depuis qu'il avait cette fichue chose entre eux…Ce truc bizarre, physique. Cela installait une tension qui ne lui plaisait pas du tout. Enfin, dans la mesure où elle se montrait hypocrite et se mentait effrontément à elle-même.

Cette électricité entre eux était présente depuis des mois, elle s'en rendait compte à présent. Il tournait autour d'elle et elle se laissait tourner autour. C'était malsain, mauvais, elle en avait bien conscience. Mais lorsque ces moments arrivaient, il lui était tout simplement impossible de s'y soustraire. Ses mouvements impétueux, ses mains vives, son regard plein de vindicte, de malice et de sournoiserie ; ses propos parfois choquants, insultants, joueurs : tout cela formait une muraille sans la moindre échappatoire. Elle aurait voulu obvier à toutes ces situations mais la vérité c'était qu'en toute franchise, elle en était bien incapable.

Hermione soupira.

Un mouvement sur la gauche vint troubler ses pensées. Une chouette, tournant presque sur elle-même, était posée sur la table de la salle commune. Elle tenait dans son bec une lettre scellée. Rapidement, Hermione s'approcha. Que la missive soit pour elle ou non n'avait aucune importance tant que personne ne la voyait la prendre.

Hermione put toutefois lire son nom dessus lorsqu'elle s'en empara. Peu encline à se faire voler la lettre, elle fit rapidement sortir l'oiseau et se rendit aussitôt dans sa chambre pour lire le contenu de l'enveloppe.

Chère Hermione,

Je vous recontacte au sujet de Chiffes & Harper's à Édimbourg. J'ai pu demander à Magda qui était le destinateur de votre pendentif. Malheureusement, cette dernière refuse de me communiquer le nom du client, sous réserve de la confidentialité de ses acheteurs. Vous comprendrez qu'une telle marque de prudence entre commerçants n'est pas anodine : votre acheteur appartient probablement à une famille peu recommandable ou à un clan dangereux.

Les mangemorts. Et voilà, la vérité éclatait.

Dans l'optique de vous aider davantage, je vais insister pour savoir. Je vous tiendrai au courant. Ne vous faites pas de sang d'encre… Si vous doutez, adressez-vous à un professeur.

Amicalement,

Mme. Griffith

Heureusement, Hermione avait eu l'esprit de se séparer du pendentif. Elle l'avait remis sagement au fond du coffret brun dans lequel elle l'avait reçu en attendant de savoir quoi faire avec. La priorité pour l'instant était de trouver d'autres sorts qui lui permettraient de vérifier l'intégrité du bijou. Il tâchait de résoudre le problème seule. Il était tout simplement impossible que le collier ne possède pas de mauvais sort, maintenant qu'elle savait que l'acheteur ne faisait pas partie de son cercle de connaissances. Pendant quelques secondes, elle songea à Sirius… Puis se dit que c'était tout simplement impossible. Il aurait signé d'une manière ou d'une autre afin de ne pas l'inquiéter… Qui plus est, il n'avait pas la moindre raison pour lui offrir un tel présent.

Merlin, qu'elle tournait en rond.

La seule solution était la suivante : retourner à la bibliothèque et se replonger dans les livres afin de trouver au plus vite un sort pour élucider tous ces mystères inconvenants. Elle prit alors de nouveau le chemin inverse afin de sortir des appartements des préfets. Et sa chance légendaire lui octroya l'incroyable opportunité de se retrouver face à face avec Drago Malefoy. Très inhabituel. Aussitôt, toutes ses précédentes pensées revinrent immerger les autres. Ses yeux parcoururent involontairement ses épaules, sa mâchoire, avant de venir courir de sa bouche à ces mains… Jusqu'à ce qu'ils viennent à nouveau se perdre dans le regard du Serpentard.

- Ton mot de passe est affreux, cingla-t-elle aussitôt, se suppliant intérieurement de cesser ses imbécilités.

- Pas autant que tes cheveux, répliqua-t-il sèchement.

Elle le contourna, il l'arrêta. Toujours très inhabituel.

- Tu vas où comme ça, Granger ?

- A la bibliothèque.

La question était surtout : pourquoi perdait-elle son temps à lui répondre ? Le but était de minimiser les discussions et les rencontres. Elle ne se faisait plus confiance, en sa présence.

- Voilà qui s'annonce extraordinaire, ironisa le Serpentard. Puisque nous nous étions mis d'accord, je propose que tu en profites pour ramener l'ouvrage dont nous avons parlé la dernière fois.

Elle décida, délibérément, de jouer les imbéciles.

- Je n'ai pas la moindre idée de ce à quoi tu fais allusion.

- Hindar. Si tu ne le rends pas, je me chargerais de venir le chercher moi-même, dans ta chambre, ce soir. S'est-on compris ?

Un tressautement s'empara de ses épaules, faisant hausser les sourcils du Serpentard. Ce dernier laissa ses lèvres s'incurver dans un rictus amusé. Il était fou de constater qu'auparavant, elle aurait pris sa phrase uniquement pour une menace. Aujourd'hui, elle anticipait aisément ce qu'il voulait dire par là et elle en frissonnait. Charmant.

- Va crever, Malefoy.

Il lui attrapa le poignet violemment. Lorsqu'elle faisait preuve d'autant de brusquerie dans ses propos, c'était parce qu'elle ne pouvait pas maîtriser quelque chose. En l'occurrence, il aurait parié qu'il s'agissait d'elle-même.

- C'est la deuxième fois que tu me dis ça, Granger, et je t'assure que c'est la dernière. Si tu prononces encore une fois cette phrase, je te garantis que tu t'en souviendras.

Une moue écœurée apparut sur le visage de la Gryffondor. Une menace, une vraie. Cela faisait longtemps.

- Il existerait donc d'autres moyens de me pourrir la vie ?, le provoqua-t-elle, sans réfléchir.

- Je flamberais la boule de graisse que tu fais passer pour ton chat, annonça-t-il posément.

Par Merlin ! Comment savait-il qu'elle avait un chat ? Elle l'avait confié à Ginny afin qu'au grand jamais il ne puisse le torturer. Comment pouvait-il savoir que… ?

Réalisant que sa menace était des plus efficaces, Malefoy haussa subtilement les sourcils et son sourire s'agrandit. D'un geste leste, il libéra son emprise sur le poignet d'Hermione et se rendit dans sa chambre comme si de rien n'était.

Cet homme était insupportable.

(1) Maleficium Revelio : variante de l'Hominum Revelio de Rowling, s'appliquant non pas à la présence d'humains aux alentours mais de maléfices ou charmes. (Madelight ©)

(2) Liberamentum : autre formule basique de libération de maléfices.

(3) A Ventis Invidiae : par les vents de la malveillance

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