My Dear Sadistic Highness

Chapitre XVIII

Bonjour, mes petits Couinesouris en Sucre!Eh bien, eh bien, le chapitre 17 semble avoir beaucoup plu : j'espère qu'il en sera de même avec celui-ci !Évidemment, n'hésitez pas à me laisser vos impressions : vous savez que ça me fait toujours très plaisir !

Lati : merci beaucoup ! effectivement, je te trouve bien matinal(e) pour un dimanche matin ! Par contre, la fanfiction est déjà écrite, alors.. Pour rajouter des scènes avec Luna, cela me parait un petit peu compliqué…:/En tout cas, merci d'avoir pris le temps de laisser une review !

Dion :eh ben dis donc… Merci, je suis très flattée O.O !

Pepette : haha ! en considérant qu'il commence à avoir ce qu'il veut, notre brave Drago ne va pas bouder longtemps… Merci beaucoup pour cette très belle review… Si jamais je le vois se morfondre, je te tiens au courant ;)PS : ravie que tu aimes Papa Roach !

Ninette : je vais répondre tout de suite à tes craintes par ce nouveau chapitre. J'espère que cela répondra à toutes tes attentes… :)N'hésite pas à me communiquer tes prochaines impressions.

Cind3rella : merciiii ! je pense que ce chapitre éclairera beaucoup de lanternes :D !

LittleRock14 : eh bien, tu t'interroges beaucoup sur Luna et Oksana, voilà qui me fait très plaisir… Quant à Drago et Hermione, j'espère que je continuerais à te faire rire par la suite ! Et même plus si affinités, hahaha :p ! Bref, trève de conneries : la suite, tout de suite !

Serait-elle à ma place plus forte qu'un homme… Au bout de ces impasses où elle m'abandonne ?Vivre l'enfer, mourir au combat… Faut-il pour lui plaire, aller jusque là ?Se peut-il que j'y parvienne ? Se peut-il qu'on nous pardonne ?Se peut-il qu'on nous aime, pour ce que nous sommes ?

[...]

Pourrait-il faire en sorte…?Ferait-elle pour moi…D'ouvrir un peu la porte ?Ne serait-ce qu'un pas…?Pourrait-il faire encore…?Encore un effortUn geste un pas vers moi…Un pas vers moi.

[...]

Se met-elle à ma place, quelquefois ?Que faut-il que je fasse pour qu'elle me voie ?Vivre l'enfer, mourir au combat…Veux-tu faire de moi ce que je ne suis pas ?Je veux bien tenter l'effort de regarder en face, mais le silence est mort, et le tien me glace…Mon âme sœur, cherche l'erreur :Plus mon sang se vide, et plus tu as peur...

Faut-il que je t'apprenne ?Je ne demande rien.Les eaux troubles où je traine…Où tu vas, d'où tu viens.Faut-il vraiment que tu saches… ?Tout ce que tu caches.Le doute au fond de moi……Au fond de toi

A Ma Place – Zazie (Feat. Axel Bauer)

Chapitre XVIII

Et ainsi s'était rétabli l'ordre général. C'était reparti comme si de rien n'était : les regards furtifs, les frôlements dans les couloirs, les sourires narquois. Il était redevenu égal à lui-même. Enfin, à ceci près qu'il n'était plus exactement la même personne. Il tentait moins, se rapprochait moins, observait moins. Il était présent mais se faisait discret, silencieux. Là où il était habituellement plein de nonchalance, il se faisait froid à présent. Mais ce n'était pas sa froideur habituelle. C'était un tout autre genre de comportement : un qu'elle ne connaissait pas encore, mais dont elle savait qu'il s'agissait de sa réponse à leur dernière « entrevue ».

Une nouveauté s'installait également : lui, qui s'était peu à peu isolé du monde social ces dernières semaines, était joyeusement reparti dans sa spirale de fêtes et d'insolences. Entouré de ses fameux acolytes de Serpentards, il avait recommencé à se pavaner sans s'en donner l'air, faisant se pâmer une flopée de membres du corps féminin du collège à chacun de ses passages dans les corridors. Et le pire pour la fin : il recommençait ses jeux imbéciles avec les filles. Hermione ne l'avait pas encore vu passer la porte de sa chambre avec l'une d'entre elles mais il s'assurait au moins de les embrasser publiquement. C'était navrant. Vraiment navrant.

Un mercredi après-midi comme un autre, alors qu'Hermione remontait du cours de Botanique avec les Poufsouffles, elle tomba nez à nez avec Drago et une fille de sixième année de Gryffondor. Il était négligemment adossé contre le garde-fou de l'escalier et elle se pressait contre lui, sa bouche rieuse dans son cou. Hermione sentit très largement la nausée lui venir, mais cela ne s'arrêta pas là… Lorsqu'il s'aperçut de sa présence, il attrapa le visage de sa cadette en coupe et lui roula une pelle à en déterrer les morts. Il y eut des sifflements moqueurs de la part des Poufsouffles mais les Gryffondors, eux, ne riaient pas le moins du monde, et Hermione, n'en parlons pas. Elle s'en alla sans demander son reste, les joues rouges et les poings serrés.

C'est au terme de cet énième incident que les nerfs de miss Granger cédèrent comme un barrage friable, laissant déferler sa haine... Elle était remontée dans leurs appartements, avait claqué la porte de sa chambre avec toute la force dont mère nature lui avait fait grâce et avait balancé son sac contre le mur. Et là, comme une parfaite gamine de treize ans, elle s'était jetée sur son lit pour hurler à la mort dans son oreiller en le mordant du même coup. Autant dire qu'il valait mieux pour elle ne pas avoir de public en cet instant. Lorsqu'elle eut fini de crier de tout son saoul, elle finit par se retourner sur son lit et fixa la fenêtre jusqu'à voir le soleil se coucher. Lassée, elle ne se présenta pas au diner et envoya tout Poudlard sur les roses dans ses pensées avant de prendre une rapide douche et de filer au lit. Cela la rendait malade. Elle ne savait pas bien pourquoi, mais cela la rendait malade. C'était de son propre chef qu'elle avait mis une barrière entre elle et le Serpentard, et si elle se montrait vraiment honnête avec elle-même, elle ne le regrettait pas. Non, ce qui la tuait, c'était qu'il soit aussi puéril. Elle voulait juste faire les choses bien, posément. Il ne savait certainement pas ce que c'était que de commencer une relation pour une fille, encore plus lorsqu'il s'agit de la première. Enfin bref, peut-être était-elle sotte d'imaginer qu'il ignorait tout sur le sujet : après tout, elle était celle qui se morfondait pendant qu'il se tapait des petites jeunettes pas bien futées.

En tout cas, elle, elle avait toujours procédé de cette manière : d'abord elle devenait amie avec le garçon, et ensuite commençaient à s'installer des sentiments plus forts. Mais lui, il n'avait pas la moindre envie d'être ami avec elle : il le lui avait bien fait comprendre.

Lui, il veut baiser, baiser, baiser, baiser, baiser.

Hermione se gifla mentalement pour avoir fait preuve d'une telle impolitesse. Ce n'était pas parce qu'il n'y avait personne pour l'entendre qu'elle devait utiliser un tel langage. Argh ! Mais tout était de sa faute, après tout.Elle le maudit une nouvelle fois et s'endormit.

Cela n'avait pas grand-chose à voir. Certes, les roulements et les étreintes semblaient maîtrisées de la part de l'actrice tierce, mais les jeux de langue n'avaient plus la moindre tension. C'était fade et trop facile. Ses lèvres n'étaient pas ourlées comme les siennes, malgré tous ses efforts pour l'oublier. Sa langue était moins timide, mais plus hésitante ; plus petite et moins chaude… Bientôt, sa présence devint intolérable. Elle se laissait faire, essayant parfois de participer mais de manière trop contrôlée, trop désireuse de lui plaire : ce n'était pas naturel.Drago éloigna ses lèvres des siennes.

- Bon allez, conclut-il en se redressant comme si de rien n'était.

La jeune fille devant lui sembla perdue. Il crut même déceler une pointe de crainte dans ses yeux.

- Bon, allez ?, répéta-t-elle un peu bêtement.

- Je vais me pieuter, explicita-t-il en se retenant de bailler.

La gamine devait avoir été rassurée car elle esquissa un doux sourire : peut-être avait-elle cru qu'il voulait se la faire ou quelque chose de ce genre. Drago essaya une nouvelle fois d'envisager cette idée mais n'y parvint pas mieux que les énièmes précédentes.

- Alors, on se retrouve demain ?

Tendre naïveté.

- Non, je ne crois pas. Je ne sais pas comment tu vois les choses, mais j'ai trouvé qu'aujourd'hui était amplement suffisant.

La cadette arbora un air choqué. Allons bon ! Ils ne se connaissaient pas encore la veille et aujourd'hui, il lui roulait des pelles : elle n'avait pourtant pas perdu sa journée !

- Tu ferais mieux de rejoindre ton dortoir.

Complètement coite, la jeune Gryffondor ne sut même pas quoi répondre et préféra rester plantée là, désespérée à l'idée qu'il ne plaisante pas. Elle savait bien comment procédait Drago Malefoy, mais avait candidement cru qu'avec elle, les choses se passeraient différemment. Lourde erreur. Pourtant, une chose l'étonnait véritablement : pourquoi n'avait-il pas essayé de coucher avec elle ? D'habitude, c'était de cette manière là que se passaient les choses : il séduisait une fille, lui mettait la bouche en fouillis devant la populace Poudlardienne afin de montrer qui était sa nouvelle proie, puis il essayait par tous les moyens de la mettre dans son lit. Et une fois que ces trois étapes étaient passées, débutait une indifférence assez dure, à part si la jeune fille s'était avérée « satisfaisante »… Du moins, jusqu'à ce qu'il s'en lasse. Et il se lassait toujours de tout. Quand on songeait que même Oksana ne s'était pas tant attardée que ça, on était en droit de se poser des questions.

Son manque de réaction ne manqua pas d'ennuyer le Serpentard, la dévisageant sans pouvoir faire autre chose. Elle avait vraiment l'air ahurie, celle-là.

- Oho… ?, s'enquit-il avant de balader sa main devant ses yeux hagards, essayant de la réveiller de son apparent coma.

Mais elle ne répondait toujours pas, et plutôt las, Drago décida de ne pas attendre qu'elle sache comment reprendre possession de ses facultés mentales. Il tourna les talons sans demander son reste, la laissant seule dans le couloir, perdue dans ses pensées.

Non loin de là, une paire d'yeux bruns avait observé la scène bien malgré elle. Adossant son dos au mur, Ginny Weasley vint nerveusement replacer une mèche derrière son oreille.

« Drago Malefoy + fille plutôt enthousiaste + occasion en or », n'était pas égal à « retour solitaire au dortoir à 22h40 ».

Quelque chose semblait anormal.

Hermione s'éveilla lentement, s'étirant comme un chat dans ses couvertures. Elle n'avait pas la moindre envie de se lever et aurait accueilli une journée alitée avec le plus grand des plaisirs. Toutefois, l'idée de rater les cours de Métamorphose et de Potions suffit à la tirer de ses draps. Elle se dirigea mollement dans la salle de bain, se passa rapidement de l'eau sur la figure puis vint sécher son visage avec sa serviette, toujours aussi peu réveillée. A l'aide de gestes lents, elle se délesta de ses vêtements de nuit et enfila une chemise et une jupe propre. Assise sur la baignoire, elle remonta ses chaussettes hautes jusqu'au dessus de ses genoux, en espérant très nettement qu'elle pourrait s'en passer dans les prochaines semaines. Enfin, elle se brossa les dents, les yeux perdus dans le vague, et finit par se démêler partiellement les cheveux. Tel un zombie, elle attrapa son sac en bandoulière sur l'épaule et sortit de sa chambre en insistant sur la plante de son pied droit pour le faire rentrer correctement dans son soulier. C'est ainsi qu'elle percuta une surface plutôt dure. Complètement déséquilibrée, elle se cassa royalement la figure sur le côté. Un rire résonna dans ses oreilles et elle finit par reprendre peu à peu ses esprits.

- Alors, Granger ? On ne tient plus sur ses gambettes ?

Elle leva les yeux vers lui, d'ores et déjà exaspérée par ce début de matinée. Comme leurs prunelles ne se rencontraient pas, Hermione suivit machinalement la trajectoire de son regard : ses cuisses très légèrement dévoilées par sa chute. Typique.La Gryffondor réajusta sèchement son vêtement et se remit debout, lui lançant un regard noir. Il esquissa un sourire moqueur et se rapprocha d'elle, glissant ses lèvres près de son oreille.

- Pas la peine de cacher ce que j'ai déjà vu…

Elle le repoussa sans hésiter, les joues cramoisies et le regard furibond, et quitta leurs appartements sous son ricanement détestable. Le pas rageur, elle atteint la grande-salle et la traversa rapidement pour atteindre Harry et Ron. Lorsqu'elle s'affala sur le banc, complètement débraillée par sa course, les deux garçons la regardèrent avec des yeux ronds.

- Mauvaise nuit ?, s'enquit Harry.

- Mauvaise semaine, conclut Hermione en constatant avec exaspération qu'elle avait non seulement oublié de mettre sa cravate, mais en plus avait noué ses boutons de chemise en travers.

Les doigts rendus lestes par l'irritation, elle entreprit de tout renouer avec célérité. C'est à ce moment là que choisit Ron pour ouvrir la bouche, pourtant pleine de hareng :

- 'u 'or'es 'en'ore 'ette 'amelo'e ?

Harry se retint de glousser devant le regard peu amène que lui adressa Hermione, signifiant très clairement que cette habitude de parler la bouche pleine allait certainement le conduire à une mort très douloureuse, dont elle serait probablement l'instigatrice.Le roux déglutit sans trop se préoccuper de cette menace silencieuse finalement très coutumière.

- Tu portes encore cette camelote ?, répéta-t-il avant de porter son gobelet à ses lèvres, désignant du même coup sa poitrine.

Toujours un peu dans le coltard, Hermione mit un sacré temps pour comprendre qu'il parlait de son collier. Elle y jeta un coup d'œil, reporta son regard vers Ron et fit ainsi plusieurs aller-retour frénétiques. Finalement, elle porta ses doigts derrière sa nuque et vint détacher la fine chainette.

- Tu as raison, ce n'est pas du meilleur goût, asséna-t-elle avec rancœur sans que les garçons ne comprennent réellement son ressentiment.

Elle enferma le petit bijou dans son poing et le glissa dans son sac, sans pouvoir s'empêcher de traiter l'objet avec respect et prudence. Par un réflexe idiot, elle reporta son regard vers la table des Serpentards. Son sang se glaça dans ses veines lorsqu'elle vit avec quelle intensité Drago la regardait. Il bascula légèrement le visage sur le côté, portant ses doigts à sa bouche dans un contact nerveux. Lorsqu'ils les ôta, ses lèvres esquissaient un sourire froid : ses yeux aussi semblaient faits de glace et il la transperçait avec, l'air d'avoir véritablement détesté ce qu'elle venait de faire. Devant lui, Blaise Zabini finit par se retourner et lui jeta un rapide coup d'œil, circonspect.

Hermione détourna le regard le plus fièrement qu'elle le put, mais cœur battait à tout rompre et le sang affluait dans ses joues avec vélocité. Elle sentait toujours son regard sur elle et se força donc à faire comme si de rien n'était, engageant du même coup une conversation sur le prochain match avec les garçons : heureusement, comme ils étaient face à elle, le Serpentard ne put voir leurs expressions complètement perdues. C'était bien la première fois qu'Hermione Granger leur parlait de Quidditch. Malgré cette diversion -assez maladroite-, Hermione ne parvint plus le moins du monde à manger quoi que ce soit. Son thé ne tarda pas à refroidir et son assiette d'œufs brouillés fut bientôt réduite en purée par sa fourchette fébrile. Lorsqu'il fut l'heure d'aller en cours, elle fut la première à quitter le banc et même à sortir de la salle. Heureusement, la première heure était avec les Serdaigles… Mais elle ne pourrait pas l'éviter indéfiniment : notamment parce qu'ils avaient travaux pratiques de Potions en deuxième heure.

L'estomac malade, elle peina même à noter le cours dicté par MacGonagall : son regard la hantait. Même si elle avait envie de songer à tout autre chose, et malgré le fait indéniable qu'une partie d'elle soit très satisfaite de l'avoir contrarié, elle appréhendait réellement leur prochaine rencontre.Lorsqu'ils descendirent dans les cachots, elle crut très sincèrement qu'elle allait finir par se trouver mal. Harry lui fit même une réflexion sur son teint très pâle. La porte s'ouvrit brusquement et la voix froide de Rogue leur ordonna d'entrer. Comme d'habitude, les élèves s'exécutèrent aussitôt, pourtant déjà déprimés par les trois prochaines heures. Au tableau étaient notés les ingrédients de la potion de ratatinage et l'armoire ouverte fit rapidement comprendre aux élèves qu'ils ne devaient pas attendre plus longtemps et commencer immédiatement leur préparation. Comme d'habitude, Harry se mit avec Ron et Hermione se retrouva avec Neville. Et comme d'habitude, Rogue les sépara, la plaçant avec Seamus pour l'empêcher de causer une énième explosion dans sa salle de classe.

On n'aurait pas su faire pire situation. Seamus était juste devant Drago Malefoy. Quelle idée franchement, mais quelle idée ! Elle vint s'installer rapidement, sans jeter le moindre regard en arrière. Rapidement, elle se rendit à l'armoire pour aller chercher les ingrédients et alluma le feu sous le chaudron. C'est à cet instant que lui revinrent les paroles de Drago en tête…

« Oui, tu m'as manqué, Granger. Surtout pendant les cours de Potions, quand tu te penches vers la table pour remplir le chaudron… […] Maintenant que tu le sais, j'espère que tu te pencheras encore davantage. »

Son sang ne fit qu'un tour et les battements de son cœur redoublèrent. Elle envisagea pendant un instant de laisser Seamus glisser les ingrédients dans le chaudron, mais n'ayant ni envie de mourir, ou pire, d'avoir un Troll, elle se résolut à entamer elle-même la préparation du breuvage. A chaque ajout d'ingrédient, elle sentait ses joues chauffer, sans pourtant savoir si oui ou non Drago la regardait effectivement. Cela ne l'aidait pas à se concentrer, et par deux fois, ce fut même Seamus qui se chargea de lui relire une consigne pour l'empêcher de commettre un impair.

- Hermione, peut-être que je me goure, mais j'ai l'impression que tu as pris de la violette au lieu de la lavande, lui signala doucement l'irlandais, un peu hagard face à une énième erreur de sa comparse.

Complètement désemparée par une bourde aussi ridicule, Hermione se mordilla nerveusement la lèvre. Son état ne s'arrangea pas lorsqu'elle entendit les deux ricanements provenant de derrière eux : Drago et Blaise semblaient très amusés et elle était persuadée que c'était parce qu'ils avaient tout entendu.

- Ne t'inquiète pas, la rassura Seamus en posant sa main sur son épaule. On s'en fout, précisa-t-il en donnant un coup de tête vers l'arrière pour désigner les deux Serpentards derrière eux.

Elle apprécia sa marque de gentillesse mais il n'avait pas la moindre idée de quoi il parlait : pour lui, il ne devait s'agir que d'une moquerie lambda dont elle faisait si souvent les frais. Il n'imaginait pas une seule seconde la réelle situation.

- Je vais chercher la lavande, ajouta-t-il finalement avant de quitter la paillasse.

L'idée de se retrouver seule ne l'aida en rien à retrouver son calme. D'ailleurs, la voix qui retentit par la suite, ne fit que confirmer ses craintes.

- Eh bah, Granger ? On perd la main ?

Sans pouvoir s'en empêcher, elle jeta un coup d'œil derrière elle. Comme d'habitude, Drago était davantage adossé contre la colonne de pierre que contre le dossier de sa chaine. Ses yeux la foraient et le rictus diabolique apposé sur ses lèvres rendait sa vision plus insupportable encore. A ses côtés, Blaise lisait les annotations de son cours, un sourire moqueur sur les lèvres.Elle se détourna d'eux sans répondre. Comme elle l'avait deviné, il n'abandonna pas aussi facilement.

- Mais je comprends, le cours de Potions n'est pas le plus simple pour ceux qui manquent de concentration et de dextérité. Et contrairement à moi, tu sembles en manquer.

Où voulait-il en venir, avec cette provocation ridicule ? Elle était meilleure que lui dans les autres cours, et la seule raison qui faisait qu'il avait les meilleures notes en Potions, c'était le favoritisme de Rogue.

- Tout le monde ne peut pas avoir mon doigté.

Elle lâcha la fiole de venin d'iguane tacheté. Cette dernière vint éclater sur le sol, répandant sur ses pieds une substance verdâtre et visqueuse. Drago laissa échapper un ricanement sardonique. Les mains complètement tremblantes, le cœur battant, Hermione s'appuya sur la paillasse pour remplacer le support que ses jambes faibles ne lui fournissaient plus.

- Miss Granger, mes ingrédients ne sont pas renouvelables à l'infini, dix points de moins pour Gryffondor, lança Rogue sans même lever les yeux de son parchemin.

Près de l'armoire, Seamus la regardait avec inquiétude. Lorsqu'il se dirigea vers le bureau de Rogue, elle sut tout de suite quel malheur allait s'abattre sur elle mais ne put s'en prévenir.

- Monsieur, je crois qu'Hermione n'est vraiment pas bien : peut-être devrais-je la conduire à l'infirmerie ?

Le professeur porta cette-fois les yeux sur la Gryffondor et étudia brièvement son visage.

- Oui, qu'elle y aille.

Pendant quelques secondes, Hermione se crut sauvée.

- … Monsieur Malefoy, veuillez vous charger de l'y accompagner.

Et voilà. Ils étaient préfets, c'était normal. Et catastrophique. Elle entendit la chaise de Drago racler le sol derrière elle et une main attrapa son bras avec lenteur mais fermeté. Il la conduit dehors, sous les regards paniqués des Gryffondors, et à fortiori d'Harry et de Ron. Même lorsqu'ils eurent quitté la salle, Drago continua de la tirer : lui faisant monter les escaliers pour rejoindre le rez-de-chaussée. Sa poigne se raffermissait sur son bras de secondes en secondes et bientôt il se retourna vers elle. Dans ses yeux dansait la plus insupportable des malices.

- C'est vrai que tu as une sale tronche, Granger.

Elle se délesta de son emprise sur elle, s'éloignant un peu de lui.

- Je ferais le reste du chemin seule, annonça-t-elle aussi sèchement qu'elle le put, sans pouvoir pour autant empêcher sa voix de dérailler.

- Ne dis pas de conneries : je serais bien embêté si tu tombais dans les escaliers, or tu n'as plus l'air de savoir comment te servir de tes jambes depuis ce matin.

Hermione secoua la tête de droite à gauche, une enclume dans l'estomac.

- Je suis sûre que tu as bien mieux à faire ailleurs, Malefoy. Va plutôt donc t'empresser de ravir les jouvencelles de Poudlard, cingla-t-elle en continuant d'avancer sans le regarder.

- Tu es jalouse…, se délecta-t-il, la voix sournoise.

- Non, plaqua-t-elle immédiatement avec assurance.

- Ce n'était pas une question.

La Gryffondor soupira lourdement.

- Laisse-moi tranquille, tu veux. Tu me fais mal à la tête.

Apparemment lassé de trainer derrière elle, il accéléra le pas et la dépassa, se postant devant elle et la forçant du même coup à s'arrêter.

- Je te ferais bien autre chose, mais tu n'as pas l'air d'excellente humeur.

- Je me demande bien à qui la faute, ironisa-t-elle avant d'essayer de le contourner.

Il l'arrêta d'un bras et la décala légèrement sur le côté.

- Eh ! Ne me pousse pas…

Le rictus du Serpentard s'agrandit. Il répéta à nouveau son geste, sans y mettre la moindre violence, juste beaucoup de mesquinerie.

- Bon sang, mais… !

Quel gamin. Mais quel gamin !C'est lorsqu'elle heurta la tapisserie qu'elle comprit ce qu'il avait en tête, d'autant plus lorsqu'il bloqua toute tentative de fuite en plaquant ses paumes pour l'entourer.

- Franchement, je me demande quel âge tu as…, siffla-t-elle.

Mais Drago ne chercha pas à lui répondre et préféra enfouir sa bouche dans son cou, attrapant un morceau de chair entre ses lèvres pour vraisemblablement y laisser une trace.Elle essaya de se mobiliser pour le repousser mais cela lui était bien impossible. Ses mains demeurèrent donc sur ses épaules, y plantant allègrement ses doigts. Le menton de Drago remonta jusqu'à son oreille.

- Essaye de me repousser, Granger…, murmura-t-il, un sourire tout à fait perceptible dans la voix.

Ses lèvres vinrent s'imposer sur son lobe, puis sur sa joue et enfin, il attrapa sa bouche avec la sienne. Elle ne put qu'entrouvrir les lèvres, comme d'habitude complètement perdue dans leur baiser : ses doigts glissèrent de ses épaules jusqu'à sa nuque, le rapprochant davantage.Au terme de leur jeu de langues, ils essayèrent de récupérer leur souffle court.

- C'est mieux, dit-il presque inaudible, les yeux fermés.

- Quoi… ?, chuchota-t-elle à son tour, plus qu'avachie contre la tapisserie.

- Tais-toi, la coupa-t-il avant de poser à nouveau ses lèvres sur les siennes.

Ses mains quittèrent la tapisserie pour venir se glisser sur ses hanches, les serrant dans une étreinte possessive.

- Viens, lança-t-il contre sa bouche. Allons… dans ma chambre.

C'est là qu'elle se réveilla. Non mais était-elle tombée sur le crâne ?!

- Ah non, non, non, non, non, non, non, protesta-t-elle d'une voix claire et ferme.

Drago eut un sourire pervers et haussa les sourcils.

- Quoi, tu veux continuer ici ?

Elle lui donna une tape sur le bras.

- Je ne veux rien continuer du tout : laisse-moi aller à l'infirmerie et retourne en cours, les gens vont finir par trouver ton absence bizarre.

- Ça, c'est une certitude.

Drago et Hermione se tournèrent d'un même mouvement vers la source de la voix. William Blake se tenait non-loin d'eux, les mains dans les poches de son pantalon d'uniforme. Hermione sentit très nettement son sang se glacer dans ses veines. Drago, lui, esquissa un rictus narquois, au plus grand désespoir de la Gryffondor.

- Ça va, je ne vous dérange pas trop ?, s'enquit-il avec un sourire froid.

- En fait, si, répliqua Drago d'une voix franchement amusée.

Il passa devant Hermione, comme pour la dissimuler aux yeux du Serdaigle. Cette dernière n'en menait pas large : complètement paniquée par la situation, elle restait abasourdie et mutique.

- Depuis quand ça dure, votre petit jeu ?, demanda Liam, quittant Drago des yeux pour venir les plonger dans ceux d'Hermione.

- Ce n'est pas du tout ce que tu crois, brava finalement Hermione.

Liam ricana sans la moindre joie.

- Cette scène est familière.

Hermione fronça les sourcils.

- Certainement pas : je n'ai pas couché avec lui, annonça-t-elle clairement.

- Pas encore, en tout cas, railla Drago.

Hermione le fusilla du regard tout en essayant de se retenir de l'assassiner. Bon sang, il n'en ratait pas une.

- Cela ne me regarde pas, de toute façon. Je veux juste savoir depuis quand il vous arrive de vous adonner à ce genre de saletés.

Drago s'avança vers lui, enfouissant ses mains dans ses poches.

- Je me demande si ça aussi, ça te regarde, Blake.

- Je ne t'adresse pas la parole, alors évite de répondre à sa place.

La Gryffondor sentait ses membres se tétaniser sous le coup de l'appréhension : s'il commençait à lui répondre aussi mal, Drago perdrait bientôt son calme et la situation ne manquerait pas de dégénérer.A sa plus grande surprise toutefois, Drago conserva son expression madrée.

- Ton silence est éloquent, Hermione, signala Liam en plissant des yeux.

Elle ne savait pas quoi dire : certes, ils s'étaient embrassés mais en même temps, c'était très compliqué. Il y avait eu le pari… Et ses fâcheuses conséquences. Mais il n'était plus cette personne aussi détestable qu'auparavant… Il ne la forçait à rien. C'était elle qui cédait. Cela n'avait pourtant rien à voir avec ce qu'il lui faisait subir lorsqu'elle était avec Liam.

- Honnêtement, tu ne te trouves pas un petit peu hypocrite ?, l'invectiva le Serdaigle sans cesser de sourire.

Mais il n'attendait pas de réponse car il reporta aussitôt son regard sur Drago.

- Eh bien, mes félicitations. Tu as enfin eu ce que tu voulais. Tu t'acharnes pour quoi de plus ? La foutre dans ton pieu, comme prévu ? Et une fois que ce sera fait, alors quoi ? Qu'est-ce qu'il se passera dans ta pauvre tête d'aliéné ? J'imagine que tu passeras à une autre. J'espère que tu te rends compte à quel point tu es pathétique.

- Étant un maître en matière de pathétique, je pense que tu peux garder tes remarques pour tes introspections personnelles, lança négligemment Drago, presque las.

Liam, lui-aussi, sembla très perturbé que le Serpentard ne perde pas son calme. Il l'observa, de plus en plus songeur. Quelle raison aurait-il eu de ne pas s'énerver contre lui ? De ne pas sauter sur cette occasion pour tenter de lui refaire le portrait ? Les yeux de Liam semblèrent soudainement s'éclairer. Il n'était plus jaloux de lui, tout simplement.

- Tu sais, affirma-t-il soudain.

Drago conserva le silence et Hermione afficha un air hagard. De quoi parlait-il ?

- Comment ?, s'enquit-il un peu brusquement.

- Je ne suis pas aveugle, Blake. Elle est de ma maison, et elle fait partie des gens que je fréquente quotidiennement.

Oksana ? Ils ne pouvaient parler que d'elle. Et qu'est-ce qu'elle ignorait, encore ?

- Pourquoi n'as-tu rien dit… ?, demanda encore Liam.

- Parce que je m'en tape… Parce qu'elle me lâche enfin les basques. Et enfin parce que ça m'arrangeait bien que tu sois avec elle. Surtout pour ça, d'ailleurs.

William sembla très affecté par son aveu, comme estomaqué par sa franchise. Hermione, elle, ne cherchait plus à comprendre : cela ne la regardait pas.

- Qui d'autre le sait ?

- J'en sais rien et je m'en fous, souffla Drago, ennuyé. Bien, si tu nous pouvais nous laisser maintenant. Malgré ce que tu as l'air d'imaginer, ce n'est pas une fille facile…, ajouta-t-il en désignant du pouce la Gryffondor derrière lui. Et ta présence ne va pas m'aider à en faire ce que je veux.

Liam ne put s'empêcher d'esquisser un petit sourire. Ce mec était irrécupérable.

- Les Serpentards ne sont pas aussi pourris qu'ils s'en donnent l'air, murmura-t-il en tournant les talons.

- La journée n'est pas finie, répondit Drago en reportant son regard sournois vers Hermione.

Hermione le regarda s'avancer vers elle à nouveau, les yeux toujours ronds de surprise. Il arborait un sourire moqueur.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? On dirait que Granger n'a pas compris quelque chose. Sans rire, c'est la première fois que je te vois avec une gueule pareille.

- Tu es resté calme, nota-t-elle seulement, sans rebondir sur sa provocation.

- Ça arrive plus régulièrement que tu as l'air de le penser, signala-t-il. C'est juste que tu as la fâcheuse tendance de m'énerver. Bon allez, Blake a encore ruiné mes plans, mais je vais quand même te conduire à l'infirmerie.

Ses plans. Cela sonnait comme une manœuvre machiavélique : comme ses machinations de toujours. Pourtant, elle savait que ce n'était pas le cas. Cela faisait longtemps que ce n'était plus le cas. Il la décolla de la tapisserie et entoura ses épaules avec son bras, la ramenant contre lui.

- C'est tout ?, demanda-t-elle.

Drago lui jeta un coup d'œil narquois.

- Il faudrait savoir…, se moqua-t-il.

Elle rougit de plus belle.

- Non, je veux dire… Laisse-tomber.

Hermione ne chercha pas à se dégager de son étreinte, ni à comprendre pourquoi elle ne le faisait pas. Elle ne savait pas comment il s'y était pris pour calmer Liam, mais elle avait bien vu qu'en deux temps, trois mouvements, le Serdaigle s'était apaisé. Et ses regards froids avaient disparu. Curieuse tout de même, elle aurait bien aimé demander des explications mais elle n'était pas sûre de vouloir les entendre, surtout s'il s'agissait d'Oksana. Et puis, elle avait conscience que le sujet ne la regardait pas. Si Liam désirait lui en parler par la suite, ce serait son choix. Impliquer Drago là-dedans ne semblait pas être une idée des plus brillantes.

Ils avançaient ainsi dans le couloir, et elle se surprit à penser qu'ils avaient tout l'air d'un couple, à se tenir comme ça. Il était curieux qu'il prenne de telles libertés dans les couloirs de Poudlard, comme s'il se fichait bien de se faire surprendre en sa compagnie. Le fait qu'il n'ait pas honte lui fit à la fois plaisir et l'inquiéta du même coup. Se moquait-il des conséquences que pourrait engendrer un tel comportement, car pour lui de tels gestes n'avaient pas la moindre importance ? Ou encore avait-il décidé qu'il s'en fichait, uniquement parce qu'il assumait d'avoir changé son avis sur celle qu'il appelait autrefois « sang-de-bourbe » ?Ce doute n'était pas très agréable mais elle ne chercha pas à lui poser directement la question, de peur d'être déçue par sa réponse.

- Tu réfléchis tellement que tes oreilles fument.

Hermione esquissa un petit sourire.

- J'aimerais en dire autant à ton sujet, répliqua-t-elle un peu abruptement.

- Ce n'est pas parce que ce que je dis ou fais ne te plait pas, que ce n'est pas mûrement réfléchi, Granger.

Elle leva les yeux au ciel.

- Te rends-tu au moins compte de ce que tu dis, parfois ?, rétorqua-t-elle de plus belle.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, brava-t-il la voix pleine d'une innocence doucereuse.

- « Tout le monde ne peut pas avoir mon doigté », vraiment ?, cingla Hermione avec ironie.

Il ricana.

- Tu es une petite perverse, Granger. Je l'ai toujours su mais tu m'en donnes de nouvelles preuves tous les jours.

Mais bien sûr. C'est moi qui interprète mal tes mesquineries. Évidemment.

- Visiblement ça ne te suffit pas.

Ah la bourde. Pourquoi avait-elle dit ça ? Maintenant elle sonnait comme une pauvre fille aigrie et jalouse. Génial. Tout ce qu'elle désirait.

- Tu es vraiment jalouse, alors…, murmura Drago en approchant sa bouche de son oreille.

- Je ne suis pas jalouse. Je suis toujours très admirative de ta rapidité lorsqu'il s'agit de passer d'une fille à une autre, affirma-t-elle d'une voix détachée, teintée de sarcasme.

- Si tu me veux pour toi toute seule, petite Granger, il suffit de me le demander, murmura-t-il de plus belle.

Hermione lui lança un regard perplexe : que voulait-il dire ? Ses oreilles et ses joues brûlaient. Pourtant, la moquerie semblait absente de ses yeux.

- De te demander ?, répéta-t-elle bêtement.

- Ou de me supplier, si tu préfères… Je ne dis pas non à quelques supplications à genoux. Et peut-être aussi, si tu venais défaire ma ceinture et...

- Tu rêves, Malefoy, conclut-elle.

Mais elle resta tout aussi ahurie. Il avait beau placer tout son discours dans le sarcasme, ses propos semblaient contenir un fond de sérieux. Suggérait-il qu'ils sortent ensemble ? Une sorte d'exclusivité ? Une relation, donc ? Une vraie relation avec Drago Malefoy ?Il devait se moquer d'elle, forcément. Pourtant, le sujet était grave. Lorsqu'ils en avaient parlé la dernière fois, cela ne s'était pas très bien terminé. Et c'était une question qui la hantait de plus en plus, qui plus est. Qu'est-ce qu'elle ressentait pour lui ? Qu'étaient-ils, tous les deux ? Des ennemis ? Des amis ? Ces termes ne collaient pas, ou plus. Ils n'avaient jamais été amis, mais ils n'étaient plus vraiment ennemis, n'est-ce pas ? Il ne la traitait plus comme une ennemie, en tout cas. Ni comme sa victime. Quoique, parfois...

Quand elle faisait preuve de franchise, elle devait se rendre à l'évidence : elle ressentait quelque chose pour Drago Malefoy, et elle ne savait pas d'où cela provenait. Peut-être était-ce une sorte de syndrome de Stockholm… Ou encore le fait qu'elle parvienne à lui faire changer de comportement, ce qui la grisait, et qu'elle aimait ce qu'il devenait.Et puis, il y avait toute cette dimension physique qu'on ne pouvait pas occulter : elle se sentait bien dans ses bras. Et quelque part, elle savait pourquoi. Le fait qu'il aime tant la toucher, l'embrasser, alors qu'il avait été la personne à la haïr le plus au monde ; le fait qu'il se contredise lui-même, le fait qu'il connaisse toutes ses faiblesses mais cesse de les exploiter pour seulement les accepter… Qu'il la voie en tant que femme attractive, alors qu'il l'avait toujours méprisée sur ce plan là… sûrement.Le plus paradoxal, c'était certainement qu'elle parvenait à se sentir en sécurité dans ses bras, alors qu'il était celui qui lui avait fait le plus de mal dans sa vie. Il n'avait jamais cessé de la regarder, de lui parler, de l'invectiver : il avait toujours été là. Et ce qui avait autrefois été une obsession malsaine n'était plus qu'une obsession tout court. Pourquoi l'obsédait-elle, mystère… Mais les faits étaient là.

- Tu recommences, l'interrompit Drago dans ses pensées.

Elle reporta son regard sur lui : ils étaient arrivés devant la porte de l'infirmerie.

- Qu'est-ce que tu attends de moi, Drago ? Est-ce que tout ça n'est qu'un jeu, pour toi ?, s'enquit-elle, plongeant ses yeux chocolat dans les siens.

Le Serpentard arbora une mine mi-sceptique, mi-moqueuse.

- De quoi tu parles ?

Hermione mordillait sa lèvre inférieure, exaspérée par sa fuite continuelle lorsqu'elle abordait ce sujet.

- Tu sais très bien de quoi je parle.

Drago dévia son regard, impassible.

- Du pari ?

Voilà qu'il jouait les imbéciles.

- Très bien, dit-elle en secouant la tête. Laisse-tomber. Je prends ta mauvaise foi pour un oui.

Drago ne réagit pas. Au moment où elle tourna les talons, il daigna enfin lui répondre.

- Attends, exigea-t-il.

Elle se retourna vers lui, l'air impatient.

- Quoi encore ?

- Qu'est-ce que tu veux entendre, Granger ?

- Je n'ai pas envie que tu me dises ce que je veux entendre, je veux que tu me répondes sincèrement, le reprit-elle avec autorité.

- A quoi veux-tu que je réponde ?

- Est-ce que tout ça n'est qu'un jeu, à tes yeux ?, répéta-t-elle.

Il resta planté là, la mine toujours impassible, les yeux toujours dirigés vers l'opposé du couloir.

- Ça suffit, finit-elle par dire.

Elle referma la porte de l'infirmerie un peu brusquement.

Putain, les femmes.

« Non non, je ne veux pas que tu me dises ce que je veux entendre, je veux que tu me répondes sincèrement ». Mais bien sûr. Tout ça, c'était du flan. En vérité, les femmes ne désiraient qu'une seule et unique chose : que l'on dise sincèrement ce qu'elles voulaient entendre.

Comment aurait-il pu faire pour que ce soit elle qui prenne l'initiative ? Il lui tendait constamment des perches, mais elle les prenait pour les relâcher un mètre plus loin. Bon sang, il était Drago Malefoy, pas ce niais de Liam Blake : une déclaration d'amour n'était décidément pas dans ses plans. Mais malgré cela, il ne pourrait pas indéfiniment se passer de leurs étreintes, et il savait que s'il y avait une occasion à saisir, c'était maintenant. Après tout serait plié. Il fallait qu'il la goute, juste une fois. La torture viendrait ensuite, mais après tout, il avait fait son choix. Il la voulait maintenant et s'en séparerait plus tard. Voilà.

Elle devait considérer que c'était à lui de faire les premiers pas, uniquement parce qu'il s'était montré cruel avec elle auparavant. Comme si quelque part, il lui devait bien ça. C'était ridicule. Et sensé. Mais ridicule.Il n'avait pas envie de s'excuser, ni de lui dire qu'il l'aimait. Elle n'avait qu'à deviner, elle qui avait un si gros cerveau. Et si elle refusait de voir l'évidence, c'était de sa faute et uniquement de sa faute… !Le seul souci, c'était qu'il en pâtissait aussi. Tout ça, c'était à cause d'elle, franchement.

Et puis c'était quoi, cette manie de s'habiller n'importe comment, en ce moment ? De défaire les boutons de sa chemise à la table des Gryffondors ? Elle croyait peut-être être discrète ? Il avait bien perçu les regards intéressés de certains abrutis. Argh et le pendentif, qu'elle retirait comme si de rien n'était.

Putain.

Il s'était senti obligé de lui laisser une nouvelle marque d'appartenance. De savoir qu'elle ne le portait plus l'irritait plus qu'il n'était rationnel. C'était ainsi qu'il s'était retrouvé à lui faire un suçon dans le cou… Et elle s'était laissée faire ! Alors quoi ? Était-ce son exclusivité ou était-elle tellement exaspérée par son comportement qu'elle ne pipait plus mot ? Non… Elle l'avait embrassé, après tout. Alors elle le harcelait avec ce que lui voulait, mais lui, il se demandait bien ce qu'elle voulait aussi. A se laisser faire aussi facilement, puis à le repousser inéluctablement par la suite…

Petite allumeuse.

Il sourit machinalement. Elle ne devait même pas se rendre compte qu'elle le frustrait à chaque fois : il n'était pas constitué pour se satisfaire uniquement de baisers ou de quelques contacts. Plus elle lui en donnait, plus il en voulait. Et plus il attendait, plus il devenait virulent dans ses fantasmes. N'étant déjà pas réputé comme étant un amant particulièrement doux, cela n'arrangeait rien à la situation. Enfin, même s'il voyait les choses ainsi, à chaque fois qu'elle se laissait faire, il se calmait aussitôt et perdait toute envie de la brusquer.

- Que faites-vous encore là, monsieur Malefoy ? Le professeur Rogue vous attend.

Pomfresh, revenant très certainement des cachots au vu du panier de potions qu'elle tenait contre elle, avançait vers lui l'air sévère.

- J'attendais que vous reveniez, mentit-il avec l'assurance de l'habitude. Je préférais ne pas la laisser seule tant que vous n'étiez pas revenue. Et comme nous ne nous entendons pas toujours très bien, je vous attendais dehors.

L'infirmière sembla sceptique : après tout, le corps professoral connaissait très bien le caractère du jeune Serpentard et comme il était difficile de savoir lorsqu'il mentait ou non, on partait donc du principe que ses propos n'étaient jamais très fiables. Pourtant, la spontanéité de sa réponse et sa justesse semblaient convaincantes, et ce, malgré le fait que sa prévenance à l'égard d'Hermione Granger ait un je-ne-sais-quoi de louche. C'est la raison pour laquelle elle ne fit aucune réflexion et le renvoya en cours.

Avant de bifurquer au bout du couloir, il se retourna vers elle et lui adressa un sourire narquois des plus insolents. Elle pinça les lèvres, hésitant à le reprendre, mais avant qu'elle n'ait pu ouvrir la bouche, il était déjà parti.

Sale gamin.

Hermione tournait et retournait le Rubik's Cube moldu qu'on lui avait offert à ses sept ans. Les couleurs étaient parfaitement alignées à présent. Un peu plus calme, elle le reposa sur sa table de nuit et glissa ses mains dans ses cheveux, les démêlant négligemment à l'aide de ses doigts. Machinalement, elle vint porter ses doigts à son cou : elle avait remis le collier. Faiblesse qu'elle ne s'expliquait pas et qu'elle se refusait à chercher à décrypter. Heureusement, il était caché sous son col.

Soudainement, quelqu'un frappa à sa porte. Persuadée qu'il s'agissait de l'autre affreux, elle n'émit qu'une réponse claire et ferme :

- Va-t-en !

- C'est Ginny, glissa une voix étouffée derrière la porte.

Un rire masculin retentit : l'autre imbécile se foutait d'elle.

- Entre, alors…, marmonna Hermione.

La porte s'ouvrit et Ginny pénétra à l'intérieur de sa chambre avant de refermer derrière elle.

- C'est Malefoy qui t'a laissée entrer ?

- Oui.

Vu la tête qu'elle tirait, elle ne s'en remettait pas non plus.

- Écoute, justement, je suis venue te parler de ça, chuchota-t-elle. Lance un Assurdiato.

La curiosité piquée, Hermione s'exécuta sans poser de questions.

- C'est fait. Je t'écoute.

- Bon… Je ne sais pas vraiment par où commencer, mais je ne vais pas y aller par quatre chemins… Hermione… Harry, moi, Ron… Même Luna… Nous avons tous remarqué que quelque chose avait changé entre toi et Malefoy.

Hermione eut soudainement beaucoup de mal à respirer.

- … En plus de ça, on a aussi remarqué que Malefoy lui-même ne se comportait plus du tout comme avant. Il reste très énervant, mais ça n'a plus rien à voir avec la personne haïssable qu'il était auparavant.

L'ainée des deux jeunes filles préféra garder le silence, attendant le cœur battant que sa cadette en vienne aux faits.

- Depuis quelques temps, tu n'es pas sans savoir qu'il a recommencé ses âneries avec les filles. Avec Harry, il y a de ça une semaine, on a décidé de voir s'il repartait réellement dans ses délires de crétin fini. Du coup, on s'est servis de la carte des maraudeurs. A la base, on voulait juste faire ça parce qu'on s'ennuyait…Mais rapidement, on a bien vu qu'il n'était jamais avec la même fille plus d'une journée… Et on s'est dit : soit c'est pire qu'avant, soit… soit il laisse croire que c'est pire qu'avant et en fait, c'est du pipeau. Et crois-le où non, on avait décidé d'en rester là, tout simplement parce qu'on s'en fichait pas mal… Et par hasard hier, je suis tombée sur lui et Linda dans le corridor nord du deuxième étage.

La fille de la veille.

- Figure-toi qu'il l'a juste laissée là, annonça Ginny.

Ses yeux étaient fixés sur l'expression d'Hermione, attentif au moindre changement, à la moindre surprise. Effectivement, Hermione laissa ses yeux s'agrandir un peu. Drago Malefoy, embrasser sans concrétiser ? Du jamais-vu. Et il ne pouvait pas essuyer des refus de la part de toutes ces filles, c'était impossible. D'ailleurs, quand elle y songeait, elle devait être la seule avec qui il n'était pas encore parvenu à ses fins. Était-elle un challenge pour lui ? Peut-être y avait-il de ça dans son obsession. Cette idée ne lui plaisait pas du tout.

- Bon… Soit, et que veux-tu que ça me fasse ?, s'enquit Hermione avec calme.

- Voyons, Hermione ! Pourquoi tu ne me parles pas de ce qui se passe ?! Encore aux garçons, je comprends… Mais c'est moi ! Ginny !, s'emporta à moitié la Weasley.

Hermione laissa ses yeux fuir l'espace d'une seconde. Elle finit par soupirer et reporta son regard sur la rousse.

- Le collier. C'est lui qui me l'a offert.

Comme prévu, Ginny perdit la moindre de ses couleurs. Pâle comme un linge, elle vint s'asseoir près d'elle sur le rebord du lit.

- Par Merlin, ne me dis pas qu'il a essayé de t'assassiner ?

- Non. En fait, ce n'est qu'un cadeau. C'est juste un cadeau, expliqua Hermione.

S'entendre expliquer cela de vive voix était assez troublant. Ginny la regarda comme si elle était tombée sur la tête.

- Hermione… C'est impossible. Pourquoi diable Drago Malefoy t'offrirait-il un cadeau, à fortiori un bijou hors-de-prix, si ce n'est pas dans le but de te causer du mal ? Ça n'a aucun sens… !

- Je sais, mais je te dis la vérité. Toi comme moi, on a pu constater qu'il n'y avait aucune magie dans le pendentif. Il est vierge de tout maléfice ou sortilège et ce n'est qu'un bout de métal. Je sais que c'est lui qui l'a acheté car j'ai pu retrouver la trace du collier grâce à Madame Griffith.

- La tailleuse de Pré-au-Lard ?

- Elle-même.

Ginny laissa ses yeux se perdre dans le vague quelques minutes, complètement désemparée par ce qu'elle apprenait.

- Mais depuis quand tu le sais ?, s'enquit-elle soudain, reportant son regard sur Hermione.

- Je l'ai appris peu après l'exorcisme.

- Et c'est maintenant que tu me le dis ?, se scandalisa la Weasley.

Hermione posa une main apaisante sur son épaule, l'incitant à se calmer.

- Je suis désolée de ne pas t'en avoir parlé plus tôt, mais très honnêtement, il fallait que je prenne moi-même du recul par rapport à ça.

Ginny sembla s'adoucir quelque peu. Au terme d'un silence où elle semblait rassembler ses forces pour embrayer, la rousse rouvrit la bouche.

- Je comprends… Mais alors… Pourquoi t'aurait-il offert le pendentif ? Il est tombé amoureux ou un truc du genre ?, ironisa Ginny.

Elle perdit son sourire lorsqu'elle se heurta à l'expression grave qu'arborait Hermione.

- Non… ?, murmura la rousse, prête cette fois à tomber du lit.

- Écoute, je n'en sais rien. C'est très compliqué entre nous en ce moment.

- Comment ça, compliqué ? Ne me dis pas que tu envisages sérieusement d'avoir une relation avec lui ?, souffla Ginny, de plus en plus traumatisée par la conversation.

- Je n'ai pas dit ça, contra Hermione. Mais il s'est passé des choses qui me laissent à penser qu'il est peut-être sérieux… Et il ne m'est pas indifférent non plus, alors…

- QUOI ?, s'époumona la Weasley en se redressant d'un bond.

La rousse se mit brusquement à arpenter la chambre en long, en large et en travers. Ses oreilles cramoisies rappelaient les humeurs de son frère et Hermione la suivit du regard, un poil amusée par sa réaction. Ce n'était pas disproportionné : il était logique qu'elle réagisse avec autant de ferveur… Il s'agissait après tout de l'ennemi de toujours du trio.

- Je sais, tu dois me prendre pour une dingue. Mais j'y songe beaucoup, et très honnêtement, il a énormément changé. Si même vous, vous vous en êtes rendu compte, c'est que je ne mens pas, n'est-ce pas ?

- Mais qui te dit que ce n'est pas un de ses plans diaboliques pour te faire tomber sous le joug de Voldemort… ? C'est un fils de mangemort ! DE MANGEMORT !

- Ginny…

- Non, écoute-moi Hermione, et sois logique cinq secondes. Il nous HAIT. Il nous méprise, nous insulte, nous dénonce. C'est une pourriture finie depuis la rentrée de la première année…

- Tu n'étais même pas encore à Poudlard, fit remarquer calmement Hermione.

- Ce n'est pas le sujet : je te rappelle que son dément de père a failli me faire tuer par Tom Jédusor en personne ! Super entrée en matière ! Je disais donc : il nous hait ! Et toi, uniquement parce qu'il t'a offert de collier sans mauvais sort pour te pourrir le cerveau, tu te dis qu'il est devenu gentil ? Et s'il avait tout prévu ? S'il t'avait offert le pendentif pour te faire croire qu'il a changé ?! Si tout faisait partie de son plan ?

- Ginny… C'est un abominable enfoiré, mais ce n'est pas un sociopathe non plus.

Enfin quoique.

Ginny semblait effarée.

- Merlin, mais c'est TOI la personne raisonnable dans cette pièce, pas moi !

Pourquoi tout le monde lui disait toujours qu'elle était raisonnable ? Non pas qu'elle considérait cela comme un défaut, mais ce mot avait une consonance sérieuse se rapprochant bien trop de la frigidité à son gout.

- Ginny. Je prends mon temps pour y réfléchir, je ne suis pas en train de te psalmodier des chants d'amour, ni ne lui ai fait de demande en mariage, alors calme-toi.

- Mais qu'est-ce qu'il te plait chez lui ? Qu'est-ce que tu peux bien lui trouver de si génial ?

Et ça, c'était une excellente question.

- Je n'en sais rien. Je sais juste que je me sens bien en sa présence, qu'il me manque souvent quand il n'est pas là… C'est tout… Ce genre de petites choses nouvelles qui, j'en sais rien… T'indiquent un peu vers qui se tourne ta préférence.

Apparemment, la Weasley avait bien du mal à assimiler que Drago Malefoy puisse manquer à qui que ce soit. Elle avait posé sa main droite sur son front, en signe de désespoir complet, et son autre paume se tenait contre sa hanche, dans une posture de désapprobation plus que visible.

- Il t'a retourné le cerveau, ma parole, murmura-t-elle.

Hermione soupira.

- Voilà aussi pourquoi j'ai mis autant de temps pour vous dire la vérité. Tu crois que je n'ai pas été choquée, moi aussi ? Tout ça, c'est vraiment loin d'être évident pour moi… Je veux dire, imagine : que quelqu'un que j'ai eu tant l'habitude de haïr me plaise subitement…

- Subitement, tu dis ? Et si malgré tout il t'avait bien fait boire un philtre ou jeté un sort ?

La Gryffondor fit un signe de dénégation.

- Je ne pense pas : la sensation aurait été bien moins subtile. Ce genre de magie réduit le désamour entièrement et efface les doutes. Je ne suis pas du tout dans cette situation. La preuve en est : je ne lui ai jamais fait de folle déclaration d'amour, il ne sait toujours pas que je suis au courant pour le pendentif. Et je ne suis pas sûre qu'il se rende compte que parfois, ses regards trop insistants et ses comportements avec moi indiquent qu'il ressent quelque chose pour moi. Si lui-même ignore ses sentiments… Et tout ça, je le tais. Donc…

Ginny sembla s'apaiser légèrement et revint s'asseoir à ses côtés.

- Par contre…, commença Hermione.

La rousse l'incita à continuer d'un bref coup d'œil.

- Promets-moi que tu le garderas pour toi, comme tout ce qui se sera dit ici, d'ailleurs…

- Je te le promets, assura sincèrement Ginny.

- A plusieurs reprises, déjà… Nous… Nous nous sommes embrassés.

Il valait mieux commencer par le plus léger. Hermione sut qu'elle avait eu raison de procéder par étapes lorsqu'elle vit une fois de plus Ginny changer d'expression : cette fois-ci, tout son visage vira au cramoisi.

- Ce n'est pas vrai… ?, s'enquit-elle d'une toute petite voix.

- Si.

- De son initiative ?

- Les trois quarts du temps.

- Et tu… tu réponds ? Tu participes ?!

- Pas toujours, mais bien souvent, oui.

- Je n'y crois pas…, souffla Ginny, perdue au possible.

Il y eut un long silence, durant lequel Hermione scrutait le visage de Ginny, y cherchant la moindre trace de jugement. Mais il n'y en eut pas, et sincèrement, cela la surprit. Même si Ginny l'aimait tendrement -et cette amitié était réciproque-, elle n'aurait pas cru que la rousse saurait se montrer si tolérante sur ce plan là. C'est pourquoi elle tomba des nues à ses propos suivants…

- Et il embrasse bien ?

Hermione ne put s'empêcher d'exploser de rire, la nervosité aidant. Ginny finit par la suivre, contaminée par sa comparse.

- C'est ça qui t'intéresse ? Pourquoi suis-je étonnée ?, ironisa Hermione.

- Si vous avez recommencé plusieurs fois, c'est que oui, n'est-ce pas ?, éluda Ginny.

La brune hocha la tête en signe d'approbation, le regard un peu fuyant et les pommettes légèrement roses.

- Il embrasse très bien.

- En même temps, je ne suis pas spécialement surprise…

Pourquoi Ginny était-elle soudainement moins agacée ? Elle n'en savait fichtrement rien.

- Peut-être as-tu raison…, finit par dire Ginny. Je ne pense pas qu'il t'aurait embrassée si tu l'avais toujours « dégouté ».

Elle devait faire référence à l'insulte « sang-de-bourbe ». Insulte qu'il avait dorénavant complètement banni de son vocabulaire, consciemment ou non, et ce, depuis leur dispute à ce sujet. Hermione ne voulait pas s'avancer, mais sans doute ne l'avait-elle jamais vraiment dégouté. Elle l'écœurait par procuration : à cause de son père… Mais il le lui avait dit lui-même, lors de leur conversation sur le sang : il utilisait cette insulte avant tout car il savait que c'était celle qui lui faisait le plus mal, sans vraiment la penser pour autant.

- Et quand il le fait, il… Quand il t'embrasse, je veux dire... Comment il est ?

- Comment ça ?

- Je ne sais pas moi… tendre ? Doux ? Taquin ?

- Euh… Taquin, un peu… Mais… Je ne sais pas, il est surtout ferme, possessif. Passionné, même. Parfois il est plus calme mais généralement, il finit toujours par s'emporter…

Ginny la regardait avec les yeux ronds.

- Eh bah dis-donc. Mais qu'est-ce que tu entends par « possessif » ?

Hermione prit une longue inspiration et se décida à lui raconter l'histoire avec Liam. Elle éluda presque tout, finalement, mettant sous silence le pari, la violence ponctuelle de Drago, l'ambomancie, les caresses trop aventureuses… La seule chose qu'elle confia, c'était ses réactions lorsqu'elle était avec Liam, par rapport au collier, les disputes entre les deux garçons, leur rixe qui avait fini en blessures réelles… et Oksana.Sur le coup, Ginny sembla un peu mal à l'aise et Hermione ne manqua pas de le remarquer. Lorsqu'elle lui demanda le pourquoi d'une telle réaction, Ginny rougit encore davantage. Elle était comme son frère : mentir était une tâche malaisée pour les Weasley, à part pour les jumeaux qui étaient de très grands spécialistes du genre.

- Peut-être ne devrais-je pas te le dire… Luna ne m'a pas dit de me taire, mais je pense que mon silence était implicite.

- Que lui a-t-elle fait encore ?, murmura Hermione, d'ores et déjà persuadée qu'Oksana avait causé du tort à la Serdaigle.

Ginny s'entêta à fuir son regard pendant quelques instants avant de plonger ses yeux dans les siens.

- Elles sont ensemble.

C'était comme si on lui annonçait que la sorcellerie n'était qu'une vaste blague et qu'elle avait à recommencer tous les cours dès la sixième dans un collège moldu.

- Hein ?, fut la seule chose qu'elle parvint à dire.

- Luna et Oksana sont ensemble. Elles sortent ensemble.

- Mais qu'est-ce que tu racontes, bon sang de bonsoir… ?

- Tu vois l'effet que ça fait ? Tu viens à peu près de me faire le même coup, lui signala Ginny d'un air entendu.

- Luna aime les filles ?, s'étonna Hermione.

- Pas spécialement : elle est juste tombée amoureuse d'Oksana en quatrième année et ça n'a jamais cessé. Je ne pense pas que Luna soit du genre à s'attacher à un genre particulier… Elle est un peu au-dessus de tout ça…

Hermione acquiesça silencieusement, toujours choquée d'apprendre cette nouvelle. Quel couple… !

- Mais Oksana… Tu ne m'avais pas dit qu'elle était vraiment garce avec elle ?, insista la brune.

- Si, si… Mais il s'avère que c'est bien plus compliqué que ça en avait l'air. Tout comme toi et l'autre siphonné du bocal, apparemment, rétorqua-t-elle d'une voix sûre. Franchement, où vous allez les pêcher, ces phénomènes ? A croire que vous êtes masochistes.

- Je te rappelle que tu as aimé pendant six ans le meilleur ami de ton frère, et ça, sans jamais le lui dire clairement. Vive la normalité.

Ginny sembla marmonner et bougonner, jusqu'à lui concéder qu'elle n'avait pas tort.

- Quelle année de dingue, finit par dire Ginny.

- Et elle n'est pas finie… A mon avis, on va avoir droit à d'autres surprises, encore.

- Tu vas le dire aux garçons ?

- T'es malade ? Et puis leur dire quoi ? Je ne sors pas avec Drago, après tout.

La rousse grimaça.

- Drago…, répéta-t-elle en faisant une grimace significative.

Hermione rit doucement face à sa réaction, la faisant sourire à son tour.

- Je n'avais pas exactement prévu de t'en parler comme ça, ce soir, de but en blanc… Mais finalement, je suis bien contente que cela se soit passé comme ça. Je suis soulagée d'un poids…, souffla Hermione, réellement apaisée de s'être confiée, même s'il ne s'agissait que de confidences partielles.

- Et je suis contente aussi d'avoir enfin le fin mot de l'histoire : vos regards commençaient très sérieusement à me rendre folle.

- Nos regards ?

- Vous vous regardez tout-le-temps !, cingla Ginny, comme exaspérée. C'est super bizarre !

Hermione pouffa de rire : se regardaient-ils tant que ça ? La rousse devait probablement exagérer mais c'était tout de même comique.

La conversation des deux jeunes filles emboita sur les Serpentards de cette année et de fil en aiguille, elles en arrivèrent à parler des nouvelles dreadlocks de Savannah Glowers, une Poufsouffle de la promotion de Ginny. Bref, leurs discussions furent un peu digressives… Quand l'heure du couvre-feu arriva, Hermione raccompagna Ginny jusqu'en salle commune Gryffondor, en profitant pour faire sa ronde par la même occasion.

Lorsqu'elle la quitta et qu'elle rebroussa chemin, sa tête était pleine de nouvelles informations… Et sa gorge sèche. Elle descendit aux cuisines et se servit un verre d'eau, puis un autre. Le temps de remonter, elle avait dépassé sa ronde d'une bonne heure. Quand elle pénétra dans les appartements des préfets, ses yeux tombèrent presque immédiatement sur Drago. Il semblait endormi sur le canapé. Enfin, en tout cas, elle ne pouvait pas l'affirmer avec certitude étant donné qu'il y avait un livre entrouvert lui recouvrant le visage. Elle s'avança tout de même vers lui, uniquement pour se rendre dans sa chambre, quand elle s'aperçut qu'il tenait une plume dans la main. Bientôt, cette dernière viendrait inonder sa chemise d'encre si sa main se délassait davantage… Ni une, ni deux, Hermione s'approcha de lui et lui ôta délicatement la plume des doigts, la reposant tout doucement sur la table basse. Les yeux fixés sur ce qu'elle faisait, elle n'eut pas le temps de voir la main de Drago attraper son autre poignet avec fermeté, la précipitant sur lui.

Lorsqu'elle retrouva ses esprits, elle était à moitié à califourchon sur lui et il avait glissé ses bras dans le bas de son dos pour la maintenir contre son torse. Le livre était étalé par terre, spectacle lui arrachant véritablement le cœur. Il vit son regard et arbora un rictus insupportable de moquerie.

- Ne t'avise pas de le ramasser.

Hermione leva les yeux au ciel.

- C'est à cette heure-ci que tu rentres ?

Remarque de couple. Elle essaya de se défaire de son étreinte, mais elle aurait pu tout aussi bien ne rien faire : le résultat aurait été le même.

- Ne sois pas bête, dit-elle avec la fermeté qu'un parent aurait envers un enfant.

- Je ne suis pas bête, répliqua-t-il simplement. T'étais avec mini-belette ?

- Mini-belette ?

- La sœur de la belette.

- Ah, Ginny. Oui. Et puis ça ne te regarde pas, je fais ce que je veux !

- Oui, comme moi…, attesta-t-il avec un sourire d'autant plus grand en laissant glisser sa main droite sur sa chute de reins.

- Comme c'est pratique, siffla-t-elle en la remontant tout en le fusillant du regard.

Drago laissa son sourire se réduire un peu, le transformant en rictus proprement machiavélique.

- Alors comme ça on jette des Assurdiato pour ne pas que j'entende les discussions entre filles… ?

Hermione sentit son cœur s'arrêter.

- Ne me dis pas que tu as…

- Non, je n'ai pas écouté, assura-t-il. Mais j'espère que tu as su mettre en avant mes nombreuses qualités.

- Qu'est-ce qui peut bien te fait croire qu'on a parlé de toi ?, rétorqua Hermione, toujours un peu fébrile.

- L'Assurdiato, répliqua-t-il du tac-au-tac, l'œil malicieux.

- Cela signifie juste que nous ne voulions pas que tu écoutes, ça ne signifie pas que nous parlions de t…

- Silence, Granger, l'interrompit-il en lui assénant du même coup une petite claque sur le postérieur.

Elle voulut protester mais il avait déjà investi sa bouche. Quelques instants plus tard, il l'avait plaquée sur le canapé. Jamais. Jamais il ne pouvait supporter qu'elle soit au-dessus. Il devait avoir le contrôle. Quel foutu gamin capricieux.

Hermione sépara leurs lèvres.

- Stop ! Je suis toujours en colère contre toi, je te signale, l'éloigna-t-elle en s'aidant également de ses paumes.

- En colère contre moi à propos de quoi ?, s'enquit-il, déjà ennuyé par cette discussion.

- Non mais franchement ! Tu fais n'importe quoi depuis la dernière fois... Et tout à l'heure, tu ne m'as pas répondu et…

- Oh, on s'en tape, Granger… !

Il attrapa ses poignets avec aisance, l'empêchant de s'éloigner de lui, et les glissa autour de sa propre nuque, collant à nouveau sa bouche contre la sienne.Cela ne l'incita pas le moins du monde à se taire et elle commença à mouvoir ses lèvres pour parler, bien qu'il lui rende la tâche fortement difficile. Il finit par s'arrêter à nouveau : au moins, elle n'avait pas retiré ses bras de sa nuque, c'était très bon signe.

- Qu'est-ce qu'il y a encore ?!

- Est-ce que pour toi c'est un jeu ?

Et c'est reparti.

Ne pouvait-elle pas penser à autre chose qu'à ça ? Il s'éloigna d'elle, se délestant tout seul de son étreinte. C'était bien la première fois qu'il agissait comme ça : Hermione en fut mal à l'aise.

- Drago…, plaida-t-elle pour le retenir.

Il s'était simplement arrêté, sans se retourner vers elle. Mais dans la tête de Drago, c'était le fouillis le plus complet. Sa voix avait retourné tous ses neurones, le faisant frissonner de la tête aux pieds.

- Il te suffit de me dire oui ou non… S'il-te-plait. Je dois savoir si je dois te prendre au sérieux ou non, tu comprends ?

Cette fois-ci, il se retourna, piqué.

- Comment ça ? Que veux-tu dire exactement ? Que tu ne me prends pas au sérieux pour l'instant ?

- Non, ce n'est pas ce que je veux dire, contra-t-elle d'une voix calme.

- Mais alors pourquoi tu veux que je te réponde ?! Pourquoi ressens-tu constamment le besoin de m'attaquer dans mon égo ? Franchement, ça commence très sérieusement à me casser les…

- Quoi ?!, s'insurgea-t-elle soudain. Mais d'où est-ce que ça sort ça ? Non mais on croit RÊVER ! C'est moi qui prends constamment sur moi ! Toi, tu es bien trop fier pour songer à t'excuser, car oui, je te rappelle que tu ne l'as toujours pas fait ! Et à côté de ça, allons-y que je la plaque contre un mur, que je la caresse, que je l'embrasse fiévreusement… Non mais c'est toi qui te fiches de ma poire, pas moi ! N'inverse pas les rôles !

- Mais qu'est-ce que tu veux que je te DISE ?

- Je veux que tu me dises ce que tu penses vraiment !, hurla-t-elle.

Ils n'y arriveraient jamais. C'était la troisième fois qu'ils avaient cette foutue discussion. Vainement.

- Mais qu'est-ce que tu veux exactement ? Une déclaration d'amour enflammée ?! Que je me mette à genoux, que je chiale et que je te demande de m'excuser ? Et après quoi ? On part à notre lune de miel dans la voiture des Weasley ?

Soufflée, Hermione ne sut même pas quoi lui répondre.

- Je ne sais même pas quoi te dire ! Je ne sais pas ce que tu me demandes !

- Je sais que tu me caches des choses !, dit-elle d'une voix limpide.

- Hein ?, s'exclama-t-il, Mais putain, mais sois claire, toi aussi !

- Tu me caches des choses, n'est-ce pas ? Du moins, tu crois que tu me les caches !

- Mais ma parole, Granger, t'as fumé de l'Herbivette d'Irlande, ou quoi ?, s'insurgea-t-il avec perfidie.

- Ah, tu ne me caches rien ?

- Non…, mentit-il avec le talent du diable.

Bon sang, mais il savait bien mentir le bougre. Il savait vraiment bien mentir : quand elle songeait à toutes ces choses qu'elle devait ignorer et qu'il devait parvenir à lui dissimuler avec la plus grande des aisances. Cela semblait presque naturel chez lui. C'était effrayant.

- Je n'arrive pas à croire que tu me mentes comme ça, aussi effrontément, lança Hermione en quittant le canapé, bien décidée à clore cette discussion.

Comme persuadé de son propre mensonge, Drago arbora une mine exaspérée au possible.

- Je te le promets, dit-il sans vraiment la regarder.

Non mais il n'allait quand même pas lui dire qu'il l'aimait. Quelle ringardise. Il n'était pas ce genre de gars là. Sous le coup d'une rage sans nom, Hermione ne put s'empêcher de griller son ultime cartouche et de lui asséner d'une voix froide :

- Il me semble que tu oublies le pendentif de Noël.

Le sang de Drago se glaça littéralement dans ses veines et il crut pendant un instant que ses jambes allaient articuler un mouvement de recul. Comment diable savait-elle cela ?Était-ce la vieille de Pré-au-Lard qui l'avait trahi ? Bon sang mais pourquoi n'avait-il pas contacté directement la tenancière d'Édimbourg pour la menacer ?!

Putain de merde.

- Comment… ?, commença-t-il, les yeux en pleine tempête.

- Peu importe !, éluda-t-elle d'une voix aiguë, le cœur explosant entre ses côtes. Tu fais le fier, tu fais l'intouchable mais il y a bien une raison pour que tu me harcèles sans cesse, pour que tu t'amuses à ruiner ma vie amoureuse ! Il y a bien une raison pour laquelle tu m'insultes quand je ne te donne pas ce que tu veux ou quand j'essaie de m'éloigner ! Il y a bien une raison pour que tu aimes quand je me rapproche de toi… ! Admets-le au lieu de me mentir délibérément !

Le cœur du Serpentard faisait des bonds de cabri dans sa poitrine : il ne s'était jamais senti aussi impuissant de toute sa vie. Ses révélations étaient si transparentes de vérité qu'aucune idée de réponse ne lui parvenait.C'était comme si son cerveau n'était plus irrigué.

- Je n'irais pas jusqu'à donner un nom à cette obsession car je suis à peu près sûre que tu ne la comprends pas toi-même, mais sache que j'en ai plus qu'assez de faire les frais de tes caprices et de tes machinations !

Elle esquissa un mouvement brusque sur la droite, bien décidée à laisser cet abruti réfléchir aux conséquences de ses paroles, mais une poigne forte la retint avant qu'elle ne puisse parachever son dessein.

- Attends, murmura-t-il.

Elle savait tout, il était complètement inutile de continuer à prétendre l'inverse. Plus fou encore, malgré le venin qu'elle venait de distiller dans son discours, il y avait trouvé des preuves irréfutables qu'il ne lui était pas complètement indifférent. Il savait déjà qu'elle l'avait désiré à des instants, mais jamais il ne s'était véritablement imaginé qu'elle ait pu nourrir à son égard des sentiments au-delà d'une simple envie physique.Le fait qu'elle porte délibérément son pendentif –car il n'était pas aveugle et l'avait vu balloter sous le col de sa chemise- tout en sachant pertinemment qu'il s'agissait d'un cadeau de son œuvre suffisait à confirmer ce constat, faisant presque trembler ses mains d'adrénaline.

Hermione se retourna vers lui et rencontra à nouveau son regard. Il y lut une certaine surprise.

- Qu'est-ce qu'il y a encore ?, ne put-elle s'empêcher de répondre, sur la défensive.

- C'est vrai. Je veux dire, t'as raison. Il y a bien une raison…

Il ne finit pas sa phrase, mal-assuré. C'était la première fois qu'il reconnaissait qu'il avait tort, et il était encore plus surprenant qu'il admette explicitement que c'était elle qui avait raison.

- Tu me détraques complètement, Granger… sérieusement…, souffla-t-il en resserrant son emprise déjà bien forte sur son poignet.

Elle sentait le sang fuir ses doigts, les rendant glacés. Il s'agrippait à elle avec une intensité proche de la violence : peut-être était-ce parce qu'il avait énormément de mal à dire ce qu'il était en train de dire.

- … Arrête d'approcher d'autres hommes. Reste avec moi, exigea-t-il soudain.

Il lui avait déjà dit à peu près la même chose : c'est là que s'éclaira un dialogue qu'ils avaient eu auparavant.

«[…] - Tu n'as pas le choix. Tu as fait un pacte. Tu dois le respecter, débita-t-il comme un robot.

- Je sais.

- Je n'arrêterai pas.

- Je sais.

- Non, tu ne sais rien, asséna-t-il soudain, la voix toujours très sereine. Tu crois tout savoir mais tu ne sais rien du tout. La vérité t'échappe.

- Je ne sais vraiment pas à quoi tu fais allusion. Il n'y a aucun mensonge ici. Seulement une vérité que nous connaissons tous les deux fort bien. Tu me hais pour des raisons bornées et intolérantes et je te méprise pour ça. Comme tu ne supportes pas d'être méprisé, tu tentes ridiculement de te venger en me torturant de toutes les manières possibles. C'est le plan immature qu'a imaginé ton esprit tordu et déséquilibré.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles, persévéra-t-il sans rebondir sur le moindre des mots délibérément provocants qu'elle venait de prononcer.

- Alors explique-moi.

- Je n'en ai pas envie. Il faut juste que tu saches que je n'arrêterais pas. Pas maintenant. Tu vas perdre, Granger. Et je me fous des conséquences.

- C'est juste ça, ce que je suis censée ignorer ? A quel point tu as envie de gagner pour achever de m'humilier de la plus complète des manières ?

- Tu ne comprends rien.

- Tu expliques très mal. […] Je ne me laisserais plus faire, Malefoy. Si tu me touches, je me battrais, je n'hésiterais plus à te tuer. Tout le reste m'indiffère, tu m'as déjà tout pris.

- Ferme les yeux. »

C'était après qu'il se soit battu avec Liam. Elle s'en souvenait comme s'il s'agissait d'hier car c'était surement là qu'avait commencé à changer leur relation.Il lui avait caressé la bouche, puis l'avait déshabillée avec une tendresse à laquelle elle n'était pas le moins du monde familière de sa part. Et là, il l'avait enlacée, l'avait frôlée de ses mains possessives, avait empoigné sa poitrine. Ils s'étaient embrassés.

Et pour la première fois de sa vie, elle avait participé activement à cette étreinte.Le cœur d'Hermione violentait présentement sa poitrine.

« - Tu as compris… ?

- Non.

- En tout cas, n'approche plus d'autres hommes. Parce que je te ferais encore du mal.

- Tu ne m'as pas fait de mal… »

C'était là que tout avait changé.

- … S'il-te-plait.

Une formule de politesse, murmurée après un ordre ? Il n'était définitivement plus le même, c'était incroyable.

Hermione avait de plus en plus de mal à respirer : des frissons incontrôlables parcouraient son échine, faisant presque flageoler ses jambes. Sa colère s'était évanouie comme elle était venue et il ne restait plus que leur regard.

Ils ne se laissèrent bientôt plus le temps d'investir davantage de paroles dans ce moment si étrange. Hermione se rapprocha brusquement de lui et attrapa sa nuque, collant ses lèvres aux siennes.C'était bien la première fois qu'elle faisait preuve d'autant d'initiative. Complètement déboussolé au premier abord, Drago laissa à son tour ses mains se perdre dans ses cheveux. Elle était en train de l'embrasser ! Il ne pouvait pas ne pas en profiter… !Cela ne pouvait pas être mal. Il était impossible de considérer ce baiser comme quelque chose de nocif, de nuisible. Non.

Ses doigts se crispèrent sur son visage fin, l'attrapant en coupe pour approfondir le contact de leurs bouches. Ils entrouvrirent les lèvres à la même seconde, laissant leurs langues se rencontrer avec tumulte. La sienne était fine, petite, chaude et douce : elle enlaçait la sienne avec la ferveur la plus pure, caressant la moindre des parcelles de sa compagne avec une passion folle.

Les mains d'Hermione vinrent se perdre dans la chevelure flavescente du Serpentard, s'agrippant à sa nuque, à sa mâchoire… Le baiser devint bientôt incontrôlable et ils ne purent rester sur place. Il avança, la faisant reculer, buter sauvagement contre le canapé, puis le fauteuil. Ils contournèrent ces obstacles sans même ouvrir les yeux jusqu'à ce qu'il vienne la plaquer contre la tranche de la table, la pliant sous son corps jusqu'à sentir son torse rencontrer sa poitrine. Elle tremblait, se soulevait, erratique comme jamais. Sa lèvre inférieure tremblait presque sous le coup de l'émotion et il vint la mordiller, comme pour lui faire part de son propre désir de poursuivre la danse démente qu'ils avaient entamée.

Elle passa ses bras autour de sa nuque, laissant un gémissement presque désespéré emplir leurs bouches auquel il répondit par un murmure sourd. Ses mains glissèrent de sa gorge jusqu'à ses épaules en en faisant urgemment le tour, à lui en faire réaliser qu'il existait autre chose que ce contact délicieux qui lui étreignait les lèvres… Ses doigts passèrent sous l'encolure de son chandail, l'abaissant sur ses épaules en déchirant presque l'étoffe pour sentir sa peau contre la pulpe de ses phalanges.

Elle répondit à cette emprise par le resserrement de la sienne sur son cou. Encouragé, il vint à la rencontre des boutons de son haut et les défit prestement, maladroitement. Ses doigts glissèrent jusque dans son dos et défirent précipitamment l'attache de son sous-vêtement, jusqu'à libérer sa jeune poitrine haletante.

Ses mains, glacées par l'adrénaline qui brutalisait chacune des cellules de son corps, s'enquirent aussitôt de ses seins, les possédant pleinement pour les rendre siens. Les ongles d'Hermione se plantèrent dans ses propres avant-bras qu'elle finit par décroiser pour laisser ses mains parcourir les épaules saillantes de Drago.

Ses paumes frôlèrent ses omoplates avant de venir empoigner le tissu fin de sa chemise, s'y agrippant pour s'accrocher davantage à lui. Leurs langues se caressaient toujours fiévreusement et leurs fronts s'effleuraient, laissant leur peau nue et moite gouter à leur chaleur mutuelle. Les mains de Drago passaient sur ses flancs, empoignaient ses hanches pour les relâcher par la suite, venant s'attarder sur son dos fin à présent débarrassé du moindre vêtement. Il la découvrait toujours plus, réveillant des parties de son corps complètement engourdies, comme mortes avant son contact. Elle voulut lui faire éprouver cette sensation à son tour et laissa ses doigts venir défaire les boutons de sa chemise au tissu si fin. Les uns après les autres, ils sautèrent sous ses gestes malhabiles et ses paumes purent enfin dévaler les vallées de son buste masculin. Dès qu'il sentit ses mains fines sur son torse, ses pectoraux se crispèrent sous le coup d'un frisson terrible et il approfondit encore le baiser, si cela était toujours possible. D'un coup d'épaule, il se libéra de sa chemise et la jeta plus loin, presque désespéré d'avoir laissé sa main quitter son corps sylphide. Il y revint aussitôt, brusquement, et imposa son étreinte encore plus forte sur chaque parcelle de sa peau. Aussi possessif qu'il l'était, il passa ses avant-bras nus dans le creux de son dos, faisant s'heurter ses seins et son torse avec une violence sans précédent.

Leurs lèvres se lâchèrent à cet à-coup et leurs yeux s'ouvrirent simultanément pour se rencontrer. Une intensité presque agressive s'échangea par le biais de leur regard : il régnait dans les yeux de chacun un tumulte impétueux, une fougue indescriptible et une sorte de soif qu'ils devinèrent aussitôt inextinguible. Leurs prunelles se quittèrent pour laisser leurs bouches se rencontrer une nouvelle fois, affamées et insatiables l'une de l'autre.

Elle accrocha ses cuisses autour de sa taille dans un réflexe instinctif presque effrayant et il la souleva aussitôt, renversant une chaise. Il la porta ainsi jusqu'au milieu de la pièce, dévorant ses lèvres à s'en faire mal. A reculons, il se dirigea jusqu'à la chambre la plus proche : celle d'Hermione. Lorsqu'ils y pénétrèrent, un nouvel assaut de son parfum envahit ses narines et il redoubla l'ardeur de son baiser. Aveugle, il n'avait plus qu'un vague souvenir d'où se trouvait le lit et ses jambes y butèrent brusquement. Son dos heurta le matelas et elle tomba à nouveau contre lui, aussi déchainée que les pensées qui éclataient en feu d'artifice dans sa tête, répandant dans ses membres une chaleur incendiaire.

Les mains de Drago passèrent aussitôt de ses hanches à ses fesses qu'il agrippa d'une poigne des plus possessives, remontant la jupe sur ses reins sans plus de scrupules. Elle sentit très perceptiblement ses doigts se planter dans sa chair et un feu dévastateur acheva d'envahir son bas-ventre. Aussitôt, ses propres mains descendirent le long de ses abdominaux jusqu'à trouver la boucle de sa ceinture, qu'elle défit du mieux qu'elle le put. Un gémissement rauque, plein d'anticipation, égrena un frisson furieux le long de son échine nue.

Les mains pressées de Drago firent alors glisser sa jupe sur ses chevilles, la faisant disparaitre en bas du lit avant de revenir se fourrer dans ses cheveux pour la presser contre lui alors qu'elle s'éloignait d'une manière infime, toujours en pleine lutte contre son pantalon. Leurs bouches se quittèrent une nouvelle fois, mais il vint immédiatement dévorer sa gorge de baisers brûlants tandis que les lèvres d'Hermione se perdaient au niveau de son oreille, y répandant les sons les plus délicieux qui soient. Elle arriva enfin à venir à bout de la ceinture et la fit rouler avec célérité sous le Serpentard, brûlant presque sa peau d'albâtre. Il se redressa un peu pour lui permettre d'arriver à ses fins et la ceinture atterrit à l'autre bout de la pièce. Ses doigts déboutonnèrent aussitôt son pantalon alors qu'elle gémissait toujours plus fort dans sa nuque. Il planta ses dents à la naissance de sa poitrine, agrippant sa mâchoire à ce morceau de peau si doux et si savoureux. Entre ses dents, sa langue vint laper sa chair et il finit par coller sa bouche contre son sein, l'aspirant pour y laisser une trace qu'il espérait presque indélébile.

Elle poussa une plainte plus forte que les autres, décuplant le désir du Serpentard qui la retourna pour la plaquer à son tour contre le sommier. A califourchon sur son corps presque entièrement nu, il laissa ses yeux dévaler le long de ses courbes alors qu'elle crispait ses paumes sur les draps, en proie à une concupiscence à la limite du supportable. Elle gardait les yeux fermés, et la bouche entrouverte : ses paupières tremblaient et plus elle gémissait, plus son front se plissait en traits de douleur.

Un sourire investit les lèvres du Serpentard sans qu'il ne puisse le contrôler et il vint enfouir sa bouche dans son cou, le parsemant de nouveaux baisers bien plus doux.

- Drago

Elle avait interrompu ses gémissements pour prononcer son prénom de la manière la plus délectable à ses oreilles. Jamais il n'avait entendu une langue rouler son prénom d'une voix aussi chaude. Cela acheva de pétrifier une certaine partie de son anatomie, déjà bien au supplice.

Hermione planta ses doigts dans ses hanches et fit glisser son pantalon en bas de ses cuisses, laissant apparaitre le sous-vêtement apparemment très étroit du jeune-homme. Couvrant toujours sa poitrine de baisers, il répondit à cet appel en glissant ses phalanges sous le maigre tissu aux reins de la Gryffondor, faisant rouler la fine étoffe le long de ses cuisses pour l'en débarrasser… Sa langue passa entre ses lèvres, laissant une trainée brûlante de sa poitrine jusqu'à son nombril, alimentant l'incendie terrible qui lui consumait déjà le corps. Elle était nue, elle le sentait : il n'y avait plus qu'une barrière à leur entière nudité et leurs corps pourraient se confronter de la plus pure des manières. C'est cette idée à l'esprit qu'elle agrippa le sous-vêtement du jeune-homme et qu'elle le fit disparaitre à son tour. Sa manœuvre, elle le sentit, libéra son membre tumescent qui vint heurter son ventre, lui procurant un frémissement diabolique.

Drago descendit le long de son corps et elle sentit ses paumes dévaler ses cuisses pour venir empoigner ses genoux, qu'il écarta précautionneusement. Elle sentit alors l'air frais investir les contours de son bas-ventre et frissonna à s'en arc-bouter : le long de sa féminité, une moiteur démentielle serpentait à l'en rendre folle. La langue de Drago quitta son nombril pour venir s'aventurer toujours plus bas et lorsqu'il atteint son entrecuisse, elle crut tout simplement qu'elle allait défaillir. Son organe buccal, aussi bouillant qu'un fer chaud se mit brusquement à escalader son intimité avec la ferveur du diable. Inassouvissable, inapaisable, sa langue flattait les traits de son antre brûlante et elle poussa un cri terrible lorsqu'elle l'y sentit s'y introduire furtivement. Ses doigts se crispèrent sur les draps à les en déchirer. Un spasme fou la traversa, rendant plus difficile que jamais la respiration déjà bien bancale qui secouait sa poitrine. Son cœur battait le sang jusqu'au creux même de son aine et son nombril se soulevait, anticipant presque la pénétration qu'il réitéra. Elle gémit à nouveau, lointaine.

Il y eut un rire moqueur tandis qu'elle s'arquait une seconde fois contre le matelas, et elle arbora alors un sourire de félicité à son tour, étouffant un rire tout à fait enchanteur.

Drago ne put résister et remonta aussitôt à sa bouche pour faire rencontrer leurs lèvres. Ses dernières s'épousèrent aussitôt, leur faisant prendre conscience que leur absence respective avait été une douce torture. Hermione griffa ses pectoraux, et laissa glisser ses ongles jusqu'à ses abdominaux, répandant des frémissements incontrôlables à chaque endroit qu'elle abandonnait. Sa main vint timidement s'enquérir de l'organe étranger, dur comme du bois, qu'elle sentait contre son ventre. Il émit un gémissement rauque charmant au moment où sa petite main se refermait sur son membre palpitant. Tout en langueur, elle commença à osciller le poignet, percevant entre ses doigts le pouvoir non négligeable qu'elle avait sur lui à cet instant. Leurs fronts se collèrent tandis qu'il gémissait toujours plus suavement, laissant son souffle chaud percuter son visage à chaque expiration lascive.

Il ouvrit les yeux et s'aperçut qu'elle le détaillait, comme fascinée par ce qu'elle suscitait chez lui. C'est là qu'il prit totalement conscience de son innocence la plus entière : cette pensée l'enivra encore davantage. Candide, elle esquissa un sourire empli de tendresse et il en arbora un à son tour avant de lui donner un baiser sur le front. Geste qu'il ne s'expliqua pas.

Lentement, il s'éloigna d'elle et écarta une nouvelle fois ses cuisses avec la plus grande des précautions. Doucement, il vint porter son membre à l'entrée de sa féminité. Il la sentit se crisper presque immédiatement. Toujours très calme, il se pencha à nouveau sur elle et vint embrasser sa bouche, ses joues, son nez avec une grande délicatesse. Peu à peu, son corps se détendit sous le sien et elle vint entourer sa nuque de ses bras, comme au tout début de leur étreinte. Il sentait dans cette emprise une peur indéniable mais également une grande confiance. Rassuré qu'elle le soit elle-même, il amena à nouveau sa chair tumescente aux portes de son intimité brûlante. Elle serra davantage ses bras autour de lui tandis qu'il caressait les lèvres de son bas-ventre de son organe frémissant : il anticipait presque douloureusement l'entrée en elle et il sentait que cela commençait à être son cas également.

Lorsqu'elle gémit à son oreille, il sentit que c'était le moment. Alors, il entra en elle, d'un coup presque sec. Ce n'était peut-être pas le moyen le plus doux, mais c'était le plus efficace pour rompre en un seul à-coup la barrière qui s'interposait à l'intérieur de son ventre. Hermione essuya une violente vague de douleur qui ne diminua que peu lorsqu'il se retira. Drago, lui, était au nirvana le plus céleste. D'un regard, il s'assura qu'elle était en mesure de l'accueillir une nouvelle fois, priant tous les dieux qu'il connaissait pour que ce soit le cas. Elle hocha la tête en serrant la mâchoire et il réitéra la pénétration. Cette fois-ci, elle laissa sa tête basculer en arrière et accusa le coup silencieusement. Cela faisait un tout petit peu moins mal, mais ce n'était toujours pas agréable. Drago passa cette-fois ci davantage de temps en elle afin qu'elle puisse s'habituer pleinement à sa présence. Il se retira une nouvelle fois par la suite, le souffle complètement erratique et les battements de son cœur désordonnés au possible. C'était délirant.

- Ça va ?, murmura-t-il, la voix rauque.

Elle ne se risqua pas à prononcer le moindre mot et préféra acquiescer de la tête, sans entrouvrir ses prunelles à un seul instant.

- Ouvre les yeux, Hermione.

Sous le coup de la surprise, elle resta pétrifiée sans pour autant s'exécuter.

- Regarde-moi, ordonna-t-il presque, la voix ferme sans être agressive.

Cette fois-ci, elle choisit de répondre à son attente et entrouvrit les paupières. Il la dévorait du regard, les cheveux complètement en bataille, les pommettes rouges. Elle ne put que continuer à le contempler, presque fascinée par son visage et son regard transperçant.

Il entra une nouvelle fois en elle, cette fois par surprise. Ses muscles se crispèrent autour de l'intrus dans son bas-ventre et pour la première fois, elle sentit l'étincelle du plaisir qu'il lui procurait par cet acte.

Malgré la satisfaction infâme qui l'incitait à fermer les yeux, il se fit violence et soutint son regard tout en commençant à articuler des mouvements lents du bassin.

Une sorte de chaleur supplémentaire vint s'additionner à celle qu'elle sentait au fond de son ventre : une sorte de boule d'électricité qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant et qui grossissait à mesure qu'il mouvait ses reins. Sa bouche s'entrouvrit presque instinctivement pour laisser passer des expirations de plus en plus rauques et là, sa gorge se mit à libérer des gémissements complètement incontrôlables. Il cligna les yeux, plus très sûr de pouvoir tenir davantage sans jouir immédiatement. Et cette idée se confirma lorsqu'elle commença à mouvoir ses hanches contre lui : il ferma les yeux, complètement dominé par l'orage brusque que formaient leurs deux ventres. Elle put alors voir à quel point ses mouvements lui donnaient du plaisir et combien ce dernier transparaissait sur ses traits, lui traçant une mine douloureuse qui lui avait été complètement étrangère jusqu'à cet instant.

- Putain, Hermione…, gémit-il avant de venir agripper sa main à la tête de lit.

Mais elle ne put même pas lui répondre, bien trop lointaine pour cela. Leurs mouvements se pressèrent, heurtant leurs entrejambes dans des à-coups de plus en plus vifs, de plus en plus brusques. Il lui semblait qu'il régnait un tintamarre incroyable dans la pièce alors que cette dernière n'était emplie que de leurs gémissements respectifs. Bientôt, une tempête furieuse balaya son bas-ventre, contractant le moindre de ses muscles autour de la hampe bouillante qui envahissait son intimité et elle vit soudainement trouble : des éclairs envahirent sa vision, avant qu'elle n'entrave involontairement cette dernière par ses paupières, balançant sa tête en arrière. Ce fut comme un festival de couleurs dans le noir habituel de ses yeux clos et comme une foule de sons à ses oreilles et à ce summum, l'explosion arriva. Il poussa un gémissement rauque alors qu'elle l'imitait dans les aigus et il se déversa en elle alors qu'elle atteignait le ciel.

Il vint bientôt s'écrouler sur elle, reposant son torse sur ses avant-bras tremblants. Leurs fronts se collèrent aussitôt tandis qu'ils reprenaient tant bien que mal leur respiration. Lorsque cette dernière s'avéra plus aisée, leurs bouches se rejoignirent aussitôt dans un ballet passionné. Elle délaça un peu ses bras autour de sa nuque avec la plus grande difficulté : elle avait tellement serré qu'elle en avait presque mal.

Il passa son bras sous sa poitrine pour la presser sur son torse, et ses doigts se perdirent sur son ventre qu'ils se mirent à caresser. Tout était très embrumé tant il sentait encore les vagues de plaisir parcourir son corps. Une chose était sûre, il n'avait jamais connu une pareille satisfaction. C'était même au-delà de la simple satisfaction ou même du contentement. Non, c'était une intense plénitude.

- Tu me rends barge, lâcha Drago sans pouvoir s'en retenir davantage.

C'est à son silence et à son souffle régulier qu'il comprit qu'elle s'était endormie contre lui. Il osa porter son regard sur son visage et ce qu'il y vit accéléra les battements de son cœur, répandant en lui une adrénaline formidable jusqu'à sentir un frisson fou parcourir ses membres.

Ses traits étaient empris d'une félicité sans borne et pour la première fois, il lui vit un sourire dont il avait la certitude d'être l'unique détenteur.

Continue Reading Next Chapter

About Us:

Inkitt is the world’s first reader-powered book publisher, offering an online community for talented authors and book lovers. Write captivating stories, read enchanting novels, and we’ll publish the books you love the most based on crowd wisdom.