My Dear Sadistic Highness

Chapitre XIX

Ceux qui n'aiment pas les "envies" sexuelles détesteront ce chapitre. Ceux qui n'aiment pas l'envie de baise non plus, ni l'amour qui s'impose en évidence entre les mains de l'autre. Il n'y aura aucun faux-semblant, et cet avertissement suffira j'espère à tarir les "Hermione est niaise" - Je le SAIS, c'est VOULU. Bref, si, ça peut se passer comme ça.N'importe qui peut perdre la tête. N'importe qui. Et les premiers heures qui suivent l'étreinte, en compagnie d'un être aimé, sont uniques pour tout le monde. Personne n'est vraiment en droit d'émettre de jugements sur une intimité qui n'appartient qu'à l'imagination.

RAR :

LittleRock14 : LOL, il faut dire que je ne laissais pas grande place au suspens :p Je suis ravie que tu considères ce chapitre comme l'un de tes préférés ! J'avoue que j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire aussi ! Merci beaucoup pour ta review ! La suite, tout de suite ! :p

CInd3rella : Ah, je vais laisser le chapitre répondre à toutes des suppositions :p Et oui, je suis d'accord, le « tu me rends barge » de Drago vaut de l'or dans sa bouche. Merci pour cette belle review ! Bises !

Pepette : Ah, non, c'est sûr : ils ne font pas semblant. Et oui, tu as raison, l'attente et la frustration doivent y être pour beaucoup ! Ginny est une perle :) Merci pour la review !

audrey : Effectivement tu choisis le bon moment pour revenir, hahaha :p Merci beaucoup pour cette adorable review !

Syoco : Woh, et bien… de rien, de rien, de rien. Et puis merci, merci, merci pour la review aussi :p

Dion : Hahahaha, c'est mon but ultime, tous vous rendre « barges » ! Ah, les cours de philo, le meilleur endroit du monde pour lire des fanfictions, nous sommes bien d'accord !

What is that sound...Ringing in my ears ?The strangest sound...I've heard for years and years.The sound of two hearts,Beating side by side.The sound of one love,That neither one can hide.

What is that sound...Running round my head ?Funny, I thought...That part was long since dead.But now there's new life,Coursing through my veins.Because there's someone,Who'll make it beat again.

What Sound – Lamb

Et ne vous habituez pas trop à la bulle : elle éclate toujours. La réalité n'est jamais bien loin et vous rattrape, irrémédiablement.

Chapitre XIX

Il y avait comme une épaisse brume. Dans sa tête, des murmures tourbillonnaient, dévalant en cascade jusqu'à se taire dans un chuchotis sourd. Peu à peu, une sensibilité étrange reprenait ses droits sur ses membres, faisant peser leur engourdissement contre leurs nerfs. Elle retrouva la sensation de ses épaules, de ses bras, de ses jambes. Une douleur prodigieuse se réveilla alors au creux de son ventre, ce qui acheva de la réveiller. Elle ouvrit les yeux difficilement et se redressa un peu. Elle était dans son lit, seule.

Les souvenirs de la veille entrèrent dans sa boîte crânienne en un orage violent. Il lui sembla alors que ses idées suivaient le rythme dérapant de son cœur : rapidement, un chaos sans nom s'imprima dans son crâne, battant jusque dans sa nuque en chaleur sonnante. Elle avait couché avec Drago Malefoy, et sa présente absence ne pouvait signifier qu'une seule chose : il avait eu ce qu'il voulait.

Hermione sentit la bile remonter dangereusement à ses lèvres, et des larmes vinrent embuer sa vue sans qu'elle ne puisse s'en retenir davantage.Et dire que c'était elle qui avait initié cette situation : cela la rendit subitement presque malade. Ses mains se mirent à trembler, et des frémissements de dégout vinrent se répandre dans ses membres, faisant palpiter la honte jusqu'au creux même de son aine, rendant tout cet état bien ironique. Hermione prit une longue inspiration, essayant du mieux qu'elle le pouvait de retenir les soubresauts de son estomac.

Pomfresh avait fait son cours d'éducation sexuelle en quatrième année et leur avait confié les adresses des médicomages londoniens ou lardois qui se chargeaient de la contraception féminine par pilule magique annuelle. C'était le seul plan sur lequel elle ne se faisait pas d'inquiétude, et encore que. Et si cette maudite pilule n'avait pas marché ? Cela se produisait parfois. Des exceptions certes, mais des cas réels tout de même… Hermione sentit sa cage thoracique se refermer sur elle-même : bientôt, elle aurait du mal à respirer si elle continuait d'infliger tangiblement à ses organes moteurs la culpabilité qui burinait sa tête.Il fallait avant tout se calmer, même si cette priorité, trahie par son corps, était évidemment hors de propos.

La porte de sa chambre s'ouvrit calmement, laissant entrer un Drago à moitié habillé, la chemise ouverte sur un torse encore humide et les cheveux trempés qu'il frottait vigoureusement à l'aide d'une serviette. Il posa ses yeux sur Hermione et se figea, s'apercevant de l'état dans lequel elle se trouvait.Un tel visage ne pouvait vouloir dire qu'une chose : elle regrettait amèrement ce qui s'était passé entre eux. Cette pensée dévasta son corps d'un frisson innommable. Mais elle leva les yeux vers lui, ces derniers s'éclairant un peu à sa vue.

Ils voulaient engager la conversation mais il n'y avait vraiment rien à dire, et chacun était persuadé que l'autre gardait volontairement le silence. Drago s'approcha du lit en continuant nonchalamment à se sécher les cheveux d'une main. Quand il s'assit sur le bord du matelas, il sentit qu'elle s'était raidie à sa proximité. C'était sans doute parce qu'elle était nue sous le drap fin. Il ne préféra pas y songer plus longtemps, sentant très nettement que le contrôle pourrait lui échapper à tout moment.

- Pourquoi tu pleures ?, finit-il par demander en laissant tomber la serviette sur le lit.

La première réponse qui lui vint à l'esprit fut « parce que je regrette », mais ce n'était pas exactement vrai. La vérité, c'était surtout que se retrouver seule dans le lit lui avait arrachée une bouffée de panique vertigineuse. Le fait qu'il revienne, signifiant par là qu'il n'était qu'allé prendre sa douche, avait traversé son corps d'une adrénaline nouvelle. Malgré tout ce qu'elle voulait penser, elle était heureuse qu'il soit à ses côtés.

- Tu m'as fait peur.

Il plongea son regard dans le sien, la mine impassible mais les yeux teints d'une intensité profonde.

- Tu as cru que j'étais parti, devina-t-il sans grande peine.

Le fait que son absence la mette dans un tel état le délecta proprement. C'était sans doute une partie sadique de lui qui ne disparaitrait pas de sitôt.

Elle acquiesça en détournant le regard, essuyant ses larmes d'une main furtive. Il sentit ses muscles se crisper à la vision de sa fragilité. Ses yeux balayèrent l'étoffe blanche avec une sorte d'avidité impossible à maîtriser. Son corps bougea tout seul et il se retrouva bientôt au-dessus d'elle.

Hermione reporta aussitôt son regard sur lui, incrédule quant à son comportement. Dans les yeux du Serpentard dansait le même désir possessif qu'elle y avait vu la veille. Le sang lui monta immédiatement aux joues. Lentement, Drago vint attraper le drap et tendit à le faire glisser le long de ses courbes. Prise dans un accès de pudeur, et ignorant le mantra martelé par son esprit quant au fait qu'il ne servait à rien de dissimuler aux yeux gris ce qu'ils avaient déjà vu, elle se retourna sur le matelas, lui exposant son dos.

Mais la stratégie n'était pas si brillante car elle ne pouvait plus voir précisément ce qu'il faisait. En effet, sa tête à présent tournée sur le côté au maximum, rendant presque son cou douloureux, ne lui offrait plus qu'une vision périphérique trouble. Elle sursauta presque lorsqu'elle sentit sa main froide sur son omoplate droite. Ses doigts fermes glissèrent le long de son flanc jusqu'à passer sur sa croupe dans une caresse possessive.

- Drago…, l'interpella-t-elle sans pouvoir s'en retenir plus longtemps.

- Chut, coupa-t-il la sorcière avant de passer son bras sous son ventre, la ramenant contre lui d'un mouvement impérieux.

Il s'était assis en tailleur et la maintenait contre lui, ses avant-bras sous sa poitrine, collant son dos nu, chaud, contre son torse encore moite de la douche. Drago plongea son nez dans son cou et sa langue vint aussitôt jouer avec sa peau chaude, la faisant frémir. Il desserra son emprise une fois seulement qu'il fut sûr qu'elle ne s'en irait pas et ses mains vinrent empoigner ses seins dans une emprise captative.

Hermione sentait la moindre de ses forces l'abandonner : si au début elle aurait aimé émettre une quelconque résistance, cette dernière s'était tarie à mesure qu'il envahissait son corps de ses mains. A son plus grand désespoir, elle se sentait tellement impuissante, tellement molle entre ses bras. Il lui était littéralement impossible de se dégager de son étreinte. Et cette même chaleur familière vint fourmiller entre ses reins, lui faisant presque oublier la douleur encore un peu cinglante de son bas-ventre.

Lascivement, elle sentit qu'une de ses mains quittait sa poitrine pour s'aventurer plus bas. Lorsqu'elle la sentit passer son nombril, elle ne put s'empêcher de s'arquer contre lui, crispée, anticipant presque douloureusement le futur contact. Mais il n'en fit rien : comme s'il jouait malicieusement avec elle, il ne fit que caresser son ventre avec une douceur vénéneuse. Suite à cela, elle sentit nettement un abime affreux l'emplir toute entière, la faisant frissonner, et contre son cou, les lèvres du Serpentard esquissèrent un sourire indéniable. Sa certitude se confirma de plus belle lorsqu'elle l'entendit ricaner à son oreille. Elle crispa ses doigts sur les draps, à la fois complètement ici et complètement ailleurs : frustrée mais exaspérée par sa propre frustration.

Les doigts du Serpentard se firent plus légers et encore plus taquins. Il improvisa une sorte de marche lente et fourbe de son index et de son majeur, avant de laisser sa main entière se glisser entre ses cuisses pour y imposer une emprise sans appel. Hermione gémit à ce contact brusque, s'arc-boutant une nouvelle fois contre lui et sentant cette fois-ci très nettement son entrejambe raide contre ses fesses.La bouche de Drago vint attraper son lobe et il le mordilla un peu avant de s'en éloigner de quelques centimètres à peine.

- Tu es brûlante, commenta-t-il en laissant son majeur parcourir nerveusement son entrecuisse de haut en bas à répétition, provoquant à Hermione des plaintes incontrôlables.

Ses mots achevèrent de libérer un incendie entre ses jambes, humectant encore davantage la zone bouillante qu'il s'amusait à stimuler. La pulpe de ses doigts glissait presque sur sa moiteur et elle se sentait à la fois complètement honteuse et délicieusement concupiscente.

- C'est moi qui te fait un tel effet, Hermione ?, insista-t-il, la voix sucrée.

Elle déglutit difficilement, faisant une pause dans ses halètements pressés : ses mots la rendaient folle.Il enjôla encore nonchalamment ses contours avant de venir effleurer le point central de son plaisir, le coinçant entre ses doigts comme pour lui faire comprendre qu'à lui seul appartenait sa jouissance. Elle ne put réfréner davantage ses murmures d'approbation, se collant davantage contre lui.

Il ricana de plus belle à son oreille, délaissant sa poitrine pour venir attraper son menton qu'il tourna pour l'embrasser fiévreusement. Elle haletait, les yeux fermés, et cela acheva de durcir une certaine partie de son anatomie à la vue de sa mine complètement abandonnée au plaisir.Leurs langues se rejoignirent et il imposa une nouvelle fois sa possessivité à ses lèvres, arquant sa langue contre la sienne pour la soumettre à ses jeux. Elle gémissait dans sa bouche tandis qu'il jouait de plus en plus lentement avec son entrecuisse, elle avançant son bassin par à-coups comme pour l'inciter à approfondir ses caresses.

Tellement chaude…

Sa croupe, elle ne le réalisait peut-être pas, flattait fermement sa raideur à chaque passage, lui faisant perdre le peu de maîtrise qu'il essayait de conserver. Il ne put bientôt plus tenir et la renversa sur le matelas, se postant une nouvelle fois au dessus d'elle.

- Attends, l'arrêta-t-elle soudain. Tu es sûr que…

Mais il ne la laissa pas finir : lui permettre de continuer ses propos, c'était prendre le risque qu'elle lui fasse part d'éventuelles réticences, ou pire, de potentiels regrets. Alors il colla ses lèvres contre les siennes et les mut furieusement, l'empêchant d'articuler le moindre mot. Sa langue pénétra sa bouche avec aisance, ce qui le rassura : elle n'opposait pas plus de résistance. Et il aurait eu bien du mal à en supporter, en toute honnêteté.Plongeant ses mains dans sa chevelure, il approfondit le baiser, si cela était encore possible. Tout à coup elle le mordit violemment et il ne put que reculer face à cet assaut brusque. Elle se redressa et avec tout le sérieux du monde, elle dit :

- On doit aller en cours.

Il hésita sincèrement entre la bâillonner et l'assommer de coup de reins, ou éclater d'un rire cynique. Merlin, on ne changeait pas Hermione Granger. Sans répondre, il attrapa une de ses mains et vint la poser sur son entrejambe. Elle rougit au-delà du cramoisi, les yeux fixés sur ses doigts.

- Ce n'est pas très correct de me laisser dans cet état.

Elle eut bien du mal à remonter le regard pour le plonger dans le sien, ses yeux se baissant frénétiquement sous le coup de la gêne. Il savoura son embarras avec sadisme.

- Désolée, plaida-t-elle.

- Tant que tu me promets de faire amende honorable plus tard. En bonne et due forme, exigea-t-il d'une voix sans appel.

Hermione baissa les yeux à nouveau, complètement tétanisée par ses propos. Bien malgré elle, toutefois, elle finit par hocher la tête en signe d'approbation.

- Très bien. Oh, et dépêche-toi de prendre ta douche, les cours ont commencé depuis dix minutes.

Il sortit nonchalamment de la pièce, la laissant pétrifiée sur son lit. C'est avec un sourire narquois qu'il l'entendit glapir de panique, seulement quelques secondes plus tard.En descendant les escaliers, il sentit un tourbillon d'idées lui dévaster le crâner.

Putain.

Drago pressa ses paumes contre ses paupières, le crâne saturé d'images indécentes.

Putain. Putain. Putain. J'ai fait l'amour à Granger.

Et la seule certitude qui découlait de ce constat, c'était qu'il était extatique. Extatique et complètement accro. Il ne pourrait pas se contenter que d'une fois : il la lui fallait pour longtemps.

Pour toujours, bordel.

Quelle grosse connerie que d'avoir pu penser s'en éloigner. Tout son corps tremblait presque rien que de penser à ce qu'il pourrait encore lui faire. Le mieux dans cette histoire ? L'initiative venait d'elle : elle s'était littéralement jetée sur lui et l'avait embrassé avec le diable au corps. Alors quoi ? Elle devait bien partager ses sentiments, n'est-ce pas ? Elle-même avait certifié qu'elle ne regrettait pas ce qu'ils avaient fait. C'était donc bien un signe de réciprocité amoureuse, non ? De toute façon, ce n'est plus comme si elle avait la moindre force de décision dans cette histoire : qu'elle le veuille ou non, elle était à lui désormais. Il n'y avait plus de retour en arrière possible.

Ah, putain !

Elle lui en faisait subir des longues et des douloureuses, sérieusement. Mais qu'elle lui appartienne enfin était tellement bon, tellement parfait. Il avait été le premier et il serait le dernier, point à la ligne.

Dans ta gueule, Blake.

Il ricana tout seul, passant sa langue sur sa rangée de dents supérieure dans une moue victorieuse.Elle avait été si… Chaude… Gémissante… et surtout sienne.

Et serrée, bordel, tellement serrée…

On ne refaisait pas Drago Malefoy en une nuit.

Le reste de la journée se passa dans l'étrangeté la plus incroyable. Nous étions vendredi et heureusement, les Gryffondors n'avaient pas de cours en commun avec les Serpentards… Mais cela n'empêcha pas Hermione de jeter des coups d'œil frénétiques à Drago dès qu'ils étaient en pause dans les couloirs, ou encore durant le déjeuner. A chaque fois qu'il la prenait sur le fait, il s'amusait à lui lancer un regard allusif, incurvant ses lèvres dans un sourire amusé. Et à chaque fois, elle détournait le regard, aussi rouge qu'une tomate. C'était délectable.

Dé-le-cta-ble.

Parfois, il poussait le vice plus loin, passant sa langue sur sa lèvre supérieure en haussant les sourcils dans une mine équivoque. Et là, elle couvrait sa bouche de sa paume nerveuse, mortifiée par ses flagrantes insinuations muettes et baissait les yeux. C'était probablement la meilleure journée de sa vie. Il ne pensait à rien d'autre qu'à leur étreinte de la veille, se remémorant ses gémissements avec des sourires incontrôlables. Blaise commençait un peu à s'inquiéter de son état lorsqu'arriva la fin de leur dernier cours.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive aujourd'hui, blondasse ? Tu frôles la déchirure musculaire avec tes sourires de follingue.

Si d'ordinaire, Drago aurait fichu un grand coup à son meilleur ami, il n'en fit rien et se pencha vers lui dans une posture de confidence. Peut-être aurait-il dû se taire mais cela lui était bien impossible. Il était trop fier : il fallait qu'il s'en vante à tout prix. Qui plus est, il savait pertinemment que Blaise n'en dirait jamais rien à personne.

- Moi et Granger… Hier…

La curiosité de Blaise fut piquée : alors, que s'était-il encore passé ? Pour qu'il jubile ainsi, il avait dû réussir à la coincer dans un coin et la peloter. Ou peut-être lui avait-il joué un nouveau sale tour ?

- Je l'ai… tu vois… ?

Là, Zabini manqua de s'étrangler avec sa propre salive.

- Tu t'es tapé Granger ?!, murmura-t-il en silence, laissant ses lèvres seules actrices de ses mots.

Drago esquissa un gigantesque sourire, s'étirant presque d'une oreille à l'autre. C'était sans doute la première fois que Blaise le voyait avec une expression aussi stupide. L'afro-britannique en gloussa nerveusement.

- Tu me charries… ?, s'enquit-il, la voix mi-choquée, mi sceptique.

Sans perdre son sourire narquois, Drago hocha la tête en signe de dénégation. Blaise était estomaqué. Sans qu'il ne puisse contrôler son geste, il leva la main vers lui.

- Wow, mec… Tape m'en cinq, parce que sérieux, je m'en remets pas…

Et Drago s'exécuta avec plaisir.

- Bon… Et alors… ? C'était comment ? Elle était… non ?, demanda Blaise, toujours abasourdi et fier à la fois, éludant le mot qui se rendait évident dans le contexte de ses propos.

- Oui. C'était… dingue. Vraiment dingue.

Sans blague. Depuis le temps qu'il en avait envie, Blaise avait bien du mal à imaginer qu'il ait pu ne pas apprécier. D'autant plus si la petite Granger était effectivement pucelle. Pendant quelques instants, le meilleur ami de Drago resta songeur. Le blond avait dû lui faire passer un sale quart d'heure… Vu la frustration qu'il accumulait depuis déjà des années, elle avait dû en prendre pour son grade.

- Tu ne l'as pas trop… genre… violentée ?

- Violentée ?, s'amusa Drago.

- Je sais pas, fait mal, quoi… !

- Tout ce que je peux te dire, c'est qu'elle a pris son pied. Et moi aussi, éluda le blond avec un nouveau rictus suffisant.

- Eh ben dis donc…, constata Zabini sans plus de pertinence. Et alors, tu vas faire quoi maintenant ?

Ah, la question qui fâchait. Drago détourna les yeux quelques secondes avant de hausser les épaules.

- Recommencer.

Leurs regards se croisèrent à nouveau et ils ricanèrent de concert, comme les Serpentards savaient si bien le faire.

Hermione n'arrivait pas le moins du monde à réfléchir. C'était comme si son cerveau s'était mis en pause depuis la veille, et la seule chose qu'elle craignait, c'était la brusquerie du prochain réveil. Elle repensait, rouge, à ce qu'ils avaient fait, sans émettre le moindre jugement à cette encontre. Non, son esprit était embrumé, éteint, verrouillé. Elle n'y avait en fait plus le moindre accès. Merlin, c'était la première fois qu'une telle chose lui arrivait.En même temps, ce n'était pas tous les jours qu'elle couchait avec un garçon, et bon sang, encore moins Drago Malefoy…

Alors que la culpabilité et surtout la détestation de soi était sur le point de l'envahir, ses pensées divergèrent une nouvelle fois. Non, il lui était littéralement impossible de penser à mal pour l'instant. D'autant plus qu'à chaque fois qu'elle se surprenait à regarder dans la direction du Serpentard, elle était aussitôt prise en flagrant délit… Dur, dur, de se concentrer dans de pareilles conditions.

Alors, elle flottait. De cours en cours, de salle en salle : ses pieds la baladaient machinalement. Elle avait bien remarqué que Ginny la regardait curieusement. Son état étrange devait se voir comme le nez au milieu de la figure, mais malgré cette prise de conscience, elle ne parvint pas à modifier son comportement. C'était comme si elle avait été droguée, ou encore comme si il n'avait s'agit que d'un rêve et que ce dernier était sur le point de s'achever. Oui, c'était cela. Elle avait l'impression d'être dans un rêve cotonneux.

Bientôt ce fut la fin de la journée et elle sentit son ventre se tordre à l'idée de retourner dans leurs appartements communs. L'anticipation, l'appréhension, la crainte : tout se mêlait pour former une boule de nerfs insupportable dans sa poitrine, l'empêchant même de respirer convenablement.

Des scénarios abracadabrants lui venaient à l'esprit : elle imaginait Drago en train de tout révéler devant toute l'école, des preuves irréfutables accrochées partout, comme par exemple d'immenses affiches d'elle et lui. Puis, la paranoïa prit une place encore plus importante lorsqu'elle dina en compagnie de ses amis : Harry avait la carte des maraudeurs après tout… Et imaginons que lui et Ginny aient repris hier leurs petits jeux d'espionnage ! Qu'adviendrait-il d'elle, s'ils s'étaient aperçu que leurs deux points étaient étrangement proches, et ce toute la nuit ? Bon sang de bon sang de Godric, de Merlin, de Morgane !Elle était donc très alerte, dévisageant tout le monde et bondissant à chaque fois que quelqu'un avait le malheur de prononcer son prénom ou même son nom de famille : il lui semblait que tous les yeux la scrutaient et peut-être que cela allait finir par être le cas si elle ne savait pas mieux maîtriser ses humeurs !

Incapable de prétendre être à son aise plus longtemps, Hermione prit de longues inspirations et décida de décamper de la grande-salle. Avant cela, elle se força à manger plus de la moitié de son assiette et à suivre les quelques conversations lambda se menant à la table. Lorsque Harry finit par lui demander ce qui clochait, elle répondit l'air de rien qu'une question du devoir d'Astronomie la turlupinait affreusement. C'était plausible, cohérent : Hermionien. Satisfaits par cette explication, les autres Gryffondors attablés se désintéressèrent bien vite d'elle, comme à chaque fois qu'elle parlait de cours ou de devoirs. Si d'accoutumée, ce genre d'indifférence l'exaspérait, elle l'accueillait à cet instant comme une bénédiction.

Quelques minutes plus tard, elle s'excusa auprès d'Harry et Ginny avant de s'éclipser de la grande-salle, le pas nerveux. D'un coup d'œil rapide, elle balaya la table des Serpentards afin de savoir si Drago y était. Une enclume lui tomba dans l'estomac lorsqu'elle se rendit compte de son absence. Ou pouvait-il être ? L'attendait-il déjà là-haut ?

Peut-être était-il en train de monter un coup terrible ? Peut-être lui tendait-il un piège ? Peut-être qu'il comptait l'humilier d'une manière ou d'une autre… ? Elle avait beau espérer qu'il soit une personne sensée, il demeurait Drago Malefoy. Et Drago Malefoy avait tendance à être très imaginatif en matière de coups fourrés.Sans s'en rendre compte, elle accéléra le pas, ses jambes guidées par le stress. Elle parcourut le grand couloir menant au grand escalier, le monta rapidement, et bifurqua une nouvelle fois dans un plus petit corridor. Ses pas remplissaient l'espace vide dans des échos célères et assourdissants. Elle aurait presque eu l'impression qu'il s'agissait de son cœur, résonnant dans tout Poudlard. Merlin, Merlin, Merlin : elle avait un mauvais pressentiment.

Hermione jeta un coup d'œil derrière elle, croyant avoir entendu des pas : mais rien. Le couloir était vide. Agacée d'avoir perdu son temps, elle reprit sa marche avec plus d'ardeur encore, maudissant pour la première fois de sa vie les couloirs bien trop longs de Poudlard. Quelques mètres plus loin, elle se retourna à nouveau. Elle avait vraiment entendu quelque chose, ou pire, senti la présence de quelqu'un. Bon sang, voilà qu'on voulait l'assassiner : si ça se trouve, les mangemorts avaient appris pour elle et Malefoy et venaient les égorger tous les deux. Voilà sans doute pourquoi il n'était pas présent à la table des Serpentards : il s'était fait TUER.

La Gryffondor se gifla mentalement : elle devenait folle avec toutes ces idioties. Il fallait qu'elle se reprenne, et vite. Ses pieds reprirent un rythme rapide et elle avança de plus belle. Une fois encore toutefois, elle entendit des pas derrière elle. C'était clair, quelqu'un lui faisait une blague et ce quelqu'un ne l'emporterait pas au paradis ! En tout cas, si elle parvenait à ne pas rendre l'âme d'ici là… Hermione posa une main sur sa poitrine, se demandant si la génétique voulait qu'elle soit sujette aux crises cardiaques, et priant pour qu'il en soit tout l'inverse. C'est au moment où elle allait tourner de plus belle, à quelques mètres seulement du tableau de ses appartements, qu'elle fut plaquée contre une tapisserie.

Les carottes sont cuites !

Son cœur loupa un sacré battement, mais son corps reconnut presque instantanément qui était son agresseur. Paniquée, et donc dans un réflexe tout à fait stupide pour retrouver sa contenance, Hermione laissa aussitôt l'irritation l'envahir et sa mâchoire se crispa dans une expression mauvaise.

- Tu es malade ! Tu m'as fichue une peur bleue !

La colère, c'était toujours le meilleur balancier pour effacer la peur. Évidemment, il n'était pas dupe et esquissa un sourire, mais pas n'importe lequel... Son fameux et indétrônable sourire fier, moqueur et tout bonnement insupportable. La Gryffondor aurait bien aimé lui tordre le cou mais il tenait ses poignets entre ses doigts et ne paraissait pas très enclin à les lui rendre. Il la regardait, ou plutôt la transperçait de ses yeux arctiques, aussi épurés qu'un océan calme, aussi profond que translucide. C'était ça : cette façon là qu'il avait de poser ses yeux sur elle… Une espèce de « tu m'appartiens » muet, réveillant la lave au creux de son ventre. Hermione sentit son visage se détendre et elle leva les yeux au ciel sans même s'en rendre compte.

- Désolé d'avoir interrompu ta course, tu semblais pressée. Où allais-tu ?

Ah, le bel hypocrite. Il savait pertinemment où elle allait. Ils n'étaient après tout qu'à quelques pas à peine de leurs appartements. Son expression, prétendument teintée d'une innocence qu'il voulait lui-même rendre ridicule, fit monter d'un cran la tension déjà installée. Il était exaspérant… Mais puisqu'il voulait jouer les imbéciles, elle n'allait pas être en reste.

- Je n'aime pas quand on me traque : j'essayais très certainement de te fuir, de manière tout à fait instinctive.

Le sourire narquois de Drago s'agrandit encore : il semblait avoir adoré ce qu'elle venait de dire. Peut-être était-ce parce qu'elle lui avait dit qu'elle le fuyait… ? Il aimait réellement cela, ce jeu du chat et de la souris.

- En allant tout droit dans ma chambre ?

- Je te rappelle aimablement que tu ne vis pas tout seul, Malefoy.

Il se pencha davantage vers elle, dégustant apparemment son trouble comme un met fin. Elle essaya de reculer un peu mais elle se rendit bien vite compte qu'elle ne pouvait pas se recroqueviller davantage. Pourtant, il demeura à quelques centimètres de ses lèvres, se satisfaisant déjà suffisamment de la taquiner en réduisant et augmentant lentement leur proximité à sa guise.

- Malefoy ?, répéta-t-il avec un rictus moqueur à présent. Je crois qu'on a passé le stade des courtoisies, Hermione.

Elle rougit violemment, le laissant lâcher un rire amusé devant son expression gênée. Il jeta un bref coup d'œil vers la droite, l'incitant tacitement à suivre son regard, ce qu'elle fit. Le couloir était vide. Elle n'eut pas le temps de reporter ses yeux sur lui qu'il avait déjà imposé ses lèvres contre les siennes. Encore une fois, il la faisait tomber dans le panneau.Drago se courba encore plus, relâchant les poignets de la jeune fille qui restèrent malgré tout au-dessus de sa tête, comme pétrifiés dans leur ancienne emprise. Il colla son avant-bras droit contre le mur pour s'y appuyer tandis que son autre main se glissait habilement contre la hanche de la jeune sorcière.

Hermione poussa une plainte nerveuse avant de le repousser du plat de la main.

- Qu'est-ce que tu fabriques ?! Pas ici !

- Tu as raison. Comme je n'ai pas la moindre intention de m'arrêter, il vaut mieux qu'il n'y ait pas d'yeux innocents pour regarder le spectacle.

Sans attendre la moindre réponse, il l'agrippa par le bras et l'entraina vers le tableau, prononçant lestement le mot de passe et poussant le tableau pour en accélérer l'ouverture. Encore une fois, la peinture protesta, véritablement scandalisée par un tel comportement. Hermione s'excusa machinalement alors que Drago ricanait moitié, la poussant toujours plus à l'intérieur jusqu'à la porte de sa propre chambre. Au bout du couloir, deux yeux abasourdis observèrent le tableau furieux se refermer sur ses gonds.

- Dépêche-toi, la pressa-t-il.

Hermione eut la fugace et détestable impression d'être comme toutes ces autres filles qu'il trainait jusqu'à leurs appartements. Peut-être effectivement ne valait-elle pas mieux que les autres, en cet instant. Mais cette idée sombre fut bien vite balayée par le claquement de la porte de la chambre de Drago, se retournant vers elle avec un sourire en coin qui ne disait rien qui vaille.

Cela n'avait rien à voir avec la veille, dans le sens où visiblement, il avait pris toute confiance en lui et ne paraissait pas douter une seule seconde de parvenir à ses fins. Ses yeux étaient sûrs, empreints d'assurance : ses lèvres s'incurvaient dans un sourire presque insolent, et il se rapprochait désormais d'elle comme un prédateur approche sa proie.

Au moment où elle crut qu'il allait se poster devant elle, il la contourna et commença tout simplement à tourner autour d'elle, lentement. Lorsqu'elle le sentit derrière elle, elle ne put s'empêcher de se dire que son envie de constamment contrôler la situation était presque pathologique. Ses pensées furent brusquement interrompues lorsqu'il agrippa ses hanches, la faisant moitié sursauter. Ses mains commencèrent à glisser sur elle, parcourant sans douceur ses formes encore enfermées dans son uniforme. Ses doigts se crispaient sur ses vêtements, comme s'il était sur le point de les arracher et elle sentait son cœur battre en sourdine jusque dans ses tempes, complètement possédée par son toucher.

- Tu as un fichu problème avec ton orgueil, Drago…, signala-t-elle en essayant de se concentrer sur ses paroles plutôt que sur les paumes la sillonnant.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?, murmura-t-il en la serrant contre lui.

- Tu ne supportes pas de ne pas dominer, expliqua-t-elle en posant ses propres mains sur les siennes avec fébrilité.

Elle l'entendit esquisser un sourire, un ricanement émergeant de ses lèvres par la même occasion.

- C'est vrai, concéda-t-il. Je ne suis pas sûr que cela te déplaise autant que tu veuilles le faire croire…

Hermione pinça sa bouche dans une mine sceptique. Elle allait rétorquer quelque chose lorsqu'il l'attrapa et la jeta sur son épaule. Balancée comme un vulgaire sac de pomme de terre, Hermione entreprit de protester mais lorsqu'elle sentit le matelas s'improviser sous son dos, elle sut qu'il était bien trop tard pour envisager la marche arrière.

- Eh !, s'outra-t-elle, pour la forme. Non mais…!

Drago pouffa de rire, vraisemblablement peu concerné par son expression scandalisée.

- Ce n'est pas drôle du tout, tu ne peux pas toujours prendre de pareilles libertés et-

Elle n'eut pas le temps de finir son sermon à l'argumentaire bétonné car la langue du Serpentard envahissait sa bouche et y tournait plus fermement encore que la sienne, quelques instants plus tôt. Lorsqu'il fut suffisamment satisfait de l'avoir fait taire, il éloigna ses lèvres des siennes, lui adressant par la même occasion un sourire désarmant.

- Laisse-toi faire, Gryffondor… Ton courage ne te sera d'aucune utilité face à ma détermination.

Hermione s'autorisa à son tour un sourire ironique.

- Non mais je rêve.

- C'est une phrase qui revient souvent dans la bouche des gens qui me fréquentent… Mais je t'assure que tu es éveillée.

- Tais-toi, lança-t-elle avant de le plaquer à son tour contre le lit.

- Oh oh, s'amusa-t-il. J'aime quand tu essaies de prendre les rênes. Tu sais pourquoi ?

La Gryffondor attrapa ses poignets et les plaqua contre les draps, esquissant un sourire sarcastique.

- Car ta vraie nature c'est le masochisme, Drago.

Il arbora un sourire similaire au sien avant de se délester avec une aisance effrayante de l'emprise qu'elle maintenait sur ses mains : en une infime seconde, ses paumes emprisonnaient les poignets d'Hermione et son sourire s'agrandit.

- Non… C'est surtout parce que j'aime la tête que tu tires lorsque je les reprends…, murmura-t-il, les yeux mutins.

- Pffff !, dénigra-t-elle, toujours à califourchon sur lui.

- Et c'est toujours très facile, précisa-t-il en la faisant basculer sur le côté.

- Tu es insupportable de suffisance, mon pauvre Drago.

Le Serpentard esquissa un mouvement de tête lui faisant comprendre qu'il était tout à fait de son avis, un rictus diabolique sur les lèvres.

- Tu ferais mieux de garder pour toi tes insolences, Hermione…, la réprimanda-t-il, narquois.

- Tu plaisantes…, pouffa-t-elle en levant les yeux au ciel.

Elle savait qu'il adorait ce genre de joutes : c'était peut-être même ce qu'il préférait. Et elle savait très bien aussi qu'il préférait qu'elle lui réponde, qu'elle l'envoie sur les roses. Il n'aimait gagner que lorsque l'on lui opposait de la résistance. C'était un vrai gamin.

- … Ou sinon quoi… ?, finit-elle par dire, un peu amusée à l'idée de rentrer dans son jeu.

Le rictus de Drago grandit encore, à son plus grand plaisir. Ses yeux s'éclaircissaient de secondes en secondes. Il était tellement beau, lorsqu'il souriait comme ça.

- Sinon, punition…, lâcha-t-il avec un clin d'œil énigmatique.

Hermione éclata d'un rire nerveux et releva la tête pour l'embrasser. Il finit par relâcher ses poignets, agrippant ses hanches tout en approfondissant leur baiser. Elle glissa ses bras autour de sa nuque, l'attirant davantage contre elle. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, ce furent à leurs regards de se rencontrer.

Et là, tout lui arriva dans la figure.C'était fait. C'était fait, bon sang. Elle n'avait rien de plus à lui offrir et cette vérité la terrassa. Toute cette tension s'était finalement concrétisée en un seul et même acte. C'était tellement absurde. Et catastrophique.

La liste des conséquences désastreuses s'avérait plus longue que son bras. Une liste, voilà d'ailleurs ce dont elle faisait à présent partie : l'interminable liste des conquêtes de Drago Malefoy. Au-delà de cette effarante idée, déjà bien peu flatteuse pour son égo, venait s'ajouter le fait qu'il était le Serpentard le plus détestable de toute sa promotion ; qu'ils se détestaient à s'en casser la figure depuis plus de six ans ; qu'il avait pris un malin plaisir à la harceler les six derniers mois ; qu'il avait brisé son potentiel couple avec Liam de la pire et de la plus sournoise des manières ; qu'il menait la vie dure non seulement à elle mais aussi à tous ses amis ; qu'il était complètement obtus concernant le sang et la magie… Et somme toute que c'était une personne détestable.Une personne détestable avec laquelle elle avait eu, un jour plus tôt, son premier rapport sexuel… Et avec laquelle, elle était sur le point de réitérer l'expérience

Mais malgré tous ces constats, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir un stupide sourire aux lèvres. Il avait changé, elle le savait, ou plutôt en avait la plus criante confirmation à présent. Face à l'énumération que lui faisait sa raison, venait s'opposer une myriade de comportements venant la démentir. Il avait changé. Plus d'insultes, plus de violence, plus de cruauté. De la présence, constante. De l'attention : des machinations destinées à la faire le regarder. Des sentiments.Il ne l'avait pas prise comme s'il n'en avait rien eu à faire, non. Il avait fait attention et s'était montré plus humain que jamais, l'avait appelée par son prénom, l'avait embrassée tant de fois et avec une passion à lui en donner de nouveaux vertiges. Il lui avait fait l'amour.

C'était un autre Drago : un Drago plus qu'un Malefoy. C'était un peu comme son Drago car elle avait la certitude qu'il n'y avait qu'avec elle qu'il osait ainsi se laisser submerger. Elle pouvait voir très nettement les changements qui s'étaient opérés en lui : il ne se serait jamais conduit comme ça avec une autre fille, elle en était sûre.

C'était le Drago qui lui avait offert un collier et s'en était caché pendant des siècles, le Drago à la fois détestablement et délicieusement possessif, le Drago qui ne l'insultait plus ni ne la harcelait, le Drago qui la regardait avec d'autres yeux. Le Drago qui comprenait qu'entre eux existait autre chose que le mépris et la haine. Il cachait cette facette en lui si profondément, et elle était loin d'être étrangère à son apparition. C'était sans doute à cause ou plutôt grâce à elle qu'il avait changé, et cette idée la transportait ailleurs.

Je crois que je l'aime.Vraiment.

- Hermione ?, l'appela-t-il, tout à fait conscient du fait qu'elle était plongée dans ses pensées et désirant égoïstement l'en sortir pour qu'elle ne se concentre que sur lui.

Mais elle ne répondit pas, n'attendant pas plus longtemps, et se rapprocha à nouveau pour l'embrasser fiévreusement. Il lui était littéralement impossible de réagir autrement, à cet instant… Peut-être était-ce de la folie ? Peut-être regretterait-elle amèrement ses gestes plus tard ? Tout cela n'avait pas la moindre importance à cette seconde.C'était sa seule certitude.

Ce baiser fut transcendant.

- Wow…, chuchota-t-il lorsque leurs bouches s'éloignèrent quelque peu.

- Wow, répéta-t-elle avec un sourire.

Elle se mit à rire contre les lèvres de Drago, et l'étreignit à nouveau avec force. Son rire se communiqua rapidement au Serpentard qui l'imita et bascula sur le côté pour la laisser reposer sur lui.

- … Tu sais te servir de ta langue Granger… C'était dingue…, murmura alors Drago.

- … Tu n'es pas trop maladroit non plus, répondit-elle sur le même ton.

Il y eut un long silence, sans le moindre malaise. Drago lui caressait les cheveux avec douceur et elle sentit bientôt un grand calme l'envahir petit à petit. C'était l'apaisement après la tempête dans son crâne. Elle allait pouvoir dormir… Elle en avait d'ailleurs envie. Mais quelque chose lui disait que le Serpentard n'avait pas du tout les mêmes idées.

- Drago… ?

- Ouais ?

- Tu m'en veux si j'ai envie de dormir… ?

- Ouais.

- Alors, tu m'en veux, décréta-t-elle avec un sourire en coin en commençant à se redresser.

Il l'arrêta d'un bras.

- Tu dors ici…, la retint-il.

- Te connaissant, tu ne vas pas me laisser en paix.

Drago laissa apparaitre un très large sourire, signifiant très certainement son approbation muette. Hermione roula les yeux.

- Je vais prendre ma douche et je reviens, crétin.

- Besoin d'aide ?, lança-t-il tandis qu'elle rejoignait sa chambre pour aller chercher des affaires.

- J'ai assez de mes deux mains, je te remercie, brava-t-elle avec un sourire.

- Perverse !, répondit-il, un rictus s'entendant nettement dans sa voix.

Hermione sourit machinalement : Merlin qu'il avait l'esprit mal placé.

La tête remplie d'images en saccade, elle prit rapidement sa douche et se glissa dans une chemise de nuit lambda, un peu gênée à l'idée qu'il la voit dans de telles chiffes. Elle prit la peine de glisser ses plus beaux dessous, ce qui ne conduisait qu'à la vêtir de sous-vêtements noirs un peu plus élégants que les autres, et finit par le rejoindre. Elle était niaise, mais bon sang qu'elle était niaise. C'était ridicule. RIDICULE.Visiblement, il avait fait encore plus vite qu'elle : lorsqu'elle arriva, elle le vit donner un coup de baguette sur ses cheveux pour les sécher d'un seul coup. Les mèches complètement en bataille, un simple pantalon de coton noir en guise de vêtement de nuit, il tapota le lit d'un air sournois.

- Allez, exigea-t-il presque.

Elle se rapprocha du lit et s'installa à ses côtés, ramenant la couverture sur elle. Rapidement, il fut très clair que c'était à Drago de décider la position dans laquelle ils allaient dormir. Il imposa une emprise ferme sur son ventre en passant par-dessous son flanc, ramenant du même coup son dos contre son torse. Son autre main, quant à elle, s'installa sur le haut de sa cuisse, et demeura mobile, caressant son nombril en dessous de sa chemise de nuit, en passant sur ses genoux également.

- Je te préviens, je compte dormir, Drago, avertit-elle.

Il ne répondit pas, enfouissant davantage son nez dans ses cheveux. Elle sentit sans peine qu'un sourire narquois colorait ses lèvres. Ce maudit Serpentard était simplement incorrigible.

- Je te préviens, je compte te…

- Drago !, le coupa-t-elle en riant, à moitié consternée tout de même.

- Tu ne sais même pas ce que j'allais dire !, se défendit-il d'une voix moqueuse.

- J'en ai une petite idée, figure-toi…, dit-elle, la voix ironique.

Drago lâcha un soupir désabusé.

- Quand je pense que tu m'as fait une promesse et que tu ne vas pas la tenir. Ce n'est pas très digne de la maison Gryffondor…

Oh. Mais, par l'Achéron, c'était juste un sale manipulateur !

- Ma parole, tu es…

Il étouffa un rire, sans doute car il savait qu'il était sur le point de gagner.

- Enfin bon, j'imagine que l'honnêteté, la bravoure, tout ça… Ce sont des paroles en l'air…, ajouta-t-il d'une voix madrée.

- Je rêve, murmura Hermione

Un sourire nerveux s'installa sur ses lèvres. C'était franchement incroyable. Elle se retourna vers lui, tombant nez à nez avec son sternum.

- Qu'est-ce que tu veux faire ?, céda-t-elle d'une voix mi-maladroite, mi-résignée.

- Ah, tu vas faire ce que je te dis ?, s'enquit-il innocemment. J'aime beaucoup le concept.

- Ce n'est pas la question que je viens de poser…, contesta-t-elle, rouge carmin.

- Sans doute pas, concéda Drago. Mais c'est une riche idée, alors faisons ça.

Hermione sourit et soupira en même temps, désabusée sur le sort qui lui était réservé : il n'allait pas du tout la laisser dormir.

- Tu es épuisant, signala-t-elle d'une voix claire.

- Oh oui, tu vas être épuisée, éluda-t-il en balayant la couette au-dessus d'eux.

N'importe quoi.

Drago ôta ses bras et s'allongea sur le dos, plaçant ses mains derrière son crâne dans une posture nonchalante.

- A califourchon sur moi. Dépêche-toi.

Elle lui lança un regard sceptique, teinté d'ironie. Il était fêlé.

- Obéis, exigea-t-il d'une voix ferme, sans quitter son sourire narquois.

Hermione posa sa paume sur son torse et vint s'exécuter, relâchant volontairement tout son poids sur lui. Il voulait qu'elle obéisse ? Elle allait obéir ! Mais à sa manière…A son grand désarroi toutefois, il n'émit aucune objection et laissa au contraire son sourire s'agrandir. Comme elle venait d'obéir à ce premier ordre, il devait miser sur sa docilité pour les prochains. Elle n'avait pas vraiment pensé qu'il était sérieux. Et il ne l'était pas vraiment après tout, il aimait juste se jouer d'elle et surtout se faire obéir.

- Enlève ça, ordonna-t-il soudain en désignant du menton son hideux vêtement de nuit. Et regarde-moi dans les yeux en le faisant.

Cette fois-ci, elle pouffa de rire. Elle était sur le point de s'extraire de cette position ridicule lorsqu'il vint impérieusement poser ses mains sur ses cuisses, les maintenant fermement en place.

- Serais-tu une flippette, Granger ?

L'ajout du nom de famille l'excita plus que de raison. Elle sourit toujours effrontément, secouant la tête de droite à gauche en signe de dénégation. Mais elle avait beau faire la fière, elle sentait bien toute maîtrise des choses lui échapper.

- Alors, fais-le, exigea-t-il simplement.

Hermione hésita encore quelques secondes, sondant son visage pour y déceler la moindre trace de plaisanterie : il n'y en avait aucune. Elle passa alors sa chemise de nuit, tout juste enfilée, au-dessus de sa tête et replongea ses yeux dans les siens. Son regard la stria, brûlant et glacé à la fois. Ses prunelles finirent par dévaler le reste de son corps, laissant la vue de ses courbes dessiner un sourire appréciateur sur ses lèvres. Le cœur d'Hermione semblait danser la gigue du diable : pire encore, les battements semblaient retentir jusque dans son aine et elle se demanda pendant un instant s'il ne les sentait pas contre son ventre. Ses yeux revinrent rencontrer les siens, amusés.

- Penche-toi sur moi.

Cette fois-ci, elle s'exécuta presque immédiatement : cela lui posait moins de problème. Au moins, il ne pourrait plus la jauger entièrement comme il venait de le faire. Ses seins se collèrent contre ses pectoraux et les mains qu'il avait jusque là laissées sur ses cuisses vinrent s'enquérir de ses hanches pour la rapprocher encore davantage.

- Dis-moi des trucs salaces, Granger.

Il était cinglé ! Mais cinglé !

- Des trucs salaces ?, répéta-t-elle bêtement, un sourire idiot aux lèvres.

Drago rapprocha sa propre bouche de son oreille.

- Oui, des trucs salaces comme : Granger… j'ai envie de te prendre à t'en faire jouir si fort que même la vieille MacGonagall se retournera dans son lit.

Elle explosa d'un rire nerveux, enfouissant involontairement son visage dans son cou pour tenter de se calmer. Il semblait très amusé lui aussi car elle le sentait sourire et rire silencieusement contre son oreille.

- T'es complètement détraqué, mon pauvre Drago, souffla-t-elle en essayant de reprendre un rythme de respiration convenable.

- Allez ! Un peu d'imagination, miss je-sais-tout !

Ah, cela n'était pas une mauvaise réflexion… Hermione s'humecta les lèvres, mi-songeuse, mi-sur le point de repartir dans son fou rire. Elle rapprocha finalement sa bouche de son oreille.

- Malefoy, j'aimerais que tu m'emmènes dans la bibliothèque et que tu m'embrasses devant Madame Pince.

Ce fut cette-fois au tour de Drago d'éclater de rire.

- Est-ce que tu es sérieuse ? Ça, c'est salace ? Même en troisième année je faisais pire… !

Hermione rougit des orteils jusqu'à la racine des cheveux. Elle n'y était franchement pour rien s'il n'était qu'un débauché. D'un mouvement sec, elle décida donc de s'éloigner de lui et de lui tourner le dos. Mais la Gryffondor réalisa bien vite que cela lui était impossible : il lui tenait les hanches avec bien trop de ténacité.

- Je t'ai vexée, Granger ?, persévéra-t-il dans sa moquerie.

- Tu n'es vraiment qu'un abruti profond, siffla-t-elle, toujours rouge.

Il la maintint plus fermement encore contre lui.

- Je me moque de toi…, murmura-t-il dans son oreille. Mais je suis bien content que tu sois aussi… innocente

Elle se figea, le cœur battant en sourdine dans ses tempes. Dans sa bouche, ce mot avait des résonances d'interdits.

- J'aime l'idée qu'il n'y ait que moi qui te touche…, chuchota-t-il de plus belle.

Hermione avait de plus en plus de mal à gérer normalement sa respiration. Et Drago semblait s'en amuser davantage à chaque seconde qui s'écoulait.

- … Qui te caresse

Comme pour illustrer ses propos, il vint chatouiller ses flancs et passa ses paumes sur son buste, empoignant ses seins encore enfermés dans leur cage d'étoffe. Hermione frémit à son contact, fermant ses yeux sans pouvoir s'en empêcher. Lentement, il fit glisser ses mains jusqu'à ses épaules, y ôtant délicatement les bretelles du sous-vêtement. Ses doigts vinrent bientôt courir dans son dos pour y défaire l'attache gênante.Une fois le vêtement en main, il le balança en bas du lit.

- Embrasse-moi, ordonna-t-il en passant son avant-bras derrière sa nuque pour attirer leurs deux bouches.

Elle s'exécuta timidement. Tout ce qu'il lui disait semblait allumer un feu dans son ventre. C'était grisant, fabuleux… Indescriptible en fait. Il décolla lentement ses lèvres des siennes.Hermione garda les yeux fermés, à peu près convaincue qu'il allait embrayer sur un autre ordre, mais il n'en fit rien.

- ... Fais-moi ton discours de fille, Granger.

Hermione ouvrit les yeux, circonspecte. De quoi voulait-il parler ?

- Les filles… Elles font toujours des déclarations enflammées aux mecs qui les… Enfin tu vois.

La Gryffondor laissa échapper un petit rire. Faisait-il allusion aux sentiments ?

- Pourquoi voudrais-tu entendre de telles inepties ?, murmura-t-elle en posant son menton sur le haut de son torse.

- Hermione Granger ne couche pas avec n'importe qui. Je veux entendre ce qu'elle a à dire.

- Hermione Granger n'a rien à dire, dit-elle simplement.

Elle se refusait à lui dire "je t'aime" la première. Ce n'était pas à elle de faire ce pas.

- Embrasse-moi encore, dans ce cas, finit-il par répondre.

- Quand est-ce que c'est à moi de diriger ?, demanda-t-elle avec une cynique honnêteté.

- Quand je t'en donnerais l'ordre.

Bah voyons.

Hermione arbora un sourire ironique et posa ses lèvres sur les siennes. Ses doigts se perdirent un peu dans la bordure de ses mèches, effleurant ses oreilles avec douceur et gentillesse. La bouche de la Gryffondor bascula lentement de celle du blond jusqu'à sa mâchoire, le haut de sa pommette, son front, son nez. Elle revint à sa bouche, chastement.

Le cœur du Serpentard battait à tout rompre : jamais il n'avait connu pareille tendresse. Ses lèvres écumaient de longs contacts sur les siennes, y laissant sa chaleur. Lentement, elle glissa dans son cou et le parsema des mêmes attentions. Son petit nez le chatouillait et son souffle inscrivait une empreinte vivante à chacun de ses passages, comme ravivant la circulation du sang dans son corps. Il sentait les battements de sa poitrine se propager dans le moindre de ses membres, dévastant toute sensation d'engourdissement, et laissant y déferler des frissons incontrôlables. Son bas-ventre finit de se durcir lorsqu'elle osa sortir ses dents, les plantant allègrement dans sa gorge. Cette dernière laissa échapper un murmure de satisfaction, bien malgré lui.

Alors, doucement, elle abandonna son cou pour s'intéresser plus largement à son torse. Ses paumes vinrent entourer ses épaules masculines, autorisant ses doigts à en tracer l'ossature imposante, puis dévalèrent le long de ses bras, s'accrochant à ses muscles contractés. Elle embrassa ses pectoraux, ces derniers se crispant dans un frémissement involontaire, puis descendit lentement jusqu'à son nombril. Lorsqu'elle sentit sa main droite se glisser nerveusement dans ses cheveux, elle comprit plus nettement encore quel effet elle lui faisait. Pourtant, ce qu'elle allait s'atteler à faire était une autre paire de manches. Elle avait envie de lui faire plaisir, de réussir à le rendre heureux au moins pour quelques instants, sans qu'il ne parvienne à travestir ses humeurs ni ses expressions. Quelques secondes au paradis.

- Je ne sais pas trop faire, murmura-t-elle en agrippant la bordure de son pantalon sombre, prête à le faire glisser.

Drago ôta sa main de ses cheveux et se redressa sur ses coudes pour la regarder.

- Tu n'es pas obligée de faire ça, tu sais. On peut attendre, dit-il simplement.

Ses yeux brillaient, même dans l'obscurité ambiante, la transperçant littéralement. Il la regardait avec une sorte de fascination dérangeante.

- Les filles font rarement ça tout de suite, précisa-t-il pour la rassurer, même s'il savait que ses propos auraient un peu l'effet inverse.

- Tu me l'as bien fait, toi, éluda-t-elle à voix basse.

- Je ne suis pas une fille, signala-t-il.

Et je n'en suis pas à ma seconde fois dans un pieu…

Cet argument était stupide sans sa seconde partie, mais il ne voulait pas y donner de suite. Le fait qu'il en sache autant semblait la perturber… Pourtant, il se devait bien d'utiliser sa connaissance sur le sujet, n'est-ce pas ? Mais il comprenait son désarroi, d'autant plus qu'elle ne supportait pas d'ignorer quelque chose, encore plus lorsqu'il était la personne aguerrie.

- Tu ne veux pas que je le fasse ?, s'enquit-elle finalement, un peu dépitée par le refus de Drago.

- Je veux que tu en aies envie, de ton propre chef. Je ne veux pas que tu le fasses uniquement pour me rendre la pareille…

Ce n'était pas comme s'il allait se battre pour l'en empêcher non plus… Rien qu'imaginer sa petite bouche autour de…Drago se gifla mentalement.

- Je peux essayer…, conclut Hermione. Si ça ne me plait pas, je ne me forcerais pas, rassure-toi, ajouta-t-elle enfin.

Elle abaissa son pantalon avec douceur, en délesta ses jambes et s'attela à faire de même avec son sous-vêtement. Aussitôt, elle sentit une résistance s'imposer. Hermione chercha la main de Drago des yeux, persuadée qu'il retenait le vêtement… Mais non, il s'agissait d'un tout autre de ses membres, l'arrêtant partiellement dans son geste.

Bon sang.

Lorsqu'elle parvint enfin à faire glisser le vêtement hors de ses jambes, ses yeux se fixèrent plus clairement sur ce qu'il avait entre les jambes.

Sérieusement…

Elle n'y avait pas prêté la moindre attention la veille, mais maintenant qu'elle l'avait sous les yeux, elle eut du mal à déglutir. Comment quelque chose de ce genre pouvait rentrer entre ses cuisses ? C'était tout de même sacrément particulier, comme bestiole.

- Il ne va pas te bouffer, tu sais, se moqua Drago sans la moindre pudeur.

Hermione lui jeta un regard mi-désemparé par sa virilité, mi-consterné par son humour ridicule.

- Je ne suis plus très sûre de vouloir…, murmura-t-elle.

- Vouloir quoi ?, pouffa-t-il.

C'était bien la première fois qu'une fille avait peur de son engin. Certes, il ne faisait pas partie des plus petits gabarits, mais il n'y avait pas de quoi affoler une jument non plus. En même temps, ce n'est pas comme si elle avait eu l'occasion d'en voir des centaines dans sa vie. Et elle n'avait pas vraiment pris le temps d'attarder ses yeux dessus, la veille.

- C'est bien trop gros, constata-t-elle.

Là, il se retint très franchement d'éclater de rire. Franchement, elle valait tout l'or du monde.

- Alors reviens-là, et laisse ça tranquille, se moqua-t-il une fois de plus.

Il eut à peine le temps de finir sa phrase que sa main se refermait sur sa hampe. Drago manqua de s'étouffer avec ses dernières syllabes. Hermione lui jeta un regard troublé.

- Je t'ai fait mal ?

Pas vraiment, non.

Il hocha la tête en signe de dénégation, incapable de prononcer autre chose tant qu'elle ne l'aurait pas relâché. Il prenait conscience de son jeun sexuel trop poussif à présent. Il aurait l'air malin à venir aussi rapidement et même si elle n'y connaissait rien, il ne tenait pas à se laisser aller à cela maintenant. Peut-être était-ce mieux qu'elle renonce à s'y prendre avec sa bouche : il n'y tiendrait pas plus de quarante secondes, à ce rythme. Tout à coup, il sentit un bref contact sur l'extrémité de sa virilité : un contact qui lui fit basculer le crâne en arrière.

Sa langue.

Vraisemblablement, elle avait peur d'engouffrer la longueur dans sa bouche. Elle préférait sortir sa propre langue pour essayer de susciter du plaisir chez lui. Gagné. Des halètements lourds se précipitèrent hors de sa bouche, l'asséchant du même coup.

- Oh putain…, jura-t-il dans un accès de nervosité.

Elle s'arrêta et il s'empêcha de la supplier de continuer, se maudissant de l'avoir lui-même stoppée avec ses plaintes stupides.

- Tu es sûr que je ne te fais pas mal ?

- Non, non, non, non, non…, répéta-t-il avec frénésie.

Hermione reprit ses courts lapements et Drago s'en retourna à l'Éden. Ce n'était pas tant ce qu'elle lui faisait après tout… C'était juste elle : là, prête à lui faire plaisir. Et il en prenait, indéniablement. Il en prenait.Bientôt, il l'agrippa par le bras et la remonta vers lui : si elle continuait ainsi, il ne pourrait bientôt plus répondre de ses actes et elle n'était pas prête à essuyer un rapport sexuel comme il les entendait habituellement. Violence, virulence. Attrapage de cheveux, changement de position sans demander de préavis, ongles dans la peau, morsures… Oula, non.

Pour catalyser sa soif de domination, il introduit fermement sa langue dans sa bouche, tenant ses poignets frais entre ses doigts brûlants. Une fois qu'il fut au moins un peu rassasié, il s'en alla brusquement du lit et s'enferma dans la salle de bain, collant son dos au panneau de bois. Il manquait d'air.Hermione resta pantelante sur le matelas. Elle ne savait pas ce qu'il venait de se produire mais avait simplement senti le danger affluer. Ses poignets bouillaient encore sous son précédent contact : sa force semblait sans limite. C'était effrayant. Elle savait très bien qu'il n'avait pas voulu la brusquer, mais en toute franchise, elle avait craint pendant un instant qu'il ne se laisse aller à des débordements auxquels elle n'aurait pas consenti. La bête sombre était toujours présente en lui : elle avait fait son nid au plus profond et ne voulait pas s'en déloger.

Lorsqu'elle entendit le bruit de la douche, elle se calma : qu'il réussisse ainsi à calmer ses pulsions dominatrices et sadiques était rassurant. Elle imaginait déjà la foule rire… Mais c'était la vérité. C'était rassurant, car il n'en avait jamais été capable auparavant. Et le fait qu'il s'y contraigne avec elle, aujourd'hui et maintenant, prouvait définitivement qu'elle n'était pas qu'une fille choisie pour baiser.C'est avec cette pensée qu'Hermione s'endormit, après avoir collecté son sous-vêtement trainant par terre, renonçant toutefois à remettre sa chemise de nuit.

Sa poitrine reposait contre une matière chaude, à la fois dure et douce et il y avait une emprise plus ou moins lâche sur ses omoplates. Dans ses narines se dessinait la trame d'une odeur familière.

Elle inspira et essaya de se mouvoir pour permettre à son corps de s'éveiller. Ce fut tout simplement impossible car une force étrangère la retenait contre le curieux matelas. Cette contrariété traversa son esprit dans une course célère et l'incompréhension prit peu à peu place dans le fouillis de ses idées. Comment se faisait-il qu'elle ne pouvait pas bouger ? Plus curieux encore, une douleur légère commençait à envahir ses cuisses et l'intérieur de son ventre, la ramenant doucement à la réalité.

Hermione entrouvrit les paupières et battit des cils. Le soleil se levait au dehors. Mais ce n'était pas ce qu'il y avait de plus frappant : ce qui la retenait ressemblait fortement à un bras et ce qu'elle avait pris pour un matelas s'avérait être un torse plutôt musclé. Ses doigts étaient d'ailleurs fermement accrochés aux pectoraux du thorax concerné.Un vent de panique balaya son crâne, faisant disparaitre en bourrasques son envie de se rendormir. Lorsqu'elle parvint enfin à reprendre ses esprits et qu'elle calma sa respiration pour réfléchir plus posément, le souvenir brusque de la veille lui revint en mémoire.

Drago.

Elle se réexpliqua la douleur : cette dernière, datant de l'avant-veille, résonnait encore dans le creux de son aine. C'était faible mais elle la sentait tout de même. Drago était encore profondément endormi, d'après sa respiration lente et profonde. Lorsqu'elle leva un petit peu la tête, elle put s'apercevoir qu'il avait le sourire aux lèvres.

Cela accéléra encore les battements de son cœur, déjà bien rapides.Lorsqu'il remua sous elle, mouvant ses jambes comme pour trouver une position plus confortable, elle crut qu'elle allait défaillir. Encore plus lorsqu'elle sentit qu'il s'éveillait un peu. Aussitôt, elle ferma les yeux et rabattit sa tête en faisant semblant de dormir.Il y eut un silence plutôt long, durant lequel il se redressa un peu, certainement pour mieux s'installer. Son bras la ramena alors davantage contre lui et elle sentit ses doigts courir le long de ses flancs, la faisant frissonner. Lorsqu'il s'aperçut qu'elle avait frémi, il eut un petit rire amusé. Elle ne put s'empêcher de planter davantage ses ongles dans ses pectoraux dans un réflexe malheureux.

- Je sais que tu ne dors pas, l'informa-t-il soudain d'une voix moqueuse, laissant sa voix percer le silence.

Elle se redressa un peu, ramenant le drap pour cacher son corps à moitié dénudé et s'assit sur le côté. Leurs regards se croisèrent. Il avait un sourire en coin, montrant visiblement qu'il était assez fier de lui et ses yeux pétillaient d'une lueur sournoise. Elle rougit.

- Bonjour, murmura-t-elle.

- Salut, Hermione, la provoqua-t-il en haussant les sourcils.

Son visage passa d'un léger rouge au cramoisi.

- Tu as bien dormi ?, éluda-t-elle.

- Extatiquement.

Il n'était pas à proprement parler en paix avec lui-même, mais il était littéralement impossible pour lui d'avoir des idées sombres alors qu'Hermione Granger était avec lui, à demi-nue, dans son lit.

- Tu ne penses pas qu'on fait une bêtise ?, s'enquit-elle soudain en détournant les yeux.

Ça commençait.Comme elle ne le regardait pas, elle ne le vit pas approcher sa main du drap et ne put anticiper son mouvement mesquin : il souleva l'étoffe pour regarder en dessous. Lorsqu'elle s'aperçut de ce qu'il faisait, arborant du même coup un sourire tout à fait narquois, elle plaqua ses mains sur le tissu pour l'empêcher de la détailler plus longtemps.

- Non, je suis plutôt satisfait, ironisa-t-il en faisant sûrement référence à ses talents sexuels.

Elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel et de lui donner un coup dans le ventre, un sourire incontrôlable s'affichant sur les lèvres.

- Sérieusement…

- Sérieusement, je ne regrette pas, affirma-t-il ensuite.

Hermione reporta son regard sur lui, comme pour vérifier dans ses yeux la véracité de sa phrase.

- Et toi ?, demanda-t-il presque aussitôt.

- Non plus. Enfin, je ne crois pas.

Drago se décala pour se rapprocher d'elle et vint passer son bras autour de ses épaules pour la ramener vers son torse.

- Le contraire m'aurait étonné, la provoqua-t-il de nouveau.

- Peux-tu arrêter cinq secondes de faire des sous-entendus à propos de tes performances charnelles ?, dit-elle en esquissant un sourire sous sa mine exaspérée.

- Tu peux me faire taire, si tu veux, Gryffondor… En tout cas tu peux essayer…

Elle lui donna un nouveau coup de coude mais se laissa bien volontiers attirer contre lui.

- Tu as conscience qu'on est dans une merde incroyable ?, demanda-t-elle subitement après avoir lâché un soupir.

Il ne répondit pas et resserra son étreinte sur elle. Elle pencha la tête en arrière et le regarda.

- Quand même, t'es incompréhensible…, murmura-t-elle, repassant dans sa tête tous les derniers mois jusqu'à cette matinée.

- Je te retourne le compliment, répondit-il sur le même ton en repensant à son ancienne certitude selon laquelle il ne parviendrait jamais à ses fins.

- Jamais j'aurais cru que… Qu'on… Toi et moi.

- Je n'imaginais pas non plus, confirma-t-il.

Du moins, pas comme ça.

Le silence s'installa à nouveau, les laissant songeurs. Ils rouvrirent la bouche en même temps, commençant une phrase au même moment. Chacun s'interrompit pour laisser l'autre parler en premier mais aucun d'entre eux ne s'exécuta, leur provoquant un rire nerveux.

- Vas-y, l'encouragea-t-il.

- Non, toi d'abord, asserta-t-elle, curieuse.

Il hésita quelques secondes avant d'ouvrir la bouche.

- Je n'ai jamais passé de moments si agréables dans un pieu.

- Moi non plus, assura-t-elle en feignant un ton sérieux, le faisant pouffer de rire.

Mais elle plaisantait pour éluder ce qu'il venait de dire : cela lui faisait à la fois extrêmement plaisir, mais lui rappelait toutefois que s'il avait été son premier, elle était loin de l'avoir été pour lui.Pourtant, c'était la vie après tout, elle savait très bien à quoi s'attendre et était même plutôt surprise qu'il n'ait pas quitté le lit avant qu'elle ne se réveille. Même s'il ne l'avait pas réellement fait la première fois, elle se doutait que c'était bien son genre.

- Hermione…, souffla-t-il soudain d'une voix bien plus sérieuse.

Il allait probablement lui dire quelque chose d'important mais sa voix n'arriva jamais.

- Oui ?, l'incita-t-elle à continuer.

- Non, rien, éluda-t-il avant d'enfouir son visage dans son cou.

Sa bouche vint se poser contre sa gorge et elle sentit très vite sa langue jouer le long de sa peau.

« Pardon. »« Désolé d'avoir fait de la merde. »« Pardon d'avoir déconné. »« Désolé de t'avoir traitée comme ça. »« Je sais que ça arrive des siècles en retard, mais je suis vraiment désolé pour toutes les merdes que je t'ai fait endurer. »

Des tas de phrases tournaient dans sa tête mais il ne parvenait pas à choisir entre elles. Quoi qu'il dise, cela ne changerait rien au passé et cela ne ferait que le lui rappeler. Il n'avait pas envie qu'elle pense à ça maintenant. Sa peau était chaude contre la sienne et sa respiration se faisait de plus en plus lourde tandis qu'il effleurait sa mâchoire de sa langue agile. Ses lèvres attrapèrent sa gorge, lapant, coinçant sa chair entre ses dents. Elle se retourna brusquement, le repoussant contre la tête de lit et l'embrassant passionnément en passant sa jambe au dessus de lui pour le chevaucher.

Cette sorte de chimie était incroyable. Il vint glisser des doigts contre sa nuque, frôlant par là la parcelle de peau qu'il venait juste de malmener. Ses mains endurcirent leur emprise sur sa nuque, approfondissant le baiser.Comme la veille, les langues dansaient délicieusement, retrouvant leur compagne respective avec enthousiasme. Quand leurs bouches se séparèrent à nouveau, ils échangèrent un regard empli d'une intensité rare.

Ses yeux gris n'avaient jamais été aussi épurés : à l'intérieur, un océan calme s'éclaircissait, retrouvant ses teintes pâles et pures d'autrefois. Ceux d'Hermione, profonds, laissaient échapper une tendresse simple : le miel s'entremêlait au brun pour faire ressortir une sorte de sentiment doux.Elle sourit, s'éloignant quelque peu tandis que le cœur du Serpentard s'accélérait encore…

- Je vais prendre une douche, murmura-t-elle avant de se relever en s'enveloppant dans le dessus de lit, le laissant complètement paralysé sur le matelas.

Froide. Décidément, j'ai l'impression de passer ma vie dedans.

Hermione ferma la porte de sa salle de bain derrière elle, s'y adossant le cœur battant. Elle couchait avec Drago Malefoy. Et elle l'aimait.

Cette idée folle la retourna toute entière. Aimer Drago Malefoy ? Ah, un ordre de mots bien incroyable. Elle entra dans le cabinet de douche, la main posée sur la poitrine. Il fallait qu'elle calme les battements de son cœur mais ce dernier semblait lui chanter en percussions que s'apaiser était complètement hors de propos. Dans ses tempes pulsait irrégulièrement son sang brûlant, embrumant encore davantage ses pensées.Elle enclencha le robinet et le pommeau de douche et reçut une eau glacée sur les épaules. Le contact la fit sursauter mais le liquide devint bientôt tiède et elle se laissa aller contre le carrelage.

Et maintenant ? Qu'allait-il se passer ?

Mais son esprit logique était assailli par les souvenirs de l'avant-veille, puis de la veille, l'empêchant de chercher une réponse à ses doutes légitimes. Elle le revoyait l'embrasser : ses yeux emplis d'un désir plus chaud que la lave. Elle sentait presque encore ses mains sur son corps, dévaler chacun de ses membres, la moindre de ses courbes, pour y céder en les délaissant une impression incendiaire. Et ses doigts emmêlés dans ses cheveux, ses lèvres douces mais fermes contre les siennes : sa langue intraitable et possessive.

La Gryffondor sentit une chaleur à présent familière brûler l'intérieur de son ventre. C'est là qu'arriva l'idée terrible suivante : même s'il venait de lui faire l'amour, et pour la toute première fois, elle n'était plus rassasiée à présent, il lui en fallait plus. Beaucoup plus.Et elle sentit que s'il s'agissait d'une grande première, cela annonçait une frustration qui s'était installée dès qu'elle avait quitté ses bras et qui ne disparaitrait temporairement que lorsqu'elle y reviendrait.

Mais il manquait quelque chose à ce scénario parfait. Une chose qu'elle ne pouvait pas négliger. Des excuses.

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