My Dear Sadistic Highness

Chapitre XX

En mal de Dramiones ? Le profil d'I-AM-CHUCK-BASS vous tend les bras. Courrez-y ou je sors le martinet.

RAR :

Dion : Décidément, je suis gâtée aujourd'hui ! Merci beaucoup pour cette avalanche de compliments ! Tout comme toi, je lisais toujours les fanfics en philo, alors je ne sais pas si c'est une propension du site à nous faire bâcler cette matière, mais franchement, y'a anguille sous roche, si tu veux mon avis ! :pBref, merci encore et toujours pour ton soutien ! La suite, tout de suite !

Sabina : Eh bien, eh bien ! Je suis flattée que tu outrepasses tes habitudes rien que pour ma tête d'enclume ! Merci beaucoup pour tous ces adorables compliments : j'espère que la suite continuera à te plaire, et n'hésite plus à me faire part de tes impressions :p ! Merci encore !

Cind3rella : Héhéhéhé ! Eh oui, Hermione n'oublie rien. Et d'ailleurs, tant mieux, je trouve que tout est trop facile pour Drago en ce moment. Quant à la paire d'yeux… Je garde le silence et te laisse découvrir cela dans les prochains chapitres… Merci pour ton soutien quotidien !

LittleRock14 : Hello, Little' ! Merci beaucoup pour cette review ! En ce qui concerne Luna et Oksana, que notre très chère Lya2L a rebaptisé Luksana (j'aime cette appelation !), je ne peux rien te promettre de particulier, puisqu'évidemment, ce n'est pas le couple de base. En tout cas, j'espère que la suite te plaira quand même ! Merci encore !

Merci à tous les revieweurs : vous m'avez fait passer le cap des 300 reviews, chose qui ne m'était évidemment jamais arrivée, et je vous en remercie ! Très bonne lecture à tous !

[LEXIQUE EN FIN DE CHAPITRE : REFEREZ-Y VOUS DURANT LA LECTURE, OU VOUS SEREZ PERDUS]

Dear my love, haven't you wanted to be with me ?And dear my love, haven't you longed to be free ?I can't keep pretending that I don't even know you,And at sweet night, you are my ownTake my hand

[…]

I have dreamt of a place for you and INo one knows who we are thereAll I want is to give my life only to youI've dreamt so long I cannot dream anymoreLet's run away, I'll take you there

[…]

Forget this lifeCome with meDon't look back you're safe nowUnlock your heartDrop your guardNo one's left to stop you

We're leaving here tonightThere's no need to tell anyoneThey'd only hold us downSo by the morning lightWe'll be half way to anywhereWhere love is more than just your name…

Anywhere – Amy Lee

Chapitre XX

- Hâtez-vous, ordonna la voix sèche de Severus Rogue.

Les sixième et septième-année étaient rassemblés dans la grande-salle. Pour l'occasion, les tables avaient disparu et de larges bordures scintillantes sur le sol délimitaient la pièce en quatre.Le professeur MacGonagall lança un regard sévère à l'assemblée puis interrogea les autres tuteurs d'un coup d'œil. Chacun hocha la tête et elle les imita juste avant de s'avancer au milieu des élèves.

- Bonjour à tous. Nous levons cette séance commune pour une raison bien précise, que je vais vous expliquer. Je précise toutefois que les cours manqués à cette occasion seront rattrapés.

Une clameur de contestation s'éleva mais un « Silence ! » de Severus Rogue acheva de la taire.

- Comme nous vous l'avons brièvement évoqué dans la matinée, votre présence a été sommée pour l'enseignement des sortilèges défensifs et des maléfices offensifs. Nous connaissons tous le contexte politique actuel et il a semblé capital au corps professoral de vous inculquer quelques bases magiques afin de pouvoir vous défendre en cas de besoin. Les séances se compteront normalement au nombre de trois, la première étant obligatoire et les autres facultatives. La raison à cela est simple : le premier cours se basera uniquement sur les sortilèges défensifs et les deux autres sur les méthodes offensives.En nous basant sans exhaustivité sur le programme d'enseignement d'une association d'élèves s'étant créée, il y a de ça deux ans, dans nos locaux…

L'Armée de Dumbledore. Les élèves s'échangèrent des sourires complices.

- ... Nous commencerons aujourd'hui par quatre ateliers de sorts défensifs. Sur le premier atelier, encadré par le professeur Flitwick ainsi qu'un intervenant extérieur, votre ancien professeur de Défense Contre les Forces du Mal, Remus Lupin… sera étudié le sortilège du Patronus ainsi que celui du Bouclier.Sur le second atelier seront enseignés les sortilèges médicaux les plus élémentaires comme le Vulnera Sanentur (1), l'Episkey (2), l'Anapneo (3) et le Ferula (4)… : le professeur Rogue se chargera de ces enseignements avec l'aide de Madame Pomfresh et de Briana Foster.Sur le troisième atelier, nous étudierons les sortilèges de réveil psychique, notamment ceux en réponse aux sorts d'entrave, d'immobilisation et d'atrophie cérébrale temporaire : le professeur Chourave se chargera de ces sorts, aidée par Ivrian Foster. Seront traités l'Enervatum (5) et la parade classique par baguette (6).Enfin, je me chargerais sur le dernier atelier de l'explication théorique des sortilèges impardonnables et des sorts de magie noire les plus utilisés par les mangemorts de nos jours.

Les élèves écoutèrent tout son discours avec attention. Certains baillèrent aux corneilles à l'énumération des différents ateliers, mais s'éveillèrent au fur et à mesure qu'elle dénombrait les sortilèges enseignés.

- Il parait évident qu'autant de sortilèges ne sauraient se voir maitrisés dans une seule journée. C'est la raison pour laquelle nous vous encourageons plus que fortement à vous y entrainer en petits groupes en dehors des cours. Pour vous aider dans cette tâche, des salles d'exercice ont été ouvertes dans l'ancien herpétarium derrière les serres. Elles demeureront ouvertes de 7h30 jusqu'au couvre-feu nocturne, tous les jours de la semaine. Vous y trouverez toujours un ou plusieurs intervenants pour vous aider dans vos entrainements.Bien, je vous remercie de votre attention : je vais à présent lister les quatre groupes d'élèves. Groupe A : Michael Corner, Lily Stanford, Miranda Wheeler, Theodore Nott, Neville Londubat…

Hermione se rapprocha de Ginny et des deux garçons. Elle pouvait voir sans grande peine qu'Harry était diablement excité par les évènements. Et en toute franchise, elle l'était elle aussi.

- Et bien, quel programme !, lança Ron, un peu déboussolé par tout ce remue-ménage.

- Ça a l'air passionnant, souffla Hermione, les yeux brillants.

Le roux lui adressa un sourire particulièrement ironique.

- C'est sûr, encore une journée faste, se moqua-t-il en roulant un peu les yeux.

- Ron !, le morigéna Ginny. C'est important et tu as intérêt à te concentrer. Si je m'aperçois que je suis meilleure que toi dans un seul des sorts pratiqués, je t'assassine.

Le Weasley lui jeta un regard sceptique.

- Je ne vois pas comment tu pourrais savoir si oui ou non, je suis mauvais en…

- … Ginevra Weasley, Ronald Weasley, Pansy Parkinson, Luna Lovegood, continua d'énumérer MacGonagall, vraisemblablement passée au groupe B

Ginny esquissa un rictus particulièrement sournois et Ron sembla pâlir un peu.

- Et crotte d'hippogriffe, jura-t-il en se grattant la nuque nerveusement.

- … Hermione Granger, Francis Leesman, Oksana Nikolaievna, Darius Sharma, Seamus Finnegan…

C'était une partie du groupe C.

- Millicent Bullstrode, Dean Thomas, Blaise Zabini, Drago Malefoy, Clarence Northlign, William Blake, Harry Potter, Vivianna Maer…

Et eux, une partie du groupe D… probablement incendiaire vu les personnes rassemblées. Lorsque toutes les personnes furent nommées, le professeur MacGonagall envoya chacun des groupes sur leurs ateliers. Hermione commençait avec le professeur Chourave. Il y avait pas mal de sixièmes année dans son groupe, d'où certainement sa présence en figure d'autorité. Chourave lui adressa un sourire franc et Hermione ne put s'empêcher de lui retourner, crispée. Elle devait encore repenser à la fois où elle l'avait retrouvée dans un piteux état, le lendemain du bal… Machinalement, Hermione chercha Drago des yeux : il était avec Rogue et Pomfresh. A leurs côtés, une jeune femme aux cheveux châtains et à la peau mate semblait faire une seconde fois l'appel. Elle devait faire partie de l'Ordre. Ils ne choisissaient pas leurs intervenants au hasard. Briana Foster…

Hermione reporta son regard sur l'intervenant de son propre groupe, certainement le frère de Briana puisqu'ils portaient le même nom… Ou peut-être étaient-ils mariés ? Mais elle en doutait car ils semblaient assez jeunes et leur ressemblance physique indiquait clairement des liens familiaux. Ivrian Foster avait les cheveux mi-longs, bruns et ondulés, dans lesquels se perdaient quelques dreadlocks. Ses yeux verts, tout à fait perçants, soulignaient son teint mat et son nez droit. Autour de son cou dansaient quelques pendentifs et amulettes tressées, et elle y reconnut le symbole alchimique de l'orpiment en métal cuivré. Lorsqu'elle leva à nouveau les yeux vers lui, il la regardait aussi. Visiblement, il savait qui elle était. Le sourire en coin qu'il lui adressa la rendit légèrement nerveuse.

- Bonjour à tous et bienvenue sur l'atelier de défense psychique ! Nous allons prendre deux heures pour approfondir ce sujet avec vous. Avec moi, Ivrian Foster, que je vais laisser se présenter dans quelques instants…, désigna Chourave d'un geste sympathique. Mais d'abord, le programme : dans la première demi-heure, nous allons traiter les sortilèges de manière théorique. Vous n'aurez pas besoin de prendre de notes, essayez juste d'écouter attentivement ce que nous allons dire car cela sera important pour la suite.Dans la seconde demi-heure, nous commencerons la parade de sort : c'est la technique qui nous importera le plus ici car elle est indispensable aux sortilèges suivants… Certains d'entre vous la maitrisent déjà et pourront aider les autres, le but étant que chacun sache à peu près à quoi s'en tenir à la fin de la journée. Puis, dans la dernière heure, nous étudierons l'Enervatum… Voilà…

Les élèves hochèrent la tête en signe d'approbation et le professeur Chourave leur adressa à tous un sourire chaleureux.

- Ivrian, je vous en prie, lui céda-t-elle la parole.

Le jeune homme s'avança, le regard sûr. Dans un coin d'œil, Hermione put voir de nombreuses filles se pâmer face à lui. Eh ben dis donc, cela commençait bien.

- Bonjour à tous, je me présente : Ivrian Foster. Je travaille essentiellement dans le domaine du Dragonnage et je suis missionné par Gringotts aux quatre coins du monde.

Ce devait être un collègue de Charlie Weasley ! Il avait un accent légèrement prononcé… Un suédois, probablement ?

- Comme je suis chargé de sécurité auprès de nos amis les cracheurs de feu, j'ai une bonne maîtrise de la magie psychique, indispensable pour calmer les ardeurs de certaines créatures un peu trop susceptibles, et d'ailleurs seule magie effective sur les sauriens volants. Voilà donc pourquoi on a fait appel à moi : afin que je vous enseigne au mieux les éveils et la résistance à ce genre de sortilèges, très pénalisants lors d'une agression ou d'un combat.

Une nouvelle fois, les élèves du groupe acquiescèrent docilement et s'exécutèrent lorsque Chourave leur demanda de s'asseoir en tailleur. Ils commencèrent donc leur exposé sur les différents sorts à contrer, sur les techniques théoriques et sur leur vérification durant des évènements historiques… Rien qu'Hermione n'ignorait. Elle écouta pourtant avec le plus grand des sérieux, assidue comme à son habitude. Commença ensuite la première séance pratique sur la parade de sorts : elle, Darius et Seamus étaient les trois seuls à savoir s'y prendre… Et encore, Darius avait bien du mal. Mais bon, c'était une technique dure à maîtriser et il n'avait pas eu la chance d'être présent aux réunions de l'A.D en cinquième année, n'étant pas encore inscrit à Poudlard.

Ils aidèrent les autres élèves du mieux qu'ils le purent, corrigeant certaines erreurs de débutant. Ayant tous les bases en tête, les élèves finirent par cesser de s'exercer et attendirent les nouvelles explications à propos de l'Enervatum. Cette fois, seule Hermione savait comment s'y prendre et ce n'était pas très étonnant. Malgré l'utilité du sort, il demeurait très peu enseigné à Poudlard. On estimait tout simplement ne pas en avoir réellement besoin. C'était la réponse aux sortilèges d'entrave, de stupéfixion mais également d'immobilisation.

- Ces trois sortilèges touchent à votre cerveau et vous emmêlent les pinceaux. L'entrave bloque votre gestion de vos nerfs, la stupéfixion vous place en stupeur complète et l'immobilisation vous pétrifie, expliquait Chourave. C'est une magie d'illusion qui corrompt votre perception de la réalité, persuadant votre conscience qu'il vous est impossible de mobiliser vos membres ou même vos facultés cérébrales. Nous allons d'abord voir comment réveiller une personne tierce de ces sorts grâce à l'Enervatum, puis comment s'en prévenir soi-même grâce à une parade bien spécifique.

Ils commencèrent alors le « véritable » entrainement et ce fut réellement fastidieux. Les élèves avaient beaucoup de mal à se concentrer et l'engourdissement dû à la réception des sorts ne les aidaient pas à donner du meilleur d'eux-mêmes. Heureusement, les deux tuteurs se montraient très patients et ils réussirent à guider au mieux les jeunes les plus perdus. A la fin de l'heure, ils se rassemblèrent en cercle et Chourave leur donna des instructions claires pour s'entrainer par eux-mêmes. Ivrian y ajouta quelques conseils de spécialiste sous l'œil presque maternel du professeur de botanique, et le groupe fut autorisé à se disperser pour prendre une courte pause. Chourave et Ivrian s'approchèrent aussitôt d'Hermione.

- Ivrian, je vous présente officiellement Hermione Granger, sans nul doute la jeune sorcière la plus douée de sa promotion.

- Je n'en doute pas… Ivrian Foster, la salua-t-il en lui tendant la main pour qu'elle vienne la serrer. Enchanté !

- Enchantée, répéta-t-elle un peu platement en s'exécutant poliment.

- Charlie, Bill, Fred et George m'ont parlé de toi… Vu les performances que tu viens de montrer, je comprends mieux pourquoi ils m'ont vanté tes compétences magiques.

Hermione esquissa un sourire : elle ne s'était pas trompée.

- Il n'y a pas de quoi en faire un plat, répondit-elle, tout de même flattée. J'imagine que tu es aussi un collègue de travail de Charlie… ?

- C'est tout à fait juste !, confirma-t-il.

Un autre élève interpella Chourave qui s'éloigna en s'excusant, les laissant discuter tous les deux.

- C'est la première fois que je viens à Poudlard, lui dit-il soudain en observant le plafond avec admiration. C'est vraiment une des plus belles écoles d'Europe, ça c'est sûr…

Rendue enthousiaste par ses propos, Hermione qui adorait Poudlard ne put s'empêcher de renchérir.

- Oui, je suis tout à fait d'accord ! Mais j'avoue ne pas être très objective, j'ai toujours été fascinée par Poudlard et il est tellement dur d'obtenir des renseignements sur les autres Écoles magiques que la force de comparaison n'est que très limitée en vérité.

- Eh bien… J'ai étudié à Vinden Blåser (7), en Suède…

C'était donc bien un Suédois !

- Et j'ai eu la chance de me rendre à Beauxbâtons, aux Aldeas (8) et au Zufluchtsort Blau (9)… Grâce à Gringotts, notamment pour faire du recrutement. Et même si les autres architectures sont splendides, je préfère Poudlard. Je pense que c'est le côté mystérieux et mystique qui me plait.

- Je connais les Havres Bleus (9) mais… Les Aldeas ?

- C'est une école privée espagnole. Ils accueillent pas mal d'étudiants internationaux car l'établissement rassemble aussi des cours de spécialité en cursus supérieur.

Hermione hocha la tête : le monde magique était encore plus vaste qu'elle ne le soupçonnait. Elle était sur le point de lui demander où encore il avait voyagé lorsqu'une main se posa fermement sur son épaule.

- Salut, Granger.

Sa voix était reconnaissable entre mille. Il devait être en pause lui aussi. Hermione frissonna et le laissa la contourner pour venir serrer la main d'Ivrian.

- Drago Malefoy, se présenta-t-il sobrement.

- Je sais qui tu es, souffla Ivrian avec un sourire froid.

- La politesse serait donc de te présenter à ton tour, répliqua sèchement le Serpentard.

- Ivrian Foster, membre des Archers Sombres (10) de Suède, le pays voisin de celui que vous êtes en train d'envahir, attesta-t-il sur un ton glacial.

Le blond laissa un rictus traverser ses lèvres.

- Je ne sais pas vraiment de quoi tu parles, mais je sais de qui tu parles et tes allégations sont scandaleuses, ironisa Drago. Tu vois bien que je ne suis même pas encore diplômé : je ne suis qu'un élève d'une école britannique… Je n'ai rien à voir avec les affaires Finlandaises.

Malefoy passa son bras autour des épaules d'Hermione, la rapprochant contre lui dans une étreinte possessive. Hermione sentit son cœur accélérer : ce n'était pas bon du tout. Qu'il soit aussi proche d'elle publiquement n'allait rien amener de probant.

Heureusement, il était si sournois que cela pouvait passer pour l'une de ses détestables plaisanteries. Hermione se délesta donc de son bras, s'écartant de lui. Drago la transperça d'un regard glacial, qu'elle évita en gardant les yeux fixés sur les colliers d'Ivrian. Le Suédois esquissa un sourire victorieux lorsqu'il vit Hermione s'éloigner et la mâchoire de Drago se contracta.Les choses allaient certainement déraper lorsqu'une voix claire se fit entendre.

- Ivriaaaaaaaaan ! Ça fait longtemps, chantonna presque Ginny en attrapant le Suédois par le bras et l'attirant vers Harry, Ron et Briana un peu plus loin.

Trop poli pour protester, Ivrian se laissa entrainer, ses yeux continuant malgré tout d'affronter ceux du Serpentard. Ce dernier finit par se désintéresser de lui, reportant son regard sur Hermione, elle-même songeuse : visiblement, les Foster connaissaient bien tous les Weasley.

- Je peux savoir ce que tu fais ?, s'enquit-il, les yeux polaires.

Hermione fuyait son regard et faisait tout pour se montrer nonchalante, balayant les alentours des yeux pour s'assurer que personne ne les regardait avec soupçon, sauf évidemment le petit groupe de ses meilleurs amis un peu plus loin… Et Blaise Zabini qui les contemplait également avec beaucoup d'insistance.

- Nous discutions, dit-elle simplement. Où est le problème ?

- C'est un abruti, asséna-t-il de sa voix la plus froide et indifférente.

- C'est à moi d'en juger, je crois, murmura-t-elle en fronçant les sourcils.

- Ne le laisse plus t'approcher ou je m'assurerais qu'il ne revoie plus sa Suède natale, menaça-t-il avec un sourire narquois.

- Malefoy !, le somma-t-elle, les yeux noirs.

Mais il avait fini son satané discours possessif et avait tourné les talons, lui adressant un bref et nonchalant signe de main. Hermione soupira lourdement : il était insupportable. Elle rejoint ses meilleurs amis à petits pas, une fois seulement que les deux Foster se soient éloignés ensemble. Ginny lui adressa un regard plein de compassion et d'embarras. Harry, lui, arborait une mine sceptique et même quelque peu méfiante.

- Il s'est passé quoi, là…? demanda-t-il à voix basse en jetant un coup d'œil éloquent aux deux protagonistes de la rixe précitée.

- Combat de coqs…, annonça Hermione en haussant les épaules d'un air innocent. C'est Malefoy, qu'est-ce que tu crois…

- On aurait plutôt dit qu'il venait t'emmerder toi, contra Ron avec mollesse.

- Oui, confirma Harry, et qu'Ivrian prenait ta défense.

- Euh… Pas vraiment…, souffla Hermione d'un air sceptique. Mais vous connaissez tous les Foster ou quoi ?, rebondit-elle pour changer de sujet.

- Ils étaient là aux vacances de Noël, renchérit aussitôt Ginny, ravie de pouvoir lui venir en aide. C'est le meilleur ami de Charlie, et Briana est médicomage à Londres. Ils sont venus chez nous pour « s'officialiser » en temps que membres de l'Ordre…, murmura la rouquine.

Elle se pencha encore plus vers Hermione.

- Et entre toi et moi, je crois que Briana a été pour beaucoup dans la rupture de Lavande et de Ron, donc c'est un peu notre grande sauveuse à tous !

Ron lui lança un regard vitreux.

- Lavande n'a besoin d'aucune aide pour se faire larguer, laisse-moi te le dire, bougonna-t-il.

Tous rirent à cette réflexion. MacGonagall leur annonça le début du deuxième atelier de la matinée et Hermione et son groupe furent dirigés vers la directrice des Gryffondors. Durant deux heures, la fidèle collègue de Dumbledore se chargea de leur expliquer en détail les maléfices impardonnables, tout en montrant beaucoup de tact à cet égard. Hermione l'écouta avec attention et apprit plusieurs choses, notamment lorsque la femme mûre fit basculer son discours dans le domaine plus large de la magie noire. Son cours n'avait rien à voir avec ceux qu'Ombrage avait pu donner en cinquième année : elle modulait ses propos mais ne taisait jamais la vérité, pointant toujours de sa langue acérée les horreurs et menaces mortelles que représentaient certains sorts. Un enseignement bien sombre en vérité, qui fit froid dans le dos, même aux moins sensibles des élèves. Le but était évidemment de faire ressortir la gravité de la situation aux élèves vivant bien malgré eux dans une bulle d'illusion sécuritaire, créée par les discrets sympathisants à Voldemort il y a quelques années de cela, et parfois même confortée par le gouvernement en place, pourtant du côté de Dumbledore.

Malgré tout cela, MacGonagall conseilla toujours d'éviter les recours fatals : elle recommanda les sorts de stupéfixion à plusieurs reprises, ainsi que les sorts de destruction d'environnement, bien à même de désorganiser et de faire échouer les mangemorts dans leurs stratégies morbides. Le but était de faire le moins de morts possibles : elle y était déterminée.

Lorsque l'heure de déjeuner fut arrivée, les élèves se placèrent sur les côtés de la salle et les professeurs firent réapparaitre les tables. Les élèves plus jeunes des autres années finirent par rejoindre leurs ainés pour se restaurer et ils eurent un long laps de temps pour de détendre et reposer leurs têtes bien garnies.Quand ils eurent tous terminés de se remplir l'estomac, les petits quittèrent la grande-salle. Certains quatrième et cinquième-année semblaient profondément intrigués et même envieux de ce cours spécial auquel ils n'avaient pas le droit d'assister pour des raisons évidentes de maturité ET de majorité. Bientôt, il ne resta plus que les professeurs et les sixièmes et septièmes année dans la salle.

- Reprenons !, lança MacGonagall en faisant disparaitre les tables.

Hermione et son groupe furent cette fois dirigés vers le professeur Flitwick et Remus Lupin. Encore une fois, la jeune Gryffondor impressionna tout son groupe en montrant sa maîtrise presque parfaite du Patronus. Il en allait de même avec Seamus, qui pas peu fier, se pavanait devant les filles de sixième année, très impressionnées par une telle performance.Ces deux heures passèrent vite : Hermione et Seamus vinrent en aide aux deux enseignants afin de guider aux mieux les élèves. C'était de loin le sortilège le plus dur à maîtriser de tous les ateliers réunis. Remus Lupin avait ramené quelques armoires peuplées d'épouvantards, réclamant l'aide d'Harry afin de faire apparaitre des détraqueurs pour les plus téméraires des élèves du groupe. Certains s'y risquèrent et eurent raison car parvinrent à des résultats probants, d'autres, quant à eux, repartirent un peu traumatisés…

Enfin, en dernière partie d'après-midi, le groupe se rendit à l'atelier du Professeur Rogue, de Madame Pomfresh et de Briana. Hermione s'entendit tout de suite bien avec la sœur d'Ivrian, certainement car cette dernière était d'un naturel très doux et souriant. Elle ne fit aucune remarque à propos d'Ivrian et de Drago, ce qui la rassura car elle n'avait pas la moindre envie d'en parler.Encore une fois, Hermione montra son talent à exécuter certains des sortilèges médicaux et même le professeur Rogue la prit en exemple pour l'exercice du Ferula. C'est flattée comme jamais qu'elle quitta la grande-salle, après avoir chaudement remercié les professeurs et intervenants d'une telle initiative de leçon.

Ils avaient deux heures avant d'aller diner et pour une fois, estimant sa journée suffisamment productive, Hermione consentit à ne pas s'avancer sur ses devoirs. Harry, Ron, Ginny et elle sortirent donc se balader dans le parc. Ils finirent par s'asseoir sous un large saule, tout à fait inoffensif, contrairement à l'arbre massacreur qui se trouvait non loin de la rive nord du lac.

- … Et là, Harry se fige et regarde par la fenêtre, reprit Ron. Et il y avait au moins une centaine de petites araignées qui filaient !

- Ron, il y en avait à peine cinq ou six…, corrigea Harry d'un air mi-exaspéré, mi-amusé.

- DES CENTAINES !, s'écria Ron. Je sais ce que je dis !

- Des centaines, maintenant ?, s'amusa Hermione.

Et dire qu'elle avait raté ça… Maudit basilic !

- Donc on avance vers la forêt et tout, et avec bravoure, quand j'y repense ! Ce n'est pas quelque chose que je referais, ça je vous le dis !, annonça le roux avec humeur.

- Salut !, psalmodia une petite voix non-loin.

Le petit groupe se tourna vers la voix : Luna. Et Oksana. Ginny et Harry lancèrent aussitôt un regard à Hermione qui esquissa un sourire crispé. Les deux blondes vinrent se poster au-dessus d'eux. Hermione posa ses yeux sur leurs deux mains entrelacées et décida d'oublier tout ce qu'elle croyait connaitre d'Oksana. Il était évident qu'elle ne pouvait plus prétendre au même jugement que quelques semaines auparavant. La Gryffondor laissa ses yeux remonter et ils plongèrent bien malgré eux dans les yeux bleus de la Serpentarde. Cette dernière fuyait son regard avec la plus grande des applications.

- On peut s'installer avec vous ?, s'enquit joyeusement Luna, comme inconsciente de l'embarras collectif.

- Bien-sûr, venez, les accueillit Ginny avec un sourire.

Les deux blondes s'assirent et s'installa un long silence. Hermione décida d'intervenir : elle était après tout l'une des sources de la gêne, alors autant qu'elle s'attèle à la balayer au plus vite.

- Alors, comment vous avez trouvé la journée ?, demanda-t-elle avec enthousiasme.

Luna posa ses yeux translucides sur elle, toujours un peu trop écarquillés.

- C'était extrêmement enrichissant. Je suis heureuse qu'ils aient fait un mélange entre les sixième et les septième-année : en plus d'apprendre de nouvelles choses, on a pu rencontrer de nouvelles personnes. C'était très amusant.

Les autres approuvèrent avec zèle.

- C'est vrai que les groupes étaient très mixtes, ajouta Harry. Toutes maisons et années confondues… J'avoue que ça m'a fait bizarre. Ça m'a un peu rappelé les réunions de l'AD, vous ne trouvez pas ?

Ron et Hermione confirmèrent avec vivacité, aussitôt suivis par Luna et Ginny. Oksana ne fit que se taire davantage.

- Tu étais dans quel groupe déjà, Luna ?, s'enquit Harry.

- Avec Ginny et Ron, répondit la blonde. Il y avait aussi Matilda Vill, Cassandre Maureth, Parvati Patil, Pansy Parkinson…, énuméra-t-elle sur un ton rêveur.

- Et toi, Oksana ?, rebondit Ginny en parfaite connaissance de cause.

La Serpentarde leva les yeux, un peu alarmée par cette question directe.

- J'étais… Avec Hermione, dit-elle simplement au bout d'une dizaine de secondes.

C'était comme si tout le monde avait aspiré un bon litre d'air en même temps, sauf Luna qui regardait distraitement le ciel à travers les branches tombantes du saule.

- Oui, finit par confirmer Hermione. D'ailleurs elle est très douée pour le sortilège du Patronus.

Les autres finirent par reporter son regard sur Oksana avec curiosité.

- Ah oui ?

- Sérieux ? C'est vachement dur pourtant, bougonna Ron.

- C'est quoi ?, s'enquit Ginny avec curiosité.

- Une océanite…(11), murmura Oksana avec anxiété.

Elle semblait croire qu'il s'agissait d'un critère pour qu'elle soit acceptée ou quelque chose de ce genre.

- C'est quoi une océanite ?, demanda Ron avec un air perplexe.

- C'est un pétrel-tempête, chantonna calmement Luna.

Le Weasley la regarda comme si elle venait de dire une énormité plus grosse qu'elle.

- Un pétral-quoi ?, essaya-t-il de répéter en vain.

- Un pétrel-tempête, le corrigea Hermione. C'est un oiseau marin. C'est très joli. J'en ai vu quand j'étais plus jeune et on dirait qu'ils dansent sur l'eau quand ils descendent près de la surface de la mer pour pêcher.

Un silence s'installa à nouveau.

- Tu nous le montres ?, demanda soudainement Ron.

Pour une fois qu'il savait montrer de la bienséance et du tact : Hermione était presque fière de lui. Elle remarqua le même sentiment chez Ginny. Oksana rougit un peu et hocha affirmativement la tête avant de timidement dresser sa baguette.

- Spero Patronum, murmura-t-elle.

Un oiseau nacré surgit avec une puissance folle du bout de bois. Il voleta dans les alentours dans un ballet majestueux, s'amusant à aller taquiner le lac un peu plus loin, puis revint dans de petits cris caractéristiques. Le groupe poussa des « oh ! » d'admiration face à la grâce de l'oiseau. Bientôt, il vint se poser au centre de leur petit cercle et s'estompa en brume blanche.

- Eh ben mon vieux ! C'est sacrement joli !, s'écria Ron. Tu devais penser à un truc vraiment heureux pour que ça marche aussi bien !

Oksana devint cramoisie et Luna eut un petit rire. La Serpentarde leva les yeux vers elle et esquissa elle-même un sourire. Jamais Hermione n'avait trouvé de spectacle aussi bizarre : elle semblait changée du tout au tout. C'était vraiment ETRANGE. Comme si elle n'avait jamais eu le caractère vipérin, ni connu le plaisir de dévisager les gens de son regard froid et hautain… C'était très perturbant. Pour autant, le sourire sincère qu'elle affichait lui allait bien mieux que toutes les mimiques exagérées qu'elle avait autrefois arborées avec tant de talent.

- J'ai pensé à Luna, dit-elle simplement.

Pour le coup, tout le monde rougit. Ron avait les oreilles si rubicondes qu'on aurait pu croire qu'il avait été trempé dans du jus de coquelicot. Cela ne s'arrangea pas lorsque Luna se pencha vers elle pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres. Oksana, apparemment peu habituée à faire ça en public, resta parfaitement immobile. La Serdaigle finit par s'allonger sur le sol, déposant sa tête sur les genoux de sa petite-amie en soupirant rêveusement, les yeux à nouveau perdus dans le ciel.

- Vous allez vraiment bien ensemble…, murmura Hermione sans pouvoir s'en empêcher.

Oksana lui jeta un regard un peu froid. Elle devait croire que la Gryffondor se moquait d'elle ou quelque chose de ce genre.

- Sincèrement, ajouta la brune en intensifiant son regard avec sérieux.

La Serpentarde sembla s'adoucir et esquissa un sourire.

- Merci…, dit-t-elle avec simplicité.

L'après-midi se finit dans les discussions et les rires quand Ron décida soudainement de reprendre le conte fabuleux d'Aragog, le Traitre à Huit Pattes.

Drago soupira pour la énième fois de la soirée, faisant léviter à l'aide de sa baguette les verres initialement posés sur le guéridon, non loin de la cheminée. Pour qui il se prenait, cet imbécile à l'accent stupide ? Granger avait un truc avec les mecs qui venaient du froid… D'abord Viktor Krum, maintenant… C'était quoi son nom déjà ? Ivrian quelque chose. Un nom stupide pour un gars stupide.

Il soupira.

Granger était aveugle. C'était une fichue gamine qui ne comprenait pas lorsqu'un homme n'avait qu'une envie, la retourner et en faire sa monture. Et c'était clair : le nordique avait envie de se la faire. C'était la seule et unique raison pour laquelle il était venu lui parler. Alors certes, peut-être avait-il, derrière ses envies graveleuses, des idées plus honorables… Comme celle de se lier à elle au-delà de la sacro-sainte baise entre inconnus… Mais cela n'intéressait que peu le Serpentard qui n'avait qu'une seule image en tête : Granger se laissant entrainer dans une chambre par l'imbécile, ce dernier affichant un sourire grivois sous-entendant clairement que la petite Gryffondor allait passer à la casserole.

Drago poussa un grognement mécontent et envoya valser les verres dans la cheminée. Elle était à lui. A lui et à personne d'autre. Le fait même qu'elle ose répondre à l'autre abruti l'irritait au possible.Le tableau s'écarta pour laisser entrer le sujet même de ses sombres pensées. Il choisit de garder le silence, les yeux fixés sur les flammes dansantes. La Gryffondor fredonnait innocemment une chansonnette qu'il jugea stupide rien qu'à l'air. Énervé comme il était, il n'était de toute façon pas en mesure d'apprécier quoi que ce soit.

- Oh, salut !, l'interpella-t-elle avec enthousiasme. Je ne t'avais pas vu, tu es tout ratatiné dans le canapé.

Drago ne répondit pas ni ne la regarda, préférant croiser fermement les bras sur son torse en conservant son expression peu amène.

- Drago ?

Il ferma les yeux, bien décidé à l'ignorer jusqu'à ce qu'elle le supplie de la pardonner ou quelque chose de ce gout là.

- Tu as perdu l'usage de tes oreilles ?, demanda-t-elle d'une voix moqueuse.

Elle n'obtint aucune réponse. Un peu dépitée par son comportement immature, et déraisonné par ailleurs, Hermione s'éloigna du canapé et ouvrit la porte de sa chambre pour y pénétrer. Lentement, elle s'avança vers son lit, préparant son hameçon avec subtilité.

- C'est dommage que tu sois devenu sourd…

Elle porta ses mains au col de sa veste pour s'en délester.

- J'étais de bonne humeur alors je m'étais dit qu'on pourrait prendre notre douche ensem-

La porte de sa chambre s'était déjà refermée derrière lui et il regardait ailleurs, comme désintéressé, alors que sa seule présence prouvait l'inverse.

- Ah… Tu as décidé de me répondre, finalement ?

On pouvait dire ce qu'on voulait de ses machinations, Granger n'était pas trop mal lotie en ce qui concernait la créativité dans le chantage. Il reporta son regard sur elle, se forçant à demeurer tout à fait impassible.

- Ce n'est pas parce que j'accepte ta proposition, que tu es excusée, dit-il sèchement en la regardant attentivement enlever sa veste.

- Excusée de quoi exactement ?, ironisa-t-elle en reposant le vêtement sur son fauteuil et plaçant ses mains sur ses hanches dans une posture autoritaire.

- De ton comportement, répliqua-t-il en s'avançant vers elle.

Tout en conservant son expression impavide, il entreprit de défaire les boutons de son chemiser. Amusée par son immaturité, Hermione le laissa faire en rougissant un peu.

- Quoi encore ?, l'invectiva la Gryffondor avec animosité. J'ai été une vilaine fille ?, se moqua-t-elle délibérément.

Drago s'interrompit dans son ouvrage, remontant les yeux pour les plonger dans les siens. Ses lèvres s'incurvèrent dans un sourire machiavélique qui ne lui disait rien qui vaille.

- C'est tout à fait ça, confirma-t-il avant de reprendre le déboutonnage déjà bien entamé.

Il pencha son visage vers elle, rapprochant sa bouche de son oreille.

- Une très, très, très vilaine fille, murmura-t-il.

Hermione pouffa de rire. Franchement, c'était un désaxé.

- Tu es fou à lier, répliqua-t-elle d'une voix claire tandis qu'il envoyait valser sa chemise d'écolière.

- N'aggrave pas ton cas, l'avertit-il avec un rictus plus maléfique encore.

Il déboutonna avec fermeté sa jupe portefeuille d'uniforme et l'envoya à son tour valdinguer plus loin. Quelques secondes plus tard, il l'avait débarrassé de ses sous-vêtements et l'avait attrapée entre ses bras. Les pas légers, il arriva à la salle d'eau, en ouvrit la porte d'un coup de pied peu précautionneux et y pénétra. Hermione essaya bien de protester mais il la fit taire d'un regard, la déposant dans l'habitacle.

Prenant brusquement son temps, il défit sa cravate et plongea ses yeux dans les siens, histoire de bien lui faire mesurer l'ampleur de ce qui allait lui arriver. Elle recula au fond de la douche, rubiconde d'embarras : il la jaugeait de haut en bas comme un chat regarderait une souris, avec appétit. Ses yeux dévalaient le long de ses courbes, s'arrêtant sur les endroits que la bienséance aurait normalement dissimulé sous des étoffes, tout cela n'arrangeant rien au trouble de la jeune sorcière. Hermione n'était encore que très peu habituée à la nudité devant les yeux d'autrui... Alors ceux de Drago Malefoy : il valait mieux ne pas en parler. Le reste des vêtements du Serpentard disparut finalement assez prestement et il pénétra dans l'habitacle lui-aussi, fermant la porte vitrée une fois à l'intérieur. Son regard ne pouvait signifier qu'une seule chose : elle allait se faire dévorer. Sa main droite actionna négligemment le robinet alors qu'il la plaquait contre le mur carrelé pour enfoncer sa langue dans sa bouche. Ses mains vinrent aussitôt s'enquérir de ses hanches, qu'il serra entre ses doigts avec brutalité.

Tu es à moi.

Sa langue dominait celle d'Hermione avec une vindicte tranchante et ses lèvres se mouvaient contre les siennes sans lui laisser le temps de réagir. D'un mouvement sec, il la retourna contre le mur et vint se plaquer derrière elle sans douceur. La tête près de ses cheveux, il eut le plaisir de voir ses seins s'écraser contre les dalles froides, la faisant frémir. L'une de ses mains vint caresser sa croupe tandis que l'autre venait se glisser dans ses boucles à présent rendues détrempées par le pommeau de douche.Il empoigna doucement sa chevelure, y entortillant ses doigts, et tira son crâne vers l'arrière avec un calme olympien afin qu'elle s'appuie contre son épaule et qu'il puisse plus aisément glisser sa bouche dans son cou.

- Je ne vais pas être gentil, la prévint-il froidement dans le creux de l'oreille.

Hermione sentit un frisson lui dévaster l'échine.

- Fais attention, quand même, contra-t-elle les yeux fermés.

C'est tout ?

Elle lui donnait l'autorisation ? Merlin de chez Merlin. Elle savait comment le calmer, tout en l'excitant paradoxalement davantage. Le faisait-elle exprès ? Sûrement pas.

Cela le faisait presque trembler d'anticipation. Il la retourna à nouveau vers lui, frissonnant en sentant sa poitrine glacée heurter ses pectoraux rendus chauds par l'eau et l'excitation. Ses paumes vinrent passer sous les cuisses de la sorcière, les écartant sans ménagement. Il les redressa ensuite, de sorte à la remonter considérablement contre le mur et surtout à entourer ses propres hanches avec ses jambes bien dessinées. Leurs intimités étaient à présent complètement en contact, là où elles n'avaient fait que se frôler auparavant. La bouche dans son cou, il commença à la mordiller en simulant de longs coups de reins. Lorsqu'elle commença à gémir, il ricana contre sa peau.

Mienne.

Il n'attendit pas plus longtemps et laissa sa hampe la pénétrer jusqu'à la garde. Elle émit une sorte de longue plainte, mêlant des restes de petite douleur et surtout un plaisir indéniable. Son antre était bouillante, étroite : elle se resserrait d'autant plus autour de lui, le compressant à l'en faire jouir aussitôt. Il prit son temps pour se calmer, la laissant par la même occasion s'habituer à sa taille. Puis les va-et-vient commencèrent, tout en langueur.Hermione n'avait pas le moindre doute : ce n'était que le début et il allait fatalement accélérer. Elle n'était pas sûre de pouvoir se maintenir en place… Et elle avait bien raison, car ce qui n'était qu'au préalable de simples pénétrations devinrent rapidement des coups de butoir, et ses halètements se métamorphosèrent en gémissements aigus en un rien de temps.

Adieu langueur, adieu douceur : bonjour heurtoir en battements rapides. Il y allait plus que franchement, ne lui laissant aucun répit entre ses entrées et ses sorties et la plaquant au mur par courtes intermittences avec une régularité presque surnaturelle. C'était bestial et elle n'avait d'autre choix que de gémir, n'ayant plus assez d'idées en place pour se permettre de faire autre chose.

Complètement acculée contre le mur, elle reposa son front contre son épaule pour s'éviter de nouveaux chocs à l'arrière du crâne. Elle essayait tant bien que mal de prononcer son prénom pour le faire ralentir, mais cela ne faisait que rendre sa situation plus délectable aux oreilles du Serpentard. Ce dernier en profitait allègrement pour interrompre ses syllabes maladroites par de vigoureux coups de reins, l'empêchant par là de former des mots entiers.Ses bras tremblants étaient serrés autour de sa nuque et elle gémissait là, juste au bord de son oreille droite. C'était génial. Au-dessus de tout ce qu'il avait pu ressentir dans sa vie dans une partie de baise.

- Drago, l'interpella-t-elle entre deux gémissements, l'incitant à se calmer.

Lorsqu'il ralentit considérablement le rythme, elle crut honnêtement qu'il en avait fini avec cet assommoir. Elle esquissa donc un sourire de soulagement, même si une chaleur bienfaisante tendait à disparaitre de son ventre, la laissant un peu frustrée. Une seconde plus tard cependant, cette certitude fut détrompée et l'incendie se ralluma lorsqu'il recommença à la marteler en ricanant moitié de son propre coup de théâtre.

- Drago, rappela-t-elle à nouveau.

Il recula quelque peu, lâchant une de ses hanches, collant davantage son dos contre le mur pour la maintenir. Son bras vint aussitôt entourer sa nuque et il colla leurs deux fronts. Leurs lèvres s'attrapèrent presque aussitôt.

- Plus doucement ?, murmura-t-il, essoufflé contre sa bouche.

Elle hocha la tête en signe d'approbation.Les lèvres de Drago vinrent glisser près de son oreille et tandis que l'eau venait brouiller les gémissements qu'elle poussait, elle l'entendit lui murmurer des perversités qui la firent rougir encore davantage, pourtant déjà en plein effort.

- Putain, jura-t-il de plus belle en lui assénant un puissant coup de rein. Je vais te faire jouir tellement fort que tu ne sauras plus comment parler, Granger…

Elle n'avait pas suffisamment de souffle pour cela, mais un rire envahit sa poitrine à vitesse grand V. Peut-être avait-il raison : elle ne savait déjà même plus comment formuler des mots.

- … Je vais te faire jouir tellement fort que tu vas en perdre des neurones.

Encore une fois, elle ne put que gémir à sa remarque alors que le plaisir se mêlait à l'exaltation de ses plaisanteries graveleuses.

- … Je vais te faire jouir tellement fort que quand tes copines voudront te parler de leur meilleure baise, c'est cette histoire que tu leur raconteras encore et encore…

Cette fois-ci, Hermione trouva le moyen de pouffer de rire à travers ses gémissements. Et on aurait presque dit qu'elle pleurait tant elle avait du mal à reprendre son souffle. Il ne la soulagea pourtant pas le moindre du monde en soulevant encore davantage ses cuisses pour pénétrer plus profondément dans son intimité.

- Tu es dingue …, souffla-t-elle dans les aigus.

- Sûrement, mais t'aimes ça, répondit-il sur le même ton, lui aussi cherchant son souffle.

Le rythme s'accéléra davantage, si cela était encore humainement possible.

Il avait déjà oublié qu'elle lui avait demandé se reprendre son calme. Mais elle n'eut plus le temps d'y songer plus longtemps, car cette fois-ci, tout s'imposa comme une évidence. Il y eut divers éclairs : un dans son ventre, tétanisant le reste de son corps en resserrant diablement le muscle à l'intérieur de son aine, comprimant la virilité de Drago jusqu'à l'extrême ; une autre foudre traversa son tronc jusqu'à se perdre dans ses yeux, brouillant sa vue et le reste de ses sens pour la laisser sourde, aveugle et même muette d'hébétude pendant quelques secondes. Son visage, figé dans une sensation de plénitude, se crispa furieusement jusqu'à se détendre complètement. Sa gorge s'arracha un cri de plaisir terrible qui fut aussitôt entrecoupé par un murmure rauque de Drago, visiblement dans le même état qu'elle.S'installa un silence sourd pendant quelques instants, tandis que tous deux essayaient de reprendre leur souffle. Alors, c'était ça, un orgasme ?

- Je pourrais faire ça toute la nuit, confia Drago, la voix basse et entrecoupée par les halètements.

Hermione approuva silencieusement sans même s'en rendre compte. A ce stade, elle aurait dit oui à tout ce qu'il aurait pu lui annoncer. C'était dire dans quel état il parvenait à la mettre.Lentement, il laissa aller ses cuisses afin qu'elle repose les pieds à terre. L'eau coulait toujours sur eux, les sillonnant en courses de gouttes pressées. Hermione sentit ses jambes faiblir et elle manqua de tomber à terre, se raccrochant à ses épaules masculines en dernier recours.

- Olalala, commenta-t-elle sans pertinence.

Drago ricana.

- J'aurais dû te prévenir pour ça aussi… « Granger, je vais te faire jouir tellement fort que tu ne tiendras plus debout. »

Hermione leva les yeux au ciel, souriant à moitié, toujours perdue dans le plaisir qui quittait peu à peu son corps par vagues.

- Imbécile, dit-elle en rougissant tout de même.

- Tu as envie que je recommence ?, s'enquit-il en penchant ses lèvres vers les siennes.

Elle ne savait pas très bien. Et notamment parce qu'il brouillait la vérité dans sa phrase : était-ce une proposition perverse mais honnête, ou bien une menace déguisée en réponse à ce qu'elle venait de lui dire ?

- Euh…, murmura-t-elle sans la moindre contenance.

- Tu hésites, hein ?, se moqua-t-il. C'est bon, mais ça secoue un peu trop… ?

Hermione vira cramoisie. Il avait une manière de dire les choses, franchement !N'attendant pas la moindre réponse à sa question rhétorique, Drago plongea sa main entre ses cuisses et la caressa sans porter d'attention à sa mine outrée.

- Je n'ai pas vraiment pu me retenir, dit-il soudain en sentant ses doigts glisser facilement dans la moiteur caractéristique qu'il avait laissé derrière lui.

- Ce n'est pas grave. On ne risque rien, le rassura Hermione.

Drago arbora un sourire sournois.

- Il ne manquerait plus qu'un autre Malefoy vienne emmerder la Granger. Un petit Malefoy.

- Un tout petit Malefoy, renchérit-elle, à moitié amusée et attendrie par l'idée. Aussi insupportable que son géniteur, j'en suis sûre.

Le blond se pencha une nouvelle fois vers elle et l'embrassa.Ils finirent par réellement se laver, Hermione partant dans de furieuses crises de fou rire lorsqu'il entreprenait de chatouiller plus que nécessaire, s'embrassant à en perdre le nord, se caressant mutuellement à s'en faire fondre les doigts…Lorsqu'ils eurent fini de se sécher, ils allèrent s'installer dans le lit. Drago la serra contre lui avant d'enfouir son nez dans ses cheveux à présent secs mais en fouillis complet.

- Bon… Tu es pardonnée, finit-il par murmurer la voix un peu endormie.

- C'est trop d'honneur, ironisa-t-elle en lui donnant une légère pichenette sur le nez.

Il protesta dans un grognement rauque et enfouit davantage son visage dans sa chevelure.

- Je ne sais toujours pas pourquoi j'avais besoin de l'être, mais c'est très aimable de ta part…, ajouta-t-elle sans perdre son ton moqueur.

- Il n'avait qu'à pas te regarder, asserta-t-il dans un marmonnement inaudible.

- C'est moi qui suis punie, quand des gars me regardent et que ça ne te plait pas ?

- C'est soit ça, soit je les assassine et je planque leurs cadavres dans la forêt interdite, souffla-t-il nonchalament.

Effectivement…

- A côté de ça, on peut dire que tu as droit à un traitement de faveur, précisa-t-il en baillant à moitié.

- Tu parles…, s'amusa-t-elle. Et qu'est-ce qui se passe si c'est moi qui regarde d'autres hommes ? Ce sont eux qui auront le droit à ton traitement de faveur ?

Rien qu'imaginer Drago en train de déshabiller Ivrian la fit pouffer de rire : cela ne sembla pas trop plaire au Serpentard qui resserra son emprise sur elle et colla ses lèvres à son oreille.

- Pourquoi irais-tu regarder un autre homme ? Ils ne m'arrivent pas à la cheville.

Elle ne répondit pas tout de suite, préférant largement profiter du pouvoir qu'elle détenait sur lui à cet instant.

- Mouais…

Il se redressa, comme vivement insulté.

- Comment ça, « mouais »… ?

- Mouais, répéta-t-elle en haussant les épaules, fermant les yeux comme pour dormir.

- J'exige des explications.

- Je ne vois pas pourquoi tu aurais le droit d'aller voir ailleurs et pas moi.

Perplexe, Drago secoua la tête en signe de dénégation.

- Qu'est-ce que tu racontes encore… ?

- Ah, c'est comme ça, c'est tout ! Tu n'as pas ton mot à dire !, clama-t-elle avec le plus grand sérieux.

Allait-il finir par s'apercevoir qu'elle le charriait ? Ce n'était pas sûr.

- Je ne vais jamais voir ailleurs, annonça-t-il froidement.

- Ah non ?

- C'est vrai, confirma-t-il. C'est juste que j'enchaine les filles très rapidement, mais ce n'est jamais en même temps, je le jure.

Hermione pouffa : il se jouait d'elle, lui-aussi. Et dire qu'elle croyait l'avoir fait tomber dans le panneau. Duper un Malefoy n'était pas aussi aisé qu'elle se l'était imaginé.

- Ah, et qui est ta prochaine proie ?, rentra-t-elle dans son jeu.

- Mystère. Dors maintenant. Si tu continues à me parler, tu vas me réveiller pour de bon. Et si tu me réveilles, ça va barder pour ton matricule.

Un vrai gamin.

Elle s'endormit, tout comme lui, un sourire aux lèvres.

Un petit déjeuner d'avril, tout à fait banal.

Hermione touillait son thé sans vraiment y faire attention, les yeux sillonnant les lignes d'un énorme ouvrage posé sur la table de bois verni. Ron, de son côté, levait quelquefois les yeux vers elle, toujours aussi dérouté par ses lubies de première de la classe malgré leurs longues années d'amitié. Après avoir porté son verre de jus de citrouille à sa bouche, en avoir pris une longue gorgée pour faire passer le gros morceau de pain de campagne tout juste avalé, le Weasley se résolut à prendre la parole.

- Hermione, il est huit heures du matin..., signala-t-il comme s'il s'agissait d'un détail que seule Hermione Granger aurait pu omettre.

- Je te remercie de faire partager ta perspicacité sans faille, Ron, dit-elle simplement sans même déporter son regard des épais paragraphes calligraphiés.

- On peut savoir ce que tu lis, au moins ?, s'enquit le roux en mâchonnant un morceau de bacon bien grillé.

- La Sigillographie Sorcière au XVème siècle (12), répondit-elle, grattant nerveusement le haut de son arrête nasale.

Ron hésita pendant quelques secondes à lui demander ce que pouvait bien signifier un tel charabia et quelles genres d'atrocités intellectuelles se dissimulaient dans ce titre, mais il y renonça, préférant se resservir en marmelade. Hermione finit par lever le nez de ses pages parcheminées et balaya la table des Gryffondors de son regard aiguisé.

- Où est Harry ?, demanda-t-elle soudainement.

Le Weasley esquissa une grimace.

- Je crois qu'il est allé rendre visite à Dumbledore... Sa...

Ron chatouilla son front pâle de son index maladroit.

- Cicatrice, chuchota-t-il. Elle recommence à lui faire mal...

La préfète en chef arbora une mine sévère et referma son grimoire dans geste sec.

- Et c'est maintenant que tu le dis ? Et pourquoi vous ne m'en avez pas parlé avant ?

- Ben... Il faut dire que l'on ne te voit plus trop, ces derniers jours..., marmonna Ron en reposant ses couverts. Comme d'habitude, tu dois être paumée dans tes révisions.

Hermione rougit furieusement et baissa les yeux vers son assiette. En vérité, ce qui l'avait occupée la semaine passée n'avait strictement rien à voir avec les cours. Heureusement, il n'en savait rien et d'ailleurs, il était préférable que ce soit l'une des choses qu'il n'apprenne jamais. Même elle, elle n'en revenait pas. Cela faisait tout juste six jours qu'elle et Drago avait commis ce qu'elle se surprenait parfois à appeler "l'irréparable". Elle ne regrettait pas le nouveau tournant que prenait leur relation, mais il fallait tout de même admettre que c'était quelque chose qu'ils n'avaient pas prévu. Ce qui commençait à la gêner, au-delà de tout ça, c'était le fait qu'ils n'en aient pas encore discuté. Oui, voilà, ils faisaient la bête à deux dos à tout va, mais dès qu'il s'agissait d'aborder sérieusement le sujet, il n'y avait plus personne. Or une conversation s'imposait, c'était clair.

La Gryffondor ne savait plus exactement à quoi s'attendre avec tout cela. Drago était... Comment même le décrire ? Mystère. Et quand elle essayait de lui associer des adjectifs, elle tombait irrémédiablement sur ceux qu'elle lui aurait déjà attribué auparavant : fait qui ne lui plaisait pas le moins du monde... Joueur, dominateur, parfois virulent et froid. Possessif, moqueur, toujours sadique à certains moments. Certes, elle le voyait souvent se perdre dans d'intenses regards... Mais tant qu'ils ne mettaient pas un nom sur ce qui les liaient, ce détail ne changeait rien au fait qu'il n'avait fait aucun engagement. Leur relation restait tout aussi bancale qu'auparavant et finalement au point mort. A la seule et minuscule différence qu'elle lui avait cédé sa virginité... Ah, et qu'ils dormaient ensemble, aussi.

Bon sang.

Machinalement, la jeune sorcière vint lever les yeux pour regarder la table des Serpentards. Il était là, face à Blaise Zabini, tous deux un peu à l'écart des autres septième-année de leur maison. Légèrement penché sur la table, le menton nonchalamment posé sur sa paume, Drago semblait raconter une histoire vraisemblablement anecdotique à son ami de toujours. Lorsqu'il surprit son regard, il dévia le sien pour le plonger dans ses yeux chocolat. Elle se sentit rougir aussitôt et se détourna vers Ron à nouveau.

- Elle est dingue de moi.

Blaise arbora un sourire exaspéré.

- Franchement, j'hallucine, murmura ce dernier. Sérieusement, où ça va te mener, tout ça ?

Drago reporta son regard sur son meilleur ami en fronçant les sourcils.

- De quoi tu parles ?

- Coucher avec Granger, argua simplement Blaise en prenant garde à ne pas être entendu.

- Un peu d'exercice physique te tient en forme, mon brave Zabini, ironisa Malefoy avec un sourire narquois.

L'Afro-Britannique soupira lourdement et porta sa tasse de café à ses lèvres.

- Je suis désolé d'être celui qui te le rappelle, mais s'envoyer une sang-de-bourbe n'est pas censé être le passe-temps favori d'un mangemort.

Blaise sut qu'il aurait dû se taire lorsqu'il remonta les yeux vers ceux de Drago. Vu son expression peu amène, il était dans de beaux draps.

- Je fais ce qu'il me plait, Zabini, cingla froidement le blond.

- Tu n'as pas peur que des gens l'apprennent ?, persévéra Blaise, décidé à s'enfoncer jusqu'au bout dans les problèmes quitte à ouvrir les yeux de son meilleur pote.

- Personne n'apprendra jamais rien, surtout si tu commences par fermer ta gueule.

Il était glacial.

- Ca se saura forcément. Ca se sait toujours, ce genre de trucs..., asserta le brun en esquivant tout contact visuel.

- Et alors ? Au pire quoi... ?, s'enquit Drago, les yeux un peu fous.

- Au pire, tu crèves, tes parents aussi... Elle aussi... Probablement.

Au lieu de lui envoyer son poing dans la figure, Drago passa nerveusement ses mains dans ses cheveux, les ébouriffant plus que nécessaire. Blaise, pourtant résigné à se prendre un coup, s'étonna d'une telle réaction.

- Ce n'est que de la baise, lança finalement le blond en se reculant sur le banc.

Mais bien sûr.

- Personne ne va me blâmer pour avoir baisé une sang-de-bourbe. Ce n'est même pas une première, si j'y réfléchis. Ce n'est que de la baise, répéta-t-il, comme pour s'en convaincre lui-même.

Le dégout qui avait envahi le visage de Drago à la mention de son ancienne insulte préférée troubla fortement Blaise. Certes, il savait que son meilleur ami ressentait plus que de l'attirance physique pour Granger, et certes, il savait aussi que malgré ses toutes dernières allégations, il était plus que transporté d'avoir des relations charnelles avec elle... Mais malgré tout... Il ne semblait pas s'offusquer de son futur chemin de mangemort. Ces deux perspectives n'étaient pourtant pas conciliables : il espérait que Drago s'en rende compte.En toute franchise, Blaise aurait préféré qu'il abandonne toute idée de relation avec la Gryffondor et qu'il suive sa route toute tracée : au moins, il serait à l'abri sur ce plan là et elle aussi. Mais c'était bien trop simple, et Drago ne l'était jamais.

- Et s'ils la blâment, elle... ?, s'enquit soudainement Blaise, en y voyant la dernière solution pour le pousser dans ses retranchements.

Drago plongea ses yeux mercure dans les siens, sans rien répondre. Peut-être ne s'en rendait-il pas compte, mais son regard parlait pour lui.

- T'es amoureux d'elle..., murmura-t-il finalement.

Drago se redressa sur le banc, les yeux plus glacés qu'à leurs hivers les plus froids.

- Et quand bien même ce serait le cas ? Tu ferais quoi ?, admit-il purement et simplement.

- Rien, répondit calmement Blaise. Je ne serais pas non plus spécialement étonné, fit-il remarquer.

L'expression de Malefoy sembla s'apaiser de manière infime, laissant place à une vive perplexité sur son visage glacial.

- ... Je te vois la regarder depuis la première année. Au début, ça ne ressemblait qu'à de la haine, puis ensuite, à de la haine curieuse. Et après, de la fascination. Malsaine, certes, mais de la fascination quand même. Et cette année... Je sais pas... Tu as changé.

Le blond ne dit mot, préférant garder le silence pour écouter ce que son meilleur ami avait à lui révéler sur son propre cas.

- Tu ne m'en as jamais rien dit, mais je savais que ça te travaillait souvent. Surtout depuis le milieu de la quatrième année.

- Depuis la quatrième année ? Tu débloques, Zabini, ironisa Drago.

- Pas vraiment, non, contra le brun.

Blaise porta une nouvelle fois sa tasse à ses lèvres pour en avaler le reste du contenu.

- Au bal, pour le tournoi des trois sorciers, tu l'as tellement bouffée des yeux que j'ai attendu toute la soirée de la voir brusquement prendre feu.

Drago fronça les sourcils : vraisemblablement, il ne savait pas du tout de quoi il parlait. Cela ne surprit Blaise qu'à moitié. Il s'était toujours voilé la face après tout.

- Personne ne te blâmera, Merlin seul sait si Granger était bonne ce soir là.

Le blond lui jeta un regard d'avertissement. Blaise esquissa un rictus et leva le menton d'un air provocateur.

- Tu vois ? Au quart de tour. Comme un gamin qui a peur qu'on lui pique son jouet.

- Tu ne fais que débiter des conneries.

- Je ne crois pas, non, contesta une nouvelle fois Blaise.

Malefoy vint à nouveau passer sa paume dans ses cheveux, mais cette fois-ci, il la déposa négligemment derrière sa nuque. Blaise connaissait cette posture pour l'avoir vue une ou deux fois : il se sentait attaqué et faible. Et il détestait ça. Cela ne faisait que confirmer tous ses propos, ce qui l'encouragea donc à continuer sur sa lancée.

- C'était la première fois que tu voyais un homme poser ses mains sur elle, tout simplement, murmura le brun. Et ça te rendait malade.

Peut-être aurait-il dû s'arrêter ? Mais le plaisir de parvenir pour une fois à le faire plier devant son discours ne l'incita pas le moins du monde à se taire, quand bien même la mâchoire de Drago s'était dangereusement contractée.

- En cinquième année, quand tu as remarqué que Weasley faisait de légères tentatives pour se rapprocher d'elle, tu as redoublé dans ton agressivité à son encontre. Et pour faire bonne mesure, à son encontre à elle aussi. Même Potter te rendait plus fou que d'habitude : c'était de la savoir constamment entourée d'autres hommes qui te faisait perdre la tête. En plus, le régime despotique d'Ombrage te facilitait la tâche : tu pouvais les suivre sans être soupçonné de quoi que ce soit d'autre que tes manœuvres habituelles.

- T'étais là aussi, je te signale, nota Drago en arborant une indifférence tout à fait fausse.

- C'est pour ça que je sais de quoi je parle, éluda rapidement Blaise. La sixième année, tu l'as savourée. Weasley qui sort avec Brown, et Granger qui n'apparait plus en public sans le fusiller du regard, les yeux rouges... C'était juste délicieux à tes yeux. Je crois que c'est là que tu as basculé : tu la regardais tout le temps, sans craindre une seule seconde d'être surpris pour la bonne et simple raison que les Gryffondors ne faisaient plus gaffe à nous. Et l'apogée est arrivée quand tu as appris qu'elle serait préfète-en-chef et toi aussi... Je me souviens du moment où Rogue t'en a parlé... La tête que tu tirais. T'étais au paradis.

- Ca suffit, le coupa froidement Drago en détournant le regard.

Blaise s'interrompit, sans regrets. Il avait fini, de toute manière.

- Tu n'as jamais évoqué tout ça, auparavant..., fit remarquer le blond dans un murmure détaché.

- Tu m'aurais arraché la tête..., se justifia Zabini.

Drago plongea ses yeux réfrigérants dans les siens.

- Qu'est-ce qui t'a laissé croire que je ne vais pas le faire, maintenant ?

- Tu as besoin de mon aide.

Le blond laissa échapper un ricanement ouvertement dédaigneux. Blaise ne s'en formalisa pas : il était comme ça.

- Je n'ai besoin de l'aide de personne, Zabini.

- Il va falloir que tu te décides bientôt, Drago. Les gens parlent. Il est sur le point de nous rappeler.

Le "nous" n'était là que pour la décoration : Blaise ne s'était jamais engagé dans de telles sornettes et il n'était pas près de le faire. Toutes ces idéologies ne l'intéressaient pas le moins du monde, et sa mère ne l'avait jamais guidé dans cette voie là non plus, à vrai dire.

- Je sais que tu ne partiras pas avec elle, murmura soudain l'Afro-Britannique.

Drago porta sa paume jusqu'à sa bouche, triturant machinalement son menton entre ses doigts.

- Je sais aussi que tu voudrais que quelqu'un la protège. Alors je ferais de mon mieux, dit-il simplement.

- Tu ne pourras bientôt plus tenir cette parole, Blaise. Si je pars, elle s'en ira aussi de son côté. Et quoi qu'il arrive, on se retrouvera sur le champ-de-bataille.

Le brun esquissa une mine dépitée.

- Tout est une question de choix..., finit-il par dire, sans plus de précision.

La clameur qui s'éleva dans la grande-salle vint interrompre le silence pesant s'étant installé entre eux : il fallait se rendre en cours.

(1) Vulnera Sanentur :sort utilisé pour soigner les blessures allant des coupures mineures aux profondes entailles. L'incantation, qui sonne "presque comme une chanson" doit être répétée trois fois pour avoir le maximum d'effets. La première fois qu'elle est prononcée, le flux du sang diminue la seconde fois, les plaies se referment et la troisième fois, elle fait quasiment disparaitre la plupart des cicatrices visibles. La victime devra encore suivre un traitement médical, mais si l'essence de Dictame est appliquée rapidement, les cicatrices pourront être évitées. (Wiki Harry Potter ©)

(2) Episkey : sortilège permettant de soigner des blessures mineures. (Wiki Harry Potter ©)

(3) Anapneo : sortilège qui libère la trachée de la cible si elle est bloquée. (Encyclopédie Harry Potter ©)

(4) Ferula : sort qui fait apparaître une attelle. (Encyclopédie Harry Potter ©)

(5) Enervatum : sort pour rendre à la vie une personne stupéfixiée ou entravée. (Encyclopédie Harry Potter ©)

(6) Parade : geste de baguette qui bloque un sortilège ou un maléfice (Rowling )

(7) (8) (9) Ces écoles, sauf Beauxbâtons (obviously), sortent tout droit de mon imagination. Prière de demander si désir d'utilisation.- Vinden Blåser : Grenier Venteux (SUEDE)- Las Aldeas : Les Hameaux (ESPAGNE)- Zufluchtsort Blau : Les Havres Bleus (ALLEMAGNE)Je ne suis pas quadrilingue, ce sont des traductions tout à fait approximatives, aidées par des dictionnaires lexilogos en ligne.

(10) Organisation de mon invention : une espèce d'Ordre du Phénix Suédois, très mobilisé pour venir en aide à la Finlande. (Madelight )

(11) Océanite – Pétrel-Tempête : L'Océanite tempête, aussi appelé Pétrel tempête est une espèce d'oiseau de mer de la famille des Hydrobatidae. Cet oiseau pélagique est le plus petit des oiseaux de mer d'Europe, où il est protégé. Extrêmement discret, il est de mœurs exclusivement nocturnes sur les lieux de reproduction et est rarement visible de la côte, sauf à l'occasion des tempêtes les plus violentes. Il est en revanche bien connu des pêcheurs puisqu'il suit souvent les navires en haute mer, volant au ras des vagues, et donnant parfois l'impression qu'il court sur la surface de l'eau. (Wikipédia ©)

(12) Sigillographie : étude des sceaux. L'ouvrage que lit Hermione est de mon invention. (Wikipédia © & Madelight )

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