My Dear Sadistic Highness

Chapitre V

I built my life on a rigid frame,So nothing bends it only breaks into pieces and pieces.I waited for a hope to arrive but it never came,Leaving me with only pain inside.I'm going off the deep end.Holding on is harder than it seems,When you're reaching for so much more.Seems so much easier to just give in…When you're reaching for so much more.

[…]

The Deep End – Crossfade

Mensonges sur mensonges. Je ne vois même pas comment tout ça s'est produit. Je ne sais pas quoi en penser. Je préfère ne rien en penser du tout d'ailleurs. Quand j'y repense, ça n'a aucun sens. Alors n'y pensons pas. N'y pensons plus. Je reste avec elle : je suis bien, avec elle. Et les autres semblent apaisés, alors ne cherchons plus la guerre, là où les vraies horreurs se sont désormais achevées au profit de jours plus beaux.

W.B

Chapitre V

(Jeudi 29 Décembre)

Elle avait complètement oublié d'y songer. D'ailleurs, il ne le lui avait pas rappelé. Comment aurait-elle pu y penser, en fait ? Avec tout ce qui lui arrivait… Avec tout ce qu'il lui faisait subir.

En tout cas, ils avaient oublié et étaient de ce fait dans une belle mouise de dragon. Le bal était dans deux jours et rien n'était prêt. Rien.

Non seulement ils n'avaient rien prévu en terme d'organisation, mais en plus le thème n'était même pas décidé. Pire que tout, elle ne s'était pas encore réellement préparée psychologiquement à être la cavalière de Drago Malefoy. Pourtant, les faits étaient là : elle devait inaugurer la cérémonie avec lui. Rien de plus, rien de moins, pensa-t-elle sans y croire.

A l'en écouter, il n'avait pas été très enclin à ce qu'elle lui fausse compagnie. De plus, si elle flirtait encore une fois avec Liam, il aurait tôt fait de la coincer dans un coin et de lui infliger une punition exemplaire… Pourtant, n'était-ce pas ce qu'il fallait ? N'en avait-elle pas conclu, finalement, que la meilleure manière de s'en sortir était de l'énerver ? Car le pousser dans ses retranchements, le surprendre, lui répondre, alors qu'elle avait toujours cru en payer d'autant plus les pots cassés, s'était révélé être une solution optimale. Il détestait qu'on le prenne à revers, qu'on le mette devant le fait accompli. Il détestait tout ce qui échappait à son contrôle, ce qui était susceptible de perturber sa petite vie parfaite. Heureusement et malheureusement, elle était la personne la plus désignée pour le placer dans ce genre de situations…

Il l'avait bien cherché, dans un sens. Il n'avait fait que ça. La provoquer, l'insulter, lui faire mal au plus fort du mot. Et si Hermione avait toujours été une fille dirigée par sa conscience, sa raison et autrement par ses scrupules, elle ne voyait vraiment pas pourquoi elle aurait dû se retenir de faire de sa vie un enfer.

Un enfer, voilà un bien grand mot, se disait-elle encore. Elle doutait très fortement de sa capacité à lui rendre la vie impossible mais le confronter à des heurts inhabituels et désagréables, voilà qui constituait déjà le début d'une défense… D'une attaque. D'une revanche, si moindre soit-elle.

Et c'était très agréable. Oui, c'était fichtrement agréable que de se dire qu'en faisant ce qui lui plaisait, à savoir rechercher la compagnie de Liam, elle était certaine d'user les nerfs du Serpentard.

Avant tout ? Il lui fallait décider d'un thème : en aucun cas il n'avait prévu de l'aider, elle en était sûre. Et de toute manière, elle n'avait vraiment pas envie de solliciter son aide –ce qui aurait tout d'abord nécessité sa présence, quelle horreur !-.

Elle songea au bal de quatrième année. Un peu rêveuse, elle se laissa aller aux doux souvenirs d'une époque bien plus paisible. Le charme de Viktor Krum, la jalousie de Ron, les problèmes amoureux de Harry qui commençaient… Finalement, c'est ainsi que tout avait dérapé… Elle s'empêcha alors d'y réfléchir davantage. Pas besoin de se flageller mentalement… Un certain blond s'en amusait déjà bien assez.

Toujours-était-il que le bal avait été une réussite à tous les autres points de vue. La décoration, le thème, l'organisation… Tout avait été rondement mené. Le thème de l'union magique était décidément intemporel : même si cette fois-là, il avait été choisi de prévaloir les relations entre les différentes écoles de magie, elle pouvait très bien choisir pour ce bal les relations entre les maisons. Très conflictuelles, et pourtant propres à l'esprit de Poudlard, elles étaient un thème primordial qui animait la vie de tout élève, quel qu'il soit. La rivalité entre Gryffondor et Serpentard était évidemment le facteur le plus terrible et le plus stimulant de l'histoire de l'école, et transparaissait de manière implacable. Mais en plus, et Hermione en était sûre, Malefoy enragerait littéralement face à un thème comme celui-ci. Il le trouverait niais, pathétique et surtout, complètement opposé à ses croyances et idéaux. Parfait, songea-t-elle. Elle partait déjà sur de bonnes bases puisqu'elle était sûre de pouvoir au moins l'irriter.

L'amitié Serdaigle, Poufsouffle devait également être traitée. Il était très étonnant de voir à quel point les maisons suivaient l'ordre des choses. En effet, très bons amis, Gryffondor et Serpentard avaient fini ennemis jurés, tandis que Helga Poufsouffle et Rowena Serdaigle étaient restées, en dépit de leurs différences, d'excellentes comparses. Les relations entre Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle étaient également assez bonnes amies, même si perdurait la rivalité qu'engendrait l'émulation. Après tout, le corps professoral n'avait jamais aboli la tradition ancestrale qu'était la compétition entre les quatre maisonnées, et ce pour une bonne raison : la stimulation des élèves. La plupart du temps, et bien évidemment davantage en temps de paix, la compétition se révélait assez saine et excitante. Les élèves étaient soudés et il n'y avait nul doute sur le fait que faire perdre des points à sa maison était vu comme un signe d'égoïsme flagrant.

Si chacune des maisons avait sa qualité pour gagner des points, chacune avait ses défauts à lui en faire perdre. Si la ruse de Serpentard, l'audace de Gryffondor, l'intelligence de Serdaigle et la patiente détermination de Poufsouffle faisaient leur célébrité, leur manque de courage, de discernement, leur trop-plein d'assurance, ou encore leur manque de concentration, étaient leurs tares respectives.

Un élève qui faisait avancer sa maison devenait vite populaire, décourageant alors très vite les petits-malins ou les beaux-parleurs qui lui en faisaient perdre avec leur manque d'assiduité ou leur insolence…

Toutefois, si une maison était aux prises avec les trois autres, on aurait pu dire qu'il s'agissait de Serpentard. Là où les maisons étaient là pour gagner des points de manière plutôt honnête, les serpents avaient tôt fait de gagner les leurs malicieusement. Le profit ne se faisait pas qu'au gain : en effet, faire perdre des points à une maison voisine était leur passe-temps favori et se révélait une technique assez efficace pour passer devant n'importe laquelle de ces dernières. Pire ou mieux encore, les retourner les unes contre les autres. Les persiflages, les rumeurs, tout était bon pour incriminer quelques élèves et propager une dispute qui concernerait deux maisons. Les Serpentards étaient tout simplement excellents à ces jeux là.

C'est pourquoi Hermione trancha définitivement sur le thème suivant : les quatre maisons de Poudlard. On aurait pu penser que son idée était banale, vue et revue… Mais elle avait une petite idée sournoise derrière la tête : obliger chacun des élèves à inviter un partenaire d'une autre maison… Auquel cas, des points se verraient retirés au dit élève et par conséquent à sa maison.

Machiavélique, se dit-elle.

Ainsi, elle pourrait danser par la suite sans problème avec Liam puisqu'il était Serdaigle. Enfin, et voilà qui était le plus beau, Ron devrait inviter une autre gourde que Lavande Brown, et ça, c'était magnifique.

Elle savait qu'elle causait moins de tort à sa propre maison et aux deux autres, qu'à la maison Serpentard. Pourquoi cela ? Pour la bonne et simple raison qu'ils auraient bien du mal à se faire inviter par des membres d'autres maisons et réciproquement qu'ils auraient bien du mal à réussir à les inviter eux-mêmes. Bien que cette maisonnée ne concentrât pas les éléments les plus laids de Poudlard –au contraire, d'ailleurs… à croire que la propension à être vicieux dépendait nettement de l'aspect physique…-, ils étaient assez détestés pour que cela suffise.

Même si on pouvait penser qu'il s'agissait d'une tentative pour les exclure davantage, il fallait voir plus loin que le bout de son nez et comprendre que jamais Hermione Granger n'aurait voulu perpétrer des préjugés. Au contraire, elle voyait là une occasion parfaite de chambouler l'ordre établi. Qui plus est, en instaurant un système d'invitation et non pas de distribution de partenaires, elle s'assurait que les invitations se fassent du propre fait des élèves.

Parfait.

Drago serait furieux, dans tous les sens du terme.

Une autre contrainte, assez formidable, serait de recommander à tous les élèves de choisir une tenue selon la maison de leur partenaire. Elle y réfléchit quelques minutes et se rendit compte de la faille de son plan. Des garçons en costumes rouges ? Verts ? Jaunes ? Quelle horreur ! Certainement pas.

Elle gloussa, s'imaginant la figure de certains élèves, horrifiés par le déroulement des événements. Et Luna Lovegood, dans son élément, tournoyant joyeusement dans la salle en chantonnant. Hermione pouffa.

Non, il fallait que ce soit juste les filles. Heureusement, les sorts pour changer les vêtements de couleur étaient assez faciles à réaliser, seulement il fallait qu'elle placarde cette affiche partout dans l'école. Les élèves revenaient le lendemain : ils n'auraient qu'un jour pour décider de leurs partenaires. Autant dire que cela n'allait pas être une mince affaire. Heureusement, le bal ne concernait que les cinquièmes, sixièmes et septièmes années.

Elle se saisit donc d'un parchemin et d'une plume en vue de faire une lettre modèle.

« Chers élèves de cinquième, sixième ou septième année

Vous êtes tous conviés au bal de nouvelle année qui aura lieu le samedi 31 décembre de 21h à 2h du matin.

Le thème de ce bal s'intitule « Méli-maisons ».

Hermione s'interrompit. Le nom était un peu… Enfin bon, elle n'avait plus vraiment le temps de s'attarder sur ce genre de détails.

Les consignes sont les suivantes : vous devrez inviter un partenaire d'une autre maison que la votre et, il est demandé aux filles de s'habiller aux couleurs de la maison de leur cavalier. Pour une raison de justice évidente, il sera également demandé au garçon de porter un élément de la couleur de la maison de sa cavalière.

Si ces dernières règles ne sont pas respectées, des points seront retirés aux étudiants concernés et par conséquent à leur maison. Voire, l'accès à la salle de bal pourra leur être refusé.

Toute absence au bal, sans justification valable, décomptera également des points aux élèves intéressés. Ce bal est préparé dans un esprit d'union et de partage, et dans l'optique difficile et pourtant idéale de faire plaisir aux écoliers : il serait donc très malvenu de voir des élèves ne pas s'y rendre en raison d'x caprice.

Dernières notes : le bal est évidemment un événement habillé –les filles doivent se présenter en robes et les garçons en robes de soirées-.

Les alcools forts ne sont pas les bienvenus, ainsi que tout objet explosif provenant de la boutique des frères Weasley, ou contraire au règlement –voir liste de Mr. Argus Rusard-.

Cordialement,

Les préfets en chef et le corps professoral de Poudlard. »

Hermione se dépêcha d'aller présenter son idée aux professeurs présents, qui agréèrent sans sourires ni grimaces. Elle lança alors un sort sur la pile de lettres –qu'elle avait multipliées en se servant du modèle- afin que ces dernières aillent se placarder d'elles-mêmes sur tous les murs du château.

Enfin, elle finit par rentrer dans sa salle commune prendre ses affaires, il fallait qu'elle se rende à Pré-au-Lard en toute urgence pour acheter une robe.

Décidément, cela ne lui arrivait jamais de s'y prendre à la dernière minute et elle savait bien pourquoi : elle avait horreur de devoir se presser pour faire quelque chose. Tout en cavalant sur le chemin vers le village, elle imagina la réaction de Malefoy à la vue de l'affiche. Merlin, il va hurler…, se dit-elle.

Pourtant, son cœur n'en était que plus léger : pour une fois, elle retrouvait du poil de la bête. Car si Hermione aimait faire quelque chose, c'était bien organiser, ordonner, harmoniser. Et prévoir un événement d'une telle ampleur en seulement quelques heures, il n'y avait qu'elle pour arriver à un résultat aussi probant.

Elle pénétra dans le village, ralentissant progressivement sa marche. C'est à ce moment précis qu'elle regrettait de n'avoir aucun ami. Et plus particulièrement, aucune amie. Car elle, Hermione Granger, allait vraisemblablement devoir chercher une robe… Quoi de plus suicidaire ? Si seulement Ginny était là… Mais dans un sens, elle était bien heureuse que la rousse soit rentrée au terrier pour Noël. D'abord parce qu'elle voulait qu'Harry se rende compte à quel point la Weasley valait bien mieux que Chang et ensuite parce qu'elle était la seule à pouvoir convaincre Ron de sa stupidité. Bref, Ginny Weasley avait fort à faire ailleurs et n'avait pas vraiment le temps de se préoccuper des histoires de chiffes d'Hermione Granger. D'ailleurs, quelles histoires de chiffes ? Il lui suffisait de trouver une robe un peu habillée, si possible la moins chère possible… Elle l'arrangerait tant qu'elle le pourrait et puis ce serait tout.

Ce n'était pas en une nuit qu'elle s'était reconvertie en reine de la nuit. Hermione eut un sourire à cette pensée. Pourtant, il était clair qu'elle aurait bien aimé plaire à Liam… Elle aurait aimé voir sur son visage une expression comme émerveillée. Ou au moins subjuguée. Mais quelle fille, quelle femme ne rêve-t-elle pas d'un tel regard ? Des yeux qui s'écarquillent devant la splendeur de l'être aimé…

Je m'emporte, se rappela-t-elle à l'ordre en rougissant.

Mais… Et Malefoy ? Comment la trouverait-il ? Laide, probablement, comme toujours. Ce n'était pas important, évidemment, pourtant comme à chaque fois qu'elle songeait à ce genre d'idées, son cœur se serra.

Elle continua sa marche dans les rues enneigées de Pré-au-Lard, s'aventurant au gré de ses yeux près des vitrines des magasins de vêtements, peu intéressée véritablement. Elle s'arrêta finalement devant un magasin. Ensorcelants.

La boutique portait bien son nom les tenues semblaient vraiment d'une qualité rare. Le prix devait être terrible, mais au moins, c'était un bon début elle pouvait essayer de s'inspirer des modèles qu'elle y verrait. C'est ainsi qu'elle s'approcha davantage d'une des devantures. Elle s'arrêta devant la vitrine, l'œil soudainement attiré par une robe… Le mannequin donnait presque l'impression d'être une personne réelle. Une personne à qui la robe allait comme un gant…

Elle était carmin et noir, moirée aux doux reflets céladon… au-delà des longues manches en dentelle noire et fine, de larges bretelles bordaient les épaules, les dénudant et laissant une vue sur la gorge et le décolleté. Un bustier médiéval rehaussait parfaitement la taille et la poitrine du mannequin qui le portait. Nouant le corset, de doux rubans prolongeaient la longueur de la robe jusqu'au plus haut des cuisses, et se rejoignaient en une seule ganse longiligne, parcourant le reste du jupon. La robe était aérienne, et élégante aux yeux d'Hermione, car authentique… Une belle silhouette glissée dedans aurait été ravissante…

Si Hermione avait beau trouver l'habit sublime, elle n'aurait jamais pu enfiler pareille merveille. D'abord parce qu'elle n'avait pas le physique adapté et ensuite parce qu'elle en avait pas l'occasion.

Le bal lui revint droit en pleine face. Imbécile, pourquoi cherches-tu une robe, d'après-toi ?

Oui, mais non. La robe devait couter une fortune… Elle pencha la tête vers la vitrine pour apercevoir le prix… « Prix sur demande »…

- Oulalalala…, murmura-t-elle pour elle-même.

Elle entra dans la boutique, sans trop savoir pourquoi… Essayant d'évacuer l'image féérique de l'habit qui trottait dans son esprit. C'est alors que la Gryffondor s'aperçut de la présence de Parvati Patil. La jeune indienne essayait une robe bleue pâle : elle l'entrevit dans le miroir alors qu'elle contemplait son image.

- Hermione ? Je ne croyais pas que tu rentrerais quand je t'ai vue devant… Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Je n'en sais rien moi-même…, articula-t-elle d'une voix morne.

- Que penses-tu de cette robe ?, s'enquit aussitôt Parvati en faisant voleter le bas de sa tenue dans un mouvement élégant.

Elle était très jolie, il fallait le reconnaitre.

- Tu es très belle, assura Hermione.

- Oh… Merci beaucoup…

La jeune fille hâlée se retourna alors, fixant Hermione.

- Et toi, tu ne prends rien ?

- Tu vas au bal avec un Serdaigle ?, esquiva Hermione.

- Non, j'y vais avec Tom Spencer de Poufsouffle…, répondit Parvati, très fière.

- Tu devras donc changer la couleur de ta robe…

Parvati fronça les sourcils.

- De quoi parles-tu ?

Hermione lui expliqua les consignes du bal. Curieusement, Parvati qui au début n'avait pas semblé très emballée, arbora un sourire radieux.

- Quelle idée formidable ! En plus le jaune me va comme un gant !

Hermione esquissa un sourire forcé.

- Et donc… Drago Malefoy, hein… ?, murmura Parvati sur un ton à la fois mystérieux et bien embêté.

- Drago Malefoy, répéta Hermione, comme si ces deux mots suffisaient à contenir tout son ressentiment.

- Stupéfie-le !, s'écria aussitôt la jeune Indienne.

Aussitôt, Hermione s'éclaira.

- Comment ça ?

Pendant quelques secondes, Hermione avait eu l'impression que Parvati lui conseillait de lancer un Stupéfix à Malefoy. Et curieusement, elle n'avait pas trouvé l'idée mauvaise.

- Choisis une robe splendide et surprends-le ! Il y a beaucoup de choix, ici.

- Eh bien… Il n'y a rien qui me plait…, mentit-elle.

- Balivernes. Je t'ai vue, devant la vitrine. Tu ne veux pas l'essayer ?, tenta l'indienne en lui adressant un clin d'œil.

- Non. Elle doit être très chère le prix est sur demande…

- Ça ne t'empêche pas de l'essayer, pour voir !, persévéra Parvati.

Hermione jeta un regard à la robe en se mordant la lèvre. Quel intérêt ? Soit elle confirmerait que ce splendide genre de vêtements ne lui allait pas, ou bien la robe lui plairait et pourtant, le prix l'empêcherait de l'acheter. Elle finit par céder devant l'air sévère de Parvati.

Une dizaine de minutes plus tard, Hermione sortait de la cabine d'essayage, un peu pantoise. Elle avait l'air assez empruntée : qui plus est il était plus qu'évident qu'elle n'avait pas l'attitude pour porter une telle robe. Son allure était catastrophique. Ses épaules étaient désespérément affaissées, ses vieux mocassins n'aidaient pas à la visualisation et par ailleurs, son visage sans maquillage et ses cheveux en bataille ne faisaient que renforcer son aspect de pomme-de-terre dans un vase de roses.

Parvati écarquilla les yeux…

- Merlin, ça te va trop bien, minauda-t-elle.

Hermione soupira, aucunement dupe.

Discrètement, Parvati lui lança un sort de discipline des cheveux, connaissant sur le bout des doigts la plupart des sortilèges de beauté.

- Enfile mes chaussures, ordonna l'indienne en lui tendant des chaussures noires, à talons, assez banales.

Parvati tourna autour d'elle, se triturant le menton d'un air critique et songeur.

- Regarde-moi. Tiens-toi droite, nom d'une chouette ! On dirait mon arrière-grand-mère.

Ses membres obéirent machinalement, sans grande motivation. Parvati esquissa un sourire vainqueur.

- Va te contempler, Hermione Granger. Et souris un peu, tu as l'air d'une princesse.

Hermione s'avança vers le miroir, confrontant ses propres yeux avec ceux de son reflet.

Elle était bien plus élégante. Et effectivement, la stature et les accessoires y étaient pour beaucoup. Parvati s'approcha d'elle par derrière et entreprit de lacer le dos de la robe, serrant doucement le buste d'Hermione.

- Tu vois, quand tu veux, ne put visiblement s'empêcher de faire remarquer la jeune Indienne.

Hermione se retint de lever les yeux au ciel.

- Et avec un prix sur demande, je fais comment, exactement ?

Parvati eut l'air embêté. Soudain, ses yeux s'éclairèrent.

- Tu n'as qu'à demander s'ils ne les louent pas… ?

Le prix serait tout de même dispendieux, elle en était sûre. Qui plus-est… Elle doutait fortement que ce genre de magasin prêtait les robes… Mais après tout, cela ne coutait rien de demander.

- Mademoiselle, interpella Parvati à nouveau, d'une voix hautaine.

- Vous désirez ?, murmura une voix, émergeant d'entre les rayonnages, faisant presque sursauter les deux jeunes sorcières.

C'était une femme imposante. Une de celles dont on n'aurait pu assurer l'âge tant l'élégance transparaissait dans sa maturité. Elle portait elle-même une robe assez majestueuse de couleur bleue marine, cintrée sous sa poitrine opulente. Sur ses épaules siégeait une magnifique houppelande noire dans une matière qui, vue de loin, semblait être du satin. Ses cheveux blonds cendrés étaient retenus en un chignon strict et ses lèvres carmin étaient pincées dans une mine à la fois professionnelle et peu amène. Pourtant, ses yeux pétillaient avec la vigueur et l'audace de la malice de la jeunesse. Elle enleva ses lunettes, les laissant reposer sur son buste, et sortit sa baguette de l'une de ses larges manches.

- Madame Griffith, pour vous servir, salua respectueusement la femme en baissant la tête.

- Nous… Nous voudrions savoir, commença l'indienne en butant sur les mots

- Je sais. Je vous ai entendues, à vrai dire.

Hermione retint une grimace. Elle détestait les gens qui écoutaient aux portes, même si elle-même ne pouvait s'en empêcher.

- Nous ne louons pas de robes, je suis désolée, finit-elle par dire, transperçant les deux jeunes filles de son regard améthyste.

- Oh…, fit Parvati, l'air très déçu.

- Vous avez choisi ?, éluda-t-elle.

Parvati acquiesça et, dans un regard d'excuse envers Hermione, s'approcha de la cabine d'essayage pour retirer la robe qu'elle avait sélectionnée.

Hermione se laissa tomber sur l'un des nombreux poufs, défaisant les chaussures à talons et les laissant à proximité du sac à main de Parvati, attendant son propre tour pour retirer sa robe. La vendeuse n'avait pas bougé. Hermione lui jeta un regard, s'apercevant que cette dernière la fixait de manière assez insistante. Lorsque leurs deux regards se confrontèrent, la jeune sorcière détourna le sien, gênée. La plus âgée, elle, laissa échapper un claquement de langue méprisant. Aussitôt, et presque involontairement, Hermione la fusilla du regard. C'est à ce moment-ci qu'elle s'aperçut du sourire qu'arborait l'autre femme.

- Restez-ici, lut-elle péniblement sur ses lèvres.

Parvati finit par sortir de la cabine et s'approcha de la caisse pour payer sa robe. Une fois les soixante gallions encaissés, qu'Hermione ne put s'empêcher de convertir en livres –et pas moins de trois-cent !-, la jeune Indienne quitta la boutique en saluant la vendeuse, puis Hermione. La porte se referma doucement sur elle et le silence se fit.

- Je ne l'aurais pas laissée repartir sans, siffla la vendeuse en regardant Parvati avancer dehors, sous la neige. Quand une jeune fille a des gallions à dépenser, je préfère qu'elle le fasse chez-moi.

Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent. Qui était cette femme pour se permettre une telle impolitesse devant une cliente potentielle ? Mais elle déglutit aussitôt. Si la vendeuse avait entendu leur précédente conversation, elle avait aisément pu en déduire qu'Hermione n'avait pas une seule mornille à placer dans l'achat d'une robe de bal.

- Mes robes sont un bon investissement, n'en doutez pas…, précisa la sorcière d'un ton hautain. Cependant tout le monde ne peut pas se les offrir, n'est-ce pas ?, ajouta-t-elle en haussant les sourcils.

Madame Griffith laissa ses yeux transpercer Hermione à nouveau.

- Vous êtes une née-moldue, je me trompe ?

- Quand bien même ?, ne put s'empêcher de répliquer la jeune Gryffondor sur un ton sec.

La vendeuse laissa échapper un petit rire.

- J'en suis une aussi. Ne vous emportez pas, miss Granger.

- Comment connaissez-vous mon nom ?, s'enquit Hermione, la voix un peu moins glaciale.

- Rita Skeeter.

Cette harpie.

- Vous êtes connue, miss Granger, mais ne vous inquiétez pas je n'accorde pas de crédit aux dires de cette imbécile peinturlurée.

La Gryffondor ne put s'empêcher de sourire.

- Alors vous êtes probablement plus sensée que la plupart des sorciers lisant la Gazette…

- Ne parions pas là-dessus. La modestie rapporte moins que la flatterie, mais la question est… vers quoi notre subtilité naturelle tend-elle ?

Hermione ne sut que répondre.

- Si je n'ai rien dit devant cette autre jeune fille, c'est qu'il me paraissait évident qu'elle soit du genre à céder à la flatterie, miss Granger. Elle a de l'argent. Et je ne comptais pas ébruiter de rumeur sur une prétendue location de robe, ma chère…

Que veut-elle dire par là ?, pensa Hermione.

- Vous m'êtes sympathique et je vous la louerais volontiers, si vous m'assurez avec certitude que vous saurez habilement prétendre que je vous l'ai cédée à un prix fort.

La Gryffondor plissa les yeux alors que la vendeuse se rapprochait d'elle silencieusement : la moquette duveteuse accueillant ses pieds en douceur.

- Comprenez-moi, jeune fille. Ma clientèle est noble, je ne peux me permettre d'avoir une réputation modeste. Je fais dans l'excès, dans le zèle et la frivolité. Dans le superflu et la dépense inutile… Et qu'y a-t-il de plus beau et de plus attractif ?

De sa baguette, elle fit apparaitre un mètre mesureur qui vint entourer la jeune sorcière.

- Nous allons vous arranger, ma chère. Vous valez mieux que ça.

En quelques gestes, la sorcière ajusta la robe aux bons endroits.

- Merci…, murmura Hermione tandis qu'elle faisait rétrécissait une couture.

La vendeuse lui jeta un regard malicieux.

- Puis-je… vous demander une dernière faveur ?

- Faites, répliqua aussitôt la sorcière, sur un ton presque autoritaire.

- Pouvez-vous changer la couleur de la robe ?

Comme insultée, la vendeuse se redressa.

- Évidemment que je le peux, jeune insolente ! Quelle couleur désirez-vous ?, rétorqua-t-elle, la voix forte.

- Verte…

La sorcière cessa de parler, contemplant sa cadette de haut en bas.

- Excellent choix, miss Granger…, finit-elle par murmurer après un long silence.

Ce n'est pas un choix, pensa-t-elle très fort. Madame Griffith brandit sa baguette et, d'un geste gracieux, la fit tournoyer en spirale en direction d'Hermione.

- Viridis Transfiguro. (1)

Aussitôt, la robe se teinta de plusieurs verts. La couleur principale était le vert empire, qui se déclinait pour quelques coutures et voilures : tantôt plus clair, tantôt plus foncé.

- Splendide, constata simplement la vendeuse.

Elle brandit de nouveau sa baguette.

- Accio n°45-17

Une boite vint délicatement se poser entre ses mains. Elle la découvrit de son couvercle et tendit une paire de chaussures à talons noires à Hermione. Cette dernière se retint de lui dire qu'elle n'avait pas la moindre idée de la manière avec laquelle marcher avec des talons…

- Avec ce genre de robe, on ne peut pas porter n'importe quoi. Ce sont des escarpins. Et puis… Bon… il faudrait d'autres accessoires évidemment… Voyons voir…

Songeuse, elle examina longuement Hermione.

- Gryffondor, c'est bien ça ?

- Oui… Mais… Enfin, je dois porter une tenue de Serpentard…

La vendeuse haussa les sourcils dans une moue inquisitrice.

- Comment ça ?

Hermione lui expliqua le thème du bal, sans révéler qu'elle en était l'auteure.

- Voilà une idée qui va faire du remue-ménage… Probablement, l'autre vieux fou qui l'aura trouvée.

- L'autre… Vieux fou ? Vous parlez du professeur Dumbledore ?

- Bien sûr ! De qui d'autre, voyons… ?

Si la jeune sorcière fut assez offusquée de voir l'une de ses idoles insultée à sa place, elle n'en dit rien. Mais la vendeuse n'était pas dupe.

- Oh, ne vous méprenez-pas. Si je critique ses méthodes, c'est que si elles fonctionnent parfois, la plupart du temps des personnes en font les frais. Rien de grave, certes, mais j'aurais préféré mourir que d'avoir un binôme de Serpentard en métamorphose, et ce vieux schnock m'a collé Charlie Bickers.

- Charlie Bickers ?, répéta Hermione.

- Mon ex-mari...

Hermione ne sut que répondre.

- Quelle idée de mélanger les Gryffondors et les Serpentards ! Il devrait savoir, depuis le temps, que ça ne donne jamais rien de bon…

Elle continua de maugréer contre les idées novatrices de Dumbledore et contre les Serpentards pendant quelques minutes, sous l'œil effaré et pourtant compatissant de la jeune Gryffondor.

- Accio n°8-64.

Un coffret glissa vers les deux sorcières, s'arrêtant face à la vendeuse.

- Votre collier est ravissant, ma chérie, mais si vous pouviez le retirer…

Hermione laissa serpenter la chaine entre ses doigts pour trouver le fermoir. Une fois retiré, avec une sorte de pincement au cœur qu'elle ne sut s'expliquer, elle enferma son collier dans son poing qu'elle ne desserra plus.

Madame Griffith passa derrière elle et lui attacha une autre chaine dans le cou. Hermione baissa le menton et observa le collier. Il s'agissait d'une fine chaine d'argent sur laquelle reposait un pendentif plutôt rutilant. Quand la Gryffondor s'aperçut de la forme de ce dernier, elle hoqueta presque.

Un serpent.

En forme de S, comme une sorte de provocation délibérée. Le seul œil qu'on lui voyait était remplacé par une petite pierre précieuse verte.

- C'est un grenat, l'informa machinalement la vendeuse.

L'animal laissait sa langue s'échapper de sa bouche dans une grimace mauvaise. Ce n'est que lorsque la vendeuse attrapa sa main droite, qu'Hermione reprit ses esprits. Elle lui enfila alors un anneau à l'annulaire encore un serpent, cette fois-ci s'enroulant malicieusement autour de son doigt.

- Je crois que c'est un peu trop…

La vendeuse et elle échangèrent un long regard impassible et elle finit par retirer la bague et la lui rendre.

- A votre guise, miss Granger. C'est bien la première fois qu'on me refuse des bijoux de Plectura.

- Plectura… ?

- La bijouterie… Merlin, vous ne connaissez pas… ? Les Gobelins pardi. La bijouterie des Gobelins… !

C'est sans doute à cet instant qu'Hermione comprit la valeur de ce qu'elle avait autour du cou… Probablement dans les 200 gallions, au minimum.

- Bien, je crois que vous êtes fin-prête !

Effectivement, elle l'était. Le miroir lui renvoyait une image assez incroyable. Pour une fois qu'elle se sentait à peu près agréable à regarder. En plus, elle constatait avec plaisir qu'elle avait repris du poids. D'autres se seraient tracassées mais où était le mal à avoir des hanches prononcées ? Elle préférait ne pas se poser la question car si elle se martelait avec -comme toutes les autres filles-, elle finirait elle aussi, et elle en était sûre, par trouver la maigreur attractive.

- Je pense que c'est vraiment bien, finit-elle par dire.

- C'est tout ?, rétorqua énergiquement la vendeuse. Eh bien, nom d'un balai…!

Il y eut un long silence.

- Pourriez-vous m'apprendre la formule pour changer la robe en bleu ? Je ne crois pas que je vais prendre le collier…

- Quelle idée, enfin ? Voilà que vous désirez changer de cavalier ?

- Je ne fais qu'inaugurer le bal avec un Serpentard… Ensuite j'ai bon espoir de passer la soirée aux côtés d'un Serdaigle…

Madame Griffith eut un sourire moqueur.

- La formule, c'est Caeruleus…

- Qu'importe, coupa une voix implacable.

La voix résonna dans la boutique comme un claquement sec. Hermione se retourna si vite qu'une douleur aigüe envahit son cou.

- Appétissante, Granger.

Il était là, l'épaule négligemment appuyée contre une étagère, l'observant de la tête au pied avec un sourire narquois.

- Malefoy… !

Le Serpentard ne prit pas la peine de répondre, se rapprochant d'elle d'un pas calme. Lentement, il laissa dévaler ses yeux sur le corps de la jeune fille lui faisant face.

- Dommage que tu sois une sang-de-bourbe…, murmura-t-il sans pouvoir s'en empêcher.

Elle crut qu'elle avait mal entendu. Madame Griffith, quant à elle, tiqua sérieusement. Mais elle n'était pas sans connaitre le nom Malefoy, et il aurait été bien imprudent d'invectiver le jeune homme.

- Donnez-moi le collier, ordonna-t-il à la vendeuse sans la regarder.

- Sois poli, par Merlin…, pesta Hermione d'une voix suppliante, très peu désireuse de la contrarier alors qu'elle venait de prendre soin d'elle.

Pourtant, la vendeuse lui tendit l'objet sans protester. Mais Hermione voyait à sa nouvelle expression qu'elle usait de sa patience pour ne pas lui répondre avec agressivité.

La main pâle mais forte de Drago saisit la chaine sur laquelle le pendentif glissait, comme aimanté. Il le coinça entre ses doigts et l'observa minutieusement.

- Pourquoi ne le porterais-tu pas, Granger ?

- Pourquoi le ferais-je ?, répliqua-t-elle d'une voix froide.

- Les chiens portent bien des laisses…, siffla-t-il avec un sourire sournois.

- Pourtant je n'en vois aucune à ton cou, Malefoy…

Il ricana.

- Mais tu en as déjà une, c'est vrai…, éluda-t-il sans rebondir sur son insulte.

Le sorcier sembla comme… chercher quelque chose à son cou.

- Où est-elle, d'ailleurs ? Tu l'as perdue ? Ou peut-être l'as-tu vendue ?, railla-t-il d'une voix pourtant un peu démente.

Elle lui montra son pendentif en tendant sa paume, écartant ses doigts.

- Effectivement, c'est celui-là que je porterais, assura-t-elle. Il n'a rien à voir avec ton serpent venimeux !

Malefoy rendit le pendentif en serpent à la vendeuse, esquissant un rictus.

Si tu savais, Granger… qui t'a offert ce collier…

- La bague aussi est sympathique… Mais c'est vrai que ça n'ira pas sur toi, Granger. Tu ne saurais pas porter de tels bijoux.

- Je ne te le fais pas dire, confirma-t-elle d'une voix ironique.

Il fronça les sourcils imperceptiblement, le temps d'une seconde. Madame Griffith laissa un sourire transparaitre sur son visage.

- Tu sais pourquoi je suis ici, n'est-ce pas ?, lança-t-il soudainement, la voix glaciale.

- Je n'en ai pas la moindre idée. Tu veux peut-être acheter une robe de bal, Malefoy, qu'en sais-je ?

Le Serpentard sourit narquoisement.

- Pour Blake… Et une perruque, aussi… Tu lis dans mes pensées.

- Ne l'insulte pas.

- Ne me donne pas d'ordre.

Malefoy lança un coup d'œil sur le côté : Madame Griffith s'éclipsa aussitôt.

- Je suis ici à cause de ton plan pourri. Tu es au courant que nous sommes deux préfets-en-chef ? Tu aurais dû me consulter avant d'officialiser ton idée minable.

- Tu n'aimes pas mon idée, Malefoy ?, demanda-t-elle soudain, soucieuse de tester l'une de ses théories.

L'énerver. La proximité.

Elle se rapprocha un peu plus de lui, laissant leurs regards s'affronter, mais elle ne perçut aucun trouble dans le sien… Au contraire, il eut l'air très amusé, tout à coup. Il se rapprocha davantage d'elle, glissant sa bouche près de son oreille.

- Eh bien, Hermione ? On retrouve son audace… ?

La Gryffondor frémit involontairement en percevant sa respiration près de sa gorge. Elle le sentit sourire à ce frisson imprévu. Les images du cauchemar pénétrèrent avec force dans son esprit, sans qu'elle ne puisse les chasser. Elles rôdèrent, surgissant parfois comme des flashs de lumière, ou des éclats de rire sournois.

- Ton petit jeu, il ne marchera pas avec moi.

Sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, ses yeux revinrent au sol en un instant. Pourtant, comme guidée par une idée folle, elle chatouilla à son tour sa joue de son petit nez, tremblant presque d'appréhension.

- Je sais pourquoi tu es vraiment furieux, Malefoy…, chuchota-t-elle fébrilement. Parce qu'elle te plait… mon idée minable

Brusquement et sans aucune douceur, il attrapa son menton dans sa paume. Ses doigts rentraient dans ses joues, empris de l'idée de lui faire mal, elle le sentait. Et pourtant, son geste était tremblant, montrant une certaine retenue. Il ne voulait pas la frapper devant témoins… Pas dans une boutique…

- Ce serait pourtant vraiment très con, qu'elle se retourne contre toi… n'est-ce pas ?, persifla-t-il.

Ses yeux gris comme la pierre la pétrifièrent alors que son sourire s'agrandissait de secondes en secondes.

- Alors finalement ça t'arrive, hein Granger… De ne pas tout prévoir… ?

L'emprise sur son visage disparut, y laissant un engourdissement douloureux. La porte du magasin claqua doucement. Il était parti.

- Votre pion est damé, ma chérie, murmura la voix de Madame Griffith après un long moment silencieux.

La vendeuse secoua la tête lourdement, faisant cliqueter ses boucles d'oreilles.

- C'était donc votre idée, finalement, pas celle de Dumbledore…, fit-elle d'une voix consternée.

Elle se rapprocha d'Hermione, déposant amicalement sa main sur son épaule encore tremblante.

- Jouer avec un Serpentard est un passe-temps risqué, vous savez… ? On ne sait jamais à quoi s'attendre avec eux. Le pire, le meilleur... Tout se confond, et à la fin, on ne sait plus vraiment si on nous fait du mal… Et si oui, si ce mal ne nous fait pas du bien…

(1) Viridis Transfiguro : transforme en vert (Madelight ©)

Reviews appréciées.

Continue Reading Next Chapter

About Us:

Inkitt is the world’s first reader-powered book publisher, offering an online community for talented authors and book lovers. Write captivating stories, read enchanting novels, and we’ll publish the books you love the most based on crowd wisdom.