La Louve du Temps - Oubli

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~ Chapitre 1b ~

Refermant celle-ci avec lenteur, observant avec attention ce qui devait être mon lieu de vie.

Une table en verre était adossée contre le mur, sur laquelle reposait une petite coupelle en bois contenant une multitude de petites babioles. Un tapis bleu foncé à poil long reposait au centre de la pièce sur un parquet clair.

Un porte-manteau en bois sombre était enseveli sous une bonne dizaine de vêtements. Un psyché en bois clair reposait derrière la porte.

Je retirais mes bottines, comme muée par une mémoire qui m’était totalement inaccessible, avant de les déposer dans le coin de la pièce.

Je semblais en avoir l’habitude, le tas inégalement réparti de chaussures en était une preuve non négligeable.

Me relevant tranquillement, avec une fascination dérangeant, j’analysais l’apparence qui était la mienne :

J’avais une taille relativement moyenne, si l’on considérait qu’environ un mètre soixante-cinq était la taille moyenne de base pour une femme…

Mes jambes étaient parcourues de traces de boue séchée. Mon gilet à capuche était dans un état similaire, pourtant, étonnamment, mon t-shirt vert semblait avoir été épargné.

Ma priorité était de prendre un bain. Je ne me sentais pas à l’aise recouverte de saleté comme je l’étais.

Sans réellement accorder mon attention aux pièces défilant sous mes yeux, je m’arrêtais finalement devant une chambre, qui devait sûrement être la mienne par ailleurs.

Une armoire bleu clair, relativement massive, prenait un pan entier du mur. Un lit double trônait au centre de la chambre, face à l’armoire en question. Alors qu’entourant le lit, deux petites tables de chevets s’accordent d’un doux beige pâle, avec l’armoire de même couleur. Des arabesques d’une belle couleur lavande étaient incrustées dans presque chacun des meubles.

Accolé à la baie vitrée, un bureau semblable au reste des meubles, tranchait de par son désordre apparent. Recouvert de dossiers, de stylos et de feuilles vierges, seul le fauteuil adossé contre le bureau donnait un aspect ordonné à ce désordre.

Contrastant avec le parquet brun, un tapis crème s’étendait sur presque l’ensemble de la chambre.

L’immense porte-fenêtre cachée derrière deux pans de rideaux bleu roi, semblait donner sur un petit balcon.

Peut-être aurai-je à l’avenir le temps d’en admirer la vue, comme je devais l’avoir déjà fait auparavant.

Néanmoins, à peine avais-je terminé mon observation, qu’une vibration de téléphone retentissait dans la chambre.

A la recherche du bruit, ma main trouva presque naturellement le chemin du tiroir de la table de chevet.

Le visage et le nom d’une personne qui m’était à la fois familière et inconnu était affiché sur l’écran du smartphone :

Appel entrant de Liam^^

Accepter - Rejeter

Et après quelques secondes de réflexion, les mots écrits sur ce papier, mes mots, m’étaient revenus à l’esprit.

Alors, à moitié paniquée, je pris mon courage à deux mains. Et finalement je décrochais l’appel :

« Elaé ? Tout va bien ? J’essaie de te joindre sans succès depuis cet après-midi … »

Sa voix, à la fois apaisante et dérangeante, m’étais plus que familière, mais mon esprit n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Et c’est presque désespérée, que je m’y accrochais :

« Je… heu, vous êtes bien Liam ? »

Question stupide, je le reconnaissais, mais que vouliez vous dire à un homme vous connaissant mais dont vous n’aviez pas le moindre souvenir ?

« Attends-moi, je serais devant ta porte dans vingt-cinq minutes. »

Puis il avait raccroché.

Qui était donc ce Liam ? Et quelle aide pourrait-il m’apporter compte tenu du message que je m’étais écrit ?

Secouant la tête, je tentais d’écarter temporairement ces réflexions de mon esprit encore perturbé.

Je prit finalement la direction de ce qui semblait être la salle de bain.

Attrapant les premiers produits me tombant sous la main, je laissais glisser l’eau presque bouillante sur mon corps. Et ce n’était qu’après ce qui me semblait un long moment passé sous les jets d’eau chaude que je quittais le réconfort que m’offrait la salle de bain.

En quête de vêtements, j’analysais ma garde-robe. Le style vestimentaire que je semblais avoir développé, était particulier… Sans âge, moderne parfois, mais dans un sens vintage, comme si plusieurs femmes d’époques différentes s’étaient réunies pour créer une garde-robe.

Je n’arrivais pas à expliquer ce sentiment, mais j’appréciais la façon dont mon dressing était fourni.

C’est donc sans tarder que j’attrapais un simple pull et un short de la masse de vêtements dépassant de l’armoire.

Et comme pour me rappeler sa présence, mon estomac se mit à crier famine.

Me mettant en quête de la cuisine, je traversais l’appartement en long et en large. Constatant au passage que le dit appartement était plus que correctement équipé.

La cuisine, elle, était à l’image de l’immeuble, moderne et luxueuse.

Une hotte en inox surplombait un îlot central sur lequel était installé un gigantesque évier. Le reste de la cuisine était essentiellement composé de plusieurs plans de travail, d’un micro-ondes, d’un réfrigérateur, et d’un lave-vaisselle. Les murs étaient faits de brique à mi-chemin entre le rouge et le brun, alors que le parquet était aussi d’un brun lumineux, contrastant avec le reste de la cuisine et ses meubles clairs, donnant un style épuré à la pièce.

Finalement, après une courte réflexion, les spaghettis bolognaises était ce qui m’était le plus rapidement venu à l’esprit.

Et dans un étrange ballet, un genre d’automatisme, mes mains avaient ouvert les différents placards, sans que je n’ai concrètement à y réfléchir plus que cela. Il semblait que mon corps n’avait pas perdu ses habitudes, je devais avoir conservé cette mémoire « mécanique », entretenant des automatismes de celle que j’avais été.

Peut-être que ce Liam, n’avait pas eu le temps de manger au préalable ? Avec bienveillance, je lui servit une assiette au cas où…

Et comme parfaitement synchronisés, quatre petits coups furent portés à la porte.

Retourner devant l’entrée ne fut pas si compliqué, le plus compliqué résidait principalement dans le fait que Liam était sûrement celui qui allait apporter des réponses à la plupart de mes questionnements depuis mon réveil.

Me mettant sur la pointe des pieds, je tentais vainement de regarder à travers le judas à l’aide de mon mètre soixante-cinq.

Après quelques secondes d’hésitation, et une profonde inspiration, j’ouvrais la porte avec lenteur.

La porte finalement ouverte, je fût enserrée dans un étau de chair : Liam venait de me prendre dans ses bras.

Après quelques instants, il s’écarta, l’air songeur.

Il retira sa veste, et la déposa sur le porte-manteau. Et c’est dans un silence inconfortable que nous prîmes la direction du salon.

Et avec attention, j’observais les lieux dont j’avais sans doute dû connaître chaque recoin.

Les murs beiges étaient supportés ça et là par des poutres en bois sombre. Au centre de la pièce, trois grands sofas crème formaient un ensemble agréable sur un tapis grisâtre, sur lequel reposait une table basse rustique en bois brun. Alors qu’une immense porte fenêtre donnait sur un petit balcon que j’adorerais explorer.

Délaissant la faim qui contractait avec vigueur mon estomac, bien trop avide de réponses, je pris place sur l’un des sofas, en invitant le jeune homme à faire de même.


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