La Louve du Temps - Oubli

All Rights Reserved ©

~ Chapitre 1c ~

Celui-ci était indubitablement grand, bien plus que moi. Liam était blond, ses cheveux étaient parcourus par endroit d’une belle couleur ambrée, ils étaient coupés courts, réunis dans un amas hirsutes de cheveux. De petites taches de rousseurs recouvraient le haut de ses joues, son nez retroussé lui donnait un air enfantin. Pourtant, ses yeux verts foncés cassaient cette apparence juvénile. Et à l’instant, ses yeux semblaient si sérieux qu’il serait difficile de lui donner moins de la vingtaine d’années.

Il me fixa durant un long moment, attendant sûrement que je m’exprime en première :

« Je...Je ne sais pas qui tu es, ni pourquoi je te fais autant confiance. J’ai perdu la mémoire, ça c’est une certitude. En me réveillant, j’avais un message dans la main, m’indiquant que je devais t’appeler le plus rapidement possible. A ce que j’ai pu comprendre, tu es Liam, n’est-ce pas ?

— Effectivement… Mais c’est insensé… Comment aurais-tu pu perdre la mémoire ? »

Il sembla réfléchir quelques instants avant de revenir sur ses mots :

« Excuses-moi, c’est une question stupide, tu ne dois pas t’en rappeler je suppose ?

— Je n’en sais pas plus que toi… Je suis désolée. »

Il soupira, avant de plonger son regard dans le mien, et d’ajouter :

« Tôt dans la matinée tu m’as appelé, tu avais l’air pressée. Tu m’as dit que je n’avais pas à m’en faire, que tu allais juste être légèrement changée, et que je ne devrais en parler à personne, même pas à Haroun.

Il me fixa durant un long moment, attendant sûrement que je m’exprime en première :

« Je..Je ne sais pas qui tu es, ni pourquoi je te fais autant confiance. J’ai perdu la mémoire, ça c’est une certitude. En me réveillant, j’avais un message dans la main, m’indiquant que je devais t’appeler le plus rapidement possible. A ce que j’ai pu comprendre, tu es Liam, n’est-ce pas ?

— Effectivement… Mais c’est insensé… Comment aurais-tu pu perdre la mémoire ? »

Il sembla réfléchir quelques instants avant de revenir sur ses mots :

« Excuses-moi, c’est une question stupide, tu ne dois pas t’en rappeler je suppose ?

— Je n’en sais pas plus que toi… Je suis désolée. »

Il soupira, avant de plonger son regard dans le mien, et d’ajouter :

« Tôt dans la matinée tu m’as appelé, tu avais l’air pressée. Tu m’as dit que je n’avais pas à m’en faire, que tu allais juste être légèrement changée, et que je ne devrais en parler à personne, même pas à Haroun.

Changée, n’aurait pas dû signifier que tu nous reviendrais amnésique… Il faudra faire attention à la CATT… Veux-tu savoir quelque chose en particulier ? »

Inspirant profondément pour calmer l’anxiété montant en moi. Et finalement je répondit après réflexion :

« Comment pouvais-je savoir ce qui allait m’arriver ? Mais surtout… Qu’est-ce que la CATT ? Et… qui es-tu pour moi ? »

Il rit avec force. Peut-être avais-je été maladroite dans mes propos ? Et instinctivement, je penchais la tête sur le côté.

« Toujours aussi loquace à ce que je vois ? Ça me rassure dans un sens que tu sois aussi déterminée à avoir des réponses maintenant… Enfin pour résumer… disons que tu as comme qui dirait un don. Tu prévoyais, enfin, tu prévois… les choses à l’avance, je ne dirais pas que tu es une voyante ou quoi que ce soit du genre, mais, tu avais un instinct très particulier. Nous sommes partenaires, et je crois que depuis le temps ont peut dire que nous sommes amis, nous sommes également collègues. Nous travaillons tout les deux à la CATT. La CATT c’est l’acronyme de Control Agency of Time Travel. Notre boulot c’est de veiller à ce que le temps suive la trajectoire initiale de l’histoire et ne subisse aucun changement. »

Étrangement, tout cela me paraissait cohérent. Comme si, il ne faisait que m’expliquer une situation parfaitement normale. Mais presque avec certitude, j’avais l’impression que mon réveil dans les bois avait ébranlé mon esprit pour que je trouve cette histoire cohérente.

« Tu dois sûrement avoir du mal à croire ou comprendre tout cela, c’est une histoire étrange quand on y pense. Je me rappelle encore parfaitement du jour où nous avons été recrutés. C’est quelque chose d’encore très secret. Tu as d’autres questions ? »

Une interrogation vînt à mon esprit :

« Quand sommes-nous supposés reprendre le travail ?

— Humm il semble que nous soyons censé être au QG demain en début d’après-midi. D’ici là, j’espère avoir suffisamment de temps pour t’expliquer davantage de choses… »

Au même instant, un concert de gargouillis éclata dans le séjour. Mes joues se teintèrent de rouge, alors que Liam paraissait lui totalement à l’aise. D’une voix hésitante, je lui demandais si il avait également faim. Il hocha la tête en souriant. C’est vers la cuisine que nous nous dirigeâmes tous deux.

Là-bas, j’attrapais les deux assiettes les faisant passer une à une au micro-ondes.

Liam avait déjà pris place dans la salle à manger. La pièce était à l’image du reste de l’appartement, d’une luminosité qui me laissait pantoise : deux de ses murs étaient des baies vitrées, les lumières de la ville donnaient un air de ciel étoilé à la vue. Le reste des murs, d’un calme gris pâle, étaient accompagnés d’une grande table en bois clair entourée d’environ huit chaises modernes.

Un buffet du même genre que celles-ci était adossé à l’un des murs. Alors qu’un tapis coloré contrastait avec l’ambiance sobre du reste de la pièce.

Slalomant autour des différentes chaises, je déposais les assiettes et les couverts sur la table, avant de repartir chercher une carafe d’eau dans la cuisine. Déposant celle-ci sur la table, je pris place face au jeune homme.

Sans attendre, il s’empressa de planter sa fourchette dans le plat, il mangea à cette allure durant plusieurs minutes alors qu’avec davantage de lenteur, je mangeais la nourriture que j’avais préparée.

Et alors que jusqu’à présent nous mangions en silence, il déclara soudainement :

« Seigneur ! Tes spaghettis sont vraiment les meilleures du monde… J’aurais sûrement recommencé à me nourrir de nouilles instantanées si tu avais perdu tes dons de chef cuistot. »

Avec un sourire gêné comme réponse, je me réfugiais dans mes pensées.

Il restait énormément de zone d’ombres que je souhaitais aborder avec lui.

« D’ailleurs, maintenant que j’y pense, tu as parlé d’un certain Haroun… Qui est-ce ?

— C’est notre collègue. Tout comme moi, il a vingt-trois ans. C’est lui qui est chargé d’étudier les époques dans lesquelles nous nous rendons. C’est également lui qui s’occupe de la maintenance informatique de nos puces. »

C’est vrai qu’en y réfléchissant, avec tout ce qu’implique le voyage dans le temps, il aurait été plutôt étrange que nous ne soyons que deux dans cette agence, la CATT si je me souvenais bien.

Mais de là à apprendre que nous avions bel et bien d’autres partenaires… Inconsciemment, j’avais hâte de rencontrer Haroun…

« Liam ?

— Oui ?

— Quel est mon rôle dans notre équipe ? Et le tien d’ailleurs ?

Mais de là à apprendre que nous avions bel et bien d’autres partenaires… Inconsciemment, j’avais hâte de rencontrer Haroun…

« Liam ?

— Oui ?

— Quel est mon rôle dans notre équipe ? Et le tien d’ailleurs ?

— Mon rôle ? C’est plutôt bizarre comme terme, tu ne crois pas? Je suis comme qui dirait un « analyste de la réalité ». Mon job c’est de détecter les altérations de la réalité lorsqu’elles sont perceptibles principalement. Et lorsque je me rends sur le « terrain », je ne suis qu’un simple agent de soutien, chargé de déterminer l’élément perturbateur et de faire mon possible pour remettre l’histoire sur les rails. Quant à toi, tu es chargée de conseiller l’équipe et d’enquêter sur les raisons de ce changement, un genre « d’analyste de la temporalité » si je peux dire.

— Je dois sûrement t’agacer, mais j’ai encore quelques questions. Mais qui dirige la CATT, il doit bien y avoir quelqu’un derrière tout ça ? Et quand tu parles de « puces », tu pourrais développer ? Je ne sais pas trop ce que c’est ? »

Mon débit de parole était excessivement rapide. Mais l’expression sur son visage m’indiquait que Liam semblait être habitué à ma curiosité envahissante :

« Je ne sais pas qui dirige l’agence. Je crois que le seul à avoir des indices d’ailleurs doit être Julian…je suis quasi-convaincu qu’il le sait. Les agents de la CATT ne sont pas censés se côtoyer en dehors de leurs secteurs. Nous avons été recrutés par le consultant de la seule autre équipe que nous connaissons. Ils ont eux-mêmes étés recrutés par une femme dont ils n’ont jamais vu le visage, elle leur à enseigner les bases, et elle à du partir former une autre équipe, depuis ils ne l’ont pas revus. On reçoit des directives de temps à autre cependant. Il n’y a ainsi que nos deux équipes dans notre QG. Nous vivons avec eux pour la plupart du temps d’ailleurs… Pour la technologie, c’est Julian qui nous y a initié, et lui-même l’a appris de la femme qui les a recrutés. Les puces sont des dispositifs nous permettant d’assimiler des langues désuètes ou que nous n’avons pas apprises. Un peu comme une traduction google beaucoup plus perfectionnée.

— Attends un instant… Tu es en train de me dire que nous travaillons pour une agence depuis cinq ans, et qu’aucun de nous ne sait quoi que ce soit sur nos employeurs ? »

Il hocha la tête, les sourcils froncés :

« Ce n’est pas faute d’avoir cherché Elaé, car nous l’avons fait. Mais parfois, il est inutile de se forcer à chercher, c’est comme de vouloir s’accrocher à une chimère. Tu vois ce que je veux dire ? Et puis à la longue on finit par s’y habituer... »

J’acquiesçai, balayant les questions encore insolvables tournant en boucle dans mon esprit . Un silence tendu prit alors place dans la pièce. Seul le bruit des couverts crissant contre les assiettes résonnait dans la pièce.

L’horloge contre le mur, m’indiqua alors l’heure, 23:17.

Le temps était passé bien plus vite que prévu, il était ainsi bien plus tard que je ne le pensais. Nous avions fini de dîné depuis plusieurs minutes déjà.

Cela me vînt comme une évidence, il était suffisamment tard pour qu’il ne puisse pas rentrer chez lui. Prenant un ton qui se voulait assuré, et je lui demandais :

« Dit-moi, je me demandais, Liam, tu voudrais bien rester dormir ici ? Enfin, je veux dire si tu en as envie ?A vrai dire je ne me sens pas vraiment en sécurité ici...

— Bien sûr, quelle question ? Je ne comptais pas te laisser seule ici, d’autant que tu ne sais pas où se situe le QG.

— C’est vrai qu’en y pensant, cela aurait été difficile pour moi de quitter cet appartement... »

Grimaçant, il se mit ainsi à rire bruyamment, et son rire était contagieux, car je ne put contenir un fou rire à mon tour.

Étrangement, ce moment me détourna de mes interrogations un instant, j’eus alors l’impression que tout était normal, que je n’avais pas perdue la mémoire, mon identité, que ma vie n’était pas un immense trou noir.

Le fou rire dura plusieurs minutes, avant que finalement, je ne me décide à quitter ma chaise, emportant les assiettes, et les déposant dans le lave-vaisselle à toute hâte.

Apparemment, Liam avait régulièrement dormi à l’appartement. Je le trouvais ainsi assis dans le salon portant un bas de jogging et un simple t-shirt usé. Son téléphone portable à la main, il paraissait captivé par l’écran. Il m’expliqua alors calmement, qu’il avait l’habitude de dormir dans la chambre d’amis lorsqu’il n’avait pas le temps de rentrer chez lui après certaines missions s’éternisant et qu’il n’avait pas envie de rester au QG de la CATT.

Ma brosse à dent à la main, j’avais fait un détour dans la salle de bain. Et après m’être brossée les dents, j’ai finalement atterris devant la porte de la chambre d’amis. Poussant timidement la porte, j’ai alors aperçu Liam descendre les stores. Peut-être était-il réellement temps de faire connaissance avec lui.

Je m’approchais de lui, la main tendue :

« A ce que j’ai compris, tu me connais depuis pas mal de temps. Mais je préfère me présenter en bonne et due forme : Heureuse de faire ta connaissance, je suis Elaé Volk-Orà. »

Son visage se troubla quelques secondes, avant que finalement il attrape ma main dans sa large main en une poignée de main amicale :

« Enchanté Elaé, je suis William Ambroise. Tu peux m’appeler Liam. »

Cette journée avait étrangement commencé, et elle se terminait d’une façon tout aussi étrange..

Continue Reading Next Chapter

About Us

Inkitt is the world’s first reader-powered publisher, providing a platform to discover hidden talents and turn them into globally successful authors. Write captivating stories, read enchanting novels, and we’ll publish the books our readers love most on our sister app, GALATEA and other formats.