La Louve du Temps - Oubli

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Partie I : Silencieuse Bataille

L’univers était vaste, les étoiles étaient innombrables, les galaxies étaient d’un nombre inquantifiable.

C’était là que débutait ce récit, mon histoire.

A vrai dire, je ne savais absolument pas si nous existions depuis le début de cet univers, j’en doutais, et aujourd’hui j’en suis quasi-persuadée.

L’univers me semblait magnifique à ce moment-là, c’était là un vaste monde, encore dépourvu de ce que nous appellerions plus tard la vie.

Ce n’était alors que le début de ce qui serait bientôt une vaste tapisserie grouillante d’êtres. Les astres étaient peu évolués, primitifs, il ne fallut que peu de temps à l’échelle de cet univers pour que celles-ci, ces étoiles ne prennent fin, jusqu’à devenir glaciales et obscures.

Dans leurs sillages, ces astres avaient attiré à eux des amas de matières. Certains avaient amassé suffisamment de poussières et de roches pour se solidifier et peu à peu devenir d’énormes planètes. Celles-ci n’étaient que roches et lave en fusion pour la plupart, du moins au départ.

Dans la tourmente, nous étions deux, l’un comme l’autre ne connaissions pas le but de notre existence. Nous n’étions que deux enfants perdus, seuls et sans aucun repère.

Le début fut confus, il n’y avait que le silence, Elias, et moi. Cela dura un temps infini, plusieurs milliers d’années, peut-être des millions ou des milliards d’années même, je n’avais pas encore la notion du temps à cette époque-là.

Et alors que l’un comme l’autre nous grandissions, quelque chose d’autre se développait. Dans plusieurs galaxies, sur plusieurs planètes, l’eau était apparue, sous forme de vapeur dans un premier temps, puis liquide comme solide.

Et avec l’eau était venue la vie, un nombre incalculable d’êtres naissaient chaque instant, alors que d’autres mouraient.

Et en cela, nous étions différents. Nous ne mourrions pas. Notre croissance était atrocement plus lente si l’on comparait tout cela aux êtres vivants qui peuplaient les diverses galaxies de notre univers.

Un genre de lien se créait entre la naissance et Elias, alors que la mort entretenait un lien particulier avec moi.

Une forme d’empathie étrange, je ressentais la mort.

Nous étions maîtres et servants de cet univers. Nous nous comprenions, nous étions synchronisés, les deux faces d’une même pièce. Il était le début, comme j’étais la fin.

Dans chacun de ces mondes, ces êtres avaient évolué, certains s’étaient rapidement éteints, alors que d’autres avaient prospéré, le destin l’avait ainsi voulu. Mais une sorte de filtre semblait empêcher ces civilisations d’évoluer plus que de mesure, s’éteignant les unes après les autres dans leur orgueil.

La destinée, cette toile vierge peinte par le choix de ces êtres. Il était ainsi aisé de prendre possession de la providence, une toile parfaitement malléable, un peu comme un ruisseau que l’on pouvait plus ou moins orienter.

Tracer l’avenir de ces êtres était chose facile, mais comprendre leurs besoins et leurs envies était bien plus difficile à prendre en compte.

Cependant, comme ces êtres, dont peu à peu nous nous inspirons, une rupture survient entre mon jumeau et moi.

Notre conflit intervint après l’évolution particulière d’une planète.

Un planète presque entièrement bleu, recouverte d’une végétation luxuriante, et d’océans en si grande quantité que cela restait rare dans ce monde… la Terre.

L’évolution sur cette planète était étonnante, par cinq fois, la vie avait presque été éradiquée à sa surface. Et à chaque fois, la vie avait fait son retour.

De cette cinquième extinction de masse, une classe de vertébrés avait pris le pas sur les autres : les mammifères. Et après plusieurs dizaines de millions d’années, la sélection génétique avait mis une espèce particulière en haut de l’échelle de domination, cette espèce s’était rapidement développée.

Dotés de quatre membres, d’un visage particulier très quoique semblable à celui d’Elias et au mien. Ces humains, d’abord primitifs apprirent rapidement, leur intelligence avaient pris le pas sur les autres espèces.

Cette espèce avait su établir son ascendant sur des espèces qui n’auraient eu besoin que de quelques millions d’années supplémentaires pour prospérer à leur tour.

Même si j’étais persuadée que d’autres suivraient, et que rapidement l’intelligence s’étendrait à tout le reste de l’Univers.

Tout comme Elias, je m’interrogeais sur l’espérance de vie de cette espèce ? Allaient-ils brusquement s’éteindre comme leurs congénères intelligents au sein de ce monde ? Ou l’Homo Sapiens allait-il être le premier à coloniser l’univers ? Et dans un premier temps leur système stellaire ou peut-être même leur galaxie ?

Une autre civilisation aurait pu attirer notre attention dans une galaxie voisine, un autre système solaire, seulement le temps ne l’avait pas voulu. Et avec davantage de recul, peut-être le destin y était-il pour quelque chose…

Autant fascinés que nous l’étions, la Terre fut notre premier foyer, et le seul à ce jour d’ailleurs...

Nos longues existences avaient apporté leurs profits : ces humains vénéraient les personnages que nous représentions à leurs yeux. Ils vénéraient les pouvoirs dont ils pensaient nous savoir dotés.

Notre existence était simple, nous n’avions qu’à protéger les civilisations recouvrant cette planète.

La première civilisation que je décidais de côtoyer fut ainsi celle de ce peuple égyptien. Je me séparais ainsi pour la première fois de mon jumeau, d’Elias, avec la promesse de nous retrouver rapidement pour partager nos sentiments sur ce monde…

Promesse qui ne fut jamais respectée en y repensant… C’était le peuple sumérien qui l’avait attiré.

La civilisation égyptienne s’était établie sur les rives du Nil, une région fertile, où l’eau était une denrée précieuse et salvatrice. Les premières tribus à s’y implanter s’appuyèrent ainsi sur l’élevage et l’agriculture.

Étrangement, la majorité de ce peuple avait connaissance de mon existence, il faut dire que mes yeux tantôt améthystes tantôt or étaient reconnaissables dans une population aux yeux majoritairement bruns.

Je n’arrivais pas à expliquer cela, et il en fut de même durant des années.

Mais maintenant que je ne me cachais plus vraiment, la couleur si particulière de mes cheveux avait eut raison des différentes usurpatrices se faisant passer pour moi dans l’espoir de faveur. Oscillant entre le brun et le roux, j’avais établis qu’ils étaient d’une couleur très semblable à l’acajou, la couleur était déjà inédite, mais l’effet que le Soleil ou la Lune avait sur eux était unique : une combinaison étonnante de couleurs s’étalait sur ma chevelure, et les quelques personnes que je côtoyais personnellement pensaient que mes cheveux étaient composés des couleurs même de l’arc-en-ciel.

C’est ainsi que m’était venu le surnom de déesse arc-en-ciel au fil du temps.

Et peu à peu, plus je côtoyais d’humains, plus ma notoriété augmentait, m’attribuant des dons que je ne me savais posséder. J’étais ainsi devenue une figure de déesse de la mort comparable à celle d’Anubis. Flatteur n’est-ce pas ? Et s’accompagnant de la Mort, venait le Temps et la destinée.

C’était là le rôle que l’on m’avait donné, une divinité passant les âges, immortelle.

Faisant la rencontre de l’un des premiers pharaons, devenant l’un de mes premiers amis.

Apprendre l’écriture cunéiforme, fut une innovation dans mon existence.

J’assistais plus tard à la construction de grands monuments : les pyramides. Je vis défiler les dynasties, sans interférer… Je vis la prospérité s’installer dans la région sous le nouvel empire, tout comme j’en vis la fin.

Épuisée de ces années en ce qui deviendrait plus tard l’Egypte, je quittais cette terre qui m’avait accueillie si longtemps, au profit de la future Grèce.

La civilisation Mycénienne, la future Grèce antique fut un lieu nouveau pour moi. Je crois bien que cette terre fut ma préférée d’ailleurs. Tout comme les Égyptiens, beaucoup m’assimilèrent au Temps, à la mort et à la destinée. Il fut également inutile de nier mon immortalité…

Cependant contrairement à l’Egypte, la guerre ne cessait jamais. Ce fut pourtant un plaisir pour moi d’y participer, et d’assister aux premier jeux olympiques huit siècles avant l’ère grégorienne.

L’alphabet Grec, fut salvateur après tant de batailles auxquelles je participais de temps à autre.

Mon premier royaume fut celui d’Athènes, j’y fut érigée au rang de reine, et alors je me mariais pour la première fois, Égée, fut mon premier époux.

A ses côtés, j’eût deux enfants, qui contrairement à moi ne semblaient pas être immortels, mais néanmoins vécurent bien plus d’années qu’un humain normal.


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