Vil-King

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Résumé

Les Danois sont sur les routes. La guerre est aux portes du village d'Astrid. La viking s'inquiète pour son mari – le jarl –, son fils et les villageois qu'elle considère comme sa famille. Un dilemme lui sera imposé mais son choix sera-t-il le bon ? Arrivera-t-elle à sauver son village et ceux qu'elle aime, où les fera-t-elle sombrer avec elle ? Amour, combats sanglants, tensions, voyages et vikings sexy sont au rendez-vous.

Genre :
Romance/Action
Auteur :
Andora
Statut :
Terminé
Chapitres :
92
Rating
4.7 3 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 (partie 1)

Le sang pulse dans mes veines. L’adrénaline rampe en moi tel une vipère en chasse, tel la fourberie dans les veines du dieu Loki s’insinuant de partout sous ma peau.

Le tintement brutal du fer qui rencontre le métal s’élève autour de moi. La lourde chaleur qui m’entoure et m’agresse est presque insupportable, étouffante, les odeurs de la forge rendant l’air irrespirable. Ma peau est couverte de sueur dont quelques gouttes me coulent sur les tempes et dans la nuque. Ma robe est pleine d’éclats de métal froids, de poussière et de terre.

J’abats à nouveau le marteau de fer tel Völund, notre dieu forgeron contre le métal chauffé à blanc de ma future épée. Le temps de la guerre a sonné et l’ennemi s’avance pas à pas, champs après champs, collines après collines, vers nos terres. Nous devons nous battre contre cet ennemi venu des mers et le vaincre. Nous devons combattre pour nos ancêtres qui ont bâtis nos murs, nos foyers. Pour nos hommes, nos femmes et nos enfants. Pour nos familles et nos amis. Nous devons combattre l’ennemi que l’on appelle les Danois. Nous devons détruire ces monstres assoiffés de sang, des monstres envieux de combats. Ils pillent les villages, massacrent parents, hommes et enfants, et prennent les femmes comme esclaves. Pour tous ceux qui sont morts de leurs mains, nous devons nous battre, les repousser, les épuiser et les massacrer.

J’abats à nouveau le marteau contre ma lame qui se forme peu à peu sous les nombreux coups que je donne. Ma rage accompagne chacun de mes gestes. Les mouvements répétés sont comme le tourbillon que forment le soleil et la lune chaque jour et chaque nuit. Ils nous montrent que le temps passe lorsqu’ils tournent et si, certains s’en réjouissent parce qu’ils vieillissent et grandissent, aujourd’hui ils nous rappellent que l’ennemi n’est plus très loin et que le sang va bientôt recouvrir nos plaines vertes et sauvages.

Épuisée, je passe un linge précédemment attaché à ma ceinture de cuir qui entoure mes hanches, sur mon front et mes tempes pour essuyer la couche d’eau séchée qui recouvre ma peau. Je regarde autour de moi, nous sommes une dizaine à battre le fer pour forger de nouvelles armes. Étant une femme, je ne devrais pas participer aux combats qui auront lieu, mais étant la femme du jarl de ces terres, personne ne s’est opposé à mon choix, pas même Knut, mon époux.

Je m’apprête à frapper à nouveau la lame de mon épée lorsque la porte de la forge s’ouvre dans un grand fracas, stoppant tous bruits et mouvements autour de moi. Je vois cette femme que je connais si bien courir vers moi. Sa robe est sale et ses mains sont tachées de sang. Elle accoure vers moi et mes pensées relient directement ce que je vois à un quelque chose que je redoute depuis longtemps. Par les dieux, dites-moi que les Danois ne sont pas encore à nos portes ! Nous ne sommes pas près et… Oh non. Rolf !

Je laisse mon arme sur son enclume et sors en vitesse de la forge sous le regard curieux de tous les hommes présents qui ne semblent pas se préparer au combat. Ils devraient paniquer au lieu de me fixer partir en courant !

Je traverse le village pour arriver devant ma cahute. J’entre par la porte principale et découvre Knut et Rolf en train de s’entraîner au maniement des armes. Le métal de leurs deux épées se rencontre et un tintement strident résonne dans toute la salle principale de ma demeure. De ce que je vois, personne n’est blessé. Je regarde alors la table majestueuse qui sépare la pièce en deux et y découvre un lapin dépecé. Je pense que le sang présent sur les mains et la robe de Freya provient de l’animal qu’elle a tué pour le repas et non du corps de mon mari ou de celui de mon fils. Une vague de soulagement frappe ma poitrine et j’ai l’impression de respirer à nouveau.

La porte derrière moi se referme sur le corps essoufflé de Freya, l’esclave qui s’occupe de Rolf lorsque Knut et moi ne sommes pas libres. Le grincement du bois sous nos pieds attire l’attention des deux hommes de ma vie. Rolf tourne la tête dans ma direction, jette son épée au sol et court vers moi.

- Maman ! Hurle-t-il. Papa m’apprend à combattre à l’épée pour pouvoir te défendre contre les Danois !

Je réceptionne mon fils lorsqu’il se jette sur moi tout en lançant un regard noir à Knut. Nous nous sommes enfin mis d’accord hier soir – après des jours de disputes – sur le fait d’entraîner notre fils à la guerre. Il est beaucoup trop jeune pour assister aux scènes sanglantes que nous réserve les combats contre les Danois. Il est hors de question que mon fils parte sur le champ de bataille alors qu’il n’a que huit ans. Knut s’approche de nous en ramassant l’arme de Rolf au sol.

- Il est assez grand, ma chérie, me dit mon mari.

Je pose mon fils au sol et ordonne à Freya de l’amener dans une autre pièce immédiatement. J’ai bien l’impression qu’une lourde dispute s’impose de nouveau à nous. Si Knut ne prend pas en compte nos discussions, nous n’y arriverons jamais. Nous n’avons pas le temps de nous disputer sur un sujet que nous avons évoqué de nombreuses fois. Nous devons nous préparer à l’attaque des Danois. Je refuse que mon fils combatte contre ses monstres mais Knut ne semble pas prendre ma demande en compte.

- Il n’en est pas question et il n’y a pas de « ma chérie » qui tienne, Knut. Tu as peut-être combattu avec ton père dès ton plus jeune âge mais je refuse de perdre Rolf. Il ne survivra pas contre les Danois, tu le sais parfaitement.

Sa réponse n’attend pas.

- Astrid, il est prêt. Je ne suis pas fou, je sais que Rolf peut combattre. Il ne mourra pas, cesse donc de t’inquiéter pour lui. Et s’il doit mourir au combat, ainsi soit-il. Il rejoindra alors la table du puissant Odin au Valhalla accompagné par les Valkyries.

Je secoue la tête exaspérée d’avoir encore une fois cette conversation avec cette tête de mule qui me sert de mari. Je ne laisserai pas mon fils partir en guerre. J’ai l’impression que Knut pense facilement vaincre les Danois. Et qu’est ce que ça veut dire S’il doit mourir au combat, ainsi soit-il… Il se moque de perdre son unique enfant ? Je sens les larmes me monter aux yeux et je me détourne de mon mari pour lui cacher ma tristesse une fois de plus.

Sans dire un mot de plus, je le laisse seul dans la grande salle de notre cahute et me dirige vers la couche de mon fils. J’y entre mais Rolf ne s’y trouve pas. Je sens un plis se former sur mon front à cause de mon froncement de sourcils, où est-il ? J’avais pourtant ordonné à Freya de l’accompagné dans une autre pièce – certes je n’ai pas précisé laquelle – mais je pensais qu’elle allait le conduire là où il dort.

Par les dieux... Non !