Chapitre 1 : Fers à cheval et arcs-en-ciel
Le point de vue d’Arabella ~
Ma mère ! Elle me dépose comme ça, pile devant le château du roi. Sebastian McCallum... Mon compagnon et coureur de jupons professionnel. Et c’est à moi de le convaincre que les âmes sœurs existent vraiment... et que c’est moi ! Je vais bien m’amuser !
Mais au moins, elle m’a donné une robe magnifique ! Un modèle épicé, bleu roi avec des fils d'argent... dos nu et col bénitier. On voit juste assez de décolleté sur les côtés pour que ce soit sexy, avec une fente sur la jambe droite jusqu’à la hanche. Ça va parfaitement avec mes yeux bleus et mes cheveux de platine qui m'arrivent à la taille. Mon seul regret, c’est qu'elle ne m'ait pas donné sa taille... Je ne fais qu’un mètre cinquante-sept. *Soupir*
Je m'appelle Arabella Sirces. Ma mère est la Déesse de la Lune. Mon père était l'Alpha de la meute de Silver Moon... jusqu'à ce qu'il soit assassiné dans son sommeil par sa compagne et l'amant de celle-ci. Je sais que Sebastian est mon âme sœur depuis que j'ai dix ans. Cela fait huit ans maintenant. Et ma mère a décidé que je devais l'observer depuis son royaume chaque fois que je lui rendais visite. Merci, maman ! J'en suis marquée à vie ! Alors, me voilà... devant le château, à traîner avant d'entrer. J'ai presque quarante-cinq minutes de retard sur le début du bal. Pourquoi, vous demandez ? Parce que ma mère a dit que je devais faire une entrée remarquée.
Le but de ce bal est que mon âme sœur choisisse sa partenaire pour la vie. Eh oui... mon futur compagnon de vingt-cinq ans a décidé qu'il était temps de se marier. Enfin bref ! C’est maintenant ou jamais, et j’entre. Un vieil homme élégant se tient juste après l'entrée. Il me demande mon nom et mon invitation. Je la lui donne. Il la lit et la tend au jeune homme à côté de lui en disant : « Annoncez-la », puis il me dit : « Suivez-le. » Alors, j'y vais... après tout, pourquoi pas ?
Les gardes ouvrent les doubles portes. Le jeune homme me fait signe d'avancer et m'arrête en haut d'un immense escalier. Aramis me dit : « C'est un vrai truc de Cendrillon, là », et je souris. Le jeune homme prend un micro et annonce à la foule : « Lady Arabella Sirces, de Silver Moon. » Et il ne me reste plus qu'à descendre mes fesses joyeuses sur au moins mille marches !
Ne tombe pas ! Ne tombe pas, Bella... tu peux le faire... tu n'as pas envie de finir sur le cul ! Alors que je finissais de m'encourager intérieurement, je réalise que je suis en bas des marches et que tous les regards m’ont suivie. Bonjour le moment de gêne ! Un monsieur s'est approché de moi et m'a dit : « Permettez-moi, Milady », en me tendant la main, paume vers le haut. Je l'ai prise et il m'a conduite vers le bar. Il a dit : « Beta Royal Kaiden Black, à votre service. » J'ai souri et répondu : « Vous connaissez déjà mon nom. » Il a acquiescé avec un sourire.
L'air autour de moi s'est soudain rempli d'une odeur incroyable d'herbe coupée et de menthe. J'ai baissé la tête. Putain... déjà ? Bon... on y va ! Amaris danse dans ma tête. J'ai dit : « Je t'aime Mari... sois patiente avec moi. » Elle m'a répondu : « Tu peux le faire ! » Je me suis retournée lentement. Je l'ai détaillé des pieds à la tête, de ses chaussures en crocodile à son pantalon de smoking bien coupé, sa chemise blanche impeccable et sa veste qui tombait si bien sur ses épaules que j'ai senti ma pussy se contracter. Et quelle ironie ! Sa cravate bleu roi ! J'ai remonté mon regard jusqu'à son visage magnifique. Une mâchoire forte. Des lèvres charnues. Un nez parfait. Et j'ai plongé mes yeux dans les siens... verts avec des reflets dorés ! Ses cheveux noirs brillants lui arrivaient aux épaules, attachés en un manbun très stylé.
Sa voix grave et veloutée a dit : « Tu as fini ? » J'ai ri et j'ai répondu : « Ouaipp... Pas mal, mais j'ai déjà vu mieux. » On a laissé échapper nos odeurs un court instant. Juste assez longtemps pour qu'il sente la mienne et que je puisse voir sa réaction. C'est pervers, je sais... mais il n'a jamais rencontré personne comme moi. Il a intérêt à s'accrocher ! Il est resté à me fixer pendant un long moment. Puis il a regardé Kaiden et a dit : « Prépare une chambre pour celle-là aussi », avant de faire demi-tour.
J'ai ri. Il s'est retourné et m'a lancé un regard noir. J'ai dit d'un ton mielleux : « Je m'appelle Arabella. » Il a répondu : « J'ai entendu... et alors ? » J'ai répliqué : « Je ne voulais juste pas que tu me confondes avec toutes tes traînées. » Et j'ai entendu Kaiden ricaner.
Sebastian a simplement tourné les talons et est parti. Kaiden a dit : « Jolie première impression. » J'ai ri et j'ai répondu : « Je ne suis pas là pour l'impressionner. C'est mon âme sœur et il finira par s'en rendre compte ! Maintenant, danse avec moi ! »
On est allés sur la piste et Kaiden m'a dit : « Tu viens de rendre ma vie beaucoup plus intéressante ! Est-ce que le roi est au courant ? » J'ai répondu : « Il s'en doute... j'ai libéré mon odeur pendant quelques secondes. Il est en train de gamberger ! Tu n'as pas le droit de lui dire... ce serait tricher. » Je lui ai fait un sourire coquin et il a dit : « Laisse-moi te remercier pour les fous rires que ça va m'apporter. » Et j'ai ri. Il m'a fait faire un tour sur moi-même et j'ai entendu Sebastian derrière moi, demandant à changer de cavalier.
J'ai dit à Kaiden que je le retrouverais au bar après... j'allais avoir besoin d'un verre. Il a ri en partant d'un signe de la main. Je me suis retournée pour faire face à Sebastian. On a pris position et on a commencé à bouger sur la musique. Il est resté silencieux une minute. Puis il a dit : « S'il te plaît, évite de passer trop de temps avec Kaiden. Il se déconcentre facilement. » J'ai rigolé et j'ai dit : « Oh, je ne sais pas. Je pense qu'on va devenir de bons amis ! » Il a répondu : « Il n'a pas besoin de plus d'amis. Et tu es ici pour que je détermine si tu ferais une épouse convenable. » J'ai encore ri ! Et j'ai dit : « Je sais que je suis convenable... pour toi, on attend encore de voir. » Et je suis partie chercher Kaiden et un bon verre de whisky bien corsé !
Je suis arrivée au bar et j'ai commandé mon whisky. J'en ai bu une gorgée en observant la salle. J'ai repéré Kaiden qui parlait à un autre bel homme, presque de la même taille. Ils se sont dirigés vers moi. Il m'a demandé : « Alors, ça s'est passé comment ? » J'ai ri et j'ai dit : « On m'a prévenue de ne pas rester avec toi parce que tu es facile à distraire. »
Ses yeux se sont écarquillés et j'ai souri. L'homme qui l'accompagnait m'a tendu la main en disant : « Salut ! Je suis le Gamma Royal Brayden Collins. » J'ai dit : « Ahhh, le protecteur de la Luna. Eh bien, je sais me protéger toute seule, mais je serais fière de t'avoir comme ami. » Et je lui ai serré la main. Il a souri et a demandé : « Alors, tu as décidé de devenir la Reine Luna ? » J'ai répondu : « Nooon... c'est une décision qui appartient à notre Déesse... » Brayden a ri : « Les âmes sœurs ? C'est encore d'actualité chez vous ? » J'ai dit : « C’est d’actualité partout dans le monde... Ce n'est pas parce que les gens ont décidé d'ignorer ses enseignements et ses ordres que c'est moins vrai ! » Et j'ai souri gentiment.
Puis j'ai demandé : « Pour combien d'autres filles a-t-il prévu des chambres, Kaiden ? » Il a répondu : « Il y en a vingt, toi comprise. Demain matin, vous vous réunirez toutes dans le grand salon pour convaincre le Roi de vos mérites. » J'ai éclaté de rire : « Je ne vais pas me vendre à mon âme sœur... il découvrira mes "mérites" en apprenant à me connaître. » Brayden a ajouté : « Mais c'est une compétition et tu dois participer. Le roi Sebastian a déjà trois favorites vers lesquelles il penche. »
Kaiden a dit : « Les épreuves prouvent ta valeur. » Ma valeur ?? Je connais déjà ma valeur... Amaris me dit de simplement découvrir ce qu'on doit faire. Je veux mon Eros ! J'ai regardé les gars et j'ai demandé en quoi consistaient les épreuves. Brayden a pris la parole : « Vitesse, force et endurance. Il y aura aussi des combats contre les autres dames pour prouver tes talents de guerrière. Tir à l'arc, carabine et pistolet. Talents et compétences... savoir cuisiner, danser ou jouer de la musique... des choses qu'une femme doit maîtriser. » J'ai répondu : « Putain de merde ! Je dois aussi lui prouver que je peux lui essuyer le cul ? » Ils ont tous les deux éclaté de rire et ont dit : « Nooon. » Et j'ai conclu : « Eh bien... fers à cheval et arcs-en-ciel dans le cul, alors ! »