La compagne du Lycan

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Résumé

Lana est étudiante dans une petite université de l'arrière-pays Canadien. Le week-end qui précède la rentrée, elle et son amie sont invitées à une fête chez un étudiant qui habite dans un endroit reculé. En rentrant, Lana est au volant et son amie ivre morte et allongée à l'arrière. Quand un pick-up leur rentre dedans sur la route déserte et pousse Lana dans le fossé. Blessée, mais sortie de sa petite voiture sans ménagement, elle reconnait son agresseur comme un homme qu'elle avait repoussé en sortant de la fête. En la tirant par un bras, il l'emmène dans la forêt où va commencer son calvaire.

Statut :
Terminé
Chapitres :
38
Rating
4.8 119 avis
Classification par âge :
18+

Papa, maman, j'arrive.

Inséparable, était le mot qui qualifiait le mieux la relation de Lana et Evy. Depuis leur première année au collège, elles ne s’étaient jamais quittées. C’était vendredi soir, les deux jeunes filles étaient arrivées quelques heures plus tôt pour prendre possession de leur chambre, sur le campus de l'université d'Athabasca. Elle se préparait pour la première fête de l'année en chantant joyeusement "Call me maybe". La fête allait se dérouler chez Noah Adams, le meneur vedette de l’équipe de basket de l’université. Malgré son succès, il était étonnamment sérieux avec sa conduite envers les filles, un spécimen rare de la gent masculine. Pourtant, avec sa plastique remarquable, il aurait pu avoir des dizaines de filles à ses pieds ; très grand, musclé, blond avec des yeux bleus et un sourire à tomber. Mais, Noah était juste un ami sympathique. Au grand désespoir de ses groupies, qui étaient très nombreuses sur le campus. Il était également très apprécié pour les nombreuses fêtes qu’il faisait chez lui.

-Ce soir, je rencontre mon futur mari, cria Evy.

Lana secoua la tête, en riant devant les facéties de son amie. Elle faisait partie de l’équipe d’athlétisme du campus, ce qui en faisait la sportive de leur duo. Evy était la girly, toujours aux pointes de la mode. Bien qu’amies, elles étaient très différentes. Lana mesurait un mètre soixante-dix et avait un corps mince et élancé, tandis que son amie faisait dix bons centimètres de moins et avait un joli petit corps aux formes pulpeuses. Lana était brune aux yeux verts et Evy était blonde aux yeux bleus.

-Je vais tellement être sexy ce soir, que je vais leur brûler la rétine, s’écria cette dernière.

Lana éclata de rire, en enfilant un jean skinny noir et un croc-top doré à fines bretelles. Evy opta pour une robe bustier rouge, qui lui arrivait aux genoux avec une fente sur le côté. Pour le maquillage, Lana était assez rapide, car elle ne portait que du mascara. Donc, après avoir attaché ses longs cheveux en queue haute, elle se jugea prête. Son amie, en revanche, mit plus de temps, le maquillage pour elle était un art. Lorsqu’elle s'estima parfaite, elles purent enfin quitter leur chambre universitaire et aller jusqu’à la voiture de Lana.

Noah habitait à environ quarante minutes du campus. La région était très boisée et il n’était pas rare de rouler sur des kilomètres sans croiser un autre véhicule.

-Meuf, je suis contente que tu sois au volant, j’ai horreur de conduire dans ce genre d’environnement.

-Ça ne me dérange pas, j'aime conduire.

Lana resta pensive et sourit.

-Quand j'étais petite, mon père me prenait sur ses genoux et me laissait croire que je conduisais la voiture toute seule.

Evy regarda son amie, tristement

-Tes parents te manquent toujours, n'est-ce pas ?

-Hum, chaque jour, depuis leur départ, répondit-elle.

Après un petit moment de silence, Evy essaya de mettre la radio, mais ne trouva aucune station. Elle renonça et tenta d’avoir de la musique avec son portable, mais il n’y avait pas de connexion.

-Quoi ! Qu’est-ce que c’est que cet endroit pourri ? S’écria-t-elle. On n'est quand même pas sur Mars. Pourquoi n'y a-t-il pas de connexion ?

Lana éclata de rire.

-Ce n'est pas grave, on arrive.

Cinq minutes après, elles étaient devant la propriété familiale de Noah. C'était une magnifique maison de style colonial, la façade blanche, les colonnes, tout y était. Ses parents étaient tous les deux magistrats et ça se voyait.

Dès qu’elles sortirent de la voiture, la musique les accueillit. Evy commença à danser, ce qui fit rire Lana, qui était beaucoup plus réservée.

La porte était ouverte et il y avait déjà beaucoup de monde à l’intérieur. Noah vint les recevoir, avec sa carrure imposante, on le voyait arriver de loin. Et, comme à son habitude, il avait le sourire aux lèvres.

-Ça va, les filles ? Je suis content de vous retrouver cette année.

-Ça va, mais on ne capte rien ici, se plaignit Evy.

Noah sourit et expliqua.

-Cela convient à mes parents, qui après deux semaines dans les tribunaux, ont envie de se mettre au vert le temps d'un week-end. Ça leur permet de recharger leurs batteries.

Il les invita à entrer et s'excusa quand on l'appela.

Les filles saluèrent leurs camarades des années précédentes et allèrent se chercher à boire. Lana se servit du soda, car elle n'aimait pas être ivre, mais son amie attaqua immédiatement l’alcool. Elle lui adressa un regard plein de reproches, Evy s’écria.

-Oh, ne commence pas à faire la moralisatrice, laisse-moi me soûler tranquillement. De toute façon, ce n’est pas moi qui conduis.

Lana secoua la tête, puis elles allèrent danser avec les autres invités. Quelques heures après, Lana commença à ressentir la fatigue. Evy était assise dans un fauteuil et lui fit signe de la rejoindre.

-Tu vois le gentil garçon là-bas ? Lui demanda-t-elle, d'une voix vaseuse.

-Lequel ? Demanda Lana.

-Avec la chemise bleu ciel.

-Eh bien ?

Complètement ivre, Evy se mit à rire et lui claqua le bras.

-Je crois que tu lui plais, il n'arrête pas de te manger des yeux. Allez, sois une warrior, va lui parler.

Bien que du même âge que son amie, Lana avait gardé un côté sage et enfantin. Elle n'était jamais sortie avec un garçon et était même plutôt timide à ce niveau-là.

-Mais non, tu es folle. Je ne le connais pas du tout, c'est hors de question.

Son amie la bouscula de l'épaule.

-Rhooo, allez, décoince-toi, il est mignon. Et, puis, un petit coup d’un soir, ça te ferait du bien, ricana Evy.

Lana souffla.

-Tu vois, c’est pour ça que je n’aime pas ces soirées. Vous ne savez pas vous amuser sans vous imbiber d’alcool.

-Lana, tu es mon amie et je t'aime. Mais, tu n’es vraiment pas marrante, essaya d’articuler Evy.

-En revanche, heureusement que je suis là pour te ramener. Parce que, vu ce que tu t’es encore mis, ma pauvre, tu ne risques pas de pouvoir rentrer par tes propres moyens. N'importe comment, demain, je ne veux pas t'entendre te plaindre du mal au crâne. Viens, allons prendre l'air, ça te ferait du bien.

Evy la repoussa.

-Mais, non, laisse-moi, je veux trouver un beau matou pour ma petite chatte.

-Beurk Evy ! Je n’ai pas besoin d’entendre ça, s'exclama Lana.

Son amie voulut la pousser pour plaisanter, mais elle faillit se retrouver sur le carrelage. Ce qui la fit éclater de rire.

-Je crois que j’ai un peu trop bu.

-Tu crois ? Demanda Lana, qui eut juste le temps de s’écarter afin d'éviter que son amie lui vomisse dessus.

-Bon, allez, ça suffit maintenant, on rentre, décida-t-elle.

Dès qu'elles franchirent la porte de la maison. Un homme, plus âgé que tous les autres participants de la fête, s'approcha rapidement d'elles

-Je peux vous aider ?

Lana se tourna pour voir de qui il s'agissait et aussitôt fronça les sourcils. L'homme qui était en face d'elle ne lui inspira pas du tout confiance, et sa façon de les regarder, elles et son amie, la mit mal à l’aise.

-Non, merci, je me débrouille.

-Mais, si, j’insiste.

Lana prit son courage à deux mains et le regarda bien en face pour lui dire fermement.

-Écoutez, je vous ai dit, non. Alors, à présent, dégagez.

L’homme plissa les yeux et fit un sourire effrayant, avant de s'adresser à elle d'une voix menaçante.

-Je vais t’apprendre à t’adresser à moi avec plus de respect, petite salope.

De là où il se trouvait, Noah s'aperçut que quelque chose n'allait pas du côté des deux filles. Il laissa la fête et se pressa de les rejoindre.

-Lana, ça va ?

-Oui, mais ton copain là, ne comprend pas quand on lui dit non.

Ils se tournèrent ensemble, mais le gars avait disparu.

-Enfin, peu importe. Il était lourd et menaçant.

Noah soupira.

-Écoute, je vais vous raccompagner à la voiture. Depuis le début de la fête, plusieurs filles se sont plaintes d'un homme très insistant. Aussi, quand j’ai vu que vous aviez l’air d’avoir des problèmes avec quelqu’un, je suis venu immédiatement. Des garçons l'ont attrapé et lui ont demandé de partir. Et, pour ma part, je peux t'assurer que, même avec le peu que j'ai vu de lui, cet homme ne fait pas partie des invités. D'ailleurs, il a facilement dix ans de plus que nous tous.

Lana écarquilla les yeux.

-Quoi, ce n’est pas un de tes amis ?

Noah secoua la tête et prit l'autre bras d'Evy.

-Non, je ne l’ai jamais vu. Je suis désolé que vous soyez toutes les deux tombées sur lui. Depuis quelque temps, un ou plusieurs mecs viennent s'incruster. Ensuite, soit, ils déclenchent des bagarres, soit, ils sont effrayants et mettent une mauvaise ambiance, comme celui de ce soir.

Arrivés à la voiture, ils installèrent Evy sur la banquette arrière, puis Noah attendit que Lana ait mis le contact pour la saluer. Dès qu'elle rejoignit la route, elle alluma les pleins phares. Evy commença à ronfler, ce qui fit rire son amie. Pendant dix minutes, elle était vraiment seule sur la route, jusqu'à ce qu'elle aperçoive, au loin, les phares d'un autre véhicule. Ça la rassura, car si jamais elle avait un problème avec sa voiture, Evy et elle pourraient avoir besoin d'aide. Mais, le véhicule arrivait beaucoup trop rapidement. C'était un gros pick-up, facilement quatre fois plus gros que la petite voiture de Lana. Il se colla à l’arrière et commença sérieusement à lui faire peur. Tout à coup, il y eut un choc à l'arrière.

-Merde ! Cria-t-elle. Evy, Evy, réveille-toi.

Plusieurs autres chocs suivirent. Lana réussit malgré tout à garder sa voiture sur la route. Puis, le pickup commença à la pousser et accéléra. La jeune fille garda fermement les mains sur le volant, mais malgré tous ses efforts, finit sa course contre un arbre.

Lana était pratiquement assommée, car sa tête avait fortement cogné contre son volant. La ceinture de sécurité lui comprimait les côtes et l'empêchait de respirer correctement. Sa tête pesait lourd et elle y voyait trouble. Quelque chose de chaud coula sur ses paupières. En tremblant, elle porta la main à son front et sentit une grosse coupure, un frisson la parcourut. Soudain, elle se rappela que son amie n'était pas attachée.

-Evy, réussit-elle à articuler. Evy réponds-moi.

Elle tendit l’oreille et eut la surprise de l’entendre encore ronfler. Ce qui finalement était un soulagement.

La porte, côté passager, s'ouvrit brusquement. Lana sursauta.

-S’il vous plaît, aidez-nous, demanda-t-elle, d'une voix rauque.

Il y eut un rire sinistre, puis cette voix.

-Tu fais moins la fière, maintenant. Hein, petite salope.

C’était le gars de la fête ! La lumière d'un portable éclaira l'habitacle, il sortit un couteau à cran d'arrêt de sa poche et trancha la ceinture. Ensuite, il agrippa durement Lana par un bras et la tira comme un sac de chiffons, sans se préoccuper que sa jambe était coincée. La jeune femme était tellement dans le coton, qu'elle n'arriva pas à lui dire. Mais, lui, quand il sentit une résistance, ne fit pas de sentiments, il tira plusieurs fois, si brutalement que l'articulation de sa hanche se disloqua.

Lana hurla de douleur.

-Ta gueule, grosse pute, cria l’homme, d’un ton agressif. Tu as voulu jouer avec moi. Ben, nous allons jouer à présent.

Quand il l'eut sortie de la voiture, il la traîna par un bras et ils s'enfoncèrent profondément dans la forêt qui bordait la route. Sans écouter ses cris de douleur et ses supplications, il tirait sa victime sur le sol, où les branches, les cailloux déchiraient son pantalon et lui arrachaient la peau.

Puis, il s'arrêta.

Dès lors, les coups commencèrent à pleuvoir, il lui en asséna plusieurs au visage. Lana sentit son nez se casser, ses paupières se remplir de sang. Des coups de pied dans l’abdomen firent céder ses côtes. Au bout d’un moment, à se prendre des coups d'une violence inouïe, même s'il continuait à la frapper, elle ne sentit plus la douleur. Elle sentit que son corps était en train de la lâcher.

-Papa, maman, j’arrive, murmura-t-elle.

Le gout du sang lui remontait dans la bouche et elle s'étouffa presque avec. Tout à coup, ça s’arrêta. Il y eut un grand silence, la forêt était sinistrement silencieuse, jusqu'à ce qu'elle entende le bruit d'une boucle de ceinture.

-Maintenant, je vais te sauter, comme la sale pute que tu es, cracha l'homme.

Lana voulut crier, mais un gargarisme écœurant sortit de sa gorge.

Un hurlement sinistre déchira le silence de la nuit, elle se dit que les loups avaient certainement senti l'odeur du sang et venaient se repaître de son cadavre.

-Putain ! Cria son agresseur.

Puis, il y eut des bruits de pas précipités. Son agresseur était-il parti ? Allait-il recommencer à la frapper ? Lana se concentra pour écouter les bruits autour d'elle. N'entendant rien bouger, elle soupira. Enfin, dans son malheur, il y avait au moins quelque chose de positif, elle n’avait pas été violée. Mais, sa souffrance était telle qu'aucun mouvement ne lui était possible, même respirer lui était insupportable. Il lui semblait vivre ce supplice depuis des heures et n'en pouvait plus, il fallait que ça s'arrête. La mort lui apparut soudain comme une douce délivrance. De toute façon, qui pourrait la trouver et la secourir ici ? Son agresseur l'avait tiré sur une longue distance à l'intérieur de la forêt.

Un bruit de cavalcade lui vint aux oreilles et une voix gutturale dit.

-Alpha, du sang.

-Oui, répondit un second, et toujours avec ce timbre de voix bizarre, profond et rocailleux.

-Là, dit une autre voix. Putain ! C’est une humaine !