LA ROSE ET LE REVOLVER (En correction et remis a jour ))

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Résumé

Dans les rues étroites de la Toscane, je suis prisonnière d'un destin que je n'ai pas choisi. Mariée de force à Matteo, un homme de la mafia aux secrets sombres, je me retrouve prise au piège dans un monde de violence et de trahison. Mon mariage est un pacte avec le diable, une union dictée par la cruauté des hommes et les intérêts de leurs familles. Mais au cœur de cette noirceur, une lueur d'espoir se dessine : l'amour interdit qui pourrait tout bouleverser. Suivez mon parcours tumultueux, entre désir et danger, alors que je défie les conventions pour trouver mon propre chemin dans ce monde impitoyable."

Genre :
Romance/Drama
Auteur :
CAROLE73
Statut :
Terminé
Chapitres :
42
Rating
4.7 32 avis
Classification par âge :
18+

1.PROLOGUE❤️ 18 ans aujourd'hui 01

Avertissement : Ce livre contient des scènes de sexe explicites, des fessées et des comportements dominants/soumis qui pourraient ne pas convenir à tous les lecteurs. Il est destiné à un public averti. 


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PROLOGUE


SOPHIA

Je m’appelle Sophia De Lucas !

Sophia, mon prénom, signifie “sagesse” en grec.

J’aime à penser que je porte bien mon nom, que je suis une personne réfléchie et avisée.

Je suis née le premier jour du printemps, comme une rose qui s’épanouit sous les premiers rayons du soleil.

Mais contrairement à cette image idyllique, ma vie n’a pas été un long fleuve tranquille.

Mes parents ne m’ont jamais aimée, du moins, c’est ce que j’ai toujours ressenti.

Je n’ai jamais été à la hauteur de leurs attentes, jamais assez belle, jamais assez intelligente, jamais assez douée..

Et surtout je suis une fille !

Je me suis souvent sentie seule et abandonnée, mais j’ai appris à puiser ma force et ma sagesse en moi-même.

J’ai appris à m’aimer et à me respecter, à prendre mes propres décisions et à assumer les conséquences de mes actes.

Je suis Sophia, une femme forte et sage, une mais aussi une fille blessée .

Je suis prête à affronter tous les défis que la vie me réserve.

Je fais partie du clan De Lucas.

Aujourd’hui, nous sommes le 21 mars, le premier jour du printemps, et c’est surtout mon anniversaire !

J’ai enfin 18 ans !

Cela ne me rend pas plus libre pour autant au sein de ma famille, mais je suis quand même contente de me dire que je suis une adulte !

Je suis la seconde d’une famille de cinq sœurs, au plus grand désespoir de mon père qui n’a jamais réussi à avoir de fils avec ma mère !

Il y a ma sœur aînée, Elena, a 22 ans. C’est une personne très protectrice et responsable, presque maternelle avec nous. Elle est l’aînée, alors elle a souvent pris les rênes dans les moments importants. Toujours là pour écouter, elle est aussi très ambitieuse, avec un emploi du temps chargé, mais elle trouve toujours du temps pour nous.

Moi, j’ai 18 ans aujourd’hui. Je suis souvent considéré comme le lien entre mes petites sœurs et notre aînée. Un peu plus indépendant qu’elles, j’essaie aussi de leur montrer l’exemple, mais j’aime aussi les taquiner et les protéger à ma manière.

Giulia, qui a 16 ans, est pleine d’énergie et d’audace. Toujours la première à relever un défi, elle a un caractère bien trempé, mais derrière cette façade un peu rebelle, elle est très loyale envers la famille. Elle ne manque pas une occasion de nous faire rire, même si elle peut parfois se montrer un peu sarcastique ou têtue.

Béatrice, qui a 13 ans, est plus rêveuse et créative. Elle est toujours plongée dans un livre ou un projet artistique, et a tendance à s’évader dans son propre monde. Elle est aussi très sensible et attentive aux autres, ce qui fait d’elle une confidente de choix quand quelqu’un a besoin de parler.

Et enfin, il y a Alicia, la petite dernière, âgée de 10 ans. Elle est douce et fragile. Malgré son jeune âge, elle est extrêmement intuitive, et on sent souvent qu’elle capte les émotions des autres avant même qu’ils ne les expriment. Elle est plus timide que nous, et on la protège tous un peu plus, car elle a tendance à se laisser affecter facilement par les conflits ou les tensions.

Malgré nos différences, nous sommes unis par un lien très fort. Nous nous soutenons mutuellement dans les moments difficiles et partageons les joies du quotidien. Chacune de nous a son rôle au sein de la famille, et ces complémentarités nous rapprochent encore davantage. Que ce soit Elena avec son côté protecteur, Giulia et son énergie débordante, Béatrice et sa douceur créative, ou Alicia avec sa sensibilité fragile, nous formons un tout harmonieux, où chacune trouve sa place et se sent aimée les une par les autres.

Ce matin, le ciel est gris et nuageux, et de ma chambre, je peux entendre le chant des oiseaux. Malgré l’atmosphère sombre, leurs mélodies apportent une touche de douceur à la journée. Le calme de la maison se mêle à cette symphonie naturelle, et même si le temps semble un peu morose, il y a quelque chose de réconfortant dans cette scène.

Mais contrairement aux autres jours, leur chant ne m’apporte pas de joie et de réconfort.

Je sais que le soleil ne sera pas au rendez-vous aujourd’hui, et que ce printemps tant attendu sera encore une fois décevant.

Une année de plus !

Ce matin, mon père m’a convoqué dans son bureau.

Je sais déjà que ce n’est pas pour m’offrir un cadeau — je n’en ai jamais reçu, et mes sœurs non plus. Pour un homme mafieux en Toscane, n’avoir que des filles est la pire des malédictions.

Ma mère, quant à elle, ne nous témoigne pas beaucoup d’affection. Elle nous considère comme son malheur, ne manquant jamais de nous le rappeler. Mariée à mon père à seulement 16 ans, elle a eu ma sœur aînée, Elena, peu de temps après. Aujourd’hui, elle pourrait presque être prise pour notre grande sœur, tant elle est jeune.

Mon père, de 15 ans son aîné, est loin d’être un homme facile à vivre. Je sais que ma mère le craint.

Elena va bientôt se marier, un mariage d’amour — chose presque incroyable dans notre monde.

Elle est tombée amoureuse de l’un des fils Bruchenni, une famille influente et respectée. Mon père a immédiatement donné son accord, mais il a ajouté une condition : ce mariage tiendra, sauf si un meilleur parti se présente d’ici là.

Depuis, Elena prie chaque jour pour que ce scénario ne devienne jamais réalité.

Elena est amoureuse, et j’adore la voir dans cet état. Elle est déjà belle, mais l’amour semble la rendre encore plus rayonnante. Ses yeux brillent d’une lueur nouvelle, et son sourire est plus lumineux que jamais.

Je me demande souvent ce que cela fait, d’être amoureux. Ce sentiment qui semble tout transformer, même une personne que je connais par cœur. Cela doit être quelque chose de puissant, de bouleversant, un peu effrayant aussi, mais surtout... merveilleux.

Je suis descendue pour le petit déjeuner, comme tous les matins. Mes sœurs, comme à leur habitude, courent dans tous les sens pour ne pas être en retard à l’école privée de “Sainte Marie”.

Moi, on m’a retirée de l’école il y a peu. Pourtant, j’avais des rêves. J’aurais voulu devenir institutrice, transmettre quelque chose de bien à d’autres, mais aujourd’hui, mes projets se sont évanouis. Un sale pressentiment pèse sur moi, comme une ombre, et je ne peux m’empêcher de penser à ce qui m’attend.

Je déjeune rapidement, sans vraiment avoir faim. Mon estomac est noué à l’idée de ce rendez-vous avec mon père.

Ma mère, quant à elle, ne nous accorde pas un regard. Elle prépare silencieusement un café pour mon père, comme si rien d’autre n’existait autour d’elle.

J’aide mes petites sœurs à terminer de se préparer, puis j’assiste Gaia, notre domestique, à débarrasser.

Cette femme, qui doit avoir la cinquantaine, est une femme extraordinaire, presque une mère pour nous !

Gaia, avec ses cheveux grisonnants toujours tirés en arrière dans un chignon serré, dégage une aura de sagesse et de bienveillance. Son visage est marqué par les années, mais ses yeux brillent d’une lueur douce et réconfortante.

Toujours vêtue de son tablier de travail, elle semble infatigable, veillant sur notre foyer avec dévouement et affection.

Sa voix est douce et rassurante, et ses gestes empreints de gentillesse.

Elle est devenue une figure maternelle pour nous, comblant le vide laissé par notre mère distante.

Toujours prête à écouter nos joies et nos peines, Gaia est bien plus qu’une simple domestique.

Elle est un pilier essentiel de notre famille.

Je me regarde devant le grand miroir qui trône devant le bureau de mon père et j’attends qu’il ait fini au téléphone.

Mes 18 ans ne se voient même pas, j’ai la même tête qu’hier ! Je souris à ma réflexion un peu stupide.

J’ai coiffé mes longs cheveux en un petit chignon qui me donne un air strict.

J’ai les yeux bleus, je suis la seule de mes sœurs à avoir les yeux bleus.

J’ai les yeux de mon arrière-grand-mère qui était française ! J’adorerais me maquiller, mais ici, c’est interdit !

La porte s’ouvre en grinçant et deux hommes en sortent.

Je reconnais immédiatement Alexandro Moretti, un visage que j’ai souvent croisé ces derniers jours. À ses côtés se tient l’un de ses fils, mais je ne parviens pas à les distinguer, leurs visages me sont inconnus.

Aucun des deux ne me jette un regard, comme si j’étais un simple décor dans ce couloir étroit et sombre. Leur indifférence m’importe peu ; j’ai d’autres choses en tête.

Mon père a l’air de mauvaise humeur.

Il me fixe d’un regard pénétrant, et son silence suffit à me faire comprendre que je dois entrer. Il m’indique un siège d’un geste bref, et je m’y dirige presque machinalement avant de me laisser tomber sur la chaise. Il se positionne derrière son bureau, l’air impassible.

L’odeur âcre du cigare envahit la pièce, un parfum qui me serre l’estomac et me fait grimacer. Il tire une bouffée, son regard perçant planté dans le mien, comme s’il cherchait à percer mes pensées.

— Félicitations, Sophia, commence-t-il, une lueur amusée dans les yeux. Je suis ravi de t’annoncer que la date de ton mariage a été fixée.

Il marque une pause, savourant ma réaction, avant de poursuivre avec une lenteur calculée :

— Tu te marieras le 10 avril, juste une semaine avant Pâques.

Je reste pétrifiée, un frisson glacé courant le long de ma colonne vertébrale. Je dois avoir mal entendu.

— Quoi ?

— Tu as bien entendu, répond-il avec un sourire glacial. Nos affaires vont mal. La concurrence est féroce et les conflits entre clans ne font qu’aggraver la situation.

Il se penche légèrement en avant, l’air presque conspirateur :

— En t’unissant à un Moretti, tout cela sera bientôt derrière nous. Nous gagnerons leur protection et, avec elle, une influence qui nous redressera. Pense à cela comme un échange stratégique : ton avenir et celui de notre famille seront assurés.

Il parle, mais sa voix devient un murmure lointain, comme si je plongeais dans un cauchemar dont je ne pourrais pas me réveiller. Les fils Moretti sont connus pour leur dureté ; leur nom inspire à la fois peur et respect dans le monde impitoyable de la mafia toscane.

Je tente d’imaginer quel genre d’homme pourrait être mon futur époux, mais une vague de panique m’envahit à cette pensée. L’idée de partager ma vie avec un inconnu, surtout un homme connu pour sa brutalité, me terrifie.

Pourtant, je sais que je n’ai pas le choix.

— Il en est hors de question !

Ma voix résonne avec une force que je ne me connaissais pas. Je me lève brusquement, le cœur battant, et pour la première fois de ma vie, je fais face à mon père. Il me fixe, son regard se durcit, et il se lève à son tour.

— Tu as dit quoi, Sophia ?

— Je ne me marierai pas pour satisfaire vos ambitions, répliquai-je avec une détermination féroce. Il en est hors de question.

Mon père contourne le bureau avec une rapidité que je n’avais pas anticipée. Son regard, habituellement si intimidant, ne me touche plus ; je suis figée par la peur et la colère.

Je ne vois pas le moment où il retire sa ceinture, mais je ressens brutalement l’impact lorsqu’il m’attrape par les cheveux et me fait basculer. Les coups pleuvent sur moi avec une violence inouïe. Mes hurlements résonnent dans la pièce, je me débats, mais il intensifie la brutalité.

— Tu ne me parles plus jamais comme ça ! rugit-il entre deux coups. Tout est déjà organisé. Tu épouseras Mathéo Moretti le 10 avril, et d’ici là, tu resteras cloîtrée chez nous !

Il me lâche enfin, et je tombe à genoux, tremblante comme une feuille. L’horreur de la situation me submerge, l’idée même de ce qui m’attend me semble irréelle.

— Sors de mon bureau, Sophia !

Sans un mot, je m’exécute, me précipitant hors de la pièce, la douleur et la terreur me paralysant à chaque pas.