Mafia (suite et fin des DARK FORCES)

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Résumé

Romy Vouloir changer de vie, pourquoi pas ? De Pays, c'est encore mieux ! Mais quand le destin vous malmène, lorsque votre petite vie tranquille devient un cauchemar. Que du rêve, vous passez à l'horreur ! Qu'il n'y a plus de retour en arrière... ne vaut il pas mieux baisser les armes et donner sa vie à la mort ? Sylvio On me doit le respect et l'obéissance ! On me doit dévotion et soumission ... je déteste le mensonge ! Mais ce que je hais par dessus tout, c'est que l'on touche à ce qui m'appartient. Je suis le chef de la Mafia Italienne, Don Mancini Sylvio et quiconque ose me défier, le paie de sa vie. Rien ne leur sera épargné, même aux portes de la mort !

Genre :
Action
Auteur :
Charlotte.LYNSEE
Statut :
Terminé
Chapitres :
28
Rating
4.9 19 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 Romy

Attention ce livre est destiné à un public averti. Il contient des scènes de violence, de torture et de sexe. Certaines d’entre elles, peuvent heurter la sensibilité. Je suis responsable de tout ce que j’écris même si je ne le cautionne pas. Ceci est une fiction et doit être perçue comme cela. Toute reproduction est interdite même partiellement. Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite.


Samedi 5 Août 2023, Quarto, salle d’entrainement.

— Ciao Fédérico, como va ? * dis-je (Salut Fédérico, comment ça va ?) *

— Ciao Bella, molto bene e tu ? * (Salut ma belle, très bien et toi ?) *

— Sto bene grazie ! * (Je vais bien, merci !) *

— Vieni per la tua lezione di arrampicata sur roccia ? * (Tu viens pour ton cours d’escalade ?) *

— Sì.

— Ton italien s’améliore de jour en jour, me fait-il avec son accent.

— J’essaie d’être digne de toi Fédérico, je ne voudrais pas te faire honte en public !

— Cattivo * ! (Coquine) *

— Celui-là, je ne le connais pas ?

— Coquine, si tu préfères. Va te préparer, on va à Rocodromo Partenopeo aujourd’hui.

— Waouh ! Cool on va s’entrainer dans l’espace public !

— Arrête de sautiller comme une gamine et magne toi d’aller te changer !

— Sì, mio amore. * (Oui, mon amour) *

— Dio, non dire così,* on va croire que je fais du détournement de mineure ! (Mon dieu, ne dis pas ça) *

— Hé ! J’ai trente et un ans et toi trente-cinq !

— Sì, mais avec ta tête d’ange, on dirait que tu en as quinze !

— Tu exagères Fédérico, comme toujours.

— Qu’est-ce que tu fais encore là ? Va chercher ton matos !

— Oui chef ! dis-je en riant

Je vais jusqu’au vestiaire et récupère mon sac à dos contenant mes chaussons d’escalade (1); mon baudrier (2) ; mon descendeur d’escalade (3) ; ma corde ; mes mousquetons et mes dégaines (4). Les cordes sont fournies par le club. Je rejoins ensuite Fédérico sur le parking et monte dans le minibus neuf places, pour m’asseoir au côté des autres membres. Nous prenons la route vers l’espace public de Rocodromo Partenopeo, qui est situé à vingt-deux kilomètres de notre centre. Arrivés sur place, nous nous regroupons tous autour de Fédérico.

— Un po’ di silenzio, per favore ! un peu de silence, s’il vous plaît ! reprend t-il pour ceux qui ne parle pas très bien italien, comme moi d’ailleurs. Je voudrais vous présenter Alessandro, votre nouveau coach sportif, il nous vient de Rome et il va me remplacer pendant les trois mois que durera mon absence. Il a été classé dans les cinq meilleurs grimpeurs aux jeux olympiques de Tokyo en deux mille vingt et un. Tous les conseils qu’il vous donnera seront bons à prendre. Je vous laisse aujourd’hui entre ses mains pour que vous puissiez faire connaissance !

Je me dirige vers Fédérico encore sous le coup de la surprise.

— Comment ça ? Tu t’absentes trois mois ? Je ne savais pas !

— Il est vrai que tu n’étais pas là lors du dernier cours. J’ai reçu une proposition pour un poste à Palerme. Je serais enseignant là-bas et préparerais les futurs champions olympiques pour les jeux de 2028.

— Mais alors ce n’est pas pour trois mois ?

— J’ai une période d’essai, elle est valable pour eux comme pour moi, si cela me convient et si je leur conviens, je passe titulaire au bout des trois mois.

— Waouh ! Je suis très heureuse pour toi, bien que j’ai une paire de boules énormes de devoir me séparer de mon meilleur prof, je ne sais pas ce que je vais devenir sans toi ?

— Une championne ! Tu es prête pour les jeux de deux mille vingt-quatre, tu as bossé dure ! Continue de t’entrainer surtout, ne lâche rien ! Dans un an, tu nous ramèneras la médaille d’or !

— Tu es très optimiste !

— Non je suis réaliste ! Tu es la meilleure parmi tous les inscrits. N’oublie pas que j’ai étudié chaque grimpeur de chaque pays représenté. L’année prochaine sera la deuxième fois que l’escalade a été intégrée aux jeux olympiques. A Tokyo, il n’y avait qu’une seule épreuve qui combiné la vitesse et la difficulté. La France a séparé l’épreuve de vitesse du combiné, leur permettant ainsi de doubler le nombre d’épreuves et de médailles. Nous avons vu cela ensemble depuis plus d’un an maintenant, tu es prête.

— Mais est-ce que tu seras là ? Nous devions réaliser cela ensemble, tu devais être mon coach ?

— Je sais mais on ne fait pas toujours ce qu’on l’on veut mais ce que l’on peut. Je serais là, mais en tant que spectateur et je te botterais le cul si tu ne me décroches pas cette médaille.

J’ai les larmes aux yeux, Fédérico est mon mentor depuis le début. Je suis arrivée de Nice, il y a maintenant trois ans, juste après le premier confinement dû au COVID, c’était fin mai. Ce qui m’a décidée de venir vivre en Italie ? Mon studio de vingt mètres carrés sous les toits, que j’ai vendu. Pendant un mois et vingt-cinq jours, je n’ai pas pu pratiquer mon sport. J’ai cru devenir dingue entre ces quatre murs. J’avais installé des accroches aux poutres et je m’amusais à me suspendre avec mes mousquetons. La hauteur était loin d’être la même. Si je tombais, ce n’était que d’un mètre cinquante, pas de quoi se casser le cou. Je fais de l’escalade depuis que je sais marcher, je crois. Toute petite déjà, j’escaladais tout et n’importe quoi ! On me retrouvait au-dessus de mon armoire ou à la cime d’un arbre, un vrai chimpanzé. Dès que j’ai eu l’âge pour entrer dans un club, soit six ans, mes grands-parents m’ont inscrite. Ce sont eux, qui m’ont élevée, mes parents étant décédés dans un accident d’avion en revenant de leur dixième anniversaire de mariage, je n’avais que deux ans et ils avaient mis huit ans à m’avoir, je suis née grâce à une FIV(5). Traverser autant de difficultés pour ne pas profiter de leur enfant. Le destin est vraiment pourri pour certains.

— J’espère que tu tiendras parole, fais je dépitée.

— Hé ? Je n’ai pas pris n’importe qui pour me remplacer, il pourra te parler de son expérience lors des jeux de deux mille vingt et un, arriver cinquième ce n’est pas rien quand même !

— Peut-être mais ce ne sera pas toi, et qui va m’apprendre l’italien maintenant.

— Tu es douée dans tout ce que tu touches. Si tu veux vraiment te mettre à l’italien sérieusement, je suis sûr que dans six mois, ton accent de Nice, tu l’as perdu et tu parleras comme ça ! me fait-il en bougeant les mains.

Il a le mérite de me faire sourire.

— Tu le connais bien cet Alessandro ? fais je

— Tu veux la vérité ?

— Ben…ce serait préférable oui ! ris-je

— C’est lui qui m’a contacté lorsque j’ai posé mon annonce. Il m’a dit qu’il devait quitter Rome pour des raisons personnelles, je n’ai pas voulu être indiscret et au vu du CV qu’il m’a présenté, je n’ai pas cherché plus loin.

— Tu as vu des articles de lui dans la presse, suite à sa performance en tant que grimpeur ?

— J’ai téléphoné directement à son club pour en savoir un peu plus. Sans en dire la raison. Ils m’ont bien confirmé ce que je savais déjà, qu’il avait été cinquième aux jeux Olympiques de Tokyo. L’escalade n’est pas encore un sport qui fait l’unanimité, ce n’est pas comme certaines autres disciplines dont on parle beaucoup plus. Mais cela viendra, j’en suis sûr et cela grâce à toi, la première femme à remporter la médaille d’or en escalade !

— Arrête ton char Ben Hur !

— Très drôle.

— Je trouve aussi, dis-je en riant.

— Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire !

— Et j’ai très bien compris. Bon, faut que j’aille chauffer mes petits doigts, sinon le nouveau va me disputer, fais je avec un clin d’œil.

Je me dirige vers le groupe, où Alessandro est en train d’expliquer les exercices à faire. Je me joins donc à eux, prenant la discussion à sa fin …et merde…

— Romy ? C’est ça ? me fait il

— Oui, c’est bien ça, je suis désolée, je n’ai pas vraiment écouté tes explications, j’ai été surprise de l’annonce que nous a faite Fédérico, je n’étais pas là au dernier cours et…

— ... ce n’est pas grave, je comprends. De toute façon, pour toi j’ai prévu d’autres exercices. Il faut que tu t’entraines sur la vitesse d’après ce que m’en a dit Fédérico, car tu es la prochaine championne Olympique, si j’ai bien tout saisi, me sourit-il

— Euh…on va déjà essayer d’être classée, après on verra.

— Je voudrais que tu travailles sur ta vitesse. Les jeux ont lieu en France sur le site du Bourget, il va y avoir un mur de quinze mètres à grimper le plus rapidement possible. Vous passez par groupe de deux et le premier à atteindre le sommet, élimine son concurrent et se qualifie pour le tour suivant. Nous travaillerons ensuite l’escalade sur des structures de quatre, cinq mètres de hauteur, sans corde mais bien entendu, tu auras des tapis de réception.

— Ok, je vais enfiler le matos.

— Retrouve moi sur le mur rocheux là-bas. Il y a moins de monde aujourd’hui, on sera plus tranquille pour s’entendre.

Je m’équipe et le rejoins comme convenu. Nous travaillons pendant les quatre heures qui suivent, j’arrive à atteindre les quinze mètres en huit minutes, deux minutes de plus que le chrono qui nous sera imparti. Ce n’est pas bon, il faut que j’arrive absolument en dessous des six, cela étant le maximum.

— C’est bon pour aujourd’hui Romy, tu peux plier tes affaires.

— Tu es sûre, je ne suis pas descendue en dessous de huit minutes !

— Nous reprendrons cela mardi, si tu es libre.

— Oui pas de problème, on ne se voit pas lundi après-midi alors ?

— Non, je ne suis pas dispo, désolé. Mais si tu veux, tu peux toujours aller à la salle comme tu as l’habitude de faire, je peux te faire un double de la clef, comme ça si tu veux t’entrainer…

— Euh…on n’est pas censé occuper la salle lorsqu’il n’y a pas le prof, Fédérico ne te l’a pas dit ? C’est une question de sécurité et d’assurances.

— Euh… oui bien entendu ! Je disais ça pour toi, je pensais que cela pouvait rester entre nous. Comme un service que je te rends, pour que tu t’entraines.

— C’est gentil merci, mais si jamais il m’arrive un problème pendant ton absence, tu peux perdre le droit d’exercer. Ce n’était pas pareil à Rome ?

— Si …si mais moi, je n’allais pas dans les salles, je m’entrainais en extérieur comme ici.

— Ah ok ! C’est vrai qu’être sur le terrain est mieux, on a toutes les conditions réunies mais pour les jeux olympiques, cela se fera dans une salle prévue toute particulièrement pour l’escalade, donc aucune condition atmosphérique ne devrait venir nous déranger, fais je.

— Oui, je sais. Je préfère quand même les entrainements en milieu naturel, je trouve cela beaucoup plus agréable, tu dois t’adapter et surtout chercher des nouvelles prises ou en créer. Dans une salle, les prises sont déjà existantes. Où est le fun dans tout ça ?

— Tes arguments se tiennent. Je ne serais pas contre sortir des sentiers battus. Un entrainement en extérieur pourquoi pas, cela peut me permettre de travailler mes prises et ma vitesse, sachant que nous n’aurons pas la possibilité d’étudier le parcours lors des jeux, puisqu’il sera dévoilé qu’au moment de l’épreuve, ça peut être pas mal !

— Super ! Par contre pas un mot à Fédérico, ni aux autres d’ailleurs, c’est entre toi et moi, si cela te convient bien sûr.

— Je comprends, je ne veux t’attirer d’ennuis, cela restera notre secret.

— Ok, peux-tu me donner ton numéro de portable ? Dès que j’ai trouvé le bon spot pour mardi, je te l’envoie par sms.

— Ok, par contre si les transports en commun ne peuvent m’emmener au site, je vais être dans la merde car je n’ai pas de véhicule, juste une trottinette électrique !

— Ah …euh... mais comment fais-tu lorsque tu dois partir en vacances par exemple ?

— Le bus et le train !

— Mais sur place, s’il n’y a pas tout ça ?

— Je loue une voiture.

— Ah ! Tu as quand même le permis ?

— Oui bien entendu, mais ici j’ai tout à disponibilité, donc je n’ai pas trouvé nécessaire de louer un garage et de payer une assurance, pour un local et pour une voiture, que je ne vais pas utiliser souvent.

— Tu as tout à fait raison, vue comme cela, les dépenses sont en effet inutiles. Ce que je te propose alors, c’est de venir te chercher soit à la salle, soit chez toi, si cela ne te dérange pas de me donner ton adresse.

— Tu es un serial killer ?

— Un quoi ?

— Un serial killer, un tueur en série quoi !

— Non mais ça ne va pas ! me fait-il en riant. Si j’étais un tueur en série ou un tueur tout court, étant donné qu’il n’y a plus âme qui vive dans cet espace public, j’aurais pu t’agresser depuis longtemps, tu ne crois pas ?

— Ce n’est pas faux ! Ça ne mange pas de pain de se renseigner.

— Et tu crois que je t’aurais répondu « Oui je suis un tueur en série et je vais te découper en rondelles ! » dit-il en prenant une grosse voix, s’approchant de moi, les bras en l’air et avec une démarche de zombie.

— Qu’est-ce que tu peux être flippant quand tu fais ça ! me marré-je

— Bon maintenant que tu es rassurée, qu’est-ce que tu préfères ? La salle ou ton adresse ?

— Je te donne mon adresse, cela m’évitera des frais de transport jusqu’à la salle, fais je avec un clin d’œil

— Je croyais que tu avais ta trottinette ?

— Justement, je n’aurais pas besoin de la recharger comme ça ! ris-je

— Oh la pince ! On ne t’appelle pas homard par hasard ?

— Omar ?

— Ne me dis pas que tu ne connais pas homard la pince ?

— Ah ! Homard comme un homard quoi ! Ça y est j’ai compris !

— Je me disais aussi ! Elle n’est pas blonde ?

— Alors là ! Celle-là, elle est beaucoup plus acide. Je ne suis pas sûre que les blondes apprécient ton humour.

— C’est pour ça que je me permets de le dire à une brune.

— Connais tu la chanson ? Les brunes comptent pas pour des prunes ?

— Comme ça, non, cela ne me dit rien.

— C’est une chanson de Lio, ça date des années quatre-vingt-six, de mémoire. Je te la fais courte, le début des paroles c’était ça…

« ♬♩♪ Tout l’monde,

Répète en chœur que les hommes préfèrent les blondes,

Qu’ils fondent,

Pour une décolorée, en moins d’une seconde,

J’ai l’impression qu’il confonde,

Et la Joconde à moins qu’on la tonde

C’est quand même bien une brune,

Les brunes comptent pas pour des prunes ♬♩♪ »

— Je n’étais pas né, j’te signale !

— Ah bon mais qu’elle âge as-tu ?

— Trente-six, ça te convient ?

— Pas le choix, si c’est ton âge mon vieux ! lui dis-je en riant aux éclats.

— Hé ! Quel âge as-tu pour me traiter de vieux ?

— Trente et un, bientôt trente-deux en octobre donc, comme tu peux voir, je suis plus jeune !

— Ouais… restons en-là si tu veux bien, me dit-il en souriant. Je te ramène, comme ça je saurai où tu habites, pour venir te récupérer mardi.

— Vu que le minibus est parti, je ne vois pas d’autres solutions, je suis surprise que Fédérico ne nous ait pas attendu, d’habitude on repart tous ensemble.

— C’est de ma faute, je lui ai dit que je te ramènerai à la salle après l’entrainement, mais que je voulais d’abord voir ce que tu avais dans le ventre comme grimpeur.

— Je comprends mieux. Et alors ? Qu’en as-tu pensé ?

— Parfait !

— Parfait ? Mais je ne suis même pas en dessous de six minutes ?

— Oui… d’accord, mais… pour les prises tu es au top, faut juste que tu t’entraines sur la vitesse maintenant. Allez viens, je te raccompagne.

Sur ce, nous nous dirigeons vers sa….Bugatti Chiron ! Bordel de merde ! Elle est tout simplement splendide ! Sièges en cuir brun, carrosserie gris mat !

— Bordel de merde ! Ce n’est pas une voiture, c’est un avion que tu as là ! Waouh ! Ça doit valoir une fortune !

— Si peu...

— Tu parles ! Ça fait combien en vitesse de pointe ?

— Quatre cent vingt kilomètres heure.

— Quoi ? C’est une blague ?

— Non, c’est le modèle sport nommé « Les Légendes du ciel »

— Tu m’étonnes à la vitesse où ça va, si tu loupes un virage, tu es vite dans les nuages ! Et tu vas droit au ciel pour le coup !

— On ne dirait pas comme ça, mais t’es bourrée d’humour ! me fait il

— Et encore t’as rien vu.

— Allez grimpe !

— Si tu promets de ne pas dépasser la limitation de vitesse.

— T’inquiète, je ne roule jamais vite.

— Alors pourquoi avoir investi dans un avion de chasse ?

— Pour le design.

— Ben…fallait prendre la dernière trottinette électrique sortie, la E-twow. Elle est compacte et légères. D’ailleurs, la dernière version, la ETWOW GT SL est le must. Moteur plus puissant, une belle batterie lithium pour environ trente, trente-cinq kilomètres heure d’autonomie, tout en restant à moins de douze kilos... Entièrement pliable et très compacte, c’est une prouesse technique. Elle a un nouveau moteur brushless, tu peux grimper les côtes un peu raides sans difficulté. Tu as la connectivité Bluetooth pour la relier à ton smartphone. Et je ne te parle même pas, des jantes larges et de ses pneus aux lignes Design !

J’entends un grand éclat de rire à mes côtés. Je me tourne vers lui et je vois qu’il en a les larmes aux yeux.

— Serais tu par hasard en train de te moquer de ma présentation sur la dernière trottinette sortie ?

— T’es sérieuse là ? me fait-il toujours mort de rire.

— Bien sûr que je suis sérieuse !

— Oh pardon…j’suis vraiment désolé… je croyais que tu me faisais marcher !

— Marcher ? C’est ce qu’il risque de t’arriver avec ton bolide mais pas avec ma trottinette.

Ce qui lui provoque un nouvel éclat de rire mais cette fois ci, je ne peux que me joindre à lui, je ne peux plus garder mon sérieux, son rire est communicatif.

— Putain ! Si on m’avait dit que j’allais entrainer la fille de Zavatta !

— Oh très drôle ça, bientôt tu vas me dire que ce n’est pas des pieds que j’ai, mais des palmes !

— Putain arrête, je crois que j’ai assez d’abdo pour aujourd’hui, continue t’il en riant.

— Ok, j’arrête. Je veux bien rentrer chez moi, il me tarde de me jeter sous ma douche après cet entrainement.

Il démarre et putain le son !

— C’est sûr que ce n’est pas ma trottinette qui fait un tel bruit ou alors, c’est qu’elle a pris feu et la batterie a explosé !

C’est en continuant de nous marrer, qu’il prend la route et me ramène devant mon appartement.

— Merci de m’avoir raccompagnée ! dis-je en sortant du véhicule. On se voit mardi seize heures ?

— Tu ne m’invites pas à boire un verre ?

— Ah non mon lapin ! Pas au premier rencard ! Et en plus, je ne mélange jamais le côté privé et le côté pro, et puis soyons clair… t’es trop vieux ! fais je en claquant la portière et en lui faisant un clin d’œil.

Je l’entends rire alors que je monte les escaliers me menant au hall de mon immeuble. Puis il disparait au bout de la rue. Quel drôle de gars, on a bien rigolé. Son idée de s’entrainer en extérieur me botte bien tout compte fait. Un nouveau terrain de jeu, de nouvelles prises, des défis, cool. Cela peut vraiment me faire progresser !

J’entre dans mon appartement et referme la porte à double tour. J’ai un passé qui continue à me hanter et je ne voudrais pas voir débarquer mon pire cauchemar. J’ai un petit appart de cinquante mètres carrés. Un petit salon avec cuisine moderne ouverte ; une grande baie vitrée avec un petit balcon, qui me permet de mettre une chaise longue et de profiter du soleil ; une chambre avec un grand lit ; un petit dressing formant un couloir, qui mène à une salle d’eau avec vasque et douche à l’italienne, et enfin un wc séparé. Pour moi, ça suffit ! Le balcon était non négociable, je ne voulais pas, me retrouver confiner, sans pouvoir prendre l’air, et soyons clair, je suis au dernier étage et j’ai un accès sur les toits en sortant sur le palier. De quoi voir la ville dans son ensemble sans bouger pratiquement de chez soi et de faire le grand saut, si la vie vous pèse, mais bon, je n’en suis plus là, et cela grâce à Fédérico. Il est déjà vingt heures, je file sous la douche car demain je repars au boulot. J’associe mes entrainements et mon taf de serveuse. Je suis serveuse dans un bar de six heures trente à quatorze heures, ce qui me permet d’avoir mes après-midis de libres pour faire de l’escalade.


Lexique :

(1) Chaussons d’escalade: Chaussons spécifiques pour faire de l’escalade, ils sont souples.

(2) Baudrier :Le baudrier est un harnais constitué de plusieurs sangles qui entoure la taille, maintient le bas du dos, ainsi que les cuisses. Il est conçu pour permettre une liaison entre le grimpeur et sa corde. Il assure la sécurité pour la montée ainsi que pour la descente. Sur un baudrier se trouve généralement un ou plusieurs porte-matériels qui permettent d’installer par exemple des dégaines.

(3) Dégaines: Une dégaine est constituée de deux mousquetons de progression qui ne comportent pas de vis. Ils sont reliés par une sangle cousue généralement en polyester ou dyneema.

(4) Le descendeur d’escalade: Le descendeur est l’élément primordial, avec la corde, pour unir le duo grimpeur — assureur, permettant au second de contrôler la corde, de bloquer les chutes, et d’assurer la descente de celui qui escalade.

(5) FIV: Fécondation in vitro