Trois semaines (Sombres Semaines, Livre 1)

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Résumé

"Dans ce monde, il n'y a pas d'amour de conte de fée. L'amour peut-être cruelle, il peut révéler et réveiller des choses enfouies dont tu n'avais pas connaissance." J'attendais avec impatience la réponse des universités. Le jour de mon dix-huitième anniversaire, je suis devenue la prisonnière, d'Aaron Greco. Dans 3 semaines, si mon père ne rembourse pas sa dette, Aaron Greco me vendras au plus offrant. C'était le deal. Mais je n'aurais jamais cru qu'il y aurait cette tension sexuelle entre nous, qui brouillerai toutes mes limites mentale. Il est cruel mais extrêmement beau. Ses yeux verts semble voir mon âme et... mes désirs. J'ai essayé de m'enfuir plusieurs fois, mais cet homme arrive a me garder sous son emprise. Il fait de moi ce qu'il veut et j'aime ça, mais je garde mes pensées secrète. Ce que nous faisons, ce jeu, est dangereux pour nous et pour nos proches. La famille de sa fiancée ne doit pas être au courant. À mesure qu'il explore mon corps, et que j'explore le sien, je me sens brûlé de plus en plus... Quand il est avec moi, il a l'air de se battre contre quelque chose. Quelque chose de bien plus fort que tout le reste. Il me dit que je suis à lui. Je le sais, même si je lui dit le contraire.

Statut :
Terminé
Chapitres :
92
Rating
4.8 21 avis
Classification par âge :
18+

0 | Une ombre

J'ai enfin 18 ans, aujourd'hui c'est mon anniversaire. Mais je ne suis pas tranquille, j'attends impatiemment les réponses de mes vœux universitaires. Tous les jours, chaque matin, je regarde dans la boîte aux lettres.

Mais toujours rien. Je n'ai pas grand chose pour m'occuper l'esprit, si ce n'est mon père alcoolique qui vient tous les soirs bourré de je-ne-sais-où. Il a commencé à boire quand ma mère est morte d'un cancer, il ne s'est jamais remis de cette perte, et moi aussi d'ailleurs.

Les souvenirs des funérailles de ma mère surviennent tout à coup dans ma tête, les larmes me montent aux yeux.

J'espère de tout cœur, que mon père pourra se ressaisir, il le faut. Je ne pourrais pas supporter de le voir ainsi plus longtemps. Quand je serai à l'université, loin de lui et qu'il se retrouvera seul, j'ai peur qu'il fasse une bêtise en mon absence.

Avec l'université, une nouvelle vie s'offrira à moi, une nouvelle page qui se tournera, un nouveau chapitre. Juste d'y penser, j'ai le cœur qui accélère. Même si je suis de nature optimiste, je vois les factures s'empiler sur la table basse. Je n'ai pas d'argent et mon père lui n'ont plus. Nous vivons tous les deux dans un appartement aux murs dégradés par l'humidité et aux plafonds dévorés par la moisissure. C'était le mieux qu'on pouvait s'offrir, surtout avec les revenus serrés de mon père.

Je devrais chercher un travail à mi-temps demain.

Il est déjà 23h.

J'attends mon père dans le salon, pour me rassurer qu'il va bien avant d'aller dormir. Mes paupières s'ouvrent et se ferment, je somnole sur le canapé.

Mon père rentre brusquement à la maison en claquant la porte. J'ouvre les yeux difficilement. Mais prise d'inquiétude, mon cerveau se réveille immédiatement. Mon père transpire à grosse goutte et sent l'alcool. Il s'approche de moi.

— Ma chérie, ma chérie, dit-il tout paniquer. Papa a…je…

— Tu me fais peur. Dis-moi ce qu'il se passe peut-être que je pourrais t'aider.

Il baisse la tête. Je caresse sa joue, il remonte son menton.

— Chérie…Depuis plus de 3 ans, je suis dans un gouffre sans fond, j'en vois pas la fin. Je n'ai pas été un assez bon père pour toi, tu es si brillante, je te mérite pas.

— Papa, non.

— Si, ma chérie. Tu ressembles tellement à ta maman. Tu es aussi belle qu'elle.

Je retiens mes sanglots dans ma gorge.

— Tu es une bonne élève et tu as de bonnes notes, je suis sûr que tu réussiras tout ce que tu entreprendras. Mais je n'ai pas envie d'être un frein à ton élan et je le pressens que je le serai.

— Mais pourquoi penses-tu aussi négativement ? Tu es mon père, j'ai besoin de toi autant que tu as besoin de moi.

Des larmes lui coulent sur les joues. Il les essuie sèchement. Puis il prend un sac pour le remplir de vêtements.

— Papa, mais qu'est-ce que tu fais ?

— On doit quitter la ville.

— Quoi ? Mais comment ? Pourquoi ?

— Ne discute pas ! Prends ce qui te tient à cœur, on part maintenant.

— Mais où est-ce qu'on va aller ?

— Tout sera mieux qu'ici.

— La rue sera mieux que de dormir sur un matelas ?

— Pourquoi parles-tu encore ? Prends tes affaires !

Je me précipite pour prendre le plus de choses possible en peu de temps. Les sacs fait, nous sortons de l'immeuble à la hâte.

— Marche plus vite Suzie ! Ne traîne pas des pieds.

— Pourquoi ? Sommes-nous poursuivis ?

— Ne pose pas de questions. Marche seulement ! Nous devons rejoindre l'arrêt de bus et prendre un car qui nous amènera loin d'ici.

Je m'arrête de marcher.

— Comment peux-tu me faire ça ? Qu'est-ce que c'est ce délire ? Pourquoi tu ne peux pas me répondre ! J'ai le droit d'avoir une réponse.

— Suzie ce n'est pas le moment.

— Si ça l'est, es-ce que tu te rends compte de tout ce que tu me fais ? Je vais perdre tous mes amis.

— Tu t'en feras d'autres. Les amis vont et viennent.

Je suis clouée par la réponse qu'il vient de me dire. Il m'attrape par le bras, et nous marchons. Nous attendons le bus, la rue est déserte, il n'y a même pas un chat.

— Quand ce bus va venir ? J'ai bien l'impression qu'il est en retard, dit mon père stressé.

— Peut-être que c'est un signe. Nous ne devrions peut-être pas partir.

— Arrête, Suzie, tu n'es plus une gamine pour me sortir ce genre de phrases auréolées de destin et d'espoir. La vie est beaucoup plus compliquée, c'est loin d'être un conte de fée crois-moi.

— Papa.

Un 4x4 freine de l'autre côté de la rue.

— Merde. Non. Suzie. Court ! Maintenant !

Plusieurs hommes sortent de la voiture.

— Mais je ne vais pas-

— SAUVE TOI !

Je cours sans même prendre mes affaires, je regarde une dernière fois derrière moi, et vois mon père tabassé par les hommes qui viennent de sortir de ce mystérieux 4x4 noir.

Quand je retourne ma tête, elle se fracasse sur un torse.

— Princesse, mais où allais-tu ? me demande l'inconnu que je viens de percuter.

Je fais quelques pas en arrière, j'essaie de reprendre mes esprits. Mais je m'évanouie.

Quand je me réveille, j'ai les yeux embrumés, la tête lourde. Je réalise que je suis attachée sur une chaise et bâillonnée. J'essaie de crier pour appeler à l'aide mais je n'y arrive pas. J'essaie de me détacher, mais les liens sont trop serrés.

Je regarde autour de moi, je suis dans un bureau, la moquette est rouge, les fauteuils sont en cuir. Une cheminée est allumée, si leur but était de me faire crever de chaud, ils ont gagné. 

Mais qui sont-ils ?

Je respire un coup, au-dessus de la cheminée, il y a un portrait d'un homme d'un certain âge, je dirais d'une soixantaine d'années. Habillé d'un costume, il prend la pose. Seuls les riches peuvent se permettre ce genre de narcissisme.

J'entends des pas, je prends peur. La porte du bureau s'ouvre, deux hommes tirent mon père inconscient par les bras, ses jambes traînent aux sols.

J'essaie de me libérer pour m'assurer qu'il va bien, de crier, mais je reste impuissante face à cette scène. Les deux hommes ne me jettent même pas un regard. Mon père lui est sur le sol, les yeux fermés.

Un homme grand, brun aux yeux verts d'une vingtaine d'années entre dans la pièce, son regard se dirige directement vers moi, il esquisse un sourire.

— Mr. On le réveille ? demande un des deux hommes.

— Oui, il a assez dormi, répond-t-il en lui donnant la carafe d'eau qui était sur le bureau.

Il verse le contenu de la carafe sur le visage de mon père.

Mon père se réveille immédiatement, il passe sa main sur son visage et s'agite comme s'il ne réalisait que maintenant dans quelle situation nous nous trouvions.

Mon père se mets à genoux, la tête baissée, il dit :

— S'il vous plaît n'impliquez pas ma fille dans cette histoire, elle est innocente. Elle ne sait rien de-

— Qui t'as dit de parler ? dit l'homme aux yeux verts.

Mon père se tut immédiatement.

— Tu veux que je te fasse une faveur alors que tu me dois de l'argent !? reprends-il en criant.

Mon père tremble.

Je crie, les larmes aux yeux.

L'homme aux yeux verts s'approche de moi et me chuchote à l'oreille.

— Je te conseillerai de rester silencieuse sinon tu resteras assise, ligotée pendant des jours.

Mes yeux s'écarquillent.

— Bon, dit-il en se tournant vers mon père. Comment vas-tu me rembourser ?

— Pour l'instant, je peux pas mais j'aurais une rentrée d'argent certaine d'ici là.

— Tu me prends pour un con ? Tu penses que je n'ai pas compris ton manège, tu voulais te barrer de la ville ! Je vais te faire deux propositions. Soit tu me rembourse maintenant. Soit je prends ta fille et je la vends au plus offrant.

Je gigote et tombe au sol. Je me mets à pleurer.

— Non. Non s'il vous plaît ne faites pas ça, supplie mon père.

— Bon sang, es-ce que ta fille sait rester tranquille ? Je peux repousser l'échéance du remboursement de ta dette mais je n'ai plus confiance en toi par conséquent, je garde ta fille. Tu as…3 semaines.

— 3 semaines mais comment je vais-

— Alors 2 semaines.

— Non, 3 semaines c'est très bien.

— C'est ce que je me disais. Parfait alors.

— Comment je peux être sûr que ma fille sera toujours en vie et en bonne santé ?

L'homme aux yeux verts soupire.

— À quel moment tu as cru que j'étais une garderie ?

— S'il vous plaît ne lui faites pas de mal, je vous en supplie.

L'homme aux yeux verts fait un signe à un de ses hommes et il assomme mon père.

L'homme aux yeux verts s'accroupit.

— Bon bah à ce que je vois, on va rester un bon moment ensemble. J'espère que le séjour sera agréable.

Je me débats encore plus pour essayer de me libérer. Il passe sa main dans mes cheveux et m'assomme.

Je me retrouve dans un lit deux places, il fait déjà jour, j'ai du dormir. Je sors du lit et je me précipite vers la porte, mais elle est fermée à clef. Je tape de toutes mes forces et crie :

— S'il vous plaît, aidez-moi. Aidez-moi, dis-je en m'arrachant la gorge en n'en plus finir.

Une clé tourne dans la serrure. Je recule de peur, la porte s'ouvre.

— Et bah dis donc tu es du matin toi, dit l'homme aux yeux verts.

Il entre et claque la porte. Il me regarde de haut en bas. Il se gratte l'arrière de la tête.

— Tu as déjà eu un petit ami ?

— Quoi mais c'est quoi cette question ?

— Ne te fais pas d'idées. Réponds-moi.

— Je ne répondrai pas à cette question.

— Vois-tu, tu n'as pas vraiment le choix. Tu resteras enfermée si tu ne me réponds pas.

Ma gorge se crispe, je serre les dents.

— Non, je n'ai jamais eu de petit ami.

— Tu es encore vierge ?

Mes yeux sortent de leur orbite. Ma gorge se serre encore plus, ma voix en sort étranglé.

— Oui.

Il sourit.

— De toute façon, un médecin viendra vérifier tes propos cet après-midi.

— Non. Je ne veux pas.

— Que tu le veuilles ou non, il sera là et vérifiera. Si je dois te ligoter pour qu'il puisse faire son travail. Je le ferai.

— Pourquoi c'est si important ?

Il rit.

— C'est une plus value pendant les enchères.

Mon souffle se coupe.

— Quoi ? Arrête de me regarder comme ça. Tu penses réellement que ton père peut me rembourser ?

— Je ne sais pas de quoi tu parles mais je suis sûr que je peux travailler et te rembourser petit à petit.

Il se remet à rire.

— Sais-tu combien ton père me doit ?

100 000 €.

— Quoi ? Comment c'est possible ?

— Ton père aime beaucoup mon casino.

Bon dieu. Je m'assois sur le lit.

— Et ce n'est pas le seul. Mais je tiens à récupérer mon argent. Donc, je vais expliquer comment vont se dérouler les prochains jours. Tout d'abord, tu aurais à ta disposition, Marta, si tu as besoin de quoi que ce soit c'est elle qui faudras déranger. Deuxièmement, écoute tout ce qu'elle te dira. Voilà c'est tout, enfin je crois.

— Où est-ce que je me trouve ?

— AARON, crie une personne de sexe féminin derrière la porte.

L'homme aux yeux verts sort immédiatement de la chambre.

Je me mets derrière la porte pour écouter.

— Tu ne peux pas la laisser ici. C'est trop dangereux.

— Elle ne restera pas longtemps. Je suis sûr qu'elle trouvera preneur très rapidement, en même pas 3 semaines.

— Je l'espère bien. Je ne veux pas me faire tuer par la famille de ta fiancée.

— Mais non, ne t'inquiète pas, maman tout se passera bien. Comme toujours.

J'entends des pas s'éloigner, je me précipite pour aller m'asseoir sur le lit comme si rien n'était.

La poignée bouge, l'homme aux yeux verts entrebaille la porte.

— Comme tu es réveillé, tu dois avoir faim, non ?

Je ne lui réponds pas.

Il soupire.

— Bon, je vais appeler Marta, elle sera de meilleure compagnie que moi.

Il referme la porte à clé.

Je déglutis.

Comment est-ce que je vais sortir d'ici ?

Où se trouve mon père ?

Es-ce que j'ai un endroit où aller si je m'échappe ?

Je me laisse tomber sur le lit. Mais je me relève rapidement, ce n'est pas le moment de baisser les bras. Il y a sûrement une solution.

Je n'avais pas remarqué à quel point cette chambre est spacieuse et belle. Les murs sont blanc et le sol est fait d'un parquet marron en bois. Une autre porte, je jette un coup d'œil, ce n'est qu'une salle de bain avec toilette. Il y a une ancienne armoire d'un blanc vieilli et une coiffeuse. Je m'assois sur le tabouret de celle-ci.

Je regarde mon reflet, j'ai l'air calme alors que je panique. Trop de questions se bousculent dans ma tête, je suis tétanisée. Je remarque que mes cheveux longs et châtains sont tout emmêlés. Je regarde sur le meuble, il y a une brosse à cheveux. Es-ce que c'est approprié de me brosser les cheveux dans une pareille situation ?

La porte de ce que je considère maintenant comme ma chambre pour ne pas dire ma prison s'ouvre.

— Voilà, voici Marta dit l'homme aux yeux verts en la présentant. Je dois partir maintenant.

Et il repart.

Les successives va et vient de ma prison au reste de la maison dont je n'ai pas connaissance m'agace un peu. Je veux rester seule. Je ne veux parler à personne. Mais je dois m'échapper et peut-être Marta pourrais m'aider.

✃- - - - - - - - - - - - - - - - -

Et bah, quel début.

Suzie à vécu plein de chose en si peu de temps et en a appris beaucoup.

Avez-vous une idée de comment va se passer les 3 semaines ?

Hum... Quand je repense aux questions qu'Aaron lui a posé non mais n'importe quoi. Ça donne le ton. A voir dans le futur. Dans le prochain chapitre...

Prenez soin de vous 🦋

Bisous ♥︎, AH.