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Résumé

Je ne me souviens pas de ma vie d'avant, j'ai toujours connu l'orphelinat comme ma seule maison, je n'ai jamais été adoptée, n'ai jamais connu l'amour et les seuls plats que mon palais a goûté sont les horribles essais culinaires des autres orphelines. Ce que je ne savais pas c'est que tout allait changer...

Genre :
Mystery/Romance
Auteur :
didinaska03
Statut :
En cours
Chapitres :
14
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

L'orphelinat

Je sentie un froid glacial traverser mon dos et une lumière intense me tira d'un sommeil sans rêve.


-Debout ! cria la vieille Monique en ouvrant grand les rideaux et en tirant nos couettes à nos pieds.


Monique est une dame d'une soixantaine d'années, son rôle à l'orphelinat est de nous apprendre les « bonnes manières », se lever au aurore, faire son lit au carré tous les matins, ranger correctement les rares affaires personnelles qui nous venaient de nos parents. Tâche facile pour moi, car il ne me restait rien, pas même un souvenir à ranger dans se petit coffre déposé au bout du lit et fermé d'un cadenas dont toutes les filles gardaient la clé autour du cou. Quand j'étais petite je ne comprenais Pas pourquoi les autres filles avais des choses à elle et pas moi. Je suppose que se sentiment est normal, mais aujourd'hui j'y suis habitué, habitué à se passé vide et inconnu. Cela étant dit je ne peu pas souffrir de nostalgie, un mal qui habite nombre de mes amies.


Ce matin Monique à le visage plus tiré que d'habitude, probablement dû à une nuit agitée, ajouter à ça ses longs cheveux gris tirés à quatre épingles en un chignon d'une grosseur spectaculaire et vous obtenez un visage des plus strict. La rumeur courait qu'elle aussi était orpheline et qu'elle n'avait jamais été adoptée, étant néanmoins une jeune femme bien éduquée, la directrice de l'époque avait décidé de lui donner un travaille. Cette femme mourra sûrement ici. Triste sort qui risque probablement de m'arriver aussi, et oui mon dix-septième anniversaire était passé, et aucune famille à l'horizon.


Je suis arrivée ici a seulement un an, et « les mères », car c'est comme ça qu'elles veulent qu'on les appelle, bien que dénuées de toute instinct maternel. M'avais trouvées devant la porte de l’orphelinat en possession d'un papier avec mon prénom d'inscrit dessus. Gwendoline, voilà tout ce qu'il me reste de mes géniteurs, un nom sans histoire.


Une fois notre lit fait, nous nous dirigeons toutes vers la salle de repas. Nous sommes en moyenne une cinquantaine d'orphelines de 10 à 18 ans, les plus jeunes sont dans un autre bâtiment.


La salle à manger est une pièce toute en longueur, une grande table traverse la pièce. Éclairée de néon blanc clignotant, le genre qui donne mal à la tête dès le matin. Nous nous asseyons et les filles chargées du petit déjeuner nous servent. Nous avons toutes des corvées à faire, les plus vieilles étant du soir je peux profiter de mon déjeuner tranquille.


-Bien dormi !?! me crie Sasha dans les oreilles me faisant revenir sur mes affirmations précédentes.


-Toujours et toi petite crevette ?


-Bien sur, aujourd'hui c'est jour de visite j'aurais peut être ma chance.


Les jours de visite sont des journées dédiées au potentiel futur parents. Ils viennent visiter les lieux et choisisse qu'elle orpheline il souhaite rencontrer, en tout cas cette  petite à de l'enthousiasme à revendre, cela fait bien longtemps que je n'espère plus rien de se loto organiser par la vie elle même. Cette enfant tient son surnom de sa toute petite taille et sa silhouette fine comme une brindille, ses cheveux d'un roux éclatant lui tombent au niveau des épaules ce qui lui donne un petit air espiègle.


Ce matin c'est tartine de pain rance, pour ne pas changer, avec beurre et confiture fait par les plus jeunes. Après avoir englouti mon petit déj et avoir réussi à me débarrasser de mon petit monstre collant, je prends ma douche et pars me réfugier dans mon endroit favori, une petite bibliothèque au dernier étage. Cette salle ronde, pleine de livres, m’a toujours réconfortée.


A mon arrivée dans le bâtiment nord je me sentais seule et comprenais déjà qu'à 10 ans plus beaucoup de parents ne veulent de vous, on ne peut pas leur en vouloir après tout, les bébés c'est tellement mignon. C'est là que j'ai rencontré Henry le bibliothécaire, un homme âgé à l’époque d'environ 80 ans, à vrais dire il n'a jamais voulu me dire son âge, pour lui ce n'était qu'un chiffre et ça ne devait pas définir une personne, ni sa manière de penser. C'était un homme de corpulence assez ronde, je me souviens qu'à chaque rire sa bedaine ne manquait pas de trembler en rythme. Cet homme m'a fait découvrir les livres et les univers cachés à l'intérieur. Il m'a offert un monde. Je venais le voir tous les jours et nous discutions des heures durant. A sa mort il y à un an, il a laissé un énorme vide en moi comme si j'avais perdu mon guide dans ce monde inconnu. Mais ce vide se ressent également dans cette pièce autrefois belle, éclairée et pleine de vie qui est maintenant sombre et dont la poussière commence de plus en plus à s'installer sur tous les ouvrages, plus personne ne vient ici à part moi. Je m'avance vers les rayons et choisis une romance, un de mes styles préférés, c'est tellement beau ce lien capable d'unir deux être de manière si forte et si belle. Vivrais-je ça un jour ?


« O fidèle apothicaire, tes remèdes sont actifs. Avec ce baiser, je meurs. »


La sonnerie de début de cours retentit et me tire de ma rêverie, je repose le livre a sa place et sur le chemin vers la salle de classe, je me demande s'il est vraiment possible de mourir par amour ou si ce cher William Shakespeare n'exagère pas un peu.


Une fois arrivée en cours, je prends ma place au fond de la salle, et écoute d'une oreille le cours en attendant que celui-ci passe. C'est à ce moment-là que quelqu'un frappe à la porte. On voit apparaître dans l'ouverture de la porte Mère Sophie, la directrice de l'établissement, d’environ 50 ans. Elle porte toujours un tailleur, mais tous les jours d’une couleur différente ce qui n'enlève en rien son élégance à couper le souffle, avec sa taille fine et ses cheveux relevés en queue de cheval qui lui faisait paraître 10 ans de moins.


-Bonjour monsieur Bertrant.


-Bonjour madame. Que me vaut l'honneur de votre présence ? dit alors mon professeur d'un ton charmeur.


En effet depuis un moment tout le monde s'est rendu compte que notre petit prof à lunettes en pince pour elle. Bien qu'il n'ait aucune chance face à cette dame froide et probablement sans cœur, il ne cesse d'essayer de provoquer chez elle ne serait-ce qu'un petit rictus de bonheurs, en vain le pauvre.


-Puis-je vous emprunter Gwendoline ?


Oula ça sent mauvais. Etant donné mon âge, elle veut sûrement me préparer à mon départ.


-Bien sur. Au fait, que diriez-vous d'un verre pour vous faire pardonner de me retirer une de mes meilleures élèves ?


Et encore une tentative, d'autant que tout le monde sait que je suis loin d'être son élève préférée. Non pas que j'ai de mauvais résultats, au contraire, mais on va dire que je ne mâche pas toujours mes mots, ce qui ne lui plait en aucun cas.


-Sans façon, Gwendoline tu peux laisser tes affaires, tu reviendras en cours après le déjeuner.


Je lui emboîte le pas et la suis jusque dans son bureau. Celui-ci est composé du strict minimum, sans affaire personnelle, bref il reflète bien le visage de marbre de Mère Sophie. Je prends place en face d'elle et attends mon jugement.


-Bon Gwendoline, comme tu le sais c'est le jour des visites aujourd'hui et de potentiels parents veulent te rencontrer, je te prierais donc, pour l'image de cet orphelinat, de bien te tenir et de garder ta langue dans ta poche. C'est une opportunité à ne pas gâcher étant donné ton âge.


Je dois dire que je ne m'attendais pas du tout à ça, cette déclaration me laisse sans voix. Mais au moment de répondre, j’entends qu’on frappe à la porte.


-C'est eux, lève-toi ! me lance-t-elle d'un ton sec.


-Bonjour, monsieur, dame entrer je vous prie.


-Bonjour, moi c'est Marie et mon mari Eliott.


Je vois entrer une femme presque la quarantaine je dirais, les cheveux blond, les yeux vert et un grand sourire aux lèvres qui parait sincère. A en juger par ses vêtements, je la vois plutôt branché nature et pas du genre à se maquiller tous les jours. Derrière elle, se trouve un homme presque deux fois sa taille, brun, les yeux noir et un visage neutre presque froid. L'homme prend place à côté de sa femme et en face de Mère Sophie tendit que j'attends là debout comme une bête qu'on expose avant de l'acheter.


-C'est l'une de nos meilleures élèves, se lève tôt, assure ses tâches sans broncher, elle est aussi très cultivée et passe beaucoup de temps à lire, cela n'empêche qu'elle reste très sociable, une petite pépite.


C'est ça une bête, manquerais plus qu'elle vante les mérites de mes jambes bien musclées et bonne à manger toutes crues. Franchement c'est vraiment du n'importe quoi.


-Elle est aussi très jolie, s'empresse de rajoute la femme toujours avec se sourire bienveillant.


-Oui bien évidemment, confirme-t-elle avec un faux sourire.


-Bon je vous propose d'aller visiter les jardins avec Gwendoline pour faire plus ample connaissance.


-Avec plaisir !


Nous arrivons en ce lieu, qu'est ce que j'aime le printemps, le vent fait danser les fleurs naissantes au rythme du chant des oiseaux. Il ne faut pas oublier que cette saison annonce aussi l'arrivée de la plus belle des fleurs. Celle qui représente, je trouve le mieux le monde, c'est vrai elle est partout, de loin elles paraissent identique mais si on se penche y en a des petites, des grandes, des déformées, des avec plus ou moins de pétales et quand on s'approche encore un peu plus on voit toute la beauté de chacune. Oui, oui je parle bien de la pâquerette. Une fois mes contemplations finies, je remarque que personne ne parle et que le blanc devient de plus en plus gênant. Je tente donc une approche.


-Pourquoi voulez-vous adopter ?


-Et bien, nous ne pouvons pas avoir d'enfant, ce n'est pas faute d'avoir essayé, mais ça n'a jamais marcher. elle marque une pause et je sens dans sa voix une forte émotions, un mélange de regret de sa maternité voler et son envie de pouvoir connaître un jour se bonheur. Alors nous avons décidé de nous tourner vers l'adoption, et comme les couches ne sont pas notre truc (son mari esquisse enfin un petit sourire) on cherche quelqu'un de plus grand. C'est là qu'on a entendu parler de toi et on voulait te rencontrer en personne.


-Mais vous, à voir votre tête, vous n'êtes pas très emballé ? dis-je en m'adressant à son mari qui n’a pas daigné dire un mot depuis le début.


-Ta franchise me plaît, me répondit-il.


J'attendais le suite en vain, c'était peut être déjà trop pour lui, alors j'attaque.


-En faites je suis comme un chien ? Votre femme en veux un alors vous la suivez au refuge pour avoir la paix ?


-Détrompe toi jeune fille.


Sur ce je le vois s'éloigner et partir dire en revoir à la directrice. Je reste plantée là devant cette inconnue qui me regarde sans rien dire.


-Ravie de t'avoir rencontrée, passe une bonne fin de journée.


Je la remercie et la regarde partir au milieu des rosiers en comprenant que je viens de laisser passer ma seule chance