1. Arya
Depuis que nous sommes petits, c'est toujours la même chose, je suis en retard. Faute à ma mère qui, quand j'étais petite, elle ne me laissait pas aller à l'école sans que ma coiffure et mes vêtements soient impeccables. Alors me voilà, courant dans la rue de mon quartier jusqu'à mon arrêt de bus, le vent glaciale piquant mon visage en imaginant déjà la tête de mon meilleur ami. Ses épais sourcils noirs froncés et ses yeux de glaces fixés sur moi, comme s'il pouvait me gêner sur place. Je sais déjà ce qu'il va me dire.
Tu es en retard Arya, tu abuses. La prochaine fois, je ne t'attends pas.
J'ai presque réussi à imiter sa voix muée, c'est mieux que lorsque nous étions adolescents, c'était le seul de la classe qui n'avait pas mué.
Finie de rigoler sur son malheur, j'aperçois enfin l'abri bus approché de mon champ de vision, je peux apercevoir la grande silhouette de Nolan à travers le brouillard qui s'est installé ce matin. Grand et musclés, ça ne peut qu'être lui, je reconnais aussi son sac d'entrainement de hockey. Je ne sens plus mon visage quand j'arrive à ses côtés et je manque d'air, complètement essouffler, je m'agrippe à lui essayant de parler sous son regard mécontent.
– Désoler...du...retard...j'étais...j'essaye de placer entre deux respirations.
– Soit tu arrives à l'heure, soit je prends le bus sans toi. Sérieux Arya, ça fait des années que je subis ton retard ! s'exclame-t-il d'un ton amer.
– Je savais que tu dirait ça. Je ricane sous son nez.
Il pose sa grande main sur ma tête et ébouriffe mes cheveux accompagnés de son rire grave et éraillé. Le bus arrive et nous montons tout de suite dedans, d'autres élèves de notre lycée sont déjà assis au fond, je reconnais l'un de l'équipe de Nolan et le salue.
– On s'assoit ici. Affirme-t-il, me tirant le bras pour m'entraîner avec lui.
Saint-Louis, contrairement à la France, ici, à Montréal, les lycées sont appelés "Collège" et celui auquel j'étudie est assez enrichi. J'effectue ma dernière année, la cinquième et jusque ici, je ramène de très bonnes notes, contrairement à Nolan qui se concentre seulement sur son sport, le Hockey sur glace. Tout le monde adore ça, moi, je n'aime pas spécialement sauf quand ils se battent sur la glace, c'est si fascinant !
Nolan préfère dire que je suis une sauvage, alors que c'est lui qui se bat sur la glace, pas moi. Bon, d'accord, une fois, je me suis battue à la cafétéria, car une fille avait pris la dernière tartelette à la framboise, mais c'était justifié, on ne touche pas à mon dessert préféré !
Je l'ai attrapé par le col de son pull et ça ne lui a pas plu, c'est notre professeur de littérature qui nous a séparé.
– Tu as vu le Canada a gagné hier durant le match ? me demande Nolan en tendant son téléphone.
– Non, je te rappelle que je regarde seulement ton équipe jouer.
– Tu pourrais regarder mon équipe préférée au moins...
Je lui lance un regard intense sans cligner des yeux pour qu'il comprenne ma désapprobation.
– Pour moi... Insiste-t-il accompagner de ses yeux de chien battu.
– Un seul match alors, un jour.
Je finis par céder en levant les yeux au ciel, en même temps personne ne peut tenir tête à un aussi magnifique visage. Cette mâchoire bien carrée et ses pommettes saillantes qui le rendent si élégant, sans oublier sa peau lisse, ses yeux profond et perçant, ainsi ses sourcils qui encadrent parfaitement ses yeux et ses lèvres attrayants. Toutes les filles de ma classe, tombe sous son charme à chaque fois qu'elles croisent son chemin, alors que moi, ça fait seize ans que le côtoie et je ne suis jamais tombée amoureuse de ses beaux yeux et de ses cheveux soigneusement coiffée.
Marchant vers sur le chemin de béton jusqu'à l'entrée du lycée, mes jambes se mettent à accélérer quand je sens la fraicheur du vent dans mes jambes dénudées de la jupe de mon uniforme. Un chemisier blanc, couvert d'un blazer bleu marine et vêtu d'une jupe grise, l'uniforme de l'école ressemble, ni plus ni moins, à ceux des autres écoles. Aujourd'hui, j'ai ajouté néanmoins le polo bleu que nous avions reçu à l'inscription, car je me les gèle.
Enfin la chaleur du hall d'entrée, les élèves marche comme dans une fourmilière tandis que je l'ai traversé pour rejoindre mon casier, au moment où je m'apprête à l'ouvrir, une main masculine se pose dessus violemment.
– C'est mon casier ! S'exclame-t-il d'un ton agressif.
Je m'apprête à lui adresser mon poing bien rond dans sa tronche de con quand j'aperçois le visage de mon ex face à moi, tous mes gestes s'arrêtent net et le rythme des battements de mon cœur se met à accélérer. Quand est-il revenu ?!