Gabrielle Morrigan : Tome 1

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Résumé

Sous la pression de sa mère et un père passif, presque inexistant. Gabrielle rêve de changement. Avoir une petite vie tranquille, loin des exigence familial. Un soir, après plusieurs événement étrange Gabrielle fuit en voyant le massacre. Envoyé dans un autre monde pour être jugé pour un crime qu'elle clame ne pas avoir commis. Comment survivre quand tout le monde souhaite se venger ? La couverture est provisoire et dessiné par mes soins. Je sais, c'est pas fou mais bon, tant pis.

Statut :
En cours
Chapitres :
33
Rating
5.0 1 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

Si je devais choisir un moment pour parler du commencement, l’arrivée d’un nouvel élève dans notre classe. Bien-sûr, il s’agissait d’un lundi. Un lundi pluvieux. Je détestais les lundis, il n’y avait pas plus déprimant. Les yeux fixés sur la vitre qui aurait eu besoin d’un bon nettoyage, mon cerveau se déconnecta. Durant plusieurs minutes, je restais ainsi avant d’être parcouru par un frisson. Le soleil n’était toujours pas apparu et le temps n’arrivait pas à se réchauffer, ajouté à l’humidité la température ne faisait que descendre. En soupirant, un cercle de buée se forma sur la vitre froide.

- Mademoiselle Morrigan, mon cours vous ennuie ?

Madame Richard était plantée devant mon bureau, ses yeux froids se dessinaient à peine entre ses paupières ridés.

- Non, excusez-moi.

Rapidement, j’attrapai un stylo pour noter le cours. Je savais qu’elle officiait dans ce lycée depuis au moins trois décennies. Elle faisait presque partie des meubles et sa réputation était pratiquement ancrée dans les murs. Je ne l’appréciais pas plus que ça, mais, il me fallait vraiment la moyenne dans cette matière. Ces contrôles nécessitent presque un master en histoire, géographie pour les réussir. Je soupirais une nouvelle fois en essayant de déchiffrer les paragraphes sur le tableau. Le surveillant qui frappa à la porte avant d’entrer avec un élève derrière lui, fut une délivrance.

- Vous voulez quelque chose ? Même avec le personnel éducatif, elle ne pouvait pas s’empêcher d’être désagréable. Non parce que nous sommes en plein cours.

- J’accompagne un nouvel élève qui doit intégrer cette classe. Il lui remit quelques documents avant de fuir la classe. Bonne journée.

Quelques élèves étouffèrent un rire en voyant la grimace du surveillant juste avant de sortir. La vielle femme le toisa avant de lire les documents. Contrairement à ce que je pensais, le nouveau ne perdu pas son aplomb.

- Bon, jeune homme. Elle a parcouru la salle du regard jusqu’à tomber sur moi. Un large sourire s’étend sur ses lèvres. Présentez vous rapidement et allez vous asseoir à côté de Mademoiselle Morrigan.

- Je me nomme Zensky Henning.

Notre professeur se racla la gorge.

- Ça suffit.

Le nouveau vint prendre place à côté de moi en souriant. Je me contenta de l’observer durant quelques secondes. Il était bizarre de sourire bêtement. Ses cheveux noir étaient noués en une tresse et ses yeux sombres semblaient pétiller. Le cours passa plus vite que prévu, raccourcis par le nouveau. J’ouvris mon sac pour ranger mes affaires et sortir. Le vieux carrelage glissait et je m’amusais de voir certaines personnes perdre l’équilibre. Arrivé devant la salle 113, je passa la tête dans l’encadrement de la porte pour faire signe de main à Janaelle. Elle releva la tête à ce moment-là et fit un signe à son tour. Je pouvais réfréner un sourire alors qu’elle sortait de sa classe.

- Tu en mets du temps, j’ai eu le temps de faire trois fois le tour du lycée.

Elle me frappa l’épaule.

- Je sais que tu avais cours juste au dessus. Nous continuâmes dans les couloirs pour aller jusqu’au self. Durant le trajet, elle regarda plusieurs fois en arrière. Ce penchant en avant , elle chuchota tout bas. Je crois qu’il y a un mec qui nous suit.

Un rire m’échappa en levant les yeux au ciel.

- On est nombreux à aller manger à cette heure là. C’est une simple coïncidence.

- Non mais il était derrière toi à attendre lorsque tu es venue me chercher.

Je grimaça avant de me retourner pour voir le nouveau. Attrapant la main de mon amie, on accéléra le pas pour se mettre dans la file.

- Il vient d’arriver dans ma classe. Il devait certainement être perdu, c’est rien.

J’aimais bien la cantine, elle était chaleureuse et avait quelque chose de rassurant. C’était peut-être les murs à moitiés vert ou le bruit ambiant qui la rendait ainsi. On discuta quelques minutes lorsqu’un troisième plateau prit place sur notre table ronde.

- Je peux me joindre à vous ?

Le nouveau était encore là à nous coller tel une sensu. Il s’assit en souriant.

- Tu l’as déjà fait, donc, oui. Je souffla tartinant mon petit pain de pâté de campagne. Tu es légèrement collant.

- C’est que je suis un peu perdu depuis ce matin. Désolé si ça à pu vous paraître bizarre.

- Et du coup, comment tu t’appelles et tu viens d’où ?

Je regardais Janaelle qui faisait les yeux doux au brun. Cette fille était un vrai cœur d’artichaut, ça la rendait mignonne et exaspérante en même temps. J’ignorais leur discussions continuant mon étalage de terroir. La pluie s’intensifia créant un bruit de fond se superposant au brouhaha. Je ressentais la fatigue jusqu’au bout de mes ongles. Un léger mal de tête s’incrusta dans mes pensées.

- Gabrielle ? Je relevai la tête alors qu’ils me fixaient en souriant. Deux imbéciles heureux.

- Vous allez m’annoncer que vous allez vous marier et avoir beaucoup d’enfants.

Janaelle pouffa de rire tandis que Zensky ne semblait pas comprendre.

- Je suis déjà avec quelqu’un.

- Elle plaisantait, même si son humour est un peu douteux. Je fis mine d’être outré. Aller madame la boudeuse.

On se leva, rangeant nos chaises et remettant nos vestes. J’avais pas pu finir mon repas, on n’avait qu’une heure pour manger et vu le temps d’attente pour accédé au plat, c’était presque inévitable. Après avoir vérifié qu’aucun surveillant ne nous regardait, je fourrai le fromage, le petit pain et la nectarine dans mes poches. Nous pûmes sortir, restant une dizaine de minutes sous le préau avant de retourner en cours.

Zensky m’avait suivi partout comme un petit chien, malgré tout il discuta avec les autres personnes de la classe. Pratiquement tout le monde vint le saluer à la pause. Je restai en retrait, connaissant déjà toutes ses personnes depuis plusieurs années. La plupart n’était pas méchant, la cohabitation était plutôt simple.


La dernière cloche de la journée sonna enfin, nous délivrant de ce lundi interminable. Cette fois-ci, ce fut à Janaelle de m’attendre devant la porte alors que je discutais d’un devoir à rendre dans la semaine avec un groupe de filles. Quand une tête aux cheveux violets dépassée en râlant, je dis au revoir aux filles pour rejoindre mon amie.

- Tu dis que je suis lente mais alors toi, tu y vas à reculons. Elle scuta la classe avant de se pencher sur mon épaule, ses yeux bleus brillants. Tu en penses quoi de Zensky ? Il est plutôt sympa.

- J’en sais rien, on le connaît que depuis ce matin. Je lui jeta un coup d’œil alors que l’on sortait de l’établissement. Me dis pas que tu ...

Elle me coupa, le visage sérieux.

- Il ne me plaît pas, mais je me disais juste qu’on pourrait être amie avec lui. Ça pourrait être cool.

Souvent lorsqu’une personne souhaitait se rapprocher de nous je les faisais fuir. Mais en même temps Janaelle était beaucoup trop naïve, les gens pouvaient lui cracher à la figure sans qu’elle ne dise rien. Alors, oui, je passais pour la méchante mais je laissai personne toucher à ma meilleure amie.

- Bon tu montes ou tu marches.

Le conducteur de bus me fixait l’air agacé.

J’étais la seule encore dehors plantée devant les marches. Je secouais la tête en grimpant le petit escalier et passant ma carte à la borne. Janaelle m’attendait sur une des banquettes en riant.

- Arrête de rire.

Je m’assis à côté d’elle, laissant mon sac glisser sur le sol. Je détestais prendre le bus même si Janaelle le prenait avec moi. Il faisait chaud, on était une cinquantaine et les détritus me dégouttaient.

- Tu fais quoi mercredi après les cours ?

Je tournai la tête vers elle qui cherchait une musique sur son téléphone.

- Je ne sais pas. Normalement rien. Un sourire ne put s’empêcher de s’étendre sur mes lèvres en voyant le visage de Lady Gaga. Pourquoi, tu as quelque chose de prévu ?

- Oui, je pensais aller au centre commercial avec Zensky. Comme ça on pourrait mieux le connaître en dehors des cours.

Je soupirai fatiguée.

- Je viendrais.

Au bout de trois arrêts, se fut enfin le mien. Je salua une dernière fois Janaelle avant de sortir. Il pleuvait encore tandis que des éclairs apparaissaient au long. Ma mère aurait pu venir me chercher mais elle n’en avait pas envie. En arrivant chez moi, ma mère était sur le canapé, parlant au téléphone. En faisait le moins de bruit possible, je montais les marches pour aller dans la salle de bain. J’étais trempée jusqu’aux os. Mes membres tremblaient alors que je rentrais sous l’eau chaude. Le mal de tête qui était arrivé en début d’après-midi s’intensifia. Je pris ma tête entre mes mains tout en m’asseyant sur le rebord de la baignoire. Mes doigts s’encrèrent dans mes tempes, effectuant des petits cercles.

- Gabrielle !

Dépêche toi de sortir. Tu n’es pas toute seule. Ma mère commença à frapper frénétiquement la porte. Je m’empressai de sortir du bain pour mettre mes habits à sécher et m’habiller rapidement. Elle se stoppa lorsque j’ouvris la porte pour partir dans ma chambre. J’y resta enfermé jusqu’au soir, faisant rapidement mes devoirs.

- Gabrielle !

Je laissai ma tête retomber sur mon bureau avant de me relever pour descendre. Ma mère adorait hurler mon nom depuis toutes les pièces de la maison. En arrivant en bas de l’escalier, un couple et un jeune que je ne connaissais pas discutaient avec mes parents. Tout le monde était bien habillé, ma mère portait une de ses robes les plus luxueuses et on aurait dit que mon père avait gardé sa tenue de travail. Ils étaient tous tirés à quatre épingle tandis que mon vieux pyjama pué était taché et troué. Ma génitrice pausa ses yeux sur moi et son visage vira au rouge. Mes doigts s’accrochèrent au bas de mon t-shirt et un sourire crispé se colla sur mon visage.

- Bonsoir…

- Viens ici. Elle m’attrapa le bras pour me tirer dans l’escalier. Tu me fais honte. Me poussant dans ma chambre, elle fouilla dans mon placard pour en sortir une longue robe. Prépare toi. Je vus sa silhouette sombre dans le couloir. Crois pas que tu vas t’en sortir comme ça. On en reparlera demain.


Ce lundi allait finalement être interminable. Mes yeux se perdirent sur la robe et mes doigts parcoururent le tissu. Je n’en avais aucune envie.

Je me regardais une dernière fois dans le miroir espérant que ça suffise à ma mère. Je me sentais ridicule dans cette robe de soirée et ses hauts talons. Pour éviter d’empirer les choses j’avais rejoint le salon discrètement, m’installant sur le canapé. Ma mère décidait souvent d’inviter des gens à l’improviste. Elle aimait montrer sa qualité de vie et rester avec les personnes qui lui apporteront le plus, comme ce soir. Je ne savais pas qui était ses gens mais vu son comportement excessif, ça devait être important. Je restai silencieuse, me contentant de relever la tête dès lors où l’on prononçait mon nom. Avec ma mère je dus les raccompagner jusqu’à la porte d’entrée, un faux sourire sur le visage. Sa main sur mon épaule se resserra, enfonçant ses ongles dans ma peau.

- Petite peste. Range la maison avant d’aller dormir.

Elle s’en alla et je n’entendis que le verrou de sa chambre être tourné. Je soupirai avant de fermer la porte d’entrée à clef pour aller dans la salon, ramassant les verres qui traînaient sur la table basse. L’horloge indiquait une heure et demie du matin et mes yeux luttaient pour rester ouverts. Je ramenais toute le vaisselle dans la cuisine. Un frisson parcourut ma colonne vertébrale. Mes yeux dérivèrent sur la pile d’assiette dans l’évier tandis que j’étalais du savon sur l’éponge.

- Laisse tomber et vas dormir.

Mon père venait de rentrer dans la pièce le visage épuisé. C’était assez paradoxale que la seule personne qui n’étudie pas ou ne travaille pas soit la personne qui en faisait le moins dans cette maison. Je laissai l’éponge sur le bord de l’évier pour aller dans ma chambre. Mon père se tuer au travail et il me faisait vraiment de la peine. Ça ne devait pas être facile de vivre avec ma génitrice. Je me laissa tomber sur mon lit après avoir retiré cette robe inconfortable et ses talons. À tâtons, je cherchais ma peluche avant de laisser le soleil m'emporter.