Une nuit en sa possession

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Résumé

Maya s'enfuit de chez elle pour échapper à un mariage arrangé et se retrouve dans une ville inconnue : Chicago. Attaquée et dépouillée de tout, elle se retrouve sans rien — ni argent, ni sécurité, ni espoir. Lorsqu'une affiche pour un club de strip-tease attire son regard, Maya prend une décision : une nuit sur scène pourrait lui rapporter assez pour se payer une chambre, peut-être même de quoi survivre. C'est alors qu'elle rencontre Roman Volkov. Froid, impitoyable et intouchable, Roman est le chef de la mafia qui règne sur la pègre de la ville. Il lui fait une proposition : une nuit avec lui, et elle aura plus d'argent qu'elle ne pourra jamais en dépenser. Cela devrait être simple. Juste un marché. Juste une nuit à Chicago avec un homme qu'elle ne reverra jamais. Mais au lever du soleil, Maya découvre la vérité : personne ne passe « juste une nuit » avec Roman Volkov.

Genre :
Romance
Auteur :
Zaynab
Statut :
Terminé
Chapitres :
83
Rating
4.8 17 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

Maya


Strip-club Silver Charm – ON RECRUTE. Aucune expérience requise. PAYÉ CHAQUE SOIR EN CASH.

Du cash. C’est exactement ce qu’il me fallait pour me trouver un endroit où me poser. Sous l'annonce, il y avait une adresse et une note : PRÉSENTEZ-VOUS SUR PLACE.

J'avais la boule au ventre. J'ai baissé les yeux sur mes jambes et mes pieds nus. Le froid me tuait. Ma peau à vif ne faisait qu'empirer les choses. Je n'avais plus rien sur moi. Ma meilleure option, c'était de me faire de l'argent rapidement pour décider de la suite.

J'étais partie de la maison depuis plus de cinq heures. Mon père me tuerait s'il apprenait ma disparition. Non, ce serait plutôt ma mère. Avec tous les préparatifs et les invitations envoyées à ses amies, elle devait déjà avoir mis la maison sens dessus dessous.

Il y a peine une semaine, mon père avait annoncé mes fiançailles avec un riche homme d'affaires. C’était un homme que j'avais vu une seule fois. Il m'avait à peine adressé la parole et ne s'intéressait qu'à la fortune de ma famille. On attendait de moi que j'obéisse et que je prenne la place qui m'était destinée sans poser de questions. Mais ce futur m’étouffait tellement que j'avais fini par craquer.

C'est putain de dingue qu'on me traite comme une gamine alors que j'ai vingt-et-un ans. Je suis une adulte, bordel.

Eh bien, ils n'ont qu'à trouver quelqu'un d'autre pour me remplacer. Enfin, s'ils ont une autre fille après moi. Je suis la fille unique d'Alexander Hartwell. C’est le président de la plus grande multinationale du pays : Hartwell Enterprises.

Moi, je préfère une vie de liberté et d'aventure. Je ne veux pas d'une vie où les gens deviennent mes amis juste pour profiter du nom de mon père. J'ai passé toute ma vie à New York. Pour la première fois, j'ai osé sauter le pas pour m'enfuir.

C'était surréaliste de me retrouver à fuir la maison avec seulement un sac à dos, mon passeport et un portefeuille contenant quelques cartes et du liquide.

Ce même sac à dos venait de me être volé il y a quelques minutes. C’est ce qui me forçait à chercher un boulot pour avoir du cash rapidement. J’en avais encore des frissons dans le dos en repensant au vol.

J'ai tout perdu dès mon arrivée à Chicago. Est-ce que c'est un signe parce que j'ai désobéi à mon père ?

C'est peut-être ce qui arrive quand on s'oppose à ses parents. Les malédictions de ma mère sont peut-être la raison pour laquelle j'ai été dépouillée et que je me retrouve sans rien.

« Ah ! » j'ai crié alors qu'une douleur aiguë me traversait le pied. En regardant en bas, j'ai vu que la peau de mon orteil était arrachée. « C'est vraiment de la merde ! » j'ai hurlé, sans me soucier de l'écho de ma voix.

J’allais peut-être devoir ravaler ma fierté et finir par appeler mon père pour accepter mon sort. Il était hors de question que je reste dans cette ville inconnue et cruelle sans rien pour m'en sortir.

Mon cœur battait la chamade, mais je savais que c'était ma dernière chance. J'avais besoin de cash. Personne ne connaît mon visage ici. J'allais prendre l'argent et disparaître sans laisser de trace. Un sourire est apparu sur mes lèvres quand j'ai vu l'enseigne : SILVER CHARM.

J'ai poussé la porte lourde et le boum-boum de la musique m'a accueillie. À l'intérieur, des lumières tamisées créaient des ombres dans la pièce. L'air était saturé de parfum. J'ai hésité près de l'entrée, cherchant quelqu'un à qui parler.

Avant que je ne puisse trouver mon courage, une voix sèche a aboyé sur le côté.

« Hé ! T'es en retard ! » Une femme avec un porte-bloc m'a dévisagée de haut en bas.

J'ai ouvert la bouche pour m'expliquer, mais elle m'a coupé d'un geste impatient.

« Garde tes excuses. Va en coulisses et prépare-toi, on manque de personnel ce soir. »

Confuse, j'ai cligné des yeux, mais elle était déjà partie. Elle m'a laissée plantée là dans le chaos. Mon cœur cognait dans ma poitrine alors que je suivais les panneaux vers les « Vestiaires ».

Des femmes couraient partout dans des tenues pailletées. Elles ajustaient leur maquillage et coiffaient leurs cheveux sous des néons agressifs. Je suis restée près de la porte, sans savoir où aller.

Avant que j'aie pu réfléchir, une petite femme en soutien-gorge à paillettes et pantalon de cuir m'a attrapé le bras. « Dépêche-toi, la nouvelle ! Le portant des costumes est là-bas. Tu montes sur scène dans cinq minutes. »

« Je ne suis pas... » j'ai commencé, mais elle s’était déjà volatilisée. La panique est montée d'un cran. Cinq minutes ? Je ne savais même pas ce que je devais faire.

Mais quand mes yeux sont tombés sur une petite tenue noire accrochée au portant, quelque chose a changé en moi. C'était une question de survie. J'ai attrapé les vêtements et je les ai enfilés, les mains tremblantes.

Une voix puissante a résonné depuis la porte : « La nouvelle ! On y va ! »

Sans avoir le temps de douter, je suis sortie du vestiaire.

La musique m'a frappée comme une onde de choc quand je suis arrivée au bord de la scène. Les projecteurs m'aveuglaient. J'ai hésité, le cœur battant. Je n'arrivais plus à respirer.

La voix de l'annonceur a tonné : « Accueillons notre toute nouvelle danseuse ! »

J'ai bougé maladroitement au début. La réalité de ce que j'étais en train de faire me frappait de plein fouet. Des sifflements et des cris ont éclaté dans la foule. Je me suis forcée à continuer en me déhanchant sur le rythme du mieux que je pouvais.

Ce n'était pas gracieux. Ce n'était pas séduisant. Mais c'était pour survivre.

Pourtant, alors que mon corps commençait à bouger plus naturellement, mon regard s'est tourné vers la section VIP. C'est là que je l'ai vu.

Il était assis dans l'ombre, avec une présence indéniable. Son regard perçant était braqué sur moi, froid et calculateur, comme un chasseur observant sa proie. Contrairement au reste de la foule, il n'applaudissait pas. Il se contentait d'observer.

Mon pouls s'est accéléré et mes mouvements sont devenus hésitants sous le poids de son regard. Mon cœur martelait ma poitrine, mais j'ai tenu bon pour finir mon numéro. Quand la dernière note a retenti, je suis restée figée sur place, haletante, sans savoir si je ressentais du soulagement ou de l'effroi.

Les applaudissements étaient nourris, mais l'inconnu ne frappait pas des mains. Au lieu de ça, il s'est calé dans son fauteuil avec un léger sourire en coin, comme s'il avait vu quelque chose que les autres n'avaient pas remarqué.

Il a chuchoté quelque chose à l'homme à côté de lui, qui s'est levé rapidement pour disparaître vers les coulisses. Je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait, mais je savais une chose : je n'avais pas seulement dansé pour la foule. J'avais dansé pour lui.

J'ai eu à peine le temps de reprendre mon souffle qu'un homme de grande taille en costume sombre s'est approché de moi. Il dégageait une autorité naturelle et ses yeux m'examinaient avec une intensité tranquille.

« On vous attend à l'étage », a-t-il dit d'une voix douce mais ferme.

« À l'étage ? » j'ai répété, perplexe.

« Oui. » Il a jeté un coup d'œil par-dessus son épaule, comme s'il s'attendait à ce que je le suive. « Ne le faites pas attendre. »

J'avais l'estomac noué. Lui. L'homme de la section VIP ? Mon instinct me criait de refuser, de m'enfuir par la porte de secours et de ne jamais revenir. Mais je ne pouvais pas. Je n'avais même pas de quoi me payer un repas, encore moins une fuite.

J'ai dégluti avec difficulté. Mes pieds bougeaient avant même que mon cerveau ne réagisse. L'homme m'a conduite à travers les couloirs de service du club, passant devant des salles pleines de fumée et de murmures.

L'homme a ouvert une porte et m'a fait signe d'entrer.

Je suis entrée, et il était là.

La pièce était peu éclairée, la seule lumière venant d'une lampe sur la table. Il était assis dans un fauteuil, détendu, mais le regard vif. De près, il était encore plus intimidant. Cheveux sombres, mâchoire carrée et des yeux si froids qu'ils semblaient me transpercer.

Au début, il n'a rien dit, il s'est contenté de me regarder.

J'ai croisé les bras sur ma poitrine pour cacher mon malaise. « Qu'est-ce que vous voulez ? »

Il a eu un petit sourire en coin. « Vous êtes nouvelle ici. »

« Ouais, et alors ? » j'ai répliqué sèchement. Je ne sais pas pourquoi je m'énervais tout d'un coup.

« Soit vous êtes courageuse, soit vous êtes incroyablement stupide pour me parler sur ce ton. »

Il s'est levé. Sa carrure imposante me faisait me sentir toute petite. Il a fait un pas vers moi et j'ai reculé par réflexe, jusqu'à ce que mon dos touche le mur.

« Comment tu t'appelles ? » a-t-il demandé d'une voix basse et suave, comme un prédateur qui attire sa proie.

« Maya », j'ai répondu, la gorge sèche.

« Maya », a-t-il répété. Sa façon de prononcer mon nom m'a donné un frisson dans le dos. « Est-ce que tu sais qui je suis ? »

« Non. » Comment j'aurais pu le savoir ?

Ses yeux se sont plissés. « Alors laisse-moi t'éclairer. Mon nom est Roman Volkov. Ce club m'appartient. » Il s'est penché, son visage à quelques centimètres du mien.

Je me suis figée, l'esprit en ébullition. Volkov. Ce nom à lui seul suffisait à me donner des sueurs froides.

« Je n'ai pas de temps à perdre avec des jeux, mademoiselle », a-t-il continué sans me lâcher du regard. « Je peux t'offrir pour une seule nuit plus d'argent que tu n'en as jamais vu. En échange, tu passeras la nuit avec moi. Pas de questions. Pas d'attaches. Juste une nuit. »

En vingt-et-un ans de vie, je n'avais jamais rencontré un homme avec une aura aussi puissante. J'en avais la tête qui tournait. Ce n'était pas seulement sa demande, mais la façon dont sa voix grave me transperçait. Je ne me sentais pas très bien.

Et j'oubliais de préciser que ses yeux étaient aussi sombres que ma robe : dangereux et froids.

« Vous êtes en train de dire que vous voulez coucher avec moi ? » j'ai lâché sans réfléchir. Un léger sourire a flotté sur son visage.

« D'habitude, les femmes ne me posent pas de questions. Tu es... unique. »


Quoi ! Est-ce que ça veut dire qu'il a couché avec des tonnes de femmes ? Peut-être la moitié des femmes de Chicago. Tout mon instinct me criait de fuir, mais mes pieds refusaient de bouger, comme bloqués par son regard et par ma situation.

J’avais l’impression d’être collée au sol de marbre froid. Sans parler des frissons qui me parcouraient l’échine à cause de la façon dont cet inconnu me fixait de ses yeux dangereux.

J'avais besoin d'argent, certes, mais pas au point de coucher avec un homme rencontré le premier jour de mon arrivée en ville.

« Je sais ce qu'il te faut », a-t-il dit en coupant le fil de mes pensées. Je n'avais pas encore repris mon souffle qu'il a ajouté : « De l'argent. »

Je n'ai pas cherché à cacher mon choc face à sa révélation. Ses yeux se sont brièvement posés sur sa montre. « Le temps est précieux pour moi. »

« Vous avez raison, j'ai besoin d'argent, mais je suis désolée, je ne suis pas là pour ce genre de boulot. » J'ai commencé à m'éloigner quand ma respiration s'est bloquée dans ma gorge.

Une onde électrique a traversé mon corps. Je n'arrivais presque plus à respirer quand mon corps a frôlé le sien. J'ai senti un petit picotement entre mes jambes. Comment pouvais-je perdre mes moyens juste par le simple contact de cet étranger ?

« Après ce soir, tes problèmes pourraient bien disparaître complètement... si tu joues bien tes cartes, Mi Amor. » Je ne savais pas trop ce qu'il voulait dire par là. Pourtant, la seule chose qui me passait par la tête alors que je soutenais son regard sombre, c'était d'imaginer l'effet de son toucher sur d'autres parties sensibles de mon corps.

C'est de la folie. Je ne devrais même pas y penser. Tout en moi criait de partir, de courir aussi vite que possible loin de cette pièce étouffante. Mais sa présence était magnétique. Elle m'attirait malgré toutes les alarmes qui hurlaient dans ma tête.

Ses yeux plongeaient dans les miens, sombres et dangereux, comme s'il pouvait voir à travers chaque couche de mon être. Ma respiration s'est encore saccadée quand sa main a effleuré la mienne. C'était un contact si bref mais si puissant qu'il a envoyé une décharge dans tout mon corps.

Qu'est-ce que j'étais en train de faire ? Qu'est-ce qui m'arrivait ? Cet homme était dangereux.

Mais une seule nuit ne me ferait pas de mal, non ? Après tout, on ne se reverrait jamais. Je prendrais l'argent et je me tirerais. Sans aucune attache.

Je n'ai même pas eu le temps de décider si j'acceptais ou si je partais que ses lèvres se sont écrasées contre les miennes. Une étincelle a immédiatement jailli dans ma poitrine, me donnant la chair de poule. Ses mains ont agrippé ma taille, fermes et autoritaires, me tirant vers lui jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun espace entre nous.

« Profite de ta liberté tant que tu le peux, Maya », a-t-il murmuré contre ma bouche. « Parce que ce soir, tu es à moi. »