𝐁𝐥𝐚𝐜𝐤 𝐒𝐨𝐫𝐫𝐨𝐰

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Résumé

𝐄𝐭 𝐬𝐢 𝐬𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐝𝐫𝐞 𝐞𝐧𝐬𝐞𝐦𝐛𝐥𝐞 é𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐚 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞 𝐟𝐚ç𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐬𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫 ?

Genre :
Drama/Other
Auteur :
M-ey
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapter 1

𝐂𝐞𝐫𝐭𝐚𝐢𝐧𝐬 é𝐯é𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐞𝐭 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐚𝐠𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐞 𝐫𝐨𝐦𝐚𝐧 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐬𝐩𝐢𝐫é𝐬 𝐝𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭𝐬 𝐫é𝐞𝐥𝐬, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐞𝐬𝐭 𝐦𝐢𝐬 𝐞𝐧 𝐟𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥'𝐞𝐱𝐩é𝐫𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞.


Chapitre 1 :

𝐋'𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝'𝐮𝐧𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞...༉‧₊˚🕯️


Je ne le voyais pas, je l'entendais... et quand je le voyais, il n'y avait plus de bruit... un amour silencieux, faux. Parfois, il semble réel à mes yeux... mais plus souvent, il n'est qu'une douleur sourde qui s'ancre en moi. Ce poids constant me brûle la tête, ces larmes que je verse, chaque nuit,... Au réveil, mes paupières sont lourdes, griffées de cette amertume sans fin... Puis je tente de me dire que tout ça n'est qu'un mauvais rêve-


- MIYA!


Encore... Il hurle depuis le salon, exigeant que j'aille lui chercher quelque chose qui est littéralement devant lui.


Super...


- O-oui!


Je soupire en me levant de ma chaise. Vous l'aurez deviné, j'étais en train d'écrire. Une histoire, rien de grandiose... Attendez, je vais juste voir ce que cet homme veut avant qu'il ne commence à m'écraser avec ses reproches.


- ...Oui papa?

Je le trouve affalé devant la télé dans le salon, à moitié absorbé dans les images sans couleur qui clignotent à l'écran.


- T'étais où, sérieusement ? Je t'ai appelée trois fois ! Et ta mère, elle est où ? demande-t-il, me scrutant de ce regard qui n'a rien de chaleureux. Il a le don de poser les questions les plus évidentes. Je sais qu'il cherche seulement une excuse pour m'adresser la parole, juste pour vérifier si je suis encore là.


- Chez mamie, elle est malade...

murmure, la voix basse.


Il enchaîne aussitôt :


- Et ton frère ?


- Avec elle. Ranne et Adem aussi...


Il fronce les sourcils :


- Et ta sœur ?


- À l'école.


- Et toi ? Encore en train de sécher les cours, hein ? Il croise les bras, satisfait d'avoir trouvé un nouveau prétexte pour s'en prendre à moi.


- Je suis malade, dis-je d'une voix presque inaudible Puis, voyant qu'il ne lâchait pas le regard, j'ajouta Maman le sait.


Il ne répond rien, son regard se perd vers la table basse puis retourne vers la télé. Mes absences sont devenues courantes... pas seulement à cause de ma santé, mais à cause d'eux, mes bourreaux du lycée. Un jour, j'ai fait l'erreur de craquer, de tout raconter à maman. Elle, en pensant bien faire, est allée rapporter l'histoire à la directrice, qui a convoqué les parents des coupables. Depuis... c'est l'enfer. J'ai allumé un feu plus grand que moi, et maintenant je suis incapable de l'éteindre. Me dénoncer n'a fait qu'enflammer leur rage. C'était une erreur, et depuis, j'essaie juste de passer inaperçue.


Le silence tombe à nouveau, jusqu'à ce qu'il se décide :

- Habille-toi, on va les chercher... Et puisque tu n'as rien de mieux à faire, tu resteras chez ta grand-mère quelques jours. Ta mère ne peut pas tout assumer, s'occuper de tes frères et sœurs, tenir la maison... Les problèmes, on en a déjà assez comme ça. Alors, aide-nous.


J'avalai ma salive, mes poings serrés devant l'indifférence de ses mots, devant son incapacité à voir les efforts que je fournissais.


- Je ne veux pas aller chez mamie. Ne dis pas que je n'ai rien à faire, j'ai mille choses importantes à faire ! m'indignai-je.


- Pleurer ? lâcha-t-il d'un ton cinglant. À part te plaindre, tu fais quoi, au juste ?


- J'écris!


- ouais ouais peut importe, dépêche toi , tu va chez ta grand mère avec le sourire au lèvres même, ta grand mère reste ta grand mère, point.


Je détournai les yeux, essayant de contenir le flot d'émotions qui menaçait de déborder. En silence, je rejoignis ma chambre, enfin... ce qui servait de chambre. Pas vraiment la mienne, car je partageais l'espace avec mes deux petites sœurs, Alya, 14 ans, et Ranne, 9 ans. J'avais 17 ans, mais je n'avais jamais eu mon propre espace... j'ai un frère Cadet qui s'appelle Eden qui a 15 ans et Adem qui a 8 ans , au total, j'ai 4 frères et sœurs, se qui veux dire qu'on est 7 dans la maison si on compte mes parents bien sur , sept âmes empilées les unes sur les autres, cherchant chacune un coin de tranquillité. Mais il n'y en avait pas.


Arrivée dans la chambre, je rangeai rapidement mes affaires pour les mettre à l'abri de Ranne et Adem, qui adoraient dessiner n'importe où et gaspilleraient sans vergogne mes feuilles et mes stylos. Après tout, on ne peut jamais être tranquille avec deux "petits rats" à la maison, même si, au fond, je les aimais malgré tout.


Je glissai quelques vêtements dans mon sac, un carnet, un stylo, mes médicaments. Mon père criait déjà dans le couloir pour que je me dépêche. En soupirant, j'enfilai mon manteau, enroulai une écharpe autour de mon cou, et me dirigeai vers la porte. Il nouait encore ses lacets. Pour une fois, je n'étais pas en retard.


plus tard dans la voiture...


La voiture roule dans le silence, seulement rythmé par le grondement lointain de la radio et les gouttes de pluie battant sur les vitres. Le froid me glace la peau. Je souffle sur mes mains, essayant de les réchauffer. Le climat de ce pays me semble toujours aussi dur, toujours aussi étranger. Mon père, concentré sur la route, ne dit rien. Puis, d'un coup :


- Putain, MAIS IL EST CON OU QUOI ?!


Je sursaute alors que la voiture freine violemment, le klaxon résonnant dans mes oreilles. Un autre véhicule, noir, s'est arrêté en travers de notre route...l'homme qui conduisais le véhicule ouvre sa portière en regardant notre voiture pour vérifier les dégâts qu'il a causer, mon père fou de rage , sort à son tour .....sa ne sentais pas bon , j'entrouverre légèrement la vitre pour écouter se qui se passera entre mon père et se dernier , à se moment la , je remarque que l'homme n'était pas seul dans la voiture , à côté de lui il y avais un garçon qui semblait avoir à peu pré mon âge, il regardait la scène avec un regard qui semblait aussi nerveux que le mien, mais quand il me remarque il tourna les yeux vers moi se qui me fait détourner rapidement le regard.


...ces situations m'angoisse ,sa me rend mal à l'aise , j'entends le téléphone de mon père sonnée, je le prend alors et vois que c'est ma mère qui l'appel, je dégluti avant de répondre


- Allô ?


- Allô ? Miya ? C'est toi ? Vous êtes où ?


- ouais, c'est moi, je...enfin, on a un petit problème.


- Quoi ? Tout va bien ? Rien de grave, j'espère ?


Je jette un coup d'œil vers mon père, qui est en pleine discussion animée. Mon regard se détourne alors, presque par automatisme, et se pose sur le garçon assis à l'arrière de la voiture. Il m'observait... Son regard était neutre, impénétrable. Une écharpe bleu nuit lui couvrait la moitié du visage, ne laissant visibles que ses yeux et ses cheveux noir. Je tenais toujours le téléphone près de mon oreille, un peu distraite, et réponds à ma mère d'une voix à peine audible en déplaçant mon regard sur le côté.


- O-oui... je te rappelle après, d'accord ?


Je raccroche rapidement sans ajouter un mot. Je savais qu'elle allait me bombarder de questions dès que j'appellerai à nouveau. À peine avais-je raccroché que mon père revient dans la voiture, claquant la portière derrière lui. D'un geste brusque, il démarre, s'éloignant en vitesse de la voiture noire. Encore une fois, un silence lourd s'installe.


Nous arrivons devant ce chemin que j'aime tant, cette route déserte au cœur de la forêt. C'était magnifique... Il n'y avait que nous, le soleil commençait à se coucher. Je sors alors mon téléphone, espérant capturer quelques photos, mais la qualité de l'image était médiocre. Pff, je déteste ce vieux téléphone. Peu importe.


Cette route menait à un petit village connu pour ses vignes, parfaites pour la production de vin. Original, vous ne trouvez pas ? Après quelques minutes, nous atteignons enfin l'entrée du village. Mon père ralentit, puis gare la voiture devant le petit bâtiment où vivait ma grand-mère, entourée de quelques autres personnes âgées. Que des vieux, hein...


- Je les attends ici, dis-leur de descendre vite.


J'acquiesce avant de sortir de la voiture, serrant mon sac à dos contre moi... C'est alors que je vois passer la voiture noire devant moi. Celle de tout à l'heure ? Elle s'est arrêtée un peu plus loin devant une jolie maison. Je suppose que c'est juste une autre voiture qui lui ressemble... Bon, ce n'est pas mes affaires de toute façon.


Je me dépêche vers l'entrée du bâtiment, qui était déjà ouvert, puis je monte quelques escaliers. Je m'arrête devant la porte d'entrée de ma grand-mère. Merde... je déteste cette maison... Elle ne me rappelle que de mauvais souvenirs. Je tends la main pour frapper à la porte, mais au même moment, mon frère cadet, Eden, l'ouvre. Nous sursautons tous les deux en même temps.


- W-wow, qu'est-ce que tu fous ici ? me demande-t-il.


-...Il m'a obligée à venir pour rester avec elle. Je lève les yeux au ciel en le poussant doucement de côté avant de rentrer. Il fait froid dehors.


- Ah... au moins tu ne le verras plus pendant quelques jours.


- Non, je préfère encore sa gueule à celle de sa mère.


- Sérieux ?


- Non, ils sont pareils.


Eden soupire en secouant la tête, puis il tend la main vers ma petite sœur.


- Allez, princesse, on y va, murmure Eden à Ranne.


Ranne se précipite pour lui attraper la main.


- Si quelque chose ne va pas, envoie-moi un message, me dit-il avant de descendre les escaliers avec Ranne.


Je me tourne vers le salon ; j'entends la voix de ma mère qui parle, et aussi celle d'Adem qui chantonne dans la cuisine. Mais après quelques secondes, ma mère sort du salon, une expression de dégoût et de fatigue sur le visage. Elle croise mon regard.


- Oh... tu es ici ? Ton père n'est pas monté pour voir ta grand-mère ?


- Non, il vous a dit de descendre... Eden et Ranne sont déjà descendus, il n'y a que toi et Adem.


- Et toi, tu restes ici ?


-...Oui...


Ma mère soupire, puis attrape son sac à main posé sur le meuble à chaussures.


- N'essaie pas trop avec elle... Fais juste le ménage et la cuisine... Elle ne veut parler à personne. Si elle te provoque, ignore-la.


- D'accord.


Enfin... J'entends la porte d'entrée se refermer derrière moi après que ma mère et Adem soient partis. Est-ce qu'on peut maintenant passer à l'action ? Je pense bien que oui. Je me tourne vers le salon... ma grand-mère s'y trouvait. Je prends une grande inspiration avant d'avancer vers la porte. J'étends la main pour l'ouvrir doucement...


Je la vois, allongée sur le canapé, un livre à la main. Elle lisait. Ma grand-mère n'était pas si vieille, enfin, elle avait 67 ans. Ses cheveux blancs étaient soigneusement attachés en chignon, et elle portait ses lunettes œil de chat. Elle ne pouvait s'empêcher d'être bien habillée et coiffée, malgré le fait qu'elle soit malade. Hah... Au même âge, je commencerais sûrement déjà à remettre mes actes en question... mais elle, c'est tout le contraire. Elle continue à faire du mal aux autres, spécifiquement à ma famille, et ça m'énerve...


Elle tourne lentement la tête vers moi, me regardant de haut en bas avant de ramener son regard sur son livre. Elle parle d'une voix cassée mais aussi intimidante.


- Bonsoir... jeune fille.


Je la fixe en silence, puis murmure simplement : Bonsoir...


- Je ne m'attendais pas à te revoir. Elle fait une pause, tourne la page de son livre. Tu as maigri. Elle attrape un marque-page posé sur la table basse, le glisse entre les pages avant de fermer son livre et le poser sur le canapé. Qu'attends-tu ?


Je reste là, silencieuse, fixant ma grand-mère sans vraiment la voir. Sa silhouette floue s'efface par instants, puis revient avec une netteté presque irréelle. Tout ici semble... décalé. Comme un décor qui aurait trop servi, avec des coins usés et des couleurs délavées. Mais, qui sait, peut-être que c'est moi qui commence à me délaver aussi. Chaque fois que je la revois, ce même vide m'envahit, ce même malaise, comme si je plongeais dans un rêve dont on ne se réveille jamais.


Elle parle. Des mots glissent hors de sa bouche, se forment, disparaissent. Elle dit quelque chose à propos de ne pas s'attendre à me revoir. Est-ce qu'elle pense vraiment que j'ai envie d'être là ? Peut-être. Ou peut-être que ça l'amuse, cette petite scène où elle tient les ficelles et moi, je fais semblant de ne pas les voir. Je pourrais partir, maintenant, juste faire demi-tour. Mais une autre voix en moi ricane, celle qui sait que je ne bougerai pas. "Allez, Miya... dis-lui que tu vas rester, sois sage, sois docile." Cette voix qui me ressemble et me tourmente, toujours là, chuchotant, exigeante.


- Je vais juste faire ce que j'ai à faire, ne vous en faites pas. Ma réponse s'échappe, épuisée, comme un soupir déguisé en mots. Je la fixe un instant, ce sourire glacial qui se dessine à peine, et je me demande combien de temps encore je vais tenir. Est-ce que les autres, eux, ils voient aussi ce sourire de monstre sous son visage soigneusement maquillé ? Ou est-ce que ça aussi, c'est un rêve ?


Elle incline la tête, lentement, comme un chat prêt à bondir.


- Comme il se doit, murmure-t-elle, ses yeux me transperçant. Je n'attends rien de moins.


Les secondes s'étirent, lourdes, étouffantes. Je me tourne vers la porte, prête à fuir... non, à obéir. Mais ce n'est pas vraiment moi qui marche vers la cuisine. C'est une autre version de moi, un moi mécanique qui se traîne dans ce décor étranger, laissant mes pensées vagabonder dans les couloirs sombres de ma tête.


"Elle n'a aucune idée de qui tu es, Miya. Mais toi non plus."


Chaque pas résonne, me faisant sursauter, comme si la maison tout entière était prête à m'avaler, à me plonger encore plus profondément dans ce cauchemar éveillé. Mais, au fond... je crois que j'ai toujours été piégée ici.


Après le dîner... enfin, si on peut appeler ça un dîner. J'ai mangé des œufs que j'ai dû cuire moi-même, parce que le frigo était vide. Elle n'a même pas fait les courses. Hah, peu importe. Comme si ça allait changer quelque chose, que je mange ou pas... Le monde est un décor vide, un vieux rêve sans fin. Vous avez déjà ressenti cette envie de... ne plus rien faire ? Même pas l'envie de respirer, encore moins de manger. Il y a des jours où le monde entier devient si... insignifiant. Je voulais disparaître, parfois. Mais je crois en Dieu, alors je n'ai jamais franchi cette limite. Alors j'attends, je m'accroche... "Attends quoi, Miya ?"


- Tais-toi ! dis-je à cette voix dans ma tête. Elle persiste, agaçante, comme une piqûre qui refuse de guérir.


"Ta mort, peut-être ? Mais moi, je ne veux pas mourir."


- Moi, si... soufflé-je, mais mes mots se perdent dans l'obscurité.


"Non, tu ne veux pas vraiment."


Et là, un rire nerveux m'échappe. Cette bataille intérieure, c'est un cercle sans fin. Et tout m'énerve. Tout le monde m'énerve. Merde... merde... merde...


Plus tard, quand la maison devient un silence malaisant et que ma grand-mère est partie se coucher, je reste éveillée dans cette chambre sombre, seule avec mes pensées. La pluie tombe encore, douce, mélancolique, glissant le long des vitres. J'ouvre la fenêtre. L'air froid et l'odeur humide de la pluie... je pourrais presque me laisser glisser en bas, hors de cette réalité.


Je me tiens au bord, le regard perdu dans le vide.


-"Arrête !"


Je sursaute, mes doigts se crispent sur le rebord de la fenêtre. H-huh ?


Je reviens à moi, comme réveillée d'un rêve dont je ne me rappelais pas être prisonnière. Je suis toujours là, au bord. Mais heureusement, cette voix en moi m'a retenue. Mon ami, celui que j'appelle Ico, le seul qui m'accompagne même dans mes nuits tourmentées. Lui, il est toujours là, une présence étrange, Inexistante, vivant quelque part dans mon esprit.


Bizarre ? Peut-être. Mais ça n'a pas d'importance. Il est le seul à m'empêcher de sombrer tout à fait. Sans lui... sans lui, il ne resterait plus rien.


"Hey, pourquoi pas sortir ?"


- Ah ouais... sortir. Tu as raison, Ico.


"Vas-y, sors. Ça me fera du bien à moi aussi."


Hah, comme si tu existais vraiment...


"Peu importe, je veux crier."


Je me lève brusquement, le cœur battant plus vite. La porte de ma chambre... c'est mon seul passage vers l'extérieur, la seule issue possible à cette folie. Je m'élance dans le couloir, le noir me dévorant. Tout est flou, étrange, comme si le noir s'étendait à l'infini. C'est horrible. Je sors mon téléphone, ma main tremblante, et allume la torche. La lumière perçante fend l'obscurité, mais c'est à peine suffisant. Chaque pas résonne dans le vide, et je me déplace sur la pointe des pieds, comme si chaque bruit pourrait réveiller ce silence oppressant.


Ma grand-mère dort quelque part, de l'autre côté du couloir, ses ronflements qui résonnent dans l'air froid. C'est presque apaisant, et en même temps... je la déteste. Pourquoi dort-elle si paisiblement quand moi je suffoque dans cette maison ?


Arrivée à la porte d'entrée, je m'arrête, la clé déjà en place. Je tourne doucement, puis ouvre la porte. Une brise fraîche s'infiltre, et je sors dans la nuit glaciale, fermant la porte derrière moi avec une précaution absurde. Enfin, dehors... c'est un soulagement.


"Tu ne trouves pas tout ça dangereux ?"


Il n'y a que des vieux ici. Je parle à voix haute, mais personne ne répond. Pas vraiment, en tout cas.


Je descends les escaliers, les lanternes anciennes qui jettent une lumière faible, tremblotante, sur le sol poussiéreux. Le village est calme, trop calme. Une goutte de pluie tombe et s'écrase sur ma joue pâle. Je lève la tête vers le ciel, et je ne me rends même pas compte que je n'ai pas pris de manteau. Quelle idiote.


Tss, mais qu'est-ce que j'en ai à foutre ?


Le froid me saisit, et je me mets à marcher. Mes pas résonnent contre le sol humide, et tout ce qui m'entoure semble résonner en écho. Les bruits de la nuit, des hiboux, des corbeaux qui crient... c'est tout ce qui reste. Le vent, l'humidité, le noir. Mais ça ne me dérange pas...


Alors que je marchais le long de la route déserte, un faible bruit attira mon attention. Un miaulement. Il venait de sous la voiture noire. Celle que j'avais aperçue plus tôt, dans la cour de ma grand-mère. Mon cœur s'arrêta un instant. Un chaton ? J'avais presque oublié l'existence de ces petites créatures depuis si longtemps.


Je me baissai pour voir d'où venait le bruit. Là, tout près des roues arrière, une petite boule de poils orange se tortillait, ses yeux bleu clair pleins de larmes. Il miaulait, un son faible, brisé, comme un appel désespéré. Je m'agenouillai lentement, mes genoux heurtant le sol froid de l'asphalte. Le chaton se figea un instant, comme s'il était aussi effrayé que moi, puis il se remit à pleurer.


Je tendis la main pour le prendre, glissant mes doigts sous son petit corps frémissant. "Hé, petit... Calme-toi," murmurai-je d'une voix douce, plus pour moi que pour lui. C'était étrange, mais le chaton, dans sa détresse, semblait me comprendre. Je le tirai doucement hors de l'espace confiné sous la voiture. Il miaula encore un peu, mais ses pleurs étaient moins forts maintenant.


Je le pris dans mes bras, le serrant contre moi, sentant sa chaleur et sa petite respiration rapide. Il me regarda avec ces grands yeux bleus, un regard qui semblait me sonder, comme s'il pouvait voir au fond de moi. Je souris un peu, une expression vide, je crois, comme si ce petit être m'avait offert une échappatoire, même pour quelques instants.


Puis, en relevant la tête, mes yeux croisèrent quelque chose. Une silhouette. Une silhouette sombre, lointaine, à travers la fenêtre de la maison d'en face. Quelque chose dans cette fenêtre me fixait. Quelqu'un. Un regard. Je ne savais pas comment l'expliquer, mais c'était lui. Ce garçon. Celui que j'avais vu dans la voiture noire plus tôt, ce même regard calme et froid.


Attends... c'est pas la voiture noire qui nous a heurtés plutôt ? Je me figeai un instant, un frisson courant dans mes veines. Non, ça n'avait pas de sens. Ce n'était probablement qu'une coïncidence. Mais pourquoi est-ce que cette pensée me revenait comme un écho dans ma tête ?


Je frissonnai, comme si l'air autour de moi devenait plus dense.


"Il me regarde..." murmurai-je sans vraiment me rendre compte de ce que je disais. Mon cœur battait plus vite. Pourquoi est-ce que ça me perturbait tant ? Pourquoi le reconnaissais-je ? Et comment pouvait-il être là...


Je détournais le regard rapidement, me sentant soudainement perdue dans un tourbillon de pensées confuses. Le chaton, dans mes bras, me répondit par un petit miaulement. J'avais l'impression d'être la seule à voir ce qu'il se passait. Ou peut-être que je devenais folle, un peu plus chaque jour. Je le serrai contre moi, comme pour m'ancrer à quelque chose de réel, quelque chose de tangible.


"Tu vois ça, toi aussi ?" je murmurais au chaton, mais il ne répondait pas. Il n'en avait probablement rien à faire de mes hallucinations, de mes pensées torturées. Il se contentait de miauler doucement, ses yeux bleus me fixant avec une étrange intensité.


Je levai lentement la tête, mes yeux se posant sur la fenêtre du premier étage. Là, dans l'ombre, il était toujours là. Il me regardait. Je clignai des yeux, incertaine, comme si ça allait changer quelque chose. Pourquoi il me fixait comme ça, de là-haut, sans bouger ? C'était un peu dérangeant, mais je n'allais pas me laisser impressionner.


- H-hé, c'est à vous ? lançai-je, ma voix un peu plus haute que prévu, mais tant pis. Je levai le chaton vers la fenêtre, espérant qu'il comprendrait. Ou peut-être qu'il s'en fichait, au fond. Je n'en savais rien.


- Enfin, si c'est à vous, je... je vous le rends, ou... je sais pas... vous avez pas l'air de vouloir sortir, ajoutai-je en jetant un coup d'œil à la porte d'entrée, puis au chaton qui, dans un élan de désespoir, miaula encore.


Je baissai les yeux, un peu gênée, me demandant pourquoi je lui parlais comme ça. C'était quoi, ça ? Une conversation avec une fenêtre ? Avec un mec que je connaissais même pas ?


Le garçon rompit enfin le silence, sa voix calme et posée.


- C'était toi dans la voiture, tout à l'heure, non ?


Je ne pouvais pas m'empêcher de le fixer un instant de plus. Son regard était toujours là, ancré sur moi, comme une énigme que je n'avais pas envie de résoudre. Est-ce qu'il me voyait vraiment ? Est-ce que, quelque part, il ressentait ce que je ressentais ? Cette sensation étrange de flotter dans un espace où rien n'a de sens, comme un rêve sans couleurs ni clarté.


Je secouai la tête, tentant de chasser ces pensées.


- C'est ridicule, murmurai-je. C'était peut-être moi qui étais folle. Ou alors, le monde entier avait décidé de se moquer de moi, et je ne pouvais même pas le comprendre. Qui savait vraiment ce qui se passait ?


- Heuh... o-ouais ?... je suppose... je veux dire - c'est toi le mec de tout à l'heure, non ? Votre voiture a frappé- enfin, heurté notre voiture, tu vois ? Mon père était énervé je pense... après, c'est pas notre faute, hein...


Les mots s'échappaient de ma bouche de manière désordonnée, sans que je puisse les contrôler. Il me regardait en silence, une lueur d'amusement dans les yeux, avant de lâcher un rire franc.


- Wow, t'es marrante toi.


Je reste silencieuse, incapable de répondre. Je savais qu'il ne le pensait pas vraiment. Je n'ai jamais été marrante, et ce n'est pas maintenant que ça changera. Alors, je hoche légèrement la tête.


- Peu importe, murmurai-je, presque inaudible.


Il me fixe en silence, comme s'il cherchait à déchiffrer quelque chose. Puis, il inspire profondément et brise le calme :


- C'est beau, la nuit. Les étoiles, la lune... même la pluie. Ça apaise.


Je lève les yeux, hésitante.


- Ouais... tu as raison.


Un léger sourire apparaît sur ses lèvres, mais il disparaît aussi vite qu'il est venu.


- T'as un accent. T'es pas d'ici, huh ?


Je sens mes poings se serrer instinctivement, et une tension familière monte en moi. Je déteste cette question. Pourquoi tout le monde s'y intéresse ? Mon accent n'a rien d'extraordinaire.


- mais c'est mignon hein dit-il


Je plisse les sourcils et détourne le regard, cherchant à ignorer son sourire. Il avait l'air sincère, presque gentil... mais je refuse d'y croire.


Sans un mot de plus, je pose le petit chaton au sol et me redresse.


- Prends-le, dis-je d'une voix presque coupée. Moi... je dois y aller.


Je recule d'un pas, évitant son regard, avant de me retourner complètement. Mon cœur tambourine dans ma poitrine.


Je commence à marcher, rapidement, presque à fuir. Je sens ses yeux sur moi, comme s'il hésitait à me retenir, à dire quelque chose, mais il reste silencieux. Tant mieux.


La pluie commence à tomber plus fort, les gouttes s'écrasant sur mes épaules et se mêlant à mes cheveux. Une partie de moi espère qu'il me suivra, qu'il dira quelque chose, n'importe quoi, pour briser ce poids. Mais il ne le fait pas.


Alors, je continue de marcher, seule, comme toujours....


Le lendemain


Je me réveille en sursaut, la respiration saccadée, le cœur battant à tout rompre. Mon cauchemar s'efface déjà, mais je ressens encore cette angoisse sourde qui me serre la poitrine. Je reste immobile un instant, les yeux fixés sur le plafond jauni de la chambre.


La lumière matinale filtre à travers les volets mal fermés, et, dans le silence de la maison, le bruit de la télévision me parvient. Ma grand-mère est dans le salon, probablement absorbée par ses programmes habituels. Elle n'a même pas remarqué que j'ai crié dans mon sommeil.


Je me redresse lentement sur le lit, encore engourdie, mais un miaulement discret me fait sursauter. Il vient de dehors. Je tends l'oreille, le son se répète, plaintif cette fois. Je fronce les sourcils, intriguée.


Sans réfléchir, je me lève et me dirige vers la porte d'entrée. Je fais attention à ne pas croiser ma grand-mère dans le salon. Sa silhouette se découpe sur le canapé, fixée sur l'écran, indifférente à mon passage.


J'ouvre doucement la porte, et l'air frais du matin vient caresser mon visage. Sur le pas de la porte, je remarque un carton. Un simple carton abîmé, posé là comme s'il m'attendait.


Le miaulement provient de l'intérieur.


Je m'accroupis, mes mains tremblant légèrement, et soulève le rabat. Le petit chaton de la veille est là, recroquevillé dans un vieux morceau de tissu, ses grands yeux bleus brillants levés vers moi. Il a l'air fragile, presque effrayé.


Mais ce n'est pas tout. Un morceau de papier plié est posé à côté de lui, comme un message laissé pour moi.


Je prends la feuille entre mes doigts et la déplie avec précaution. Les mots inscrits dessus me frappent comme une gifle :


> "Tu es perdue, mais tu n'es pas seule. Regarde autour de toi."


Une boule se forme dans ma gorge. Mon regard passe du chaton au message, qui aurait pu écrire ça ? Pourquoi ce ton, comme si on connaissait tout de moi ?


Puis je remarque une deuxième phrase, écrite juste en dessous :


> "Tu n'aurais pas dû fuir. Reviens ce soir, au même endroit. Je t'attendrai , fille au cheuveux blancs (: "


Je relis plusieurs fois ces mots, mon cœur battant de plus en plus fort. C'est lui. Ça ne peut être que lui. Le garçon de la veille , putain il est partout où quoi? Il se permet de "critiquer" Enfin, marquer le fait que j'ai un accent étranger et maintenant il s'attaque à mes cheuveux blancs, en fait, je n'ai pas les cheveux tout blanc, de base , j'ai les cheveux noir et des mèches blanches naturelles que j'ai héritée de mon père...à l'école...c'est l'une des raison pour la quel je suis "connue" , les élèves de mon lycée s'amusent à me donner des surnoms à la con.


Le miaulement de la petite boule de poiles me ramène à la réalité. Je regarde le chaton, qui semble attendre quelque chose de moi. Mais je ne peux pas le garder, pas ici. Pas avec ma grand-mère.


Je prends une grande inspiration et murmure à moi-même


- Ce soir hein...