Beneath The Lies

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Résumé

Marquée par un passé lourd de secrets et de trahisons, Adèle erre dans les ombres de sa propre vie. Mystérieuse, froide en apparence, elle cache une vulnérabilité qu'elle ne laisse voir à personne. Quand Victor, un homme aussi charismatique que dangereux, entre dans sa vie, son monde fragile vacille. Attirée et terrifiée à la fois, elle devra choisir entre l'amour et la survie, entre la confiance et la trahison

Genre :
Romance
Auteur :
Maewenn Perrin
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Le poids du silenc

Le bruit des gouttes de pluie s'écrasait contre la vitre, formant des sillons irréguliers sur la surface poussiéreuse. Adèle observait ce ballet silencieux depuis le canapé fatigué de son petit appartement. Tout ici était à son image : discret, simple, presque effacé. Les murs ternes, le parquet abîmé, les meubles récupérés dans des brocantes anonymes. Rien ici n'attirait l'attention, et c'était exactement ce qu'elle recherchait.


Elle tira sur les manches de son pull noir, une vieille habitude qu'elle n'avait jamais perdue. La laine râpeuse lui couvrit les mains alors qu'elle serrait un mug de thé tiède entre ses doigts. Elle aimait la chaleur, la façon dont la vapeur lui picotait le visage. Cela lui donnait l'illusion, même temporaire, qu'elle était vivante.


Son regard se perdit à travers la fenêtre où les lumières vacillantes des lampadaires se reflétaient dans l'eau des trottoirs. Le quartier était calme, presque trop. Une tranquillité trompeuse qui lui rappelait que ce genre de silence ne durait jamais. Elle haïssait les silences, mais elle ne supportait pas non plus les bruits. Les éclats de voix des voisins à travers les murs lui rappelaient que, là-bas, dehors, des vies se poursuivaient. Des rires, des disputes, des chuchotements complices. Tout cela semblait appartenir à une autre époque, une autre vie. Pas la sienne.


Avec un soupir, elle posa le mug sur la table basse et se leva, traînant des pieds sur le sol froid. Le chauffage défaillant de l'appartement n'aidait pas, mais elle n'avait jamais cherché à le réparer. Elle s'y était habituée, tout comme à cette existence qui ressemblait plus à une fuite qu'à une vraie vie. Son regard se posa machinalement sur la porte d'entrée. Trois loquets. Elle les vérifia tous. Une, deux, trois fois. C'était devenu une routine.


Adèle savait que ce rituel ne la protégerait pas de tout. Pas de ce qui s'était passé. Pas de ce qu'elle fuyait. Mais elle s'y accrochait malgré tout, comme à un maigre rempart contre un danger invisible.


Elle ouvrit le frigo, presque vide, et attrapa un yaourt qu'elle mangea debout, sans y penser. La lumière crue de l'ampoule au plafond faisait ressortir les cernes sous ses yeux. Elle ressemblait à une étrangère dans ce reflet flou qu'elle apercevait parfois dans le miroir de la salle de bain. Une étrangère avec des cheveux noirs désordonnés et des yeux trop fatigués.


Le tic-tac de l'horloge accrochée au mur rythmait le silence oppressant. Adèle détestait cette horloge, mais elle ne l'enlevait jamais. Comme si elle avait besoin de ce son pour se rappeler que le temps continuait de passer, même si elle-même restait figée.


Plus tard dans la soirée, elle enfila un manteau trop grand et sortit. La pluie s'était calmée, mais l'air restait humide et glacé. Adèle marchait à pas lents, ses bottes résonnant sur le bitume mouillé. Elle n'avait pas de destination précise. Parfois, elle se promenait simplement pour s'éloigner de l'appartement, de ses murs trop étroits, de ses pensées trop envahissantes.


Les rues étaient presque désertes à cette heure. Quelques passants pressés traversaient les trottoirs, leurs parapluies ouverts comme des boucliers fragiles contre la nuit. Adèle les évitait soigneusement, gardant les yeux baissés. Elle n'aimait pas attirer l'attention, et les regards des autres la mettaient mal à l'aise.


Elle s'arrêta devant une petite supérette encore ouverte. La lumière fluorescente à l'intérieur illuminait les étagères remplies de produits que personne ne semblait acheter. Elle entra, saisissant un panier métallique, et commença à déambuler entre les rayons. Sa routine était toujours la même : du café instantané, du pain, quelques conserves. Rien qui demandait trop d'efforts.


Au moment de passer à la caisse, le caissier, un jeune homme à l'air endormi, lui lança un sourire poli qu'elle ignora. Elle paya rapidement, remit sa capuche, et sortit sans un mot.


Mais une sensation étrange s'installa en elle. Une impression d'être observée. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle, mais les rues étaient vides. Peut-être était-ce la fatigue. Peut-être était-ce juste son imagination.


En rentrant chez elle, Adèle posa ses courses sur la table et s'effondra sur le canapé. La fatigue l'envahissait, mais son esprit restait en éveil, comme toujours. Les souvenirs étaient des ombres insidieuses qui la hantaient dès qu'elle baissait sa garde.


Elle revoyait des fragments d'un passé qu'elle aurait préféré oublier : des éclats de voix, un regard plein de reproches, des mains qu'elle n'avait pas pu repousser. Sa gorge se serra, et elle ferma les yeux, espérant chasser ces images. Mais elles revenaient toujours, comme des vagues qui s'écrasaient encore et encore sur le rivage.


Adèle se leva brusquement et alluma la radio pour couvrir le silence. Une vieille chanson jouait, un morceau mélancolique qu'elle ne connaissait pas. Cela lui fit penser à son père, qui aimait écouter des vinyles quand elle était enfant. Une époque où tout semblait plus simple, plus sûr.


Mais cette époque était révolue depuis longtemps.


Alors qu'elle rangeait ses courses, elle remarqua quelque chose d'étrange. Une enveloppe blanche était glissée sous la porte d'entrée. Adèle s'arrêta net, son cœur battant plus vite. Elle n'attendait rien. Personne ne savait où elle vivait.


Elle s'approcha lentement, comme si l'enveloppe pouvait exploser à tout moment. Aucune adresse, aucun nom. Juste un papier plié à l'intérieur. Elle hésita avant de l'ouvrir, ses mains légèrement tremblantes.


À l'intérieur, il n'y avait qu'un mot, écrit à l'encre noire :


"On se reverra bientôt."


Adèle sentit une sueur froide couler le long de sa nuque. Elle vérifia une nouvelle fois les loquets de la porte, puis ferma les rideaux. Son souffle était court, ses pensées désordonnées. Ce n'était peut-être rien, juste une mauvaise blague. Mais une petite voix au fond d'elle savait que ce n'était pas si simple.


Elle resta assise sur le canapé, le papier toujours dans sa main. Ses yeux fixaient le mur en face, mais elle ne voyait rien. La nuit avançait, et pourtant, Adèle ne bougea pas.


Quelque chose venait de changer.


Adèle serra l'enveloppe dans ses mains, comme si le papier pouvait lui révéler plus que ces quelques mots tracés à l'encre noire. Elle se releva brusquement et parcourut l'appartement, vérifiant encore une fois que les fenêtres étaient bien fermées. Le loquet de la porte, les rideaux tirés... Tout était sécurisé, mais cela ne suffisait pas.


Elle retourna s'asseoir sur le canapé, le regard fixe. La radio diffusait toujours cette vieille chanson, mais le son semblait lointain, étouffé. Tout son corps était en alerte, chaque bruit dans le bâtiment résonnant comme un coup de tonnerre. Une porte qui claquait quelque part, un pas sur le plancher grinçant, le sifflement du vent contre la fenêtre.


Le mot dans l'enveloppe tournait en boucle dans sa tête. "On se reverra bientôt." Qui avait écrit cela ? Comment avait-il trouvé son adresse ? Et surtout, qu'est-ce que cela signifiait vraiment ?


Elle se força à respirer profondément, mais son esprit ne voulait pas se calmer. Des images floues, des souvenirs enfouis remontèrent à la surface. Le visage d'un homme qu'elle aurait préféré oublier. Une nuit qui l'avait changée pour toujours. Et cette peur viscérale qu'elle portait depuis, comme une cicatrice invisible.


La lampe de chevet vacilla, projetant des ombres mouvantes sur les murs. Pendant une seconde, Adèle eut l'impression que quelqu'un se tenait dans le coin de la pièce, mais ce n'était qu'un jeu de lumière. Elle ferma les yeux, se pinça l'arête du nez, essayant de chasser cette paranoïa qui s'accrochait à elle.


Les heures passèrent. Adèle était toujours assise, recroquevillée sur elle-même. Elle aurait aimé dormir, oublier tout ça, mais ses pensées étaient trop agitées.


Les heures passèrent. Adèle était toujours assise, recroquevillée sur elle-même. Elle aurait aimé dormir, oublier tout ça, mais ses pensées étaient trop agitées.


Adèle s'approcha de la cuisine à pas hésitants. Elle ne voyait rien d'étrange à première vue, mais une sensation étrange lui serrait la gorge, comme si quelque chose n'allait pas. Elle posa les mains sur l'évier, se pencha légèrement pour regarder dehors, mais la pluie sur la vitre brouillait sa vision.


Elle s'apprêtait à se détourner lorsqu'un mouvement attira son attention. Une ombre passa brièvement devant la lumière d'un lampadaire au coin de la rue. Quelqu'un était là, immobile sous la pluie, à peine visible à travers la buée sur la vitre.


Adèle sentit son estomac se nouer. Était-ce une coïncidence ? Une simple illusion due à sa fatigue ? Elle recula, le dos contre le mur, son cœur battant à tout rompre. Elle savait que cela pouvait n'être rien, mais une part d'elle refusait de le croire. Pas après cette enveloppe. Pas après tout ce qu'elle avait vécu.

La nuit serait longue.