1. Le murmure de l'injustice
Chapitre 1
Le murmure de l’injustice
Le vent soufflait doucement à travers les hautes arches de l’Académie Lumis, emportant avec lui des bribes de murmures. Des élèves s’étaient rassemblé dans la grande cour pavée, leurs visages tendus. L’annonce était tombée ce matin, sèche et brutale : le voyage annuel de fin d’année était annulé.
Aelior était assis sur les marches froides qui menaient à la bibliothèque, le regard perdu dans le vide. Les mots du directeur tournaient encore dans son esprit :
- La confiance a été brisée ! À cause des incidents récents, aucune excursion ne sera organisée cette année ! Nous espérons que cela vous servira de leçon !
Tant de haine avait été ressentie dans sa voix. De quelle leçon parlait-il ? Aelior serra les poings. Ce n’était pas lui qui avait lancé des cris d’animaux pendant la projection de l’Observatoire des Sphères Étoilées. Ce n’était pas lui qui avait profité de la fête de l’académie pour sombrer dans l’ivresse. Et pourtant, comme tous les autres qui n’avaient rien fait, il devait porter cette punition absurde.
- C’est ridicule, lâcha une voix derrière lui.
Aelior tourna la tête. C’était Mivra, une camarade de sa classe. Ses longs cheveux noirs lui tombaient devant les yeux, mais il pouvait deviner la colère dans son regard.
- Ils préfèrent tout annuler plutôt que d’avoir à chercher les vrais coupables, continua-t-elle. C’est tellement plus facile de punir tout le monde, pas vrai ?
Aelior hocha la tête en silence. Elle avait raison, mais que pouvaient-ils y faire ? L’Académie Lumis était une institution vieille de plusieurs siècles, ancrée dans des traditions et dans des règles rigides. Les élèves n’avaient pas voix au chapitre.
Il baissa les yeux sur les pavés. Là, dans une fine fissure entre deux pierres, une petite pousse d’herbe s’efforçait de grandir. Une pensée fugace traversa son esprit : même ici, dans un endroit austère et sans chaleur, la vie trouvait un moyen de s’imposer.
Et si…
Il redressa la tête, un éclat nouveau dans les yeux.
- Peut-être qu’on ne peut rien faire directement, dit-il à Mivra. Mais si la justice ne vient pas à nous, alors nous irons la chercher.
Elle haussa un sourcil.
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
Aelior se leva et lui tendit la main.
- On va leur prouver qu’ils ont tort. On va leur montrer qu’ils ne peuvent pas nous réduire au silence.
Mivra hésita un instant, puis un sourire espiègle se dessina sur son visage. Elle attrapa sa main.
- D’accord. Mais tu as intérêt à avoir un plan, Aelior.
- Oh, j’en ai un. Et il commence maintenant.
Une idée avait germé dans sa tête. Il allait rétablir la justice par un message fort, un message qui resterait gravé dans les mémoires.