Réputation sulfureuse

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Résumé

Le tome final de la saga mafieuse. Parmi ses frères, Severo est le plus sérieux. Gio est le chef, Caruso est un pur fou, Enzo est le paresseux de la bande, et Sev ne sourit jamais. Sauf quand une certaine brune pousse la porte de son club... Jasmine ignore tout du véritable métier de Sev. Elle n'a aucune idée que l'homme dont elle s'éprend n'est pas celui qu'il prétend être. Quand la vérité éclatera, tout s'effondrera. Imaginez découvrir que votre petit ami a tué votre père.

Statut :
Terminé
Chapitres :
21
Rating
5.0 5 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre Un

Bienvenue, les anges !

Ceci est le dernier livre de la série mafia. J'ai tellement hâte que vous rencontriez Severo 🥹

J'espère qu'il vous plaira, L x

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Jasmine.

Je réponds en ouvrant la porte. En la faisant pivoter, je cligne des yeux, surprise de voir l'officier Mike Dartmoor. Nous avons eu une relation « sex friends » par le passé, mais cela fait quelques mois que nous ne nous sommes pas vus. Une seconde, j'envisage de le laisser revenir dans mon lit, mais je réalise alors qu'il est en uniforme. Il ne vient jamais chez moi avec son uniforme de policier. J'avale la boule qui monte dans ma gorge et j'essaie de garder une voix calme malgré mon trac.

« J'imagine que ce n'est pas une visite amicale ? » demandé-je doucement, en faisant l'impasse sur les politesses.

Ses sourcils se froncent aux extrémités, et son visage prend une expression compatissante.

« Je peux entrer, Jasmine ? J'ai une mauvaise nouvelle. »

« Bien sûr », dis-je en me forçant.

Je m'efface et il essuie ses chaussures sur le paillasson avant d'entrer. Mike a beaucoup de qualités, dont celle d'être quelqu'un de très attentionné. Nous ne ferions pas un bon couple car nous sommes trop différents, mais il y avait assez d'alchimie pour qu'on ait du très bon sexe. Tandis que l'angoisse grandit en moi, mon esprit s'emballant sur un million de scénarios, je me surprends à souhaiter qu'il s'agisse d'un plan cul.

« Tu veux boire quelque chose ? » demandé-je alors que nous arrivons dans ma petite cuisine.

« Non, ça ira. Assieds-toi, s'il te plaît. »

Chaque seconde semble interminable. Je veux lui demander de lâcher le morceau tout de suite, mais je veux aussi savourer chaque instant où je ne sais encore rien. Car une fois qu'il m'aura parlé, ce sera fini et je ne pourrai plus revenir en arrière. Lentement, je m'affaisse sur l'un de mes tabourets de bar. Il grince sous mon poids, un bruit assourdissant dans cette pièce minuscule. Mike soupire et pose ses mains jointes sur le comptoir devant lui.

« Jasmine, je suis au regret de t'informer que ton père est décédé. »

Mon père est mort. Mon père. L'homme que je n'ai pas vu depuis quinze ans.

« Pardon, quoi ? » murmuré-je, abasourdie.

J'avais si peur que ce soit au sujet de Bonnie, ma meilleure amie, ou de Jules, ma grand-tante. Mais non, c'est au sujet de ce père indigne qui n'a plus fait partie de ma vie depuis mes douze ans.

« Ton père, Roger Mitchell, a été retrouvé mort hier. Les circonstances sont suspectes, nous pensons qu'il a été assassiné. Aucune arrestation n'a encore été faite. »

Je prends quelques grandes inspirations pour digérer l'information, puis je regarde Mike dans les yeux.

« Donne-moi la vraie version, Mike. C'est à moi que tu parles. »

Il hésite et je plisse les yeux. Dans un soupir, il avoue : « Ça ressemble à un règlement de comptes mafieux. Tu étais au courant pour ses problèmes de jeu, j'imagine ? »

Bien avant ma naissance, mon père était déjà un joueur. Ma mère a passé toute mon enfance à râler sur son addiction et sur la façon dont elle a détruit leur relation. Ça ne me surprend pas du tout qu'il n'ait pas réussi à se reprendre en main.

« Oui. »

« Eh bien, nous pensons qu'il devait de l'argent aux mauvaises personnes. C'était un contrat, ou ça y ressemble. »

Je souffle un grand coup et me laisse aller contre le tabouret. « Merde. Et maintenant ? Je dois organiser les funérailles ? »

« Pas encore, l'autopsie n'est pas terminée. Il faudra probablement attendre 2 ou 3 semaines avant qu'on puisse libérer le corps, mais oui, tu devras t'en charger. Je peux te donner quelques contacts. »

« Merci », réponds-je distraitement, en pensant à la façon dont je vais payer tout ça.

« Étonnamment, nous avons trouvé un testament chez lui. Son avocat l'a en sa possession et il devrait te contacter dans les prochains jours pour confirmer tout ça, je pense. »

« D'accord. » Je passe mes mains dans mes cheveux et je me rappelle mes bonnes manières. « Merci, Mike. J'apprécie que tu sois venu me le dire en personne. »

Ses yeux s'adoucissent et il m'offre un sourire triste. « Bien sûr. Nous avons un passé, je n'allais pas laisser un autre policier s'en charger. »

« Merci », lui dis-je à nouveau.

Il reste encore un peu jusqu'à ce qu'il soit sûr que je vais bien, puis je l'accompagne à la porte. Je m'écroule sur mon canapé et fixe le mur pendant Dieu sait combien de temps, totalement perdue. Une partie de moi est triste que mon père soit parti. Je suis maintenant officiellement orpheline. Pourtant, je ne suis pas aussi triste que la plupart des gens le seraient si leur père mourait.

Ma mère est morte quand j'avais dix-huit ans et j'avais essayé de joindre mon père avec le numéro qu'elle avait encore. Il n'a jamais répondu à mes appels ni à mes textos. Il ne voulait pas de relation avec moi, et à cause de ça, je ne suis pas en train de pleurer toutes les larmes de mon corps en apprenant sa mort. Je me sens triste, tout de même. La seule famille qu'il me reste, c'est ma grand-tante. Ma grand-mère est décédée quand j'étais enfant, mais sa sœur cadette est toujours bien vivante. C'est tout ce qu'il me reste, à part Bonnie, bien sûr.

Bonnie.

Sachant que ça me fera du bien, j'appelle ma meilleure amie.

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Trois semaines plus tard, Bonnie et moi nous retrouvons devant un chalet en bois d'un seul étage, au beau milieu de nulle part. Je serre la clé dans ma main, observant la porte avec méfiance. Je n'ai aucune idée de ce que nous allons trouver derrière.

En tant que plus proche parente, le chalet de mon père m'a été légué. Le peu d'argent qu'il avait a servi à payer ses funérailles, dont j'ai dû couvrir la majeure partie des frais. En plus de ça, j'ai hérité de ses biens. Si on peut appeler ça ainsi.

Ça ressemble à un pavillon de chasse. Il est situé au milieu d'une forêt, avec l'autorisation des propriétaires terriens d'y vivre, mais sans droit de rénover ou de construire quoi que ce soit d'autre. Il est totalement isolé du reste du monde, seul un chemin de terre y mène depuis la route principale. J'ai appris que mon père était paranoïaque à la fin de sa vie et qu'il voulait vivre ici pour éviter les voyous quand ils viendraient réclamer leurs dettes. Il s'avère que vivre dans les bois ne vous sauve pas, après tout.

« J'ai peur. »

« Moi aussi », marmonné-je à Bonnie.

Je m'attends à ce que la clé soit difficile à tourner dans la serrure, mais elle tourne facilement. La porte s'ouvre avec un grincement long et sonore.

« Eh bien, ce n'est pas glauque du tout », dit Bonnie avec sarcasme.

Avec prudence, nous entrons. Les lattes du plancher grincent sous nos pas mais tiennent bon alors que nous avançons. En silence, nous passons de pièce en pièce, inspectant chaque recoin.

« Ok, c'est finalement pas aussi pire que ce à quoi je m'attendais », dis-je, et elle hoche la tête à côté de moi.

« C'est surtout un gros manque d'entretien, ça a juste besoin d'un coup de jeune. »

Le chalet comprend quatre pièces. La pièce principale, par laquelle on entre, est l'espace de vie. Il communique par une arche avec une petite cuisine. Deux portes mènent à une chambre et une salle de bain. Presque chaque pièce est vide. Mon père a clairement payé son addiction au jeu avec ses meubles. Il n'avait apparemment rien d'autre qu'un matelas et ce chalet à son nom.

Il y a des taches d'humidité qui devront être blanchies dans la cuisine et la salle de bain. Le matelas miteux doit disparaître. Tout l'endroit a besoin d'être dépoussiéré et passé sérieusement à l'aspirateur. Les fenêtres ont besoin d'être nettoyées et il n'y a pas de rideaux, donc je vais devoir en faire installer. Le mobilier n'est pas un vrai problème puisque je peux apporter mes affaires de mon appartement.

« Ma mère peut s'occuper des rideaux », dit Bonnie en sortant son téléphone. « Et Blake peut ramener tes affaires depuis chez toi. »

Blake est le frère de Bonnie et il est forain. Il a un énorme camion qui pourra contenir toutes mes affaires.

« Ce serait génial. Tu peux le contacter, s'il te plaît ? »

Elle tape sur son téléphone pendant quelques minutes. Je refais le tour des pièces, dressant mentalement une liste de ce qu'il y a à faire.

« Il dit qu'il peut faire ça mercredi prochain, ça te va ? »

« C'est parfait. Merci, Bon. »

« C'est à ça que je sers. » Elle passe son bras autour de mes épaules. « Voici ce que je suggère. On rentre chez toi ce soir, et on se fait une soirée pizza-vin. Demain, on file aux magasins pour s'équiper en produits de nettoyage, puis on revient ici pour tout nettoyer de fond en comble. Ça te semble être un bon plan ? »

Je la serre plus fort contre moi. « Tu es la plus incroyable des amies au monde. Tu le sais, ça, hein ? »

Elle sourit. « Je le sais, mais n'hésite pas à me le rappeler. Allez, viens, il y a une quatre fromages qui m'attend. »

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À peine deux semaines plus tard, j'ai emménagé dans mon nouveau chalet. Il a l'air complètement différent de ce qu'il était quand on l'a découvert. Je me demande ce que mon père en penserait ; s'il serait soulagé que quelqu'un en prenne soin, ou s'il détesterait tout ce que j'ai changé. Mes meubles ont permis de remplir l'espace vide, et j'ai installé des tapis dans toutes les pièces pour couvrir les vieilles planches usées et garder mes pieds au chaud. La mère de Bonnie a posé de jolis rideaux à carreaux vichy à chaque fenêtre.

Mes plantes d'intérieur ont pris place dans le salon, de chaque côté de la cheminée, et ma collection de succulentes domine le rebord de la fenêtre principale dans la cuisine. La salle de bain a été refaite et le miroir a été remplacé. Dans l'ensemble, je suis vraiment heureuse ici. J'aime même l'isolement. Il y a quelque chose de très rafraîchissant à se réveiller au chant des oiseaux plutôt qu'au klaxon des voitures et à la circulation. La pollution sonore en ville, c'est bien réel. C'est mon petit coin de paradis au cœur de la nature.

Pour fêter la fin des travaux, Bonnie et moi sortons ce soir-là. Vêtue de ma petite robe argentée préférée et de talons à paillettes, je passe mon bras au sien et nous entrons dans le club. Je n'y suis jamais venue avant, mais d'après Bonnie, c'est l'endroit où il faut être. Elle y est allée avec ses collègues il y a une semaine et n'a pas arrêté d'en parler.

Quand nous entrons et que mes yeux écarquillés découvrent cet espace magnifiquement conçu, je comprends pourquoi. C'est incroyable.

« Waouh. »

« Je te l'avais dit », dit-elle avec un sourire. « Allez, attends de voir ça. Ils ont leur propre mixologue là-haut. »

Elle me guide en haut d'un escalier et vers un bar qui ressemble plutôt à une installation de DJ. Aux deux extrémités du comptoir se trouvent deux écrans. Bonnie tapote sur l'un d'eux et il s'illumine, affichant une carte complète de boissons.

« Tu peux choisir l'une de celles-là, ou tu peux cliquer sur "crée le tien" », explique-t-elle en appuyant sur un bouton. « Tu entres ce que tu aimes et le mixologue crée un cocktail qu'il pense que tu vas adorer. »

« Ok, c'est vraiment pas mal. »

« Et cher », ajoute-t-elle en haussant les épaules. « Mais ça vaut le coup. »

Un groupe de trois femmes s'approche de l'écran à l'autre bout du bar. Je réfléchis encore à ma commande quand elles passent la leur, ce qui me permet de regarder le mixologue sortir de l'ombre. Il regarde son propre écran où il voit probablement leur commande.

Je l'observe commencer à attraper tout ce dont il a besoin. Ses mouvements sont gracieux et précis. Sous sa chemise blanche cintrée, je peux voir ses muscles bouger tandis qu'il travaille. Il se déplace avec la fluidité aisée de quelqu'un qui a l'habitude. Son expression est empreinte de satisfaction quand il lance les bouteilles en l'air, les rattrape derrière son dos et les retourne pour verser la juste quantité dans chaque verre. Il fait son show, et je suis impressionnée.

Je suis encore plus impressionnée par sa beauté. Ses cheveux d'un noir de jais sont peignés en arrière, longs sur la nuque. Sa peau est sombre, contrastant avec la chemise blanche qu'il porte. Son corps est large et musclé, signe de nombreuses heures passées à la salle. Je ne peux pas voir la couleur de ses yeux, mais si je devais deviner, je dirais qu'ils sont sombres aussi. Ce sont pourtant sa mâchoire et ses lèvres charnues qui me font de l'effet.

« Je ne pense pas qu'il soit sur la carte », me dit Bonnie d'un ton taquin à l'oreille.

Je roule des yeux et je finis par commander ma boisson. J'ai choisi l'option « surprise » et je lui ai donné une liste de liqueurs que j'apprécie.

Le mixologue termine les trois boissons et les aligne sur le comptoir. L'une des femmes lui dit quelque chose en lui faisant un clin d'œil aguicheur. Il sourit poliment, mais je remarque que son sourire n'atteint pas ses yeux. Ça m'intrigue. On ne voit pas souvent un barman masculin qui ne profite pas de l'attention des femmes. Elle est jolie pourtant, alors c'est d'autant plus surprenant.

Ses yeux sombres se tournent à nouveau vers son écran pour lire ma commande. Il prépare d'abord celui de Bonnie, un cosmopolitan, et le laisse sur le comptoir. Je regarde avec intérêt quand il commence à travailler sur le mien. Mon excitation grandit lorsqu'il choisit la liqueur de litchi et fait voltiger la bouteille avant d'en verser dans mon verre. J'avais précisé que j'adorais les litchis.

Il travaille de manière méthodique, ajoutant des couches à la boisson jusqu'à ce qu'elle ressemble à un bonbon rayé. Avec précaution, il verse la dernière couche sur le dessus, s'assurant qu'elle ne se mélange pas aux autres. Il termine le cocktail avec un litchi frais qu'il sort du réfrigérateur sous le bar. Il l'épluche pour moi et le pose sur le rebord du verre. Il pousse le verre vers moi et je m'avance pour le prendre. Nos regards se croisent et je remarque que ses yeux s'écarquillent très légèrement dans l'éclairage bleuté.

Un lent sourire s'étire sur son visage, et cette fois, il atteint ses yeux.

Oh là là.

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