Le Roi des ténèbres

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Résumé

La vie de Mila Morgan est sur le point de basculer. Son petit ami, autrefois si attentionné, n'est pas celui qu'elle croyait. Son physique et son charme lui permettent d'obtenir toutes les femmes qu'il désire, mais ce que Mila ignore, c'est qu'elle est la prochaine sur sa liste. Son petit ami la condamne et la met en vente, la propulsant dans le monde sombre et sinistre des vampires. Dans cet univers souterrain où règnent les créatures de la nuit, un vampire domine tous les autres : le roi incontesté. Cole Augustus est impitoyable, mortel et diaboliquement séduisant. Lorsque Mila fait irruption dans sa vie, elle le captive immédiatement et il décide de faire d'elle sa propriété. Mais il a établi des règles qu'elle se doit de respecter : Règle numéro un : Ne pas parler, sauf si on t'y autorise. Règle numéro deux : Ne jamais le regarder dans les yeux. Règle numéro trois : Tu dois obéir à tous ses ordres. Règle numéro quatre : Interdiction absolue de le toucher.

Genre :
Romance
Auteur :
Arri Stone
Statut :
Terminé
Chapitres :
55
Rating
5.0 4 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

Mila

Mes amis m'avaient mise en garde contre lui, mais je suis tombée sous son charme. Louis est du genre à vous draguer pour mieux vous larguer ensuite. Je pensais être différente, et c’était le cas, car il ne m’avait pas encore quittée. Enfin, il n’a pas prononcé les mots « c’est fini », mais il lui arrive souvent de partir en plein milieu d'un rendez-vous.

Nous sommes au restaurant et il reçoit un coup de fil. Je reconnais ce regard qui signifie que la soirée est terminée, et il s'apprête encore à me planter. Heureusement, cette fois-ci, nous étions en train de finir le dessert.

« Une prochaine fois, bébé », dit-il en se levant pour attraper sa veste. Il ne m'appellerait pas « bébé » s'il ne m'aimait pas, n'est-ce pas ? Il saisit mon menton entre son pouce et son index pour redresser ma tête. « Si jolie », ronronne-t-il. C’est ce genre de comportement qui me perturbe chez lui.

Je plonge mon regard dans le sien, tentant de le déchiffrer, mais il ne laisse rien paraître. « Vais-je être un jour plus qu'un joli minois pour toi ? » finis-je par oser demander. Il lève un sourcil.

Sa mâchoire se contracte et ses yeux s'assombrissent. Mon cœur cogne dans ma poitrine et le sang me monte aux oreilles. « Je te dirai quand il y aura plus. Mais pour l'instant, j'ai besoin que tu rentres chez toi, espèce de petite conne. J'ai du boulot. » Un sourire narquois étire ses lèvres.

« Eh bien, j'en ai fini avec toi alors. » Je le repousse et me lève. « Je ne suis pas un paillasson sur lequel tu peux t'essuyer les pieds quand ça te chante, Louis. Ne prends même pas la peine de m'appeler. C'est fini entre nous. » Mon corps tremble de tout son long parce que je viens de lui tenir tête. Je crois que personne n'a jamais osé lui parler comme ça.

Un éclair de colère traverse son visage, puis il m'attrape par le cou et me force à me rasseoir sur la chaise. Celle-ci bascule vers l'arrière, mais il la retient de son autre main.

« Tu es à moi tant que je n'ai pas décidé que c'était terminé », grogne-t-il. Son téléphone sonne à nouveau et il lâche ma gorge pour répondre. « Cinq minutes », dit-il avant de raccrocher. « Tu feras ce que je dis, Mila. Maintenant, ouvre la bouche. »

Des larmes coulent sur mes joues. Je l'ai déjà vu traiter les gens avec une telle vilenie et, aujourd'hui, c'est mon tour. Il me répète d'ouvrir la bouche. Je secoue la tête, je ne veux pas.

« Tu me défies ? » Il attrape mon menton et le serre. « Ouvre la bouche. » Quand je m'exécute, faute de choix, alors qu'il me broie la mâchoire, il sourit. « Bonne fille. » Puis il crache dans ma bouche. « Avales. » Il desserre un peu son étreinte.

J'ai envie de vomir. Mais j'obéis. Puis il se penche pour m'embrasser, enfonçant sa langue dans ma gorge. Ce n'est pas un baiser ; c'est sa façon de me montrer qu'il peut faire tout ce qu'il veut de moi.

« Rentre chez toi, et quand je t'appellerai à nouveau, tu seras sous ton meilleur jour. » Il se lève et boutonne sa veste. « Nous avons un dîner d'entreprise demain soir. Je passerai te prendre à huit heures. » Puis il s'en va, me laissant avec un sentiment d'inutilité et de piège.

Dès qu'il disparaît, je cours aux toilettes et je vomis. Je le déteste. Pourquoi me suis-je laissé séduire par son beau visage et son charme ? Je m'essuie la bouche et me lave les mains. Mes tremblements reviennent de plus belle. Ce n'est que le stress, me dis-je pour me rassurer. Avec un élan de courage, je relève la tête et les bruits du monde me parviennent à nouveau tandis que je sors. Je sais que les gens vont me dévisager, leurs murmures me suivant comme des ombres. Ils sauront que je lui appartiens et personne n'osera m'adresser la parole. Bien qu'il occupe une position influente dans l'entreprise, j'ignore tout de la nature exacte de ses responsabilités.

« Ils sont tous les mêmes », grommelle une dame en passant à ma hauteur.

C'est évidemment une petite bourgeoise prétentieuse. Je garde le silence, car ça ne m'attirerait que des ennuis. En sortant, la réalité me rattrape. Cet endroit est infesté de vampires la nuit, mais ils ne vous touchent pas à moins que quelqu'un ne vous ait marquée comme étant l'une des leurs, et personne ne veut ça.

Je fais signe à un taxi pour rentrer. Ce n'est pas grand-chose, mais ce studio me permet de ne pas vivre dans la rue. Mon boulot de critique en ligne ne me rapporte pas énormément, mais ça suffit pour survivre. Le restaurant de ce soir devait faire l'objet d'une de mes chroniques, mais Louis a tout gâché. Pourtant, j'écrirai que la cuisine était exceptionnelle et je lui mettrai quatre étoiles.

Une fois prête pour la nuit, je me blottis devant la télé pendant un moment. Le journal télévisé commence et je me redresse. D'habitude, je zappe, mais ce soir, c'est une information locale. La journaliste parle de deux jeunes femmes victimes d'un énième enlèvement. « Soyez prudentes, mesdames », dit-elle avant de passer à la suite.

J'éteins la télé. Je me demande si ce sont des humains ou des vampires qui sont responsables. Il y a eu énormément d'enlèvements récemment et je me demande bien pourquoi. La police n'arrive pas à comprendre, et interroger les vampires est trop dangereux. Tous ceux qui entrent dans le monde souterrain n'en ressortent jamais.

L'air est frais, les saisons changent, l'hiver arrive. Je me glisse sous les draps, remontant la couette jusqu'au menton. Je n'ai aucune envie d'être demain soir, mais je n'ai plus d'autre choix que de faire ce qu'il exige.

Mon téléphone vibre le matin : c'est Jenna, elle veut qu'on prenne un café à midi. Je survole les news sur mon téléphone et me force à sortir du lit. Mes cheveux sont en bataille, je donne un coup de brosse rapide en attendant de passer sous la douche.

J'enfile un legging et un t-shirt, puis je mange un morceau. Je n'avais rien pu avaler en rentrant hier soir. C'était l'humiliation la plus totale de la part de Louis. J'en frissonne encore.

Une fois mes critiques terminées, je récupère mes affaires et pars retrouver Jenna. Elle est déjà au café, à m'attendre.

« J'ai cru un instant que tu ne viendrais pas. » Elle me serre dans ses bras.

« Désolée du retard. Le bus a été coincé dans les bouchons. La prochaine fois, j'y vais à pied. » Je l'embrasse sur la joue.

On s'installe avec nos boissons et un sandwich. Je lui raconte ce qui s'est passé hier soir et elle me prend la main. « Tu dois te débarrasser de lui. Il est nocif. »

« J'ai essayé de rompre hier soir, mais tu as vu ce qui est arrivé », lui dis-je.

« Chérie, j'ai peur pour toi. Pourquoi tu ne viendrais pas rester chez moi quelques jours ? Disparais, et peut-être qu'il passera à la suivante », me supplie-t-elle.

« Après ce soir, je ferai semblant que tout va bien entre nous. Comme ça, il ne me rendra pas la vie plus difficile », lui promets-je.

Elle semble soulagée que j'aie accepté sa proposition. Elle n'avait rencontré le type qu'une seule fois, et il l'avait traitée comme une moins que rien sans que je puisse intervenir. Ça fait quatre mois que je suis avec lui ; au début, il me traitait comme une princesse. Je réalise maintenant que c'était pour gagner ma confiance. Puis, un soir, alors qu'il venait me retrouver et qu'il m'a vue discuter avec un mec, il est devenu agressif. Il m'a forcée à faire des choses que je ne voulais pas, en s'excusant après parce qu'il était "jaloux". Je n'ai jamais su si son côté sombre était activé ou non. Ses humeurs sont devenues imprévisibles ces deux dernières semaines.

En quittant Jenna, je reçois un message de Louis : il me faut une robe rouge pour ce soir. « Super », soupiré-je, moi qui pensais m'en sortir avec ma robe de cocktail noire. Me voilà obligée de faire du shopping.

Je passe l'après-midi à chercher la robe parfaite car je sais que si ce n'est pas le cas, Louis ne sera pas content. J'allais abandonner quand je rentre dans une petite boutique à l'écart de la rue principale. Ça a l'air très cher, mais je suis agréablement surprise de voir que les prix sont divisés par deux.

« Ce sont les stocks de l'année dernière de grands créateurs. Je vends tout à moitié prix. Si vous voyez quelque chose qui vous plaît, je peux faire de petites retouches si ça ne va pas. Mais il faut faire avec les tailles disponibles. »

« Merci. Il me faut une robe rouge pour ce soir. » Je me mords la lèvre car je ne vois rien qui me plaise.

« Du rouge, vous dites ? » Un sourire radieux illumine son visage. « J'ai peut-être ce qu'il vous faut. C'est arrivé aujourd'hui, je n'ai pas encore tout vérifié. » Elle me presse le bras avant de disparaître dans l'arrière-boutique. Quelques instants plus tard, elle revient avec une sublime robe en satin rouge.

Elle est un peu décolletée, mais impossible de dire non, elle est magnifique. Je n'ai pas d'autre choix que de la prendre. Au moins, Louis sera content. J'ai des chaussures noires à paillettes qui iront très bien avec, alors je rentre. Je laisse la robe sur le lit et je file sous la douche.

Mon téléphone vibre : un message de Louis pour savoir si je serai prête. Je lève les yeux au ciel et lui réponds que je m'occupe de mes cheveux et que je suis prête dans dix minutes.

J'enfile mes chaussures quand on sonne à la porte. Un dernier coup d'œil dans le miroir, je saisis un châle pour mes épaules. Quand j'ouvre, il est en smoking noir. Merde, il est sexy. Mon cœur rate un battement quand il sourit.

« Si jolie, ma belle. » Il me tend la main et me mène à la voiture qui attend.

« Tu es très beau ce soir », dis-je en m'installant. Un chauffeur est là pour nous conduire. « Quel genre de dîner est-ce ? »

« Tu verras bien. » Il parcourt mon corps du regard. Puis il glisse sa main le long de ma jambe, remontant la fente de ma robe de plus en plus haut. Il atteint mes culottes en soie, secoue la tête et fait une moue désapprobatrice. « Enlève-les », ordonne-t-il.

« Quoi ! Je ne vais pas aller à un dîner chic sans culotte. » Je repousse sa main.

« Tu feras ce que je te dis ce soir. » Il se penche sur moi. Une main se referme sur ma gorge pendant que l'autre glisse sous ma robe et tire sur ma culotte. « Si tu oses dire ou faire quoi que ce soit pour m'énerver ce soir, tu le regretteras. » Il me lâche et je joins les mains pour m'empêcher de trembler.

Je fais tout ce que je peux pour ne pas fondre en larmes. Je me cacherai chez Jenna après ça, c'est sûr. Nous arrivons devant un immense manoir au milieu de nulle part. Génial, impossible de prétexter un malaise pour partir. Pourquoi je n'ai pas fait attention à l'endroit où nous allions ?

La portière s'ouvre, Louis sort le premier et me tend la main. Il affiche un sourire doux et, alors que nous marchons vers l'entrée, il me murmure à l'oreille de sourire poliment à tout le monde.

L'intérieur est grandiose, avec des moulures complexes et une odeur de vieux bois et de cire qui me monte au nez. Mon cœur s'emballe devant le grand escalier où se tient un homme. Il me fixe intensément, c'est très déstabilisant.

Louis me tire de ma torpeur en m'entraînant dans une autre pièce. Plusieurs femmes portent des robes rouges, je me sens moins seule. Je me détends un peu en voyant les verres de champagne circuler.

Tout semble normal pour une réception mondaine, mais en regardant les autres femmes de plus près, je déchante. Aucune n'a l'air heureuse, et les hommes qui les accompagnent leur murmurent constamment des choses à l'oreille.

Des plateaux d'amuse-bouches circulent, de véritables chefs-d'œuvre culinaires. Alors que je m'apprête à attraper un toast aux crevettes, Louis m'arrête brutalement en saisissant mon poignet. D'un ton froid et méprisant, il lâche : « Pas pour toi. » Puis, pour me narguer, il en prend quelques-uns pour lui et les dévore comme le porc qu'il est.

C'est la même chose toute l'heure qui suit. On circule et c'est lui qui fait toute la conversation. Il m'introduit brièvement de temps en temps. Je reste polie et prie pour que ce soit tout. Je veux juste rentrer et m'enfuir au plus vite.

Une cloche retentit et on nous dirige vers une autre salle. Il y a une estrade où se tient un homme. « Que toutes les dames veuillent bien s'avancer ? »

Une main dans mon dos me pousse. « C'est ton tour, ma belle », glousse Louis.

Une terreur glaciale me saisit. Je le fusille du regard, les yeux plissés de rage. « Qu'est-ce que ça veut dire, Louis ? » je murmure, le visage figé par la confusion et la peur.

« Eh bien, ma belle Mila, tu es sur le point d'être vendue au plus offrant. » Un sourire narquois étire ses lèvres. « Maintenant, sois une bonne fille et rapporte-moi de l'argent. »

Les autres filles en robe rouge sont toutes montées sur l'estrade, moi avec. Nous sommes dix au total. Je réalise enfin la vérité. Est-ce le sort qui attend toutes celles qui disparaissent ? Je ne rentrerai jamais chez moi, n'est-ce pas ?


Oh là là, quel début. Vous aimez les histoires de vampires ? Eh bien, celle-ci sera sombre par moments et, bien sûr, les rebondissements que j'adore glisser vous feront crier contre moi.