SOUS LE MASQUE DE LA TENTATION ( Tome1)

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Résumé

Lorsqu’il retrouve Éléonore, Damien découvre une femme brisée, façonnée par des secrets qu’elle refuse de révéler. Plus il s’approche d’elle, plus les ombres de son passé se resserrent autour d’eux. Fasciné par ce qu’elle dissimule, Damien s’enfonce dans un tourbillon de mystères, sans se douter que certaines vérités devraient parfois rester enfouies. Jusqu’où peut-on aller par amour ? Et si, sous le masque de la tentation, le bien n’était pas toujours du bon côté… AVERTISSEMENT : Tous droits réservés. Toute reproduction non autorisée pourra entraîner des poursuites civiles et pénales. Merci de respecter cette propriété intellectuelle, qui m'appartient.

Genre :
Drama
Auteur :
Deborah HOUEHOU
Statut :
En cours
Chapitres :
8
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapter 1

Il est des moments dans la vie qui se glissent discrètement sous notre peau, des instants où la réalité cesse d'être ce que nous pensions qu'elle était, où tout peut basculer sans préavis. Pour Éléonore Delcourt, ce moment arriva un soir d'automne, comme une brise glacée qui souffle sans crier gare. Elle n'aurait jamais su que ce geste si anodin, ce hasard, allait tracer le fil d'une histoire qu'elle n'aurait jamais pu imaginer.

Elle n'était pas du genre à fréquenter les mondanités, à se fondre dans des lieux où l'artifice était plus important que la substance. Mais ce soir-là, elle s'était laissée convaincre par Agathe, une amie de longue date, qui lui avait juré que l'événement était une « occasion unique ». Un vernissage privé dans une galerie d'art située dans un quartier de Paris. Éléonore n'était pas convaincue, mais la promesse de revoir de vieux amis et de profiter d'un verre de vin gratuit l'avait poussée à accepter l'invitation.

Le tableau qui dominait la salle était une toile géante, éclatante de couleurs et d'intensité, représentant une figure humaine qui semblait à la fois fascinante et douloureuse. Une œuvre moderne, pleine de chaos, un tourbillon de formes indéchiffrables, mais qui dégageait une émotion brute. Le genre de peinture qui vous étreint le cœur sans que vous sachiez vraiment pourquoi.

Éléonore se tenait à l'écart des groupes qui discutaient bruyamment autour de l'œuvre, un verre de vin dans les mains. Son regard se perdait dans les formes de la toile, mais son esprit était ailleurs, plus préoccupé par la question de savoir pourquoi elle se sentait aussi étrangère à cet univers d'apparence et de richesse. Les lumières tamisées de la galerie jouaient sur son visage, dessinant des ombres profondes sous ses yeux fatigués. Elle était fatiguée de sa vie, de ses rêves qui semblaient toujours hors de portée. Elle était fatiguée de la facilité avec laquelle tout semblait être déjà régi par des règles invisibles, par des codes sociaux auxquels elle n'avait jamais pu se conformer.

Mais alors, un mouvement attira son regard. Il n'était ni pressé ni bruyant, mais il se distinguait. Un homme se tenait à l'entrée de la pièce. Il était grand, imposant, avec une silhouette élégante dans un costume noir parfaitement ajusté. Il avait l'air de sortir d'un autre temps, d'un autre monde, tout en étant parfaitement ancré dans le présent. Son regard perça immédiatement la foule. Il scrutait la pièce d'un œil froid, calculateur, comme s'il mesurait chacun des invités.

Éléonore ne pouvait détacher ses yeux de lui, bien qu'elle n'arrive pas à dire pourquoi. Il était l'archétype du charisme. Un charisme qui semblait à la fois irrésistible et intimidant. L'homme se tourna lentement, croisant son regard sans le moindre effort. Un frisson la parcourut. Il n'avait pas l'air d'avoir remarqué son trouble, mais elle se sentit, d'un coup, totalement exposée. Il s'approcha de la peinture, se penchant pour en observer les détails.

Éléonore se retrouva prise dans la toile de ce regard, envoûtée, presque hypnotisée par l'assurance qui émanait de lui. Il n'était pas simplement séduisant, il imposait quelque chose de plus : une présence dominante qui s'étendait bien au-delà de son apparence. C'était un homme qui avait appris à maîtriser tout ce qui l'entourait, y compris les autres.

Elle secoua légèrement la tête, essayant de se détacher de cette impression étrange, mais il était déjà trop tard. Son attention était captée. Et il le savait. L'homme se redressa et, d'un geste fluide, s'éloigna de la peinture pour traverser la pièce vers elle, sans que son regard ne se détourne une seule seconde.

Éléonore sentit son cœur accélérer sous l'intensité de l'attention qu'il lui portait. Elle tenta de sourire, un peu nerveuse, mais avant même qu'elle ne puisse prononcer un mot, il parla.

— Vous aimez l'œuvre, mademoiselle ?

La voix du mystérieux homme n'était pas seulement grave, elle était profonde. Chaque mot semblait peser lourd dans l'air. Un ton rassurant, mais tranchant, comme celui d'un homme qui avait l'habitude de donner des ordres. Éléonore, prise de court, répondit, son verre de vin dans les mains tremblantes.

— Je... Je trouve cela fascinant. Un peu déroutant, mais fascinant.

Il inclina légèrement la tête, comme s'il l'étudiait attentivement, puis fit un geste vers la toile.

— Vous savez, l'artiste a voulu capturer quelque chose d'indescriptible. Une émotion brute. Une vérité. Ce que beaucoup d'entre nous ignorent de notre propre nature.

Éléonore était intriguée, mais aussi un peu déstabilisée. L'homme, tout en s'exprimant avec une passion apparente pour l'art, dégageait quelque chose de plus. Comme si, au-delà de l'œuvre, il parlait d'autre chose, de leur rencontre.

— C'est un peu comme ça, parfois, n'est-ce pas ? L'art vous expose... nous expose tous.

Un silence lourd s'installa entre eux. L'instant semblait suspendu, comme si le temps se dérobait sous leurs pieds. Éléonore tenta de détourner les yeux, mais il avait déjà capté son regard, une fois de plus. Elle chercha quelque chose à dire pour alléger cette atmosphère tendue, mais ses mots restaient bloqués.

Il se pencha alors un peu plus près, comme pour s'assurer qu'elle l'entende, et murmura :

— Damien. Damien Morel.

Il prononça son nom avec une telle autorité qu'elle n'eût d'autre choix que de se présenter à son tour, en une fraction de seconde.

— Éléonore Delcourt. Je suis... je suis simplement une visiteuse, ce soir. Pas une grande connaisseuse en art, vous savez...

Il sourit légèrement, un sourire difficile à cerner, presque un rictus. Il n'était pas méprisant, mais il la considérait comme une énigme qu'il avait décidé de percer. Ses yeux sombres, insondables, brillaient d'une lueur amusée, mais il ne disait rien de plus.

Damien leva un doigt, comme pour souligner une idée qui lui traversait l'esprit.

— Vous êtes modeste, mademoiselle Delcourt, mais vous êtes aussi curieuse. La curiosité est une qualité rare dans ce monde où tout semble déjà avoir été vu et dit.


Éléonore sentit une étrange chaleur lui monter aux joues. Elle ne savait pas si c'était l'effet du vin ou si, simplement, la situation lui semblait aussi déroutante qu'envoûtante. Elle n'était pas habituée à ce genre de conversation, à cette assurance tranquille qui semblait venir de cet homme. Chaque mot qu'il prononçait avait le poids d'une conviction inébranlable, comme si lui seul détenait la vérité de ce qui se passait autour d'eux. Elle avait l'impression d'être une spectatrice passive de quelque chose qu'elle ne comprenait pas totalement

Elle essaya de se détendre, de reprendre pied dans la réalité.

— Vous êtes un amateur d'art, alors ? demanda-t-elle, pour briser le silence qui commençait à peser.

Damien, tout en maintenant son regard sur elle, haussait légèrement les sourcils, comme s'il avait été étonné par sa question. Mais il n'émit aucune réponse immédiate. Il sembla réfléchir un instant avant de répondre, sa voix douce mais décidée.

— Non. Pas vraiment. L'art n'est qu'un prétexte. Un moyen d'accéder à quelque chose de plus profond.

Éléonore se sentit à la fois fascinée et déstabilisée par cette réponse. Qu'entendait-il par « quelque chose de plus profond » ? Elle n'osa pas poser la question, redoutant qu'il ne lui réponde d'une manière encore plus énigmatique.

— Vous devez être un homme occupé, non ? Un homme avec beaucoup de choses à gérer, avec... des responsabilités, des choix importants à faire, dit-elle, tentant de trouver une terre plus familière, plus confortable.


Un éclat amusé traversa brièvement le regard de Damien, comme si la question l'avait diverti. Il ne répondit pas tout de suite, se contentant de la fixer, comme s'il mesurait ses paroles, pesait la justesse de sa réponse.

— C'est amusant que vous disiez ça, Éléonore. Vous croyez qu'on peut être occupé et gérer des choses tout en étant véritablement libre ?

Elle sentit une vague de confusion l'envahir. La question n'était pas banale, et elle n'avait pas de réponse toute faite. Son regard se posa sur lui, mais elle ne pouvait pas lire ce qui se passait dans ses yeux. Elle commença à percevoir une sorte de tension entre eux, une tension qui n'était pas simplement due à la proximité physique, mais à une sorte de jeu subtil qu'il semblait vouloir instaurer.

— Je suppose qu'on peut être occupé et se sentir emprisonné, répondit-elle, presque à contrecœur. Ce n'est pas toujours une question de liberté, parfois c'est juste une question de survie.

Damien la fixa longuement, son regard semblant pénétrer l'essence même de ses pensées. Il s'approcha un peu plus, et Éléonore sentit son souffle se couper. La distance physique entre eux se réduisait, mais c'était la tension psychologique qui semblait s'alourdir. Il n'avait pas bougé, mais il semblait occuper tout l'espace autour d'elle, comme une ombre imposante qu'elle ne pouvait fuir.

— La survie... c'est une façon de voir les choses, en effet. Mais vous savez, il existe des moyens de survivre autrement. Des manières de s'extraire de ce carcan sans avoir à y laisser une part de soi.

Il s'était penché un peu plus près, presque comme un chuchotement. Éléonore sentit une vague d'émotion la traverser, quelque chose qui se mêlait de fascination et d'angoisse. L'homme en face d'elle semblait avoir une autorité naturelle, un pouvoir presque palpable. Il n'était pas agressif, mais il imposait une présence qui capturait son attention. L'idée qu'il pourrait, d'une manière ou d'une autre, influencer sa vie l'effleura. Une idée qu'elle rejeta immédiatement, mais qui persistait, comme une graine plantée dans son esprit.

— Et comment ça fonctionne, dans votre monde, Monsieur Morel ? demanda-t-elle, cherchant à reprendre le contrôle de la conversation.

Il sourit légèrement, toujours ce sourire qui ne révélait rien de ses intentions. Puis il se redressa et se recula d'un pas, comme pour donner de l'espace à leur échange.

— Ce n'est pas si simple, mademoiselle. Dans mon monde, tout a un prix. Une vérité, une illusion, une émotion, tout cela se paie d'une manière ou d'une autre. Vous pouvez choisir ce que vous voulez, mais il y a toujours un prix à payer, et parfois, vous ne le savez que trop tard.

Éléonore cligna des yeux, perturbée par cette nouvelle tournure dans leur conversation. Elle chercha ses mots, mais il était évident qu'il avait lancé une invitation implicite à un jeu auquel elle n'avait jamais pensé participer. Elle ne savait pas si elle était prête à entrer dans ce jeu. Mais en même temps, elle ne pouvait pas détacher son regard de lui. Il l'avait, d'une manière étrange, capturée.

Le silence s'installa de nouveau, lourd de sous-entendus. Elle chercha à s'échapper de ce moment de tension, mais elle savait au fond d'elle que quelque chose venait de se passer, quelque chose qui allait marquer le début d'un enchevêtrement complexe entre eux. Peut-être que ce n'était pas seulement un regard croisé dans une galerie d'art. Peut-être que c'était le début de quelque chose de bien plus grand. Une tempête qu'elle n'avait pas encore vue venir, mais qui faisait déjà vaciller les fondations de sa vie.

— Je... je dois m'excuser, dit-elle finalement, comme pour se donner une chance de s'échapper. Il est tard et... je devrais partir.

Damien ne réagit pas immédiatement. Il se contenta de la regarder, ses yeux sombres ne quittant pas son visage. Un instant, elle se demanda s'il allait la laisser partir. Puis, comme une conclusion inéluctable, il dit d'une voix basse, presque imperceptible, mais néanmoins pénétrante :

— On se reverra, Éléonore. On se reverra.

Elle le regarda une dernière fois, hésitante, avant de tourner les talons et de se diriger vers la sortie. Mais une partie d'elle savait déjà qu'il n'avait pas prononcé ces mots par simple courtoisie. Non, Damien Morel n'était pas du genre à faire des promesses sans y mettre une intention. Elle s'éloigna, mais la sensation étrange qu'il avait laissée en elle ne la quittait pas. Et au fond, elle savait qu'il avait raison.