Singulier tournage (et autres Dialogues Interdits)

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Résumé

Le seul et unique recueil de mini-nouvelles érotiques ne contenant QUE des dialogues ! 0 narration – 0 description – 0 didascalie 150 histoires sulfureuses, de toute taille, surprenantes, drôles ou tout bonnement scandaleuses, allant du légèrement sensuel au franchement pornographique,. Attention : ici, on sort des sentiers battus et on ne s’interdit rien. Lorsque deux humains (copines, amis, couple) se font des confidences loin des oreilles indiscrètes, il n’y a plus le moindre tabou. Confessions de couette, désirs inavouables, anecdotes à faire rougir les lecteurs et lectrices les plus délurés… Découvrez enfin ce que cachent les messes basses que vous avez toujours rêvé de surprendre. Des fantasmes et aventures au cœur d’une musique de mots ensorceleurs.

Genre :
Erotica/Humor
Auteur :
Théo
Statut :
Terminé
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

Quelques épisodes de “Dialogues Interdits”, ma série de petites histoires complètes sans narration.


Singulier tournage

— Maintenant que je suis grande je pourrais le dire à maman. Si elle avait su à l’époque, elle aurait tapé un de ces scandales…

— Par rapport au réalisateur ?

— Oui. C’était mon cinquième ou sixième film. Le premier tournage où je ressemblais presque à une grande. L’adolescence ! Pas encore majeure malgré tout.

— Et t’as eu des scènes de nu c’est ça ?

— Maman était inquiète. Mon agent commençait à recevoir pas mal de lettres de fans… certaines assez louches. Y aurait eu ce type de scènes quand j’étais gamine, je crois qu’elle s’en serait foutue. J’y pense, y en avait déjà eu une. Où mon personnage prenait un bain. Je m’en souviens même pas comme telle, j’étais asexuée. Là…

— Cette fois t’étais gênée ?

— Oh, moi je tourne ce qui est écrit dans le scénar. Je suis pro ! J’y voyais plus ou moins des séquences comme les autres. N’empêche, j’ai failli par faire le film.

— Qu’est-ce qui l’a convaincue ?

— Il a fallu qu’on lui explique à quel point le scénario le justifiait.

— C’était le cas ?

— Le réa était malin, son scénariste aussi. Moi j’étais pas si dupe. Je SAVAIS. Je savais parfaitement que dans le milieu, la quasi totalité des scènes de nu sont évitables, presque à chaque fois. Juste, un homme ayant possibilité de dévêtir une jeune fille est incapable de s’en passer. Qui plus est si la minette a quinze et lui quarante-neuf. En toute légalité c’est inespéré !

— C’est pas aussi pour les entrées tout ça ?

— Dans le cas présent, surtout les ventes DVD. Cette année, ce secteur était en forte baisse. Le réa a été encore plus subtil que prévu. Ou vicieux ! Les trois séquences de nu ont été retravaillées pour être plus furtives… Une où on me voit dans un reflet de vitre. Une autre où mon « père » rentre dans ma chambre et où je pousse un cri en saisissant une serviette pour me cacher. Et enfin une où un garçon de mon âge m’espionne sous la douche à travers des planches de bois. Et à chaque fois le même principe : montrer très rapidement, par petits bouts, un quart de seconde par-ci, une demi-seconde par là…

— Officiellement pour contenter ta maman.

— Officieusement pour frustrer le spectateur.

— Qui s’est rué quelques mois plus tard pour acheter le DVD ?

— Bien entendu ! Il n’y a qu’avec les ralentis et arrêts sur image qu’on pouvait vraiment voir. De nos jours ça fonctionnerait plus : la séquence serait bien vite découpée et mise sur Internet. Du coup les entrées ciné ont été correctes… Et les ventes de DVD étonnantes. Pas pour moi.

— T’étais au courant de la combine ?

— J’avais deviné, et je suis allée en discuter avec le réa. Le principe m’amusait ! Je lui ai proposé qu’on en joue à fond. Alors on a multiplié les séquences ambiguës. Faites pour titiller plus encore ces messieurs.

— Du genre ?

— Je suis au lit en chemise de nuit et je me lève. Et on peut voir un petit quelque chose du dessous, où y a bien entendu rien, en faisant un ralenti puis un arrêt. Ou un autre moment où je suis en jupe, on m’annonce une bonne nouvelle et je sautille de joie. Même jeu… On s’est même arrangés pour qu’on se demande si je porte une culotte ou non, que ce soit pas clair. Une autre où je porte que le bas, dans une semi-obscurité. Dans la salle de ciné on voit rien, et on se dit qu’avec le DVD on poussera à fond contraste et luminosité.

— Fiouuu… Pour être professionnelle tu l’étais.

— J’avais fait mon baptême du feu ! Pour crever l’écran la nudité est obligatoire pour une minette. Là encore, officieusement. Tu peux pas y couper !

— Donc c’est le film qu’aurait pu te faire décoller ?

— A fond. Et puis deux films plus tard je me suis lassée, et j’ai préféré les études.

— Avec une maman soulagée ?

— Entre soulagement et déception. Une partie d’elle était rassurée, une autre avait envie de paillettes.

— Truc de dingue cette complicité entre toi et le réalisateur.

— Faut croire qu’entre pervers on se comprend.


Passion soudaine

— J’ai enfin trouvé LA solution ultime pour que notre fille se cultive.

— Tu la récompenses ?

— Oui et non. Disons que cette année ça y est : elle est entrée dans son adolescence pour de bon et adore se faire mater. Et le lieu idéal pour ça ?

— La piscine.

— Exact. Sauf qu’elle n’a pas le droit d’y amener son mobile.

— Et qu’en nageant on est moins maté.

— Et aussi qu’elle a la peau trop sensible pour rester des heures en plein soleil.

— Et donc qu’il faut bien un prétexte pour rester allongée dans un transat. C’est ça ?

— C’est ça. Mon cadeau de vacances, l’intégrale des Rougon-Macquart. Elle en est déjà à la moitié.


Mémoire sélective

— Alors, t’as retrouvé ta petite bande de copains-copines ?

— Oui sauf que j’ai mauvaise mémoire, enfin disons plutôt : une mémoire sélective.

— Tu te souviens moins de certains et mieux d’autres ?

— Non, je me souviens mal de tout le monde… à la première approche ! Je fais semblant, je joue la comédie. Et puis… l’avantage d’un domaine naturiste, c’est la piscine et sa nudité obligatoire : là personne y coupe. Et comme personne se passe de piscine…

— Heu… Que veux-tu dire.

— C’est là que je retrouve enfin les copains-copines. Vraiment, pour de bon. Je me place sur un transat de sorte à les voir passer, et dès qu’ils sont dos à moi là c’est bon, je sais le prénom de chacun. C’est fou comme je me souviens mieux des culs que des visages…


Copine à la fenêtre

— C’était deux copains qui venaient souvent jouer à mon appart’. Leur passion était de regarder Karen, en face, trois étages plus bas. A chaque fois ils fonçaient voir à la fenêtre. Et revoir. C’était le rituel ! Faut dire qu’elle était très jolie, et avait commencé à avoir de belles formes très tôt. Les fois où elle passait en culotte et t-shirt je te raconte pas ! Ça allait jusqu’à perturber nos jeux, et moi ça m’agaçait.

— Car toi tu matais pas ? Ou alors t’avais tant d’occasions que t’aurais préféré juste les jeux quand ils étaient là ?

— C’est pas ça. Karen et moi on se connaissait depuis tout petits. Nos familles se rendaient au même camping, à dix bornes de là… Un camping baba cool. A moitié nudiste ! Avec une petite piscine où personne mettait de maillot.

— J’ai saisi. T’étais habitué à la voir nue depuis des années.

— Et c’était notre petit secret. Les week-ends où on se retrouvait, pas d’ambiguïté, on était juste deux copains. On jouait beaucoup ensemble, Karen avait aucune pudeur particulière. Chez elle avec les vis-à-vis c’était différent. Mais une fois… son rideau était mal tiré, et là « on » a pu tout voir. Enfin, eux deux.

— Une erreur… involontaire ?

— J’ai toujours eu un doute.

— Leur réaction ?

— Un truc de dingues. Des fauves en furie ! Les deux amis sautaient sur place, s’agrippaient par la manche, l’épaule, poussaient des cris. En état second !

— Elle faisait quoi.

— Des essayages de fringues, sans aucun sous-vêtements. Comme en représentation, d’où mon doute.

— Certaines filles n’ont pas besoin de public ! En contemplation devant elles-mêmes, et je les comprends.

— Moi je trouvais ça parfaitement ridicule. Aussi bien son jeu à elle que leur jeu à eux. Ça se sentait que j’étais pas du tout excité. La voir nue était si banal, et il fallait faire semblant de la découvrir. Au début ils s’en sont comme… inquiétés, puis ensuite ils se sont plus occupés de moi.

— Un autre que toi se serait vanté au lieu de garder le secret !

— J’aurais vu ça comme un manque de respect. Karen aussi de son côté disait rien à ses copines, je le sais.

— Comment tu peux en être sûr.

— Informer une fille c’est en informer cent. Le fait que personne semblait au courant était une preuve. Par la suite je me suis arrangé pour que ce soit moi qui aille jouer chez l’un ou l’autre. Ils se seraient jamais calmés !

— Mens pas. T’as été jaloux ! Au fond t’estimais être le seul garçon ayant le droit de la voir nue. Non ?

— Je pense que c’était un peu ça ! Et sur ce point l’expérience a été utile : en ce jour, j’ai pris conscience de la putain de chance que j’avais. Et plus d’une fois quand on se retrouvait le lundi matin dans la cour, dans ma tête je me disais : « Ah si vous saviez les gars, si vous saviez ! ».

— Encore que. T’aurais eu que des jeux innocents à leur raconter.

— Oui et non. Je t’ai dit : tout ça avait provoqué en moi un déclic. Désormais, chaque week-end était un peu plus ambigu que le précédent. Normal, on grandissait… Mais ça c’est une autre histoire.