Réclamée par le Chevalier

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Résumé

Après une trahison brutale, Freya fuit loin de tout, en quête d'un nouveau départ - sans mensonges, sans passé, juste un anonymat paisible. Mais le destin en décide autrement lorsqu'elle rencontre Raze, un motard dangereux et magnétique qui impose son pouvoir d'un seul regard. Raze est brut, tatoué, et craint au sein des Knights. Il prend ce qu'il veut et il veut Freya. Elle devrait fuir, mais il voit ses fêlures et ne détourne jamais les yeux. L'aimer signifie entrer dans son monde de loyauté et de sang, où le danger rôde et où partir n'est plus une option. Car lorsque Raze revendique quelque chose, il ne lâche jamais prise.

Genre :
Erotica/Action
Auteur :
CL
Statut :
Terminé
Chapitres :
55
Rating
4.9 53 avis
Classification par âge :
18+

Un - Freya

J’ai passé toute ma vie dans les bars. Enfant, je restais dans un coin pendant que mes parents se prenaient une cuite. Adulte, je me retrouvais derrière le comptoir à nettoyer les tables. L'ironie de la situation ne m'échappait pas. Maintenant que j'avais quitté Chicago en espérant ne jamais revenir en arrière, j'étais encore dans un bar. Une fois de plus, j'étais de l'autre côté du zinc. Mindie m’avait rendu un immense service et je lui en étais reconnaissante. Je voulais lui prouver que je n'étais pas une ratée, même si elle savait que mes parents en étaient.

« Freya, tu peux remonter une autre caisse de whisky ?! » m'a-t-elle crié. J'ai poussé un petit gémissement en réussissant à la hisser en haut des escaliers, avant de la traîner derrière le bar.

« Merci ma belle », a-t-elle souri. Ses cheveux teints en blond lui arrivaient au menton. Sa robe était bien trop révélatrice pour une femme de son âge, mais je n'allais pas la juger. Le bar Hammers appartenait à la famille de Mindie depuis avant sa naissance. C'était un petit endroit dans une ruelle de Peoria, dans l'Illinois. C'était le bar typique de petite ville, avec des parquets et un comptoir en bois, et quelques tables éparpillées. Un client a levé la main. Je me suis approchée de lui avec une bière fraîche en emportant sa bouteille vide. « Tu peux ouvrir demain ? Je déteste te demander ça, mais... » a commencé Mindie.

« Bien sûr, je n'ai rien d'autre de prévu », j'ai répondu en riant, tout en essuyant le comptoir. Mindie m'avait embauchée pour deux raisons. Elle cherchait désespérément du personnel, et je cherchais désespérément à fuir Chicago. En plus, elle connaissait ma mère, ou du moins ce qu'elle était avant de devenir une alcoolique finie.

« Tu te feras vite des amis, laisse le temps au temps, ma belle », m'a assuré Mindie. C'était vraiment une femme adorable.

« Bof, ça ne me dérange pas », j'ai dit en haussant les épaules. J'ai repoussé mes cheveux en arrière. Je devais refaire ma couleur. Le rouge partait peu à peu pour laisser place à un brun ennuyeux. D'habitude, je faisais le service du matin. Mais Mindie devait bientôt partir et je voulais l'aider autant que possible. Elle m'avait trouvé un minuscule appartement au-dessus d'une boucherie, à une minute à pied. C'était pratique, car j'étais arrivée ici sans toit. Je me suis agenouillée derrière le bar pour nettoyer le frigo à bières quand j'ai entendu la clochette de la porte sonner.

« Les garçons, vous connaissez la règle », a dit Mindie d'un ton ferme. Je me suis redressée, les yeux écarquillés pendant une seconde. Un groupe d'hommes venait d'entrer. Ils portaient tous des casques de moto noirs et brillants, avec les blousons assortis. « Enlevez-moi ça ! » a crié Mindie. Ils se sont approchés du bar en retirant leurs casques.

« Alors, vous étiez où, les gars ? » a demandé Mindie pendant que les autres faisaient de même. Ils étaient quatre, mais mes yeux étaient fixés sur celui du milieu. Ses cheveux sombres étaient rasés sur les côtés et plus longs sur le dessus. Il avait une raie sur le côté, avec une mèche qui lui retombait un peu sur le visage. Sa mâchoire était carrée, son nez bien dessiné. Malgré son blouson en cuir, je voyais ses tatouages le long de son cou et sur ses mains posées sur le bar.

« À Rockford », a-t-il répondu d'une voix rauque en me regardant. Ses yeux étaient gris. J'ai déglouti avec difficulté. Le diamant à son oreille droite brillait sous les lumières. « C'est qui cette nana, bordel ? » a-t-il demandé en pointant le doigt vers moi avant de regarder Mindie.

« C'est Freya, ma nouvelle recrue. Des bières ? » a proposé Mindie. Il a hoché la tête en se léchant la lèvre inférieure. « Étagère du bas », m'a dit Mindie. Je suis revenue à la réalité et j'ai posé quatre bouteilles sur le comptoir. « Trip, tu peux brancher ce putain de fût ? » a demandé Mindie. Un autre brun, plus petit et barbu, est passé derrière le comptoir. Je me suis poussée pour lui faire de la place. « Merci ma belle », a soupiré Mindie.

« Tu viens d'où ? » m'a demandé l'homme. J'ai encore déglouti, une boule dans la gorge.

« De Chicago », j'ai couiné.

« Sérieusement, Mindie ? » a-t-il ricané. Mindie a tapé du poing sur le bar.

« Laisse-la tranquille, Raze, je déconne pas ! » a-t-elle aboyé. Le gars au fût, Trip je crois, s'est redressé en me faisant un sourire.

« Ne fais pas attention à lui, il n'aime pas trop les nouvelles têtes », a-t-il ri en repassant de l'autre côté du bar.

« Allez vous asseoir et buvez votre putain de bière, ouste ! » a crié Mindie en montrant le fond de la salle. Ils se sont installés à une table ronde, dans un coin du bar.

« Ignore-les. Mais s'ils te cherchent la merde, tu ne te laisses pas faire », a-t-elle dit d'un ton provocateur.

« C'est qui ? » j'ai demandé, toujours adossée au frigo des boissons.

« Par ici, la moto, c'est sacré », a-t-elle dit en haussant les épaules. Elle a ouvert la caisse pour encaisser un client. « Ce sont les Knights. Et Raze ? » a-t-elle demandé. J'ai hoché la tête, comprenant qu'elle parlait du mec canon. « Il est haut placé. Les autres sont juste des membres. Mais ils protègent mon établissement. S'ils sont là, les vieux ne vont pas tarder », a-t-elle ri d'une voix éraillée.

« Les vieux ? » j'ai demandé, curieuse. À Chicago, je voyais des motards tout le temps. Mais c'étaient souvent des gros types sur des Harley Davidson, rien à voir avec ce que je venais de voir.

« Le président et le vice-président, Banks et Jett. Crois-le ou non, ils sont plus sympas », a-t-elle lâché dans un grand éclat de rire en comptant ses billets. J'ai jeté un coup d'œil vers leur table. L'un d'eux a levé la main. J'ai pris les devants en leur apportant quatre autres bières et en récupérant les vides. Ils discutaient. Raze était adossé, les mains sur la tête. Je n'ai pas pu m'empêcher de le fixer encore quelques secondes avant de retourner au bar pour jeter les bouteilles vides au recyclage.

« Je vais faire la caisse. » Mindie est partie dans l'arrière-boutique avec sa liasse de billets. J'ai rangé un peu le bar. Le monde commençait à arriver avec la soirée qui avançait. Mindie est revenue essuyer des verres pendant que je servais les boissons habituelles. Raze et les autres sont revenus vers le comptoir.

« Mindie, tiens », a dit Trip en lui tendant quelques billets.

« Merci les garçons », a-t-elle répondu en ouvrant le tiroir-caisse. J'ai levé les yeux alors qu'ils étaient déjà presque à la porte. Raze mettait son casque, mais a relevé sa visière pour qu'on voie son visage.

« Chicago, t'as un cul à réveiller un mort », a-t-il lancé d'un air coquin. J'ai levé les yeux au ciel.

« Casse-toi, Raze ! » a crié Mindie, avant de se tourner vers moi quand ils sont sortis.

« Un petit conseil ma belle : évite de baiser avec Raze, fuis-le comme la peste », a-t-elle ajouté en faisant la moue.