Un Vent de Magie 2 - Graine de Meïza

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Résumé

Deux ans après leur rencontre, Oïhan voudrait bien pouvoir profiter de Janelle, sa future femme, sans interférence ! Peut être que la magie meïzane l'y aidera !

Genre :
Fantasy
Auteur :
Lia Rebellame
Statut :
Terminé
Chapitres :
3
Rating
5.0 2 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

OÏHAN

Cette idée de ne pas me laisser voir Janelle est irritante ! Je me demande encore comment j’ai pu me prêter à cette sottise humaine. Nous ne nous marions même pas à l’église. Nous sommes dans cet Hôtel de Ville tout ce qu’il y a de plus formel. Je ne veux pas non plus insinuer que nous sommes là pour une simple transaction, mais où est la logique de séparer les promis ? Cette tradition n’a clairement rien à voir avec les lois naturelles que ceux de mon espèce suivent.

Nous devrions tout simplement vivre ce moment ensemble.

En fait ça ne m’arrange tout simplement pas et je ne peux pas ouvertement parler à ma belle-famille humaine de nos querelles ancestrales et cette fâcheuse possibilité que les Coben se manifestent !

Je raccroche mon portable après les mauvaises nouvelles et tombe nez à nez avec l’apparition angélique de ma fiancée à plusieurs mètres de là.

Elle est magnifique.

Elle ne m’a pas vu et je me demande si je la laisse filer ou… Non même pas en rêve ! Vous plaisantez ou quoi ?

Je me faufile dans le couloir comme l’oiseau de proie que je suis, entièrement focalisé sur l’ange blanc et chope son poignet délicat pour l’attirer à moi. Janelle étouffe son cri de surprise en reconnaissant mon toucher plein de chaleur meïzane, pendant que je la plaque contre le mur. Je colle mon aine qui s’anime contre son ventre et ma bouche sur ses lèvres pulpeuses aussi appétissantes qu’une cerise, tandis que mes mains baladeuses refont le plein de ses formes avec empressement et avidité.“Haut les mains, c’est un hold up ! Des baisers ou ma vie, gente dame !” Elle lève malicieusement les mains et les place autour de mon cou.

Il n’y a pas à dire, elle m’a manqué ! Le seul endroit où j’aime la savoir est entre mes mains et c’est aussi son cas car je la sens déjà fondre.

Je picore amoureusement ma belle qui sort les plus beaux rires et soupirs sous mon attaque enthousiaste. “Ça c’est ma femme !” lui dis-je à son oreille et j’ai conscience de la regarder et la lécher comme un loup amoureux de son gigot !

“Oïhan ! Laisse-nous dire oui avant de manger tout mon maquillage !”

J’adore son rire et toute la lumière dont rayonne son visage sous l’effet de la joie. Je ne suis pas peu fier d’être celui qui la lui inspire.

Je ne résiste pas à voler un dernier baiser affamé et plonge ma langue à la première occasion pour une dernière dose.

Puis mon front contre le sien je me gonfle de son amour en respirant à l’unisson avec son souffle. Cette micro bulle d’intimité me fait un bien fou et je me fais violence pour donner une dernière impulsion aguicheuse du bassin et m’écarter à regret de mon paradis.

“Ah je vois pourquoi Mademoiselle Matthieu s’est égarée dans les couloirs !” lance son amie Maya en ne perdant pas de temps pour la remettre avec humour sur le droit chemin. “Vas prendre ta place, Oïhan, et dans quelques minutes tu auras ta Madame Kas !”

“Pas mal le test du maquillage ! C’est une marque résistante qui ne plaisante pas, on ne voit presque rien, mais par sécurité on va juste retoucher le gloss, rien de grave !” l’entends-je rassurer Janelle en l’étudiant tout en marchant rapidement.

Sauf que maintenant ça fait des heures que ce maire nous abreuve de discours sur l’engagement, les valeurs du mariage et le regret d’une jeunesse qui s’unit de moins en moins officiellement. Comme il tient un jeune couple, il a semble-t-il décidé de ne pas nous lâcher sans avoir tout dit de la République à la chambre à coucher. J’aurais bien opté pour une version courte pourtant.

Janelle et moi sommes placés directement sous son nez et n’avons aucun moyen d’échapper à sa verbe. Malheureusement à chaque fois qu’il récupère un contact visuel, il repart de plus bel et je me vois hocher la tête, comme si j’approuvais tout le speech.

Gardons l’esprit clair, j’exagère légèrement. La cérémonie ne dure certainement pas depuis des heures, seulement d’extrêmement longues minutes. Entendons-nous bien ! Je ne rechigne pas à me marier et ne suis pas le mâle bourru impatient et mécontent d’être là. Je suis bien au contraire heureux de vivre ces infinies minutes de mon union avec la femme de ma vie.

Je ne regrette aucune seconde en la présence de cette douce humaine. Janelle est merveilleuse.

Quand je la vois comme ça dans sa belle robe de soie blanche et ses cheveux relevés dévoilant le début de son cou pour finalement plonger dans de folles cascades, je ne pense qu’à la ravir !

Elle est tombée du ciel pour moi, pour que je l’attrape en vol et que je la tienne à jamais dans mes bras. Maintenant que je l’ai, elle m’aura toujours pour la protéger et veiller à son bonheur. Ce que je dis a l’air sorti d’une fiction, pourtant c’est exactement comme ça que cela s’est passé au nouvel an il y a un peu plus de deux ans.

La première fois que je l’ai vue, elle se trouvait seule sur le versant nord de la montagne, par coïncidence à l’entrée de ma forêt. Enfin, ce que je prenais pour une coïncidence était en réalité une fourberie de mon frère Julen. Il avait à son insu posé une de mes plumes sur elle avec un sort d’invitation, après l’avoir orientée précisément dans ma direction. Mes parents n’étaient plus là quand il l’a fait, mais je ne serais pas étonné que les sens intuitifs de ma mère l’y poussaient également. Elle joue la carte de l’innocence, mais cela faisait trop longtemps qu’ils espéraient que Cupidon se charge de moi. Ils ont de la chance qu’elle ait dépassé toutes les attentes !

Julen avait dû y mettre beaucoup de conviction, pour que le sort soit aussi fort et qu’elle y réponde aussi bien. À ce moment-là je ne savais rien de ses motivations, tout ce que je sais est qu’alors que j’assurais une garde sur mon périmètre, où les jumeaux Coben m’ébouriffaient les plumes depuis quelques minutes, sa charmante voix est directement passée dans mon esprit.

Elle avait vu ma forme animale, un faucon pèlerin, et la fascinante humaine qu’elle était avait trouvé naturel de me parler ! Le plus déroutant est que cela ait marché, que ce faucon était moi et que je l’ai effectivement écoutée, subjugué que j’étais.

L’attraction était forte, ma tête a pivoté d’instinct pour débusquer l’origine de cette douce voix joyeuse qui éclairait quelque chose en moi. Agréable, ni trop grave, ni trop aiguë, elle était chaleureuse et amicale.

L’altitude à laquelle je volais m’offrait toute la vue dont mes yeux de chasseurs avaient besoin pour la scanner toute entière. Une brune sous un bonnet gris, recouverte d’un manteau et des chaussures à peine valables pour un hiver dans la montagne. On ne pouvait pas dire qu’elle était à sa place. Le canapé dont elle parlait était certainement le lieu le plus approprié pour une citadine. “Ah bel oiseau, tu es magnifique et tu appartiens à tout cela ! Moi, je dois retourner à mon fauteuil chaud !” Ses premières paroles étaient assez idiotes mais venues du cœur. C’était comme si une bouffée de tendresse me prenait à l’écouter à son insu.

Il n’en a pas fallu plus pour attirer l’attention des jumeaux sur elle. Ils ne m’ont pas laissé un instant de plus pour réfléchir à cette nouvelle sensation. Ils ont aussitôt sorti les grands moyens à coup de meïzia, notre magie-vent, et d’assauts physiques de leurs formes de grands corbeaux.

La parole par l’esprit est un phénomène rare qu’on n’emploie avec un sincère respect après accord mutuel de son partenaire. Cela ne se fait pas comme ça. En principe ! Je ne sais pas ce que Julen a fait pour dopper son sort, rien de spécial a-t-il juré lorsque j’ai pu l’interroger par la suite. Pourtant cette fille avait réussi ce coup de maître innocemment, sans même s’embêter de protocole et de ce qui était possible ou pas.

Le fait que cela se soit passé en présence de ces troubles-fêtes grands corbeaux était la pire malchance ! Ils se sont amusés à déchaîner les éléments autour d’elle, parce qu’ils ont vu l’intérêt que je lui portais malgré moi et c’est rapidement devenu un pur danger pour elle.

Il a fallu que je leur montre ce qui arrive à ceux qui me défient. Nous avons l’habitude de nous confronter depuis l’enfance et ils savaient qu’ils ne faisaient pas le poids contre moi, même à deux. Peut être ont-ils sérieusement pensé tout à coup qu’une petite humaine pouvait faire office de punching ball pour évacuer leur frustration de ne pas pouvoir m’atteindre directement. Elle se trouvait à une certaine distance, alors ils devaient agir vite avant que je n’arrive sur eux.

Evidemment je leur ai fait bouffer leurs plumes au passage et l’ai sauvée avant que le pire ne lui arrive.

Le seul regret possible sur notre rencontre serait le caractère précipité et largement trop dangereux pour une humaine. Par contre les doutes à son sujet se sont dissipés plus vite qu’il n’a fallu de temps au souffle sortant de sa bouche à former un nuage de condensation dans l’air hivernal humide. Je suis plus que prêt à épouser Janelle ! J’ai su de suite que son souffle serait ma vie et ses lèvres mon miel.

Et ce ne sont pas les insinuations déplacées que j’ai pu entendre ou autres perturbations extérieures qui vont me faire vaciller et changer mes choix. Je n’aime pas qu’on essaie de me manipuler.

La soudaine apparition de cette exaspérante fille ne change rien.

Quand Kern m’a appris au téléphone, qu’elle était apparue près d’ici, cet élément m’a agacé. Rien de trop surprenant cependant avec l’entêtement et la peau dure de cette famille. Pourtant cela fait bien quatre années que notre passé commun a pris fin.

Kern et mes hommes vont la détourner du bon déroulement de la cérémonie. La radieuse journée de ma future épouse est déjà agréablement commencé et j’entends que cela continue ainsi.

Peu importe ce qui l’amène, je ne veux pas la voir. Surtout ici, chez les humains et les proches de Janelle.

Putain, que croit-elle pouvoir faire ?

On a grandi ensemble. Shiona et ses petits tours de charme pour me garder sous sa coupe m’ont rendu dingue plus d’une fois dans ma jeunesse. Je la connais. Même quand elle ne pense pas à mal, elle est capable de faire du grabuge.

Un râle m’échappe à peine et je me rends compte simultanément que ma fiancée et le maire m’observent avec de grands yeux. Je tente tant bien que mal de le faire passer pour un chat dans la gorge et de décrisper l’expression de mon visage.

“Pardon.” Je fais un sourire rassurant à la belle femme qui me tient les mains et fais comprendre d’un mouvement de tête à l’officiant de poursuivre. Alors je réalise en l’entendant qu’il venait de poser la question fatidique et que je l’oblige à la répéter.

“Monsieur Kas Oïhan consentez-vous de prendre pour épouse Mademoiselle Mathieu Janelle ici présente ?”

Tandis que je ne peux plus broncher sous le regard de Monsieur le Maire et que je me concentre sur ses mots, je perçois Janelle attirée par une entrée latérale de la salle. Un bref coup d’œil m’apprend l’arrivée quelque peu remarquée de mon frère Julen.

“Oui, je le veux !” dis-je fortement en ramenant l’attention de celle qu’on ne m’empêchera pas d’épouser sur le champ.

“Mademoiselle Mathieu Janelle consentez-vous de prendre pour époux Monsieur Kas Oïhan ici présent ?”

“Oui ! Heum.. Bien sûr, je le veux !” affirme ma désormais et à jamais épouse, Janelle Kas.

“Très bien, c’est un oui audible également !” Le Maire semble satisfait de nos réponses et s’autorise un petit rire rassuré. “Au nom de la loi nous déclarons Monsieur Kas Oïhan et Mademoiselle Mathieu Janelle unis par le mariage !”

Les applaudissements retentissent pendant que j’admire ma femme et son sourire radieux absolument contagieux qui sait toucher mon cœur.

Incroyable le temps qu’on perd à penser aux gens insignifiants et qui m’a poussé à bloquer un moment mes pensées à celle qui compte réellement ! J’en prends conscience en sentant la chaleur des émotions que nous partageons passer à nouveau entre nous deux quand son esprit reprend contact avec moi. C’est une plénitude qui sent bon la maison et le bonheur. Un sentiment précieux que j’ai l’intention de protéger.

Rien ne vient à la cheville de ce que nous avons. Shiona ne peut être qu’un oiseau de mauvais augure. Une chatte de mauvaise augure à vrai dire ! Un sourire en coin m’échappe à cette pensée, mais ce n’est pas de ma faute si c’est son animal-totem et sa forme de métamorphe.

Un rapide regard sur Julen qui applaudit quelques fois nonchalamment et fait signe que tout va bien me permet de garder le fil du dialogue que reprend l’affable Maire. Il demande à voix basse si nous souhaitons échanger une parole et une alliance. Je suppose que les gens gardent ce moment pour la cérémonie religieuse. Je lui confirme que ce sera maintenant pour nous. Un mariage officiel et une cérémonie intime au cœur de la nature seront tout ce dont nous aurons besoin pour lier nos vies.

Sauf que tout le monde fait à nouveau silence et se suspend à mes lèvres. Quoi, un discours ? Oh non la tuile ! Je n’ai rien prévu et il me semble que Janelle non plus, comme je vois son air mutin d’écolière pris à défaut.

Heum… Évidemment, où avais-je la tête ? Il faut dire quelque chose à sa dulcinée lors du plus beau jour de notre vie. Je prends tout mon temps pour sortir l’alliance de son écrin espérant rassembler quelques pensées inspirées de dernière minute.

À ce moment-là ses yeux noisette me captivent et quand je tiens sa main dans la mienne en approchant l’anneau, une vague calmante et tendre remonte du bout de nos doigts à mon torse. Je repense alors à notre rencontre et essaie d’en retranscrire l’essence.

“Janelle, tu es entrée dans ma vie d’une manière fulgurante et inattendue. Je n’ai plus vu que toi dans mon horizon et soudainement tous mes objectifs n’ont plus eu de cesse que d’atteindre la belle femme qui emplit toutes mes perceptions. Je promets de te chérir, te protéger et te rendre heureuse. Je t’accueille dans mon cœur, mon nid, mon clan.”

Encore une fois je constate avec plaisir qu’il me suffit de la regarder ou simplement penser à elle, pour que ne reste que le plus important en cette vie : nous.

Je me ferai une joie de me focaliser dessus, sans aucun remords pour le reste qui n’est que du plan secondaire. Ses joues rougissent et ses yeux brillent me confirmant qu’elle reçoit parfaitement ce que je veux lui dire.

Je passe l’alliance à son doigt en prenant plaisir à caresser sa paume et la vois déglutir et reprendre sa respiration.

“Oïhan, merci de m’accueillir dans ton cœur et ta vie. Je ne pouvais pas rêver mieux. Tu me combles au possible, tout mon être t’appartient et j’aime chaque once de toi. Aujourd’hui je suis heureuse de t’appeler mon époux.”

Ses délicates mains glissent l’alliance à mon annulaire sous les flash et applaudissements de nos proches. Le maire exprime sa joie de témoigner de tant d’amour et nous invite à procéder à la signature du registre.

Nous sommes mariés.

Je m’empare de son visage en calant mes paumes entre sa mâchoire et son cou et réclame sa bouche comme le chanceux maître des lieux les plus magnifiques sous les cieux de cette planète.

Une satisfaction inégalable m’inonde comme jamais. Je voudrais garder pour moi mon épouse et lui montrer comme nous sommes faits l’un pour l’autre.

“Oïhan, nous sommes loin d’être seuls !

– Tu ne paies rien pour attendre, ma délicieuse épouse !”

Nous nous plions aux sollicitations de l’équipe municipale puis tous nos invités.

À la sortie du bâtiment nous baignons dans les félicitations, les bulles et les pétales de fleurs. C’est à dire que les enfants humains soufflent les bulles. Les enfants métamorphes lancent les pétales sorties soi-disant de leurs paniers d’osier. Ils sont tout fiers de participer avec leur jeune magie printanière à l’insu des humains qui ne soupçonnent rien. Et lorsque ma mère est sûre que personne ne fait attention à elle, une flopée de papillons de toutes couleurs font leur apparition parmi la foule captivée.

Une exclamation collective émerveillée monte de la place où la photographe avide capture chaque sourire et chaque aile de papillon. Jusqu’à ce que ma mère permette à ceux-ci de diriger leur envol vers les jardins environnants. Moi je ne me lasse pas de profiter de chaque expression joyeuse de mon épouse.

La sœur de la mariée prend les commandes des opérations et mène tout ce beau monde reprenant ses esprits vers les voitures. La procession doit se rendre dans un beau mas provençal au milieu des vignes, que nous avons réservé à une quinzaine de kilomètres.

Quelques dernières personnes nous disent un mot profitant du désengorgement progressif autour de nous. Comme mon père, qui le dernier se rapproche de moi en tapant mon épaule puis me serre dans les bras.

“Félicitations, Fils ! Beaucoup de bonheur à Janelle et toi !

Il me relâche et remarque que mon regard s’est durci.

“Le maire en personne a officié pour toi ! Tout se déroule à merveille. N’oublie pas tes manières, mon fils, et souris un peu plus. Ma bru mérite la plus enchanteuse des journées. Allez, ne t’inquiète pas, tu n’es pas le premier jeune époux à être nerveux”, me dit-il en tapant à nouveau mon épaule.

“Je ne suis pas… Laisse tomber.” marmonné-je. “Merci, Pa !”

Evidemment que sa bru mérite le plus beau mariage. C’est ma femme ! Elle est ma première priorité ! La nervosité d’un jeune époux est loin de moi. Pourquoi est-ce que tout le monde pense que je pourrais douter de mon engagement avec Janelle ?!? Je crois que beaucoup ont du mal à se faire à l’entrée de Janelle dans ma vie et pourtant je n’ai jamais été aussi sérieux ces deux dernières années.

Il n’a pas vu la silhouette qui vient de passer dans mon champs de vision pendant que mon père m’étreignait et tout compte fait, il n’a pas besoin de l’apprendre maintenant. Julen s’en chargera.

Je me laisse entraîner par la main de Janelle vers la décapotable décorée d’un nombre exubérant de fleurs .

“Oïhan, tu as vu comme la voiture est magnifique ?! Et ça sent bon le lilas en plus !” s’extasie-t-elle en tripotant la bordure fleurie qui fait le tour complet de l’habitacle. “Franchement si je ne connaissais pas votre pouvoir de meïzia, j’aurais même eu peur que les abeilles viennent nous piquer ! Le nombre de fleurs est tellement déraisonnable !”

“Possible qu’elles aient exagéré ! Mais en effet pas de danger que la nature nous fasse de tours !” lui assuré-je amusé en embrassant ses cheveux.

Pas sans intervention intentionnelle en tout cas, et ce n’est pas quelque chose que j’entends accepter à notre mariage. Je n’admettrai aucune petite plaisanterie douteuse de quelqu’un du clan ou d’un autre.

Avant de prendre place sur la banquette arrière, j’interpelle Julen et lui glisse quelques mots secs en lui indiquant la direction que l’élégante quinquagénaire a prise.

“Que fait la pie ici ? Je croyais que tu t’en occupais !”

Le visage de Julen se ferme et je le vois partir en grommelant.

L’étincelle mécontente de son regard ne m’a pas échappée, mais manque de bol pour lui c’est moi qui suis à la tête du clan et j’estime que mon petit frère peut servir de larbin pour se racheter du sort incontrôlé qui aurait pu mettre en danger Janelle en la projetant tête la première dans notre monde.

Ouais je n’ai aucune honte à lui en tenir rigueur encore aujourd’hui alors que c’est à moi que cela a profité au final !