loukas et le cristal du temps

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Résumé

Et si le temps lui-même vous tournait le dos ? Loukas pensait avoir tout perdu le jour où Stolys, son village natal, fut réduit en ruines. Mais lorsque le temps se fige et que le monde se délite, il découvre que la clé de la reconstruction repose entre ses mains… et dans sept cristaux aux pouvoirs oubliés. Accompagné d’amis liés par le destin, il affronte les vestiges d’un passé brisé, des ennemis terrifiants et des choix déchirants. Chaque fragment retrouvé les rapproche de l’Éveil Total… mais à quel prix ? Une quête initiatique aux frontières du réel, où la magie, le courage et le sacrifice redessinent l’avenir d’un monde suspendu.

Genre :
Fantasy
Auteur :
rimsbot_go
Statut :
Terminé
Chapitres :
11
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

1-Le murmure des pierres

Le soleil venait à peine de se lever sur Stolys, un petit village aux maisons de pierre et aux toits de chaume, blotti au creux de la vallée d’Aenor. Les premiers rayons du matin dorés glissaient sur les pavés humides, éveillant doucement la vie quotidienne. Les coqs chantaient, les cheminées fumaient déjà, et le bruissement des feuilles annonçait une journée calme… en apparence.

Loukas s’était levé avant l’aube. Comme chaque matin, il s’était glissé hors de la maison familiale sans réveiller sa mère. Du haut de ses 17 ans, il n’était plus un enfant, mais son regard conservait l’éclat curieux de ceux qui rêvent d’ailleurs. Ce jour-là, pourtant, un frisson d’inconnu flottait dans l’air.

Il gravit les collines de Stolys, jusqu’aux

ruines du vieux temple, un lieu que les anciens évitaient et que les enfants considéraient comme hanté. Mais Loukas n’avait jamais eu peur des vieilles pierres. C’était là qu’il aimait réfléchir, seul, loin des regards et des attentes du village.

Ce matin-là, un détail attira son attention : un pan de mur s’était effondré dans la nuit, révélant un escalier de pierre qu’il n’avait jamais vu auparavant. Le vent semblait y souffler comme un soupir ancien.

Son cœur battant à tout rompre, Loukas s’approcha. Il hésita une seconde, puis s’engagea dans les profondeurs…

Les marches descendaient en spirale, creusées à même la roche, recouvertes de mousse et de poussière. Loukas avançait prudemment, sa main effleurant la paroi froide pour garder l’équilibre. Seul le son de

ses pas résonnait, étouffé par l’écho de la pierre.

Après une vingtaine de marches, le couloir s’ouvrit sur une petite salle souterraine. Au centre, un piédestal de marbre blanc semblait briller d’une lueur propre, presque irréelle. Loukas s’en approcha, attiré comme par un aimant.

Là, posé délicatement comme un trésor oublié, se trouvait un cristal. Transparent, mais parcouru de filaments dorés en mouvement constant, comme si le temps lui-même y était enfermé.

Dès que ses doigts frôlèrent sa surface, une onde de chaleur le traversa. Il eut à peine le temps de reculer qu’un éclair de lumière éclata dans la pièce. Le sol trembla légèrement. Des symboles inconnus apparurent sur les murs, illuminés d’une

lumière bleue pâle.

Loukas recula d’un pas, les yeux écarquillés.

Puis une voix, grave et ancienne, résonna dans la salle.

— Gardien du Cristal… le temps te choisit.

La lumière s’éteignit d’un coup, ne laissant que le silence et le battement rapide de son cœur.

Le cristal était désormais froid dans sa main.

Il comprit à cet instant que plus rien ne serait jamais comme avant.

Le cristal désormais niché dans une petite sacoche accrochée à sa ceinture, Loukas reprit son souffle. Ses jambes tremblaient légèrement, non pas de peur, mais d’une énergie nouvelle qui vibrait en lui. Il jeta un dernier regard à la salle, puis tourna les talons pour remonter les marches.

Mais à mi-chemin, un grondement sourd résonna derrière lui.

Loukas s’arrêta, le cœur battant. Le grondement devint un râle guttural, inhumain. Lorsqu’il se retourna, l’ombre qui l’attendait à la base de l’escalier glaça son sang.

Une silhouette massive se détachait des ténèbres, haute de deux mètres, encapuchonnée dans une cape noire comme la nuit. Là où auraient dû être des yeux, deux orbes rouges brillaient d’une lueur surnaturelle. Sa main osseuse tenait une

longue lame noire, et son corps semblait formé de cendres et de fumée.

Loukas recula d’un pas, prêt à fuir, mais la chose parla d’une voix sifflante :

— Le cristal ne t’appartient pas, mortel…

Sans attendre, l’ombre fondit sur lui, lame levée.

Loukas bondit de justesse sur le côté, roula sur le sol poussiéreux et se releva en vitesse. Il n’avait pas d’arme, rien d’autre que son courage et une pierre étrange dont il ignorait tout.

Alors qu’il reculait, désespérément, le cristal dans sa sacoche se mit à vibrer. Une lumière dorée s’en échappa et forma brièvement un cercle au sol. Loukas sentit ses jambes bouger d’elles-mêmes, guidées par une force

invisible.

Il plongea dans le cercle lumineux — et disparut.

L’ombre hurla de rage, son cri résonnant dans tout le temple.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, Loukas était à l’extérieur. Devant lui, le village de Stolys, baigné de lumière. Il était vivant… mais quelque chose avait changé. L’air était plus lourd. Le silence, plus profond. Et le ciel… légèrement plus sombre qu’avant.

Le cristal avait sauvé Loukas.

Mais il lui avait aussi ouvert un passage vers quelque chose de bien plus grand… et de bien plus dangereux.

Le vent soufflait étrangement sur Stolys.

Loukas avança lentement, les mains tremblantes. Là où il s’attendait à entendre les rires matinaux, le martèlement des sabots ou le claquement des volets… il n’y avait rien. Aucun bruit. Aucune âme.

Il courut jusqu’à la place du marché — déserte. Les étals étaient renversés, certains partiellement calcinés. Les maisons n’étaient plus que des coquilles de pierre noircies. Le puits central, d’habitude rempli d’eau claire, était à sec. Une fumée fine s’élevait encore de quelques décombres.

Qu’est-ce qui s’est passé… ? murmura-t-il.

Tout semblait indiquer que Stolys avait été attaqué. Mais par qui ? Quand ? Il n’était descendu dans la crypte que pour quelques heures. Avait-il… changé d’époque ? Était-ce le cristal ?

Il marchait à travers les ruines, hagard, quand un gémissement étouffé attira son attention.

Sous une poutre effondrée, il aperçut un bras tendu. Il bondit sans réfléchir et se mit à

dégager les débris avec frénésie. Après quelques minutes d’efforts, il vit un visage familier couvert de poussière et de sang : Kameron, son meilleur ami, le garçon avec qui il avait grandi, rêvé, ri… et parfois désobéi.

Kameron ! Tiens bon !

Loukas… ? grogna une voix faible. Tu… es vivant ?

Loukas souleva une dernière pierre et aida son ami à se redresser. Kameron était blessé à la jambe, mais conscient. Ses yeux bleus étaient cernés, mais toujours vifs.

Ils sont venus du ciel, dit Kameron, haletant. Des ombres. Ils ont tout détruit. Tout le monde… a disparu ou été emmené…

Loukas sentit sa gorge se nouer. Il se mordit la lèvre pour ne pas pleurer.

Alors on ne peut pas rester ici, dit-il enfin. On doit comprendre ce qu’ils veulent… et les arrêter.

Kameron hocha lentement la tête, posant sa main sur l’épaule de Loukas.

Tu portes quelque chose, n’est-ce pas ? Quelque chose d’important.

Loukas sortit le cristal de sa sacoche. La lumière dorée pulsa faiblement, comme un battement de cœur.

Je crois que c’est lui qui m’a sauvé. Et je crois que tout ça… a commencé avec lui.

Les deux garçons se regardèrent en silence. Le village qu’ils aimaient n’était plus, mais leur lien, lui, était intact. Ils n’étaient plus des enfants. Et cette fois, leur aventure ne serait pas un simple jeu.

Elle serait une quête.