Douce Confidence

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Résumé

La première expérience amoureuse de Mara s’est terminée en une déception totale, qu’elle appelle métaphoriquement “goumin”. Concentrée sur ses études afin de subvenir aux besoins de sa mère célibataire, Mara mène une vie sociale limitée jusqu’à ce qu’elle se lie d’amitié avec Ruben à l’université. Ils deviennent inséparables, fréquentant la même Église et servant ensemble. Pourtant, malgré ce lien fort avec Ruben, Mara se sent soudainement attirée par un autre membre de leur groupe d’Église, le “très beau Réï “, laissant entrevoir une nouvelle intrigue amoureuse et une attirance inattendue.

Genre :
Romance
Auteur :
Salem Adar
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapter 1 - Maranatha Ithay

“Le goumin”. Était-ce vraiment un goumin, comme on le dirait dans le slang de ma ville natale ? Ce terme qui décrivait l’état d’un cœur brisé après une rupture sentimentale. De mon côté, c’était plus qu’un simple goumin : “un goumin silencieux”, un one-sided love plus précisément, du style : je t’aime, tu ne m’aimes pas en retour ; je ne te dis pas que je t’aime, et je souffre du fait que tu ne m’aimes pas en retour, etc. Bref, tout un schéma.

C’était donc dans cette promenade sans retour que mon cœur, tout fraîchement livré sur le marché des cœurs à conquérir, se lançait. En fin de compte, il l’avait bien cherché, ne se contentant plus de remplir sa fonction première; celle de pomper le sang mais s’autorisant d’autres excursions, çà et là.

Maranatha est mon prénom ; Mara, pour faire plus court. Sur l’échelle de mes vingt-deux années d’existence, ma toute première expérience amoureuse fut une grande déception. Étudiante en deuxième année de Marketing Digital à l’Université d’Ikra, ma vie ne se résumait qu’à étudier encore et encore. Ma mère, très présente dans ma vie et qui l’est encore aujourd’hui est une femme battante qui m’a élevée toute seule.

Mon père, quant à lui, était « allé chercher du lait à la supérette » et n’était jamais rentré après ça. La grosse blague. Le manque de figure paternelle ne se faisait pas vraiment sentir, car maman remplissait les deux rôles, et elle le faisait très bien.

C’est pourquoi je travaillais dur et ne me concentrais sur rien d’autre que les études, afin d’être diplômée, obtenir un bon travail dans une grande entreprise, et gagner un bon salaire pour qu’elle ne manque de rien comme elle l’avait toujours fait pour moi, depuis que mon géniteur nous avait abandonnées. Ruben dit que je suis un peu naïve de penser que je serai embauchée à un poste élevé dans une grande entreprise tout juste après l’université, mais j’y croyais. Un peu de foi ne ferait de mal à personne, n’est-ce pas ? Même qu’il est écrit : « Tout est possible à celui qui croit », et j’y croyais fermement. Je me donnais donc à fond pour, un jour, mettre maman et moi à l’abri du besoin.

Ruben était mon meilleur ami, le seul homme dans ma vie. À part lui, je ne fréquentais aucun autre homme. Je l’appelais même l’homme de ma jeunesse. On s’était rencontrés pour la première fois à l’Université d’Ikra, et ça avait tout de suite accroché. Le courant était passé. Il m’avait aidée avec les démarches pour mon inscription, mon aménagement, mon intégration… tout ce que je devais savoir en tant qu’étudiante et nouvelle arrivante à Ikra. Je m’adaptais petit à petit à cette nouvelle vie grâce à lui. Depuis, nous sommes inséparables — best friends forever.

En plus d’étudier ensemble, Ruben et moi bien qu’étant dans des spécialités différentes fréquentions la même assemblée, du nom de Kahal : une Église anglo-française, non loin de chez lui. Nous servions ensemble au service d’accueil de Kahal. Les sermons y étaient tantôt en anglais traduits en français, tantôt en français traduits en anglais, et vice-versa.

À plus de trois mille kilomètres de ma ville natale et loin de maman, je me sentais très seule. Je n’avais ni amis, ni connaissances, personne à qui parler — jusqu’à ce que je rencontre Ruben et les membres de Kahal. Nous n’étions pas très nombreux dans notre département : il y avait Esther, notre sous-responsable, Macaa, Eliab, Tabitha, Josias, le très respecté Ruben — respecté de tous sauf de moi, moi-même, et le très beau Réï.

Tout allait bien. Nous menions une existence tranquille, entre études et service à l’Église…Jusqu’à ce que je me mette à contempler un veau d’or. Et quand je m’en suis rendu compte, il était déjà trop tard.