l'amour pour thérapie

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Résumé

💖 l'amour pour thérapie💖 Alexandra avait tout pour être heureuse, jusqu’à ce que son compagnon décide brutalement de l’abandonner, la laissant seule avec leur bébé tout juste né. Blessée et méfiante, elle s'efforce de reconstruire sa vie tout en évitant soigneusement de retomber dans les pièges de l’amour. Gabriel, médecin et capitaine chez les pompiers, porte lui aussi une blessure invisible : la perte tragique de sa fiancée enceinte. Derrière son apparente assurance se cache un homme brisé, décidé à ne plus jamais s’attacher pour ne plus jamais souffrir. Quand le destin les réunit lors d’une soirée où Gabriel porte secours à Alexandra, ils ne se doutent pas que cette rencontre bouleversera leur vie. Entre quiproquos, attirance irrésistible, et blessures enfouies, ces deux cœurs brisés parviendront-ils à s’offrir une seconde chance ? Et si la plus belle thérapie contre la douleur était tout simplement… l’amour ?

Genre :
Romance
Auteur :
B - beletbeau
Statut :
Terminé
Chapitres :
24
Rating
4.8 8 avis
Classification par âge :
18+
Ceci est un extrait

Rupture

1- Rupture :

Thierry me lance un dernier regard et saisit son sac.

—Puisque tu veux une réponse, une décision. Eh bien, la voici : c’est fini ! J’ai besoin de reprendre ma liberté ! Je ne suis pas du bois dont on fait les pères… Tu aurais dû m’écouter, quand je te l’ai dit. L’appartement m’appartient, donc je te demande de partir dans les prochains jours. Je ne rentrerai que lorsque tu auras déménagé.

Les larmes affluent à mes yeux, mais mes joues restent sèches. Il va rejoindre cette fille, sa maîtresse. J’ai senti son odeur sur ses habits, j’ai intercepté ses SMS sur son smartphone. J’ai même observé sa voiture garée en bas de l’immeuble lorsqu’il inventait une raison pour sortir le soir. Soi-disant avec ses amis, et elle venait le chercher. Cela fait deux mois déjà que l’ombre de cette fille plane sur notre relation. Des mois que je tente de le ramener vers moi, vers Raphaëlle. En vain.

Quand la porte se referme sur lui, je n’ai même plus de larmes. J’en ai tellement versé durant ma grossesse et depuis la naissance de notre fille que la source semble tarie. Voilà près d’un an que mon couple bat de l’aile. Je pensais que, quand notre fille serait née, cela s’arrangerait, mais les choses n’ont fait qu’empirer. Depuis l’annonce de ma grossesse, Thierry n’est plus le même. Il n’a jamais souhaité devenir père, estimant à 27 ans avoir encore quelques belles années avant de songer à cette éventualité.

Cette grossesse nous a pris par surprise, alors que je prenais une contraception. Mais un traitement antibiotique a annulé l’effet de ma pilule. Le délai légal pour l’interruption volontaire de grossesse était dépassé, lorsque je m’en suis rendu compte. Honnêtement, même si cela n’avait pas été le cas, j’aurais été incapable de mettre fin à cette grossesse. Nous avions tout pour accueillir ce bébé : un spacieux appartement, un travail satisfaisant, des économies, et une relation que je pensais inébranlable.

Et puis, à 27 ans, l’horloge biologique tourne, et il est temps de songer à la maternité, surtout quand le bébé est déjà en route et qu’on se découvre enceinte de près de trois mois.

Thierry et moi nous connaissons depuis le lycée, notre histoire a commencé comme bien d’autres. Un premier amour à l’aube de nos seize ans, les émois que l’on découvrait ensemble, une passion amoureuse qui a brûlé quelques belles années. Puis nous nous sommes mis en couple. Et c’est là que nos différences nous ont rattrapés.

Lui, le fêtard faisant passer les potes avant tout le reste. Et moi, la sentimentale avide de tendresse accrochée à lui comme un koala à sa branche d’eucalyptus. Souvent frustrée par ses manques d’attention et son égoïsme, mais toujours prête néanmoins à faire les concessions nécessaires au maintien de notre entente.

C’est la raison pour laquelle, je pense, nous avions jusqu’ici réussi à maintenir notre relation à flot. Malgré nos querelles de plus en plus fréquentes, je finissais toujours par céder à ses moindres volontés.

Mais cette grossesse non désirée a brisé cet équilibre fragile. J’étais en droit d’attendre moi aussi des concessions de sa part. Mais il n’en a fait aucune, ce fut bientôt une accumulation de rancœurs et de déceptions.

Lui, m’accusant de l’avoir piégé avec une grossesse non désirée. Refusant de s’investir dans cette nouvelle vie que nous avons créée à deux. Fuyant ses responsabilités en sortant de plus en plus avec les amis, en allant aux concerts, aux discothèques, sans moi. Me privant de relation physique et de tendresse, sous prétexte que mon gros ventre le rebutait et lui coupait tout désir.

Quand j’ai accouché il y a deux mois par césarienne, j’ai espéré qu’il allait se ressaisir, qu’il allait s’attendrir devant notre petite Raphaëlle.

Mais c’est le contraire qui est arrivé. Quand notre petite fille est née, il n’était pas là. Il est arrivé le lendemain. En visiteur, si vous voyez ce que je veux dire. Les mains dans les poches, un air de touriste. Pas une émotion sur le visage en voyant notre petite princesse. Il refusait de la prendre dans ses bras, arguant qu’il avait peur de la « casser ». Là, j’ai senti que je l’avais perdu. Qu’il n’assumerait pas cette paternité. Mais je me suis accrochée, j’ai fait preuve de patience.

Il semble que les hommes n’ont pas tous de l’intérêt pour les nouveau-nés. Mon père, par exemple, était très réservé à ma naissance. Ma mère m’a relaté que la première fois qu’il m’a vue, il a dit que j’avais une tête de « petite vieille » : pas de cheveux, pas de dents, le visage fripé. Néanmoins, passé quelques mois, mon père est devenu fou de sa petite fille. J’ai passé une enfance merveilleuse à ses côtés. Il n’y avait rien de trop beau pour sa petite Alexandra.

Pour Thierry, le miracle ne s’est malheureusement pas produit, comme vous l’avez probablement deviné. Le fossé entre nous a continué à se creuser. Il ne s’est pas plus intéressé à cette nouvelle vie qu’à ma grossesse. Il a refusé de faire la démarche de la reconnaître à la mairie. Il m’a laissée seule à assumer les nuits blanches et les biberons, devenant indifférent, pour ne pas dire imperméable, à nos besoins et à notre existence. Il a continué à sortir le soir, à ne pas rentrer la nuit. Revenant au petit matin avec l’odeur d’une autre sur le corps.

Jusqu’à ce que, à bout de douleur, je lui dise d’assumer ou sans quoi, je partirai ! Je crois que c’est ce qu’il espérait que je lui dirais. Il en a profité pour se laver les mains de notre sort et a déguerpi sans demander son reste en me donnant que quelques jours pour débarrasser mes affaires.

En lui faisant cet ultimatum, c’est une tout autre réaction que j’attendais. J’étais convaincue qu’il réagirait dignement ! Qu’il prendrait enfin ses responsabilités, même au minimum. Son départ précipité me fait penser à un traquenard. Il m’a poussée à bout jusqu’à ce que je le menace, moi-même de rompre.

Dans le calme de l’appartement, je me sens effondrée.Je vais devoir partir au plus vite, d’ici, le logement est un héritage familial de Thierry, Je n’ai aucun droit d’y rester... Dans l’immédiat, mon unique solution est de retourner chez mes parents avec ma fille. Une solution provisoire en attendant mieux. Car bien sûr, ma priorité va être d’avoir mon propre logement avec mon bébé.

Mon cœur se serre et je repense à tous ces moments partagés à deux. Onze ans de relation, ce n’est pas rien. L’amour passionnel des premières années, puis les conflits et le fossé qui se creuse. Pourquoi je me suis accrochée, pourquoi je n’ai pas vu ce qui se dessinait ?

J’étais convaincue d’une fin heureuse, convaincue qu’il se ressaisirait à la naissance. Qu’il tomberait amoureux de la chair de sa chair. Au lieu de cela, c’est le moment où il s’est détourné tout à fait. Le moment du coup fatal, où il a pris une maîtresse.

Les cris du bébé, les nuits presque blanches. La cicatrice de ma césarienne, mes kilos superflus sur les hanches et mon ventre relâché ont eu raison de ce qui restait de notre relation.

Il me laisse comme un jouet usagé, dont il se serait lassé. Abandonnée et brisée de l’intérieur. Je n’ai pas appris à vivre sans lui, jusqu’ici ! Thierry était ma moitié, et j’ai beau me dire que je n’étais sûrement pas la sienne, (vu de la manière dont il m’a traitée). Cela n’enlève rien à mon chagrin.

Même s’il s’est conduit comme le dernier des salauds. Je n’ai pas suffisamment de recul encore pour me dire que je mérite mieux que ce qu’il m’a fait !

Je quitte l’appartement une heure après son départ, ma mère que j’ai prévenue par un SMS bref, passe me chercher en voiture. On prend déjà tout le nécessaire pour Raphaëlle.

Les jours suivant, mon père m’aide à emporter mes quelques meubles, et à metttre mes affaires personnelles dans des cartons, qui atterriront dans son garage. Ma vie est un tourbillon de tristesse et de fatigue. J’essaie de me réconcilier avec cette nouvelle réalité et de préparer mentalement mon avenir sans Thierry. Ma priorité est de quitter cet appartement ou nous avons passé cinq ans de vie commune ensemble. Lui rendre ses clés et ne plus regarder en arrière.

Nous échangeons longuement au sujet de la situation. Mon père souhaite intervenir auprès de Thierry, mais je le dissuade. Il n’y a rien à sauver, plus rien à espérer, je ne peux plus compter que sur moi-même pour élever Raphaëlle. Mes parents seront là pour la garder, et je vais reprendre le travail.

Je suis secrétaire médicale pour un vieux médecin généraliste, le docteur Mickaël Costa. Un homme adorable chez qui je travaille, depuis l’obtention de mon diplôme. Ce dernier a légèrement dépassé l’âge du départ à la retraite, mais il n’arrive pas à décrocher. Il attend que son fils ait lui-même obtenu son diplôme de médecine, pour reprendre sa clientèle. Alors il profitera de sa retraite, bien méritée.

J’ai été absente quatre mois et demi, entre mon congé prénatal et le congé de maternité, il sera bientôt temps de reprendre mon activité salariée.

Je passe les quelques jours suivants à tenter de m’organiser dans ma chambre d’adolescente, tandis que mon père et ma mère s’occupent de la dernière partie du déménagement. Les cartons sont maintenant empilés dans le garage, et le salon retrouve peu à peu son apparence normale. Mais la chambre est toujours étriquée, et assurément, Raphaëlle aura besoin d’un espace plus adapté.

Le lendemain, mon frère Julien et ma meilleure amie Adeline arrivent pour m’aider à aménager l’ancienne chambre de Julien, qui est maintenant libre depuis qu’il a pris son indépendance.

Julien est plus jeune que moi de deux ans. Il a les cheveux bruns ébouriffés, et ses yeux ont cette lueur vive qui trahit toujours une certaine impatience. Adeline, elle, est une véritable boule d’énergie. Ses cheveux blonds bouclés tombent en cascade autour de son visage, et elle a toujours ce sourire rassurant. C’est elle qui, avant même que je ne demande de l’aide, a insisté pour venir me soutenir dans ce moment difficile.

— On va y arriver, Alexandra, dit Adeline en pénétrant dans la chambre avec un large sourire. On a des bras et du cœur, c’est tout ce qu’il nous faut.

— Merci à vous deux, réponds-je avec une gratitude sincère. Vous n’avez pas idée combien ça m’aide de ne pas être seule.

Julien, en regardant autour de lui, remarque le chaos apparent.

— Bon, alors, par quoi on commence ? On a le lit à barreaux, la table à langer, et toutes les affaires de bébé à ranger.

Adeline attrape le manuel d’instructions pour le lit à barreaux, et commence à le feuilleter.

— Ça a l’air compliqué, mais rien que de le voir, ça me rappelle que c’est pour Raphaëlle. Alors, on va y arriver.

Julien, plus pragmatique, se penche sur la commode encore présente dans la chambre.

— Alex, toi tu ranges le linge de ta fille dans la commode. Addie et moi on va se charger de ce lit

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