Le Papa d'à Côté (Une romance avec un père célibataire et une différence d'âge)

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Résumé

Lassée de la vie citadine, Lena cherche un nouveau départ dans la petite ville rurale de Cedar Chutes. Espérant échapper aux fantômes de son passé, elle achète une maison presque condamnée, rêvant de la reconstruire en même temps qu'elle se reconstruit elle-même. Elle découvre bientôt que son charmant voisin, Aden—un père célibataire d'âge mûr au sourire ravageur—pourrait lui faire regretter sa décision. Avec ses yeux chaleureux et son allure virile, Aden réveille en Lena des sentiments qu'elle croyait avoir enfouis aussi profondément que son père défunt. Mais il a vingt ans de plus qu'elle, et elle est déterminée à garder ses distances, sachant que sa vie est déjà un chaos sans qu'un père célibataire dangereusement séduisant ne vienne s'y ajouter. Pourtant, ils peinent à ignorer la tension grandissante entre eux. Aden lutte avec sa propre conscience, douloureusement conscient de son jeune âge, tandis que Lena s'efforce de lui cacher sa vie secrète de strip-teaseuse—quelque chose qui pourrait ruiner leur relation avant même qu'elle n'ait la chance de commencer. Alors que leurs mondes différents entrent en collision et que les secrets menacent de faire surface, Lena se retrouve au bord de perdre Aden et sa chance de prendre un nouveau départ avant même d'avoir vraiment commencé.

Genre :
Romance
Auteur :
Nina Ramseyer
Statut :
Terminé
Chapitres :
40
Rating
4.9 26 avis
Classification par âge :
18+

UN

Merci d'être passée !

Je tenais à signaler que cette histoire aborde des thèmes qui pourraient heurter la sensibilité de certains lecteurs. Le récit mentionne le décès d'un parent, le suicide et la perte d'un conjoint. Ces sujets sont abordés brièvement, sans trop de détails, mais je préférais vous prévenir.

Si cela vous met mal à l'aise, n'hésitez pas à arrêter votre lecture ici.

Sur ce, découvrez l'histoire de Lena et Aden !



POINT DE VUE : ADEN

Je frappe vivement à la porte tout en jetant un coup d'œil à la pelouse en friche. Je hausse un sourcil en voyant un nain de jardin coiffé d'un chapeau de soleil, une bouée rose autour du ventre, serrant une margarita avec une petite ombrelle. Je reporte mon regard sur la porte. Ma patience s'effrite alors que des gouttes de sueur coulent dans mon dos.

Après un long moment, je cogne à nouveau plus fort, poussé par l'agacement.

Enfin, la porte s'entrouvre à peine. Une voix de femme tranchante lance : « Doux Jésus ! Je sors tout juste de la douche. Donnez-moi une foutue seconde ! »

Elle claque la porte si fort que la pancarte accrochée au battant, qui dit « Ne frappez pas sans mandat », se retrouve de travers. Je fixe la porte, les sourcils froncés de confusion.

Quelques minutes plus tard, elle l'ouvre à nouveau. Je découvre une brune fluette à la peau olive parsemée de taches de rousseur. Ses yeux verts me fusillent avec agacement. Je ne m'attendais pas à voir quelqu'un comme elle ici. Vu la voiture garée devant, je n'avais aucune idée de qui pouvait bien avoir emménagé à côté.

Ses cheveux trempés gouttent au sol, formant une petite flaque à ses pieds. Elle porte un t-shirt géant d'un groupe de métal des années 80. Il lui arrive presque aux genoux, cachant tout ce qu'elle porte dessous.

« Qu'est-ce que vous voulez ? » demande-t-elle, le ton irrité. Je me demande si elle porte un short, une culotte ou rien du tout sous son t-shirt, ce qui manque de me faire oublier la raison de ma venue.

« Votre voiture. » Je me racle la gorge et pointe du pouce son vieux tacot rouillé, équipé d'une roue de secours galette. « Elle bloque mon entrée. »

Elle se penche prudemment, l'air sceptique. Une forte odeur de vanille m'arrive au nez, m'obligeant à reculer d'un pas.

« Elle est où, votre foutue entrée ? Ah... » Elle s'interrompt. Sa moue s'accentue en voyant les traces de pneus dans l'herbe à côté de ma maison, là où je gare d'habitude mon pick-up. Mon véhicule tourne au ralenti dans la rue, mais c'est sans importance ; il n'y a presque pas de passage ici. À l'arrière, j'aperçois mon fils attaché dans son rehausseur, qui nous observe avec curiosité.

« Je vais chercher mes clés », bougonne-t-elle en faisant demi-tour. Je ne peux m'empêcher de jeter un œil chez elle. C'est assez bien rangé, mais le parquet est rayé et il manque des lattes. Son escalier semble prêt à s'effondrer au moindre faux pas. Les murs portent encore les traces des anciens propriétaires qui ont dû fumer à l'intérieur pendant des années.

Elle a dû emménager il y a seulement deux semaines. Je ne l'ai jamais vue en journée, même si j'entends sa voiture en pleine nuit à cause de ses plaquettes de frein en fin de vie. Entre la déco de jardin et le panneau sur la porte, j'imaginais un vieux grincheux ou un gamin de dix-huit ans, pas une fille d'une vingtaine d'années qui semble débarquer d'une grande ville.

La jeune femme réapparaît, le menton haut, clés en main, et me frôle pour sortir. Alors qu'elle se dirige vers son vieux tas de boue, le t-shirt moule ses légères courbes. Je dois détourner le regard pour ne pas passer pour un pervers. Elle monte en voiture et je grimace en entendant le moteur brouter. Elle recule, révélant qu'un de ses feux arrière est grillé.

Bordel.

C'est qui cette fille, et d'où elle sort ?

Elle a l'air de chercher encore sa voie. Je me rappelle cette époque — même si elle me semble loin — les décisions irréfléchies, le fait de se foutre de l'état de sa caisse tant qu'elle roule, et cette attitude provocante.

Et du caractère, elle en a pour toute une équipe de pom-pom girls, c'est certain.

Une fois qu'elle a dégagé mon entrée, elle saute de sa voiture et retourne vers sa maison. Je suis resté planté sur le porche.

« Merci », je grogne en la regardant. Elle ralentit et me jette un regard curieux qui commence par mes bottes, remonte sur mon jean taché de graisse et ma chemise de mécanicien bleue tout aussi sale, avant de finir sur mon visage. Je crois un instant qu'elle va dire quelque chose, mais elle me frôle à nouveau, évitant tout contact physique comme si j'avais la peste.

Je décide de prendre l'initiative. « C'est quoi, votre nom ? Je ne vous ai pas beaucoup vu— »

Vlan !

La porte se referme brusquement entre nous, mettant fin à la discussion. Je la fixe, les sourcils froncés.

« Bon, je vais aller me faire foutre, alors », je marmonne pour moi-même. Je ne suis pas du genre à sympathiser avec mes voisins, vu que je n'en ai pas eu depuis des années. Je ne sais même pas comment on fait, mais ce serait bien de connaître son nom, au cas où je recevrais son courrier par erreur.

Je fais demi-tour et descends ses marches grinçantes. J'ai failli passer à travers. Je sais que je suis un beau bébé de deux mètres et cent quinze kilos, mais d'habitude, les escaliers ne me font pas craindre pour mes chevilles.

Son terrain est à l'abandon depuis des années et c'est une horreur à voir. J'avais l'habitude de tondre sa pelouse en même temps que la mienne, mais ça me semble trop intrusif maintenant qu'elle est là. J'essaierai peut-être de le faire plus tard, quand le soleil tapera moins. Qui sait, elle appréciera peut-être le geste. C'est ce que font les voisins, non ?

Je rejoins mon pick-up et grimpe à bord. Je croise le regard bleu azur de mon fils dans le rétro.

« C'est notre nouvelle voisine ? » demande Kellin de sa petite voix. J'acquiesce.

« C'est quoi son nom ? »

« Sûrement "Grincheuse", vu son humeur », je réponds en lui faisant une grimace dans le miroir, ce qui le fait rire. Je passe la première et me gare dans mon allée de fortune, faite d'herbe grillée par mes pneus après des années de stationnement sur la pelouse.

Le bétonnage attendra que l'atelier de réparation que je tiens avec mon frère marche mieux. Même si l'avenir du garage est incertain, j'espère que l'argent de l'assurance-vie n'a pas été gaspillé quand j'ai racheté ce local abandonné. J'ai embauché mon frère, qui a un diplôme en gestion, pour en faire une affaire rentable. Chaque jour, le rêve semble s'éloigner un peu, mais j'ai trop investi pour abandonner maintenant.

Je saute du pick-up et claque la porte. Je file aider Kellin à descendre. Je devrais installer un marchepied ; il a peur de sauter et de se faire mal aux chevilles, même s'il grandit à vue d'œil.

Il s'accroche à mes épaules pendant que je le pose au sol. Il serre contre lui son petit verre de jus de fruits du fast-food où on s'est arrêtés en rentrant de l'école.

« Je n'ai pas de devoirs ce week-end, juste pour que tu saches », annonce-t-il avec un grand sourire en montant les marches. Ses longues boucles blondes lui frôlent les épaules. Ma mère me dispute tout le temps parce que je ne lui coupe pas les cheveux, mais chaque petit détail qui me rappelle sa mère — ma défunte femme — m'est précieux.

« Tant mieux, ça veut dire que tu pourras m'aider pour les corvées. » Cela me vaut un long soupir dramatique. Je ne peux m'empêcher de sourire alors qu'il pousse la porte. Il lâche son sac, qui fait la moitié de sa taille, dans l'entrée et file à la cuisine pour son goûter préféré : un sandwich beurre de cacahuète et confiture. J'enlève vite mon chapeau, je le pends au crochet, et je ramasse son sac. Je n'ai même pas la force de lui faire un sermon là-dessus après la journée que j'ai passée.

Je lui crie : « Je vais bientôt tondre, alors commence à ranger ta chambre. »

« Je peux pas faire ça plus tard ? » Il passe la tête dans l'encadrement de la porte, de la confiture plein la bouche, le visage décomposé.

« Maintenant, c'est mieux. Finis ton goûter, puis ramasse tous tes Legos. »

Il râle encore. Je l'ignore et monte dans ma chambre. Je ferme la porte, je me déshabille et je jette mes fringues dans le panier à linge. Je fouille dans mes tiroirs pour trouver un vieux t-shirt et un short. J'enfile ça avec des chaussettes trouées, je chausse mes baskets de jardinage et je redescends.

En arrivant en bas, j'entends le bruit caractéristique des Legos qu'on jette dans un bac. Je rigole doucement. Il en a des centaines et, le connaissant, ils sont éparpillés partout. Il en a pour une heure au moins, surtout s'il s'arrête en chemin pour construire une gare.

Je vais au garage et j'appuie sur le bouton pour ouvrir la porte. Dès que le rideau de fer se lève, je me glisse dessous. Le soleil descend sur l'horizon. Je devrais attendre un peu, mais après une semaine enfermé au garage, j'ai besoin de soleil avant que la pluie n'arrive.

Ce mois de mai bat des records de chaleur et tout le monde en profite. Les gens sortent pour essayer de s'occuper dans ce bled où il n'y a pas grand-chose à faire.

D'ailleurs, j'ai même prévu un camping avec Kellin à Cedar Falls dans deux semaines, puisque cette chaleur va durer.

Je chope un chiffon sur mon établi, je le jette sur mon épaule pour la sueur et je pousse la tondeuse sur l'herbe. Je tire sur le lanceur plusieurs fois jusqu'à ce que le moteur rugisse. Je prends mon rythme, traçant des lignes parfaites en contournant les arbres. Une fois ma pelouse finie, je regarde chez la voisine. Je commence à tondre chez elle. En arrivant près du nain de jardin, je sens un agacement monter en voyant les mauvaises herbes qui l'entourent. J'hésite : est-ce que je touche à ses affaires ? Je suis déjà en train de faire son jardin, ça ne peut pas faire de mal.

Je me penche pour attraper le nain quand soudain, une voix couvre le bruit de la machine.

« Hé ! Oh, vous là-bas ! »

Je me redresse et plisse les yeux contre le soleil. Elle est sur son porche, les joues roses et les mains sur les hanches. Elle a troqué son t-shirt contre un pantalon de yoga noir serré et un soutien-gorge de sport rose vif. Ses ondulations chocolat tombent sur ses épaules, sa frange encadrant son visage superbe. Le tissu de son haut moule fermement sa poitrine. J'avale ma salive, j'éteins la tondeuse et j'essuie la sueur de mon front avant de remettre mon chapeau.

« Oui ? » je lance après un court silence.

« Qu'est-ce que vous croyez faire ? » Elle descend les marches d'un pas rageur, ce qui fait bondir ses... atouts. Je détourne les yeux alors qu'elle approche, me faisant la morale intérieurement ; elle pourrait être ma fille, bon sang.

« Je suis juste un bon voisin. C'est nouveau pour vous ? » je rétorque, essayant d'avoir l'air détaché. Elle est — je dois l'avouer — adorablement irritée avec son menton pointé vers le haut et ses lèvres roses qui font la moue. « Vous ne semblez pas connaître la galanterie entre voisins. Ma pelouse en avait besoin, et j'ai vu que la vôtre aussi. »

« Reposez-le. » Elle pointe le nain, qui sourit toujours bêtement au ciel.

Ok, toucher à ses affaires, c'est non. Compris. Je fixe le nain en fronçant les sourcils. « Je le remettrai quand j'aurai fini. Je ne vais pas laisser une touffe d'herbe derrière moi, ça m'empêcherait de dormir. »

Elle me fixe, le regard vert enflammé.

Pourquoi elle s'excite comme ça ?

Et surtout, pourquoi est-ce que ça me plaît autant de la voir ainsi ?

« Vous croyez que je suis incapable de tondre ma pelouse ? » Elle me pointe du doigt sur le torse. Je regarde son doigt, je souris légèrement, puis je replonge mes yeux dans les siens.

« Je n'ai jamais dit ça. J'ai juste pensé que vous n'aviez peut-être pas de tondeuse. » Je hausse les épaules, comme si ce n'était rien.

« Je n'en ai pas », avoue-t-elle. Son regard glisse sur mon torse, qui se soulève à cause de l'effort et de la chaleur. Ses narines frémissent. Je hausse un sourcil en voyant ses yeux s'attarder sur mes épaules et mes bras.

« Papa ! » hurle Kellin depuis la fenêtre du salon, nous ramenant brutalement à la réalité.

Ma voisine grincheuse regarde alternativement la fenêtre et moi, l'air intrigué.

« Quoi ? » je réponds sans la lâcher du regard.

« J'ai bouché les toilettes ! »

Je l'entends retenir un rire. Je sens mes joues chauffer. Je ferme les yeux une seconde, espérant que la terre s'ouvre sous mes pieds.

« Je vous promets que c'est la dernière fois, d'accord ? Laissez-moi finir pour que je puisse dormir tranquille. »

« Quoi, une pelouse à moitié tondue va vous hanter ? »

« Plus que vous ne croyez. » Je ris un peu. J'en profite pour lui tendre la main. « Je m'appelle Aden. »

Elle fixe ma main un instant, méfiante, en se mordant la lèvre inférieure.

« Helena », finit-elle par dire en mettant sa main dans la mienne. Sa peau est si douce malgré les petites callosités dans sa paume. « Mais appelez-moi Lena. »

« Lena », je répète. « Ravi de vous rencontrer. Officiellement, cette fois. » Je ris, repensant à la porte qu'elle m'a claquée au nez tout à l'heure.

Elle hoche la tête, mais regarde soudain n'importe où sauf moi. « Je crois que votre fils a besoin de vos services. »

C'est vrai, j'avais presque oublié.

C'est facile de perdre le fil quand ses yeux émeraude captent la lumière du soleil.

« J'aurai fini en un rien de temps, après je vous laisse tranquille. Vous pourrez m'emprunter la tondeuse si vous voulez le faire vous-même. »

« Non, c'est bon. Vous avez l'air plus... enfin, on dirait que vous ferez ça mieux que moi. » Elle s'embrouille, les joues rouges. Je réprime un rire en toussant. Elle bafouille ensuite, comme si elle voulait trop se justifier : « Je n'ai jamais tondu de ma vie, je ne saurais même pas par où commencer. Comment on fait marcher ce truc ? » Elle pince les lèvres et fait tourner nerveusement sa bague. « Vous n'avez qu'à continuer à le faire. Merci. » Ses yeux fuient les miens et j'acquiesce.

« Ça marche, Helena. » Elle relève les yeux d'un coup vers moi. Son air choqué me fait presque douter d'avoir dit une bêtise. Je fais un signe de tête et recule avant de retourner vers chez moi. Je me retourne une dernière fois pour la voir me regarder. Une goutte de sueur coule entre ses seins... un endroit que j'aimerais bien explorer, au diable mes principes.