MARQUÉ MALGRÉ ELLE.

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Résumé

Elle croyait fuir un roi… mais c’est un Alpha qui détient désormais son destin. *** Dans un monde où les meutes disparaissent sous la main d’un roi sorcier, Bris n’a d’autre choix que de fuir, trahie par les siens et marquée par un destin qu’elle ne comprend pas. Recueillie par des loups étrangers, elle croit avoir trouvé un refuge… jusqu’à ce qu’un lien interdit la rattache à leur Alpha. Désormais prisonnière d’un sceau invisible, Bris devra affronter les secrets, les jalousies et les ombres d’un pouvoir qui la dépasse. Car sa marque n’est peut-être pas une malédiction… mais la clé d’un avenir que nul n’avait prévu.

Genre :
Fantasy/Romance
Auteur :
Laplumedupaon
Statut :
En cours
Chapitres :
17
Rating
5.0 4 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

Les premiers rayons du soleil traversaient la canopée comme des lances d'or, éclaboussant la rosée en myriades d'éclats mouvants, pareils à des diamants liquides suspendus entre les fougères. Bris, jeune louve au pelage flamboyant, sentait chaque muscle vibrer sous l'effort tandis qu'elle bondissait entre les troncs noueux des chênes séculaires. Son souffle court s'accordait au martèlement de ses pattes, et sa fourrure rousse se confondait avec les feuillages d'automne, telle une flamme ardente ondulant dans l'ombre fraîche des sous-bois.

Derrière elle, les battements de cœur précipités d'Aron et Sethis résonnaient comme des tambours de guerre, mêlés au crissement de leurs griffes labourant l'humus humide. Les jumeaux, deux silhouettes massives au pelage argenté, peinaient à suivre son allure effrénée ; leurs yeux d'un bleu d'acier lançaient des éclairs de défi, mais leurs flancs haletaient déjà.

— Allez, les vieux ! lança Bris, ses babines retroussées en un sourire effronté.

Un grondement rageur — celui de Sethis, toujours prompt à s'emporter — roula dans l'air humide.

— Tu triches, Bris ! Tu connais ces bois par cœur !

Un éclat de rire sauvage lui échappa, clair et mordant comme le cri d'un faucon. Elle déploya toute la force de ses pattes dans une accélération brutale. La terre meuble s'ouvrait sous ses griffes, projetant derrière elle des éclats de mousse et de feuilles mortes. D'un bond puissant, elle franchit une souche drapée de lichen bleuté, frôlant de ses griffes l'écorce pourpre d'un érable sanglant.

Puis, d'un coup, la forêt se déchira. Bris surgit sur la corniche sacrée — ce lieu où les arbres s'arrêtaient net, laissant place à l'infini. Sous ses pattes, la pierre encore tiède du soleil exhalait une odeur minérale et rassurante. En contrebas, un lac d'un bleu irréel s'étendait, enchâssé dans des falaises ocres où planaient des aigles aux ailes d'ébène, leurs ombres effleurant les parois comme des présages.

Bris s'assit, la brise jouant dans sa crinière rousse. L'air vibrait d'effluves mêlés : sel marin, résine chauffée par la lumière, parfum sucré des myrtilles sauvages. Au loin, le cri plaintif d'un lagonide se mariait au clapotis discret des vagues s'engouffrant dans les grottes marines.

Aron et Sethis finirent par la rejoindre, haletants, la langue pendante.

— Tu... es... une... démon..., souffla Aron avant de s'écrouler dans l'herbe.

Bris ne répondit pas. Ses pupilles s'étaient rétrécies, fascinées par le vol lent de deux oiseaux-médecines aux plumes changeantes, que les anciens disaient porteurs des songes des dieux.

Quand leurs forces revinrent, le trio reprit sa course joyeuse vers le village. Ils s'élançaient dans les fourrés d'aubépine, ponctuant leur descente de jappements et de défis. Puis, à mesure que la fumée des foyers se mêlait au parfum des pins, leurs pas ralentirent, instinctivement accordés.

Le village s'étalait devant eux, tel un tissu brodé posé sur le velours vert de la prairie. Les chalets de mélèze, aux poutres larges et toits incurvés, diffusaient dans l'air une odeur chaude et résineuse. Des enfants-loups s'égayaient après des poules affolées, tandis que les anciens tiraient sur leurs longues pipes d'herbe-à-rêves, leurs yeux perdus dans une sagesse millénaire.

Un frisson parcourut leurs corps, déclenchant la métamorphose inverse. La fourrure se rétracta lentement, laissant place à la peau nue. Bris se redressa, secouant sa chevelure rousse où luisait encore une lueur sauvage. À ses côtés, les jumeaux s'étiraient, désormais deux jeunes hommes aux épaules larges, aux boucles blondes indisciplinées et aux yeux toujours empreints de l'éclat lupin.

Ils récupérèrent les vêtements dissimulés dans le creux d'un arbre et les enfilèrent en riant encore de leur course.

— À demain pour la revanche ? lança Sethis avec un coup d'épaule taquin.

Bris se contenta de hocher la tête, distraite par une odeur de poisson grillé et de sauce cameline qui flottait dans l'air. Ses narines se dilatèrent, un sourire effleurant ses lèvres, avant qu'elle ne prenne le sentier menant à sa demeure.

Le chalet familial trônait sur la hauteur, ses poutres gravées de runes protectrices luisant faiblement sous la lumière déclinante. Bris avançait pieds nus, ses pas épousant chaque aspérité du sentier de quartz rose.

Alors qu'elle approchait, des éclats de voix s'échappèrent d'une fenêtre entrouverte.

— La meute des Loups de feu et celle de l'éclipse ont été exterminées la nuit dernière... grondait la voix grave de son père.

Intriguée, Bris se glissa sur la pointe des pieds et se cacha derrière le rebord, tendant l'oreille.

— Mais c'est affreux ! Qui peut faire une chose pareille ? demanda un vieillard voûté, ses doigts crispés sur son bâton.

— D'après nos informations... le roi sorcier, répondit un autre, d'une voix tendue. Un mage noir, à la tête de plus de dix mille soldats.

— Que peut-il bien vouloir aux loups ? questionna sa mère, une femme aux cheveux de feu, dont les yeux verts semblable aux siennes brillaient d'une inquiétude douloureuse.

Son père soupira lourdement.

— Je n'en ai aucune idée... mais cela ne présage rien de bon.

Le chamane, un vieillard à la beau d'ébène et aux doigts fripés usé par les âges, fit tinter ses amulettes d'os.

— Les esprits murmurent qu'il cherche un objet... puissant. S'il le trouve, nous serons perdus.

Une voix rauque tonna alors, vibrante de colère :

— Nous devons agir vite. Si un tel être a pu réduire deux meutes entières en une seule nuit, qu'adviendra-t-il de la nôtre ?

Bris sentit un froid glacial lui traverser l'échine. La tranquillité de sa meute était désormais troublée.

Derrière elle, un craquement sec retentit. Elle se retourna — trop tard.

Dans la lumière tremblante, les yeux d'Ely, un jeune louveteau qu'elle affectionnait, la fixaient, écarquillés par la peur.

— Bris... c'est vrai ? On va tous mourir ?