Je vais bien

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Résumé

" je vais bien, je vais bien, je vais bien... " Ah ouais ? Alors pourquoi tu pleures dans la nuit ? Pourquoi tu caches tout ce que tu ressens derrière ton sourire ? Pourquoi tes bras portent les marques de ce que tu as vécu, hein pourquoi ? " Parce que je vais mal, mais je veux pas les embêter..." C'est vrai, t'as raison, personne ne peux comprendre.

Genre :
Drama
Auteur :
H1r0
Statut :
En cours
Chapitres :
2
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 stress

Mes mains et ma mâchoire commencent à trembler... Je ne connais que trop bien cette sensation. Je regarde ma montre 2h36, merde c'est pas cette nuit que je dormirai bien mais bon j'ai l'habitude à force. Comme a chaque fois, je descends de mon lit et m'assieds sur le carrelage froid de mon balcon. Quand je suis sûre que personne chez moi ne peut m'entendre, je fonds en larme. C'est étrange, mais je ne ressens plus rien, a part de la tristesse, de la fatigue et par dessus tout, du dégoût de moi même." Si seulement j'aurais pu ne jamais exister. Je sers a rien ici de toute façon." C'est ce que je me répète en boucle quand les larmes coulent. Mon bras gauche touche mon avant bras droit, il glisse tout doucement sur les cicatrices. La seule personne à qui je peux en vouloir, c'est moi et pas mon chat comme je le prétend si souvent.

Je connais ces nuits interminable passées dehors pour me calmer, mais celle ci est différente, elle est plus longue, elle est plus douloureuse mais c'est normal, demain c'est la rentrée . Je pense que mon cœur se souvient très bien de ce qui c'est passé l'année dernière. Et moi aussi, j'espère sincèrement ne plus refaire les mêmes erreurs. C'est a cause de ça que plus rien ne vas plus, avant je ne faisais pas semblant de sourire, je ne mettais pas autant de pulls pour cacher mes bras.

Je pose ma tête contre le mur et ferme les yeux, je les réouvre quelques secondes plus tard avec le chant d'un oiseau. Le soleil apparaît a peine au loin. Il est quelle heure d'ailleurs? 5h48 bon, il me reste une bonne heure avant que mes parents viennent me réveiller. Une heure avant de devoir faire semblant de sourire. Je devrais commencer a m'entraîner. Je me lève et vais chercher mon petit mirroir, je me rassieds dehors et prend une grande respiration, c'est bon je peux commencer. Premier sourire, pas top on dirait que je me suis prise une porte, le deuxième pas trop mal mais mes sourcils semblent dire " a l'aide ". Bon, c'est pas grave, de toute façon quand je me réveille je ne souris pas.

J'ai envie d'aller aux toilettes, mais je n'ai pas l'énergie suffisante. Enfin si, mais j'en ai très peu et je préfères la garder pour faire semblant que ça va. J'irais tout a l'heure.

Je regarde la ville endormie devant moi, c'est beau ce silence, c'est reposant, j'aime bien.

Peut être que je devrais choisir mes habits pour tout a l'heure, pour pas qu'on voit mes bras, mais bon en vrai ça sert a rien parce que les adultes de l'école, ils voient mais il font rien Mais ça me dérange pas plus que ça car c'est la douleur qui me prouve que je suis encore en vie, et aucune aide ne me sortira de là.

Je regarde ma montre, 10 minutes avant que mes parents arrivent, je devrais aller dans mon lit, mais je suis bien là contre ce mur sur ce carrelage, l'air frais chatouille mon visage et pour la première fois depuis très longtemps, je me sens bien . Un vrai sourire se dessine sur mon visage. J'ai l'impression d'être sur un nuage, comme si tout les problèmes s'étaient envolés. Des petites moustaches frôlent mes chevilles ce qui me ramène à la réalité, Murder mon chat passe a côté de moi avant de s'allonger un peu plus loin. Au fait, j'ai oublié de me présenter, je m'appelle Camila, plus communément appelée connasse. Tout a l'heure je rentre en 5e ça ne me ravit pas mais c'est pas comme si j'avais le choix.

J'entends la porte de ma chambre s'ouvrir en grand. Je passe les manches de mon pyjama sous mes yeux pour ne pas qu'on voit que j'ai pleuré et je me lève en prenant un air fatigué.

- Coucou papa . Je dis en baillant comme si je venais de sortir de mon lit.

- Coucou Camila, bien dormi ?

- Mouais, ça va . C'est faux j'ai dormi a peine 3 heures, je vais être fatiguée aujourd'hui, mais en vrai même quand je dors longtemps je suis toujours fatiguée le matin.

- Ça faisait longtemps que tu étais sur ton balcon? Mon père fronce les sourcils

- Non je voulais juste avoir un peu d'air j'avais chaud. Je m'efforce de sourire mais c'est pas très facile.

- Okay, tu viens prendre le petit déjeuner.

- J'arrive, je m'habille et je vais aux toilettes avant. Mon père hoche la tête et sort en fermant la porte derrière lui.

J'ai envie de pleurer, mais je ne peux pas, je dois me retenir, faut pas qu'ils sache que tout ne va pas bien. Donc j'inspire très fort en regardant le plafond et je ferme les yeux, quand la boule dans ma gorge s'estompe je les réouvre pour choisir mes habits. Un t-shirt manche courtes bleu marine, un jean large avec des grandes poches sur le côté et le plus important, un long pull violet à capuche. J'ai vraiment trop envie d'aller aux toilettes mais je peux attendre le temps de m'habiller quand même.

Quand j'ai fini de m'habiller, je vais vers la salle de bains, je croise le mirroir du couloir et en me regardant dedans je me répète " qu'est ce que je suis moche " je ne sais même pas si je le pense vraiment mais je sais que je me le dit souvent.

Après être allée aux toilettes, je vais a la cuisine, en voyant les céréales et les tartines, je me rends compte que je n'ai même pas faim.

- Tu veux manger quoi ma chérie ? Me demande ma mère

- J'ai pas très faim mais je veux bien une banane s'il te plaît .

- D'accord ma chérie, tu sais c'est pas grave d'être stressée pour la rentrée hein. Je souris, mais sans joie, être stressée, c'est ce que je suis littéralement 76h sur 24. Mais je répond juste

- Oui, j'ai peur de ne pas être dans la classe de mes amies. C'est vrai, parce que j'en ai peu et à cause de l'année dernière je ne vais plus faire confiance à personne. Ce serait long d'expliquer dans les moindres détails ce qui s'est passé mais pour résumer, j'ai rencontré une fille qui s'appelle Virginie, on était vraiment fusionnelles et a un moment elle a commencer à me harceler et a retourner toutes mes amies contre moi alors que j'avais rien fait, sauf qu'elle est allée faire la victime à la CPE et qu'elle l'a crue et quand j'ai essayé de me défendre avec des PREUVES, on m'a dit que je voulais juste retourner la situation. Maintenant, Virginie croit qu'on est redevenues amies ou je sais pas quoi mais moi je la déteste encore profondément pour non seulement s'être faite passée pour la victime mais pour encore aujourd'hui me reprocher des choses que je n'aurais jamais faites et pour ne pas reconnaître ce qu'elle a fait. Normalement cette année elle est en Espagne, NORMALEMENT mais je suis pas sûre. Bref, j'ai fini de manger ma banane je vais aller me brosser les dents et les cheveux.

Quand le dentifrice a la menthe coule dans ma gorge, j'ai l'impression que je vais m'endormir sur place, mais j'ai encore une journée entière à tenir, courage...

Et pourtant je sens que ce soir je n'arriverais pas à m'endormir. Et ça me fait profondément chier.

Je mets mon sac de cours sur mon dos et descends les escaliers jusqu'en bas, merde j'ai descendu un étage de trop je suis à la cave. Je remonte doucement, j'ai vraiment la flemme d'aller au collège. Bref, arrivée au rez de chaussée je sors dehors et j'avance vers la voiture, mon père et ma sœur attendent dedans, c'est con ma rentrée est à 10h mais j'ai quand même du me lever à 6h45 pour accompagner ma sœur à sa rentrée qui est à 8h. Elle rentre en cm1, je sais pas pourquoi je raconte ça parce qu'en vrai j'en ai rien à foutre.

- On démarre ? Demanda ma sœur

- On attend maman. Lui répond mon père.

Je jette mon sac à mes pieds et regarde par la fenêtre. Je ne vois pas grand chose dehors à part un platane et la route juste devant. Quand j'étais petite je jouais souvent dans cet arbre, je soupire. Quand tout allait encore bien dans ma vie.

- C'est bon, on peut y aller. Ma mère vient de s'installer dans la voiture et ma sœur trépigne sur son siège auto. Je comprends pas pourquoi elle est aussi enthousiaste. On commence a rouler et à mi-chemin je me rend compte que bordel il fait chaud sous mon pull ! Je suis dans la merde, mais si c'est que dans la voiture ça va, je n'ai plus qu'une dizaine de minutes à patienter.

- On est arrivés! Dit joyeusement mon père en garant la voiture. J'attrape mon sac par une bretelle et le traîne hors de la voiture.

Pendant que mes parents accompagnent ma sœur dans son école, je reste adossée au portail en fixant le vide. Au moins il faut moins chaud que dans la voiture ici.

Au bout de quelques minutes, mes parents sortent de l'école et me font signe de les suivre. En arrivant devant le collège, je m'avance vers le portail. Cet endroit où j'ai été harcelée, cet endroit où j'ai été agressée, cet endroit où j'ai été accusée à tort, ces toilettes où j'ai tant pleuré, ces couloirs où j'ai tant souffert, ces classes où je me suis tant mutilée, ouais je m'en souviens. En vrai je suis pessimiste, j'ai aussi eu des bons moments ici comme quand... Ouais nan j'en ai pas eu de bons moments ici, en tout cas pas des vrais. J'ai la boule au ventre devant cet endroit. C'est normal personne ne veut retourner en enfer, surtout quand l'enfer est jugé pédagogique par les adultes. A lala ils sont vraiment dans le déni. Je m'avance vers les listes de classes, putain j'en ai marre d'avoir raison! Cette pute de Virginie n'est pas en Espagne, elle est bien là et pire, dans ma classe. Bon, gardons de l'espoir, peut être que toutes mes amies sont dans ma classe? Je survole les noms. Arrivée à la fin de la liste, je sers les poings et pousse un long soupir, cette année va être vraiment chiante parce que je ne connais personne dans ma classe. A part l'autre pute mais plutôt crever que de lui parler. J'entends un rire au loin, un rire familier. Oh bordel me dites pas que c'est... La CPE, cette salope qui ne m'a JAMAIS crue, Mme Duclos ou comme je l'appelle, Mme J'emmerdelemonde. Son rire se rapproche, j'espère qu'elle n'ose pas venir me parler quand même ! Après tout ce qu'elle m'a fait, elle devrait baisser les yeux en me voyant. Une main se pose sur mon épaule, merde c'est elle.

- Alors Camila, nouvelle rentrée, je compte sur toi pour faire mieux que l'année dernière hein ! Qu'on ne me parle pas de harcèlement ! Elle dit ça avec un petit rire, seigneur donnez moi la force de ne pas l'étrangler! Mais cette fois s'en est trop, je vais lui répondre ce qu'elle mérite d'entendre.

- Oh non, ne vous inquetez pas, plus personne ne viendra vous parler de harcèlement tellement vous êtes incapable d'écouter les vrais victimes ! J'y crois pas, je lui ai vraiment dit ça ! Oh oh intérieurement je lui crie " cheh !"

- Comment ça ? Elle fait semblant de pas comprendre, lol

- On en reparlera Camila ! C'est ça, et moi je vais raconter toute l'histoire au directeur, on verra ce qu'il en pense.

Elle me lance un regard noir et je lui renvoie un sourire joueur, ça l'énerve et elle part. Finalement je prend conscience de ce que je viens de faire, je suis sacrément dans la merde, mais j'ai cru quoi, qu'il allait rien se passer derrière, qu'elle laisserait couler, qu'elle assumerait ses erreurs et qu'elle s'excuserait, et bah j'ai fumé moi! N'empêche, la boule dans mon ventre c'est allégée. Je remarque une fille toute seule un peu plus loin, elle était pas là l'année dernière, la pauvre elle doit être nouvelle. J'aimerais bien aller la voir mais je me suis jurée de ne faire confiance à personne à part mes VRAIS potes. D'ailleurs ils sont où ? Je cherche du regard Lola, c'est ma meilleure pote avec Mira mais elles se connaissent pas très bien en même temps, elles ont pas du tout le même caractère.

Au loin, j'apperçois Lola. Elle m'a manqué pendant ces vacances ! Je cours vers elle et saute sur son dos, ses cheveux sentent bons la vanille, mmmmmmh...

- Camilaaaaaa! elle me crie

- Tu m'as trop manqué ! Je lui dit, j'ai limite les larmes aux yeux.

- Toi aussi!!!!!! T'as regardé les listes ?

- Ouais, et toi ?

- Non pas encore, on est ensemble ? S'il te plaît dit ouiiiii!!!

- Je peux te dire oui, mais je te mentirais.

- Nonnnnnnnnnn, c'est pas juste ! Mais sinon, ça va ?

- Moi oui, juste le réveil était un peu dur mais a part ça tout va bien, et toi ? C'est si simple de mentir, ça l'est tellement moins de le remarquer.

- Mouais, j'avais trop la flemme de revenir mais ça va . Moi j'avais plus que la flemme, j'avais peur de revenir. Mais elle n'as pas besoin de l'entendre, personne n'as besoin de m'entendre...

Je me mets dans mon rang et j'apperçois cette pute de Virginie au loin. Surtout, il ne faut pas qu'elle me voit donc je met ma capuche sur ma tête et je me recule un peu en regardant le sol, c'est bon normalement. Notre prof principal arrive, elle a l'air sympa. Quand on monte dans la classe, la prof nous dit de nous mettre contre le mur. Et merde, elle a fait un plan de classe !

Finalement je me retrouve à côté d'un type qui s'appelle Yves, mais honnêtement, il ne ressemble pas à un Yves. Il est grand, très musclé et ça doit être la cinquième fois qu'il redouble. Youpi, en plus, je suis sûre qu'il n'as pas de cerveau et qu'il veut juste draguer. C'est parti pour l'ignorer! La prof parle, bla bla bla... J'aimerais bien parler de ce qui se passe dans ma tête, mais personne ne peut me comprendre, car moi même je ne me comprends pas. En plus, si j'en parle les gens ne vont plus voire que ça, que ce côté obscur de la fille qui rigole tout le temps. Moi aussi je ne voit que cette partie pourrie et noircie de mon âme, à moins que ce soit mon âme entière qui soit noircie. Bref, je balance ma trousse sur la table et me jette dessus. Non pas que j'ai hâte d'écrire des choses mais je veux mon ciseaux. Quand je commence à me taillader, Yves me regarde mais ne fait rien, au bout de deux minutes, il se tourne et appelle ses potes. J'entends ce qu'il dit et ça me donne envie de vomir. " Et t'as vu, cette meuf là, elle fait un kebab avec son bras" " elle fait trop la dépressive, elle doit avoir ses règles ! " Oh bordel qu'est ce que j'ai envie de l'étrangler ! Mais j'ai mieux, je ferme mon ciseauxet le plante d'un coup en plein milieu de sa main. Je souris cruellement. Il hurle de douleur, comme mon cœur qui souffre tant...

- Qu'est ce qui se passe là au fond ? La prof nous regarde Yves et moi. Je sais que je vais avoir des problèmes mais je m'en fiche, plus rien ne compte à part ma douleur. Plus rien ne m'atteint. Comme si j'avais une anesthésie à force de me prendre des coups.

Un gars accompagne Yves à l'infirmerie. La prof s'approche de moi, c'est fou j'en ai rien à foutre.

- Mais ça va pas de faire ça ! Il t'as rien fait ! Je laisse échapper un petit rire.

- Je voulais pas parler donc il a dit que j'avais mes règles. Je lui répond avec calme

- Non il n'a pas dit ça! Je l'aurai entendu! Évidemment, les profs ont toujours réponse à tout.

- En effet, il ne l'a pas dit, il l'a pensé à voix haute! Je me retiens d'éclater de rire. Mais en revanche ma prof elle ça l'a fait pas rire, dommage.

- C'est pas possible ! Olga, accompagne la chez la CPE. Merde. Même si je ne ressens plus rien, j'évite quand même de croiser Mme Duclos. Je la hais. Olga s'approche de moi, je la suis en on se balade dans les couloirs sans un mot. Arrivées au bureau de la pute, je m'arrête.

- Bah du coup... Je te laisse. Dit timidement Olga, elle joue avec les manches trop longues de son pull. Un pull ? Bizarre.

- Merci. Je lui dit sèchement, c'est pas de sa faute c'est juste que comme le dit une citation que j'ai inventé, " mon aigreur cache une grande douleur ". Mais personne ne le remarque, pas grave je vais continuer à vivre en mode survie hardcore. Je toque, la pute ouvre, j'entre et m'asseois sur une chaise devant son bureau.

- Tu viens t'excuser pour tout à l'heure ? Elle demande

- Absolument pas. Je lui répond en regardant le plafond, bordel de merde je vais me faire déchirer en rentrant chez moi!

- Oh ! C'est ça, fait la choquée. Elle s'éclaircit la voix et dit

- Alors pourquoi tu es là? Elle essaie de rester calme mais elle meurt d'envie de me gifler, ça se voit!

- Parce que ma prof principale m'a dit de venir. Elle met sa main sur son front. Ça me donne envie de la tapper. Je pourrais en vrai.

- Et qu'est ce que t'as fait pour venir ici? Elle me dit l'air agacé, ohlala qu'est ce que c'est fatiguant de faire son travail !

- J'ai planté mes ciseaux dans la main de mon voisin de table. Je souris, un sourire de psychopathe. Elle ouvre de grands yeux. M'en fous.

- Quoi ! Mais t'es pas bien dans ta tête ! Imagine si t'avais touché une veine ! Aucun risque, j'ai appris l'emplacement de toutes les artères dans le bras pour éviter de finir à l'hôpital quand je me scarifie.

- C'est vrai, je suis pas bien dans ma tête, mais sûrement pas comme vous l'imaginer. Vous savez que juger, vous regardez ce que je fais sans chercher à comprendre ce qu'il y a derrière. Est ce que je viens de penser à voix haute, merde.

- Oh c'est bon hein, maintenant les ados ils sont tous dépressifs gna gna gna, il faut tout leur pardonner. Cette fois s'en est trop ! Je me lève et pose ma main sur la poignée de porte, mais je l'entends se lever.

- Tu te rassoie ici tout de suite ! Partir était le seul moyen pour moi de ne pas la gifler, mais là je ne peux plus me retenir. Ma main se lève toute seule dans les airs et s'abbat sur sa joue. Elle tombe par terre tellement j'y ai mis de force. Je crois qu'elle s'est évanouie. Bon, personne ne saura que c'était moi. Sauf si elle en parle... Je la regarde, écroulé par terre. C'est triste mais voir des gens souffrir me fait du bien. Peut être parce que je ne me sens pas seule ou simplement parce qu'elle à enfin eu ce qu'elle mérite. Je hausse les épaules et sort de son bureau en fermant la porte derrière moi. Je suis en train de me dire, ce sera un miracle si je fini l' année scolaire en vie et pas en prison.

Si je retourne tout de suite en classe ça va paraître bizarre. Je me dirige donc vers les toilettes, m'enferme dans une cabine et j'attends. Je regarde ma montre, on va dire que dans dix minutes j'y retourne. Je regarde la porte des toilettes, des trucs sont gravés dessus et écrits. J+R, L est une pute et d'autres trucs comme ça. Bref, j'attends juste. Ces dix minutes me paraissent interminables, mais c'est pas grave. Enfin ! Les dix minutes sont écoulées. En marchant dans la cour, je remarque que je ne comprends pas pourquoi j'étais si pressée de retourner en classe. Et même, il va se passer quoi quand je serais en classe, la prof va me dire " vient me voir à la fin du cours ", je vais encore me faire engueuler sans que personne sache ce qu'il y a dessous. La haine monte en moi, mes sourcils se fronçent et, oh non... Je commence à sangloter, purée je peux pas retourner en classe comme ça ! Tout le monde va croire que cette CPE de merde m'a fait pleurer. Bon, j'ai qu'à mettre ma capuche et baisser mon visage pour que personne ne voit mes yeux. Ça va le faire. Je monte les escaliers et arrive devant la porte de ma salle de cours. Je lève ma main pour toquer mais elle s'arrête juste avant de cogner. Quelque chose me retiens. Une peur, comme un mauvais pressentiment. Mais je l'ignore et toque. Sans attendre la réponse, j'entre en fixant le sol.

- Va t'asseoir . Dit la prof. Je vais vers ma place. " C'est tout, je m'attendais à pire. " Quand je tire ma chaise, la prof ouvre sa bouche

- Alors, elle t'a dit quoi ? Son ton est surnois, comme si elle allait en rigoler après. Je m'asseois avant de relever un tout petit peu mon visage. Intérieurement je fais un fuck à cette prof de merde.

- Qu'est ce que tu viens de faire ?! Me dit celle ci. Je hausse un sourcil, c'est une bonne question ça, qu'est ce que j'ai fait ?

- Vient là tout de suite ! Elle me fait signe de sortir, donc je sors. La prof ferme la porte derrière elle.

- Ça va pas de faire ça ! Tu veux avoir des ennuis des le premier jour ? Je suis perplexe.

- Excusez moi, mais qu'est ce que j'ai fait au juste? C'est une vrai question je me fout pas d'elle.

- Tu te fous de moi ! Je l'ai vu ton doigt d'honneur ! Quoiiiiii, attend, faut que je sache un truc

- Madame, est ce que par hasard vous seriez télépathe ? Ça ne la fait pas rire, et moi non plus. Je suis sérieuse.

- Mais, non ! Ça ne va pas la tête ! Ohhhhh je perd la boule ! Est ce que tu viens sérieusement de me demander si j'étais télépathe ? Dit comme ça, je comprend qu'elle ne me prenne pas au sérieux.

- Apparemment oui... Je réponds en regardant le sol. Merde, me dit pas que je vais tellement mal que je ne distingue plus ce que je fais de ce que je pense ! Oh putain de merde, en fait c'est comme si je ne contrôlais pas les pensées que j'interprète, tout devient réalité! Oh shit. Je commence à pleurer. Le visage de ma prof s'adoucit

- Qu'est ce qui ne vas pas ? Elle demande d'une voix calme. Et évidemment je lui répond ce que je pense

- J'ai l'impression de ne plus contrôler l'interprétation de mes pensées, ce Fuck je voulais pas vous le faire, je l'ai pensé mais je ne peut pas contrôler ce que je fais si je le pense ! Mes larmes coulent sur mes joues et tombent pas terre.

- Oh ne t'inquiètes pas, si tu veux comme c'était un accident je n'en parlerais à personne d'accord ?

- Ok merci. Je lance entre deux sanglots.

- Vas aux toilettes avant de revenir en classe si tu veux. Pour te débarbouiller. Sa voie est rassurante, j'aime bien.

- D'accord. Elle retourne vers la classe et moi je vais vers les toilettes. Sur le chemin, des pensées sombres germent. " Fait le, tu souffres trop! " " De toute façon tu manqueras à personne " " Tu veux vraiment passer l'année sans amies et avec ta pire ennemie ? " Raaaa, ça me prend la tête, mais le pire c'est que je les écoute... En arrivant aux toilettes, je me regarde dans le mirroir " Fait le ! " Dit une voie dans ma tête. J'en ai marre. Je plonge ma main dans ma poche et en ressort un mouchoir plié. Je le déplie et dedans, yes elle est là ! Une lame de taille crayon que j'ai dévissé pendant les vacances. Je la garde tout le temps avec moi au cas où pour ces moments là. J'inspire fort et pose la lame sur mon poignet, en plein sur mes artères. Ça va piquer mais je m'en fous, je veux juste partir de ce monde. " Tu est sûre ?" Me dit une voie tout au fond de moi. " Oui, à quoi bon vivre si je ne peux plus penser..." Je lui répond. " Mais..." Je la fait taire avant qu'elle ne puisse finir. Je tire la lame sur mon poignet en l'enfoncant profondément. Le sang coule presque tout de suite, beaucoup de sang plus que quand je me scarifie. Pourtant j'ai déjà vu ça. Ce n'est pas ma première tentative de partir. Mais toutes les autres mes parents sont arrivés avant que je ne me vide de mon sang. Ici, il n'y a pas mes parents. Personne pour m'empêcher de quitter se piètre monde. Enfin, personne qui ne se soucie réellement de moi.

Ma tête heurte le sol. Je viens de m'évanouir. Dans quelques minutes je serai partie, dans quelques minutes je ne souffrirait plus, dans quelques minutes je n'aurais plus de problèmes. Bref dans quelques minutes je serai morte. Malheureusement pour moi, une fille devait avoir besoin de faire pipi à ce moment là car elle à poussé un cri dechirant. Il m'a même fait un peu ouvrir les yeux à peu près une seconde. Après je ne me souviens de rien jusqu'à mon réveil dans une chambre d'hôpital. Mes parents étaient à côté de moi en pleures. Je tourne la tête vers mon poignet que j'avais entaillé, un bandage et en dessous, je le soulève un peu. Des points de suture, ça veut dire que cette fois j'étais proche de mon but car d'habitude j'ai juste un pansement et de la crème à mettre.

En voyant que j'ai ouvert les yeux, les visages de mes parents s'illuminent. Un homme avec une blouse blanche et une femme habillée style classe sont assis à côté d'eux.

- Messieurs dames, est ce que vous pouvez nous laisser seules avec Camila quelques minutes s'il vous plaît? Demande l'homme à mes parents.

- Oui bien sûr, on revient tout à l'heure. Génial, la dernière chose que je voulais c'était parler avec des inconnus.

Mes parents ferment la porte derrière eux, ils m'abandonnent.

- Salut Camila, je suis le docteur Ryhpe. Et elle c'est la psychologue, Mme Loundry. On est là parce que ce n'est pas la première fois que tu te retrouves ici pour des tentatives de suicide.

Je lève un sourcil, et donc il veut quoi ?

- Eu, on pense que ce serait une bonne idée de te faire interner en hôpital psychiatrique pour que tu ailles mieux. Tes parents sont d'accord, ils s'inquiètent pour toi. J'ouvre grand mes yeux. Quoiiiiii! Ils croient que je suis folle, ça va pas. C'est hors de question !

- C'est vraiment nécessaire ? Je demande avec un regard noir

- Oui, mais si tu ne veux pas c'est pas grave. Bien sûre que je ne veux pas !

La femme prend la parole,

- Si tu est d'accord pour y aller c'est moi qui m'occuperais de toi.

- On va te laisser en discuter avec tes parents. Le médecin les fait entrer,

- S'il te plaît la chérie, on en a marre de te voir comme ça. Mes parents ont les larmes aux yeux. Je soupire, je ferais tout pour eux

- D'accord, si ça vous fait plaisir...