𝐌𝐎𝐍 𝐃𝐀𝐓𝐄, 𝐌𝐎𝐍 𝐏𝐀𝐓𝐑𝐎𝐍

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Résumé

Juliette Collins n’avait pas prévu que sa vie amoureuse vire au désastre. Un rendez-vous arrangé par sa meilleure amie, quelques verres de trop, un malentendu avec un inconnu beaucoup trop séduisant… et une nuit qu’elle préférerait effacer de sa mémoire. Le problème ? L’inconnu en question s’appelle William Kane. Et dès le lundi matin, elle découvre qu’il n’est autre que le nouveau PDG de la société où elle travaille. Autoritaire, charismatique, diablement sûr de lui, William semble bien décidé à ne pas oublier leur rencontre. Juliette, elle, n’a qu’une obsession : sauver sa carrière… et son cœur. Entre attirance interdite, tensions électriques et jeux de pouvoir, Juliette va vite réaliser qu’il est difficile de fuir un homme comme William Kane.

Statut :
En cours
Chapitres :
31
Rating
4.9 9 avis
Classification par âge :
16+

Chapitre 1


•°•°•°•

Je m’éveillai avec la désagréable impression qu’un marteau piqueur avait élu domicile dans mon crâne.

Couchée sur le ventre, la joue écrasée contre un oreiller trop moelleux, je laissai un soupir rauque s’échapper d’entre mes lèvres. Les rayons du soleil viennent brûler mes paupières closes et m’aveuglait presque.

Tout me semblait flou, comme si je sortais d’un rêve… ou d’un cauchemar. Je me redresse tant bien que mal, assise sur le lit, mes reins protestant à chaque mouvement. Mes mains vinrent instinctivement se poser sur mon visage. Bordel, qu’avais-je fait hier soir ?

Alors que je tentais de rassembler mes idées, la porte de la salle de bain s’ouvrit. Je lève lentement la tête.

Et je reste figée.

Un homme sort de la salle de bain. Cheveux encore humides, serviette frottant distraitement ses mèches, sa robe de chambre entrouverte laissant apparaître un torse ferme et… ah non. Mon cerveau refusa de traiter cette vision.

Nos regards se croisèrent. Juste un instant, mais c’était comme si le temps s’était figé. Je sentis ma gorge se nouer, mon visage s’embraser. Je déglutis difficilement et détournai immédiatement les yeux, la honte me submergeant. Mon cœur battait si fort que j’avais l’impression qu’il allait traverser ma poitrine.

Puis, les souvenirs me revinrent comme des flashs : le date raté, les verres, ma meilleure amie qui me forçait à suivre ce “plan” ridicule, ma stupide idée de le suivre jusqu’à sa chambre. Je baissai les yeux vers moi. Soutien-gorge. Oh… string encore là. Soulagement et panique mêlés, mes doigts s’enfonçant sous le drap comme dans un réflexe de protection.

Il ne disait rien, ses yeux toujours posés sur moi, et ce silence me torturait presque autant que la honte. Je tentai de reprendre contenance. Serrant le drap contre ma poitrine, je me raclai la gorge d’une voix timide et trahie par mon anxiété :

— Euh… je… je peux emprunter votre salle de bain ?

Il hocha simplement la tête.

Je ne me fis pas prier. Je bondis hors du lit le drap toujours collé contre moi, filant à côté de lui sans oser le regarder, mes pieds nus claquant contre le sol froid. Je fermais la porte derrière moi, le souffle court, les mains tremblantes.

Je me frottai le front, incapable de distinguer une pensée droite d’un nœud de spaghetti. Il fallait que je respire, que je me calme. Je tournai la tête vers le miroir mon reflet me renvoya l’image d’une femme décoiffée, les yeux bouffis, le mascara qui avait dû fuir pendant la nuit. Génial. Vraiment le portrait de la dignité.

Je me penchai, tirant mes cheveux en arrière d’un geste nerveux, puis laissai mes yeux glisser sur ma peau. Ma gorge. Mes épaules. Mes clavicules. Rien. Pas de suçons. Pas de marques de dents. Mon regard descendit plus bas, jusqu’à mes cuisses que je soulevai légèrement pour vérifier. Toujours rien.

Un souffle s’échappa de mes lèvres, presque un rire nerveux. Je posai ma paume sur mon front, repoussant encore mes cheveux vers l’arrière. Pas de preuves. Pas de cicatrices d’une nuit à laquelle je n’avais aucun souvenir de participer. Peut-être… peut-être qu’il ne s’était vraiment rien passé.

Mon téléphone.

Un électrochoc. Il fallait que je retrouve mon téléphone. Tout de suite.

Je m’approchai de la porte, le cœur battant, et l’ouvris à peine, juste assez pour jeter un œil. Mon regard balaya la chambre. Il était là. De l’autre côté de la pièce, penché sur un tiroir qu’il fouillait tranquillement. Comme si de rien n’était.

Mes yeux glissèrent sur la table de chevet. Mon sac. À quelques centimètres de la porte.

Je retins ma respiration, sortis à demi, et tendis un bras tremblant. Mon regard allait de mon sac à lui, de lui à mon sac, la panique au bord des lèvres. Mes doigts agrippèrent enfin la lanière. D’un coup sec, je tirai, attrapai le sac contre moi et me ruai de nouveau dans la salle de bain, claquant la porte.

Cette fois, je filai droit à l'intérieur, verrouillai, et fouillai frénétiquement dans mon sac jusqu’à trouver mon portable. L’écran s’alluma, m’aveuglant presque. Plusieurs appels manqués. Une dizaine de messages. Tous de Zoé.

Je tapai fébrilement sur l’icône téléphone. Au deuxième appel, elle décrocha.

— Enfin ! s’exclama-t-elle. J’étais à deux doigts de lancer une recherche internationale.

Sa voix était un mélange d’inquiétude et de sarcasme, et je n’avais aucune patience pour ça.

— C’est ta faute, Zoé ! crachai-je à voix basse. C’est ta faute si je viens de me réveiller à moitié nue dans le lit d’un inconnu !

Un silence. Puis un petit éclat de rire de l’autre côté de la ligne.

— Attends… “nue” ?! Oh mon dieu, Juliette, vous l’avez vraiment fait ?

— Mais non ! Enfin… je crois pas ! m’emportai-je, le ton montant malgré moi. J’ai encore mes sous-vêtements, donc j’imagine qu’on n’est pas allés loin… mais bordel, j’ai failli crever de honte en me réveillant à côté de lui. Je me suis enfermée dans les toilettes comme une ado en panique !

Je me frottai le front avec ma main libre, retenant à peine un gémissement désespéré.

Un silence de trois secondes. Puis la voix de Zoé éclata, moqueuse et théâtrale :

— Oh. Mon. Dieu. Juliette Collins, la fille la plus organisée du bureau, planquée derrière une porte avec son téléphone en mode SOS amitié… je vis pour ce genre de drame !

Je fermai les yeux, massant mes tempes.

— Zoé, je te jure, si tu continues à te foutre de moi, je raccroche.

— Raccroche pas, proteste-t-elle entre deux rires. Je veux tout savoir. Genre, il est comment ? Sexy ? Mignon ? Tu peux pas me laisser sur ma faim, là.

TOC TOC.

Je me figeai net, le téléphone collé contre mon oreille.

— Attends… c’était quoi ça ? demanda Zoé, son ton soudain plus intrigué.

Je déglutis, mes doigts crispés sur le portable.

— Rien… c’est… je crois qu’on a frappé.

TOC TOC. Plus fort cette fois.

— Vous avez oublié ça, dit une voix masculine de l’autre côté.

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. C'était lui. Je n’avais même pas osé imaginer la scène où il se pointerait devant la porte des toilettes, et pourtant, voilà.

— Attends… chuchotai-je à Zoé en plaquant une main contre le micro de mon portable.

J’entrouvris la porte, juste assez pour passer une main tremblante. Je sentis le tissu de ma robe et de mon chemisier frôler mes doigts, et je les arrachai presque de ses mains pour refermer la porte dans la seconde. Mon dos se colla au bois, comme si j’avais besoin d’un mur entre lui et moi.

— Oh. My. God, fit Zoé à l’autre bout du fil, sa voix remontant d’un cran. C’était lui ?! Le mec t’apporte carrément tes fringues comme si vous étiez mariés depuis trois ans ?

Je roulai des yeux en silence, mais mes joues s’enflammèrent malgré moi.

— Il… il ne fait que se rattraper, soufflai-je. Gentleman de circonstance, rien de plus.

— Gentleman mon œil, répondit Zoé, à moitié rieuse, à moitié dramatique. Il joue ça comme dans un film : toi enfermée dans la salle de bain, lui qui te ramène tes vêtements avec sa voix grave… Tu te rends compte dans quel cliché de romance tu viens de tomber ?

Je laissai tomber ma tête contre la porte avec un grognement étouffé. Zoé avait raison, mais jamais je ne lui donnerais ce plaisir.