Contre les règles

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Résumé

Sloane Mercer s'est donné pour mission de tester chaque limite que le Professeur Dalton Avery impose. À la langue acérée, intrépide et irrésistiblement rebelle, elle transforme ses cours en un champ de bataille d'esprit et de volonté. Dalton tire fierté de son contrôle. De sa salle de classe, de sa réputation, et surtout de ses désirs. Mais lorsque Sloane le pousse une fois de trop, la tension entre eux finit par s'embraser. Ce qui commence comme une bataille pour la dominance devient quelque chose de bien plus dangereux. Une liaison interdite brûlante de passion, de pouvoir, et de la menace d'être découverts. Plus Dalton se rapproche de se perdre en elle, plus il réalise qu'il n'a jamais eu le moindre contrôle.

Genre :
Erotica/Romance
Auteur :
Brianna2154
Statut :
Terminé
Chapitres :
57
Rating
4.3 11 avis
Classification par âge :
18+
Ceci est un extrait

Chapitre 1

Point de vue de Sloane

Sloane Mercer ajusta la bandoulière de sa besace en cuir. Elle prit une grande inspiration pour tenter de calmer le mélange de nervosité et d'excitation qui lui serrait la poitrine. L'Université de Haleton n'était pas une simple fac. C'était un véritable creuset d'intelligence et de prestige. C'était l'endroit où les meilleurs étudiants du pays venaient se mesurer aux autres et prouver qu'ils avaient leur place. Elle avait passé tout son été plongée dans la théorie littéraire. Elle avait décortiqué des essais postmodernistes et répété des arguments qu'elle espérait utiliser en séminaire. Pourtant, rien n'aurait pu la préparer à l'immensité du campus.

La cour grouillait d'étudiants. Des groupes en bottes cirées et sacs de créateurs se déplaçaient avec une assurance rodée. Sloane marchait parmi eux, la tête haute, ses talons claquant sur les pavés. Elle ignora les chuchotements et les regards. Elle n'avait pas besoin de leur approbation. Pas encore.

Devant elle, l'amphithéâtre se dressait avec ses portes voûtées et ses pierres couvertes de lierre. C'était intimidant, mais exaltant. Elle se glissa à l'intérieur, chercha une place du regard et l'aperçut immédiatement.

Le Dr Dalton Avery.

Il se tenait devant la salle. Ses cheveux sombres retombaient juste assez pour ombrager son front. Ses yeux étaient vifs et calculateurs. Il avait une posture impeccable, les épaules droites, et chaque mouvement semblait réfléchi. Sloane sentit une petite étincelle s'allumer en elle. C'était du défi, ou peut-être de la fascination. Elle se glissa sur un siège vers le fond de la salle. Elle fit mine de prendre des notes avec un air décontracté, même si son regard revenait sans cesse vers lui.

« Tout le monde m'appellera "Professeur Dalton". Le Dr Avery, c'est mon père », déclara-t-il.

Il y avait quelque chose dans sa façon d'imposer le respect sans hausser la voix. Ses gestes étaient d'une précision subtile. Puis, il la regarda. Ce ne fut qu'une seconde, mais assez long pour que son pouls s'accélère. Il l'évaluait, il la jaugeait. Sloane eut un petit sourire intérieur. Elle ressentait cette montée d'adrénaline familière que lui procurait chaque nouveau défi.

Ce cours allait être différent. Elle le sentait déjà.

Alors qu'il commençait sa leçon, Sloane essaya de se concentrer sur le programme, mais son esprit vagabondait. Elle remarqua la clarté de sa voix et le choix méticuleux de ses mots. Il n'enseignait pas seulement, il affirmait son contrôle. C'était intimidant, mais elle n'avait pas l'intention de reculer. Ni devant lui, ni devant personne.

Elle ajusta son carnet et fit semblant de griffonner quelque chose. Elle sentait son cœur battre la chamade. Ce n'était pas de la peur, mais de l'anticipation. Cet homme promettait une bataille d'esprit, et elle était prête à se battre.

Sloane sentit son regard s'attarder sur elle un instant de trop. C'était un regard tranchant et délibéré. Ce cours va être bien plus intense que prévu... pensa-t-elle, un frisson lui parcourant l'échine. Puis, presque imperceptiblement, elle vit un léger rictus étirer ses lèvres. Comme s'il connaissait déjà le jeu qui allait commencer.

Sloane bougea sur son siège pendant que le Professeur Dalton entamait son cours. Elle avait passé des heures à préparer ce séminaire en mémorisant des théories et des arguments. Pourtant, il dégageait une assurance qu'elle n'avait pas prévue. Il parlait avec précision. Chaque mot était choisi pour asseoir son autorité. La plupart des étudiants auraient sûrement hoché la tête poliment, acceptant son interprétation sans broncher. Mais Sloane n'était pas comme les autres.

Elle leva la main avant qu'il ne puisse finir une affirmation très tranchée sur le récit postmoderne. « Excusez-moi », dit-elle d'une voix ferme. « Je ne pense pas qu'on puisse balayer l'intention de l'auteur dans cet exemple. Est-ce que le vécu de l'auteur ne façonne pas toujours l'interprétation du lecteur ? »

Le silence tomba dans la salle et la tension devint palpable. Les yeux sombres de Dalton se tournèrent vers elle. Pendant un instant, il sembla amusé, jusqu'à ce qu'elle poursuive.

« Réduire l'argument à la seule perception du lecteur revient à ignorer le contexte. Si on efface totalement l'auteur, ne risque-t-on pas de... » Elle s'interrompit, réalisant trop tard qu'elle exposait sa thèse devant tout le monde.

« Mademoiselle Mercer », l'interrompit Dalton. Sa voix était devenue tranchante, coupant court aux murmures de la salle. « Vous avez le droit de remettre les idées en question. Mais s'il vous plaît... ne confondez pas l'entêtement avec la perspicacité. »

Sloane se braqua. De l'entêtement ? Elle n'était pas têtue, elle était précise. Et le léger agacement dans son ton ne fit que renforcer sa détermination.

« Sauf votre respect », dit-elle en se penchant légèrement en avant, « je pense que c'est un point valable. Si on ignore totalement le contexte, on risque de mal interpréter le texte. C'est un peu... réducteur, vous ne trouvez pas ? »

Dalton se pinça l'arête du nez et expira longuement pour se calmer. Sa mâchoire se crispa. « Mademoiselle Mercer », dit-il d'une voix basse et tendue, « vous êtes peut-être intelligente, mais la confiance sans retenue est dangereuse. Si vous continuez à m'interrompre sans écouter, je devrai noter votre participation en conséquence. »

Le pouls de Sloane s'accéléra. Ce n'était pas de la peur, mais de la frustration. Elle n'essayait pas de le provoquer, elle refusait juste de se taire. Pourtant, sa posture rigide suggérait qu'elle venait de franchir une ligne qu'il n'appréciait pas du tout.

Elle ne put s'empêcher d'insister. « Avec tout le respect que je vous dois, Dr. Avery, je ne suis pas ici pour... marcher sur des œufs. Je suis ici pour débattre. C'est le but des séminaires, non ? »

L'expression de Dalton s'assombrit. Ses mains se crispèrent sur les bords du pupitre. « Pour discuter, oui », dit-il d'une voix basse et contenue. « Mais il y a une différence entre la discussion et la provocation pure et simple. Retenez bien ça. Et rappelez-vous que je m'appelle Professeur Dalton. »

Sloane se rassit, sentant une bouffée d'irritation. La provocation ? Je défends juste mon point de vue. Elle sentait la tension dans la pièce. Elle la voyait dans la raideur de son corps et l'entendait dans le ton sec qu'il utilisait maintenant avec elle. Elle ne baissa pas les yeux. Au contraire, elle griffonna des notes avec fureur pour évacuer son impatience.

Quand le cours se termina, elle attrapa son sac. Le poids de ce conflit muet pesait lourd entre eux. Certains de ses camarades évitaient son regard. D'autres chuchotaient, visiblement ravis d'avoir assisté à leur duel. Le cœur de Sloane battait fort, entre colère et excitation.

Le regard de Dalton se posa sur elle alors qu'elle s'apprêtait à partir. « Mademoiselle Mercer », dit-il d'un ton froid mais ferme, qui sonnait comme un avertissement. « Passez à mon bureau demain après-midi. Nous devons... discuter de votre attitude. »

Sloane se figea un instant. Discuter ? Elle ne doutait pas que ce serait une confrontation désagréable. Pourtant, son côté têtu refusait de se dégonfler. Très bien, pensa-t-elle. Je vais lui montrer que je ne suis pas une étudiante comme les autres.

Sloane s'élança dans le couloir bondé, zigzaguant entre les groupes d'étudiants qui bavardaient. Elle ne ralentit pas le pas. Sa besace lui semblait plus lourde que d'habitude, alors qu'elle n'avait pris que le strict nécessaire. Son esprit, en revanche, était surchargé.

Elle contracta la mâchoire en repensant au cours. Dalton avait été exaspérant. Chaque fois qu'elle pensait avoir marqué un point, il lui avait coupé la parole. Il ne le faisait pas avec des arguments, mais avec des reproches à peine voilés pour lui rappeler qui commandait. La hiérarchie ? pensa-t-elle avec amertume. Je n'essayais pas de le rabaisser, j'essayais juste de réfléchir.

Son irritation grimpa encore en repensant à ses derniers mots avant de libérer la classe : « Passez à mon bureau demain après-midi. Nous devons discuter de votre attitude. » Ce ton calme et posé lui faisait monter la tension. Discuter de mon attitude ? S'il voulait parler de mon culot parce que je refuse de me taire pendant qu'il m'explique la vie, alors oui, on va discuter.

Lorsqu'elle arriva à la résidence, elle marmonnait dans sa barbe. Sa colocataire, Lila, une fille de troisième année toujours impeccable, était assise en tailleur sur son lit. Elle leva les yeux quand Sloane claqua la porte.

« Ouh là. On dirait que quelqu'un a passé une sale première journée », dit Lila, un sourcil levé.

Sloane jeta son sac sur son lit et commença à faire les cent pas. « Sale ? Lila, il est insupportable. Chaque fois que j'ouvre la bouche, il me remet à ma place. Et pas poliment. Il me traite comme... comme une gamine qui fait une bêtise. »

Lila rit doucement, mais Sloane remarqua une pointe d'amusement un peu trop complice. « On dirait que tu as fait une sacrée impression », plaisanta Lila.

Sloane se tourna brusquement vers elle, les yeux étincelants. « Une impression ? Peut-être. Mais pas une bonne. Il est arrogant, condescendant, et je ne sais même plus quoi dire ! Il me regarde comme si je devais m'écraser. Comme si j'étais... un test qu'il doit réussir ou rater ! »

Lila sourit en levant les mains. « D'accord, calme-toi. Mais avoue qu'il a un petit truc, non ? »

Sloane grogna en passant une main dans ses cheveux. « Je n'en sais rien, Lila. Je ne dis pas ça. » Elle sentit ses joues chauffer, plus de colère qu'autre chose. « Tout ce que je sais, c'est que... je déteste avoir l'impression de ne pas pouvoir en placer une. Et il me force à aller à sa permanence demain. Tu te rends compte ? »

Lila pencha la tête. « Eh bien, peut-être qu'il essaie de t'apprendre quelque chose... comme survivre à un séminaire avec un prof impossible. »

Sloane eut un rire méprisant. « Survivre ? Plutôt... je ne sais pas. Tester ma patience jusqu'à ce que je lui hurle dessus ou que je me casse. » Elle se laissa tomber sur son lit, fixant le plafond. L'idée de se retrouver seule avec lui dans son bureau lui nouait l'estomac. Ce n'était pas de l'excitation, mais de l'agacement et du défi. Elle détestait qu'on lui dise quoi faire, et elle détestait se sentir petite face à quelqu'un d'autre.

Plus elle y pensait, plus elle enrageait. Elle repassait la scène en boucle : ses arguments, ses interruptions, sa mâchoire serrée, ses yeux qui se plissaient dès qu'elle protestait. Cet homme n'avait visiblement pas l'habitude qu'on lui tienne tête, et pourtant, elle était bien décidée à continuer.

Son esprit vagabonda, imaginant comment se passerait le rendez-vous. Elle se voyait déjà tenir tête, pointer ses contradictions et refuser de baisser les bras. Puis, par pure provocation, elle l'imagina perdre son sang-froid. Cette pensée la fit sourire malgré elle.

Sloane prit une grande inspiration et murmura pour elle-même : « Très bien. Rendez-vous au bureau. On verra bien qui gagnera... ou qui perdra le moins. »

Elle s'installa, l'esprit bouillonnant d'impatience. Son téléphone vibra sur le bureau. C'était une notification par mail confirmant son rendez-vous avec le Professeur Dalton. Ses doigts restèrent au-dessus de l'écran, la tension nouée au ventre. Demain, pensa-t-elle sombrement, ce sera la guerre.

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