AVENTURES SUR LE MARONI

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Résumé

Et si l'eldorado existait ? La forêt guyanaise envoûtante. Des amérindiens trop rares. Des chercheurs d'or sans scrupules. Une sous-préfète ambitieuse. Un séduisant réfractaire. Une aventure exaltante du début à la fin.

Genre :
Adventure
Auteur :
YVES FAREY
Statut :
Terminé
Chapitres :
20
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

1

L’Airbus d’Air France, en provenance de Paris, vient de se poser à Cayenne. Le ciel est lourdement chargé et la passerelle d’accès à l’aéroport amplifie la chaleur d’enclume qui s’abat sur les passagers au sortir de neuf heures d’une atmosphère bien trop fraîche durant le vol.

Dans la file des passagers, une jeune femme se dirige vers la desserte des bagages et, après de longues minutes, récupère deux grosses valises qu’elle dépose sur un chariot.

D’une silhouette fine mais parfaite, pantalon couleur taupe, chemise blanc cassé s’ouvrant sur un joli décolleté très contrôlé, les lunettes de soleil installées en serre tête sur une coiffure assez brune mi-longue. Très citadine, très parisienne dans son allure générale, il se dégage de sa personne une classe exceptionnelle qui attire tous les regards.

Présentant ses papiers à un guichet de la police de l’air et des frontières, elle est saluée avec respect par l’agent qui sort de son box afin de lui indiquer la sortie pourtant évidente à trouver. Les autres passagers qui attendent derrière elle et la suivent du regard s’étonnent de cette déférence soudaine de la part de fonctionnaires qui à l’accoutumée sont rarement loquaces ou expressifs.

Comme dans tous les aéroports du monde, une foule bruyante se presse près de la sortie, certains exhibant des panneaux affichant des noms de personnes, de sociétés, de groupes.

Elle aperçoit un policier, sans casquette et conclut à la vue de ses épaulettes que c’est l’homme qu’elle recherche avant même d’avoir lu la feuille qu’il arbore : Madame Masson.

« Bonjour Brigadier, je suis Ariane Masson »

Elle lui tend la main en souriant d’un air décidé.

« Bonjour Madame la sous-Préfète, je suis le Brigadier Marchand. Le Capitaine Bernier, Chef de la Police m’a chargé de vous acheminer jusqu’à la Préfecture puis à la sous-Préfecture de St Laurent »

« Merci monsieur Marchand, je vous suis. Allons-y sans plus tarder »

Elle reste plongée dans ses songes alors que la Mégane de la police nationale la conduit vers la préfecture où elle a rendez-vous avec le Préfet, son chef direct.

Il y a quatre mois environ, alors qu’elle occupait un poste proche du Directeur de cabinet du Ministre de l’intérieur, on lui a proposé de reprendre en main la sous-Préfecture de St Laurent du Maroni.

En acceptant cette mutation, elle a pour perspective de revenir en métropole sous trois ans, promue d’une casquette de préfet dans un département de province.

Un bon tremplin pour une jeune femme de 32 ans, ambitieuse et énergique. Elle a donc accepté sans hésiter d’autant que son couple battait de l’aile.

Elle vivait en ménage depuis trois ans avec Romain, son petit copain de fin de terminale, en compagnie duquel elle a fait Sciences-Po puis l’ENA.

Ce couple était plus l’association de deux ambitions qu’une vraie liaison amoureuse et à la compétition professionnelle de plus en plus évidente entre les deux amants s’ajoutait une vie tristounette sans relief, sans grand intérêt. Romain, de plus en plus aigri par cette situation, ne supportant pas de la voir progresser plus vite que lui, elle a mis un terme à cette histoire, sans préavis, sans regrets.

Depuis cette rupture, elle se pose de vraies questions, s’interroge sur l’opportunité de tout miser sur la carrière, ressent un vide amoureux. La réussite est dans ses gènes, elle le sent, mais une voix interne et profonde la harcèle « Vis ! Vis bon sang ! Carpe diem ! ».

Cette arrivée en Guyane va provoquer un long break avec l’atmosphère parisienne, les intrigues de couloir, les coups bas, les lâchetés.

Les missions que le Directeur Général lui a confiées sont assez ciblées. Elle doit reprendre en mains un certain nombre de pratiques qui ont dérivé depuis plusieurs années. Les problèmes sociaux se concentrant plutôt sur Cayenne et nettement moins sur St Laurent, elle aura à gérer les problèmes tels que l’orpaillage clandestin qui devient une cause de pollution majeure des eaux et de maladies dérivées chez les populations amérindiennes. Le trafic de drogue vers les Antilles, le trafic d’espèces rares font également partie des points de vigilance qui lui ont été assignés.

L’affectation en Guyane est un choix qui recherche la difficulté. Si elle réussit elle n’en aura que plus de mérite car le poste est réputé pour ses contraintes opérationnelles sur un terrain fréquemment compliqué.

D’autres postes, plus faciles lui étaient ouverts mais elle a choisi la difficulté et quelque part l’exotisme.

L’Amazonie la tente, la fascine.

Elle ne le sait pas mais elle arrive avec la réputation d’être autoritaire, voire pète-sec et dans les services de la sous-préfecture de St Laurent du Maroni, tout le monde attend son arrivée avec circonspection.

Après une brève réunion avec le Préfet dont elle n’a rien entendu qu’elle ne sache déjà, ils ont repris la route de St Laurent et elle découvre les paysages de la Guyane.

Trois heures plus tard, elle prend possession de son appartement de fonction dans une aile de la sous-préfecture.

Meublé, cossu, beaucoup trop grand pour une femme seule, pas tout à fait de son goût puisque meublé et décoré en style second empire, ce qui n’a rien d’exotique ni tropical, mais top tout de même et hyper confortable.